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Théorie de la conscience du monde

Cette notion de masse critique à atteindre a déjà été définie de longue date. Les contributions, qui se font de plus en plus nombreuses et venant de personnes différentes (milieu social, intellectuel divers, ethnie etc), tendent  à battre en brèche l’idéologie dominante. Autant qu’il y a la « théorie de la crétinisation du monde », il y a la « théorie de la conscience du monde ». De la victoire de cette dernière dépendra l’avenir du genre humain. Et bien sûr, tous nos actes dorénavant doivent se diriger vers une société la plus juste possible, ce: « jusqu’à la victoire », Jusqu’à la victoire !!!!!! .

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Novembre 2017

B/http://www.acdn.net/spip/spip.php?article1101&lang=fr
 (extraits)
Corée du Nord : Au bord du gouffre, par la faute de la Bombe

Publié le 30 novembre 2017
Communiqué d’ACDN, le 30 novembre 2017, 2e édition

… Nous voici peut-être à la veille d’une nouvelle de guerre de Corée. Déjà la lutte contre la prolifération a provoqué la « guerre du Golfe ». La folie atomique, une fois de plus, nous mène au bord du gouffre, dans lequel elle assure dissuader nos dirigeants de nous précipiter, au vu de la catastrophe que serait une guerre nucléaire. 55 ans après la crise des missiles de Cuba d’octobre 1962, l’humanité n’en a rien retenu. Elle en est au même point, ou pire encore, Kim Jung-un n’étant pas Khrouchtchev, ni Donald Trump, Kennedy. Aussi peu prévisibles l’un que l’autre, aussi peu humanistes, le plus rationnel des deux n’étant pas forcément celui qu’on croit, rien ne nous assure que la sagesse finira par l’emporter, comme à l’issue des terrifiants « Thirteen Days ».
Les chefs des autres Etats dotés d’armes nucléaires, dont le nôtre, ne valent pas mieux en termes de raison. Car est-il logique de défendre les valeurs républicaines, dont la fraternité, en menaçant de commettre des crimes contre l’humanité ? De lier les « intérêts vitaux » du pays à l’emploi d’armes fatalement suicidaires contre un pays qui en aurait aussi ? De prétendre garantir sa sécurité par ces armes, tout en les interdisant aux autres ? D’encourager ainsi leur prolifération, tout en prétendant la combattre ? De vouloir faire des économies, et de gaspiller des milliards dans des engins de mort inutilisables contre d’autres Etats nucléaires, incapables de dissuader des terroristes, et redoutables entre leurs mains pour peu qu’ils s’en procurent ? De se dire démocrates et de confier à un seul homme le pouvoir d’en trucider des millions d’autres ? Sans chef d’accusation, sans procès, sans jugement, sans appel ? D’éliminer la peine de mort individuelle et d’accepter les massacres de masse ? De se proclamer humaniste et de s’afficher résolu à devenir le pire des assassins ?
Assez d’incohérences, assez de toutes ces infamies !

… voir aussi

http://www.acdn.net/spip/spip.php?article965

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A/ https://bellaciao.org/fr/spip.php?article158448

Pourquoi je refuse de saluer Emmanuel Macron à la cérémonie d’hommage du 13 novembre
de : Michael Dias
mardi 14 novembre 2017
Mon père a été la première victime de la nuit du 13 novembre 2015, au Stade de France.
Je me suis exprimé, depuis, à plusieurs reprises dans les médias pour défendre les droits des victimes. Puis prononcé un discours devant l’ensemble de la classe politique l’an dernier, à la même date, afin d’essayer d’éveiller les consciences pour plus d’intelligence et de tolérance. Conditions qui me semblent indispensables pour réussir à endiguer la menace de radicalisation chez les plus jeunes, notamment.
Aujourd’hui, deux ans après ce 13 novembre qui a changé ma vie, j’ai décidé de refuser l’invitation à me rendre à la cérémonie de lundi, et par conséquent de ne pas saluer le Président de la république, qui depuis son élection, agit envers les victimes du terrorisme comme avec les plus défavorisés de notre pays, d’une façon tout simplement méprisante et inacceptable.
Le manque de solidarité envers les victimes d’attentats
Depuis Charlie, le nombre d’actes terroristes sur notre sol n’a cessé de se multiplier, mais étrangement la voix des victimes se fait elle de plus en plus rare. On en oublie le nombre, les noms, les lieux. La stratégie de banalisation a commencé.
Le Président Macron s’est en effet efforcé depuis son élection de faire oublier les victimes, en supprimant tout d’abord le Secrétariat d’Etat qui leur était dédié. Puis récemment en réduisant les aides à certaines catégories de victimes, relativisant ainsi une fois de plus la souffrance et les multiples préjudices subis.
Le discours de notre président et de son gouvernement envers les victimes, a lui aussi changé, parlant désormais de l’aide aux victimes, comme s’il s’agissait d’un acte de charité, quand celle-ci devrait être vue, au contraire, comme une prise de responsabilité de ces mêmes politiques et de cet exécutif forcément héritier, envers ces vies brisées, du fait de leur propre action (ou inaction). Les guerres qu’ils ont provoquées au service des lobbys (construction, énergie, armes), le chaos dans les banlieues qu’ils n’ont pas été capables de résoudre et le manque de cohésion sociale dont ils sont également à l’origine.
Cette banalisation du terrorisme, n’est pas anodine, elle est une démonstration d’un manque évident de solutions et d’une volonté de minimiser l’indignation légitime des victimes, celles d’hier et celles de demain. Une banalisation face à laquelle nous devons nous battre et éviter toute forme de résilience.
Anatole France a un jour dit à propos de la guerre, que l’on croit mourir pour la patrie mais on meurt en réalité pour des industriels. 100 ans plus tard le terrorisme revisite cette maxime qui ne pouvait être plus actuelle tout autant qu’inacceptable.
La responsabilisation individuelle des plus défavorisés
Le début du quinquennat d’Emmanuel Macron s’est aussi placé sous le signe de la stigmatisation des plus précaires.
De la réduction des APL, en passant par le mépris envers les ouvriers « qui foutent le bordel », les fainéants incapables de se payer un costard, les illettrés, alcooliques, tabagiques du nord de la France. Toutes ses sorties médiatiques sont une occasion pour Emmanuel Macron de dire son mépris de classe, et de stigmatiser encore un peu plus tous ceux que l’idéologie ultra-libérale, dont il est le parfait représentant, n’a pas su épargner des injustices que crée la mondialisation dérégulée.
Depuis Juin, son action politique est à l’image du quinquennat qu’il nous propose de subir. Injuste envers les plus défavorisés, révisant de façon anti-démocratique les acquis sociaux, souhaitant uberiser (précariser ?) les travailleurs, supprimant les palliatifs aux injustices sociales. Puis, on ne peut plus complaisant envers les plus fortunés, entretenant ce manque d’honnêteté intellectuelle qui consiste à faire croire que la déréglementation du droit du travail et les cadeaux fiscaux permettent le retour à la croissance et au plein emploi, alors que tous les économistes sérieux démontrent que ces mesures sont surtout synonymes de plus de dette et de précarité.
Dans notre pays, on a pris l’habitude de responsabiliser les uns et les autres de l’ignorance à laquelle on les cantonne, voici un président qui s’y attèle désormais d’une façon complètement décomplexée, que je me refuse d’accepter.
La « servitude volontaire » envers les puissants
A l’heure où le socialisme semble avoir disparu dans notre pays, Emmanuel Macron souhaite nous imposer définitivement une vision idéologique d’un politique qui ne peut rien, pieds et poings liés à cette finance qui se dit clairvoyante, qui dicte les règles.
Une sorte de « malencontre » de la Boétie, celui qui par cupidité (politique) permet, diffuse et met en place la servitude volontaire de son peuple à la tyrannie de la mondialisation, du marché et de la finance amorale.
Manipulant toutes les peurs primaires de l’être humain, à coup de chantage à l’emploi et à l’insécurité, attisant les bassesses de chacun d’entre nous (racisme, désolidarisation, divertissement nihiliste) on souhaite aujourd’hui nous destituer de nos droits démocratiques et de notre souveraineté à décider de notre destin collectif.
L’idéologie de notre gouvernement c’est celle d’un ultra-libéralisme qui prône plus de liberté pour les capitaux, les délocalisations et les marchandises et toujours plus d’aliénation et d’exploitation pour les travailleurs. Qui justifie les coupes budgétaires dans l’éducation, la sécurité et la santé au prétexte d’une rationalité économique restant à démontrer et contre laquelle je vous invite tous à vous opposer.
Étienne de La Boétie, toujours lui, dans son discours de la servitude volontaire nous disait : « soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres ».
Voici pourquoi je me garderai d’exprimer une quelconque démonstration de servitude ce 13 novembre, en signe de protestation pour plus de liberté collective.
source : http://www.huffingtonpost.fr/michael-dias/pourquoi-je-refuse-de-saluer-emmanuel-macron-a-la-ceremonie-d-hommage-du-13-novembre_a_23270351/

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https://reporterre.net/Les-Sentinelles-ces-femmes-et-ces-hommes-empoisonnes-par-les-toxiques-et-les

« Les Sentinelles », ces femmes et ces hommes empoisonnés par les toxiques et les pesticides
8 novembre 2017 / Pascale Solana (Reporterre)
Dans le documentaire « Les Sentinelles », Pierre Pézerat a rencontré des victimes de l’amiante et des pesticides, « sentinelles » malgré elles de la dégradation de l’environnement. Le film sort en salle le 8 novembre. Un film grave et fort.
Pour les scientifiques, les sentinelles écologiques désignent des espèces dont la sensibilité sert d’indicateur précoce des changements de l’environnement d’un écosystème. Elles les révèlent par des signes cliniques visibles de l’altération de leur physiologie, par la présence d’anticorps, voire par leur mort. Un arbre qui jaunit trop tôt, une truite mal en point… Dans le documentaire Les Sentinelles, en salle le 8 novembre, les sentinelles sont des femmes et des hommes empoisonnés par leur travail. Le film raconte comment et pourquoi ils et elles en sont arrivés là, quelle est leur lutte, comment l’histoire se répète. À sa façon, le film a aussi un rôle de sentinelle.

Pierre Pézerat, le réalisateur du film, rend hommage aux lanceurs d’alerte, dont Henri Pézerat, son père. Éminent toxicologue (1928-2009), chercheur au CNRS, Henri Pézerat fut parmi les premiers à dénoncer dans les années 1970 depuis son laboratoire de Jussieu, à Paris, le scandale de l’amiante, dont l’usage sera autorisé en France jusqu’en 1997. Et ce malgré la dangerosité connue dès les années 1930 de ce matériau. Précurseur de la toxicologie de l’environnement, avec sa compagne Annie Thébaud-Mony chercheuse à l’Inserm et spécialiste de santé publique, Henri Pézerat s’est engagé pour interdire l’amiante et aider les victimes à faire reconnaître leurs droits.

Le récit des Sentinelles s’étire sur une quarantaine d’années. Il réunit des gens qui,…

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Septembre 2017

Nous devons résister, encore et encore.

Mes convictions de citoyen

« Je voudrais dire avant tout que la vie vaut la peine d’être vécue. Je suis un militant de base, un homme de terrain, dont le parcours semé de terribles épreuves a fait un citoyen conscient de ses responsabilités. J’apporte ma pierre à ce combat pour la défense inconditionnelle de l’être humain et des valeurs démocratiques. Ma conviction profonde est que, quels que soient le lieu de naissance et la couleur de peau, il y a une seule race, la race humaine qui mérite d’être respectée et défendue. A toutes les époques il y a eu des hommes et des femmes qui se sont battus pour une société meilleure, qu’il s’agisse des esclaves dans l’antiquité ou des révolutionnaires de 1789, sans oublier les Résistants de 1940-1944, les opprimés ont toujours fini par gagner. Il faut donc poursuivre le combat contre les inégalités, sans tomber dans la lassitude, le pessimisme ou le désarroi ambiant, car les victoires résultent d’un engagement constant. On n’est pas citoyen par intermittence, ni en surface : la conscience citoyenne s’ancre profondément dans l’être et l’accompagne sa vie durant.


La société de consommation actuelle a tendance à enfermer les gens dans des attitudes individualistes où chacun s’isole, vit pour lui-même et sa sphère privée. Pour en sortir, il faudrait ré-instaurer les liens entre les personnes et reconstruire une société plus solidaire, qui permette un partage plus égalitaire des richesses et offre une promotion à chaque être humain. Notre société trop souvent mécanique, froide et impersonnelle, souffre d’une déshumanisation, de logiques strictement comptables et de perspectives à courte durée. Une citoyenneté bien comprise devrait instaurer davantage de partage, de fraternité et de liberté pour conduire des actions créatrices d’avenir.
Choisir de résister, c’est faire un choix de vie, pour préserver la vie, et ce choix engage pour toute une vie. Aucun retour en arrière n’est possible. On ne peut pas effacer les leçons de l’histoire apprises au contact d’évènements si douloureux. Résister au nazisme hier, c’était une décision qui s’imposait à moi. Lutter constamment contre les dérives, qu’elles soient fascistes, nazies, néo-nazies, xénophobes, liberticides, inégalitaires ou individualistes, est un moteur permanent dans mes orientations de vie, aujourd’hui comme hier.
J’espère que nous serons nombreux à faire du mot « Résistance » un moyen contemporain pour inventer une société meilleure.
Nous devons résister, encore et encore. »

Walter Bassan

(Extrait de l’ouvrage « Walter : une vie de résistances » par Claire Rosler)
Paroles de Résistance 2017 http://www.citoyens-resistants.fr/spip.php?article533
décédé dans la nuit du 4 au 5 septembre 2017

 

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Avril 2017

 

Fermeture de Fessenheim :

La règlementation pro-nucléaire et l’impuissance de l’état

François Hollande avait promis de fermer Fessenheim et tente depuis des mois, à travers l’action de Ségolène Royal de tenir cette promesse avant la fin de son mandat. Les citoyens ne comprennent rien aux épisodes de ce feuilleton de la fermeture toujours annoncée, toujours repoussée. Ils se posent des questions sur l’autorité ou la sincérité du Président.  L’Etat devrait pouvoir décider puisque c’est bien l’argent des contribuables qui a financé la construction et l’entretien des centrales nucléaires ! Et même si EDF a été privatisée en 2005, L’Etat reste actionnaire majoritaire !  Alors que signifient  ces tractations obscures entre l’Etat et EDF ? En fait ce Est-ce qui apparaît à propos du feuilleton de la fermeture, c’est quelque chose de grave pour la démocratie : il y a un loup dans la bergerie et ce loup c’est la règlementation mis en place pour assurer les pleins pouvoirs au lobby nucléaire. Autrement dit ce sont les règles de droit spécifique à l’activité nucléaire  qui laissent toute latitude à EDF pour décider de notre avenir énergétique et qui organise l’impuissance des politiques.

Plus précisément, c’est l’Etat qui au départ donne l’autorisation d’exploiter une centrale, mais l’Etat ne peut pas décider de retirer cette autorisation. C’est l’exploitant qui a le pouvoir de demander l’abrogation de cette autorisation si cela peut servir sa stratégie énergétique ! Lors du conseil d’administration d’EDF les représentants de l’Etat n’ont pas le droit de voter au sujet de l’abrogation de l’autorisation d’exploiter, sous prétexte de leurs possibles conflits d’intérêts, comme si la direction d’EDF et les autres actionnaires et mêmes les salariés étaient indemnes de tout conflit d’intérêt !  C’est une plaisanterie mais une plaisanterie très significative des pleins pouvoirs règlementaires donnés à l’industrie nucléaire.

L’exploitant n’a pas à tenir compte de l’intérêt du pays, de l’intérêt des citoyens. Il n’a même pas à prendre en compte les risques énormes qu’il peut faire courir à la population. En principe c’est l’Etat qui devrait agir dans l’intérêt général et parer aux risques sanitaires et aux  risques d’accident, mais il n’est pas en état actuellement de la faire.

Certes l’Autorité de Sûreté Nucléaire peut demander la fermeture d’une centrale en cas de risques majeurs,  mais les procédures de contrôle, très pointillistes et analytiques, obéissent à une théorie de la sûreté qui exclue les risques systémiques et l’enchaînement causal  de dysfonctionnements mineurs menant à une catastrophe majeure. L’ASN n’a encore jamais demandé la fermeture d’une centrale, alors qu’on a vu déjà des incidents graves et répétés susceptibles, un jour, de déboucher sur un désastre nucléaire et qui, d’ores et déjà, provoquent une contamination progressive de l’environnement. L’ASN est une instance technico-administrative c’est à dire technocratique dont les membres sont formés dans la même logique que les techniciens du nucléaire. L’ASN ne représente pas le peuple.  Le pouvoir politique en matière d’infrastructures énergétiques est passé à la trappe.

J’entends  beaucoup de monde, y compris chez les écologistes, critiquer la  stratégie actuelle de Ségolène Royal pour contourner l’impuissance organisée des pouvoirs publics en matière de nucléaire, mais je n’entends personne dire qu’il est impératif de changer cette règlementation qui permet au lobby nucléaire de dominer l’Etat. En cette période de campagne électorale, au lieu de cracher, de manière infantile, sur le gouvernement, il est capital d’agir en tant que citoyens et en tant que militants politiques pour débusquer dans notre appareil législatif et règlementaire et éradiquer toutes les dispositions qui donnent  le pouvoir aux lobbies et privent les pouvoirs publics de leur capacité de décision.

Nicole Roelens, présidente fondatrice de l’Association Stop Fessenheim  

 

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Décembre 2016

http://lasphrebleue.blogspot.fr/2016/12/une-ceremonie-magnifique.html

Une cérémonie magnifique !

Traduction : Michelle

Source : http://sitsshow.blogspot.ca/2016/12/Forgiveness-Ceremony-Unites-Veterans-And-Natives-At-Standing-Rock-Casino.html

Une cérémonie de pardon unit les Vétérans de l’Armée Américaine et les Autochtones de Standing Rock.

Par Jenna Amatulli, 5 décembre 2016

Josh Morgan, pour le Huffington Post Wesley Clark Jr. et d’autres vétérans s’agenouillent devant Leonard Crow Dog, lors d’une cérémonie de pardon au Four Prairie Knights Casino & Resort sur la réserve Standing Sioux Rock réservation, lundi dernier.

« Nous sommes venus. Nous nous sommes battus. Nous avons pris votre terre. Nous avons signé des traités que nous avons rompus ».

Lundi, les Amérindiens ont mené une cérémonie de pardon avec des vétérans de l’Armée Américaine, donnant aux anciens combattants l’occasion de se faire pardonner les actions militaires menées contre les autochtones tout au long de l’histoire.

Durant la célébration de la victoire des manifestants, dimanche, lors de l’arrêt de la construction sur le Dakota Access Pipeline, Leonard Crow Dog a formellement pardonné à Wes Clark Jr., le fils du général retraité de l’armée américaine et ancien commandant suprême à l’OTAN, Wesley Clark Sr.

Les excuses publiques de Clark aux Autochtones, se lisent comme suit :

« Beaucoup d’entre nous, moi en particulier, ont œuvré dans des unités qui vous ont blessé au cours de nombreuses années. Nous sommes venus. Nous nous sommes battus. Nous avons pris votre terre. Nous avons signé des traités que nous avons rompus. Nous avons volé des minéraux de vos collines sacrées. Nous avons sculpté les visages de nos présidents sur votre montagne sacrée. Nous avons pris encore plus de terres, puis nous avons pris vos enfants, nous avons essayé de changer votre langue et nous avons tenté d’éliminer ce langage que Dieu vous a donné, que le Créateur vous a donné. Nous ne vous avons pas respecté, nous avons pollué votre terre, nous vous avons blessé de tant de façons, mais nous sommes venus ici aujourd’hui pour vous dire que nous sommes désolés. Nous sommes à votre service et nous demandons votre pardon ».

C’était un geste historiquement symbolique, qui pardonnait des siècles d’oppression contre les Autochtones et qui honorait leur partenariat pour défendre la terre du Dakota Access Pipeline.

Le chef Leonard Crow Dog a offert son pardon et a insisté pour la paix mondiale, en répondant que « nous ne possédons pas la terre, la terre nous possède ».

Les Autochtones Faith Spotted Eagle et Ivan Looking Horse ont également pris la parole lors de la cérémonie.
Le photographe Josh Morgan était sur place et a recueilli la série suivante de photographies :

Maria D. Michael, un aîné Lakota de San Fransisco, embrasse la vétéran Tatiana McLee au cours d’une cérémonie émouvante de pardon.

(Photo)

-Leonard Crow Dog, un aîné Lakota et un militant très respecté, a laissé sa main sur la tête de Wesley Clark Jr.

- La Vétéran Tatiana McLee essuie les larmes de ses yeux, alors qu’elle filme les aînés Lakota qui parlent durant la cérémonie. 

- Plus de 500 personnes participaient à cette cérémonie.

- Les vétérans reçoivent une bénédiction faite avec de la sauge, lors d’une cérémonie de guérison, organisée par la tribu des Sioux de Standing Rock pendant que les  «protecteurs de l’eau» continuaient de manifester contre les plans qui feraient passer le pipeline Dakota Access, près de la réserve indienne de Standing Rock à Fort Yates, au Dakota du Nord.

- Wesley Clark Jr. donne l’accolade à un homme participant à cette cérémonie.

- Virginia McIntyre, une Vétéran de la Force aérienne des États-Unis de Buffalo, N.Y., essuie les larmes de ses yeux.

- Le vétéran de la Force aérienne des États-Unis, Virginia McIntyre, à gauche, serre la main du chef Arvol Looking Horse.

- Les vétérans de l’armée américaine Tih Kobolson, à gauche, et Aloysious Bell, utilisent une baguette de cérémonie et des plumes lors de cette cérémonie.

- Wesley Clark Jr., et autres vétérans s’agenouillent devant Leonard Crow Dog.

- Les vétérans de toutes les branches du service militaire participaient à la cérémonie de pardon.

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Honneur du refus de la légion d’honneur

 Annie Thébaud-Mony (Inserm) à Cécile Duflot (Ministre):

 

Madame la Ministre,

Par votre courrier du 20 juillet 2012, vous m’informez personnellement de ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et m’indiquez que vous êtes à l’origine de celle-ci. J’y suis très sensible et je tiens à vous remercier d’avoir jugé mon activité professionnelle et mes engagements citoyens dignes d’une reconnaissance nationale. Cependant – tout en étant consciente du sens que revêt ce choix de votre part – je ne peux accepter de recevoir cette distinction et je vais dans ce courrier m’en expliquer auprès de vous.

 

Concernant mon activité professionnelle, j’ai mené pendant trente ans des recherches en santé publique, sur la santé des travailleurs et sur les inégalités sociales en matière de santé, notamment dans le domaine du cancer. La reconnaissance institutionnelle que je pouvais attendre concernait non seulement mon évolution de carrière mais aussi le recrutement de jeunes chercheurs dans le domaine dans lequel j’ai travaillé, tant il est urgent de développer ces recherches. En ce qui me concerne, ma carrière a été bloquée pendant les dix dernières années de ma vie professionnelle. Je n’ai jamais été admise au grade de directeur de recherche de 1e classe. Plus grave encore, plusieurs jeunes et brillant.e.s chercheur.e.s, qui travaillaient avec moi, se sont vu.e.s fermer les portes des institutions, par manque de soutien de mes directeurs d’unité, et vivent encore à ce jour _malgré la qualité de leurs travaux _ dans des situations de précarité scientifique. Quant au programme de recherche que nous avons construit depuis plus de dix ans en Seine Saint Denis sur les cancers professionnels, bien que reconnu au niveau national et international pour la qualité scientifique des travaux menés, il demeure lui-même fragile, même s’il a bénéficié de certains soutiens institutionnels. J’en ai été, toutes ces années, la seule chercheure statutaire. Pour assurer la continuité du programme et tenter, autant que faire se peut, de stabiliser l’emploi des jeunes chercheurs collaborant à celui-ci, il m’a fallu en permanence rechercher des financements – ce que j’appelle la « mendicité scientifique » – tout en résistant à toute forme de conflits d’intérêt pour mener une recherche publique sur fonds publics.

Enfin, la recherche en santé publique e´tant une recherche pour l’action, j’ai mené mon activité dans l’espoir de voir les résultats de nos programmes de recherche pris en compte pour une transformation des conditions de travail et l’adoption de stratégies de prévention. Au terme de trente ans d’activité, il me faut constater que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la prise de conscience du désastre sanitaire de l’amiante n’a pas conduit à une stratégie de lutte contre l’épidémie des cancers professionnels et environnementaux, que la sous-traitance des risques fait supporter par les plus démunis des travailleurs, salariés ou non, dans l’industrie, l’agriculture, les services et la fonction publique, un cumul de risques physiques, organisationnels et psychologiques, dans une terrible indifférence. Il est de la responsabilité des chercheurs en santé publique d’alerter, ce que j’ai tenté de faire par mon travail scientifique mais aussi dans des réseaux d’action citoyenne pour la défense des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité.

Parce que mes engagements s’inscrivent dans une dynamique collective, je ne peux accepter une reconnaissance qui me concerne personnellement, même si j’ai conscience que votre choix, à travers ma personne, témoigne de l’importance que vous accordez aux mobilisations collectives dans lesquelles je m’inscris. J’ai participé depuis trente ans à différents réseaux en lutte contre les atteintes à la santé dues aux risques industriels. Ces réseaux sont constitués de militants, qu’ils soient chercheurs, ouvriers, agriculteurs, journalistes, avocats, médecins ou autres… Chacun d’entre nous mérite reconnaissance pour le travail accompli dans la défense de l’intérêt général. Ainsi du collectif des associations qui se bat depuis 15 ans à Aulnay-sous-bois pour une déconstruction – conforme aux règles de prévention – d’une usine de broyage d’amiante qui a contaminé le voisinage, tué d’anciens écoliers de l’école mitoyenne du site, des travailleurs et des riverains. Ainsi des syndicalistes qui – à France Télécom, Peugeot ou Renault – se battent pour la reconnaissance des cancers professionnels ou des suicides liés au travail. Ainsi des ex-ouvrières d’Amisol – les premières à avoir dénoncé l’amiante dans les usines françaises dans les années 70 – qui continuent à lutter pour le droit au suivi post-professionnel des travailleurs victimes d’exposition aux cancérogènes. Ainsi des travailleurs victimes de la chimie, des sous-traitants intervenant dans les centrales nuclèaires, des saisonniers agricoles ou des familles victimes du saturnisme… Tous et chacun, nous donnons de notre temps, de notre intelligence et de notre expérience pour faire émerger le continent invisible de ce qui fut désigné jadis comme les « dégâts du progrès », en France et au delà des frontières du monde occidental.

La reconnaissance que nous attendons, nous aimerions, Madame la ministre, nous en entretenir avec vous. Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail dont je parlais plus haut, le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques… Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale. Vous avez récemment exprimé, à la tribune de l’Assemblée nationale, votre souhait d’écrire des lois « plus justes, plus efficaces, plus pérennes ». En qualité de Ministre chargée de l’Egalité des territoires et du logement, vous avez un pouvoir effectif non seulement pour augmenter le nombre des logements mais légiférer pour des logement sains, en participant à la remise en cause de l’impunité qui jusqu’à ce jour protège les responsables de crimes industriels.

En mémoire d’Henri Pézerat qui fut pionnier dans les actions citoyennes dans lesquelles je suis engagée aujourd’hui et au nom de l’association qui porte son nom, la reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité.

Pour toutes ces raisons, Madame la ministre, je tiens à vous renouveler mes remerciements, mais je vous demande d’accepter mon refus d’être décorée de la légion d’honneur. Avec l’association que je préside, je me tiens à votre disposition pour vous informer de nos activités et des problèmes sur lesquels nous souhaiterions vous solliciter.

Je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma reconnaissance et de mes respectueuses salutations.

Annie Thébaud-Mony

http://blogs.mediapart.fr/blog/ben-boukhtache/050812/une-chercheuse-refuse-la-legion-dhonneur

 

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WITTMANN Clément

le 15 octobre 2013

 

 à Monsieur le Président de la République

 Palais de l’Elysée

75000 PARIS

Objet : crime contre l’humanité

Lettre ouverte 

 

Monsieur le Président,

Votre prédécesseur avait comme formule « J’irais chercher la croissance avec les dents  ». Un projet politique d’une pauvreté intellectuelle affligeante. En effet, Monsieur le Président, j’imagine que, comme Nicolas SARKOZY, vous êtes entourés de nombreux experts et conseillers, qui vous informent de notre situation dans les domaines de l’environnement, de l’économie, des stratégies internationales etc..Ces experts ne vous ont-ils pas parlé des rapports du club de Rome ( ou rapport Meadows ) ? Après une première publication en 1972, le club de Rome a publié un nouveau rapport en mars 2012. Dans ce rapport il est dit que « tout se déroule comme prévu pour que survienne le grand désastre, probablement en 2020  ».

Vos conseillers ne vous ont-ils pas informé que cette année, « le jour du dépassement des ressources annuelles de la planète  » est tombé le mardi 20 aout. Pour Alessandro Galli, le directeur de l’ONG Global Footprint Network «  nous sommes sur une trajectoire où nous allons avoir besoin des ressources de deux planètes bien avant le milieu du XXI ème siècle .

Il y a quelques années, dans un remarquable ouvrage ( La montée de l’insignifiance ), Cornélius CASTORIADIS écrivait : «  L’humanité se fracassera tôt ou tard contre les limites naturelles de la planète, si elle ne s’effondre pas déjà auparavant sous le poids de son néant de sens ». Plus récemment, dans le journal La Décroissance, le chroniqueur Denis Baba, écrit « Des millénaires de religion, littérature, philosophie, se trouvent engloutis, signant définitivement le triomphe de la pensée de l’ingénieur. La condition humaine se réduit à un problème technique. Et à question technique, réponse technique. Si on considère que le désastre nucléaire au Japon n’est que la face la plus immédiatement visible de l’effondrement écologique en cours, cette maxime est en passe de s’imposer à toutes les sphères de notre existence, sur tous les points du globe  ».

Vous n’ignorez pas non plus, Mr le Président, tous les crimes commis par la France sur le continent africain. Depuis des décennies, pour alimenter la croissance française, il a fallu piller le continent africain. Vous n’ignorez pas que dans la nuit du 15 au 16 avril 1974, Diori HAMANI ( le premier président du Niger démocratiquement élu ) est assassinée par les services secrets français, placés sous la direction d’Yves Guéna . Diori HAMANI avait simplement exigé de la Gogema des informations sur le prix et les quantités d’uranium extraites du sous-sol nigérien. Vous n’ignorez pas, Monsieur le Président, que pour mettre la main sur les richesses du Togo, la France de gauche (Mitterand, Rocard, Véderine, Dumas ) a soutenu le général-dictateur EYADEMA ? Il serait bien évidemment trop long, ici de faire un inventaire exhaustif de tous les crimes commis par la France dans les pays africains.

Ce n’est une brève description de la barbarie humaine intrinsèquement liée au concept de croissance économique .

Vous ne l’ignorez pas, Monsieur le Président, l’impact de la croissance sur les écosystèmes est désastreux. Chaque seconde dans notre pays, 28 m² de terres sont recouverts de béton ou de bitume. Pour de nombreux experts, l’artificialisation des terres agricoles représente la menace la plus directe pour les générations à venir et la sécurité alimentaire.

Entre 1950 et 1997, la production de l’économie mondiale a été multipliée par six – de 5 000 à 29 000 milliards de dollars. La seule croissance économique des années 1990 à 1997 a dépassé celle des 10 000 années comprises entre le débuts de l’agriculture et 1950. Le chômage et la pauvreté ont-ils pour autant reculés ? A l’évidence non. Il faut comprendre et accepter, Monsieur le Président, qu’augmenter la production n’éliminera pas la pauvreté.

Avec des amis linguistes, nous avons étudié le vocabulaire de vos discours depuis votre arrivée à la tête de l’étât. Le mot « partage  » n’apparait jamais. Etes-vous vraiment un président de gauche ?

N’est-il pas simple, Monsieur le Président, de comprendre qu’en détruisant notre environnement nous nous détruisons nous-mêmes.

En faisant de la croissance un projet politique, vous avez fait de la mort un projet politique.

Monsieur le Président, depuis votre arrivé à la tête de l’état, vos incantations à la croissance sont permanentes. Pouvez-vous ignorer les limites physiques de la planète. Avez-vous le droit de maintenir l’opinion dans le mythe de l’abondance ? Ne serait-il pas plus courageux, Monsieur le Président, d’adopter un discours de vérité ? De dire à nos concitoyens, que pour des raisons à la fois financières et écologiques, le recours à la croissance est collectivement suicidaire. Ou plus précisément, pour reprendre l’expression de l’universitaire Franz Broswimmer, qu’il s’agit d’un écocide .

Auteur de nombreux ouvrages et travaux de recherches, le biologiste canadien David Suzuki considère pour sa part que « faire l’apologie de la croissance relève du crime contre l’humanité » .

Une question se pose donc Monsieur le Président, n’êtes-vous pas vous aussi, comme l’ensemble des chefs d’état, responsable de « crime contre l’humanité  » ?

Dans l’attente de votre réponse, recevez Monsieur le Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Clément WITTMANN

 PJ, un texte magnifique de Gandhi

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Parmi ceux du type exemplaire de l’homme Jeremy Hammond
lundi 25 novembre 2013

On voit dans cet article un certain pessimisme concernant la « prophétie de Malraux ». (sacré Malraux qui était contradictoire aussi, aimait à en rajouter selon les commentaires)
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article137410

« « on m’a fait dire : Le 21ème siècle sera religieux ou ne sera pas. La prophétie est ridicule ; en revanche je pense que si l’humanité du siècle prochain ne trouve nulle part un type exemplaire de l’homme, ça ira mal. Et les manifestations (*) et autres ectoplasmes ne suffiront pas à l’apporter. » (*) Il s’agit des : Journées insurrectionnelles de mai 68.

Il semble que Malraux nie avoir fait cette prédiction à propos du 21e siècle dans ce passage.

Cependant, du même souffle, il en fait une autre lorsqu’il dit que si l’humanité du siècle prochain ne trouve nulle part un type exemplaire de l’homme, ça ira mal.

On ne peut que conclure que l’humanité n’a pas trouvé un type exemplaire de l’homme en ce 21e siècle.

Et la prophétie de Malraux semble donc se réaliser sous nos yeux. Certains ont pensé que ce type exemplaire de l’homme était Barack Obama lors de sa première campagne à la présidence américaine.

Ils ont déchanté depuis, s’apercevant qu’il est, comme les autres avant lui, un pur produit du Système, le dit Système qui pousse au chacun pour soi et au « au plus fort la poche » et qui met, non pas l’argent au service de l’être humain, mais l’être humain au service de l’argent. »

Les compatriotes d’Obama confirment ici :
https://bellaciao.org/fr/spip.php?article135570:

« Et nous avons voulu mettre en lumière l’impuissance des institutions libérales et gouvernementales officielles autrefois capables de diriger mais qui n’ont plus aujourd’hui assez de pouvoir pour contrecarrer l’assaut des multinationales. » [...] « Une poignée d’oligarques internationaux du monde des affaires concentre tout – la richesse, le pouvoir et les privilèges – et le reste d’entre nous doit lutter pour survivre à l’intérieur d’une vaste classe de sous-citoyens de plus en plus pauvres et réprimés. Il y a des lois pour nous ; et d’autres lois pour une puissante élite qui fonctionne comme une mafia sans frontières.

Nous assistons impuissants au désastre. Le droit de vote ne nous sert à rien contre la puissance des multinationales. Les citoyens n’ont pas les moyens d’attaquer en justice les banquiers et les financiers de Wall Street pour fraude, ni les officiels de l’armée et des services secrets pour torture et crimes de guerre, ni les officiers de surveillance et de sécurité pour atteinte aux droits de l’homme. La réserve Fédérale n’a plus pour seule fonction que d’imprimer de la monnaie qu’elle prête aux banques et aux organismes financiers à 0% d’intérêt, pour que ces entreprises privées nous la prêtent ensuite à des taux usuraires qui vont jusqu’à 30%. Je ne sais même plus quel nom donner à ce système. Ce n’est certainement pas du capitalisme. C’est plutôt de l’extorsion. »

Hé si, c’est bien du capitalisme, poussé à son paroxysme comme l’a été le nazisme, la négation de l’homme dans son environnement mais :

« L’altruisme n’exige pas la déprise, l’anéantissement, la dépression de soi, le désintéressement sacrificielle qui s’abandonne à une altérité radicale (Dieu, la lo morale ou autrui). L’abandon, la déprise de soi, est au contraire l’un des chemins qui mènent le plus sûrement l’individu à la soumission, à l’obéissance aveugle et à la servilité. Seul, celui qui s’estime et s’assume pleinement comme un soi autonome peut résister aux ordres et à l’autorité établie, prendre sur lui le poids de la douleur et de la détresse d’autrui et, lorsque les circonstances l’exigent, assumer les périls parfois mortels que ses engagements les plus intimement impérieux lui font courir. » (Michel Terestchenko « Un si fragile vernis d’humanité »)

Malraux s’emportait de trop avec « ses grands hommes » , « entre-là Jean Moulin avec ton funèbre cortège, avec tous les rayés les tondus des camps de concentration…  »
Des panthéonades comme la légion d’honneur, comme l’enseignement de la morale à l’école ou l’anglais dans les universités…
Malraux et « ces chênes qu’ont abat », maintenant c’est ces chaînes que l’on coupe, et ils y a en a qui arrivent à s’échapper tous les jours.

Il y a plein de » type exemplaire de l’homme » mais évidemment ils ne sont pas au pouvoir car
un « type exemplaire de l’homme » fuit le pouvoir.
Et chacun fait une contribution ni grande ni modeste, une contribution.

  • Ceux des bateaux pour la Palestine sont du  » type exemplaire de l’homme »
    - Ceux de Tarnac, de NDDL, de Notav, de Valognes etc sont du  » type exemplaire de l’homme »
    - Les Assange Snowden Mannig Hammond sont du » type exemplaire de l’homme »
    Les Jacquard, Hessel, Aubrac, Slitinsky sont du » type exemplaire de l’homme »
    - Les DAL enfant de don quichote jeudi noir déboulonneurs criirad antinuc faucheur clownistan etc sont du » type exemplaire de l’homme »
    Et ils sont toujours contradictoires car les hommes sont contradictoires ;
    - les Sakharov, Nesterenko sont du » type exemplaire de l’homme » (ancien pronucs)
    - Les Bernard Ronot, André Pochon (anciens agriculteurs passant de la chimie au respect du vivant) sont du » type exemplaire de l’homme »
    - Ceux du marché de producteurs du coin sont du » type exemplaire de l’homme »
    - Ceux qui accueillent des Rroms sont du » type exemplaire de l’homme »
    - Les femmes de Fukushima sont du » type exemplaire de l’homme »
    - Les femmes africaines sont du » type exemplaire de l’homme » Wangari Mataï, Aminata Traoré, etc on en a rencontré une autre, béninoise Jeanne, lors des rencontres des dix ans des faucheurs à Bouzy la Forêt cet été.
    Les femmes aborigènes d’Australie contre les mines d’uranium, les indiens d’Amérique du sud contre la déforestation de leur terre ancestrale, ceux du Chiapas etc sont du » type exemplaire de l’homme ».

D’ailleurs Malraux était peut-être un tantinet misogyne, d’où peut être cette réflexion qui lui fait craindre le pire car il ne voit que l’homme, comme Pacalet (l’humanité disparaîtra bon débarras). Car le type exemplaire de l’homme sont surtout des femmes : Vandana Shiva, MM Robin, etc
C’est écrit dans la chanson…

Du coup, Mannig est devenue femme et cela ne retire en rien qu’il demeure avec Assange ; Hammond et beaucoup d’autres boutures qui poussent, du « type exemplaire de l’homme ».

Et il faut multiplier à l’infini leur message et notre soutien, multiplier par nos actes ceux « du type exemplaire de l’homme »

Déclaration de Jeremy Hammond
(extrait)

« Je voudrais aussi hurler pour tous mes frères et sœurs qui sont derrière les barreaux et pour celles et ceux encore dehors qui combattent toutes les formes de pouvoir.

Les actes de désobéissance civile et d’action directe pour lesquels je suis condamné aujourd’hui sont en accord avec les principes de communauté et d’égalité qui guident ma vie. J’ai piraté des dizaines de sociétés de haut niveau et des institutions gouvernementales, comprenant très clairement que ce que je faisais était contraire à la loi, et que mes actions pourraient m’envoyer dans une prison fédérale. Mais je sentais que j’avais l’obligation d’utiliser mes compétences pour dénoncer et lutter contre cette injustice, et de mettre en lumière la vérité.

Aurais-je pu atteindre les mêmes objectifs par des moyens légaux ? J’ai tout essayé, depuis l’appel à signatures de pétitions à l’organisation de manifestations pacifiques, j’ai constaté que les personnes au pouvoir ne veulent pas que la vérité soit révélée. Quand nous exposons la vérité au pouvoir, nous sommes au mieux ignorés et au pire brutalement réprimés. Nous sommes confrontés à une structure de pouvoir qui ne respecte pas son propre système de « mécanisme régulateur », peu lui importent les droits de ses propres citoyens ou de ceux de la communauté internationale.

Mon entrée en politique coïncide avec l’élection présidentielle truquée de 2000 par Georges W. Bush qui profita, après le 11 septembre, de la vague de racisme et de patriotisme pour lancer des guerres impérialistes, sans qu’il y ait eu de provocation, contre l’Irak et l’Afghanistan. J’ai manifesté publiquement croyant naïvement que nos voix seraient entendues à Washington et que nous pourrions arrêter les guerres. Au lieu de cela, nous avons été étiquetés comme traîtres, battus et arrêtés. »

article et lien complet sur http://atelier.mediaslibres.org/Declaration-de-Jeremy-Hammond.html

version le monde.fr
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2013/11/15/une-source-de-wikileaks-condamnee-a-dix-ans-de-prison_3514829_3222.html

 

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***********************http://www.bastamag.net/Bernard-Friot-Le-management

 

« Le suffrage universel – une personne, une voix – a été conquis pour affirmer la souveraineté populaire sur la délibération politique. Ce droit politique est aujourd’hui une caricature car il n’a aucune prise sur l’économie, chasse gardée des propriétaires des entreprises, les détenteurs du capital. Il est donc urgent d’enrichir la citoyenneté de la maîtrise de l’économie. »…

 

« Quelles formes prendront l’entreprise et l’organisation du travail ?

 

L’entreprise regroupe des copropriétaires d’usage. Personne ne détient de parts, personne ne tire un revenu de ce patrimoine ou du chiffre d’affaires. Tous ont la même voix délibérative sur les décisions à prendre : l’investissement, la production, la hiérarchie à désigner, les embauches et éventuellement les licenciements dans le respect de la loi et de la vigilance syndicale. Notons que le licenciement aura un tout autre sens, puisque les personnes gardent leur salaire à vie et leur qualification. Nous serons les responsables de la production de la valeur ajoutée [2]. Celle-ci sera mutualisée par des cotisations aux caisses qui verseront les salaires et subventionneront l’investissement.

 

Mais qui coordonnera l’ensemble des activités économiques ainsi que les services publics ? Seulement celles et ceux qui y travaillent ?

 

La copropriété sera le fait des salariés de l’entreprise ou du service public, mais pas seulement. Si la gestion d’une boulangerie de quartier ne pose pas de gros problèmes d’arbitrage et de choix collectifs, il en est autrement pour la SNCF ou les écoles par exemple. La SNCF, c’est bien plus que le transport ferroviaire.Cela nécessite un arbitrage avec le transport routier, des choix énergétiques très lourds, l’aménagement du territoire…. Dans une école, ce ne sont pas seulement les enseignants qui décideront du contenu ou du nombre de classes. Cela suppose l’intervention de tiers dans les décisions : des usagers, des élus, des représentants de branches en amont ou en aval. Ensuite, les caisses d’investissement accepteront ou refuseront tel projet. Les jurys de qualification, eux, accéléreront ou freineront la montée en qualification selon les métiers prioritaires. Les caisses d’investissement et celles chargées de verser les salaires à vie auront forcément des rapports conflictuels avec les entreprises, puisqu’elles veilleront à collecter suffisamment de cotisations.

 

 

 

****************http://www.legrandsoir.info/interview-exclusive-d-edward-snowden.html

 

« Voyez l’écoute d’Angela Merkel ou du Quai d’Orsay. C’est interdit, on est d’accord. Mais les intérêts économiques ou géopolitiques des États-Unis seront toujours plus forts que des considérations morales ou juridiques. Il n’y aura jamais de garde-fous, une technologie est faite pour être utilisée. Les gens qui affirment le contraire sont des menteurs ou des naïfs. »… »Je l’ai déjà dit : les restrictions aux écoutes sont politiques et non techniques, elles peuvent changer à tout moment. Avec la carte Pass-Pass dans les transports en commun, ou votre future « carte de vie quotidienne », c’est pareil. Le jour où la métropole, les grandes surfaces, la police ou l’entreprise de transports a besoin de savoir qui travaille où, consomme quoi, se déplace à quel moment pour y faire quoi, etc, ils le feront. De toutes façons, c’est déjà leur projet. En matière de respect des individus, les lignes rouges qu’on veut bien se donner finissent toujours par être franchies.

 

La seconde raison, et la plus importante, c’est que transformer les gens en numéros dissout toute humanité dans un stock, une quantité, une abstraction que l’on traite sans empathie aucune. Je vais prendre un exemple extrême : les camps de concentration. Quand IBM accole un numéro aux juifs, aux communistes, aux tziganes, aux homosexuels, ils ne font que gérer des stocks de numéros. Un camp, c’est des milliers de numéros qui entrent et qui ’’sortent’’ – qu’il faut gérer. Cette logistique complexe est permise justement par les identifiants numériques et les machines à calculer.

 

Ces techniques permettent le traitement de grands nombres en même temps qu’elles déresponsabilisent les fonctionnaires. Il faut se battre contre ça et contre ceux qui s’en félicitent. »…

commentaire :

« C’est du Fioraso dans le texte. En quoi les sciences sociales, dont on prétend qu’elles sont « molles », ont un rôle à jouer ? Elles permettent de comprendre puis de modifier les habitudes des gens pour qu’ils s’adaptent à leur nouvel environnement ou qu’ils achètent ce qu’on leur vend. »

 

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ASSOCIATION POUR L’APPEL DE GENEVE II

(APAG2)

 

Genève, ce 10 janvier 2014

Madame,

Monsieur,

 

Le Bureau de l’APAG vous souhaite une heureuse année 2014 et vous invite à lui adresser par courriel toute remarque, suggestion ou commentaire en ce qui concerne la poursuite de notre objectif statutaire, l’arrêt immédiat de l’électronucléaire. Vous pouvez notamment nous proposer des articles à publier sur notre blog :

www.apag2.wordpress.com

 

En outre, vous êtes invité-e à prendre la parole directement en rédigeant des commentaires sur ce blog .

 

Nous apprécierions en particulier toute suggestion visant à approcher

des personnes ou associations susceptibles de se joindre à nous ou de

nous épauler dans nos efforts visant l’abandon immédiat de

l’électronucléaire.

 

Enfin, nous vous serions reconnaissants d’engager vos parents, amis et connaissances à signer l’Appel de Genève II sur notre blog. Pour l’instant, c’est notre priorité.

 

 

****************http://independentwho.org/fr/2014/03/29/irradies-mort-fukushima/

 

la journaliste menacée

*************http://www.legrandsoir.info/les-trois-morts-de-jean-jaures.html

 

« Jaurès et le socialisme fraternel

Jaurès prônait la création d’une « cité nouvelle » ouverte, à tous, y compris aux prolétaires, aux miséreux, aux créatures accablées par le malheur, aux âmes d’un monde sans coeur dont parlait Marx : « Votre visage est creusé par la souffrance, pâli par la faim ; il est même comme abêti par l’ignorance, ou flétri par le vice. Mais qu’importe le passé mauvais ? C’est visage d’homme : Entrez. Dans ces deux yeux il y a lueur humaine : Entrez ! c’est ici la cité des hommes » (Jaurès « Rallumer tous les soleils », éditions Omnibus, p 214). »

 

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[Fauch] Fwd: Newsflash : Beroep Aardappelactivisten verdaagd tot 28 oktober 2014 // Audience en appel des patatistes reportée au 28 octobre 2014

 

Audience en appel des patatistes reportée au 28 octobre 2014 – notez-le dans vos agendas!

Les parties civiles apeurées par la relaxe des activistes anti-ogm en France

 

 

Ce matin les avocats du champ expérimental de patates OGM ont demandé de reporter l’audience jusqu’en automne 2014. Le consortium de recherches en laboratoire a besoin de plus de délais pour étudier de nouveaux éléments dans le dossier. Il s’agit notamment d’un verdict tout récent, avec lequel une cour d’appel française a acquitté 54 activistes qui avaient détruit un champ experimental de vigne OGM. Les permis de cette vigne avaient en effet été annulés. (1) La similitude avec le champ de Wetteren est évidente, puisqu’un juge de Gand l’avait déclaré illégal en 2012.

 

 

Les juges de la Cour d’Appel de Gand, au contraire des juges de Termonde, ont accepté de prévoir de montrer des films et images à décharge, et de laisser la parole à des témoins experts sur la question. Le témoignage de spécialistes lors de l’audience du 28 octobre 2014 est crucial pour les 11 patatisten. Ceux-ci espèrent en effet démontrer qu’il était nécéssaire de conduire une action directe pour répondre au danger imminent causé par l’introduction d’OGMs en milieu ouvert. Ils comptent aussi exposer le déficit démocratique des procédures d’obtention des permis. La Cour n’a pas voulu recevoir les comparants volontaires, qui étaient présents lors de l’action et ont demandé à être poursuivis, mais n’ont pas été inculpés.

 

 

Les accusés comptent bien être acquittés de l’accusation d’association de malfaiteurs lors de l’appel, ce qui saperait carrément le reste du procès. Cette semaine cinq professeurs de droit se prononçaient dans une lettre ouverte publiée par De Standard pour un changement législatif, afin d’éviter définitivement que l’article de loi sur l’association de malfaiteurs – qui devrait viser le crime organisé – ne puisse être de nouveau utilisé pour réprimer des actes politiques.

 

 

Avant le début de l’audience, un groupe de sympathisants on executé une ‘kata de la houe’, une série d’exercices avec une houe. C’était d’hors et déjà imposant, mais après un été à s’entraîner, celà donnera sûrement un beau spectacle. Mettons donc le 28 octobre dans nos agendas: tous et toutes à Gand pour une manifestation pour la biodiversité et l’agriculture durable, et contre les poisons et les OGMs!

 

 

(1) “Une personne qui, confrontée à un danger imminent, clair et sérieux pour lui-même, pour d’autres, ou pour une entité légale, commet un acte qui est nécéssaire pour protéger les personnes ou entités menacées, n’est pas coupable. »

 

Plus d’info?

 

Témoignages de 2 comparants volontaires : Barbara Redant (NL) et Isabelle Stengers (FR)

 

Une apercu de la journée d’hier: ici

 

Carte blanche : des juristes demandent un changement de loi pour éviter la criminalisation juridique des militants. Lire ici (en NL)

 

Ce qu’ils disaient dans la presse : ici

www.fieldliberation.org

 

 

Nous sommes tous des patatistes!

 

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La DEC 113 oct 2014 p12

« L’empire des économistes » Mariana Heredia. « C’est seulement en acceptant le pluralisme et le besoin de négociation que l’on saura reconquérir la confiance dans la mobilisation sociale et la volonté politique »[...]« La question que les experts ne peuvent jamais résoudre est celle du sens : le sens de la propre vie et de l’humanité »[...]« Est ce que ceux qui se sont le mieux sortis de la distriution de la richesse et du pouvoir peuvent se désintéresser durablement et sans risque de la population grandissante des laissés-pour compte? »

 

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p345 notion de liberté personnelle « Dans une société établie, le droit à la non conformité doit être protégé par les institutions. L’individu doit être libre de suivre sa conscience sans craindre les pouvoirs qui se trouvent être chargés de tâches administratives dans certains secteurs de la vie sociale. [...] La contrainte ne devrait jamais être absolue ; il faudrait offrir à «  l’objecteur » une niche dans laquelle il puisse se retirer, un « deuxième choix » qui lui laisse une vie à mener . Ainsi la marque d’une société libre.[...] La véritable manière de répondre à la menace que la bureaucratie devienne source d’abus de pouvoir est de créer des sphère de liberté arbitraire protégées par des règles infrangibles. »[...] 

p347  « Pour le tenant du libéralisme économique, l’idée de liberté dégénère ainsi en un pur et simple plaidoyer pour la libre entreprise – laquelle est aujourd’hui réduite à l’état de fiction par la dure réalité des trusts géants et du pouvoir princier des monopoles. » [...] 

(Karl Polanyi « La Grande Transformation » 1944)

 

« Le crime capital, la responsabilité qui les englobe toutes, c’est le vœu d’obéissance absolue à la société, l’abdication de sa responsabilité. Les monstres d’Oradour n’étaient que des soldats tenus d’exécuter les ordres, ils n’étaient pas responsables. Mais là fut précisément leur culpabilité qu’ils partagent avec tous les hommes qui acceptent la discipline de l’Armée, dont le culte stupide et sanglant de la Nation. En devenant de purs instruments ils avaient commis leur crime par avance. Mais tout le monde n’a pas la malchance d’être envoyé à Oradour. » Bernard Charbonneau (je fus-essai sur la liberté).

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Mai 2016

 Riccardo Petrella

3 audaces:
rendre illégal la guerre et l’appauvrissement, la finance dans les constitutions

****************24.12.2016**https://fr.wikipedia.org/wiki/Riccardo_Petrella
Riccardo Petrella, né le 5 août 1941 à La Spezia, en Ligurie, est un politologue et économiste italien, titulaire d’un doctorat en
sciences politiques et sociales de l’université de Florence (Italie). Enseignant à l’université catholique de Louvain, il s’inscrit
dans une tradition qui fusionne le christianisme, le personnalisme et le solidarisme1. Il a notamment fondé en 1991 le groupe de
Lisbonne ; composé de vingt et un membres universitaires, dirigeants d’entreprises, journalistes et responsables culturels, pour
promouvoir des analyses critiques des formes actuelles de la mondialisation.

Biographie
Riccardo Petrella a été nommé docteur honoris causa de l’université d’Umeå, de Roskilde, de la Katholieke Universiteit
Brussel, de la Faculté polytechnique de Mons, de l’Institut polytechnique de Grenoble et de l’université du Québec à Montréal.
De 1967 à 1975 il a été secrétaire scientifique puis directeur du Centre européen de coordination de recherche en sciences
sociales, à Vienne (Autriche). De 1976 à 1978 il a été senior researcher au Conseil international des sciences sociales à Paris
(France) et au Ford Foundation Fellow.
De décembre 1978 à 1994, il a dirigé le programme FAST (« Forecasting and Assessment in Science and Technology ») à la
Commission européenne de la Communauté européenne à Bruxelles (Belgique).
À partir de 1982 il a été Professeur invité puis Professeur extraordinaire à l’université catholique de Louvain (Belgique) où il a
enseigné surtout la « Mondialisation de l’économie ». Depuis 2006 il a été admis à l’éméritat. Il a été également professeur
invité de la VUB (Vrije Universiteit Brussel) de 1999 à 2005.
Il est professeur d’écologie humaine à l’Accademia di Architettura de Mendrisio (CH).
De juin 2005 à décembre 2006, il a été président de l’aqueduc des Pouilles (Italie).

Il a fondé en 1991 le groupe de Lisbonne.
À partir du « Manifeste de l’eau », il a fondé en 1997 le Comité international pour un contrat mondial de l’eau (dont il est le
secrétaire général).
À partir de 2003, il est l’initiateur de l’université du Bien Commun dont les travaux à titre expérimental ont débuté en Italie

(Faculté de l’eau) et en Belgique (Faculté de l’altérité).
La défense du droit universel et prioritaire à l’accès à l’eau

Petrella constate qu’alors que la désertification, la salinisation, la destruction des zones humides, l’épuisement des nappes
phréatiques augmentent, les difficultés ou l’impossibilité d’accéder à l’eau sont sources croissantes de conflits (« guerres de
l’eau » en Asie Mineure, au Moyen-Orient et en Asie ; violents conflits de rue à Karachi en 1998 après 48 heures d’arrêt de
distribution d’eau ; un million de personnes meurent presque de faim et de soif en Papouasie-Nouvelle-Guinée lors de la
sécheresse de 1997 alors qu’à Manille 40 % de la population est assoiffée quand 50 % de l’eau est perdue via les fuites du
réseau et se pollue en se mélangeant avec les eaux usées qui ne sont pas traitées faute de système d’assainissement). L’eau
accessible est partout polluée à très polluée et l’eau potable est largement gaspillée (par exemple dans les toilettes ou via les
fuites de réseaux).

Dans les années 1990, R. Petrella s’implique fortement dans la protection de l’eau, d’abord autour de l’idée d’un Manifeste
(mondial) de l’eau2 (initiative du Groupe de Lisbonne et de la fundaçào Mario Soares, soutenue par le Comité Promoteur
mondial pour le contrat de l’eau, présidé par Mario Soares et réunissant des responsables africains, sud-américains, asiatiques
et d’Europe de l’Ouest), qui pose comme principe que l’eau est un bien commun, qu’elle relève de la citoyenneté, de
l’écocitoyenneté et de la démocratie, et en particulier que « Toute politique de l’eau implique un haut degré de démocratie au
niveau local, national, continental, mondial » (« L’accès à l’eau passe nécessairement par le partenariat : il est temps de
dépasser les logiques des « seigneurs de la guerre » et des conflits économiques pour l’hégémonie et la conquête des marchés
», précise un des sous-titres du manifeste) et que le « droit à l’eau » est un droit inaliénable individuel et collectif.

R. Petrella a pour cela fondé en 1997 le Comité international pour un contrat mondial de l’eau, dont il est le secrétaire général.
Il estime que les partenariats pour l’eau ne doivent pas être formels et basés sur des logiques commerciales et d’intérêts privés
ou sur la compétition pour la ressource et la conquête du marché de l’eau, menée aujourd’hui par les grandes entreprises
françaises de l’eau (Suez, Veolia) car l’eau est bien plus qu’un bien économique et un bien marchand. Elle nécessite un objectif
d’accès à la ressource pour tous et de gestion intégrée et restauratoire, durable et solidaire des ressources en eau.
R. Petrella s’inquiète de voir les services publics délivrant ou traitant les eaux rapidement passer peu à peu sous le contrôle
d’entreprises privées, contrôlant une grande partie des ressources les plus vitales (l’or bleu) : à la fin des années 1990, il citait
Bechtel basée aux États-Unis, ou encore la Lyonnaise des eaux basée en France (qui en 1997 et 1998 décroche des contrats
de gestion de l’eau pour dix des grandes villes du monde[réf. nécessaire]). Il dénonce l’abandon de la gestion locale de l’eau au
profit d’une prise de pouvoir de nouveaux « seigneurs » pour qui l’eau sera source de puissance, de richesse et de domination.
Il a proposé un Contrat mondial de l’eau reposant sur le principe que l’eau appartient à tous les habitants de la terre et qu’elle
leur est – comme l’air – vitalement nécessaire (humains et non-humains). Ces deux mêmes principes ont été invoqués par
Henry George dans son système pour « faire de la terre un bien commun », la possession privée de celle-ci n’ayant « pas plus
de base logique ou morale que la possession privée de l’air »3. Le contrat proposé par Petrella a un double objectif :

accès de base à l’eau (considérée comme bien public) pour tous et chacun
gestion solidaire et soutenable de l’eau, impliquant un devoir de solidarité et de cohérence mondiale et locale, respectant les
libertés et les droits des générations futures et de protection et de respect envers l’écosystème Terre.

Dix ans plus tard, il estime que le monde est victime d’une mystification mondiale initiée par les lobbies industriels de l’eau, et
en particulier par de grandes entreprises françaises de l’eau. Elles ont convaincu la banque mondiale et les gouvernements qu’il
n’y a que l’argent qui commandera un comportement rationnel des individus, et que donner un prix à l’eau et la privatiser était
un moyen de mieux la gérer et protéger. L’industrie a fait valoir l’intérêt d’un « partenariat public-privé » (PPP) où le public
fixe les règles, mais où le public se prive ainsi des taxes qui finançaient autrefois les grandes infrastructures de l’eau. Petrella
dénonce le fait que les aqueducs, barrages, zones humides, etc., ne risquent d’être financés et entretenus par le privé que pour
les plus riches, car la logique du privé est celle d’un retour sur investissement élevé et rapide, qui implique donc une
marchandisation accrue de l’eau. Petrella dénonce aussi le fait que les Forums mondiaux de l’eau et le Conseil mondial de l’eau
ont été créés par des entreprises privées (présidé en 2009 par le président de la société française Eau de Marseille, dont le
capital est en fait en grande partie possédé par Suez et Veolia).

Petrella note aussi que nous payons le coût des tuyaux et de la distribution, et non la valeur réelle (peut-être inestimable) des
services écologiques qui entretiennent le cycle de l’eau et son épuration par les écosystèmes. C’est en outre le consommateur
final qui – de plus en plus – paye l’eau, indépendamment de la manière dont il va ou non la gaspiller et la salir. Les lobbies de
l’eau ont selon Petrella fait croire au monde que « l’eau finance l’eau » (comme si l’hôpital pouvait financer l’hôpital ajoute-t-il),
alors que l’abandon de la fiscalité appauvrit les collectivités qui ont confié la gestion de l’eau au privé, se privant de la capacité
d’un financement partagé et équilibré (sans objectif vénal) du bien commun essentiel à la vie qu’est l’eau.
Petrella estime que les promoteurs de la privatisation de l’eau et du PPP se trompent et trompent les citoyens en affirmant que
c’est le souci de l’économie d’argent qui guide nos actes. Il en veut pour exemple l’usage commun, bien que totalement
irrationnel, de l’eau potable dans les chasses d’eau des toilettes (30 à 40 % de la consommation d’un ménage ayant un mode de
vie occidental, soit rien que pour l’Italie4 une consommation annuelle équivalente au besoin annuel total en eau potable de toute
l’Afrique !). Même sans rapidement utiliser les toilettes sèches qui existent, et qui seraient encore moins chères, l’utilisation
d’eaux grises ou résiduelles permettraient d’économiser chaque année des milliards de litres d’eau potable.
Le second sommet mondial de la terre (Johannesburg, 2002) a surtout été consacré à l’eau, mais via les partenariats public-
privé en 2009, et R. Petrella et ses partenaires5 ne constatent pas de progrès significatif et militent toujours pour que chacun
ait un droit minimal d’accès à l’eau, car en 2009, alors qu’il faut faire subsister environ 7 milliards d’humains, selon l’ONU :

près de 400 millions d’humains sont desservis en eau par le privé (pour près de la moitié par des entreprises françaises ou
leurs filiales) ;
près de 3 milliards de gens ne disposent pas de latrines et sont ainsi gravement exposés aux maladies hydriques, tout en
polluant l’eau ;
2 milliards de gens n’ont simplement pas accès à une eau potable ;
la pollution générale des sols, rivières et mers progresse, ainsi que la désertification.

Petrella dit que l’eau – comme d’autres problèmes écologiques – va s’imposer comme problème prioritaire pour le monde, et
que, bien que des solutions soient connues et applicables, l’énergie (pétrole, gaz, charbon, nucléaire) reste (avec en 2009 la
crise financière et économique) en tête des agendas des gouvernants. Avec Petrella, Maude Barlow6 ajoute que notre
mauvaise gestion de l’eau (via la déforestation, l’irrigation, le drainage irrationnels et la désertification notamment) exacerbe en
outre les dérèglements climatiques et leurs effets.

En 2009, Petrella propose donc aux citoyens de rédiger collaborativement un mémorandum (ou protocole, ou pacte mondial
pour l’eau, que le Parlement européen accepte d’accompagner), qui ne serait pas une obligation mais une forme de programme
citoyen, devançant celui des gouvernements qui peinent à s’accorder sur cette question (il existe une convention mondiale sur
la biodiversité et une convention et un protocole sur le climat, mais non sur l’eau, les sols ou la forêt).

Petrella en appelle aussi aux dirigeants et responsables : « faire la paix avec l’eau » implique de transcender les frontières, les
adversités politiques et certains aspects des souverainetés nationales qui ont été un progrès pour la paix au XIXe siècle, mais
qui s’opposent aujourd’hui gravement à une gestion commune des ressources naturelles vitales, et deviennent une source
d’injustice, d’accroissement des inégalités et de mauvaise gestion des ressources. Les ressources naturelles doivent être
considérées comme un bien commun de l’humanité. Petrella s’étonne qu’alors qu’on a presque tout mondialisé (les transports,
le commerce, l’agriculture, la culture, la finance…), on ne soit toujours pas capable de garantir un accès équitable aux
ressources. Il propose une nouvelle « souveraineté partagée et responsable » vis-à-vis de l’eau et des ressources naturelles.
Petrella défenseur du bien public
Ses prises de position plus générales contre la marchandisation du monde et pour la défense du bien commun contre la
privatisation des ressources vitales pour l’homme (l’eau en particulier), ou encore du revenu d’existence accordé à tous les
citoyens sans conditions7, en font au début du XXIe siècle une des figures emblématiques de l’altermondialisme.

Bibliographie

La Renaissance des cultures régionales en Europe (1978)
Limites à la compétitivité (1995)
Le Bien commun, éloge de la solidarité (1996), édition Labor, collection Quartier Libre, 1996, 9782804011109
(sous la direction de). L’Eau. Res publica ou marchandise? (2003)
Le Manifeste de l’eau (1998)
Désir d’humanité : Le droit de rêver (2004)
Pour une nouvelle narration du monde (2007)
Au nom de l’humanité (2015)

*********************http://www.investigaction.net/riccardo-petrella-bannir-la-guerre-la-premiere-audace/

Riccardo Petrella: « bannir la guerre, la première audace »

18 Mai 2016 Alex Anfruns

Le nouveau livre de Riccardo Petrella, Au nom de l’Humanité, l’audace mondiale, est un réquisitoire implacable contre la
guerre économique et sociale menée par la classe dominante contre les peuples, tant au Nord qu’au Sud. Fondateur de l’
Institut européen de recherche sur la politique de l’eau, Riccardo Petrella est l’auteur de nombreux ouvrages dont Limites à la
compétitivité ou Le Bien Commun et s’oppose avec vigueur aux vieilles recettes néolibérales des politiques dites d’austérité
ainsi qu’à la « naturalisation » des récentes interventions militaires. Dans l’interview exclusive qu’il nous a accordée, il lance
un appel urgent à s’engager avec audace dans les batailles de notre temps.

- Vous avez écrit un ouvrage intitulé « Au nom de l’Humanité. L’audace mondiale » Pouvez-vous résumer en quoi consiste l’
audace ?

Il s’agit de trois « audaces », c’est-à-dire réaliser trois changements radicaux de notre univers de vie. Tout d’abord, la «
première audace » est de bannir la guerre. Il faut désarmer la guerre. Dans un monde de plus en plus interdépendant, liant la
destinée des uns à celles des autres (qu’il soit question d’emploi, de sécurité énergétique, de changement climatique ou de
stabilité monétaire…), à quoi sert la guerre ? A quoi a servi que l’Occident ait bombardé l’Afghanistan, l’Irak, puis la Libye et
maintenant la Syrie ?

L’humanité a atteint un stade de mondialisation de la condition humaine où la vraie sagesse des humains n’est pas celle de
jouer à la guerre pour savoir qui est le plus fort et survivre à la place de et/ou de dominer les autres, mais d’apprendre à vivre
ensemble avec les autres êtres vivants et de prendre soin de l’ensemble de la vie sur la Terre. On connaît la ritournelle : « il
est impossible de penser que l’on puisse arrêter la guerre, elle fait partie de la « nature humaine», sa « naturalité » la rend
inévitable, on peut tout au plus essayer de la prévenir en s’armant ; les êtres humains sont des ennemis pour les autres
humains, dès lors il vaut mieux assurer sa puissance pour gagner les guerres plutôt que les perdre».
Dans mon livre, je crois avoir démontré le caractère fallacieux de ces arguments. J’ai insisté, d’une part, sur le fait que dans la
prétendue « nature humaine » il y a de tout, l’agressivité et la violence comme l’amour et la paix. Il n’y a pas de déterminisme
du mal qui serait plus fort que le bien. Mais j’ai surtout montré que la guerre n’a rien de « naturel » en ce qui concerne l’
espèce humaine. Elle est par essence un produit de l’histoire sociale, le résultat des choix opérés par les sociétés humaines.
Jusqu’à sa disparition en 1989, les groupes dominants de l’Occident ont affirmé que l’URSS était la cause principale de la
course à l’armement du monde à l’ère de la guerre froide. Le collapse de l’URSS n’a pas conduit à la fin de la militarisation
du monde. Les dominants ont « découvert » (il serait mieux de dire « créé ») un nouvel ennemi mondial, le terrorisme, en
particulier le « terrorisme islamiste ». Aucun anthropologue ou biologiste n’oserait affirmer que le terrorisme « islamiste » fait
partie de la « nature humaine ». Il est évident, en revanche, que ce terrorisme est le fruit de la crise des rapports séculaires
entre chrétiens et musulmans, alimentée par les nouvelles crises internes au monde chrétien et au monde musulman en tant
que « systèmes religieux » absolutistes et exclusifs. Il est également l’un des résultats de la déliquescence des communautés
humaines et de la désagrégation de l’Etat au Moyen Orient, allant de pair avec l’insoutenable situation représentée par la
domination militaire d’Israël et la colonisation/ occupation des territoires palestiniens.

- Auriez-vous des exemples concrets pour étayer votre thèse sur la non-naturalité de la guerre et, en revanche, sur la guerre en tant que construction sociale?

Il y a de nombreuses communautés humaines qui n’ont jamais fait la guerre. C’est le cas, entre autres, de la plupart des
communautés monacales. Depuis le XVIII siècle, la Suède ne fait plus la guerre à personne. La Norvège, l’Autriche, l’Irlande
et la Suisse ont affirmé leur neutralité. . L’article 11 de la Constitution italienne stipule que l’Italie condamne la guerre. C’était
il y a 75 ans. L’histoire est pleine d’exemples de sociétés humaines qui abandonnent la pratique de la guerre. La Chine,
notamment, a décidé spontanément au XVIe siècle de ne plus viser aucune expansion territoriale de son Etat. Elle a appliqué
ce principe pendant plus de 400 ans. Elle l’a fait sauter en éclat en 1950 par l’occupation militaire du Tibet.
La paix n’est pas non plus un fait naturel. Qui plus est, pacifisme et militarisme coexistent. Depuis la fin de la deuxième guerre
mondiale, les pays européens occidentaux ont pu vivre ensemble dans la paix et on imagine mal l’Allemagne et la France se
remettre en guerre l’une contre l’autre. Pourtant, la plupart des pays européens n’ont cessé d’être en guerre ailleurs dans le
monde. Le pacifisme intra-européen n’a pas non plus empêché la France et le Royaume-Uni de rester des grandes puissances
militaires (nucléaires) mondiales et la grande majorité des Etats européens de faire partie de l’OTAN. La population de la
Suède continue à se considérer et à être considérée comme pacifiste alors que le pays est le troisième principal exportateur
d’armes au monde par habitant.
C’est dire que la pratique de la guerre ou de la paix est un choix des sociétés et une illustration des contradictions internes
dans un pays et entre les pays. Ce sont les évolutions historiques des sociétés humaines et non pas la « nature humaine » qui
font la guerre ou la paix. Il en va de même de la pauvreté.

- En effet, mettre hors-la-loi les facteurs structurels qui engendrent les processus générateurs de l’appauvrissement dans le monde constitue votre « deuxième audace »

La pauvreté n’est pas non plus un fait de nature. Elle ne tombe pas du ciel, comme la pluie. Personne ne naît pauvre ou riche.
On le devient. C’est la société qui produit les phénomènes d’appauvrissement ou d’enrichissement, à savoir les processus d’
inégalité et d’exclusion sociale entre les êtres humains. Ce qui explique que certaines sociétés sont plus inégales et excluantes
que les autres. En fait, plus une société est injuste humainement et socialement plus il y a d’appauvris. Par exemple, si une
société adopte des législations favorables à l’appropriation privée des terres et des semences et leur commercialisation à des
buts lucratifs, on peut être sûr que cette société produira des paysans appauvris et des propriétaires terriens riches. En outre,
moins une société garantit les droits humains et la sécurité sociale pour tous, plus les inégalités face à la vie seront grandes et
les exclusions sociales fortes.
Si les processus d’appauvrissement se sont maintenus, voire renforcés ces dernières décennies, ce n’est pas principalement à
cause des crises financières ou à cause de l’insuffisance des ressources financières publiques. Le monde n’a pas cessé de
devenir plus riche en termes de biens et de services matériels et immatériels, mais il l’a fait de manière très inégale entre
catégories sociales et pays et de manière très prédatrice des richesses naturelles, ce qui a engendré, à son tour, de fortes
disparités territoriales.
Au cours des quarante dernières années, nos sociétés sont devenues plus injustes pour deux raisons principales. Primo, leurs
classes dirigeantes ne croient plus [ils ne l'ont jamais cru mais c'était des bases placés pour faire cohésion, des mythes] que
tous les êtres humains naissent égaux en dignité et ont les mêmes droits humains et sociaux. Ils considèrent, au contraire, que
l’inégalité est une donnée naturelle de la condition humaine. D’où l’importance accordée au principe du mérite. La jouissance
des droits doit se mériter. Secundo, ils ont adopté la thèse que tout est marchandise, que la valeur des choses passe par l’
échange marchand et que, dès lors, même l’accès aux biens et aux droits doit être payant. D’où la privatisation et la
monétisation/financiarisation de la plupart des biens et services jadis publics. Et d’où la grande montée de l’appauvrissement
au sein même de l’Union européenne puisqu’en 2015 on comptait, selon l’Office statistique de l’UE, plus de 125 millions de
personnes sur les 510 millions d’habitants de l’UE vivant au-dessous du seuil de pauvreté.

D’où encore, au plan mondial, ce chiffre ahurissant, absurde, publié dans le rapport d’Oxfam International présenté en janvier
2016 au World Economic Forum : 62 personnes les plus riches au monde possèdent la même richesse monétaire que la moitié
la plus pauvre de la population mondiale, à savoir 3,7 milliards d’êtres humains.
Affirmer que la deuxième grande audace mondiale actuelle est de mettre hors-la-loi les facteurs générateurs de la pauvreté
dans le monde n’est pas, devant de tels chiffres, une audace aussi audacieuse qu’on le pense.

- Mais les dirigeants mondiaux soutiennent que, en temps de crises financières fréquentes, il est impossible de réaliser une telle tâche faute de moyens suffisants…

C’est une pure mystification. Tout le monde sait que, rien qu’à partir de 2008, les dirigeants du monde ont fait couler l’argent à
flots pour sauver les banques alors qu’elles étaient les principales responsables de la crise : les estimations varient entre 30 et
50 mille milliards de dollars! Or, selon les estimations de la Banque mondiale et de l’ONU, on sait qu’il faudrait dépenser
quelque 200 milliards par an pendant 10 ans pour que tous les « pauvres » actuels puissent avoir accès à l’eau potable et à l’
hygiène, à des soins de santé essentiels, à une scolarisation de base et à une alimentation minimale. Tout le problème consiste
dans le fait que les pauvres ne sont pas des banques. Ils ne sont pas non plus des armements, pour lesquels le monde a
dépensé en 2015 plus de 1.500 milliards de dollars. On peut sauver les banques et on peut alimenter la guerre, mais on ne veut
pas éradiquer les causes de l’appauvrissement.
Selon la logique du système financier actuel, les banques  et les armements produisent des profits pour les capitaux investis. En
revanche, « sauver les pauvres » est considéré un coût pour le capital, notamment privé. Un exemple « indécent » de cette
situation concerne le manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement. Selon une étude publiée le 12 février 2016 dans
Science, quatre milliards de personnes vivent dans un état grave de carence d’eau (causes naturelles et humaines). Depuis des
décennies, les groupes sociaux dominants, pouvoirs publics compris, affirment qu’on ne peut pas résoudre la situation faute de
moyens financiers publics suffisants mais que, si l’eau potable pouvait être librement marchandisée et si la gestion des services
hydriques était confiée à des entreprises privées, les capitaux privés seraient incités à investir dans l’eau et le problème serait
résolu !

- Aujourd’hui, la défense des droits universels paraît de plus en plus difficile. Elle est subordonnée aux exigences financières. Comment construire la paix et éradiquer la pauvreté contre vents et marées ?

Justement en promouvant une économie et une société fondées sur le principe et la pratique de la responsabilité collective des
biens (et des services) communs publics essentiels et non-substituables pour la vie et le vivre ensemble tels que l’eau, l’air, le
soleil, la terre, les semences, la connaissance, la santé, l’éducation, la sécurité. Pour cette raison, la « troisième audace »
consiste. dans la conception et la mise en œuvre d’un nouveau système financier mondial. [surtout sortir de l’économie Cf
Jappe-Latouche etc]

- Cela comporte avant tout une critique sévère du système économique dominant?

En effet. Comme on l’a vu à propos de la pauvreté, le système économique actuel n’est pas, de toute évidence, raisonnable,
sensé, efficient. L’économie actuelle est une économie prédatrice qui produit inégalité, exclusion, injustice, exploitation des uns
par les autres, conflits, guerres…Le seul droit qu’elle reconnaît est le droit de la propriété privée et de la liberté mondiale de l’
entreprise privée, du commerce, des mouvements des capitaux, du profit, de l’enrichissement…la liberté des marchés.

- Vous vous attaquez à la structure et aux outils qui permettent à ce système de se reproduire…

Justement, il faut avoir l’audace de changer radicalement le système financier actuel. La finance en place n’a plus de sens.
Même les financiers disent que la finance est détachée, dissociée de l’économie réelle. Alors pourquoi le maintenir ?
Normalement la finance sert à assurer les liens entre l’épargne (des familles, des entreprises, des institutions publiques) et l’
investissement (dans le but d’améliorer les biens et les services existants ou d’en créer d’autres), contribuant ainsi à créer de
la richesse réelle. Ce n’est plus le cas, la finance cherche à faire de l’argent par l’argent. En outre, les financiers
reconnaissent également que la finance est devenue de plus en plus volatile, c’est-à-dire que les valeurs financières changent à
la rapidité des minutes, des secondes. Depuis quelques années, un essor considérable a été pris par la finance à haute
fréquence (FHF), c’est-à-dire que les transactions financières se font désormais au millième de seconde, par des machines,
par des algorithmes. Sauf pour la création des algorithmes et la conception des machines, la FHF fonctionne en l’absence
totale d’intervention humaine. Là aussi, on peut s’interroger sur le « sens » d’une telle finance. On ne peut pas construire le
devenir de l’humanité (plus de 9 milliards d’êtres humains en 2050) sur une économie (« règles de la maison ») dominée par
une finance prédatrice du « lieu de vie » (oikos), volatile , privée de « sens » .

-Pour conclure, quelle est votre réaction suite aux attentats de Bruxelles du 22 mars?

Celle d’une tristesse énorme. Pour la mort de personnes innocentes. Pour la violence du « non-sens », mais aussi d’une
tristesse rageuse en constatant que nos dirigeants n’ont pas appris grand chose des massacres/leçons de ces dernières années,
avant et après le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis. Ils continuent à utiliser la guerre comme réponse aux problèmes.

- Les attentats de 2001 à New York, tout comme ceux de l’année dernière à Paris et maintenant à Bruxelles, ont servi de prétexte à de nouvelles interventions militaires. Qu’en pensez-vous ?

La réaction du genre « on nous fait la guerre, nous devons la gagner » ne me paraît pas une réaction raisonnable ni sage. Cette
attitude prétend évacuer la responsabilité énorme que nous, Européens, avons dans la situation actuelle. L’Irak n’a jamais
attaqué l’Europe. Il a été attaqué par le Royaume Uni du gouvernement Blair et par les Etats-Unis sur la base de faux
documents. La France de Sarkozy a attaqué la Libye et non pas l’inverse. La Syrie a été détruite à cause des nombreux
conflits au sein de la Syrie et du monde arabe alimentés, une fois encore, par les intérêts des Occidentaux. L’Afghanistan a
été d’abord attaqué par les Russes et puis par les Etats-Unis. Pendant des années, l’Iran a été soumis à une énorme pression
politique, économique et militaire de la part des Occidentaux parce qu’il a essayé de se doter d’un armement nucléaire et que
cela a été retenu comme une grave menace pour l’Occident (en particulier Israël). Peut-on considérer les Syriens, qui fuient la
guerre en masse et essaient de venir chez nous, comme des attaquants et des envahisseurs ? Et sur quelle base juridique et sur
quelle éthique l’Union européenne s’attribue-t-elle le droit d’acheter pour 6 milliards d’euros l’accord de la Turquie et de la
Grèce pour que les bateaux militaires de l’OTAN patrouillent la mer Egée? Est-ce que les migrants sont des envahisseurs
militarisés? L’Irak était un Etat, il ne l’est plus. Les Libyens avaient un Etat, ils ne l’ont plus. Les Syriens avaient un Etat, il n’
existe plus. Tout cela à cause de nous. Et maintenant nos dirigeants disent que nous devons nous défendre.

- Dans le contexte actuel marqué par la confusion idéologique, quelle serait la principale leçon à tirer ?

Reprendre par tous les moyens possibles les chemins de la pacification en imposant à toutes les parties concernées (Arabie
Saoudite et Israël compris) l’arrêt du financement et du commerce des armes. Un chemin  extrêmement difficile à mettre en
route et puis à maintenir, mais je considère que c’est la seule voie efficace à emprunter si on ne veut pas maintenir l’ensemble
de la région « Méditerranée, Moyen Orient, Asie mineure, Afrique du Nord et Corne d’Afrique » dans un état permanent de
guerre et de massacres au cours des 30 à 50 ans à venir. La raison est la paix. La déraison est de continuer la guerre en s’
illusionnant que la paix viendra de l’extermination de l’ennemi. Les Etats-Unis, qui poussent toujours à la guerre totale, n’ont
rien résolu depuis toutes ces années. Pourquoi suivre leur chemin?

[les US et autres occidentaux se sont établi par la guerre et l’extermination des autochtones amérindiens et de leurs cultures,
l’accaparement, le colonialisme etc donc la violence , les armes à feu, la militarisation de leur vie sont  leur base « culturelle »,
rien d’étonnant à ce que leur domination ou celle de leur noyau occidental, qui est devenu mondiale, nous ait mené au désastre
actuel.]

********************http://www.librinfo74.fr/2016/08/libre-expression-michel-rioche-ecrit-a-sa-deputee-suite-a-lattentat-de-nice/

 

LIBRE EXPRESSION Michel Rioche écrit à sa députée suite à l’attentat de Nice

vendredi 12 août 2016

Par j.c

Dans le cadre de notre rubrique « LIBRE EXPRESSION », nous publions la lettre envoyée par un de nos lecteurs à sa député L.R Virginie Duby-Muller, suite à l’attentat de Nice.

 

 

Madame la députée,

 

Nous sommes tous horrifiés par cet attentat, ceux qui l’ont précédé, celui qui l’a suivi et ceux qui suivront. Quand on se trouve dans une telle situation il est indispensable de se poser des questions sur les causes.

 

Monsieur Jean-Claude Gaudin, responsable LR, en a désigné quelques-unes : « faire des guerres dans le monde attire inévitablement la guerre chez nous ».

 

Il faut ajouter que ce que nous subissons est sans commune mesure avec les destructions et les morts que nous infligeons depuis des années « pour apporter la démocratie ». Dans ce contexte, il est incroyable que l’actuel président des LR, principal auteur de la destruction de la Libye et du chaos qui s’en est suivi, soit encore en responsabilité dans votre parti.

 

Les choses vont peut-être changer : Messieurs Bush et Blair sont recherchés pour crimes contre la paix, crimes de guerre et de torture en général par un tribunal en Malaisie.

 

Les Ministres britanniques disent que l’ancien Premier ministre Tony Blair pourrait faire face à des accusations de crimes de guerre quand l’enquête sur la guerre en Irak publiera ses conclusions.

 

Il ne serait pas sage de choisir comme candidat pour la présidence de la république une personne pouvant être potentiellement condamnée pour crime de guerre. Pour diriger la France, on ne prend pas quelqu’un qui s’est trompé si lourdement. On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés.

 

Nos élites politiques nous disent que Daesh nous a déclaré la guerre avec ces attentats en oubliant de dire que nous menons nous-mêmes des guerres dans différents pays depuis des années entrainant des morts et des misères épouvantables, poussant des milliers de malheureux à fuir leur pays et d’autres fanatiques à porter la guerre chez nous.

 

La guerre ne vient pas que de l’extérieur. Certains des terroristes sont nés en France. On nous dit qu’il s’agit souvent de délinquants, privés d’emploi, qui se sont rapidement radicalisés. Oui, il y a beaucoup de souffrance sociale dans notre pays et cette souffrance fait perdre les repères à ces jeunes.Dans nos sociétés globalement de plus en plus riches, on n’a pas assez d’argent pour assurer leur intégration, leur éducation et leur fournir un emploi valorisant.

 

Si on ne regarde pas l’origine de nos problèmes, à l’extérieur et à l’intérieur du pays, on ne règlera rien et on continuera à nous dire que nous devons apprendre à vivre avec le risque d’attentats.

 

Le parallèle est saisissant avec l’injonction qui nous est faite d’accepter le risque nucléaire, comme si nous n’avions pas d’autre alternative que de vivre dans la crainte de bombes ou de vivre un Tchernobyl ou un Fukushima sur notre sol.

 

Madame le député, vous êtes membre d’un grand parti. Ne pouvez-vous pas apporter un peu de raison et de bon sens dans vos rangs pour offrir à notre pays un autre avenir ?

 

Avec mes remerciements anticipés je vous présente mes salutations les meilleures.

 

Michel Rioche

 

 

 

**********************extrait http://naturebiodynamie.wordpress.com/labeille/

 

Elle a toujours été un modèle d’organisation de travail et de vie en société pour les Rois et l’église chrétienne qui lui conférait des origines de pureté et de sagesse. Ce n’est que récemment que l’on sait que ce n’est pas la Reine qui décide des orientations de la vie de la ruche mais qu’elle régule la vie de la colonie en diffusant des phéromones. La colonie communique ses choix et décide par consensus…les sociétés humaines n’en sont pas encore là.

 

« L’abeille est dans un état de conscience que l’homme n’atteindra que dans des milliers d’années »

Précise Rudolf Steiner en 1905 dans une conférence présentant l’évolution de l’humanité « 

 

 

********************************R: R: [coordination] R: association Nuclear Transparency Watch : démission

Lettre adressée le 8 février 2001 aux 16 dirigeants et opérateurs du Consortium ETHOS

Madame, Messieurs.

Le grand écrivain français, prix Nobel de littérature, Albert Camus, avait l’art de la sobriété lapidaire. Il a noté dans ses carnets trois mots: « Vivre c’est vérifier ». A une question, qui voulait être insidieuse, « Qu’est-ce que la vérité? », il répondit: « Le contraire du mensonge ». Il avait une confiance tragique en l’homme.

C’est dans son esprit de vérité et de confiance « malgré tout », que j’ai décidé de vous écrire.

Vous avez choisi le beau nom d’Ethos pour votre action. Et c’est à votre humanité éthique que je m’adresse. Pour vérifier si vous savez le mal que vous faites, ou si ce sont des fonctionnaires corrompus d’un pays blessé qui le font en votre nom à votre insu.

Malgré tout ce que disent les documents que je joins à cette lettre, j’ai encore peine à croire que sous le nom d’Ethos se masque une lucide volonté de nuire.

Le travail indépendant du Professeur Nesterenko doit être protégé, soutenu, développé dans les territoires contaminés par la catastrophe de Tchernobyl. Vous lui barrez la route et le faites chasser.

Avec les moyens dont vous disposez, financiers, politiques et humains, vous pourriez l’aider à poursuivre son œuvre, la plus intelligente et efficace dans les circonstances actuelles. Je suis en contact quotidien avec lui et connais ses difficultés.

J’attends votre réponse, dont dépend le sort de ce scientifique dévoué à son pays. Vous pouvez encore arrêter cette infamie.

Il s’en est suivi un bras de fer et un conflit, qui dure encore et auquel tu t’es joint plus récemment avec ton analyse, que je partage.

Je m’attends maintenant à ce que Michèle Rivasi, notre représentante au parlement européen, prenne à bras le corps, comme elle sait le faire généreusement, la question sanitaire de Tchernobyl et se batte pour que l’Europe finance enfin la pectine aux enfants des territoires contaminés, – devoir humanitaire, – et en prépare des stocks pour le prochain accident majeur programmé par l’État français pour nos enfants à nous.

 

Pour conclure sur la pectine, le samedi 1 octobre 2016 19:37, Michel Fernex nous a envoyé le mail suivant (c’est moi qui souligne en caractères gras) :

« Cher Yves, 

tu as raison. la mesure quotidienne du strontium n’est pas à la portée des laboratoires.

Pour l’Uranium un laboratoire le réalisait pour 2500 USD. 

Vivre en zone hautement contaminée, justifie la prise de pectine toute la vie.

Une fois que la pectine rencontre le strontium, elle ne le lâche plus avant les reins, où le strontium quitte l’organisme.

 Amitié Michel »

 

Amitiés à toutes et à tous

wladimir tchertkoff

 

******************************http://www.librinfo74.fr/2016/11/une-reponse-a-ceux-qui-rejettent-les-migrants/

 

Une réponse à ceux qui rejettent les migrants.

vendredi 4 novembre 2016

Par jefdelhaye

Conseil municipal du 29 septembre 2016

 

lntervention de Daniel Breuiller, maire d’Arcueil, en réponse au vœu du Front National intitulé « ma ville sans migrants »

 

« Ce vœu est une insulte à l’histoire de notre pays et de notre commune.

 

Je vais vous rappeler la Constitution de 1793 :

« Tout étranger âgé de 21 ans, qui domicilié en France, y vit de son travail, ou acquiert une propriété ou épouse une française ou adopte un enfant ou nourrit un vieillard, tout étranger enfin, qui sera jugé par le corps législatif avoir bien mérité de l’humanité, est admis à l’exercice des droits des citoyens français. »

 

Voilà plus de deux siècles, la République se définissait ouverte et accueillante. Votre pensée est moyenâgeuse,

 

Arcueil a accueilli bien des migrants : Marie Curie par exemple, Antoine Marin dont un prix d’art contemporain porte le nom… Combien de familles venues d’Italie ou d’Espagne fuyant le fascisme, combien de familles juives d’Europe de l’Est dont plusieurs, hélas, livrées par la police de Pétain au régime Nazi.

Des gens célèbres mais aussi des maçons, des carriers, des ouvriers, des instituteurs, des réalisateurs, des commerçants.

Dulcie September, luttant en France contre le régime de l’apartheid jusqu’à son assassinat. Des réfugiés chiliens fuyant Pinochet et même sans doute des réfugiés roumains fuyant la dictature Ceausescu.

 

Si nous avions fermé la porte aux migrants vous ne trouveriez guère de médecins à l’accueil des urgences de l’hôpital, les poubelles ne seraient plus ramassées dans nos rues, votre colistière ne serait peut-être pas à vos côtés ce soir et Picasso n’aurait pas rencontré Julio Gonzalez ici même.

 

Votre vœu est une honte à propos des réfugiés alors qu’en ce moment même des enfants meurent sous les bombes à Alep, des familles sont affamées, les opposants politiques assassinés en Syrie, au Soudan ou en Erythrée.

 

Votre voeu est une honte parce que plus de 11 000 personnes ont péri en Méditerranée au cours des deux dernières années.

 

Notre ville s’est déclarée prête voilà un an à participer à l’accueil de réfugiés car Calais, les bidonvilles qui fleurissent sont une indignité. A ce jour nous n’avons pas été sollicités, mais je réitère au nom de la majorité municipale notre disponibilité à accueillir les deux ou trois familles que les engagements internationaux nous demanderaient d’accueillir.

 

Il y a 36 000 communes en France, les engagements internationaux de la France parlent de 30 000 réfugiés, l’évacuation de Calais et des autres camps concerne 12 000 personnes. Cela ne fait même pas une famille par commune ! Et nous ne pourrions pas ?

 

A Arcueil, des particuliers se sont portés volontaires pour accompagner ces migrants dans leur insertion et même plusieurs pour les loger. Une famille syrienne vit depuis 3 ans dans un logement de 30m² avec 3 enfants. Elle est avocate, lui ingénieur et ils vivent en faisant des ménages et des traductions.

 

Beaucoup de familles françaises ont un parent ou un aïeul étranger. Ici même dans le conseil nous avons des parents, grands-parents venus de Belgique, de Guinée, du Cameroun, de Pologne, d’Algérie, du Maroc, de Roumanie, de Serbie, du Portugal, d’Espagne…

 

Ils forment notre nation par leur adhésion aux valeurs de la République.

 

Votre vœu cultive le fonds de commerce de votre parti, la peur, la haine de l’étranger. Marion Maréchal Le Pen parle des migrants comme la « poussière » que l’on disperse. Elle dit « ça » pour qualifier des humains.

 

Ces discours, cette attitude ressemblent énormément aux années 1930 lorsque, la crise économique s’aggravant, des gouvernements ont fait des juifs, le bouc émissaire de la colère de leurs peuples.

 

Les êtres humains ont en eux, la capacité à s’élever, la capacité d’empathie et de fraternité.

Ils ont aussi des pulsions de mort et de violence contre lesquelles la culture, l’éducation et l’amour de son prochain doivent former rempart.

 

Vous portez une très lourde responsabilité en appuyant sur ces tentations de haine et de xénophobie.

Nous ne vous laisserons pas dénaturer notre pays. »

 

Daniel Breuiller

Maire d’Arcueil

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Novembre 2016

http://www.ujfp.org/spip.php?article5301

Lettre ouverte de Ghaïss Jasser au Président de la République François Hollande

vendredi 23 décembre 2016 par Ghaïss Jasser

C’est ma double appartenance à mon pays d’adoption, la France, et à mon pays d’origine, la Syrie, qui m’incite à vous adresser cette lettre. Veuillez bien en excuser la longueur : les informations partielles génèrent des jugements partiaux qui nuisent à la cause du peuple syrien, aussi assoiffé de liberté, d’égalité et de fraternité que le peuple français.

Lettre ouverte au Président de la République François Hollande

Paris, le 1er novembre, 2016

Monsieur le Président,

C’est ma double appartenance à mon pays d’adoption, la France, et à mon pays d’origine, la Syrie, qui m’incite à vous adresser cette lettre. Veuillez bien en excuser la longueur : les informations partielles génèrent des jugements partiaux qui nuisent à la cause du peuple syrien, aussi assoiffé de liberté, d’égalité et de fraternité que le peuple français.

Monsieur le Président,

La Syrie ne s’écroule pas seulement sous les missiles, les barils de feu et les bombes mais elle est surtout ravagée par les conséquences d’une grande mystification élaborée par le pouvoir du dictateur syrien aussi bien que par des grandes Puissances et des pouvoirs régionaux. Aujourd’hui la Syrie avec son histoire et son patrimoine millénaires, son peuple et sa révolution, se résument pour beaucoup en trois mots : Daech (État Islamique), le terrorisme et les réfugiés. Ce raccourci pourrait être même fait parfois par ceux qui pleurent Homs devenue ville fantôme ou Alep en train de le devenir. Et pourtant ! Qui a détruit Homs puis l’a vidée de ses habitants ? Qui est en train de brûler Alep et d’anéantir sa population ? Qui a utilisé les armes chimiques ? Qui a affamé Azzabadani et plusieurs autres villes syriennes ? Qui a bombardé les civils, leurs marchés, leurs écoles, leurs hôpitaux, leurs mosquées et leurs églises ?

Monsieur le Président,

Vous savez que c’est le pouvoir syrien, ses milices libanaises et irakiennes, ses conseillers et combattants iraniens et son grand protecteur russe qui depuis 2012 ne cessent de perpétrer ces crimes. La destruction de Homs, vidé plus tard de ses habitants était tout simplement la réponse du pouvoir Assad à une grande manifestation pacifiste. Daech n’existait pas alors en Syrie. Le même scénario, et presque en même temps que le bombardement de Homs, s’est répété dans les grands villages situés au pied et aux alentours du Crack des Chevaliers. Aujourd’hui, il n’y a plus âme qui vive sur ces beaux lieux d’une grande importance historique.

Monsieur le Président,

Vous savez certes qu’en un rien de temps et sans se heurter à la moindre résistance de l’armée nationale de Bashar el Assad dont la vocation est soi-disant de combattre le terrorisme, Daech met la main sur le tiers de la Syrie. Palmyre ayant fait partie de ce butin gagné avec une si grande facilité, sera reprise plus tard, en 48 heures par l’armée syrienne et son allié russe. Au comble du cynisme, plusieurs concerts de musique classique exécutés par des musiciens russes, viennent alors célébrer cette prétendue grande victoire à Palmyre même, pendant que des bombes de l’armée russe et syrienne continuent à tomber sur les têtes des civils aleppins. Si pendant la période des manifestations pacifiques les Syriens avaient réussi à renverser le pouvoir despotique de Bashar el Assad, Daech n’aurait pas eu le temps de s’implanter en Syrie. Il n’aurait surtout pas eu la possibilité de perpétrer ses horribles crimes en France puis en Belgique. Nous en sommes d’autant plus persuadée que les combattants syriens de l’armée libre sont les seuls encore aujourd’hui à livrer bataille sur le terrain contre à la fois l’armée de Bashar et ses milices et contre Daech et Annousra.

Monsieur le Président,

Daech n’est pas un problème irakien ou syrien que vous pourriez avec vos alliés écraser en Irak ou en Syrie mais il est l’enfant monstrueux d’une série de problèmes jamais résolus entre l’Orient et l’Occident. Lorsqu’en 2011 des Syriens et des Syriennes issus de la campagne et des villes, ont manifesté pacifiquement pendant plusieurs mois, leur intention était de renouer avec les moments lumineux de leur histoire récente, ceux de l’indépendance puis ceux des périodes démocratiques où siégeaient au parlement des citoyens de toutes confessions et ethnies confondues. Ils se référaient aux nationalistes de cette époque, à ses journalistes et à ses hommes et femmes politiques dont l’objectif ultime était de construire une unité entre des pays arabes démocratiques et fédérés [1] . Les slogans que les syriens scandaient dans leurs manifestations au début de la révolution n’étaient ni belliqueux, ni religieux, mais la réponse du pouvoir syrien ne se limitera pas seulement à des balles réelles tirées sur des manifestants sans armes mais il multiplia les humiliations, les arrestations, les détentions, les liquidations, les tortures, les demandes de rançons, les enlèvements…

La suite, vous la connaissez bien, Monsieur le Président, des militaires qui désertent parce qu’ils refusent de tirer sur des jeunes gens inoffensifs, puis ces mêmes militaires qui prennent l’initiative de fonder l’Armée libre avec la ferme intention de sauver de la tyrannie leur peuple et leur pays. Ce qui arriva plus tard n’est ni la faute de ces valeureux officiers, ni celle d’une opposition syrienne divisée mais plutôt celle d’un canevas de mensonges éhontés, de mauvaise foi, d’indifférence, de désinformation, de calculs froids, d’intérêts cyniques et de lâcheté sans précédent dont la responsabilité pourrait être équitablement partagée entre les pouvoirs régionaux, les Puissances occidentales et la communauté internationale.

Mais la répression féroce exercée contre le peuple syrien ne fait qu’aiguiser sa volonté et forger sa détermination. La mémoire de l’oppression et de l’humiliation qu’il a subies pendant plusieurs décennies a sur lui aujourd’hui un effet presque aussi brûlant que les armes sophistiquées ou barbares dirigées, depuis cinq ans, contre lui et contre son pays. La preuve en est qu’il y a seulement quelques mois et suite à une courte accalmie, des manifestations contre le régime de Bashar et contre Daech ont eu lieu dans presque cent points différents de la Syrie. Oui, le peuple syrien a toujours su que le cancer est le pouvoir syrien et que Daech n’en est que la métastase. Mais comment se fait-il que le peuple syrien s’est soudain trouvé délaissé par ses amis et entouré par un si grand nombre d’ennemis ?

Qui a participé dès le départ à la cacophonie générale concernant la Syrie ? Qui continue toujours à défendre le dictateur syrien ?

Pour s’en tenir à la France, nous pouvons dire que les partisans de Bashar el Assad se recrutenta.

a. tout d’abord parmi ceux qui le considèrent comme le seul protecteur et garant des « minorités » et notamment la chrétienne. Pour étayer leur argument, ils affirment sans vergogne que Bashar est laïc. Or pendant cinquante ans de pouvoir, la famille Assad a réussi non seulement à saper toutes les bases de citoyenneté sur lesquelles se construisait une Syrie libre et démocratique mais aussi à gangréner ce pays par le confessionnalisme et la corruption. Par ailleurs, le mythe indéracinable stipulant que les chrétiens et le christianisme au Proche-Orient ont besoin de protection est élaboré depuis les Croisades et relayé par le colonialisme et le néo-colonialisme. Paradoxalement, les Puissances occidentales, qui ne jurent que par la laïcité, ne désignent les peuples du Proche-Orient que par leur religion, leur confession ou leur ethnie. De plus, c’est sans complexe que plusieurs dirigeants de ces grandes Puissances, en principe laïques, s’adressent à leurs prélats pour demander leur bénédiction avant d’engager leur hostilité contre Arabes et/ou Musulmans, comme ce fut le cas de Bush avant qu’il n’envahisse l’Irak et celui de Poutine avant qu’il ne bombarde la Syrie.

b. La deuxième catégorie qui défend aussi Bashar el Assad se recrute parmi ceux que nous allons surnommer la gauche pavlovienne [2]. Ceux-ci sont extrêmement nombreux et ont largement participé à la désinformation concernant la Syrie et ils ne sont pas présents seulement en France mais aussi dans tous les pays arabes. Leurs arguments sont inébranlables parce qu’ils reposent sur plusieurs articles de foi :

1. Ils considèrent les U.S.A. et leurs alliés (Europe, Arabie Saoudite, Turquie et Qatar) comme les seuls responsables de tous les maux de la terre, d’où leur totale cécité lorsque les U.S.A. et l’Europe abandonnent certains de leurs alliés, en l’occurrence la Turquie et l’Arabie Saoudite, et participent même à leur lynchage médiatique. Que dire de l’indifférence et du cynisme dont ont témoigné les alliés occidentaux de la Turquie chaque fois que ce pays était victime, ces derniers temps, d’attentats meurtriers ou de tentatives de coup d’Etat dont la seule conséquence aurait été son démantèlement. Cette même cécité les empêche aussi de voir que des alliés comme l’Arabie Saoudite et le Qatar peuvent être parfois en total désaccord entre eux lorsqu’il s’agissait de soutenir les révolutions arabes ou de les faire échouer.

2. La nostalgie pour l’URSS rend ces gauchistes indifférents aux crimes commis par le régime russe. On dirait, bizarrement qu’en dénonçant la Russie d’aujourd’hui, ils renieraient tout leur passé de militants marxistes. Ainsi leur silence coupable concernant le totalitarisme et l’impérialisme de l’ex-Union soviétique se prolonge aujourd’hui lorsqu’ils se taisent sur les crimes actuels de la Russie dont les derniers en date sont le soutien inconditionnel du dictateur syrien et le bombardement de la Syrie et de sa population civile. De plus, les accointances multiples que Poutine a avec la Droite et l’Extrême-droite françaises ne semblent pas beaucoup déranger cette gauche pavlovienne.

3. Quels que soient les crimes perpétrés par le pouvoir iranien contre son peuple et les peuples voisins, les gauchistes pavloviens ne lui reprochent jamais rien. Comme un talisman, la révolution iranienne, même usurpée par le pouvoir des Mollahs et baptisée révolution islamique, protège curieusement ses usurpateurs de tout jugement. Leur discours démagogique, réactionnaire et qui n’a de révolutionnaire que le vernis ne réussit pas à ternir leur image aux yeux de cette gauche qui continue à les défendre envers et contre tout. Enfin cette gauche partage avec l’Extrême droite et une bonne partie de la Droite une stratégie néo-colonialiste qui consiste à soutenir une minorité, en l’occurrence chiite contre une majorité sunnite dans le seul but d’affaiblir cette dernière. Mais, une telle stratégie a besoin d’être justifiée par des affirmations essentialistes qui s’emploient à valoriser la minorité et à dévaloriser la majorité. Ainsi est-il extrêmement courant aujourd’hui d’entendre dire en France que les chiites éclairés vont pouvoir civiliser les sunnites obscurantistes. Cette stratégie, adoptée aussi par les U.S.A, a probablement aplani le chemin vers l’accord nucléaire. Mais nous sommes convaincue que du jour au lendemain, lorsque ces pouvoirs occidentaux auraient atteint leurs buts stratégiques et économiques, ils pourraient -toujours dans le sens de leurs intérêts- désigner à nouveau l’Iran comme le grand malfaiteur, et là, ce n’est pas le pouvoir iranien qui sera mis en danger mais surtout son peuple dont il a défiguré et confisqué la révolution.

4. Bref cette gauche – toujours décalée dans le temps – croit encore à ce fameux front du refus qui réunit l’Iran, la Syrie et le Hezbollah libanais. Ce front, soi-disant anti-impérialiste et grand défenseur de la cause palestinienne, a non seulement nui souvent à cette cause en l’instrumentalisant, mais il a toujours continué à bénéficier du soutien inconditionnel de la gauche pavlovienne.

Pour quelles raisons les révolutions arabes n’ont-elles pas été soutenues ?

1. Parce-que les régimes militaires, totalitaires et monarchiques du Proche-Orient et du Maghreb ont tous tremblé de voir une démocratie arabe s’installer dans la région et servir d’exemple à leur propre pays qu’ils gouvernent avec le feu et le sang.

2. Parce-que les pouvoirs occidentaux ont presque toujours préféré avoir affaire à des potentats plutôt qu’à des dirigeants démocrates, soutenus par leurs peuples. D’où l’aide proposée à Ben Ali par l’État français, ainsi que l’accueil chaleureux réservé plus tard au jeune dictateur El Sissi et tous les contrats signés avec lui. C’est dans le même esprit que l’on entretient aujourd’hui un mythe sur un Iran qui évolue lentement mais sûrement vers un peu plus de liberté, alors que si la vraie révolution iranienne contre le Shah n’avait pas été férocement écrasée par Khomeini, ouvertement soutenu par certains pouvoirs occidentaux, si toute velléité de révolte chez le peuple iranien n’avait pas été impitoyablement étouffée par les successeurs de Khomeini, nous aurions eu affaire aujourd’hui à un Iran libre, démocratique, riche, épanoui et ouvert sur ses voisins et pas à un pouvoir fermé, démagogique et arrogant dont les visées expansionnistes ne peuvent être soutenues que par une idéologie confessionnelle.

3. Enfin parce que Israël a vraiment tremblé de voir des régimes démocratiques s’installer chez ses voisins arabes et parce qu’il aurait dû désormais discuter avec des paires qui représentent vraiment leurs peuples et pas avec des dirigeants démagogues qui n’ont jamais cessé d’instrumentaliser la cause palestinienne dans le seul but d’assurer leur pouvoir despotique. De plus si des démocraties arabes s’installent dans la région, comment Israël pourrait-il continuer à se targuer d’être la seule et l’unique démocratie au Moyen-Orient ? Il s’en prévaut tellement qu’en son nom il transgresse toutes les résolutions de l’ONU, confisque et occupe encore plus les terres palestiniennes, multiplie les arrestations et les détentions dites préventives, et enfin tire sur des femmes et hommes palestiniens qu’il blesse ou tue sous couvert de prétextes sécuritaires, traque ses parlementaires arabes à la Knesset, les lynche médiatiquement parce que ils/elles refusent d’assister à l’enterrement de Peres et les menace chaque fois qu’ils prennent la défense de leurs sœurs et frères palestiniens de les chasser du parlement ou de leur propre pays… Bref, jamais Israël ne s’est déchaîné contre la population des territoires occupés comme il le fait depuis le début des révolutions arabes. Ses arguments, pour continuer le siège criminel de Gaza, sont inépuisables. Il lui livre guerre après guerre, toutes destructrices et meurtrières. Une amie franco-palestinienne nous a raconté que pendant la dernière guerre contre Gaza, sa meilleure amie a perdu 25 membres de sa famille. Cet exemple, qui n’est certes pas unique, ajouté à la voix du prêtre de Gaza –qui refuse de quitter sa ville et invite sans cesse ses habitants à la résistance pacifique- ne perturbe nullement la tranquillité d’Israël. Après tout, pensent certains, c’est presque de l’outrecuidance que de parler aujourd’hui des crimes quotidiens d’Israël contre les Palestiniens lorsque l’on voit les horreurs commises par le voisin Bashar el Assad contre son propre peuple et son propre pays.

Monsieur le Président, Certaines alliances sont probablement nécessaires, mais ne faut-il pas sans cesse revoir leur mode de fonctionnement ? Aligner la politique de la France au Moyen-Orient sur celle des U.S.A. n’at-il pas eu jusqu’ici des conséquences aussi catastrophiques pour la France que pour le MoyenOrient ? Les pouvoirs politiques américains n’entendent presque rien ni au Proche-Orient ni au Moyen-Orient parce que ces déracinés de l’Europe ont oublié dans leur enthousiasme, leur orgueil et leur arrogance qu’en construisant un « Nouveau-Monde » ils ne sont pas dispensés de savoir que des pays aux cultures millénaires leur auraient proposé mille enseignements. Ils auraient compris que depuis plusieurs siècles, dans cette région, des sociétés avec leurs composantes multiples et leur diversité vivaient dans la convivialité et la solidarité. Or si les Croisés, contrairement à leur attente, étaient jadis choqués de découvrir que chrétiens et musulmans ensemble, leur livraient bataille en Orient, un certain Occident néo-colonialiste n’a pas l’air d’avoir saisi la leçon mais bien au contraire il continue, aujourd’hui particulièrement, à nous rebattre les oreilles avec des arguments stipulant que « nos minorités » -que nous ne désignons jamais comme telles- ont besoin de protection pour qu’elles puissent coexister avec notre « majorité » qu’il vaudrait mieux, de toute façon, affaiblir et pourquoi pas décimer. Lorsque dans son premier mandat, le président Obama fait un discours au Caire sur la civilisation arabo-musulmane, nous avions alors espéré naïvement que les États-Unis, grâce à lui, vont probablement marquer un tournant dans leur politique moyen-orientale. Mais une fois son deuxième mandat entamé et suite à la tournure tragique que prennent les révolutions arabes, monsieur Obama, fait volte-face et tient sur cette même culture des propos empreints d’un souffle colonial et méprisant, puisque l’un ne va pas sans l’autre. C’est là donc où il invite les musulmans à évoluer tout 5 en émettant des doutes sérieux sur la rapidité de leur évolution. Cette mauvaise foi n’a d’équivalent que la lâcheté et le cynisme avec lesquels il a traité sans arrêt le problème syrien. Quant à Vladimir Poutine qui envoie son armée bombarder la Syrie avec toutes sortes d’armes sophistiquées et/ou interdites, il n’est pour le peuple syrien qu’un envahisseur fou et dangereux qui a fait preuve déjà de sa détermination à assujettir le peuple syrien à son potentat en activant alternativement deux marionnettes, l’une aux Nations Unies chargées d’opposer son véto à toute proposition susceptible de débloquer la situation en Syrie et l’autre aux affaires étrangères en la personne de son ministre Lavrov qui accumule les déclarations mensongères, ridicules et aberrantes : « Je ne veux pas de sunnites à la tête de l’Etat syrien » n’en est qu’un petit exemple de ces absurdités dont le parallèle serait de dire que désormais nous ne voulons plus de chrétiens orthodoxes à la tête de l’Etat russe… Oui, monsieur Poutine aurait pu traiter des intérêts de son pays avec un régime syrien libre et démocratique mais il a privilégié le langage des bombes et des missiles qu’il dirige essentiellement contre l’opposition – classée modérée- par les pouvoirs occidentaux. Puis, comme pour justifier ses dîners avec John Kerry, Poutine demande à son armée d’exécuter quelques frappes contre Daech au nord de la Syrie. Ainsi le sort des peuples arabes se discute et se décide sans les peuples arabes. Lorsqu’ils ne sont pas livrés à leurs bourreaux, ils deviennent les otages de tractations lâches qui ne prennent jamais compte de leur volonté ou de leurs aspirations.

Monsieur le Président,

La France et la Grande-Bretagne ont un devoir moral à l’égard du Proche-Orient. Ils ont une dette morale à honorer, car si le projet sykes-Picot, dont le but était de diviser la région en États confessionnels et ethniques avait partiellement échoué, c’était grâce aux nationalistes syriens de l’époque, et c’est pourquoi leurs noms étaient scandés par les jeunes manifestants de la révolution syrienne en 2011. La France et la Grande-Bretagne n’ont pas seulement trahi la promesse faite aux Arabes et qui consistait à les aider dans leur lutte et leur révolte contre l’Empire ottoman mais ils y ont ajouté la promesse Balfour, c’est à dire la création d’un foyer juif en Palestine. En 1948, au lieu d’être consulté sur son destin, le peuple palestinien connaît sa première et tragique expulsion. S’il avait aujourd’hui un État libre et démocratique, beaucoup de déchirements et d’injustices auraient été épargnés à toute cette région car les dictateurs et les monarques arabes, les Puissances régionales et internationales auraient au moins cessé d’utiliser la cause palestinienne pour asseoir leur hégémonie. Depuis qu’Israël s’est installé dans la région, les peuples arabes et notamment les Palestiniens n’ont entendu parler que de la sécurité et des droits d’Israël. Mais à quel moment les pouvoirs occidentaux vont-ils enfin se soucier des droits des Palestiniens et de la sécurité de leur futur Etat légitime ? Alep, avec sa pierre blanche, ses pistaches, sa confiture de rose, sa musique et sa cuisine d’un grand raffinement, Alep avec ses musulmans, ses chrétiens, ses juifs (qui ne l’ont quitté qu’après la naissance d’Israël), ses athées et agnostiques, ses Arméniens, ses Kurdes, ses Circassiens est en train de s’éteindre. Sa bibliothèque nationale, non purgée jusqu’en 2011, comme l’a été depuis longtemps celle de Damas par le régime du Baath puis par celui du père et du fils Assad, recélait de documents historiques, d’œuvres de philosophes et de grammairiens extrêmement précieux et probablement irremplaçables. Alep – avec sa culture et ses salles de cinéma prestigieux qui, jusqu’au début des années 60, projetaient les films les plus récents provenant de la France, de l’Italie, des États-Unis, de la Russie, de l’Inde, du Japon et de l’Égypte – a commencé à perdre son âme avec la succession des régimes militaires. Elle a essayé d’en sauver des lambeaux en protégeant un peu son savon, un peu son industrie textile, un peu sa citadelle, un peu ses souks millénaires, ses anciens quartiers et maisons aux cours intérieures dont émane un parfum de roses et de jasmins… Elle a tenté de sauver un peu tout cela en se recroquevillant sur elle-même, en se taisant sur l’injustice car la réaction de ses bourreaux à ses quelques soubresauts ont présagé de ce qui allait lui arriver plus tard si jamais elle est tentée par un soulèvement. Alep aujourd’hui est non seulement en train de mourir mais regrette d’être née tout comme le grand philosophe athée Aboul Al’ala’ al-Ma’arri (XIème siècle) enterré dans une autre ville martyre 6 syrienne (Ma’arrat an-Nou’man) à proximité d’Alep. L’épitaphe écrite sur la tombe du philosophe, nous l’avions apprise sur les bancs de nos écoles : « C’est le crime que mes parents ont commis contre moi, et que je n’ai commis contre personne ».

Monsieur le Président,

Encore aujourd’hui et malgré toutes les promesses non tenues faites par la France au peuple syrien, certains Syriens et Syriennes sont encore convaincus, pour des raisons plutôt affectives qu’objectives, que la France est leur seule et unique amie européenne et occidentale et c’est pour cette raison que nous vous écrivons. La France, dites-vous, dans votre discours du 16 novembre 2015, aspire a être représentée « dans toutes ses sensibilités, dans toute sa diversité mais aussi dans toute son unité ». Or, l’aspiration de la Syrie serait-elle différente ? Les régimes arabes du Proche-Orient et du Maghreb ont tous instrumentalisé la laïcité aussi bien que les religions et les confessions mais ils n’ont jamais été laïcs. Bien au contraire, ils ont miné et laminé cette paisible coexistence de leurs peuples qui ont toujours été fiers de leur précieuse diversité séculaire. Bref, ces régimes ont défiguré et galvaudé toutes les causes chères au cœur de leurs peuples. Ils ont vidé la cause palestinienne et l’unité arabe de leur sens et les ont livrées aux enchères pour devenir aujourd’hui les adeptes fervents de la lutte contre le terrorisme. Ce mal, s’ils ne l’ont pas créé, ils ont au moins participé, d’une manière ou d’une autre, à son élaboration.

Si les révolutions arabes n’avaient pas été livrées à leurs détracteurs, si elles n’avaient pas été défigurées par des faussaires, nous aurions eu aujourd’hui une Tunisie, une Égypte, une Libye, un Yémen et une Syrie libres, démocratiques et pacifiés. Et pourtant, une opinion majoritaire en France, au lieu d’accueillir les révolutions de ces peuples avec confiance et générosité, a préféré soliloquer sur le terme exacte qu’il fallait utiliser pour désigner « ces soulèvements » ou « ces insurrections ». Le label de la révolution étant sacré et consacré il ne fallait surtout pas le dévaluer en l’appliquant à des malheureux « insurgés ». La France – sauf quelques îlots marginalisés – avec ses médias, ses hommes et ses femmes politiques, ses intellectuels, dans son approche des révolutions arabes, est passée par plusieurs étapes toutes guère honorables : du doute à la suspicion, à l’agacement, à la crispation, aux considérations géopolitiques puis enfin à l’indifférence et/ou à l’hostilité. A aucun moment cette France n’a pensé que le Proche-Orient, une fois libéré de ses potentats, puisse bénéficier de changements irréversibles dont les termes se seraient inscrits dans le concret et pas dans le rêve ou l’utopie. Les révolutions, non contrées, auraient eu pour conséquences :

- Un État palestinien libre, indépendant et démocratique, avec les frontières de 1967 et Jérusalem-est comme capitale. Cette Palestine avec un sol unifié et une population réunie et pacifiée pourrait coexister avec un Israël libéré de ses obsessions colonialistes et expansionniste. Un Israël qui refuse de rester l’otage de l’injustice, de la mauvaise foi et de l’aveuglement, de ses dirigeants de droite comme de gauche. Car ces derniers ont réussi à étouffer les voix de leurs concitoyens qui ont essayé d’œuvrer pour une paix juste et réelle entre Israéliens et Palestiniens. – Un Liban qui retrouve sa vocation séculaire d’hospitalité, qui rompt définitivement avec ses conflits confessionnels déclarés ou larvés mais qui refuse surtout que des puissances régionales et étrangères lui dictent sans cesse leur volonté.

- Un Irak qui récupère enfin sa dignité et son unité déjà ravagées par les deux guerres du Golfe. Sinon ce qui l’attend aujourd’hui est un nouveau cauchemar : la bataille de Mossoul, ville historiquement jumelée à Alep. Coïncidence ou ironie du sort ? De toute façon, la future hémorragie de Mossoul va immanquablement rappeler celle actuelle d’Alep et ses conséquences n’en seraient probablement pas moins tragiques.

- Des Kurdes qui savent pertinemment que ce ne sont ni les Américains, ni les Européens, ni les Russes qui veilleront sur leurs droits, puisque toutes ces grandes puissances ne tarderont pas à les lâcher dès qu’elles n’auront plus d’intérêt à les soutenir. Encore aujourd’hui, des Kurdes d’Irak et de Syrie sont convaincus que leurs meilleurs alliés auraient été des pouvoirs démocratiques, installés dans ces deux pays.

- Des pays du Golfe qui retrouvent leurs esprits et décident enfin de construire des démocraties avec leurs peuples qu’ils ont réussi jusqu’ici à dominer et à anesthésier grâce au pouvoir de l’argent. Car, si l’Arabie Saoudite ne s’était pas acharnée à exporter son wahhabisme, si elle n’avait pas obéï aux injonctions des USA dont la participation à la Guerre du Golfe, enfin, si avec les Emirats Arabes Unies, elle n’avait pas soutenu les potentats de la région contre les révolutions de leurs peuples, elle n’en serait pas aujourd’hui à craindre pour sa propre sécurité et pour celle des pays du Golfe [3] .

- Un Iran qui rend la révolution à ses enfants et renonce définitivement à ces visées expansionnistes, soutenues par une idéologie confessionnelle. – Une Turquie qui cesse d’être partagée entre deux nostalgies meurtrières : l’Empire Ottoman ou la laïcité despotique de Kamal Atäturk. C’est seulement lorsqu’elle aura définitivement inscrit ses actes et ses engagements dans la voie de la démocratie, qu’elle a récemment et difficilement empruntée, c’est seulement lorsqu’elle aura reconnu l’atrocité du génocide commis par les siens à l’encontre des Arméniens venus souvent se réfugier en Syrie, c’est seulement ainsi qu’elle parviendra à résoudre son conflit avec les Kurdes et qu’elle continuera à bénéficier, sans ambiguïté aucune, de l’amitié des peuples de la région comme les Palestiniens et les Syriens, soutenus et accueillis par elle avec une généreuse solidarité.

- Enfin, des pays du Maghreb qui profitent de l’élan de la révolution tunisienne et se réconcilient définitivement avec leur histoire non seulement en sauvant leur indépendance des usurpateurs nationaux et internationaux mais en bénéficiant à la fois et sans complexe de leurs cultures : arabe, amazigh, musulmane et française. Un Maghreb qui vit toutes ses composantes culturelles comme un acquis précieux dont aucun élément n’est à sacrifier ni à négocier.

Monsieur le Président,

Les horreurs perpétrées à Charlie Hebdo, au Bataclan, à Sainte-Etienne de Rouvray et à Nice ne nous ont pas seulement ébranlée et anéantie, mais elles nous ont rappelé aussi que la France souffre depuis longtemps de la perte de ses repères. Ce sont ces repères que nous avons essayé de ne jamais perdre de vue et pour lesquels nous avons choisi de vivre en France, d’y faire des recherches et de s’engager dans sa vie culturelle et associative.

La France que nous avons choisie est celle de notre directeur de recherche, Jean Gaulmier [4] , aujourd’hui disparu mais jamais aussi présent. Durant toute sa vie et grâce à des actes discrets et forts de sens et de conséquences, il a posé des jalons qui auraient pu rendre indéfectible la relation entre la France et la Syrie. Il soutient les leaders syriens et libanais dans leur lutte pour l’indépendance et envoie des étudiantes syriennes d’Alep [5] dès les années 30 à la Sorbonne dans le but de les initier aux méthodes de recherches en les faisant ainsi profiter de l’enseignement d’un Régis Blachère et d’un Louis Massignon. Plus tard, lorsque nous avons eu, en France, la chance de bénéficier de son enseignement et d’échanger autour des problèmes du Proche-Orient, il n’a jamais abordé la question palestinienne sans qu’il soit saisi par une vive émotion. En 1982, meurtri autant que nous par le massacre de Hama, il sortit de ses caisses plusieurs photos de la ville martyre et les accrocha aux murs de son bureau à Strasbourg. Enfin ce maître avec qui nous échangions inlassablement nos goûts littéraires, mit sans cesse à l’épreuve nos analyses féministes du roman français d’entre-deux-guerres. Mais à notre grand étonnement, ce même homme prit la défense de notre démarche et de nos analyses féministes pendant la soutenance. Des femmes et des hommes de la trempe de notre regretté directeur de recherches n’ont pas totalement disparu en France mais ils ne sont probablement, hélas, pas assez nombreux, ni assez visibles, ni assez actifs pour qu’ils puissent agir sur le courant des événements entre la France et la Syrie.

La France que nous avons choisie est celle des années 70 lorsque le mouvement des femmes prend son essor et réussit à faire voter la loi de 1974 et non celle qui refuse de voter la loi antisexiste -déjà adoptée dans plusieurs pays européens – alors qu’elle fait des affaires du foulard, de la burka et du burkini une priorité nationale. La France que nous avons choisie est celle qui se démarque non seulement de son passé colonial mais qui évite de retomber dans un néo-colonialisme déclaré ou larvé. L’esprit néocolonial, féru de jugements rapides, de formules lapidaires et de généralisations essentialistes, s’exprime aujourd’hui sans complexe en France chez les croyants comme chez les athées, à gauche comme à droite. Cet esprit qui se base sur des considérations erronées aussi bien sur l’Islam et les musulmans que sur les Arabes, leurs pays, leur histoire, leur culture et leurs révolutions, ne dispose pas de plus d’informations que les Croisés du Moyen-âge. Cet esprit crée dans notre société des ruptures irréversibles qui poussent la France à renier ses propres enfants. Nous n’en serions pas là aujourd’hui si certaines évidences n’étaient pas occultées à savoir que l’extrémisme n’est pas une maladie propre aux seules religions, que l’islam n’en est pas le terrain endémique. En réalité, cette déviance est commune à toutes les idéologies et les croyances qui peuvent être entraînées, un jour, par certains de leurs leaders sur les chemins de l’intolérance et de la folie. La France que nous avons choisie est celle qui a témoigné de son grand enthousiasme à la chute des généraux en Grèce, en Espagne et au Portugal, celle qui, plus tard, s’est réjouie de la chute des régimes totalitaires dans l’Europe de l’Est, mais non celle qui blanchit et réhabilite, à maintes reprises, des dictateurs arabes et africains pour les charger de missions dont ils s’acquitteront comme de vrais mercenaires : le père Assad, qui envahit le Liban pour anéantir la Gauche libanaise et écraser les Palestiniens, n’en est qu’une triste illustration.

Monsieur le Président,

Cette lettre, c’est avec un sentiment de devoir à l’égard de la France et de la Syrie que nous vous l’adressons. Elle est un cri de douleur que nous ne pouvons plus comprimer dans nos entrailles et notre gorge, car suite à l’innommable, à toutes ces destructions, ces tueries, ces expulsions, suite au déplacement quotidien de sa population, la Syrie va s’éteindre, et peut-être aussi l’Irak, la Libye, le Yémen et à leur tête la Palestine. Un peu plus tard, si cela continue viendra le tour du Liban, de la Jordanie, des pays du Golfe et de l’Égypte. Tout cela avec l’insouciance, parfois la bénédiction et quelquefois la participation des grandes Puissances. Tant que nous serons encore en vie, nous ne pouvons pas nous résoudre à accepter cette tragédie nourrie et alimentée par une indifférence et un cynisme nationaux et internationaux sans précédent. Nous ne pouvons pas l’admettre parce que tous les jours des Syriens, des Irakiens, des Libyens, des Yéménites, des Palestiniens…crient, s’indignent, écrivent, se révoltent et refusent d’accepter la fatalité de ce cauchemar qui les entraîne vers le néant. Jadis, Monsieur le président, nous avions pleuré le Vietnam, le Cambodge, le Congo, le Rwanda, le Soudan, la Somalie, l’Éthiopie et l’Afghanistan, mais nos larmes ne les ont pas sauvés car encore aujourd’hui l’hémorragie de ces peuples continue.

Monsieur le Président,

Peut-être est-ce notre désir de survivre à ces tragédies et de vivre dans notre dignité d’êtres humains qui nous laisse espérer que vous pourriez encore œuvrer pour sauver la Syrie et son peuple ! Mais si vous avez épuisé toutes vos ressources, nous vous prions de dire haut et fort avec nous, au nom de la justice, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité que non seulement la France mais l’humanité 9 entière risque de perdre définitivement son âme si elle continue à privilégier le silence et l’indifférence à la compassion et à la solidarité.

Ghaïss Jasser : citoyenne française d’origine syrienne

[1] Formulé ainsi depuis les années 50 dans le texte fondateur du Parti démocratique syrien « Ach-cha’b », (le Peuple)

[2] Nous devons ce surnom à un ami politologue Franco-syrien

[3] Ce qui est en italique ne figure pas dans la Lettre au Président pour cause d’oubli.

[4] Connu avant tout pour son engagement dans les Forces françaises libres et pour sa carrière d’homme de lettres (1905- 1997). Passionné par l’Orient qu’il ambitionne de rapprocher de l’Occident suite à sa découverte des philosophes arabes qui le mène jusqu’à Saint Thomas d’Aquin, il apprend l’arabe à l’École des langues orientales, rencontre Louis Massignon, premier orientaliste de son temps, se lie d’amitié avec des Syriens envoyés à Paris dans le cadre du mandat et nourrit le désir de connaître leur pays. Sa carrière de « conseiller pour l’instruction publique », qui débute au Liban et en Syrie, le fera séjourner en Orient pour un quart de siècle.

[5] Que l’on nous permette une note personnelle : ma mère était l’une des bénéficiaires de cette initiative

Source : https://blogs.mediapart.fr/iremmo/blog/281116/lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-francois-hollande

 

 

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Malheureusement, vous vous adressez à un homme sans charisme dont la voix n’a de portée ni en France ni dans la communauté internationale.

Le jeu cruel qui se joue en Syrie dépasse totalement les compétences d’une France affaiblie diplomatiquement et militairement. Le desengagement américain laisse place aux ambitions russo chinoises sur la région, et ces pays autocratiques ont besoin d’un autocrate pour relayer leurs intérêts.

Ce que la guerre de Syrie préfigure, c’est un rééquilibrage des rapports de force mondiaux où les occidentaux n’auront plus de monopole, et donc où ils n’auront plus les moyens d’imposer leur « droit d’ingérence ». Un monde donc beaucoup moins empathique mais beaucoup plus pragmatique. La fin d’une ère de domination coloniale qui aura duré 500 ans. Ces évolutions questionnent d’ailleurs le siège permanent de la France à l’Onu, puisque son poids est desormais marginale, que ce soit au niveau militaire, démographique, économique ou diplomatique.

Il vaudrait donc mieux que vous adressiez votre lettre aux pouvoirs émergents, particulièrement la Chine et la Russie, qui seront les acteurs dominants dans la restructuration du continent eurasiatique dont votre pays est charnière.

 

 

 

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