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Terre d’amour et surtout de feu

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Novembre 2017

http://www.ujfp.org/spip.php?newsletter5382

Communiqué de l’UJFP : Jabal al-Baba ou la bataille de Palestine

Le sionisme n’est pas une idéologie statique, achevée avec la création de l’État d’Israël en 1948. Comme tout colonialisme, il est surtout mouvement. Sa pierre angulaire, en pratique et sans faux-semblants, est contenue dans cette phrase simple : « s’emparer d’un maximum de terres avec le moins d’Arabes dedans ». L’actualité brûlante de la menace d’expulsion qui plane sur le village de Jabal al-Baba le rappelle amèrement. C’est toute une communauté qui est menacée.

Jabal al-Baba se situe au cœur de la zone dite E1 (Est 1) qui s’étend du nord-est de Jérusalem au bloc de colonies Maale Adumim, en Cisjordanie. La convoitise des autorités israéliennes pour ce territoire qui, une fois accaparé, leur permettrait de rattacher le bloc de colonies à Israël, n’est pas nouvelle [1]. Dès 2004, le ministère du logement lança un plan de construction de plusieurs milliers de logements réservés aux Juifs, en contradiction évidente avec le droit international. Tellement évidente qu’il dut faire machine arrière sous la pression internationale. A peine un an plus tard, la municipalité de Maaale Adumim a repris peu ou prou le plan de construction, s’attirant – une fois n’est pas coutume – les foudres conjointes de l’Union européenne et des États-Unis. Le plan fut gelé…mais pas abandonné. Le prétexte pour le faire sortir de l’étagère où il semblait prendre la poussière fut tout trouvé avec les offensives diplomatiques du Président de l’Autorité palestinienne visant à faire reconnaître l’État de Palestine en 2012.

La stratégie des gouvernements israéliens qui se sont depuis succédé au pouvoir n’a pas bougé d’un iota : c’est celle dite de « la réalité sur le terrain », qui ne répond qu’à la seule logique de la loi du plus fort. Il s’agit de construire le plus de logements possible dans la zone E1 pour justement la rendre non négociable, au mieux tout juste bonne à brader contre un territoire du nord d’Israël peuplé presqu’exclusivement de Palestiniens et à l’importance stratégique bien moindre. Car avec E1, c’est la continuité territoriale entre la Cisjordanie et Jérusalem qui est en jeu. Si les Israéliens s’en emparent, ils feront d’une pierre deux coups : ils sécuriseront le contrôle qu’ils exercent sur l’intégralité de Jérusalem tout en empêchant de fait la possibilité même d’un État palestinien.

Et tout cela, les habitants de Jabal al-Baba le savent très bien, eux qui vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de leurs têtes depuis le 16 novembre dernier, date à laquelle ils ont reçu l’ordre militaire d’expulsion. La résistance s’organise, mobilisant tout le village et une petite centaine de personnes solidaires de leur lutte contre leur dépossession. Bien sûr, rien de nouveau ne se joue ici. Bien des villages palestiniens ont déjà été détruits, vidés de leurs populations et remplacés par des logements réservés aux colons. Mais la localité stratégique de celui-ci en fait un symbole : celui de la lutte contre l’arrachement de Jérusalem à la Palestine. Si la communauté internationale, toujours si prompte à défendre une solution à deux États pourtant bien moribonde depuis l’échec patent des accords d’Oslo, ne condamne ni ne sanctionne, alors le rouleau compresseur israélien achèvera d’imposer la « solution » d’un seul État d’apartheid.

L’UJFP tient à apporter sa solidarité pleine et entière aux habitants de Jabal al-Baba qui, en luttant pour leur droit à vivre sur leur terre, mènent la bataille de Palestine.

Le Bureau national de l’UJFP, le 29 novembre 2017

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rudolf-bkouche

http://www.ujfp.org/spip.php?article5112

Sionisme et fascisme

mardi 30 août 2016 par Rudolf Bkouche

Rudolf Bkouche, membre de l’UJFP, exprime ici ses positions sur la question « sionisme et fascisme » en réaction à un article de Shlomo Sand paru dans Haaretz dont la traduction française a été publiée sur notre site

« La démocratie est notre roc et le seul fondement de notre croissance. Mais nous devons tenir compte d’un principe supérieur à ceux de la démocratie : la construction d’Eretz-Israël par le peuple juif » [1]

Dans un article récent publié dans Haaretz, Shlomo Sand pose la question de ce que certains appellent la fascisation d’Israël. Sand réfute cette fascisation tout en terminant son article par cette remarque que l’on peut considérer comme un appel au secours :

« S’il n’y a pas de danger de fascisme, la situation est-elle bonne pour autant ? Non. Nous sommes dans une situation dangereuse qui peut dégénérer par l’expulsion de certains des habitants des territoires, et même, face à la sérieuse résistance armée, en actes de massacre de masse.

Ce labyrinthe dans lequel Israël est tombé à partir de l’étape de la colonisation qui a commencé en 1967, semble conduire à une impasse. Il ne semble pas qu’une force politique existe qui puisse sauver la situation. Tout ce qui reste à espérer est que le monde va nous sauver de nous-mêmes. »

L’article montre avec raison que la politique envers les Palestiniens est restée la même depuis que la droite a remplacé le parti travailliste aux rênes de l’Etat, que le gouvernement de droite pratique la même politique que les sionistes de gauche qui ont fondé l’Etat et que les colons religieux se comportent comme les colons sionistes socialistes.

Mais peut-on pour autant parler de fascisme ? Sand répond « non » à cette question. D’une certaine façon il a raison si on restreint le terme « fascisme » à la seule idéologie développée en Italie par Mussolini. C’est cela qui lui permet de distinguer le nazisme et le fascisme et de critiquer ceux qui, pour des raisons diverses, tendent à identifier les deux idéologies.

Sand admet pourtant un point commun à ces deux idéologies, le nationalisme, lequel était « le combustible le plus important pour alimenter le nazisme et le fascisme », même s’il explique ensuite que ces mouvements ont été différents, précisant

« Le nationalisme fasciste peut avoir été agressif et violent, mais il était net, politique et semblable à bien des égards au jacobinisme français. »

Mais ne peut-on pas dire du nazisme qu’il était net et politique ? Quant au lien avec le jacobinisme français, on peut le retrouver autant dans le nazisme que dans le fascisme dans la me-sure où ces deux mouvements, à l’instar du jacobinisme, ont mis en avant le rôle de l’Etat contre les régionalismes, avec cependant une différence fondamentale, le jacobinisme français se présente comme un universalisme dans la tradition des Lumières alors que nazisme et fascisme sont essentiellement des formes de nationalisme extrême au sens qu’ils placent la nation au-dessus de tout.

Le point commun entre le fascisme et le nazisme est leur nationalisme extrême, une façon de pousser à la limite la notion d’Etat-nation théorisée par Herder, y compris en s’appuyant sur les mythes fondateurs, le lien avec la nation romaine antique pour le fascisme italien, le lien avec les mythes germaniques pour le nazisme allemand.

Que vient alors faire le sionisme dans cette histoire ? Si, comme le dit Sand, « l’ethnocentrisme juif se révèle chaque jour plus brut et plus dégoûtant », la question reste de définir ce qu’est cet ethnocentrisme juif, question que Sand ne pose pas. Qu’est-ce qui fonde cet ethnocentrisme juif ? Quelle relation entre cet ethnocentrisme juif et le sionisme ?

Il faut bien ici revenir à la source du sionisme, à savoir la théorie de l’Etat-nation selon Herder. Le sionisme est un mouvement juif au sens où il a été inventé puis porté par des Juifs, mais ce n’est pas un mouvement juif au sens où il ne relève pas de la tradition juive au sens religieux du terme. Le sionisme a été inventé par un groupe d’intellectuels juifs qui ont cherché une réponse à l’antisémitisme européen ; nourris de culture européenne bien plus que de tradition juive, ils ont cherché une réponse dans les idéologies qui traversent l’Europe du XIXe siècle, parmi lesquelles les Lumières et les conceptions nationales de Herder. En fait le sionisme a tenté une synthèse entre deux idéologies antinomiques, d’une part l’universalisme des Lumières et d’autre part le nationalisme façon Herder, nationalisme qui repose sur deux principes fondamentaux, la terre et la langue. Comme l’écrit l’un des responsables du mouvement sioniste, Jacob Klatzkin, rédacteur en chef du journal du mouvement Die Welt

« Dans le passé il y avait deux critères au judaïsme : celui de la religion, selon quoi le judaïsme est un système de commandements positifs et négatifs, et celui de l’esprit, qui considérait le judaïsme comme un complexe d’idées, tel que le monothéisme, le messianisme, la Justice absolue, etc.
En opposition avec ces deux critères qui font du judaïsme une affaire de croyance, un troisième est maintenant apparu, celui d’un nationalisme conséquent. Selon lui, le judaïsme repose sur une base objective : être juif ne signifie pas l’acceptation d’une croyance religieuse ou éthique. Nous ne sommes pas plus une dénomination qu’une école de pensée, mais les membres d’une famille porteurs d’une histoire commune…
La définition nationale aussi exige un acte de volonté. Elle définit notre nationalisme sur deux critères : une association dans le passé et la volonté consciente de poursuivre une telle association dans le futur…
Elle refuse de définir le Juif comme quelque chose de subjectif, comme une foi, mais préfère le définir sur quelque chose d’objectif, sur la terre et la langue… » [2]

Mais langue et territoire n’existent pas pour la nation juive, et Klatzkin ajoute :

« Mais notre terre n’est pas la nôtre et notre langue n’est pas aujourd’hui la langue de notre peuple. Oui, ce sont là des accomplissements qui doivent être réalisés par notre mouvement national. »

Ainsi la renaissance de la nation juive implique une double conquête : conquête de la langue, ce sera l’hébreu moderne, conquête de la terre, ce sera la conquête de la Palestine.

Le mouvement sioniste s’est divisé en deux tendances, d’une part le territorialisme animé par Israël Zangwill, qui propose de chercher « une terre sans peuple pour un peuple sans terre », tâche il est vrai impossible mais, dans la vision coloniale de l’époque, une terre non habitée par des Européens était considérée comme une terre sans peuple, d’autre part la volonté de construire l’Etat juif sur la terre ancestrale. C’est cette seconde tendance qui l’a emporté, ce qui a transformé le mouvement sioniste en mouvement de conquête de la Palestine avec la volonté de remplacer la population palestinienne par une population juive, exemple classique de ce qu’on appelle la « purification ethnique ». Ainsi l’universalisme des Lumières disparaissait derrière le fondamentalisme historique, le nouvel Eretz Israël devant continuer l’antique nation hébreu. C’est ainsi que, loin de considérer la création de l’Etat d’Israël comme un moment particulier de l’Histoire des Juifs, c’est cette dernière qui a été intégrée dans l’Histoire d’un Israël qui serait éternel .

Si, comme le dit Sand dans l’article cité, il faut savoir se méfier des analogies, reste qu’on peut considérer le sionisme comme l’une des formes extrêmes du nationalisme à la Herder. Si la comparaison avec le fascisme et le nazisme pose problème, on peut cependant noter les points de ressemblance entre ces trois formes extrêmes qui magnifient la nation et nous pouvons renvoyer à la phrase de Ben Gourion citée en exergue. La question est donc moins de dire si Israël est un Etat fasciste ou en voie de fascisation que de noter ce qui dans le sionisme ressemble au fascisme et au nazisme.

Notons d’abord le recours à l’Histoire. Pour le sionisme, comme nous l’avons remarqué ci-dessus, ce n’est pas l’Etat d’Israël qui s’inscrit dans l’histoire des Juifs, c’est l’histoire des Juifs qui s’inscrit dans l’histoire de l’Etat d’Israël et comme l’a écrit Henri Baruch

« L’Etat d’Israël est obligatoirement inscrit dans l’histoire juive, c’est-à-dire l’histoire du monothéisme hébreu »

On retrouve ici la vision hégélienne de l’Histoire mais il ne faut pas oublier que la conception hégélienne s’inscrit dans une vision biblique, l’Histoire comme dessein de Dieu ; de façon précise Hegel écrit :

« L’Histoire n’est rien d’autre que le plan de la Providence divine »

On peut considérer le sionisme comme l’une des dernières idéologies hégéliennes avec son côté eschatologique. C’est le sens du choix de la Palestine pour construire l’Etat juif en continuité avec le roman national biblique, car la Bible est à la fois l’acte de naissance du monothéisme et l’acte de naissance d’un peuple, les Hébreux, le personnage de Moïse incarnant ce mélange de religieux et de politique. C’est cet aspect « roman national » qui a marqué le sionisme, mouvement laïque, voire antireligieux , et qui a conduit à ce qu’on peut appeler une lecture laïque de la Bible hébraïque.

Il est vrai que cet appel à l’Histoire pour conforter le sentiment national n’est pas l’apanage du nationalisme extrême et Marc Ferro a montré dans ses ouvrages comment les Etats instrumentalisaient l’Histoire. Reste que cette instrumentalisation a conduit souvent au culte de la nation et que ce culte de la nation est l’un des éléments du nationalisme extrême tel qu’il s’est développé sous ces trois formes que sont le fascisme, le nazisme, et le sionisme.

C’est cette inscription dans l’histoire des Juifs qui a pu légitimer la « purification ethnique » que constitue la Nakba au moment de ce que les sionistes appellent la guerre d’indépendance et qui se poursuit aujourd’hui avec ce qu’on appelle la « colonisation« , laquelle n’est que la continuation de l’annexion de la terre palestinienne par Israël.

Enfin, si on doit parler d’Apartheid, il faut souligner la différence avec l’Apartheid d’Afrique du Sud. Ce dernier était un Apartheid de domination, les Blancs voulant dominer les Noirs pour mieux les exploiter. L’Apartheid israélien a pour objectif d’amener les Palestiniens, qu’ils aient ou non la citoyenneté israélienne, à quitter à terme la Palestine pour laisser la place libre à une population exclusivement juive
En ce sens, autant par le recours à l’histoire que par la politique de purification ethnique et d’Apartheid, le sionisme a des ressemblances avec les deux autres formes extrêmes du nationalisme. Dire ou refuser de dire que l’Etat d’Israël est fasciste ou en voie de fascisation n’est qu’une question de choix des mots, ce qui importe, c’est la politique qui est menée à l’encontre des Palestiniens et Sand n’ose pas aller jusqu’au bout.

Il est vrai que, au delà du discours de Sand, le discours sur les gouvernements israéliens qui seraient de plus en plus à droite laisse entendre une politique de plus en plus dure envers les Palestiniens et permet d’oublier ce qu’était la politique de la gauche israélienne depuis la création de l’Etat . S’il y a des ressemblances avec le fascisme, elles étaient déjà présentes dès les débuts de l’Etat, et la déclaration de Ben Gourion placée en exergue, montrent qu’elles se sont manifestées tout au long de l’histoire du sionisme.

Il faudrait ajouter ici une spécificité du sionisme. Alors que les deux autres formes de nationalisme extrême, le fascisme et le nazisme, se sont développées dans les pays concernés, l’Italie et l’Allemagne, pays dans lesquels chacune d’elles affirmait représenter les autochtones, les droits historiques soutenus pas ces idéologies étant présentés comme ceux des populations de ces pays, le sionisme s’est donné pour premier objectif, au nom de la brumeuse notion de droits historiques, de reconstruire l’Etat dans une antique patrie et ce au prix de la (re)conquête de cette patrie et de l’expulsion de la population, ce qu’on pourrait résumer sous la forme : il fallait changer d’autochtones. Ainsi a fonctionné le sionisme.

Pour terminer nous aborderons deux points sur le sionisme et le fascisme.
Le premier point porte sur l’aspect colonial du sionisme. Si le sionisme présente des liens avec le colonialisme, on peut considérer que ces liens sont liés aux circonstances. Herzl avait déjà pressenti que la conquête de la Palestine pour y construire l’Etat juif exigeait des alliances, alliance avec l’Empire Ottoman comme il l’a essayé lors de son entrevue avec le sultan, alliance avec les puissances, essentiellement l’Allemagne et la Grande Bretagne. Ce sont ces tentatives qu’il raconte dans son Journal. On peut considérer que son argument d’un Etat juif en Palestine bastion de la civilisation contre la barbarie est un argument de circonstance pour convaincre les puissances européennes de soutenir son projet. Mais le projet est essentiellement un projet national, il s’agit de reconstruire en Palestine l’ancien Etat juif décrit par la Bible nonobstant le fait que la Palestine est habitée. Contrairement au projet colonial, le sionisme ne s’appuie sur aucune métropole et, comme l’expliquent certains sionistes, le projet n’a pas pour objectif d’exploiter les populations indigènes ; ce que ces sionistes oublient de dire, c’est que le projet implique l’expulsion des populations indigènes pour les remplacer par des populations juives. Projet exclusivement national et c’est en cela qu’il est plus proche des idéologies fascistes que du projet colonial.

Ce qui a placé le projet sioniste dans la mouvance colonialiste, c’est l’alliance avec la Grande Bretagne scellée par la Déclaration Balfour. La Grande Bretagne qui espérait, après la première guerre mondiale, contrôler le Moyen-Orient arabe, voyait l’installation d’une population européenne en Palestine comme un avantage et les sionistes trouvaient dans cette alliance avec une grande puissance le moyen de réaliser leur objectif, alliance qui allait montrer ses limites lorsque la Grande Bretagne découvrait que le sionisme pouvait lui poser des difficultés et cherchait à le contrôler. Mais cette alliance était bien plus une alliance de circonstance qu’une alliance idéologique, même si elle l’est devenue par la suite. A la suite du conflit entre les sionistes et la Grande Bretagne, deux autres puissances allaient offrir leur soutien au mouvement sioniste et au jeune Etat d’Israël, les Etats-Unis et l’Union Soviétique, chacune d’elles espérant prendre la relève de la Grande Bretagne dans le contrôle du Moyen Orient arabe. Pour des raisons à la fois idéologiques et stratégiques, l’Etat d’Israël allait choisir le camp occidental mais l’objectif sioniste restait le même, la conquête de la terre palestinienne ; en ce sens le sionisme reste l’une des formes extrêmes du nationalisme à la Herder jusqu’à encore aujourd’hui comme le montre la poursuite de la conquête de la terre palestinienne via ce que l’on appelle « la colonisation ».

L’autre point porte sur la façon de parler du fascisme. Il y a deux façons de parler du fascisme et du nazisme, une façon morale et une façon politique.
La façon morale insiste sur l’aspect malfaisant du fascisme, la lutte contre le fascisme devenant moins une lutte politique qu’une action du Bien contre le Mal. Mais aussi sympathique puisse être la façon morale, elle est insuffisante pour comprendre les phénomènes historiques que sont le fascisme et le nazisme. Le sentiment d’horreur provoqué par le nazisme a contribué à restreindre trop souvent les analyses du nazisme à une condamnation. Et le fait que les Juifs aient été victimes du nazisme a conduit certains à considérer comme indécent qu’on puisse comparer des crimes commis par des Juifs à des crimes nazis. Comme souvent, les bons sentiments peuvent annihiler le jugement. On oublie ainsi l’Histoire, réduisant celle-ci à une question de Bien et de Mal . Parler des ressemblances entre les trois formes de nationalisme extrême que sont le fascisme, le nazisme et le sionisme devient ainsi indécent. C’est en partie ce qui anime Sand dans son refus de parler des ressemblances entre le sionisme et le fascisme ou le nazisme. Bon historien, Sand se montre un piètre idéologue comme s’il devait se protéger . Il est vrai qu’il est plus facile de dénoncer la supposée invention du peuple juif par les sionistes que de chercher à comprendre comment un mouvement comme le sionisme a pu devenir important ; il est vrai aussi que la dénonciation du sionisme comme mouvement colonial semble plus acceptable que de mettre en avant la face sombre d’un mouvement nationaliste juif montrant les ressemblances entre ce mouvement et les formes extrêmes du nationalisme de l’Etat-nation. Difficile d’échapper au manichéisme, lorsqu’on parle d’Histoire. Sans oublier que cette façon morale d’aborder le fascisme allait rapidement conduire à transformer le terme « fasciste » en une insulte ce qui ne pouvait qu’obscurcir la notion et s’opposer à sa compréhension comme phénomène historique.

La façon politique, quant à elle, permet de revenir sur les raisons qui ont mené au fascisme et parmi ces raisons le nationalisme joue un rôle essentiel. Il faut alors distinguer entre les deux faces du nationalisme, d’un côté le nationalisme des opprimés qui, s’appuyant sur le symbole de la nation, cherchent à se libérer, de l’autre le nationalisme des oppresseurs qui voient dans la défense de la nation le moyen de conserver leur domination ; mais cette distinction ne saurait faire oublier que la frontière entre ces deux faces est floue et qu’une nation qui se libère peut à son tour devenir un oppresseur. On peut considérer que c’est le cas du sionisme ; réaction contre l’antisémitisme européen, le sionisme s’est voulu mouvement de libération nationale, ce qu’il aurait pu être, mais le choix de construire l’Etat juif en Palestine et d’en expulser les habitants a fait du sionisme un mouvement oppresseur.
Il est vrai que devant les agissements du sionisme, on peut prendre une attitude morale comme le fait Sand lorsqu’il déclare qu’il ne veut plus être juif, ce qui montre non seulement une incompréhension d’une question qu’il trouve insupportable, mais une façon de se protéger. Il est vrai qu’il est insupportable de voir un mouvement de révolte contre une oppression se transformer en un mouvement oppresseur. C’est peut-être cela qui a fait le succès de Sand ; lorsqu’il a déclaré que le peuple juif n’était qu’une invention sioniste, il a soulagé ceux qui avaient peur, en soutenant la lutte des Palestiniens, d’apparaître antisémites. On avait donc une raison « scientifique » de soutenir les Palestiniens. Comme si l’injustice perpétrée contre les Palestiniens n’était pas une raison suffisante pour condamner le sionisme. Pourtant l’historien Sand devrait savoir que la transformation de mouvements de lutte contre l’oppression en mouvements oppresseurs et chose courante dans l’histoire.

Rudolf Bkouche

[1] Ben Gourion cité par Zeev Sterrnhell, Aux origines d’Israël (1996), p. 388

[2] cité par Yohannan Manor, Naissance du Sionisme Politique, préface par Annie Kriegel, Collection « Archives », Julliard, Paris 1981, p. 190

************************http://bellaciao.org/fr/spip.php?article152606

Rudolf Bkouche Bogève et Mégève

Disparition de Rudolf, notre ami

vendredi 9 décembre 2016 par le Bureau national de l’UJFP

La nouvelle du décès de Rudolf Bkouche, mardi 6 décembre au soir a été un choc pour nous tous à l’UJFP : deux jours plus tôt, le dimanche, des camarades l’avaient rencontré et avaient passé plusieurs heures à discuter, argumenter et plaisanter. Rien ne permettait de prévoir ce qui allait se passer : en bonne forme physique, Rudolf faisait des projets d’écriture et de voyage.

Rudolf avait rejoint l’UJFP il y a plus d’une dizaine d’années. Très vite, Rudolf est devenu une référence intellectuelle dans notre association, en particulier à travers nos discussions et ses nombreux articles dont la majorité, une trentaine ont été publiés sur notre site, http://www.ujfp.org/spip.php?auteur233

les plus récents dénonçant l’islamophobie montante et le philosémitisme d’État en France.

Son histoire personnelle – Rudolf est né dans une famille juive en Algérie où il a vécu la colonisation et ses conséquences – en a fait un homme qui s’est rapidement dressé contre l’injustice.

Dès 1974, avec des étudiants palestiniens de Lille, il fonde 1974 le Comité de Soutien à la Résistance Palestinienne devenu quelques années plus tard le Comité de Soutien au Peuple Palestinien.

Au début des années 1980, à l’Université de Lille dont il est professeur émérite de mathématiques, Rudolf s’attache à la défense des étudiants étrangers avec courage (menaces physiques et bureau saccagé par des militants d’extrême droite), s’engageant « naturellement » aux côtés des sans-papiers. C’est ce même combat pour la justice qui le fait adhérer à l’UJFP en 2002, contre ce qu’il appelle la conquête de la Palestine. Sa connaissance approfondie dans des domaines aussi variés que les sciences exactes, les religions, la philosophie ou l’histoire et sa puissance d’analyse ont enrichi notre association d’un apport immense.

Plus tard, se définissant comme Juif antisioniste, Rudolf rejoindra le réseau International Jewish Anti-Zionist Network (IJAN) à sa création puis, en 2014, il participera à la fondation du Collectif de Soutien à la Résistance Palestinienne (CSRP59).

Rudolf est coauteur avec Nabil El-Haggar de « Palestine-Israël », un ouvrage critique sur le sionisme (non encore publié).

Rudolf militait aussi pour un enseignement de qualité. Il a dirigé, avec Nabil El-Haggar, les 2 tomes de « A propos de la science » (éditions L’Harmattan) et a publié de nombreux textes « paramathématiques et parascolaires » que l’on peut retrouver sur le blog de Michel Delord.

Nous présentons nos condoléances à sa famille, à ses proches et à ses amis.

Rudolf, le mathématicien, l’Algérien, l’anticolonialiste, l’antisioniste, le Juif, le Métèque (il se désignait ainsi), ta présence chaleureuse et ta connaissance encyclopédique vont nous manquer !

Le Bureau national de l’UJFP le 09-12-2016

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http://www.ujfp.org/spip.php?article4264

Bons Juifs et mauvais Juifs

 

mercredi 24 juin 2015 par Rudolf Bkouche

 

Du philosémitisme affiché à un antisémitisme de facto de l’Etat français.

 

A propos de l’agression du RAID contre Pierre Stambul, Boniface parle d’antisémitisme et il a raison.

 

On a ainsi appris que pour les autorités il y avait deux sortes de Juifs, les « bons’, ceux qui soutiennent le sionisme et la politique israélienne et les « mauvais » ceux qui critiquent le sionisme et la politique israélienne.

 

Il est interdit, sous peine d’être accusé d’antisémitisme, de critiquer les « bons », et on sait que cela peut-être puni par la loi. Par contre il devient de bon ton d’agresser les « mauvais » et on sait que la police non seulement admet de telles agressions mais peut même y participer.

 

Depuis quelque temps un « canular » se développe, dont le responsable semble être un franco-israélien, ancien membre de la Ligue de Défense Juive, canular qui se traduit par un appel à la police signalant qu’une personne connue pour son soutien aux Palestiniens a tué sa femme. La police intervient comme il se doit et ne peut que constater qu’il n’en est rien. En général, le travail de la police s’arrête là.

 

Il y a pourtant eu un cas différent. La police reçoit un appel disant que Pierre Stambul, co-président de l’Union Juive Française pour la Paix, vient de tuer sa femme. Ici le scenario change. C’est le RAID, une unité d’élite destinée à combattre le grand banditisme et le terrorisme, qui intervient et qui, après avoir vérifié que la femme de Pierre est bien vivante, agresse Pierre, le menottant et le ligotant, et séquestre sa femme sous la menace d’une arme braquée contre elle. Puis Pierre est placé en garde à vue pendant plusieurs heures. Après le meurtre supposé de sa femme, on invente des caches d’armes. Le supposé canular devient ainsi une agression contre Pierre Stambul.

 

Le ministre de l’Intérieur, qui a reçu trois journalistes victimes du « canular », ne semble pas trop prendre au sérieux l’intervention du RAID. Au contraire, il se complaît dans la version du canular qui fournit un bon coupable. Celui-ci, qui s’est donné le nom d’Ulcan, vit en Israël ; on pourra demander au gouvernement israélien de l’extrader et tout finira bien. Il suffit donc d’attendre. L’affaire se réduit ainsi à une mauvaise plaisanterie.

 

Tout cela, n’est qu’une échappatoire. Cela évite de poser deux questions :

 

Pourquoi le RAID est-il intervenu là où il aurait suffit de simples forces de police, comme cela a eu dans les autres cas.

Pourquoi le RAID, constatant que l’appel était un faux, s’est-il acharné contre Pierre Stambul et l’a placé en garde à vue, comme s’il avait été pris en flagrant délit d’on ne sait quoi.

Ce sont pourtant ces questions qui importent.

 

Le ministre propose de s’excuser. Le fera-t-il ou non ? peu importe. Il ne s’agit pas d’excuses devant une bavure, il s’agit de savoir les raisons qui ont conduit d’abord à envoyer le RAID, ensuite à placer Pierre Stambul en garde à vue. C’est l’Inspection Générale des Services qui doit enquêter sur ce qui ne se réduit pas à une simple bavure. Sans une telle enquête, enquête qui doit établir les responsabilités de l’action du RAID, enquête qui dépasse l’hypothèse du « canular », on ne pourra que constater la volonté des autorités, qu’elles soient policières ou politiques, de laisser se développer l’antisémitisme lorsqu’il s’attaque aux Juifs qui critiquent le sionisme et la politique israélienne.

 

Mais il ne faut pas oublier de prendre en compte les sympathies sionistes du gouvernement. Ce sont ces sympathies qui conduisent des ministres à reprendre l’amalgame antisionisme = antisémitisme, comme l’a fait il y a quelques mois le premier ministre devant une assemblée de notables juifs. Ce sont ces sympathies qui ont conduit la gouvernement à maintenir la circulaire Alliot-Marie contre BDS permettant les nombreuses poursuites judiciaires contre les militants et des convocations à la police comme celle récente de Jean-Guy Greilsamer co-président de l’Union Juive Française pour la Paix, qui, lui aussi, été victime du « canular » d’Ulcan.

 

L’agression contre Pierre Stambul ne serait que l’une des conséquences de ces sympathies sionistes. On peut ainsi définir un « bon » antisémitisme, celui qui s’exerce à l’encontre des « mauvais » Juifs ; ce « bon » antisémitisme aurait l’avantage d’avoir l’accord du CRIF.

 

Rudolf Bkouche

membre de l’UJFP

 

 

 

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http://www.ujfp.org/spip.php?article4613

 

Variations sur la dénaturalisation, l’état d’urgence, le FN et la mondialisation

 

lundi 28 décembre 2015 par Rudolf Bkouche

 

En 1940, l’Etat français décidait par décret de dénaturaliser un certain nombre de Français, ceux qui avaient moins de quinze ans de nationalité française et les Juifs algériens naturalisés par le décret Crémieux de 1870. Ainsi étaient remises en cause des naturalisations sous le seul prétexte qu’elles ne plaisaient pas aux gouvernants de l’Etat français né de la défaite de 1940 et de la démission des parlementaires français dont on peut rappeler qu’ils étaient les élus du Front Populaire.

 

Soixante-quinze ans après, prenant prétexte d’attentats sanglants perpétrés à Paris par DAESH, acronyme arabe de l’Etat Islamique, le président de la République met en place un état d’urgence qu’il propose de prolonger pour une période de trois mois. Si on peut comprendre qu’au lendemain de ces attentats, le gouvernement a proclamé l’état d’urgence pendant quelques jours, sa prolongation à trois mois et peut-être plus comme l’a déjà annoncé le premier ministre pose problème. En quoi un état d’urgence sur une longue période va-t-il mieux permettre de lutter contre les auteurs des attentats ? Et si état d’urgence il y a, ne va-t-il concerner que les auteurs des attentats ?

Un premier exemple de ce que signifie l’état d’urgence est apparu avec les interdictions de manifestations écologistes au moment du grand raout climatique appelé la COP21. En fait, le gouvernement utilise l’état d’urgence pour contrôler toute contestation ; il s’agit moins d’assurer la sécurité de la population contre les risques d’attentats que de mettre au pas toute contestation. La sécurité n’est plus qu’un prétexte. Ainsi des perquisitions et des assignations à résidence ont été faites contre des écologistes, y compris des maraîchers ; quel rapport avec les attentats ? En fait ce gouvernement dit « de gauche » redécouvre les plaisirs d’un état d’urgence qui lui permet de contrôler toute contestation. C’est en ce sens qu’on peut rapprocher ce gouvernement d’un autre gouvernement socialiste, celui de Guy Mollet qui, après avoir été porté au pouvoir pour mettre fin à la guerre d’Algérie, a poursuivi une politique de guerre qui a conduit au coup d’Etat militaire de 1958 et à la destruction de la Quatrième République.

 

Parmi les mesures prévues par l’état d’urgence, la dénaturalisation des étrangers naturalisés et de ceux des Français qui possèdent une double nationalité, y compris ceux qui sont nés français, une remise en cause de la nationalité qui reprend les principes de l’Etat français des années quarante.

La nationalité française, cela se mérite, comme l’a rappelé un policier à l’auteur de ces lignes lors d’une interpellation, et puisque cela se mérite, on peut l’enlever à qui ne la mérite pas. Ainsi le gouvernement, « de gauche » comme il se présente, reprend à son compte l’un des pires propos xénophobes. Ainsi, au nom de la sécurité, le droit du sol disparaît derrière un principe plus contraignant que le droit du sang, « la nationalité, cela se mérite ». Tout cela sur un fond xénophobe que l’on s’est complu pendant longtemps à renvoyer au Front National. Pourtant, en ces temps de victoire du Front National, il serait bon de chercher les raisons de cette victoire et de comprendre que la xénophobie s’étend bien au delà du Front National et parfois jusqu’à la gauche.

Si la France est depuis longtemps un pays d’immigration, elle n’est pas pour autant un pays accueillant pour ceux qui viennent y chercher refuge et les immigrés ont dû se battre pour être accepté comme des égaux. Le slogan qui s’affiche aux frontons des mairies est souvent lu comme réservé aux seuls Français, et encore parmi eux faut-il distinguer ceux de souche (mais qu’est-ce qu’une souche ?) et les autres, ceux dont on dit qu’ils ne méritent pas une nationalité qui serait bradée. Il est alors tentant, et pas seulement pour ceux de la droite dite extrême, de distinguer entre les « vrais » Français et les autres.

 

Dans l’ensemble des droits que se donne le gouvernement avec l’état d’urgence, la dénaturalisation a une place particulière. Loin de reconnaître l’aspect administratif de la nationalité, le gouvernement fait de cette dernière une qualité transcendante qui ne peut que se mériter. Mais que signifie ce mérite, mérite de quoi ? mérite pour certains d’être né français, ce qui est de l’ordre du fait et ne renvoie à aucune valeur quelle qu’elle soit. On confond le fait d’être français qui relève du seul ordre administratif, lequel se traduit par un morceau de papier qu’on appelle carte d’identité ou passeport, et le fait de se sentir français qui relève de l’intime et qui par cela même est divers et peu formalisable. Pour les uns, la France c’est Clovis, pour d’autres c’est Jaurès, pour l’auteur de ces lignes, c’est Rameau, Diderot, Hugo et Baudelaire, mais c’est surtout la langue qu’il parle et dans laquelle il pense.

 

Cette confusion entre ce qui relève de l’ordre administratif et les liens affectifs qui constituent le rapport d’une personne à un pays, à une langue et à une culture ne peut que renforcer le nationalisme avec le risque de xénophobie que cela comporte. Et c’est cette politique que choisit un gouvernement « de gauche » incapable de prendre en charge les problèmes auxquels est confrontée la population de France. Ainsi on remet à la mode le culte du drapeau et de l’hymne national comme le montre cet exhibitionnisme indécent marqué par les diverses manifestations de « commémoration » des victimes des attentats. Comme toujours, les commémorations ostentatoires ont pour premier objectif de montrer les commémorateurs commémorant les victimes réduites au statut de commémorés, lesquelles ne sont plus que des instruments au service des commémorateurs. Mais cette indécence ostentatoire a un objectif : canaliser l’émotion populaire pour en faire une machine au service des gouvernants, ce que Hollande avait bien compris après les assassinats de janvier 2015 lorsqu’il avait transformé l’émotion populaire en ce qu’on s’est complu à appeler « l’esprit du 11 janvier » soutenu par le slogan bisounours « je suis charlie ».

Il devient clair alors, pour l’opinion publique, que ce qui ne communie pas dans la commémoration ne peut être que du côté des assassins. C’est bien ce qui s’est passé pour qui refusait le slogan « je suis charlie » et la minute de silence officielle, et c’est bien l’un des objectifs de l’activisme commémorateur que de mettre au ban de la Nation hypostasiée ceux qui refusent de participer à cet étalage commémorateur. Hollande, en maître des cérémonies, l’a bien compris.

La dénaturalisation apparaît ainsi comme l’un des points extrêmes de cette manipulation nationaliste qui se propose moins de lutter contre le terrorisme que de mettre au pas les habitants de ce pays.

On peut alors venir aux derniers événements qui marquent le pays, la victoire du Front National aux dernières élections [1] . Cette victoire apparaît comme un séisme, ce qu’elle est en partie, mais la question est moins de s’étonner du séisme que de comprendre d’où il vient.

Le Front National s’inscrit dans une histoire, celle d’une certaine xénophobie française qui a marqué l’histoire récente de la France depuis que ce pays est devenu un pays d’immigration. Le terme « xénophobie » me semble ici bien plus fort que le terme « racisme » dans la mesure où il s’inscrit dans l’idéologie de l’Etat-nation laquelle définit la nation essentiellement en termes de terre et de langue. Dans sa forme extrême, cette idéologie affirme la supériorité de la nation à laquelle on appartient contre les autres nations et par cela même le mépris voire la haine envers les étrangers. C’est cette forme extrême qui prend aujourd’hui de l’importance d’autant plus qu’elle s’oppose à une mondialisation économique qui tend à assujettir les Etats aux grandes compagnies privées et aux banques. On voit ainsi se développer deux dangers, celui d’une mondialisation destructrice fondée sur la marchandisation universelle et celui d’un nationalisme extrême qui conduit à enfermer chaque nation sur elle-même, dangers qui s’alimentent l’un l’autre. Loin d’assumer la tension entre l’universalisme qui conduit au cosmopolitisme et les particularismes qui permettent à chaque groupe humain, et par conséquent aux diverses cultures, de s’exprimer, on arrive à une contradiction de plus en plus brutale entre l’universalisme devenu mondialisation et les nationalismes réduit à leur forme extrême.

 

Annexe 1 : Sur la double face du nationalisme

 

Si on considère la nationalisme comme l’attachement à la nation, cela demande de préciser ce que signifie la nation, moins objectivement (qu’est-ce qu’une nation ?) que dans la relation qu’entretiennent avec une nation ceux qui déclarent leur appartenance à une nation, relation qui relève essentiellement du symbolique.

La question est moins de définir la nation que de constater un commun que partage un groupe humain, qu’on l’appelle peuple, nation ou autre chose. On peut alors tenter d’expliquer ce qui a conduit à ce commun, ce que l’on peut appeler la part objective de ce commun, mais cela suffit-il pour comprendre le rapport de ceux qui se réclament de ce commun et ce commun.

Exemple emblématique, la nation et le nationalisme que l’on peut considérer comme l’expression de l’appartenance à la nation. Si on veut comprendre le nationalisme avant que de porter un jugement plus ou moins intempestif, il faut le regarder dans l’histoire. Cela nous amène à voir les deux formes extrêmes du nationalisme, le nationalisme des dominés et le nationalisme des dominants.

Un groupe humain dominé a tendance à se rassembler autour d’une idéologie identitaire qui lui permet de mieux lutter pour se libérer de ceux qui le dominent. C’est cette idéologie qui renforce le sentiment de communauté, en particulier de communauté nationale. On peut alors considérer le nationalisme des dominés comme un instrument de libération. C’est cela qui a animé les grandes luttes de libération nationale, que ce soit celles des peuples de l’Europe du XIXe siècle ou que ce soit celle des peuples colonisés cherchant à se libérer des tutelles coloniales. Ce nationalisme des dominés s’inscrit dans la lutte révolutionnaire si on considère que la lutte révolutionnaire est une lutte pour l’émancipation.

A ce nationalisme des dominés, il faut opposer le nationalisme des dominants, le nationalisme qui exprime à la fois un sentiment de supériorité et une volonté de domination des autres nations, volonté qui s’est traduite en Europe d’abord par la volonté affirmée par les Etats européens de dominer le monde au nom de la supériorité de la civilisation européenne, ensuite par le nazisme comme expression d’un sentiment de supériorité des peuples germaniques comme le rappelle l’hymne « Deutschland über alles ». Il ne faut pas oublier que le nationalisme des dominants peut aussi apparaître chez les dominés avec le sentiment d’avoir été dominés ou humiliés, sentiment qui a conduit aux formes extrêmes des idéologies nationales, ainsi le nazisme et le sionisme. D’autant que la frontière, chez les anciens dominés devenus dominants, entre le nationalisme dominé et le nationalisme dominant est floue.

Si on ne distingue pas ces deux formes extrêmes de nationalisme, c’est-à-dire si on ne prend pas en compte les raisons historiques du développement du nationalisme, on risque de se contenter de jugements superficiels.

 

Annexe 2 : Des « petits blancs » au Front National

 

A ce nationalisme des dominants il faudrait ajouter ce que l’on pourrait appeler le nationalisme des petits blancs. Le terme « petit blanc » est un terme méprisant qui désigne ceux que l’on peut considérer comme les tâcherons des dominants, à la fois exploités par les dominants dans leur œuvre de domination et reprenant à leur compte l’idéologie des dominants, en particulier un sentiment de supériorité envers ceux qui sont les plus dominés. C’est en cela qu’ils se sentent solidaires des dominants, et ce d’autant qu’ils participent eux-mêmes à l’entreprise de domination et qu’ils en tirent quelques avantages.

Le terme « petit-blanc » a désigné ceux qui, dans les colonies de peuplement, se trouvaient au bas de l’échelle des colonisateurs mais qui, face aux colonisés, se considéraient comme faisant partie des dominants. Dans les colonies de peuplement, ce sentiment d’appartenance à la communauté des dominants s’est manifesté par un racisme exacerbé contre les colonisés et a conduit les petits blancs à s’engager contre les colonisés qui luttaient pour leur libération, ainsi les troupes de choc de l’OAS en Algérie.

On retrouve ce phénomène petit-blanc aux Etats-Unis où, face aux esclaves amenés d’Afrique, certains ont cru trouver des raisons de se sentir supérieurs simplement parce qu’ils considéraient les esclaves comme des inférieurs. Ce sont eux qui ont constitué la masse des racistes dont avaient besoin les dominants contre les esclaves en lutte pour leur émancipation.

Dans les pays d’immigration, on peut considérer comme analogues aux petits-blancs ceux qui voient dans les immigrés la source de leurs difficultés. Lorsque Jean-Marie Le Pen lance son slogan « Les Français d’abord », il sait qu’il sera entendu par ceux des Français qui sont les plus démunis et qui pensent que les immigrés sont les responsables de leurs difficultés : « ils prennent notre travail et il prennent notre argent ». Le Front National continue aujourd’hui ce discours sur « Les Français d’abord » en ajoutant une critique d’une part contre les partis traditionnels accusés d’avoir oublié les Français et d’autre part contre les institutions comme l’Union Européenne qui leur imposent l’austérité. Ainsi le Front National peut développer un nationalisme extrême contre les étrangers mêlant les immigrés et les institutions supranationales et se présenter ainsi comme le défenseur des petits-blancs. Le danger de ce discours est qu’il mêle deux questions a priori distinctes, mélange caractéristique des discours totalisants. Il est donc important de distinguer ces deux aspects.

La xénophobie doit être combattue sans aucune exception sous toutes ses formes. On ne saurait transiger sur ce point.

 

De la mondialisation

 

Quant aux questions de la mondialisation ou de l’Union Européenne, elles doivent être lues dans leur contexte. La mondialisation, telle qu’elle se développe aujourd’hui, s’inscrit dans la marchandisation universelle mettant en avant la seule valeur marchande dans les diverses formes de relations entre les hommes. Mais à côté de cet objectif de marchandisation universelle, la mondialisation se donne une belle image d’ouverture et d’humanisme, image si forte qu’elle a conduit le mouvement antimondialiste à se donner un autre nom, l’altermondialisme,

« la mondialisation autrement » pourrait-on dire, donnant à l’adverbe « autrement » une signification quelque peu magique, changement moins anodin qu’il n’y paraît car il prend le risque d’une uniformisation du monde et de la destruction des particularismes et des cultures, comme s’il fallait opposer une bonne mondialisation à la mauvaise mondialisation actuelle. Il ne s’agit pas d’opposer les bons particularismes à un universalisme contraignant, ce serait faire de la mondialisation à l’envers ; les particularismes, comme leur nom l’indique, sont divers et appellent donc des jugements distincts ; il s’agit de prendre en compte la tension entre les divers particularismes et l’universel, tout en sachant que la notion d’universel est elle-même diverse et marquée par les cultures dans lesquelles elle se développe [2] .

Quant à l’Union Européenne, elle s’inscrit moins dans la construction d’une nation européenne que dans la mondialisation économico-financière, son rôle étant d’assurer la libre circulation des marchandises dans les Etats qui la constituent. Opposer, comme cela est devenu la mode, un européanisme ouvert et des souverainismes enfermés sur eux même, oscille entre l’ignorance et l’imposture. Un européanisme béat, en masquant le soubassement économico-financier qui sous-tend la construction européenne, ne peut que renforcer des souverainismes qui peuvent apparaître comme autant de réactions de défense. Ce serait donc une erreur que d’opposer la construction européenne présentée comme marque d’ouverture au monde au nationalisme du Front National, une telle opposition manichéenne ne peut conduire qu’a renforcer la xénophobie.

La question reste celle de la coexistence pacifique des nations, question difficile mais plus ancrée dans l’histoire que ces constructions formelles que sont les grands ensembles qui cachent souvent des volontés de dominations de certains groupes mêlant intérêts nationaux, religieux ou économiques.

 

Rudolf Bkouche

 

[1] Que le second tour ait sauvé les meubles ne diminue en rien la victoire du Front National. Le gouvernement PS continuera sa politique de droite et « Les Républicains » continueront à se droitiser dans l’espoir de racoler les électeurs du FN.

 

[2] On peut ainsi distinguer, si on se borne à la pensée occidentale, celle qui s’est construite autour de la rencontre du monothéisme biblique et du rationalisme grec, deux formes religieuses de l’universalisme, le christianisme et l’Islam et une forme séculière de l’universalisme, les Lumières.

 

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http://www.legrandsoir.info/le-meurtre-de-rehab-nazzal-a-bethlehem-et-l-hypocrisie-des-medias-occidentaux-al-qods.html

Le meurtre de Rehab Nazzal à Bethlehem et l’hypocrisie des médias occidentaux

29 décembre 2015

Interview d’Eric Walberg par le journal palestinien Al-Qods

 

Question : Pensez-vous que la colère suscitée par l’échec des pourparlers de paix soit à l’origine de l’Intifada actuelle ?

Réponse : Personne, ni dans un camp ni dans l’autre ne prend ces éternels pourparlers au sérieux. Netanyahu a clairement dit à plusieurs reprises qu’il n’avait pas l’intention, en tant que premier ministre, de céder d’autres colonies ni d’arrêter leur expansion. Son objectif est de faire de Jérusalem la capitale d’Israël, de détruire la mosquée al-Aqsa et de construire un temple juif dédié au roi Salomon sur le Mont du Temple. Les Palestiniens ne sont pas en position de « négocier », étant donné que l’état que l’ONU leur a donné en 1947, leur a ensuite été dénié par Israël. Ils espèrent seulement que l’ONU finira par réussir à faire appliquer l’accord initial ou à convaincre Israël de négocier une solution conforme à l’accord qui a permis la création d’Israël 1947. Et donc, les intifadas continueront aussi longtemps qu’il y aura assez de Palestiniens en vie pour combattre pour leurs droits.

Q : Que pensez-vous de l’hypocrisie des pays occidentaux qui déplorent bruyamment chaque disparition d’un citoyen occidental et/ou israélien et ignorent l’assassinat quotidien de dizaines de Palestiniens.

R : Oui, les médias occidentaux sont hypocrites, ils se préoccupent de la mort des Occidentaux mais ignorent la torture et le meurtre quotidien de Palestiniens. Mais l’intérêt qu’ils portent aux Occidentaux et à ceux qui ont un passeport occidental n’est pas sans effet. Il y a deux jours, une artiste canadienne d’origine palestinienne, Rehab Nazzal, a été abattue à Bethléem sans provocation de sa part, simplement parce que les soldats israéliens ne voulaient pas qu’elle prenne des photos. Ils avaient de bonnes raisons de vouloir l’en empêcher : ils étaient en train de pulvériser du « skunk », sur un quartier palestinien. C’est un liquide à l’odeur pestilentielle non létal utilisé pour le contrôle des foules. Donc, l’un d’eux s’est retourné et lui a tiré dessus pour lui rappeler qui est le boss.

 

Eitan Weiss, un porte-parole de l’ambassade d’Israël à Ottawa, a déclaré à l’Ottawa Citizen qu’il n’avait pas connaissance de cet incident, et que dans le cas d’une blessure non mortelle infligée à un individu « il était très difficile de prouver que c’était arrivé comme de prouver que ce n’était pas arrivé. »

Weiss était encore furieux contre Nazzal à cause de l’exposition intitulée « Invisible » qu’elle avait présentée à Ottawa en juin, avant d’aller à Bethléem se faire cavalièrement abattre par ses forces de défense. « Invisible » a eu lieu à la Galerie Karsh-Masson à la mairie d’Ottawa. L’exposition a réussi à faire exactement ce que tout véritable art devrait faire. Elle a attiré l’attention du grand public et l’a faire réfléchir grâce à des photos d’arrestations.

Organisée sous le regard hostile du « gouvernement Harper », l’exposition a déclenché les attaques à la fois au Sénat et à la Chambre des communes, suite à la plainte de l’ambassadeur d’Israël, Rafael Barak, au maire d’Ottawa, Jim Watson. Pour faire bonne mesure, la Fédération juive d’Ottawa a publié une déclaration condamnant l’exposition et appelant à son interdiction.

 

La ville a résisté aux pressions de fermer l’expo et c’est tout à son honneur. L’exposition qui a soulevé la fureur de l’ambassadeur israélien s’intitulait « Cible » et évoquait la violence que subissent quotidiennement les civils palestiniens innocents. Dans son discours au Sénat Linda Frum a accusé le maire et les conseillers municipaux d’Ottawa « d’incitation à la haine », a exigé de Nazzal qu’elle inclue dans son exposition des victimes israéliennes, et a tout simplement nié le droit de Nazzal d’honorer les victimes de la violence israélienne, dont son frère, considérés dans la vidéo comme des martyrs. Frum a prétendu « parler au nom de tous les Canadiens décents et épris de paix qui abhorrent le terrorisme comme moyen d’obtenir des gains politiques », apparemment inconsciente du fait que c’est plutôt Israël qui se rend impunément coupable d’actes terroristes incessants.

Rehab Nazzal a répondu aux critiques sur son exposition « Invisible » dans l’Ottawa Citizen : « Les œuvres présentées dans « invisible » sont exigeantes, mais elles sont dans la tradition de l’art critique. Il faut des œuvres exigeantes pour mettre en lumière des problèmes passés sous silence. L’assassinat extra-judiciaire des Palestiniens, les attaques contre les manifestations palestiniennes pacifiques et le traitement brutal des prisonniers palestiniens, voilà les principales questions soulevées par les diverses œuvres de l’exposition ».

Bien sûr, les expositions artistiques ne suffiront pas à libérer la Palestine mais elles y contribuent. Comme le font les tentatives israéliennes/sionistes pour les faires interdire, en attirant l’attention du monde à la fois sur l’exposition et sur l’hypocrisie des critiques. Le « problème » de Nazzal, à Ottawa, était que son exposition a attiré beaucoup de public du fait qu’elle était dans l’Hôtel de Ville, à la différence de « Target », l’exposition précédente, présentée à Toronto et à San Francisco, dans des galeries d’art peu fréquentées. « La mémoire collective refait surface dans les interstices de la culture esthétique. A travers l’art et la musique, le théâtre et la danse, on revit l’histoire des victimes des guerres », a écrit Michelle Weinroth, pour défendre Nazzal.

Avec l’élection, à Ottawa, d’un nouveau gouvernement, dirigé par le premier ministre libéral, Trudeau, qui s’est engagé à poursuivre une politique « non partisane » au Moyen-Orient, les soutiens de la cause palestinienne peuvent désormais espérer qu’une certaine pression sera exercée sur Israël. Nos voix ont quelque chance d’être entendues, et nos médias traditionnels vont être obligés de se montrer moins « partisans ». Des milliers de Canadiens engagés dans la cause Palestinienne ont déjà écrit au premier ministre et au ministre des Affaires étrangères pour protester contre l’assassinat de Nazzal. Ce gouvernement ne fera pas semblant de ne pas voir les crimes israéliens. Les efforts visant à informer les Canadiens vont se poursuivre.

Q : La Turquie et l’Arabie saoudite coopèrent avec Israël, même si leurs relations officielles sont froides. La dernière coalition destinée à renverser le gouvernement de la Syrie est dirigée par les Etats-Unis, avec les acteurs clés comme la Turquie et l’Arabie saoudite. Qu’en pensez-vous ?

R : Cette coalition est littéralement un pacte entre des diables. Elle ne peut qu’entraîner davantage d’effusion de sang. Tous les trois ont montré leur incompétence et leur duplicité sur le printemps arabe et ses conséquences. La seule consolation est que leurs machinations sont vouées à l’échec. La seule coalition honorable est celui de l’Iran, la Russie, le Hezbollah et la Syrie. Ce qui serait vraiment nécessaire pour faire face à ISIS en Syrie et en Irak, ce serait une « coalition des coalitions ».

Q : Nous sommes à la fin de l’année 2015, que pouvez-vous dire de la question palestinienne pour cette année et quelle est votre prédiction pour 2016 ?

R : Tout dépend des Etats-Unis. Peuvent-ils ravaler leur orgueil et faire la paix avec l’Iran (et la Russie) ? Ce serait la meilleure façon de repousser poliment l’étreinte mortelle d’Israël, mais vue la pression politique intérieure combinée des sionistes et des évangéliques, c’est beaucoup demander.

Le sectarisme sunnite anti-chiite a affaibli les Sunnites partout. Un « Nouveau Monde » dans la région exige la réconciliation avec l’Iran en particulier, et entre sunnites et chiites en général, que ce soit en Irak, au Yémen, ou au Bahreïn. Les actions des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite là-bas montrent que le maintien de la domination sunnite et de la persécution des chiites est ce qui empêche de résoudre la crise. Soudain l’Iran devient le pivot de la solution des cauchemars du Moyen-Orient. Même les médias occidentaux ne peuvent plus le nier.

N’oublions pas Israël où il y a moins d’autocensure qu’en occident, à gauche comme à droite. La campagne d’incitation contre le président Reuven Rivlin d’Israël, qui avait osé exprimer sa sympathie pour la souffrance des Gazaouis, a battu tous les records de haine et de violence verbale dans les médias officiels israéliens. Oui, contre le président lui-même, qui est fervent partisan des colonies de la droite pure et dure. Mais il a finalement eu assez et a décidé de dire ce qu’il pensait.

Une autre voix de la raison est Yaïr Lapid, un ancien ministre des Finances israélien qui est maintenant chef de file de l’opposition. Partisan de la solution de deux états, Lapid, un ancien télédiffuseur, est le chef du parti Yesh Atid (« Il y a un avenir »). Lapid affirme qu’Israël doit prendre l’initiative diplomatique avec les Palestiniens si le pays veut continuer à exister en tant que démocratie à majorité juive. Par conséquent, dans le scénario le plus optimiste, un bouleversement aux États-Unis, par exemple l’élection de Donald Trump à la présidence, pourrait suffire à forcer Israël à faire la paix.

Traduction : Dominique Muselet

source http://ericwalberg.com/index.php?option=com_content&view=article&id=592:al-quds-interview-israeli-media-tricks-backfire&catid=40:middle-east&Itemid=93

 

 

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