Thanatocène

Une Science au-dessus de tout soupçon

 

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Thanatocène

Thánatos dans la Mythologie grecque est la personnification de la mort.

Il est le frère d’Hypnos (le sommeil), de Moros (la fatalité), et des Kères (les morts violentes). Lié à une image de la destruction, et ennemi implacable du genre humain.

Freud a développé la notion de destruction, cette pulsion de mort qui habite chaque être humain dans un ouvrage « Malaise dans la civilisation » (1929)

« À la suite de la première Guerre mondiale, qui avait entraîné Freud vers la mise en évidence, en 1920, de la pulsion de mort dans « Au-delà du principe de plaisir », il élargit la perspective au-delà de l’inconscient au sens strict pour s’attacher à mettre en évidence un mécanisme semblable, à l’œuvre au niveau de la culture, entendu au sens de civilisation, comme tout ce qui régit et nourrit la vie en commun de l’humanité. Il s’agit d’un des rares ouvrages où Freud utilise sa métapsychologie en dehors du seul champ psychanalytique, pour l’inscrire dans une perspective sociale, en se posant la question de savoir si la civilisation tend vers un progrès à même de le rôle surmonter les pulsions destructrices qui l’animent. »

Freud y affirme notamment que : la culture est édifiée sur du renoncement pulsionnel, car la vie en commun suppose une restriction de la liberté individuelle ou le conformisme ; [ …] la civilisation a toujours été animée par un « combat entre la pulsion de vie et celle de mort »1, et que nul « ne peut présumer du succès et de l’issue1 » de ce combat. Ainsi, rien ne garantit selon Freud que les civilisations, même celles qui sont considérées comme les plus modernes, ne finissent par s’autodétruire.https://fr.wikipedia.org/wiki/Malaise_dans_la_civilisation

Thanatocène: Ère de Thánatos ; la puissance de guerre et les écocides. Fait partie des cinq « Histoire-lecture » de l’ « Anthropocène »

- voir ce chapitre dans le livre (« L’événement Anthropocène » C.Bonneuil JB Fressoz)

Les auteurs y développent le rôle de l’appareil militaire ; de la guerre et la logique de puissance, « avec leurs choix technologiques insoutenables qui s’imposent ensuite au monde civil, et portent ainsi une lourde responsabilité dans le dérèglement des environnements locaux et de l’ensemble du système Terre. » …« La Seconde Guerre mondiale a ainsi préparé le cadre technique et juridique de la société de consommation de masse, qui a lancé la « Grande Accélération » à partir de 1945. »

Ce terme de Grande Accélération » faisant sans doute écho à l’ouvrage de Karl Polanyi « La Grande Transformation » où il avait analysé la période du début de l’ère industrielle à 1944 principalement dans le monde anglo-saxon qui en est le meilleur révélateur.

Thanatocène ou « Polémocène imbriqué dans le Thanatocène »  pour mieux cibler la guerre comme objet principal de destruction planétaire mais le résultat est le même…

La science et sa fille la technique sur la paillasse de laboratoire de la Terre

De formation technique , j’ai pu côtoyer pendant 20ans quelques scientifiques et techniciens amoureux des « moutons à cinq pattes ».

« M’étant plusieurs fois placé devant le CERN avec un symbole antinucléaire, un chercheur me dit en rentrant en voiture et martelant:  » il n’y a pas de nucléaire ici, il n’y a pas de nucléaire ici ». Il commençait vraiment à se fâcher. Ce monsieur , pourtant « réputé intelligent » était en train de me dire que le CERN ; le Centre Européen sur la Recherche Nucléaire n’était pas nucléaire! il pensait centrale nucléaire bien sûr et tous les cotés négatifs qu’on lui impute et de se réfugier derrière la recherche fondamentale, alors que c’est ici le point de départ, l’endroit au monde où il y a le plus de scientifiques qui savent de quoi il en retourne lorsqu’on parle de radioprotection et du risque nucléaire. (d’ailleurs au Cern aussi il y en a qui meurent ou ne vont pas bien…et les électro sensibles doivent déménager…)
Ils ne veulent voir que le côté « positif » , ils se créent ou on leur inculque des schémas mentaux, des œillères, de sorte qu’ils ne voient ou ne veulent pas voir que par exemple c’est peut-être légitime de vouloir connaître l’infiniment petit, le secret de la matière, du génome etc mais ils sont prêt à brûler toute l’énergie de la terre pour cela. (Le Cern par exemple consomme autant d’électricité que la ville de Genève et on ne parle même pas de la quantité de matières (pillée au sud) gaspillée etc et autres dangers et exploitations.
Aveuglés par leur passion de leurs expériences, leurs « découvertes », leur orgueil etc , ils ne veulent pas voir que dans l’ombre attendent des militaires, des industriels, des politiciens etc toutes ces personnes que Einstein désignait comme moralement aveugles (« Comment je vois le monde »), bref des philanthropes qui vont faire des œuvres de bienfaisance avec ces découvertes…des joujoux comme des bombes à uranium appauvri par exemple distribués « gratuitement » aux gosses de Gaza, Faloujja, Basora, Libye etc

En Novembre 2011 : La presse nous informe que le comble de l’idiotie et donc une énième preuve du retard mental actuel activée par leur « logique financière » a été atteinte  ; ces messieurs d’Areva-EdF s’apprêtent à « geler » des milliers d’emplois, afin de ressortir encore quelques profits d’un système en faillite. Alors qu’au contraire il faudrait embaucher à tour de bras voir même rappeler les retraités pour arrêter ces installations « proprement », en toute sécurité, car avec les victimes, elles n’ont que trop soufferts de la libéralisation et du vieillissement prématuré ou non. C’est un chantier gigantesque d’intérêt général . (une notion disparue de l’hexagone depuis 60ans).

Rémunérer encore quelques actionnaires alors que tous les biens des nucléocrates qui se sont engraissés sur cette forfaiture depuis 60ans devraient être confisqués pour contribuer à ce grand chantier qui s’annonce et indemniser les victimes. Car ce n’est vraiment pas à la population de le faire. La population , elle, doit sanctionner et contrôler, mieux ; elle doit gouverner.

Le Grand Corps des Mines n’est qu’un grand corps malade, et si on laisse faire, dans quelques années, il ne connaîtra même plus la musique.

Merci de consulter de temps en temps le cours des événements au Japon car cela n’a rien a voir avec ce qui passe dans les médias . http://lesveilleursdefukushima.blogspot.com/

Comme à Tchernobyl mais en direct, et grâce aux courage et à la détermination de quelques personnes de bonne volonté, qui ont cette fois entre autre des supports techniques (internet par exemple) pour informer le plus grand nombre. C’est bien une arme à double tranchant.

Technicien des infrastructures chargé justement de « synthétiser », de « coordonner » toutes les interventions des différents corps de métier, fils de paysan je ne connaissais pas en arrivant cet univers souterrain de la société industrielle et j’ai appris à gérer aussi le lien quelquefois tendu entre « classes ». Quelquefois en contact avec des collègues techniciens du nucléaire, on apprend rapidement que ces énormes installations, nous ne les maîtrisons pas dans l’absolue, même en pratiquant une très coûteuse maintenance préventive ou curative, même sur du neuf on appelle cela déverminage etc. On dit souvent que « le zéro défaut n’existe pas » mais toujours sous forme de boutade sans en prendre réellement conscience.

Ces installations « vivent » et vieillissent . On sait aussi que pour faire une minute de travail dans une installation nucléaire, cela nécessite des heures et parfois des jours de préparation. Rien que cela aurait du mettre « la puce à l’oreille » de n’importe qui lorsqu’on lui parle de coût moindre de l’électricité nucléaire. Toutes les matières les énergies avec leurs charges sociales et environnementales que cela implique et savamment occultées. Seules les personnes qui ont construit et vivent en permanence avec ces installations peuvent comprendre toute l’humilité que cela exige face à ce quelque chose qui les dépasse à un moment donné, comme un montagnard devant les éléments, pour rester en vie : le renoncement.

Nous devons arrêter ces installations, maintenant, proprement, ces installations que nous avons même appris à « aimer », parce que l’enjeu nous dépasse. Des tas d’indicateurs autour de nous ont dépassé le seuil d’alarme, ce n’est pas « en shuntant quelques capteurs » que l’on résoudra le problème.

L’orage menace, l’atmosphère devient électrique, quelques amorces ont commencé au bout du piolet, il est temps de redescendre, avant « d’entendre les abeilles », car il sera trop tard. La vie vaut mieux qu’un éclair.

Le renoncement, l’humilité, l’intelligence et le courage aux pieds des plus hautes montagnes comme pour rappeler que côtoyer la nature immense, ne pas vivre « hors-sol » rend humble, aussi, une femme remarquable l’a pratiqué pour s’orienter vers le respect de la biodiversité. Vandana Shiva était en effet promise à une brillante carrière de physicienne nucléaire avant de se révéler dans la « désobéissance civile et civique » gandhienne.

On doit bien regarder ce qui se passe au Japon, car en France et ailleurs les autorités seront aussi lamentables et la situation aussi désespérée révélant au grand jour le caractère fascisant du monde technicien, c’est pour cela aussi que l’arrêt du nucléaire doit être immédiat. C’est bien au delà de la propagande, au delà des mafias, des Rockefeller, des Goldman Sach, des « neveux d’IG Farben » et de toutes les armées du monde.

Le point nodal de ces crimes qui ne finiront jamais se trouve dans ce documentaire « La face cachée de Hiroshima à …Fukushima »

remis en ligne en mars 2015 par une bonne âme: https://www.youtube.com/watch?v=s35t9OJBig8

Dans ce document vidéo des soldats d’État parlent de « ce mal nécessaire » du projet Manhattan et l’on voit encore les éloges pour les industriels qui l’ont conçu : Carbide, Dupont, Dow Chemical, Kellog et… Monsanto. L’enfant chérie des États-Unis. On voit les « études» du Colonel-Dr Stafford L. Warren puis la réalité de l’ABCC dont les archives ont été ouvertes en 1975. « L’atome pacifique » est alors l’oxymore le plus monstrueux jamais employé depuis l’origine du langage.

Gouvernements, scientifiques, industriels, financiers et militaires sont bien des très grands criminels en col blanc, quelque-soit l’époque ; c’est la fonction qui fait l’organe.

« Le plan des bombes sales, des armements à gaz toxique radioactif de l’UA, des missiles et des balles sales, était contenu dans une note déclassée datée du 30 octobre 1943. Elle était adressée au général Leslie Groves, qui dirigeait le Projet Manhattan, la tentative US pour construire des bombes atomiques durant la Deuxième Guerre Mondiale.

La note de Groves indique clairement qu’en 1943, les scientifiques US recommandaient l’usage d’armes à gaz toxiques radioactifs [NDLR : en réponse à une utilisation éventuelle par les allemands...] afin de souiller l’air, l’eau, le sol, la nourriture, l’environnement et le sang des populations exposées. La contamination à long terme est permanente, puisque l’uranium-238 a une demi vie de 4,5 milliards d’années, rendant les régions souillées inhabitables pour l’éternité.[...]

Pour les populations qui doivent continuer à vivre dans les zones contaminées, les effets à long terme sont la maladie chronique et la détérioration de leur ADN. »

Je soutiens l’arrêt immédiat http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/ http://nucleaire-arret-immediat.com/

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sortie_immediate.html

Depuis que l’on reçoit des informations régulièrement, prouvant cette imposture nucléaire, sur ces listes de diffusion des milieux militants comme celui là depuis 8ans www.independentwho.org

et comme dans le domaine des OGM depuis 11 ans, il est à rappeler impérativement que les preuves scientifiques existent depuis le début (du nucléaire comme les OGM) mais c’est celui qui a le plus d’argent donc de pouvoir qui peut faire ce qu’il veut en matière de propagande et de contrôle social.

En lisant les ouvrages de H Laborit, B.Cyrulnik, Michel Tereschenko etc et maintenant « l’événement Anthropocène » Fressoz-Bonneuil , on comprend mieux ce qui se passe dans nos têtes et pourquoi ces technocrates et beaucoup d’autres se mentent à eux-mêmes, se réfugient dans le déni, leur bulle qu’ils croient salvatrice. Le point commun est bien la volonté de puissance de l’occident et son culte de la guerre qui est à l’origine des fortunes incommensurables des banquiers et industriels profiteurs de guerre et ils font même de ces États ces monstres froids leurs marionnettes. Pourtant on doit continuer de résister et garder notre dignité car il y a des poches de luttes qui donnent du sens à nos vie un peu partout. Parallèlement à la théorie de la crétinisation du monde, il y a la théorie de la conscience du monde et c’est cela qu’il faut voir.

Oui ce système de représentation attire principalement des personnes peu recommandables (pour rester poli) avec un ego assez développé prêts à renier ce dont ils se réclament;(pseudo socialistes, pseudo écologistes vrais opportunistes, ripouxblicains, parti raciste et xénophobe français et tous les autres cogestionnaires du désastre).

Oui toutes les pathologies dont la leucémie des jeunes sont attribuables à la pollution industrielle et le nucléaire y tient une place majeure, il n’y a pas besoin de connaissance particulière pour comprendre cela. Ces personnes en col blanc sont effectivement des criminels et il n’est pas exagéré d’affirmer qu’Eichmann est partout.(Cf Harendt / Tereschenko)

L’axe de la santé par le biais d’enquêtes épidémiologiques populaires peut peut-être convaincre la population de sortir de leur bulle i-compris les nucléophiles. On aura tout essayé ?

Repartons donc sur la piste des scientifiques :

« En 1905 Albert Einstein publie la théorie de la relativité. Pour lui, matière et énergie sont liés par l’équation qu’il note E = mc² et qui permet d’affirmer qu’une petite quantité de matière peut devenir une énorme quantité d’énergie… ce qui est le principe de la bombe atomique. »

[…]« Le projet Manhattan était à l’origine destiné à contrecarrer le programme nucléaire de l’Allemagne nazie. À la suite de la défaite du IIIe Reich, plusieurs scientifiques qui travaillaient sur le projet eurent le sentiment que les États-Unis ne devaient pas être les premiers à utiliser de telles armes. Albert Einstein sera réticent face à la bombe. »

« Le 2 août 1939, le président Roosevelt reçoit une lettre signée d’Albert Einstein qui le met en garde contre les recherches effectuées par les Allemands dans le domaine de la recherche atomique et l’enjoint de lancer les Etats-Unis dans l’aventure nucléaire.

Il y est écrit : «… Il est devenu possible d’envisager une réaction nucléaire en chaîne dans une grande quantité d’uranium, laquelle permettrait de générer beaucoup d’énergie et de très nombreux nouveaux éléments de type radium. Aujourd’hui, il est pratiquement certain que cela peut être obtenu dans un futur proche. »

Cette lettre est en fait écrite par un autre physicien, le hongrois Leó Szilárd, qui cherche à mobiliser les alliés contre la menace nazie et convainc Einstein, dont la célébrité est immense, de signer cet appel au président américain. Une lettre qu’Einstein regrettera quelques années plus tard, lorsqu’il verra la bombe atomique exploser à Hiroshima et Nagasaki et qui en dira :  » Ce jour-là, j’aurais mieux fait de me couper les doigts de la main « .

« et Leó Szilárd, qui était largement impliqué dans le développement de la bombe, dira après la guerre :

« Si les Allemands avaient largué des bombes atomiques à notre place, nous aurions qualifié de crimes de guerre les bombardements atomiques sur des villes, nous aurions condamné à mort les coupables allemands lors du procès de Nuremberg et les aurions pendus. » »

 

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Combien sont-ils à regretter après ? Que quelques uns comme les Sakharov, Nesterenko, Gofman, Morgan, Sternglass etc. Ce pourquoi les initiatives du mouvement « Survivre & Vivre » des années 70 (Céline Pessis) et surtout le comportement du mathématicien Alexandre Grothendieck reviennent-ils à l’actualité de « l’événement Anthropocène » décrit par C. Bonneuil et JB. Fressoz. Grothendiek étant exemplaire car il est un des rares cerveaux à « s’être sabordé avant ». Comme sans doute beaucoup d’autres qui ont eu en divers moments de l’histoire des hommes, cette sagesse, cette volonté de non puissance, cette imagination de l’après, cette réelle intelligence , du renoncement, du revirement et il faut saluer tous ces « remarquables inconnus » et tâcher de reprendre leur trace, car il n’est pas trop tard, « demain, tu verras, le jour se lève encore ». 

Courage et conscience pour projeter une éducation populaire

A/ Le guide de haute montagne Guy Demenge avait connu Henri Laborit, il avait dit de lui qu’à son deuxième livre (voyant sans doute que son premier était trop compliqué pour le plus grand nombre), au fur et à mesure qu’il l’écrivait, il faisait relire ses feuillets à la concierge de son immeuble, et tant qu’elle demandait des explications, il reprenait et corrigeait son texte. C’est à cela qu’on reconnaît un scientifique altruiste ; il se met à la place de l’autre sans condescendance ni arrogance.

B/ On relève aussi la destinée d’Albert Jacquard d’une part pour mettre sa réponse au problème de la démographie « la bombe P » évoquée par le groupe Survivre en 1970. (d’ailleurs d’autres ont aussi répondu à ce non-problème comme François de Ravignan dans « La faim, Pourquoi ? ») et d’autre part pour rappeler que le choc d’un accident automobile ayant entraîné la mort de son frère lorsqu’ils étaient enfants n’est pas négligeable pour expliquer son orientation remarquablement altruiste et critique du système technicien.

« La vrai question n’est pas « combien la Terre peut-elle nourrir d’hommes ? » mais « Combien peut-elle supporter d’hommes ? ». Ce qui implique de répondre à la question : « Quelle sorte d’homme ? ». Si ce sont des paysans traditionnels qui ne demandent à la Terre que leur nourriture, [...] [le maximum dans les conditions actuelles est supérieure] à dix milliards. Si ce sont des occidentaux moyens aux exigences multiples en richesses non renouvelables, la réponse est fort différente. Sans doute un milliard serait-il déjà beaucoup trop. » [...][années 1980 ...Sahel ...chute du prix du coton et forte hausse du prix du blé ou autres céréales] « Bel exemple d’un mécanisme libéral qui préserve en effet fort bien la liberté du renard dans le poulailler. » 

[...] « Pour préparer demain, il ne suffit pas de constater le résultat des erreurs commises, il faut essayer d’en apprécier les causes. Pour le gaspillage des ressources, c’est le respect abusif de la propriété qui a mené dans une impasse. Tant que la Terre était considérée comme illimitée, il était normal, pour celui qui avait défriché et ensemencé un terrain, de s’approprier ses récoltes, puis le terrain lui même, enfin les richesses qu’il recelait. Les autre hommes pouvaient trouver un équivalent ailleurs ; ils n’étaient pas spoliés. Aujourd’hui que nous ne disposons plus d’un ailleurs, cette attitude est devenue déraisonnable.

Toute appropriation, qu’elle soit individuelle ou collective, d’une richesse limitée offerte aux hommes par la nature est nécessairement un vol. La seule collectivité qui puisse à bon droit s’en déclarer propriétaire est l’ensemble de l’humanité. »

[...] « C’est dans le regard de l’autre que chacun puise les matériaux de la construction de soi. Jamais nous aurions été capables de penser et de dire « je » si aucun « tu » ne s’était adressé à nous. Le mystère de l’émergence d’une personne consciente, là où la nature ne pouvait réaliser qu’un individu, ne peut trouver de réponse que dans l’échange entre les humains. »

[...][nouvelles perspectives du problème du chômage ] … « Produire et échanger des marchandises, des robots peuvent le faire ou le feront…mais ils sont incapables d’échanger des émotions, des angoisses, des espoirs, ni d’évoquer demain. Ce domaine est définitivement celui du jeu des hommes ; un jeu qui peut les occuper tous, tout au long de leur vie, sans que jamais l’un d’eux soit considéré comme « en trop » ; car il ne peut, pour cette fonction de réciprocité, être remplacé par une machine. La véritable source de la dignité est la participation au jeu des échanges. »

[...] « Et surtout, ce n’est pas dans la nature que nous devons chercher la justification de nos comportements. Le propre de l’homme est de savoir s’opposer à elle. »

[...]« la démocratie n’est pas un état dans lequel une société peut s’endormir; elle est une recherche constante de rapports meilleurs entre les citoyens. L’idéal ne peut guère être atteint; s’il l’est, ce ne peut être que provisoire car les allées du problème collectif sont toujours nouvelles ».Albert Jacquard (La légende de demain)

 « - Ce que je suis, ce n’est pas ce que j’ai reçu , c’est ce que je me suis donné en rencontrant les autres.
- la compétition, la hiérarchie etc… la société réputée intelligente a complètement raté le processus de la rencontre.
-Tous les discours de la croissance ne peuvent être que de menteurs etc.. »

(Albert Jacquard conférence « Comité anti-Jeux- Olympiques Annecy 2018 » le 28 janvier 2011 à Annecy)

DiogeneJeCherchelhommeJe cherche l’homme socialiste…

Ôtes -toi de mon soleil, c’est pas ITERressant ce dé-balle-ment de scientisme…

Voir Survivre et Vivre sur http://science-societe.fr/survivre/ sur :http://concubit.free.fr/or_vert/survivre_et_vivre_entropia2011.html#sdfootnote18anc

 http://science.societe.free.fr/documents/pdf/Survivre/Pessis_M2_Survivre.pdf

 télécharger les anciens N° « Survivre et Vivre »

N°1 http://science.societe.free.fr/documents/pdf/Survivre/Survivre1.pdf

etc

 et sites en lien « La Nouvelle Église Universelle » 1971

https://sniadecki.wordpress.com/2012/05/16/grothendieck-scientisme/

Barry Commoner sur https://sniadecki.wordpress.com/2015/02/01/commoner-mythe-adn/

 Roger Godement : http://michel.delord.free.fr/godement-ref.html

 Eugène Rabinovitch « the mounting tide of unreason » (la vague montante de la déraison) Bulletin of scientist Mai 1971.

Notes S&V

p12 [...]« c’est aussi le signe évident de la démission des savants devant leurs responsabilités dans la société humaine. »

p15 JP. Malrieu : « avec l’informatique, les pratiques de modélisation s’infléchissent vers « la simulation » et « la recherche d’un résultat numériquement précis » reléguant « la compréhension » au second plan. » [...]« si ces transformations des pratiques de recherche suscitent de si vives résistances, c’est aussi que l’ordinateur apparaît comme le cheval de Troie des militaires, des grandes firmes capitalistes et de l’État centralisateur. Issu de la guerre, financé massivement par l’armée américaine, il forme indéniablement le soubassement technique et cognitif de la guerre froide : de la défense aérienne à la surveillance par satellites, l’analyse de systèmes permet à la puissance américaine de circonscrire l’espace terrestre, sous-marin et spatial, alimentant le fantasme d’un contrôle planétaire centralisé. [23]«Paul N.Edwards. »

 p19 Chevalley « considérait la science comme « un acte d’exclusion des aspects les plus hétérogènes d’un phénomène donné, permettant d’avoir prise sur lui. »   [...]« Samuel et Chevalley se livraient à une dénonciation de l’idéologie de la science pure, fondement de l’irresponsabilité sociale des scientifiques. Politisant leur champ de compétence, ces mathématiciens dénoncent le réductionnisme structuraliste selon lequel « toute la réalité, comprenant l’expérience et les relations humaines, les événements et les forces sociales et politiques, est exprimable en langage mathématique ». Cette prédominance du formalisme constitue selon eux un des fondements de la conception « mécaniste » ou « analytique » de la nature. » [...]« Elle soutiendrait aussi la généralisation de système d’équivalences formelles, détruisant la valeur d’usage du travail et des objets, autorisant la déterritorialisation du capital ou supportant un « processus d’universalisation qui transforme les objets en marchandises et les hommes en prolétaires et citoyens. » [45](Guedj-Dollé)

[...]p21 Après 68 penser «à l’Est comme à l’Ouest, l’aliénation comme le produit d’une même civilisation technologique réduisant l’homme et la nature à leur stricte valeur instrumentale ou   [...] « d’une « mégamachine » qui n’obéit qu’à sa propre finalité d’expansion automatique et de maximisation des profits ou de la puissance, ignorant tout ce qui n’est pas traduisible dans son propre langage_ par exemple les plus élémentaires réalités humaines ou écologiques » [46](A.Gorz) [...]

p22 « Castoriadis en 1957 récusait toute perspective d’appropriation collective de la technologie capitaliste, selon lui intrinsèquement construite pour discipliner les ouvriers et perpétuer des rapports de domination. » [49] [...]

« Les mouvements syndicaux peinent eux à s’émanciper de la cogestion et des mécanismes de compensations financières en matière de santé au travail. Pour autant ils perçoivent les ravages de l’industrialisation. »[...]

p23 « Dans « Critique de la division du travail » André Gorz note ainsi : « L’histoire de la technologie capitaliste peut être lue dans l’ensemble, comme l’histoire de la déqualification des agents directs de la production. » [51] »[...]

p33 cite Grothendieck : « Que la recherche scientifique soit nécessairement « utile » est extrêmement discutable [78[...] p34 « Indigné par cette « collaboration » et l’apathie de l’ensemble de la communauté scientifique, Grothendieck y décèle un mécanisme similaire à celui qui accompagna la montée du nazisme. » [86] […] p36 « Nous visons la variété comme source d’équilibre » [...] »par des monographie et des cours publics …conçus dans une perspective d’auto-éducation, Survivre se fixe l’objectif de vulgariser « les données scientifiques essentielles pour un choix rationnel des options vitales de l’humanité. » » […]

p39 (nucléaire) « A la fin des années 1960, ce sont les biologistes John W. Gofman et Arthur R.Tamplin membres de l’AEC, qui contestent les normes de sécurité établies, en faisant valoir qu’il n’existe pas de « seuil » ou de « faibles doses » au dessous desquels la radioactivité serait inoffensive.(traduite par L’APRI …10 juillet 1971 Bugey-Cobayes…) » […]

 p41 « De progressiste à une époque, la science, par sa tendance impérialiste, est devenue un des outils de destruction les plus puissant d’autres modes de connaissance : destruction des cultures non technico-industrielles ; dans nos pays incarnée par la technocratie, elle ne tolère de désirs et de vérités chez les gens que par référence à elle. »…

[Le mouvement Survivre] « développe une critique originale de la science comme phénomène « d’annexion impérialiste » venant coloniser le vécu personnel et occidentaliser le monde. Au sein même des institutions scientifiques, le mouvement en appelle à une décroissance de la recherche afin de la réduire à la satisfaction des besoins élémentaires des hommes et des femmes. » […] « faire émerger des lieux de parole collective et de mettre en place des dispositifs de réappropriation d’une autonomie quotidienne »[…]
p44
(ethnocide) R. Jaulin « critique le recours croissant à la modélisation mathématique par l’anthropologie structuraliste. Celle-ci participe selon lui de la prétention à l’universalité de la science et de l’homme blanc. ».C. Chevalley résume ainsi sa critique : « C’est en dernière analyse l’homme blanc moderne qui devient le modèle valable de l’humanité, et les traits différentiels des autres cultures sont neutralisées en les qualifiant de pensée sauvage ou de primitivisme…et de naturels. »[…]

 p54 « opposent à la campagne qui se vit l’environnement qui se gère. »

p56 « La surpopulation, c’est la raison d’État pour gérer nos désir. L’épuisement des ressources

c’est la raison d’État pour gérer nos besoins. La pollution, c’est le fondement idéal de notre autocensure. » [154] […]

p58 « Aveuglés par les œillères de leur discipline, les experts sont incapables de concevoir une vue d’ensemble des problèmes, d’en saisir les effets globaux, et de penser en terme de finalités. L’ultra spécialisation du savoir nucléaire en fait « un cas extrême de production aliénée » expliquant que « le mépris envers le public » soit aller là plus loin que partout ailleurs. »[...]

p59 « Pourtant, comme l’analyse le mouvement, médias et experts ont fait de l’affaire des fûts de Saclay un « accident » et un « scandale » : un écart à la règle qui « renforce toujours l’ordre, parce qu’il énonce que la règle est bonne. » […]

 p84 « Aucun chef d’État, aucun gouvernement n’a assez de puissance pour pouvoir contrôler la force immense et aveugle qui entraîne l’humanité vers un destin inconnu_ un destin qui risque fort d’être anéantissement collectif. Cette force immense c’est la force d’inertie des masses.»[...] « Pour contrôler ces forces, seule une action sur les masses elles-mêmes a une chance de succès. Et pour changer l’état d’inertie de celle-ci, seule une action éducative a une chance d’aboutir. » ».

 (coordonné par Céline Pessis« Survivre et vivre critique de la science naissance de l’écologie »)

D’autres liens des plus radicaux aux citoyennistes, cela se discute toujours dans une vraie démocratie.

La science est une interprétation de l’homme ; et l’homme est faillible…

Alors arrêtons la recherche !

Ou faisons sauter Polytechnique…l’Ena ? etc comme une prolongation de l’ouvrage de F. Ruffin « faut-il faire sauter Bruxelles ? (Fakir)

Ces interpellations volontairement provocantes le sont pour participer à cette prise de conscience pour pousser à l’action, Il est à rajouter une autre interpellation qui rappelle simplement à l’essentiel, l’homme ne peut pas faire un pas devant l’autre sans écraser une fourmis, mais son chemin doit être le plus juste possible pour lui-même et pour son environnement ; car comme le dit le géographe de la Commune de Paris, Elisée Reclus : « L’homme est la nature prenant conscience d’elle-même ». A cette parole qui englobe tout se rajoute celle d’un simple paysan qui précise à sa façon ce qui doit interpeller en premier lieu le scientifique, ce « savant » « détenteur d’un certain savoir » mais aussi tout homme qui agit et qui doit donc réfléchir à ce qu’il fait :

« il faut accepter que les gens ne pensent pas comme soi, mais l’agriculture est l’art de savoir cultiver la terre pour nourrir les hommes et non pas de « l’exploitation agricole ».

l’homme devient ce qu’il mange, et ce qu’il mange c’est la terre qui le produit, et la résolution de notre monde devra passer par l’équilibre du sol, de notre terre, et tant que l’humanité ne l’aura pas compris, on ira chercher bien loin ce qui est tout près ; la terre est basse et il faut plier le genoux, l’homme doit acquérir une certaine humilité pour comprendre cela.

On croit maîtriser la connaissance, alors que l’homme doit accepter à chaque instant de se remettre en cause : et savoir si ce que l’on fait le jour même, est ce que cela va faire évoluer ou « involuer » les générations futures? , les dominer ou les faire grandir ?, c’est là qu’est la clef. Car la terre est la meilleure nourricière des hommes, des plantes, des animaux, c’est très simple. » (Bernard Ronot dans le documentaire « les blés d’or ») http://www.addocs.fr/documentaires-scientifiques/1/accueil

http://www.non-fides.fr/?Arretons-la-recherche original sur :http://www.passerelleco.info/article.php?id_article=1259

Arrêtons la Recherche !

Quelques remarques très critiques d’un chercheur à propos du mouvement «Sauvons La Recherche » nous sont parvenues par mail d’un lecteur. Nous les avons reproduites ici avec l’autorisation de leur auteur.

Début du texte :

Après avoir mené l’an dernier des actions de protestation contre la politique gouvernementale de réduction des budgets de la recherche publique, le mouvement « Sauvons La Recherche » refait aujourd’hui son apparition, parmi les manifestations et les grèves qui recommencent depuis quelques semaines.

 En ma qualité (fort provisoire) de chercheur, je voudrais expliquer ici en quoi ce mouvement me semble profondément nuisible, et dans quelle mesure il concentre et diffuse un certain nombre d’illusions sur le monde où nous vivons, et sur la situation périlleuse qui est la nôtre à l’heure actuelle.

 Toutes ces illusions reposent sur un fait majeur, que le mouvement « Sauvons La Recherche » passe constamment sous silence : le fait qu’en travaillant au développement et au perfectionnement de la société industrielle, les chercheurs participent aussi à la production des ravages qu’elle provoque de manière de plus en plus évidente :

destruction de la nature, enlaidissement des villes, falsification des aliments, dénaturation du travail et des rapports sociaux, atteintes de plus en plus manifestes à la santé physique et mentale, etc. [1 Pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté, je précise que je n'accorde aucun crédit aux raisonnements des écologistes et des théoriciens de l'« altermondialisme » ou du «développement durable », qui attendent que le progrès technologique apporte des solutions aux maux qu'il produit pourtant sans relâche. Le fait est qu'on n'éteint pas un incendie en l'arrosant avec de l'essence, mais en lui retirant l'oxygène qui l'alimente.]

 Aujourd’hui, les chercheurs réclament une fois de plus de l’argent pour la recherche publique. Ma position est la suivante : non seulement il faut leur refuser cet argent, mais il faut en plus imposer l’arrêt de la recherche publique autant que de la recherche privée. C’est le seul moyen efficace pour faire un premier pas en direction d’un démantèlement de la totalité du système industriel, système dont le fonctionnement remet désormais en cause notre existence collective à l’échelle planétaire.

Avant de proposer quelques moyens pour mettre un coup d’arrêt aux activités de la recherche scientifique et technique, je voudrais démontrer, dans les trois points qui suivent, la fausseté des arguments qu’utilisent traditionnellement les chercheurs (notamment ceux du mouvement « Sauvons La Recherche ») pour nier leur responsabilité dans les dommages qu’engendre la société industrielle.

 1) Contrairement à ce que disent les chercheurs pour s’innocenter, il n’y a pas de frontière nette, étanche, entre recherche fondamentale et recherche appliquée. En effet, on ne peut concevoir le développement des sciences et des techniques que de manière systémique, c’est-à-dire qu’elles forment un ensemble dont toutes les parties sont interdépendantes, évoluant les unes en fonction des autres : le progrès de la recherche appliquée est donc inconcevable à moyen et long terme sans les apports de la recherche fondamentale. Les chercheurs le savent très bien, puisqu’ils s’opposent à un projet de loi qui prétend réduire le financement de la recherche fondamentale au profit de la recherche appliquée, en expliquant que sans la recherche fondamentale, la recherche appliquée n’irait pas très loin. Mais ils sont prêts à dire exactement le contraire dès qu’on fait valoir que c’est pour cette raison-là qu’ils sont partie prenante dans la production des désordres graves causés par la société industrielle ; ils rétablissent alors comme par magie une disjonction absolue entre recherche fondamentale et recherche appliquée.

La recherche fondamentale est dès lors présentée comme une activité « pure » (désintéressée, c’est-à-dire aussi : innocente), n’ayant pour but que de faire progresser les connaissances scientifiques. Ce serait donc la recherche appliquée qui ferait un mauvais usage de ces connaissances, mais c’est parce qu’elle est elle-même captive des financiers et des décideurs, et donc contrainte de servir leurs intérêts politiques et commerciaux. On le voit, derrière ces raisonnements contradictoires se cache un malaise très net : les chercheurs ont l’intuition (voire la conscience) de leur responsabilité dans la marche catastrophique du monde actuel, mais ils refusent de l’envisager de manière frontale, d’y réfléchir posément et d’en tirer toutes les conséquences qui s’imposent, pour s’épargner la peine d’avoir à formuler une condamnation morale de leur propre rôle dans cette société. Ce malaise laisse entrevoir la possibilité d’une révolte de ceux qui, parmi eux, auraient conservé un sens moral assez sain, en dépit du cynisme et de l’ambition qui règnent dans les milieux scientifiques et institutionnels ; il leur resterait alors à en tirer toutes les conséquences qui s’imposent, en contribuant à interrompre la recherche scientifique et technique dans sa totalité.

 2) Comme toujours, les « réalistes », les « pragmatiques », les «raisonnables », vont dire : « en militant pour l’arrêt de la recherche et donc en exigeant aujourd’hui que l’on refuse d’accorder des crédits à la recherche publique, vous faites le jeu de la recherche privée, des entreprises, de la marchandisation de la recherche », etc. Mais que croient-ils, ces bons chercheurs ? Tous leurs arguments s’appuient sur l’idée que recherche publique et recherche privée sont différentes et fonctionnent indépendamment l’une de l’autre, et que la recherche publique est bonne parce qu’elle est soumise au contrôle des citoyens par l’intermédiaire de leurs représentants élus au suffrage universel, ce qui est censé éviter toute dérive mercantile et permettre le progrès de l’humanité (eh oui, en éternels adolescents partagés entre cynisme et naïveté, les chercheurs n’hésitent pas à employer de telles expressions).

 Ici aussi, il faudrait rétablir quelques vérités factuelles. La séparation entre privé et public, entre État et économie marchande, est aussi illusoire que celle qui existe entre recherche fondamentale et recherche appliquée. L’État finance les recherches dont les entreprises ont besoin mais dont elles ne peuvent assumer les coûts ; la plupart du temps, d’ailleurs, il y a directement collaboration entre privé et public (notamment dans le financement des laboratoires publics). Et même lorsqu’il y a de la recherche publique « pure », l’État se comporte face aux chercheurs comme il s’est toujours comporté face à ses administrés :

comme une entité dont on croit qu’elle est un simple outil de gestion collective, et dont on découvre toujours en dernière instance qu’elle est absolument étrangère, qu’elle fonctionne de manière autonome. En ceci, l’État est une entreprise comme une autre : il ne délivre un salaire qu’en échange d’un travail dont il espère tirer des avantages militaires, politiques ou économiques pour lui-même _ c’est-à-dire pour la fraction de la population dont il gère les intérêts._ De ce point de vue, la ressemblance entre l’État et les entreprises explique sans doute qu’on voie de moins en moins les différences d’objectifs et de méthodes entre recherche publique et recherche privée. Enfin, le fait que la recherche soit publique ne garantit en rien son contrôle par les « citoyens », devenus ici et partout des spectateurs floués, comme le montrent notamment les recherches sur le nucléaire ou sur les OGM, menées obstinément depuis des dizaines d’années en dépit d’une réprobation générale, sous la protection de la police, et quand il le faut, de l’armée et du secret d’État . [2 D'ailleurs, rien ne justifie l'emploi de l'expression « recherche publique », quand celle-ci est aussi implacablement soustraite à la connaissance et aux décisions de la population, pour être mise aux services d'intérêts privés.]

 3) Il y a enfin une sorte d’idée métaphysique invoquée par tous les chercheurs à l’heure actuelle pour justifier leur existence et leurs revendications : ils semblent tous être convaincus que la technique et la science sont des outils pouvant servir à l’émancipation de l’humanité. Le fait que cette émancipation tarde à venir est dû, selon eux, au mauvais usage que l’homme fait de ces sciences et de ces techniques : soit parce qu’il est intrinsèquement faillible (d’où la nécessité de codes de déontologie et autres comités de bio-éthique) ; soit parce qu’il est soumis aux diktats de l’économie marchande (d’où les faveurs données à la recherche d’État et à la lutte contre le « néo-libéralisme »). Cette idée métaphysique s’accompagne d’un corollaire : l’émancipation de l’humanité repose sur un accroissement de la production et de la consommation de biens et de services (publics ou privés). Nous sommes ici en présence de l’idéologie centrale du système industriel, qu’il a produite et qui contribue à le maintenir . [3 Idéologie dont on a pu voir l'expression la plus répugnante dans des slogans du mouvement « Sauvons La Recherche » tels que : « Recherche sous-payée = Pays sous-développé » (slogan où, par ailleurs, se cache à peine la conviction d'une supériorité occidentale sur les peuples du Tiers-Monde, et l'ambition de maintenir à tout prix cette supériorité ; d'ailleurs, cela s'accorde avec la rhétorique nationaliste qu'emploie le mouvement des chercheurs lorsqu'il appelle à renforcer la recherche française ou européenne contre la concurrence étrangère). ]

 L’une des caractéristiques majeures de la société présente, saisie dans son extension planétaire, est effectivement d’avoir soumis sa production, sa reproduction et l’ensemble de son fonctionnement, jusque dans les plus petits détails, à un ensemble de techniques perfectionnées. Mais cette omniprésence des technologies, son caractère systématique, a provoqué une accoutumance aux objets techniques qui empêche de considérer sereinement leur usage, leur fonctionnement et leur utilité réelle. Au contraire de ce que prétendent les chercheurs, une évidence s’impose aujourd’hui à quiconque envisage les bouleversements que la société industrielle a introduit aussi bien dans le milieu naturel que dans tous les domaines de la vie humaine et des rapports sociaux (travail, loisirs, langage, morale, politique, art, etc.) : la science et la technique, dans leur état actuel, ont cessé d’être des outils d’émancipation de l’humanité. Ce qui signifie que, contrairement à ce que veut croire l’aile gauchiste du mouvement des chercheurs, la solution à cette situation ne réside pas seulement dans la lutte contre l’économie marchande, mais aussi dans la lutte contre la science et la technique consubstantiellement liées à cette forme d’économie.

 

 Disjonctions recherche privée / recherche publique, recherche fondamentale / recherche appliquée, sciences-technologies / économie marchande [4 A quoi il faudrait ajouter la séparation tout aussi illusoire entre recherche civile et recherche militaire.] :

 Voilà trois illusions dominantes qui sont l’indice d’une incapacité à acquérir une compréhension globale de la société actuelle, à la saisir en tant que totalité complexe en devenir. Cette incapacité trouve bien sûr son origine dans la limitation de nos capacités de représentation : il est devenu quasiment impossible de se figurer l’ensemble du fonctionnement économique et technique de la société actuelle, tant elle est devenue colossale, par sa puissance déréglée et son extension planétaire. Mais à cette limitation naturelle de nos facultés de représentation, le développement de la société industrielle est venu ajouter des limitations artificielles, telles que les séparations imposées à la conscience et à l’action dans toutes les sphères de la vie quotidienne (la division du travail étant la première et la plus importante de ces séparations). Force est de reconnaître que, parmi ces limitations artificielles, figure l’activité scientifique telle qu’elle s’exerce aujourd’hui. Par la professionnalisation des savoir-faire techniques et la spécialisation de la connaissance scientifique, l’investigation intellectuelle s’est dissociée de l’expérience quotidienne, _conduisant à une privatisation de l’expérience sans précédents dans l’histoire_, et l’homme ordinaire a perdu toute souveraineté sur les conditions de production de sa propre existence.

L’homme ordinaire (c’est-à-dire aussi le chercheur en tant qu’homme ordinaire) est devenu dépendant, pour sa vie comme pour sa survie, d’un appareil technoscientifique qu’il ne maîtrise plus.

 Retrouver une autonomie individuelle et collective, cela signifie donc rompre avec la science et la technologie actuelles, arrêter immédiatement toutes les recherches scientifiques et techniques, privées et publiques, et procéder à la réappropriation critique de leurs résultats par tous les individus, dans le cadre de leur propre activité, pourvu que cette activité ne perpétue pas le système des besoins déterminés par la société marchande et industrielle.

 Ce qui veut dire, pour les scientifiques, ingénieurs, techniciens, etc. :

  • 1) Se mettre en grève totale et illimitée, rompre toute collaboration avec l’État, les entreprises ou les institutions scientifiques en leur refusant quelque information que ce soit sur les recherches passées ou en cours.
  • 2) Soutenir ce rapport de forces jusqu’à la démission contrainte, et jusqu’à la résistance physique face aux inévitables tentatives de récupération par la force du matériel de recherche (laboratoires, locaux, outils, etc.) ; et lorsque cette résistance ne pourra plus être assurée, il faudra en passer par le sabotage de ce matériel.
  • 3) Il est évident que cette grève n’aura de sens et d’utilité que si elle permet aux chercheurs d’entamer une réflexion approfondie sur la nature de leurs travaux (leur implication dans la totalité du système industriel, leurs répercussions sur le milieu naturel, sur la santé et sur les rapports sociaux) ‘ les chercheurs devant aussi faire connaître à la population, par leurs propres moyens de communication, les résultats de cette réflexion, ainsi que leurs méthodes de combat et leurs orientations théoriques, afin de rejoindre d’autres mouvements de lutte, ou de contribuer à les faire émerger.

 On voit qu’il ne s’agit pas ici d’une révolution politique, mais d’une révolution sociale, organique, moléculaire, partant de la base et qui devra se communiquer dans toutes les directions : une révolution partant de chacun d’entre nous (chercheur ou non) prenant conscience de son rôle dans le système, et ouvrant, à partir de là, à la modification de ce système. Il est probable que ce mouvement d’ensemble en vienne, à un moment ou à un autre, à devoir affronter ouvertement l’ensemble des structures répressives de la société industrielle ; il lui faudra alors garder en mémoire qu’une révolution n’est pas tant une guerre civile qu’une transformation radicale de l’exercice du pouvoir : celui-ci devra passer dans les mains des gens ordinaires, sans aucun intermédiaire d’aucune sorte. Il n’y a pas si longtemps, des scientifiques ont su reconnaître là un programme à la mesure de ce qu’exige la survie de l’humanité. Il serait temps que la génération actuelle médite la leçon de ces aînés [5 Entre autres exemples, je pense ici au Dr Schapiro, qui, en 1970, après avoir réussi à isoler pour la première fois un gène pur avec ses collègues biologistes d'Harvard, annonça dans Science sa décision d'abandonner la recherche scientifique afin de ne plus collaborer à son utilisation par le gouvernement et les grandes sociétés privées ; je pense aussi au Mathematics Action Group américain, et au mouvement Survivre fondé en 1970 par des mathématiciens et des physiciens français et américains (dont Alexandre Grothendieck, médaille Fields 1966), qui prônait l'arrêt de la recherche scientifique, et qui mena pendant plusieurs années un combat antimilitariste, écologiste et révolutionnaire] .

 Il est possible que la perspective d’abandonner toutes les richesses de l’industrie, tous les prestiges de la recherche, apparaisse à beaucoup comme un sacrifice. Mais ce sacrifice est nécessaire s’il doit permettre la sauvegarde du monde et la construction d’une nouvelle existence sur des bases plus simples, et plus saines.

 

Quelques chercheurs et non chercheurs dissidents.

Repris et adapté à partir d’un texte diffusé à Nice en février/mars 2005

et signé acarus@nolog.org

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 « on doit dire « Politique de mondialisation » pas « mondialisation » comme s’il s’agissait d’un processus naturel. »

« Le chercheur n’est ni un prophète ni un maître à penser. Il doit inventer un rôle nouveau qui est très difficile:  il doit écouter, il doit chercher et inventer; il doit essayer d’aider les organismes qui se donnent pour mission_ de plus en plus mollement malheureusement , y compris les syndicats_ de résister à la politique néolibérale; il doit se donner comme tache de les assister en leur fournissant des instruments. En particulier des instruments contre l’effet symbolique qu’exercent les « experts » engagés auprès des grandes entreprises multinationales. » (Pierre Bourdieu « Pour un savoir engagé »)

 - « Pourquoi vivons-nous dans un monde absurde ? Parce que la question du sens ne peut pas être posé par la science. Les dimensions morale, intellectuelle, politique et culturelle lui échappent complètement. On le voit avec les OGM par exemple.»[...] « Alors comment sortir de la technocratie ? Il faudrait que celle-ci soit considérée comme une véritable réflexion politique. Or cela a toujours été soigneusement été évité. La question du contrôle démocratique de la technocratie n’est jamais posé.»[...] «Les ministres ne connaissent généralement rien au domaines qu’on leur confie…cela les rend entièrement dépendants du savoir des technocrates. L’illusion politique dont parlait Ellul est ici parfaitement illustrée. »[...] « l’oligarchie se trouve donc dans le désarroi aujourd’hui. Elle ne sait pas quoi faire car elle n’a rien anticipé. Elle se cantonne à des réponses de court terme, à de la communication. Mais elle est incapable de faire face aux vraies questions. C’est peut-être une opportunité. N’oublions pas que les initiatives inventives et innovantes ne viennent pas du corps politique mais des mouvements sociaux et associatifs » Simon Charbonneau « comment repousser la technocratie verte ? »(La décroissance N°92)

[...] «Depuis le début des années 80, il y a de 150000 à 380000 nouveau cas de cancer par an.»[...] «Aujourd’hui encore, la collusion entre l’Etat et les industriels rend difficile la condamnation.»[...] «La reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leur conséquences pour qu’enfin la prévention devienne réalité ». Annie Thébaud-Mony (Ibid- La Décroissance N°92)

 

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Pour une recherche responsable…fichier pdf FSC_Manifeste_Responsabilite

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« Ne pas ouvrir la boîte de Pandore de la biologie synthétique

par Hervé Le Crosnier

Votre chemin : Lien direct : http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1834

Ce jeudi 20 mai 2010, le journal Science a publié un article d’une équipe de recherche emmenée par J. Craig Venter revendiquant la création de la première cellule dotée d’un ADN entièrement réalisé par ordinateur. Pour Craig Venter cela représente : « une étape importante scientifiquement et philosophiquement ». Les associations de la société civile, notamment ETC Group, demandent un moratoire sur les techniques employées dites de « biologie synthétique » et appellent à une réflexion globale sur la génétique extrême. Si l’on veut bien quitter le mode dithyrambique avec lequel cette annonce est relayée par la presse, cette publication scientifique, et les recherches menées pour ce résultat posent de nombreuses questions qui méritent toute l’attention des citoyens, des décideurs politiques, des associations de la société civile, et doit interroger toutes les communautés scientifiques.

« La création de la première cellule vivante dotée d’un génome synthétique dévoilée jeudi représente une avancée dans la compréhension des mécanismes de la vie et ouvre la voie à la fabrication d’organismes artificiels pouvant par exemple produire du carburant propre. » C’est avec cette introduction pour le moins « spectaculaire et marchande » que débute la dépêche AFP de ce jour à 20h, qui est la première annonce en français de cette publication… Une phrase qui sera, n’en doutons point, reprise ce vendredi matin par toute la presse. Cette manière de transformer des expériences de laboratoire en recettes miracles pour les maux de l’économie et les souffrances de la planète est devenu le mode principal de communication autour de la science. Au détriment à la fois de l’analyse des travaux de recherche et de la capacité des citoyens et de leurs représentants d’évaluer les travaux et d’en tirer les conséquences politiques.

En réalité, l’expérience est plus modeste… et plus inquiétante. Il s’est agit de synthétiser un chromosome dont le code a été écrit par ordinateur, de le construire en s’aidant de levures, de l’introduire ensuite dans une cellule, et de le retrouver après la division de cette cellule. Pour vérifier cela, des « filigranes » ont été introduits dans le code du chromosome par l’équipe de Craig Venter.

La synthèse d’ADN a été réalisée pour la première fois au début des années 1970 par Har Gobin Khorana, et comportait 207 paires de bases. En 2002, Eckard Wimmer indiquait avoir recréé un virus de la polio. On a depuis recréé l’ADN du virus de la grippe espagnole de 1918, et amélioré les techniques mises en oeuvre. On peut dorénavant commander des séquences ADN par email. Il existe près de 40 entreprises de synthèse génomique, dont 2 en France. Ce qu’apporte l’expérience du J. Craig Venter Institute tient dans l’amélioration des techniques de construction du chomosome et dans la capacité de le retrouver après division en lui permettant de prendre le contrôle de la cellule. Pour David Baltimore, éminent généticien du Caltech, cité par le New York Times, il n’y a pas eu de création de la vie, mais une recopie. Un travail technique dont il reconnaît par ailleurs la qualité, mais qui lui semble loin des superlatifs employés par l’équipe de Craig Venter pour « vendre » son expérience.

Car « vendre » est bien l’objectif final de la recherche en biologie synthétique. Craig Venter a d’ailleurs pris les devants, en déposant en mai 2007 un brevet aux Etats-Unis (sous le numéro d’application 20070122826) et un brevet international (PTO WO2007047148). Dans celui-ci il souhaite devenir propriétaire des techniques de construction d’un ensemble « minimal » d’ADN susceptible de se répliquer à l’image du vivant. Il revendique de même les processus de production d’hydrogène et d’éthanol qui pourraient être obtenus par des techniques similaires. Nous sommes loin de la recherche visant à « comprendre la nature » et expliquer les phénomènes biologiques, mais bien dans la course en avant pour des applications susceptibles de faire frétiller les investisseurs du capital-risque (bénéfices immédiats pour les chercheurs et leurs entreprises) et éventuellement de contrôler ultérieurement les retombées économiques ou financières dans la bulle spéculative qui se construit autour du marché du carbone. Dans cette course sans contrôle, l’équipe de Craig Venter est associée à Synthetic Genomics Inc, une entreprise elle aussi dirigée par Craig Venter, appuyée par le gouvernement des Etats-Unis, dont le Secrétaire d’Etat à l’Energie Steven Chu est un fervent partisan de la biologie synthétique. Une entreprise en partenariat avec les pétroliers Exxon Mobil et BP, dont on peut admirer actuellement dans le Golfe du Mexique la capacité à mettre en oeuvre des techniques sans risque !

Même si la production d’hydrocarbure par des bactéries pilotées par un ADN calculé par ordinateur n’est pas pour demain, le principe même de telles études, organisées par des objectifs financiers et agissant comme divertissement médiatique aux problèmes actuels de la planète et de la société peut être mis en cause.

Car les risques sont majeurs. On peut les regrouper en trois catégories : l’usage pour fabriquer des armes (armes biologiques et bioterrorisme), les risques pour les employés des laboratoires en contact avec des virus extrêmement pathogènes, et les risques engendrés par le relâchement accidentel dans l’environnement d’organismes issus de la biologie synthétique. La course industrielle actuelle, mais aussi les guerres d’égo des chercheurs impliqués, plaident pour une réflexion démocratique globale sur l’opportunité, la balance risques/bénéfices et les conditions d’une telle recherche. Il n’est pas possible de laisser aux seuls chercheurs du domaine considéré la décision. Ni de les laisser vendre, sur-vendre et faire briller à coup de strass médiatique des promesses dont on peut largement douter de la crédibilité.

Dans cette réflexion, n’oublions jamais les volontés prométhéennes d’une partie de la communauté scientifique, et particulièrement au sein des mavericks de la génomique qui sont à l’origine de la publication de ce jour. Aux journalistes qui lui demandaient s’il n’avait pas le sentiment de jouer à Dieu, Hamilton O. Smith, prix Nobel, actionnaire de Synthetic Genomic Inc., et l’un des signataires de l’article de Science, répond de sa blague favorite « Nous ne jouons pas ». Le code génétique utilisé pour l’expérience publiée aujourd’hui comporte, ce qu’on nous demande évidemment de prendre au second degré, des marques permettant de tracer le chromosome, et parmi celles-ci cette citation du philosophe Felix Adler reprise à partir du livre « American prometheus », biographie de l’inventeur de la bombe atomique Oppenheimer : « See things not as they are, but as they might be »

Car au fond, c’est bien une logique prométhéenne qui se répand dans la recherche aujourd’hui : une volonté de « réparer la machine-terre », depuis sa structure globale par le « géo-engineering » jusqu’à la nano-matière, en passant évidemment par la « maîtrise » du vivant. La nature n’est plus le modèle unique et singulier que la science doit interpréter, mais une simple singularité que les ingénieurs doivent améliorer…. et si possible au nom de la « liberté du chercheur », c’est-à-dire sans que les sociétés civiles ne puissent s’emparer ni des décisions d’orientation de la recherche, ni de l’évaluation des conséquences tant sur l’environnement naturel que sur les fondements sociaux… et même philosophiques avec cette quête extrême du pouvoir sur le vivant.

Trop souvent les chercheurs de ces disciplines duales (qui sont grosses de risques énormes au nom de bénéfices relevant de la promesse) souhaitent régler « entre-eux » et avec les entreprises spécialisées de leurs secteurs les questions éthiques et de sécurité. C’est ainsi dans le droit fil de la fameuse Conférence d’Asilomar de 1975 sur les biotechnologies que se sont tenues en mai 2006 la conférence « Synthetic Biology 2.0 » à Berkeley, et plus récemment en avril 2010 une conférence Asilomar 2 concernant le géo-engineering. Dans tous les cas, on invite des philosophes pour parler de règles éthiques faisant croire en la « responsabilité » des acteurs… pour mieux définir en dehors du regard public, et entre « partenaires » investis dans les mêmes rapports d’argent et de pouvoir, les règles d’auto-régulation qu’ils souhaitent s’auto-appliquer.

C’est pour cela que de nombreuses associations de la société civile, suivant la très influente association ETC Group, ou en France la Fondation Sciences Citoyennes, souhaitent organiser des débats mondiaux pour éviter que ne soit ouverte la boîte de Pandore. Le Forum mondial Sciences & Démocratie, dont la seconde édition se tiendra à Dakar en février prochain, devrait aborder ces questions essentielles. Car les technologies en jeu définissent un cadre global pour la société de demain, en faisant tourner au dessus de la tête de tous les citoyens du monde une épée de Damoclès excessivement tranchante. C’est en octobre 2004 déjà qu’un éditorial de la revue scientifique Nature précisait : « Si les biologistes sont sur le point de synthétiser de nouvelles formes de vie, l’étendue des désatres qui pourraient être provoqués volontairement ou par inadvertence sont potentiellement immenses ».

Les politiques scientifiques, les décisions de recherche, le contrôle des pratiques des laboratoires et des entreprises et enfin le refus d’une appropriation des connaissances par des brevets, véritable stratégie permettant une réelle indépendance pour une science susceptible de se pencher sur les problèmes des sociétés et de tous leurs membres, doivent rapidement venir s’inscrire dans l’agenda et les réflexions des citoyens et des décideurs politiques.

Hervé Le Crosnier Université de Caen              Caen, le 20 mai 2010

Synthia est bien vivante et elle est parmi nous : panacée ou boîte de Pandore ? – ETC Group http://www.etcgroup.org/en/node/5143

Site de l’initiative française du Forum Mondial Sciences et Démocratie : http://fmsd-france.org

Site international du Forum Mondial Sciences et Démocratie : http://sdwf-fmsd.org

 Reproduction autorisée avec la mention http://sciencescitoyennes.org/spip.php?article1834 © Sciences Citoyennes 20102010

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Jean-Pierre Dupuy: « Je parie que bien avant que l’humanité périsse dans un feu d’artifice nucléaire ou noyée par la montée des océans, elle sera déjà morte de débilité profonde, si jamais ce scientisme primaire venait à faire des émules »

 

Nagasaki 9 Août 1945 – 9 Août 2015 et le Très Grand Crime se poursuit

70 ans et quelques jours après : le techno-fascisme en remet une couche, les gouvernements n’ont vraiment que faire de leur population.
Shinzo Abe poussé par sa vanité et le lobby atomique US et autres français membres de l’AIEA redémarre une centrale nucléaire (Sendaï). (pour donner du travail aux ouvriers…). et malgré l’opposition de la majorité du peuple japonais qui ne se laisse pas abuser par la propagande infecte.

Shinzo Abe comme les autres membres des gouvernements déteste les japonais et enfonce le Japon vers sa fin: http://info.arte.tv/fr/le-japon-redemarre-la-centrale-nucleaire-de-sendai

 

Alors que toutes les preuves de l’imposture nucléaire s’amoncellent tous les jours. (PJ C.Busby traduction HE Hannes pour www.independentwho.org et les amoureux de la vie)

Réaction de C. Busby à un article paru dans « The Lancet »fichier pdf BUSBY Hiroshima Déf.

 

Il y a 70ans, un rare « homme révolté »:

http://www.humanite.fr/albert-camus-sur-hiroshima-leditorial-de-combat-du-8-aout-1945-580990

Albert Camus sur Hiroshima. L’éditorial de Combat du 8 août 1945

ALBERT CAMUS (1913-1960)

Mercredi, 5 Août, 2015

 

« Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la

radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

 

On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en

dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences

politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou

l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

 

En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d’aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d’idéalisme impénitent, ne songera à s’en étonner.

Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu’elles sont, annoncées au monde pour que l’homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d’une littérature pittoresque ou humoristique, c’est ce qui n’est pas supportable.

Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu’une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d’être définitive. On offre sans doute à l’humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d’une édition spéciale. Mais ce devrait être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

Au reste, il est d’autres raisons d’accueillir avec réserve le roman d’anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le

rédacteur diplomatique de l’Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu’il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

Qu’on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d’Hiroshima et par l’effet de l’intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d’une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d’une véritable société internationale, où les grandes puissances n’auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l’intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »

 

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Désolé de déranger encore avec ces commémorations mais on dit toujours

qu’il faut insister avec l’ histoire (cachée) pour ne pas la revivre (« revivre » si on peut s’exprimer ainsi…)

 

Capté sur http://www.film-documentaire.fr/La_Face_cach%C3%A9e-Hiroshima.html,film,35511

Un film de Kenichi Watanabe2011 – France – 87 minutes – HD

La catastrophe de Fukushima éclaire d’un jour nouveau l’histoire du nucléaire : le Japon a été deux fois victime de l’atome, à 66 ans d’intervalle. Le 6 août 1945 : la première bombe atomique de l’Histoire détruit une ville entière en quelques secondes. Avec la bombe au plutonium lâchée sur Nagasaki 3 jours plus tard, l’humanité entre dans l’ère nucléaire. L’histoire officielle, écrite après-guerre par les autorités américaines, est celle du « Mal nécessaire » : il fallait utiliser la bombe pour terminer la guerre. Mais derrière la version des manuels scolaires et des films de propagande se cache une autre histoire.

« La Face cachée de Hiroshima » revient sous un angle inédit sur les premières explosions atomiques de l’Histoire de l’humanité, Hiroshima et Nagasaki. Il propose une immersion historique saisissante depuis les coulisses du Projet Manhattan jusqu’aux recherches secrètes menées au Japon, pendant plusieurs décennies, sur les effets de l’irradiation. Le fil conducteur est l’histoire fascinante des scientifiques qui ont conçu la bombe nucléaire dans le plus grand secret, en concluant un pacte avec les militaires et les industriels, une relation qui va mener le monde au feu atomique. Ce film d’investigation raconte l’entrée du monde dans l’ère nucléaire en se basant sur une collection unique d’archives américaines et japonaises.

Commémorations :

- 31 juillet 1977 à Malville : Vital Michalon est assassiné par la police

https://rebellyon.info/31-juillet-1977-a-Malville-Vital-Michalon

 

- 31 Juillet 1914 à Paris : Jean Jaures est assassiné par un Vilain

« Le capitalisme vert porte en lui la guerre kaki comme la nuée l’orage »

 

2015 : Déclaration socialiste : « Mon adversaire c’est la finance » :

ce à quoi on pourrais rajouter :  Oui mais l’ennemi ?

Réponse : « L’ennemi, c’est le faux socialiste. »

 

- du 6 au 9 Août 1945 Hiroshima Nagasaki : début de l’holocauste de la

contamination interne qui dure toujours avec son déni des États droit-

de- l’hommiste, ces monstres froids.

brevets :http://www.bellaciao.org/fr/spip.php?article146986

 

et droits d’auteur de « La face cachée de Hiroshima » https://www.youtube.com/watch?v=z4eP-ocVDBo

remis en ligne en mars 2015 par une bonne âme: https://www.youtube.com/watch?v=s35t9OJBig8

Car la véritable histoire décrite ici laisse à désirer… http://www.arte.tv/guide/fr/054197-000/hiroshima-la-veritable-histoire

Actualités :

- la perle nucléaire de l’été :

http://www.contrepoints.org/2015/07/26/215583-lettre-ouverte-aux-journalistes-du-monde-detracteurs-du-nucleaire

 

- Le feu nucléaire du printemps :

http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-a-Tchernobyl-la-radioactivite-remise-en

 

- Le nucléaire français dans la situation TAFTAïenne actuelle :

http://www.huffingtonpost.fr/corinne-lepage/accord-edf-areva_b_7923328.html

 

Des bouquins pour la plage :

  • Toxique planète (André Cicolella)

- L’Événement Anthropocène (C.Bonneuil-JB.Fressoz)

- Comment tout peut s’effondrer (Pablo Servigne-Raphaël Stevens)

 

Radio Plage- la demi-heure radioactive sur http://www.radiogalere.org/

https://youtu.be/zuaD6QPAgR4

http://independentwho.org/media/Audios_Videos/Alison_Katz_La_Demi_Heure_Radioactive_9_avril_2013.mp3

Au nom de tous les contaminés : Aidez

http://enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=pourquoi_aider.pdf

http://www.asso-henri-pezerat.org/hommage-a-roger-belbeoch/

http://www.asso-henri-pezerat.org/liens/

Autres articles sur l’étape importante du « Thanatocène » il y a 70ans; suite sur: fichier pdf NAGASAKHiroshima

 

BorisCyrulnikLacroixRizhommesAhommesBHommeC

Jardone206-7Jardone208-9

 

fichier pdf A.Grothendieck fichier pdf arretons la recherche  fichier pdf CelineLafontaine   fichier pdf laScienceAsservie

fichier pdf laScienceEnLibertéSurveillée    fichier pdf Les entrepreneurs de la biologie synthétique

fichier pdf A_h_le_nanomonde_5

fichier pdf Contre_le_crime_industriel     fichier pdf 1957RapportOMSavantmainmise lobbiNucCopie

fichier pdf 2008.MycleSchneiderLenucléaire-en-francecopie       fichier pdf 2008MichelFERNEXconferenceChernobylLYONcopie

fichier pdf 2011.BusbyFukushimarecommandationcopie            fichier pdf 2011BANDAJEVSKI_ent._Fev_2011_et_Mars_2011_sept11

fichier pdf PECTINEgalina_bandazhevskayaNesterenkoCopie      fichier pdf La dangereuse imposture nucléaire

Sternglass1

Le Crime de Tchernobyl  fichier pdf LES INSTITUTIONS DE L’IGNORANCE

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Les OGM aussi viennent de la guerre via l’industrie de la chimie.

OGM exemple du procès de Colmar Faucheurs Volontaires contre « une partie de l’ »INRA :

à télécharger:

http://isyeb.mnhn.fr/IMG/pdf/COLMAR_La_RECHERCHE_en_PROCES_2.pdf

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Les armes nucléaires et l’illusion de la sûreté

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/070114/les-armes-nucleaires-et-lillusion-de-la-surete

07 janvier 2014

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Guerre et paix… et écologie Les risques de militarisation durable

Ben CRAMER

http://www.lesdedicaces.com/dedicace/rencontre-avec-ben-cramer-a-la-librairie-dialogues-a-brest

fichier odt guerredurableeco

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FASCISME & GRAND CAPITAL

Daniel Guérin

http://laboratoireurbanismeinsurrectionnel.blogspot.fr/2015/12/guerin-fascisme-grand-capital.html

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Clément Wittman Lettre ouverte au président

15 Octobre 2013

fichier odt CRIME CONTRE L HUMANITE _HOLLANDE 15 OCTOBRE 2013-3

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