Le Très Grand Crime

Posté par elianguesard le 4 janvier 2014

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Et Rat Homme – ère atome – Erratum

Posté par elianguesard le 4 janvier 2014

Et Rat Homme – ère atome – Erratum : Chercher l’erreur au delà de la recherche

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Conférence du guide de haute montagne Guy Demenge

Posté par elianguesard le 25 octobre 2013

COLLOQUE DE SAINT-MARTIN VESUBIE
DU 21 FÉVRIER 2009

Présentation du guide: (Melchior, cité dans le livre « Les conquérants de l’inutile »)
Conférence du guide de haute montagne Guy Demenge  tournereve-300x259

Conférence ou plus exactement, dialogue espéré entre un ancien du bureau des guides du Mercantour et les Vésubiens qui ont la gentillesse d’être ici présent.
Et ce : à propos du Changement climatique, qui semble maintenant avéré, et des conduites que nous avons, que nous aurons à tenir sans tarder – tant au niveau collectif, qu’individuel – pour tenter, autant que faire se peut, de parer à cette menace.
La motivation, car il va en falloir, ne peut venir que du souhait qui habite, j’en suis persuadé, tout adulte, tout parent, de vouloir profondément pour ses propres enfants et petits-enfants et pour tous les enfants du monde, une vie digne, avec un réel niveau de sécurité et d’agrément, même si cela implique pour nous une nouvelle recherche et démarche de sobriété.
Guy Demenge, dit Melchior le guide, me charge de vous faire part du bonheur qu’il éprouve du fait de cette visite à Saint-Martin – d’abord pour l’accueil sans défaillance de ses résidents depuis 54 ans ; ensuite pour le plaisir de retrouver le charme des vieilles pierres de ce bourg si bien préservé, dans un écrin de nature qui a conservé sa parure, et bien entendu de ces ‘cayres’ et montagnes qui,  pendant des décennies ont captivé son âme.
Il vous remercie, du profond de son cœur, d’être venu nombreux, participer à un dialogue – qui, il n’en doute point, sera constructif.
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Chers amis,
pardonnez-moi d’employer comme premier mot MENACE ! Car, ce Changement climatique, maintenant avéré, en est UNE, tous azimuts, proches, et non plus à long terme. Des cassandres – dont le plus emblématique fut en France le commandant Cousteau, maintenant oublié de la jeunesse – ont en vain crié dans le désert. Quand nous l’avions prié à l’automne 1980, d’être le candidat de l’écologie aux présidentielles – à la suite de René Dumont – ce qu’il refusa, il nous fit part, lors d’une amicale soirée, de ses sentiments quant à l’avenir de notre espèce : « Il ne devrait pas rester plus de 500 millions d’habitants à la fin du XXIe siècle… quant aux autres mammifères, bien avant 2100, la moitié des espèces aura disparu ». Son assistant Yves Paccalet, dont tous, nous avons goûté les ouvrages illustrés consignés avec Cousteau comme : A la recherche de l’Atlantide, ou la Planète des baleines… et des B.D. pour grands et petits comme : l’Île au requin (avec Sérafini)… était encore plus pessimiste. Récemment, il a produit, dans un style voltairien, un court essai : L’humanité disparaîtra, bon débarras ! (2006, Arthaud)
Ce boute-en-train, montagnard de la vallée du Vénéon, qui goûta de tant de beautés de la planète, dont la vie fut si riche… se retrouve aujourd’hui désespéré de notre aveuglement volontaire, il a donc voulu nous réveiller, nous secouer un bon coup. Je vais essayer de prendre sa suite d’une manière moins abrupte.
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La crise économique que nous commençons à peine à subir, ne peut, à ce qu’il me semble, être entièrement comparée celle de 1929. Bien que j’ai subi cette première, je n’en n’ai pas gardé un net souvenir directement, vu qu’elle m’a touché à l’âge de neuf mois. Cependant, j’ose avancer cette hypothèse pour les raisons suivantes :
Le capitalisme de 29 était avant tout industriel et la capitalisation boursière correspondait presque entièrement à des avoirs réels. Il s’agissait donc, avant tout d’une crise cyclique et classique de surproduction, mais particulièrement brutale celle-là, avec écroulement des ventes et de la production industrielle (près de 50 % aux États-Unis), forte contraction du commerce international (environ 30 %) et repli protectionniste généralisé et dans le désordre. Toujours aux États-Unis, le taux de chômage explosa (de 3 % à 25 %) alors que la protection sociale était presque inexistante. La réponse fut une réduction drastique des quotas d’immigration concernant particulièrement les minorités de l’Europe orientale qui vont dix/quinze ans plus tard le payer très cher.
Sur notre continent, la dépression, un peu moins caractérisée était doublée d’une crise morale liée au démembrement de l’Europe centrale et à l’injuste traitement infligé à l’Italie (amputée de ses provinces de l’Est). IL en était résulté un fort sentiment de frustration et une explosion des nationalismes dans les nations qui allaient constituer les forces de l’Axe. Tandis que les démocraties « occidentales » avaient basculé dans le pacifisme et devenaient des proies tentantes. D’autre part, l’Allemagne subissait une crise monétaire record avec des taux d’inflation astronomiques.
Mais l’énorme différence était que tout cela se passait dans un monde… troublé certes – pensons à l’horrible guerre sino-japonaise ou aux exactions italiennes en Ethiopie – mais dont la pérennité ne pouvait au grand jamais être remise en question. A part quelques poètes visionnaires comme Paul Valéry, personne n’envisageait la venue des raretés des richesses naturelles, personne ne soupçonnait l’explosion démographique et encore plus citadine, et personne, non plus, n’envisageait une prise en compte du réchauffement du climat. Le drame, c’est qu’en 2009, les économistes enfermés dans leur pseudo-science à prétention mathématique, ne sont toujours pas capables de prendre en compte ce changement de paradigme.
Après bien des atermoiements, la nouvelle administration américaine de Roosevelt avait crû trouver la recette de la relance avec une politique keynésienne : mettre les gens au travail, avec des travaux sur fonds avancés par l’État, et même si les grands chantiers mis en route n’étaient pas d’une utilité immédiate ou évidente. Il faut noter, que les futures forces de l’Axe avaient mis en route la même politique avec plus de succès, mais en fabriquant des armements… et que les États-Unis ne retrouveront le plein emploi qu’après leur entrée en guerre fin 1941… en reconvertissant en trois mois leur industrie dans l’armement et en mobilisant deux millions d’hommes. La recette miraculeuse d’une ‘bonne’ guerre mondiale ne peut plus fonctionner puisque « l’humanité » (plus exactement une coalition de physiciens, de généraux et d’industriels) a acquis la faculté de s’autodétruire (de nous détruire), et qu’elle ne peut plus la perdre.
Citons Albert Einstein : « Je ne sais si la troisième guerre mondiale aura lieu ? Mais je puis vous assurer que si tel est le cas, la quatrième se déroulera avec des massues. »
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Celle de septembre 2008 (la crise), correspond d’abord à l’implosion d’une bulle spéculative. Une bulle liée à un capitalisme principalement financier et dont les entreprises, souvent transnationales, échappent à tout contrôle, parfois en localisant leur siège (comme Boeing par exemple) dans un paradis fiscal. Leur but ultime et imposé par les fonds de pension et autres (résultat de politiques sociales néo-libérales ayant détruit les régimes de retraite par répartition) était de procurer des retours sur investissements de l’ordre de 15 à 20 % l’an ! Pourcentages qui, physiquement et socialement ne peuvent être soutenus.
Pour réaliser de tels retours – il n’était plus question d’une gestion assurant la pérennité de l’entreprise, ni de réserver une part décente des gains de productivité aux salariés (part déterminant la solvabilité des classes moyennes et populaires ; et donc la bonne marche de l’économie) – mais de se livrer à d’acrobatiques fusions-acquisitions-ventes, orchestrées par une presse spécialisée mais stipendiée… et cela dans le but de faire grimper les cours des actions à des hauteurs stratosphériques. Depuis quinze ans les analystes les plus compétents ne cessaient de clamer que la valeur réelle des actifs ne représentait que 5 % de la capitalisation boursière. Tout le monde le savait parfaitement… mais cela arrangeait tout le monde de la finance, comme des politiciens qui percevaient une plus modeste part de la prébende… de faire semblant d’ignorer cette réalité. C’est donc malheureusement, pour les petits et moyens pensionnés et rentiers, le risque de voir s’évaporer, au final, près de 95 % de leurs avoirs !

A cette crise, s’ajoute celle des ‘sur-crédits’, pour parler français, qui combinés à la généralisation du travail temporaire et à l’extension de la classe des travailleurs pauvres, fait que de plus en plus de gens ne peuvent honorer les traites correspondant à leurs achats à crédit (principalement de logements). Les banquiers… leurs placiers ne se fiaient qu‘à la valeur vénale des biens immobiliers en hausse constante, pour accorder des prêts à des conditions avantageuses – compte tenu des faibles taux hypothécaires – et sans trop se soucier de la solvabilité réelle de leurs clients. Ils escomptaient étourdiment une forte reprise de l’économie (par manque de culture généralisée et de connaissance de sciences comme la thermodynamique et l’écologie, qui conditionnent de manière absolue les limites physiques de toute activité humaine)… alors que, crise du pétrole aidant, c’est tout le contraire qui se passa.
De plus, en une sorte de jeu de mistigri, les banques entre elles, essayèrent de se refiler les créances les plus pourries, quitte à consentir des primes supérieures. Tout cela prenant l’allure d’un clash mondial. C’est alors que les grands États, pour rassurer le pékin, pour éviter la ruée vers les guichets, promirent des montants de garantie titanesques (au total, des 1000 milliards de dollar) dont ils n’auraient en caisse (France 0) que 5 % ou un peu plus. A terme, ces États vont faire tourner la planche à billets… et alors, bonjour les taxes additionnelles (additionnées), les prélèvements renforcés ou l’inflation… qu’il ne faut pas confondre avec la hausse des prix… car ce sera, selon la tradition « au manant de payer »

La troisième crise, dont vous venez de vous faire une idée, est celle de la quasi fin ou tout au moins raréfaction des ressources non renouvelables : minéraux, métaux, fertilisants, combustibles solides, liquides et gazeux… et aussi l’uranium dont on a même plus pour deux générations !
Mais aussi des autres ; les renouvelables, comme le bois de chauffe, qui manquant cruellement en Himalaya par exemple, fait que les pentes s’effondrent dans les torrents et qu’en aval les crues dévastent tout ; qui fait que plus de huit cents millions de personnes [nouveaux nés compris] n’ont pas accès à l’eau potable, quand ce n’est pas à l’eau tout court ; dans ce cas, des centaines de millions de fillettes (car le genre féminin est préposé à cela) usent leur jeunesse, quand ce n’est pas leur vie, à porter sur de trop longues distances des outres trop pesantes. Des forêts, surtout les boréales, converties en pub-papier, dont il ne reste que deux étroits rideaux – le long de la trans-canadienne par exemple, afin que les touristes puissent prendre des photos – et encore plus des forêts tropicales, véritable fabriques de milliardaires, en euro comme en dollar, qui les achètent pour rien, y prélèvent les bois de valeur, puis les font brûler criminellement pour y planter des palmiers à huile (de moteur) OGM. Ainsi de T. Blikseth, cité par le Wall Street Journal, qui pèse deux milliards en dollar, a pris sa retraite à quarante ans et qui exhibe sa vulgaire nullité debout sur le pont d’un de ses trois yachts géants. Sciences humaines, mars 2008, N° 191, p. 44

Mais la quatrième crise est la plus grave parce qu’elle est double : c’est celle de la dégradation presque totale de la fertilité des sols. C’est à dire des quelques décimètres d’humus, qui recouvrent toutes surfaces fertiles, et qui, sur les continents conditionnent toute vie. Cette crise est à mettre en regard de ce que les Américains appellent la bombe ‘P’ (pour population). Pour faire face à la marée démographique (population multipliée par 3.5 pendant le court temps que j’ai passé sur cette planète), l’on a cherché d’une manière forcenée à multiplier, d’un facteur encore plus élevé le rendement à l’hectare.
Il fallait que les ingénieurs agronomes – qui vulgarisèrent le labour profond avec charrue retournant le sol – soient des citadins ignares pour ne pas réaliser le crime qu’ils commettaient. Il fallait, en leur époque, ne rien comprendre à ce qu’est la vie intense de la complexe ‘usine’ biochimique, stratifiée demi-décimètre par demi-décimètre et où chaque groupe vivant (vers, nématocyste, bactéries, en tout plus de dix millions d’espèces), chacune à son niveau et à son tour assurant le relais de la fertilité. Que diriez-vous d’une pelle géante vous mettant une fois l’an votre maison sur le toit ? Cela ne manqua pas de produire des catastrophes : dès 1880, les jours de bourrasque, une partie des sols des Middle-Est et Ouest américain s’envolèrent en poussière !
C’est sur ce gâchis initial, occulté depuis plus d’un siècle, que va prospérer l’agroalimentaire avec comme seul critère de rendement : le quintal/hectare. Critère qui n’a pas plus de pertinence que le PIB… où par exemple, les gains maffieux issus des trafics de drogue… avec les dégâts médicaux et psychiques à soigner ; comme les dépenses liées aux accidents de la circulation : ambulance, hôpital, rééducation, garage, morgue – … tout cela, gains illicites comme frais – comptabilisés en positif dans le bilan économique !

L’agriculture moderne, dite scientifique se garde bien de décompter les « intrants » énergétiques, rendus obligatoires du fait du dépérissement de la fertilité. Ces intrants se font sous la forme d’engrais issus : des mines (potasse et phosphate, perdus pour toujours puisqu’il vont filer au fond des océans)… ou de la synthèse industrielle comme l’azote ; ainsi que des pesticides, rebaptisés pour les rendre plus présentables : phytosanitaires… alors que le terme phytodélétère serait plus en rapport avec l’empoisonnement de la biosphère et donc de l’humanité qu’ils provoquent. D’autres intrants énergétiques sont liés à l’hyper mécanisation – dont le corollaire, nous venons de le voir, est le dépérissement de la vie dans l’humus ; à l’hyper irrigation, 70 % de l’eau douce consommée sur la planète ; à l’étuvage rapide (au pétrole) au lieu du séchage naturel… et encore plus à l’explosion des transports liés à la délocalisation de la production et de la consommation (le trajet moyen d’un pot de yaourt, goût bulgare, est de 3 200 km). Les transports liés à l’agroalimentaire représentent déjà 30 % du transport de fret routier !
L’on peut dire sans exagérer que ce n’est plus de la vie biologique, issue de l’humus et du miracle de la photosynthèse : don du soleil, que nous consommons… mais du pétrole diversifié. Le symbole de cette aberration étant les cultures hors-sol et sous-plastique qui recouvrent maintenant l’Andalousie entière, qui de fait, à coup de masses de clandestins, ont rétabli l’esclavage en Europe ; dont les besoins en irrigation sont tels que l’on envisage de détourner le Rhône, qui génèrent des transports européens insensés et de plus empoisonner nos assiettes… ce que nous savons si bien faire par nous-même (France, champion mondial des pesticides par tête) ; toute cette ruine pour le profit immédiat !
Il n’y a pas de manière plus fruste que de compter la valeur des aliments en calories, et pourtant nous allons le faire. Il y a un peu plus d’un siècle – et cela existe encore dans certaines régions non touchées par les différentes révolutions, dites Vertes ou autres des OGM : pour dix calorie dans l’assiette, sept étaient un don solaire et trois représentaient les intrants : le travail de l’homme, de son cheval, les outils, la charrette pour vendre au marché. De nos jours, en nos contrées, pour ces mêmes dix calories dans l’assiette, les intrants en représentent, tenez-vous bien, quatre-vingt-dix calories, et dont la majeure partie provient des énergies fossiles. Ce n’est plus de la vie saine (sans jeu de mot) qui nous nourrit, c’est du pétrole que nous absorbons, et comme les dérivés de l’or noir sont tous cancérigènes, c’est avant tout, du cancer que nous cultivons : un kilo et demi de toxiques par an, passe dans le corps de chacun de nous ! Cette explosion des cancers et des maladies cardiaques (selon l’ONU 2005 : 75 % des 59 millions de décès annuels sur la planète sont dues à la dégradation de l’environnement) est au même titre que les disettes localisée qui se multiplient et tendent à se transformer en famines… sont avant tout, avant même l’explosion démographique, la conséquence de nos erreurs comportementales… de nos erreurs à nous des pays, dits développés dans notre façon de nous alimenter, de nous déplacer, de chauffer nos maisons, et de courir après la mode et le dernier gadget. Le clash climatique et celui de notre civilisation hyper matérielle, seraient donc, pour simplifier, au bout des pistolets de stations-service !

La cinquième crise ne l’est peut-être pas moins (grave), c’est celle de la perte accélérée de la bio-diversité. Par résorption, voire disparition de leurs milieux naturels, chaque jour, nous précisons chaque jour, des espèces disparaissent à une cadence qui n’a pas de précédent historique. Pour faire bref, concentrons-nous sur les abeilles qui depuis une quinzaine d’années donnent des signes de dépérissement. L’on a d’abord accusé les Gaucho et Régent , fort utilisés en Beauce, Brie et dans le Perche, là où les abeilles avaient quasiment disparu. L’interdiction provisoire en France (les apiculteurs viennent de perdre leur procès en appel) de ces pesticides n’a pas suffi à leur redonner santé. Les abeilles ouvrières semblent souffrir de deux maux : elles ne savent plus s’orienter et leur « rayon d’action » s’est tellement réduit qu’elles n’arrivent plus à ramener suffisamment de pollen, si bien que les ruches dépérissent. Aux États-Unis, tous les apiculteurs louent aux agriculteurs le service de leurs ruchers pour la fécondation des plantes nourricières et des arbres fruitiers ; cela assure même les deux-tiers de leurs revenus. Ils passent donc une partie de l’année à transporter nuitamment leurs ruchers… avec, pour eux, le risque de s’installer dans une zone où les épandages de phytosanitaires n’ont pas été suffisamment lessivés par les pluies. Avec la perte de leur sens d’orientation, l’on en vient à mettre en cause les ondes des relais de la téléphonie mobile. Quoi qu’il en soit : les abeilles sont menacées de disparition ! Albert Einstein, qui n’avait pas l’habitude de parler pour ne rien dire, nous avait prévenu il y a déjà un demi-siècle : Si les abeilles disparaissent, l’humanité, tous les mammifères herbivores comme carnivores, tous les oiseaux et leur nourriture, les insectes…  disparaîtront en moins de quatre ans !
L’énorme puissance scientifique, technique, industrielle – qui fait notre fierté, qui nous fait croire au progrès automatique à perpétuité et dont nous mesurons ces jours la fragilité économique – ne nous met nullement à l’abri d’une catastrophe irréversible, qu’au fond de nous même, nous pressentons très, très vaguement, mais que nous refusons absolument d’envisager comme possible.
De là : La perte de foi en la vie, le délabrement moral d’une partie des jeunes générations ; et les taux de suicide direct ou par la drogue et l’alcool… qui, dans les pays se prétendant développés, s’accroissent à une allure sans précédent !
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Énumérons brièvement les treize raisons qui – selon Yves Paccalet, déjà nommé – menaceraient soit l’humanité, soit la biosphère en son entier. Les quatre premières ne sont pas liées à nos activités humaines et, sans prévenir, elles peuvent se manifester à chaque instant. Ce qui me fait dire que les Gaulois n’avaient pas tout à fait tort de craindre que le ciel leur tombe sur la tête. Il s’agit donc de la chute d’une météorite géante et qui vient percuter la planète à cent mille kilomètres par heure… comme c’est déjà arrivé à Chicxulub au Yucatan (déflagration équivalente à vingt millions d’Hiroshima). Cela à déterminé un changement d’époque avec la fin des dinosaures et de 90 % des espèces qui les accompagnaient.
Sur le bras dénommé Orion, de notre galaxie dénommée Le chemin de Saint-Jacques, le soleil avec son cortège de planète voyage sans cesse à la vitesse non négligeable de huit cent mille kilomètres par heure. Parfois cela l’amène à traverser des nuages de poussières interstellaires. Comme aveuglée dans une colonne de fumée, la terre en perd son soleil. La température dégringole et notre planète devient une magnifique boule de givre. Cela s’est déjà produit.
De même les éruptions volcaniques géantes, comme en Inde sur le plateau du Deccan. En plus d’un million d’années les volcans y ont épandu, tenez-vous bien : un million de milliards de mètres cube de basalte et laves et lors des explosions, projeté vers la stratosphère, peut-être l’équivalent en poids de cendres légères. Ces nuages acides interceptant pendant des siècles tout rayon solaire. Sur la dorsale atlantique, l’Islande est le prochain candidat. Il arriva près de cette terre, il n’y a guère, que du fond des eaux, un volcan s’épandant soudainement, créé une île-montagne… qui quelques mois plus tard s’effondra dans l’Océan ! Une activité aussi intense peut tout laisser présager.
Avec la montée du niveau de la mer de plus en plus sensible – à ce propos, les nouvelles provenant de l’Antarctique sont inquiétantes – un Tsunami de première grandeur – alors que les « marina » en bord de plage se suivent à se toucher – pourrait multiplier le nombre de victimes de 2004 par dix ou vingt. Et l’on continuera à parler d’imprévisible et de fatalité !
La bombe ‘P’ comme à l’île de Pâques. Les rats sont des animaux sociables et vous pouvez dans le calme, les mettre en nombre dans un parc grillagé de laboratoire avec tout ce qu’il leur faut pour vivre. La population s’accroît et vous augmentez les rations en conséquence. Mais, passé un certain seuil, le comportement social se dérègle et la férocité s’installe. C’est ce qui s’est passé en cette île au milieu du Pacifique, avec la circonstance aggravante, qu’ayant coupé tous les arbres en partie pour transporter et lever les statues géantes, ils durent renoncer à la pêche, n’en ayant plus pour creuser leurs pirogues. Des clans se firent la guerre, une guerre totale, une guerre de famine, une guerre cannibale.
L’holocauste nucléaire : L’impact de la météorite du Yucatan correspondait à l’explosion de 400 milliards de tonnes de TNT (l’explosif chimique le plus brisant, bravo Nobel). La puissance totale des arsenaux nucléaires n’en représente que le centième ; mais dans un cas, c’était des poussières de roche qui étaient projetées, dans le second, si une guerre nucléaire devait arriver, ce serait des particules radioactives au moins un million de fois plus dangereuses, et dont pour certaines, l’action persistera pendant des centaines de milliers d’années. Ce qui a fait dire au philosophe Günther Anders : que notre époque, même si elle persiste, est la dernière… puisque sa fin correspondra à une terre définitivement inhabitable… et donc qu’elle ne pourra passer dans une autre.
Ce scénario est-il impossible ? Le principe de dissuasion nucléaire, tel qu’il fut élaboré dans les années soixante, consiste à faire croire à l’adversaire, qu’en cas d’attaque grave (vitale), l’on est près à déclencher vers son territoire l’apocalypse… quelle que soit les conséquences de la riposte. L’intangible doctrine stratégique Carter, précise, en toutes lettres, que priver les États-Unis (dépendance de 70%) de ses approvisionnements énergétiques, c’est s’en prendre à ses besoins vitaux ; et que pour les maintenir, elle est prête à utiliser sans restriction les armes les plus puissantes dont elle dispose. Nul doute, que la Russie soit dans les mêmes dispositions. Quant à la Chine, elle multiplie ses centrales nucléaires électriques, afin d’avoir les tonnes de plutonium qualité militaire pour se mettre à niveau d’holocauste. Il est utile de savoir : que contrairement à ce que prétend la propagande française, toute centrale nucléaire, dite civile, sert d’abord à faire du plutonium, et que pour l’extraire chimiquement, il faut des appareils en inoxydable, que l’on pourrait presque confondre avec ceux d’une fromagerie industrielle !
Et ce n’est pas tout, il y a les armes chimiques, bactériologiques, les nouvelles pandémies que l’on nous prépare, les épizooties que l’on nous mitonne, telles ces bactéries ou parasites de la lutte biologique intégrée qui détruisent l’appareil digestif des insectes nuisibles… mais dont des variantes pourraient concerner les abeilles (pourraient ?), afin de rendre les paysans dépendants des semences stériles fabriquées industriellement. Le meilleur des mondes, Huxley et 1984, Orwell, ces anticipations de mondes ultra techniques et totalitaires semblent dépassées, comme reléguées au rang d’antiquités ?
Notre jardin la Terre défiguré : Quel est le premier agent d’érosion, de transformation du relief, de surgissement ou d’aplanissement des montagnes ? Les éléments atmosphériques, les crues des torrents et fleuves, les tempêtes, raz de marée qui rongent les rives, les plaques continentales qui se chevauchent et tressautent lors des séismes… vous n’y êtes pas, le premier agent est un gros rongeur à deux pattes. D’après les calcul des géologues, l’homme aurait en cinq mille ans, déplacé, excavé, rongé, un volume de roches représentant une grosse butte de cent kilomètres de longueur, quarante de largeur et quatre mille mètres de hauteur ! L’équivalent des Alpes qui, moins hautes en moyenne et heureusement moins massives, s’étendent sur une toute autre longueur. L’homme avec ses tours, autoroutes, barres d’HLM, aéroports, abattoirs, supermarchés… semblables sur les cinq continents est le fléau de la planète.
L’imbécillité technicienne (spécialisée) destructrice : Khrouchtchev, s’était donné quinze ans pour dépasser les États-Unis. Sur le plan de l’expansion agricole, l’arme agricole en était le maïs et le coton ; tout devait leur être subordonné. On détourna les Syr Daria et Amou Daria pour l’irrigation ; la mer d’Aral en a fait les frais. Adieu rêve d’Orient, rives fleuries et ombragées des peupliers de Sibérie à la peau argentée. Adieu esturgeons qui s’ébattaient à l’aube… il ne reste plus qu’un énorme anthrax pestilentiel au milieu d’un désert poubelle. Quant aux champs : maïs, coton, l’excès d’irrigation et de pesticides en a fait d’arides et toxiques plaques de sels!

En avons-nous dit assez ? Yves Paccalet nous décrit les cinq dernières plaies dont je me borne à lister les titres : Le sida des dauphins. L’effondrement de la biodiversité. Les nouvelles épidémies. Les moissons d’OGM. Les trous dans la couche d’ozones, bonjour les cancers. Enfin, les climats en folie.
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Ce dernier point va nous permettre d’en venir au local. Si la Bretagne va peut-être bientôt grelotter, le Gulf Stream se mettant aux abonnés absents ; le tour de la Méditerranée est promis à la désertification et ses forêts partent en fumée. Nous autres gens des vallées, que pouvons-nous faire pour stopper cette gangrène (pour ne pas parler de progression).
Que pouvons-nous faire pour « ré-harmoniser » notre économie… avec des journées neige qui vont aller décroissant ; une pratique alpine qui maintenant tient du folklore ; des itinéraires de randonnée trop souvent à l’abandon ; des petits réseaux d’irrigation oubliés, envahis par les pierres folles et les ronces et qui n’alimentent plus les potagers. Toute cette « aridification » rampante prépare des catastrophes. Le mitage irréversible des terres de pâture d’hiver a chassé l’élevage. Que faire, dans ce qui reste de « lambeaux » libres pour redonner à ces vallées un minimum d’autonomie alimentaire ? Que faire pour réduire les énormes charges liées aux trop longs trajets en voiture individuelle ? A ceux qui ne pouvant se loger sur le littoral, sont astreints à ces trajets pendulaires qui leur mangent presque un quart de leur salaire.
Toutes ces questions risquent de rester dans le vide, si d’abord nous ne prenons pas conscience, clairement conscience, de l’impasse dans laquelle par étourderie, inconscience, veulerie, ou en choisissant des bergers aveugles… nous nous sommes fourvoyés… et plus grave encore, nous engageons nos enfants.
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Nous devons prendre conscience que l’indispensable réforme ne viendra jamais, d’abord d’en haut. Elle ne peut venir que de nous, de chacun de nous et sans attendre que le voisin fasse le premier pas. Les délais qui nous restent à ce jour pour tenter de sortir de la nasse sont devenus, de par notre faute, extrêmement courts.
Voici un exemple de notre possibilité d’action dans un secteur dont on parle peu et qui s’avère pourtant primordial pour notre conservation en tant qu’espèce et pour celle de la biosphère qui nous supporte de plus en plus mal. C’est le problème de la surconsommation de produits (protides et lipides) d’origine animale. Nous n’élisons un président ou un parlement que tous les cinq ans… Avec ce que nous mettons ou ne mettons pas dans notre assiette… nous votons trois fois par jour. Nous votons, pour être plus précis, pour que la famine s’étende sur la planète entière, avec son cortège de désordre, d’émeutes, d’immigration massive, voire de guerres de la faim, de l’eau, de l’énergie… et encore plus, de pandémies – qui l’avion aidant, se propageront comme traînée de poudre – ou nous votons pour un monde vivable… plus juste et calme et pour que notre ultime époque, dont j’ai dit un mot, puisse se perpétrer dans l’harmonie et dans la justice.
Voter avec son assiette ? La partie fertile (terres arables, prairies et pâturages, forêts) qui va s’amenuisant par désertification et bétonnage ne représentait plus en 2005 que 65.8 % des continents hors glaces De cet espace – les terres cultivées : 1 541 millions d’hectares n’en font que 11.5 %. Sur le total des productions agricoles, un tiers du tonnage est réservé à l’alimentation animale et près de 6 % aux textiles (coques et fibres) et aux agrocarburants ; si bien, qu’il n’en reste que 61 % pour l’alimentation humaine végétale (céréales, légumineuses, légumes, fruits…).
Les pacages, quant à eux, 3 433 millions d’hectares représentaient en 2005, 69 % de l’espace nourricier. Au total (terres de labour et de pâtures), 78 % de cet espace nourricier sont réservés à l’engraissement des animaux… alors que huit cent millions d’humains sont en disette chronique !

La croissance démographique (+1.3 % /l’an) nécessite des espaces accrus au détriment des cultures vivrières dont chaque année la place se réduit : du fait de l’épuisement des sols (1.3 % l’an), de la désertification (0.39 %), de la salinisation (0.1 %) et du déclassement des terres arables (résidentiel, tertiaire, industrie, réseaux 0.11 %), ce dernier phénomène est amplifié par le mécanisme de la rente foncière : le changement d’affectation se faisant immanquablement vers la valeur de sol la plus élevée.

Et de plus nous devons évoquer, non plus « la fonte progressives des glaces mais une débâcle des calottes glaciaires entraînant une hausse rapide et beaucoup plus importante des eaux. Un seul mètre de hausse mettrait en danger pas loin de cent millions de personnes dont dix d’Egyptiens, trente de Bangladais, le quart des habitants du Vietnam »… Nous sommes incapables de vous donner les chiffres de terres perdues, car il n’existe pas d’évaluation géographique globale des surfaces fertiles par mètre de montée des eaux.

A cette perte de 1.9 % / l’an évoquée plus haut ; il faut pour évaluer l’involution de l’espace de culture par habitant ; y adjoindre l’impact annuel de la démographie : de 1.1 à 1.3 % / l’an. Ce total de 3 à 3.2 % laisse prévoir une division par deux de l’espace des cultures vivrières : (de 0.146 à 0.073 hectare/habitant) d’ici 2030-2031 et de ce fait, peut-être avant cette date : l’épuisement irréversible de la terre par surexploitation, de notre mère nourricière : l’humus.

Le seul moyen personnel et immédiatement efficace, de tenter de prévenir cette catastrophe est, non pas de supprimer, mais seulement de réduire une certaine surconsommation de produits animaux, telle que présentée ici dans ce tableau.
Il est manifeste que le gros des 33 % du tonnage des récoltes réservées aux animaux d’élevage relève principalement de la colonne de gauche des nantis. Cela signifie, que la réforme diététique qui doit être engagée sans tarder, doit l’être en priorité dans le groupe des nations favorisées. Le code la constituant devrait être inculqué – à l’aide d’un matériel pédagogique adapté – dès l’âge le plus tendre. Un âge, disons huit ans voire plus tôt, où l’on est encore sensible au caractère sacré de toute vie, à la souffrance imposée aux animaux « domestiqués » tout au long de leur triste parcours « d’élevés » industriellement et se terminant dans l’horreur de l’abattage en série.

C’est dire que la diététique – qui dans les circonstances présentes et du proche futur va devenir l’art primordial de survivre – doit être enseignée sans tarder aux différents corps professoraux. Et que cet enseignement devra être totalement dégagé des idéologies consuméristes qui servent si bien les intérêts des nombreux lobbies déjà évoqués.

Cela est d’autant plus urgent que ce groupe, des classes populaires dans les pays riches, est menacé par une catastrophe sanitaire… dont l’obésité galopante serait la prémisse ! Laissons la parole à l’ingénieur agronome Claude Aubert, pionnier de l’agriculture biologique:

L’Ecologiste N° 23 septembre 2007, L’élevage une menace pour l’environnement.

« Curieusement, la croyance que la viande rend fort, qu’elle est indispensable à notre santé reste profondément ancrée, alors qu’on sait aujourd’hui qu’une consommation importante de produits animaux, et en particulier de viande rouge, a de nombreux impacts négatifs sur notre santé. Elle favorise notamment le cancer du côlon, les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’hypertension. A l’inverse, les principales sources de protéines végétales – céréales et légumineuses – jouent un rôle protecteur vis-à-vis de ces maladies.
Aux risques de maladies non transmissibles liés à la surconsommation de produits animaux viennent s’ajouter les problèmes de contaminations microbiennes, sans oublier les pathologies imprévisibles comme la maladie de la vache folle. »

L’institut de veille sanitaire (INVS) a rendu publiques, mardi 21 octobre 2003, plusieurs études épidémiologiques afin de donner la photographie la plus précise possible du cancer en France et dans les autres pays européens. Ce document fait apparaître, en ce qui concerne la France, une augmentation de 63 % du nombre de nouveaux cancers en vingt ans, (…) L’une des études met en relief le mauvais classement de la France au sein des pays européens : chez les hommes, la mortalité est y la plus élevée du continent…
Le Monde, p.10, 22/10/2003

Enfin, selon un rapport de l’OMS (2005). « Les maladies liées à l’environnement et aux modes de vie et d’alimentation sont responsables de 75 % des 49 millions de décès recensés chaque année sur Terre…
Sans réelle prise de conscience, sans ‘désir et vouloir’ personnel de réforme, sans volonté de transmettre l’information… surtout par l’exemple ; il risque de ne plus y avoir de futur !

Ce phénomène global du changement climatique ne va pas se traduire par un réchauffement uniforme : si par exemple, la Bretagne va peut-être bientôt grelotter, le Gulf Stream se mettant aux abonnés absents. Le tour de la Méditerranée, par contre, est promis à une désertification généralisée et déjà bien visible. Dans notre région, nous savons tous que nos forêts partent en fumée. Ainsi de celles de l’Estérel dès 1961… ouvrant un chemin libre au mistral dont l’effet d’aridification est maintenant ressenti jusqu’à Antibes. De proche en proche, les collines de l’arrière-pays ont perdu leur parure forestière, et plus grave encore le gros de la couche d’humus. Le pouvoir de rétention des eaux fluviales s’en trouve affaibli et les eaux de ruissellement entraîne les ‘terres mortes’. Ne reste que de maigres garrigues, proies faciles pour les incendies de plus en plus fréquents.
Dans la seconde moitié du 19e siècle un phénomène analogue mais localisé s’était déjà produit dans le haut pays Niçois. Problème en partie lié à l’introduction de la pomme de terre dans les vallées. La meilleure productivité de cette plante s’était traduite par une forte croissance démographique… et les surfaces affectées aux nouvelles cultures et au développement de l’élevage, avaient été gagnées, en bonne partie sur les forêts. Les pentes exposées ayant perdu leur pouvoir de rétention des eaux, l’érosion par endroit devint menaçante – en témoignent les roubines, comme autant de balafres sur certains versants. Dans les fonds de vallée des villages et des hameaux furent menacés. Tout le monde ici a gardé le souvenir de la catastrophe de Roquebillière et des menaces qui persistent en aval de Saint-Etienne de Tinée.
De nos jours, les vallées de l’arrière pays sont menacées à leur tour… et pas seulement par l’incendie. L’ozone – provenant de la décomposition des oxydes d’azote liés à l’intense trafic routier (principalement côtier) – attaque les feuillages dans la zone des 800 à 1200 mètres d’altitude et, vous avez dû le constater, les conifères en sont les premières victimes. Nous autres gens des vallées, que pouvons-nous faire pour ralentir cette gangrène de l’aridification, voire reconquérir une certaine fertilité des sols cultivables et forestiers. Car, d’ici peu, la valeur la plus sûre résidera en un certain degré d’autonomie… alimentaire particulièrement. Cela devrait impliquer une action forte en faveur de la conservation et de la régénération des sols fertiles et donc une mise en veilleuse de la promotion immobilière. Les activités du bâtiment devant se réorienter vers la réhabilitation thermique de l’existant.
Que pouvons-nous faire pour « ré-harmoniser » notre économie… avec des journées neige qui vont aller décroissant ; une pratique alpine qui maintenant tient du folklore ; des itinéraires de randonnée trop souvent à l’abandon ; des petits réseaux d’irrigation oubliés, envahis par les pierres folles et les ronces et qui n’alimentent plus les potagers individuels. Toute cette aridification rampante prépare des catastrophes. Le mitage irréversible des terres de pâture hivernales a réduit l’élevage à presque rien. De ce fait, les prés d’altitude ne sont plus pâturés ou fauchés. Les épais matelas d’herbes mortes couchées sont devenus de parfaites glissières pour les avalanches dévastatrices, emportant même les forêts au passage. Les villages sont en partie devenus des villages dortoirs. Que faire pour réduire les charges liées au transport en voiture individuelle ? Pour ceux qui sont astreints à ces trajets , pendulaires journaliers, ces charges peuvent manger le quart du salaire.
Toute la région doit repenser un système de transport moins polluant, donc collectif : Réseau côtier électrique plus cadencé. Dans le transversal, tramway et doublement-électrification de la voie ferrée Nice-Digne jusqu’à Annot. Le niveau de la voie devant être relevé dès Nice à la cote 16 mètres. Depuis l’entrée des vallées, dessertes bus, cadencées en fonction des besoins locaux journaliers et des pointes touristiques.
Ces questions risquent de rester dans le vide, si d’abord nous ne prenons pas conscience, de l’impasse dans laquelle par étourderie, aveuglement volontaire ou non… nous nous sommes fourvoyés… et plus grave encore, fourvoyons nos enfants.
Va s’ajouter à moyen terme et comme déjà évoqué ; l’insoluble problème de la montée du niveau des mers. Cela va affecter tout le littoral et la partie basse des plaines côtières. Le premier signe en a été l’accélération inattendue de la montée du niveau marin. Pour la période 1990-2006, la prévision était de 2 mm/an ; la réalité est de 3.3mm soit + 60 % par rapport à la projection du GIEC. L’écart pourrait découler de la difficile modélisation du comportement des glaciers. Cette montée tient d’abord à la dilatation des eaux océaniques qui se réchauffent. Ensuite, en zones subpolaire et même polaire la vitesse de translation des glaciers s’accroît ainsi que le débit des torrents ou fleuves émissaires. En témoigne les fiords et baies glaciaires du Groenland encombrés d’iceberg géants dont pour certains la hauteur aérienne frise les 500m ; alors qu’il y a un demi siècle un iceberg de 40m était perçu comme un mastodonte.
Mais il y a infiniment plus grave. Les eaux de l’Atlantique qui ‘lèchent’ le continent antarctique se réchauffent plus vite que nulle part ailleurs (+ 3.6°), ce qui fait que l’ouest de la calotte glaciaire du continent antarctique – et qui repose sur une pente régulière s’enfonçant progressivement dans l’océan – risque de perdre son encrage sous-marin… et l’on pourrait assister à une vraie débâcle.
Ce différentiel de 60 % suffit déjà à amener le curseur de hausse prévue : entre 0.4-1.4 mètres dans plusieurs siècles à 0.6-2.2 mètres, et dans des délais bien plus courts – chiffres d’ailleurs probablement sous-estimés, la désintégration des calottes, Groenland comme polaire, n’étant pas linéaire. La fonte des parties les plus menacées : Groenland au nord, au sud, péninsule ouest et mer de Weddell ; se traduirait par seize mètres de montée des eaux océaniques !
Source GIEC, Poznan, 1er au 12 décembre 2008 et Monde diplomatique, décembre 2008
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Les propositions qui vont maintenant être évoquées et discutées demandent toutes des moyens importants. Or nos petites communes sont pauvres, pauvres parce que très petites. Récemment, lors d’un périple en Scandinavie, j’ai découvert qu’en Suède, le nombre des communes n’atteignait pas 300 et que plus de 40 % de la totalité des recettes fiscales leur étaient attribuées. L’unité d’intervention dans le haut pays niçois est à l’évidence le bassin versant des quatre principales vallées : Var, Tinée, Vésubie et Roya. La première exigeant une coopération interdépartementale, la dernière franco-italienne. Il reste, sans attendre de souhaitables mais hypothétiques regroupements, à trouver les structures syndicales ou associatives qui faciliteront la collecte des fonds et le travail en commun.

Objectif n° 1 : Préservation des forêts et régénération de leurs sols.
L’Australie est d’abord un désert. Au sud-est, endroit le plus frais, on y fait même du ski, se trouvent d’immenses forêts, d’eucalyptus principalement… se trouvaient car elles sont parties en fumée. Les Australiens, les meilleurs ‘supporter’ du président Bush, niaient le changement climatique et pour eux : « Leur façons de vivre et niveau de vie n’étaient pas négociables ». Or tout au Sud et plus qu’ailleurs, l’océan se réchauffe et les pluies se font rares. L’eau est rationnée à Melbourne et Sidney, les puits sont vides, les nappes phréatiques au plus bas. L’Australie a simplement dix ans d’avance sur PACA.
La mise hors feu de nos forêts… tout le monde le souhaite (sauf les incendiaires !) Mais pour cela – conjointement aux mesures de prévention comme le débroussaillage tous les trois ans et sur cinquante mètres de part et d’autre des routes – il faut régénérer les sols forestiers… avec précisément les composts et broyas tirés du débroussaillage et de tous les déchets végétaux de la vie journalière. Il faut également choisir les espèces d’arbres dont ‘l’évapo-transpiration’ diurne la plus intense peut aider à rétablir localement un régime de pluies plus réguliers. Nous avons eu, dans le Var ; œuvrant avec efficacité et démontrant toutes sortes de procédés (comme les cultures de fruits et légumes sans irrigation sur terrain calcaire) ; dans les années 60/70, un certain Jean Pain disparu précocement… et qui dans le monde entier est considéré comme le pape des composts et de la régénération des sols forestiers. La méthode existe, expérimentée avec succès, la documentation est accessible. A nous de savoir ce que nous voulons pour notre région… Le désert d’une Australie bis ou pas ?

Objectif n°2 : Réintroduire l’élevage dans les montagnettes des Préalpes, en vallée et en altitude. Moyen de lutte contre l’incendie.
Cet élevage semble être le moyen efficace, voire économique de lutter en basse et moyenne altitude contre l’embroussaillement des pentes, et plus haut, dans la prairie alpine, de faire régresser les ‘matelas’ d’herbes mortes couchées, et partant les avalanches. Le quadrilatère Sospel, Saorge, Puget-Théniers (voir Annot)-Cagnes offre des dizaines de milliers d’hectares à la pâture du mouton Préalpe. L’été, avec une courte transhumance, une partie de ces troupeaux pourrait être affectée à l’entretien des prairies d’altitude, là où la pente forte l’interdit à la pâture des bovins. A ces derniers, génisses et jeunes bœufs, seraient réservées en été une partie des prairies d’altitude à faible pente. La dernière partie, la plus accessible étant fauchée mécaniquement puis stockée dans les fenils des vallées. En complément de fourrage, les lambeaux de prairie qui subsistent en dépit du ‘mitage’ généralisé devraient sans tarder être impérativement réservés à la nourriture des bestiaux.
La commercialisation de la viande : Le label « Haut pays niçois » avec qualité biologique garantie, peu de transports, un abattoir de taille modeste spécialement affecté à cet usage et situé à proximité du coude du Var. Enfin un circuit court de distribution devrait assurer, aux éleveurs, tout au long de la chaîne commerciale, une rétribution correcte ; et pour le « Haut pays » une nouvelle notoriété… sans parler des conséquences bénéfiques sur la santé des consommateurs.
Complément de ressources des éleveurs. En plus des pâturages de vallée, là où les anciens réseaux d’irrigation seraient réhabilités, l’on devrait promouvoir une horticulture à haute valeur ajoutée : légumes et petits fruits adaptés aux microclimats locaux. Ces productions de qualité biologique, bien entendu, profiteraient du même circuit court de distribution de la viande… et de volailles également. Les terres affectées à cet usage seraient enrichies par les litières provenant de la stabulation hivernale.

Objectif n° 3 : Réhabiliter, on devrait même dire, remettre à la mode, les jardins potagers municipaux à usage privatif et réservés aux résidents. En principe, les lopins facilement irrigables par gravité devraient être répertoriés et avec intervention des mairies, concédés par bail aux demandeurs. Psychologiquement, c’est là le premier pas pour sortir de la ‘monoculture’ de l’exploitation touristique et pour reconquérir un peu d’autonomie. Cela mériterait d’être développé plus longuement.

Objectif n° 4 : Réorienter les activités du bâtiment vers la réhabilitation thermique des logements ; en priorité, de ceux occupés en permanence. Au niveau de chaque vallée, à moins que cela se fasse en coopération avec l’université, il serait souhaitable d’organiser de courtes cessions de présentation du matériel existant et de produire des fiches ou notices de mise en œuvre, et de bonne exécution des travaux. Dans chaque mairie, cela pourrait être mis à la disposition des entrepreneurs. Enfin, les mairies pourraient participer à l’exécution d’un cahier des charges type qui faciliteraient les demandes de crédit des particuliers auprès des banques locales. Par réhabilitation thermique, nous entendons également toute utilisation de captage d’énergie renouvelable.

Objectif n° 5 : Développer dès l’enfance et avec participation de ‘l’école’ une culture active écologique. Se servir d’un incinérateur dans chaque vallée, sans distinguer : A – ce qui balance de la dioxine (les sacs plastiques particulièrement). B – ce qui est facilement recyclable (carton, papier, verre). C – ce qui est vivant (épluchures, déchets de légumes et fruits) et qui devrait retourner à la vie… est tout à fait condamnable ! A propos du point C, nous pouvons proposer un scénario : chaque classe d’école primaire dispose à proximité d’un lopin potager. Les élèves participent à la culture avec le maître, maîtresse. Un accord est trouvé sur ce qui doit être planté. Chaque lopin à ses deux treillis circulaires à compost. Il est remis à chaque élève un petit seau portant la mention : compost, école… classe… L’enfant le ramène à la maison et doit veiller à ce que rien de ce qui est vivant ne parte à la poubelle. Une à deux fois la semaine le seau est soigneusement déversé sur le compost. Les enfants (d’abord sous surveillance) veillent eux-mêmes à le retourner, l’aérer et maintenir le bon taux d’humidité… et quand le temps est venu : de l’incorporer à la terre. La veille du jour de fête de l’école (ou tout autre jour) légumes et petits fruits servent à confectionner des tartes ou autres plats, et les parents sont invités à goûter les productions biologiques de leurs enfants. Ajoutons que cela se pratique à l’école Freinet de Vence depuis trente ans et que le professeur principal m’avait permis d’être l’instigateur de cette pratique.
De petits gestes ou pratiques pour le sauvetage de notre écosphère font plus que les discours grandioses (La maison brûle) jamais suivis de réalisation. Quant aux enfants sagement assis sur les bancs d’école, ils me font penser à ces oies en batterie du Périgord, et que l’on gave.
L’apprentissage de la vie sociale ne se fait réellement 1 – qu’en famille, si les parents ne démissionnent pas… 2 – en équipe, 3 – et, au-delà des ‘humanités’ si nécessaires, en imitant le geste de celui qui connaît le métier… et qui le transmet avec le moins de paroles possible. Si les bureaucrates qui la contrôle, ouvraient l’école à tous les gens de métier (des métiers qui méritent ce nom et non pas des occupations), le monde pourrait changer très rapidement ; c’est à dire redevenir vivable.
Quant aux inévitables transformations des métiers de la montagne et au métier de guide en particulier, notre syndicat est en train de faire tardivement sa révolution écologique… et nous pourrons dans quelques temps en reparler utilement… si vous me tolérez encore.

Merci de votre accueil et de votre coopération.

Guy Demenge

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Déjà paru en 2009 pour independenWHO :

Ce bon-homme semble aussi sortir d’un livre; rien qu’en l’écoutant parler sans discontinuer. Ce petit homme souriant aux yeux couleur d’un fond de sérac pourrait sortir en effet directement de nos livres de chevet: « les conquérants de l’inutile » de Lionel Terray dont il a été le compagnon de cordée (c’est lui Melchior le guide) et « L’amateur d’abîmes » de Samivel dont il est lié non seulement par sa même passion dont il a fait son métier mais aussi par sa naissance, (Samivel est le cousin germain de sa mère).

Guy Demenge dit Melchior a lui aussi plus de 80 ans, et rien que 60ans d’alpinisme dans ces crampons; guide de haute montagne (Chamonix-Nice, CAF Lyon etc), il a fait des expéditions en Himalaya (3), dans les Andes, au Groenland etc.

C’est avec Terray qu’il a fait plusieurs expéditions dans les Andes, il a été aussi compagnon de Rébuffat, Lachenal, Frison Roche, Bonatti, Cassen, etc… et a connu d’autres pionniers avant qu’ils donnent leur nom à du matériel ou des voies; Frendo, etc…

Ainsi il existe un « éperon Demenge » par exemple sur

http://alpessudnet.free.fr/cougourd2.html mais il en a fait d’autres, pas toutes répertoriées, et pas une de droite…il n’aime pas cela, il préfère les courbes.

Lorsqu’il parle, on a envie de l’enregistrer car cela se déroule comme un film sans fin mais aussi parce ce que l’on manque de connaissance pour tout saisir… Quand je lui demande d’écrire ces histoires, il croit que son histoire est banale de nos jours, le modeste personnage ne se rend pas bien compte qu’il est un témoin de l’Histoire et pas seulement de l’épopée de l’alpinisme moderne pour beaucoup de générations; on a besoin de ces témoignages.

Il écrit depuis peu pourtant, pas sur sa vie mais sur l’homme: son histoire, sa culture, son environnement et ses déviances historiques toujours d’actualité.

Il a une écriture unique comme son parler, on se perd dans ces chronologies, il jongle avec l’espace et le temps et il le fait exprès; il est libre comme en montagne où il faisait des premières sans le dire. L’ordre et la vanité ne l’intéressent pas. Sans comprendre tout, on le suit volontiers, intarissable, le chemin est agréable et il assure puisqu’il est guide… altruiste.

Il souffre d’une dégénérescence de la macula, et attend une prochaine opération de la cataracte. Il était en excursion dans les montagnes quelque part au delà de la Turquie, il pleuvait la-bas les jours qui ont suivi le 26 avril 1986.

Durant sa longue période dans les alpes du sud, il a collaboré (conférences, éditions) avec Jean Pain sur ce qu’on appelle maintenant le BRF (bois raméal fragmenté (Jean Pain était le précurseur et n’as pas été reconnu comme tel au départ…) Sur les hauteurs de Nice, il faisait pousser des tomates sur des broyas végétaux et a mis au point des broyeurs adaptés (voir son neveu Mr Bonvallet http://www.jean-pain.com/). Car la zone méditerranéenne est promise à la désertification si les « locaux » ne prennent pas en main leur destin (voir notes sur conférence à Vésubie)

NB: (Jean Pain, Claude Aubert aussi est cité, tout cela avec Rabhi, Réseau semences Paysannes, Solagro, PROMMATA, Soltner, Steiner, Maria Thun etc… on a vu ça dans les 4 saisons…)

Amateur d’art, il a été décorateur, architecte. Il collabore à des revues d’art et d’archéologie. Adorant la Turquie, l’histoire des Kilims entre autres le passionne, ces tapis orientaux anciens dont certains en lambeaux ornent son appartement où il s’assoit, dort et mange à l’orientale.

A la question adressée à un vieux montagnard sur le meilleur moyen de lutter contre cette bêtise humaine, il répond qu’il n’y a que le message de deux bonshommes à retenir, c’est celui d’un certain Dalaï Lama et l’autre se prénomme Thomas; il y est question entre autres d’arbres 1er,2, 3, 4 voire de cinquième arbre…(voir les écritures…)

Ensuite, il a cité un autre personnage qui s’appelait Héraclite qui aurait dit quelque chose du genre: « entreprendre l’impossible » puis il a fouillé dans ses notes pour ressortir la phrase exacte: « Si tu ne cherches pas l’inespéré, tu ne trouveras pas » mais cela veut dire la même chose, non ?

Une autre réponse est dans sa conférence « en Vésubie »:agir localement donc « humainement ».

Il recherche toujours des éditeurs pour ses ouvrages très instructifs:

- Quid de l’énergie, Voyage au royaume de l’intox

- le baril serait-il devenu le maitre du monde ?

- L’idéologie chrétienne à origine de la technique moderne

- Esquisse d’une explication du Fordisme

- Kilims, Origine Présumée des Tapisseries d’Anatolie en Fibres Animales

(Ajout : En 2018 Jonathan son deuxième fils a publié les écrits de Guy Demenge sur:
http://guydemenge.blogspot.com/ )

 

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&& 11 avril 2014

Le guide de haute montagne Guy Demenge dit « Melchior » a déroché de l’humanité.

Le conte africain dit que lorsqu’un ancien meurt c’est une bibliothèque qui brûle, celui-ci était un guide qui avait aussi parcouru le Kilimandjaro, alors le conte africain devrait préciser que non seulement c’est une bibliothèque qui brûle mais c’est aussi un pan entier de montagne qui s’effondre.

Il était guide de haute montagne à Chamonix puis à Nice et St Martin Vésubie, né en 1929, il avait été compagnon de cordée de Lionel Terray et bien connu quelques autres comme Rébuffat, Lachenal, Frison Roche, Bonatti…

Il faisait aussi des conférences avec Jean Pain qui développait déjà les utilisations de broyats végétaux pour améliorer les terres arides avec le réchauffement climatique qui prend de l’ampleur.

Il était membre de Contratom Genève.http://www.contratom.ch/spip/

C’était lui qui m’avait donné la corde de Fritz Wiessner

http://crasputas.canalblog.com/archives/2012/11/30/25705753.html

A Creys Malville avec ses collègues (LeBreton, Bernard, Fournier etc ils faisaient des petites démonstrations aux paysans des alentours en « jetant des morceaux de sodium dans l’eau » pour montrer l’effet dévastateur que le surgénérateur pouvait engendrer…

Il faisait parti des vétérans des vigies devant l’OMS. www.independentwho.org

Nous y sommes toujours depuis le 26 Avril 2007 à cette chaîne humaine.

Comme Samivel a œuvré pour le parc de la Vanoise, lui a œuvré pour le parc du Mercantour et pour limiter la casse sur le mont Blanc (projet de téléphériques et autres pestilences immobilières) (etc)

Érudit, ce cousin de Samivel et de la femme de Tom Morel, m’avait passé quelques bouquins; je me souviens des deux premiers « la menace nucléaire » de Gunther Anders et « Comment ne pas penser » de Bernard Charbonneau, puis « Ecologica » « L’adieu au prolétariat » d’André Gorz etc
Son père s’appelait André, cette période a bien sûr marqué sa vie, il a continué la résistance de son père à sa façon.

Il laisse un grand vide, mais ce petit homme a fait parti de ceux qui nous ont ouvert la voie…

Il incarnait avec d’autres que l’on croise sur ces chemins cette volonté de non puissance décrite par Ellul. J’ai pu voir ainsi un Albert Jacquard ou d’autres moins connus comme Jean-Baptiste Libouban, Paul Roullaud. On en croise toujours dans sa vie de ces personnes rares paraissant fragiles mais qui durent le plus longtemps car ils ont l’art ou la science ou cette sagesse inscrite en eux. Un bon montagnard est un vieux montagnard.

C’était lui  l’écologiste  candidat aux législatives à Nice en 1978, Samivel lui avait fait son affiche.

ecotopie

Le dernier adieu lui a été rendu ce jeudi 10 Avril 2014 au crématorium de Bonneville en Haute Savoie juste au bord de l’Arve impétueuse. Ses cendres remonteront le courant et s’éparpilleront là-haut avec les « amateurs d’abîmes », ceux de « Hommes, cimes et dieux » et autres « fous d’Edenberg », « conquérants de l’inutile ».

Le dernier bouquin qu’il m’avait prêté a été rendu à ses enfants, il y a une dédicace dessus; c’était lui, « l’œil émerveillé ».

Cette prise de conscience par la beauté naturelle décrite par Samivel, il l’avait développée toute sa vie.

Adieu compagnon

La lutte continue.

Quincy 11 Avril 2014

onebee

 p9 «  on n’oublie jamais ce genre de découverte. Elles en suscitent d’autres, développent certaines capacités d’attention, confèrent à l’imagination une tournure heureuse, indiscutablement, puisqu’elle rend heureux. Un sorte de grâce tombée du ciel, le don des curiosités et des émerveillements . C’est l’apanage  naturel de l’enfance, l’héritage de quelques rares adultes, et le secret le plus profond des existences bien remplies.
Il faut remarquer  le caractère  libre et gratuit de ces expériences initiales. Plus tard et dans la majorité des cas, divers préjugés viennent perturber le contact, ou bien la notion d’intérêt intervient […] L’esprit sélectionne les informations et n’en retient que les rentables.
Un chêne digne du Poussin, ou de Chateaubriand devient un arbre en boule pour un pauvre diable de militaire, ou X tonnes de bonnes planches au sentiment d’un patron de scierie. Il s’agit d’une cécité mentale acquise et elle entraîne la disparition de nombreuses sources de joie.
Le privilège associé aux premières années réside dans une vision pure et cristalline, antérieure à tout jugement conditionné, où chaque objet est traité avec un respect instinctif, apprécié pour lui même, et indépendamment de  toute hiérarchie utilitaire,[…]

p12-13  Les manuels de savoir-vivre de la « belle époque » assuraient avec ensemble que la curiosité est un vilain défaut. C’est aussi une qualité rare, tout dépend évidemment de l’objet et des intentions. Au seul sens qui importe ici, elle exige au départ une attitude à l’opposé de l’égocentrisme .
Ou bien, sous la pression d’un milieu, d’un métier, l’individu se résigne peu à peu à évoluer en circuit fermé, tournant en rond dans les mêmes décors, piétinant ses propres traces, confronté à des situations analogues, et ruminant les mêmes cogitations…. L’expérience prouve hélas que cette manière d’être , ou ne pas être, reste à la fois la plus inconsciente et la plus répandue. Elle  évoque péniblement l’image  d’une coquille  durcie, pétrifiée, dont nulle spirale n’amorce l’évasion.
Ou il parvient à éviter cet encerclement  et demeure ouvert à tout ce qui est autre, situation plus aventureuse car elle comporte inévitablement des chocs et des erreurs, mais aussi seule favorable aux accomplissements personnels . La curiosité ajoute encore à cet état de vacance et d’attente […] C’est un mouvement vers les choses qui exige en premier lieu une distribution claire de  ses propres limites.. A partir de cet inventaire naissent des vides qu’il faut remplir, des énigmes qu’il faut résoudre, d’où cet élan interrogatif qui ne peut surgir qu’à un certain niveau de conscience. La médiocrité n’est pas curieuse. Elle fait toujours preuve de narcissisme, projette son ombre sur le vaste monde, et s’en trouve comblée.
L’émerveillement est un second cadeau des fées qui s’ajoute souvent au premier quand  l’objet en vaut la peine et que les circonstances sont propices. On pourrait le définir comme une sorte de stupeur admirative immédiatement  suivie  d’un heureuse envolée, car toute merveille invite peu ou  prou à entrer dans la danse , à participer à la fête. Une attitude initiale de modestie est une chance à mettre de son côté. Elle est naturelle à l’enfant qui pénètre  dans un espace où tout est encore à inventorier, à acquérir.  Il regarde, il écoute, il interroge, il enregistre. Mais l’homme  fait est bien loin d’une telle simplicité.  Il lui faut la redécouvrir  au-delà des brumes de toutes sortes  d’illusions  concernant sa propre importance en tant que poussière de poussière  dans un univers de milliards d’astres  et d’années. L’effort implique une perception déjà raffinée , des  mises au point parfois déchirantes, une philosophie de granit, en outre un mépris total des snobismes, test éloquent, comme on sait, d’intelligence. Car pour se déclencher, produire son plein effet, l’émerveillement doit en quelque sorte fulgurer sur un sol vierge, dans un mental nettoyé de toute accoutumance, en état provisoire de candeur et de naïveté . Voici le mot lâché et c’est pour faire naître  quelque part l’admirable sourire de supériorité intellectuelle dont nous connaissons vous et moi le dessin et qui, parant justement le visage d’un sot au moment précis où il en administre la  preuve, demeure l’un des spectacles réjouissants de l’existence.
Cette perte de mémoire systématique, cette remise au point mort de facultés d’enthousiasme, désormais en état de disponibilité totale, ressemble fort à une entreprise désespérée chez un homme  marqué et enseigné par toutes sortes d’expériences. Et pourtant il arrive plus d’une fois que l’ardoise se trouve effacée , et que le miracle se produise. Mais on peut douter que  la volonté y soit pour quelque chose car ici justement réside le don. Et Faust en quête de jeunesse perdue, n’a jamais deviné que c’est celui-là et nul autre qu’il fallait solliciter de Dieu. Ou du diable.  […]
p16 [l’œil] L’intuition l’a   décrit comme un miroir de L’âme […] bien avant que les explorateurs de ce nouveau labyrinthe n’en soient venus à soupçonner qu’il pouvait aussi s’agir d’un miroir du corps. […] p20 Les yeux sont autant faits pour voir que pour être vus.
[…] p23-24 Des images à vrai dire, il s’en présente par myriades. Même on en fabrique tant à notre époque qu’elle est apparemment saturée. Mais celles auxquelles je pense ne doivent rien aux arts ni aux techniques : ce sont des visions brutes, fondamentales, données sans intermédiaires ni retouches par la Nature, et savourées naïvement comme telles, parfois jusqu’à l’extase.
[…]  C’est le signe, je suppose, grâce auquel on a pu de tout temps discerner les vraies richesses, celles qui suscitent l’homme au lieu de l’étouffer. Sa conquête n’exige aucun moyen matériel, aucune opulence préalable, au contraire. Elle n’en est pas pour autant à la portée de tout le monde, car elle dépend en premier lieu d’un état d’esprit qui rejette la plupart des jugements de valeur auxquels souscrivent des foules passives et conditionnées.
Au fond ce que je tente de suggérer c’est une méthode de joie. Pour qui sait voir, et tout est là en l’occurrence, le mondes des formes, des reliefs, des couleurs, de la vie, demeure une source intarissable d’émerveillements. Les vieux mythes décrivent des paradis perdus, et ne  manquent jamais de préciser qu’ils le furent par un faute, une distorsion de la conscience , une erreur d’attitude. Il suffit peut-être de la rectifier pour que chacun d’entre nous retrouve sa Toison d’or. En fait la résurgence procède  d’un certain regard sur les choses ;  très neuf ou très ancien , comme on voudra. Alors certaines voiles se déchirent et l’on fait une bizarre découverte : au niveau des éblouissements  désintéressés, le paradis terrestre, c’est simplement notre terre, notre  admirable planète, le grand jardin des hommes, l’aîné des héritages, que des malfaiteurs publics  s’appliquent à dilapider. Et s’ils se livrent sans complexe à  leur vilaine besogne, c’est d’abord  parce qu’ils ont cessé de percevoir la beauté du monde, que les ponts  sont coupés, qu’eux-mêmes sont devenus littéralement des aveugles, ce genre d’aveugles que les dieux veulent perdre.
[…]p27  [Cf Musso ] Encore, parler à présent d’une « courte minute » est un effet des montres, ces micro-machines, programmées, sournoises, dont la présence implante n’importe où « l’esprit » et les techniques de l’Europe. L’instant au contraire échappait aux mesures [propre de  l’occident de vouloir tout mesurer, classer, cartésianisme]. c’est pourquoi j’ai gardé sa mémoire, vive, intacte, imminent[…].

p30   [Groenland] Je n’en savais rien ni les autres, et j’ignorais également si ce lichen « savait », de quelque façon, qu’il était orange. L’indiscutable, c’est qu’un paysage aussi bien équilibré, à sa place exacte dans l’univers, éveillait en nous l’espèce de bien-être physique et mental que suscite toute perception.[…]

p31 Les bêtes longtemps camouflées s’ébrouaient, s’accouplaient. N’ayant jamais vu d’hommes, elles ne manifestaient aucune crainte, tout au plus une réserve polie. Des perdrix naissaient sous les pas, s’écartaient sans la moindre hâte. Des lièvres à l’orée de leurs pertuis, examinaient l’étranger d’un œil rond, impavide. Ce retour aux vieilles courtoisies de l’éden constituait une expérience assez bouleversante pour un « civilisé » du 20ème siècle. Il avait tout loisir d’évaluer avec regret, avec honte, la dégradation d’un univers qui s’était assombri par la seule faute du prétendu seigneur de la terre, la tristesse de la prison de craintes, d’incompréhensions, d’hostilités où il s’était lui-même enfermé.
Ici régnait encore une innocence primordiale. Elle n’excluait nullement les prédations habituelles entre les espèces ; et les renards pillaient les couvées quand ils parvenaient à les découvrir ; mais la cruauté était absente de ces meurtres. C’est l’homme qui l’avait inventée, et c’est elle qui faussait le jeu. […]

p38     Alors apparut, ballottée par les vagues, une épave blanchâtre qui voguait à notre rencontre. De plus près, nous vîmes qu’il s’agissait d’un glaçon de dimension modeste, tellement rongé par le sel qu’il ressemblait à un bloc de tuf, à une éponge . L’objet en lui même n’avait rien de remarquable mais il annonçait l’approche d’étranges frontières. L’homme est ainsi fait qu’il lui faut voir ou toucher avant de croire aux choses . Il sait qu’elles existent mais elles demeurent sans vertu tant qu’il n’a pas reçu le témoignage de ses propres sens. Puisque cet unique glaçon errait en plein océan, il fallait admettre que le reste était vrai, en sorte que l’univers s’enrichissait de perspectives infinies, et que les heures devenaient précieuses. »

(Samivel  « l’œil émerveillé, la nature comme spectacle » 1976)

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« Le dés-abrutissement » en hommage à « L’enracinement »

Posté par elianguesard le 1 avril 2013

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Des citations

Posté par elianguesard le 1 avril 2013

Des citations 2001.10.du1au20nepal.ghat-029_26

- Le pouvoir de l’engagement
« Tant que nous ne nous engageons pas, le doute règne, la possibilité de se rétracter demeure et l’inefficacité prévaut toujours. En ce qui concerne tous les actes d’initiatives et de créativité, il est une vérité élémentaire – dont l’ignorance a des incidences innombrables et fait avorter des projets splendides.
Dès le moment où l’on s’engage pleinement, la providence se met également en marche.
Pour nous aider, se mettent en oeuvre toutes sortes de choses qui sinon n’auraient jamais eu lieu.
Tout un enchaînement d’événements, de situations et de décisions crée en notre faveur toutes sortes d’incidents imprévus, des rencontres, des aides matérielles que nous n’aurions jamais rêvé de rencontrer sur notre chemin…
Tout ce que tu peux faire ou rêver de faire, tu peux l’entreprendre. L’audace renferme en soi génie, pouvoir et magie. »
Goethe

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- Une citation datant de 2400 ans :
« Lorsque les pères s’habituent à laisser faire les enfants, lorsque les fils ne tiennent pas compte de leurs paroles, lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu’ils ne reconnaissent plus au-dessus d’eux, l’autorité de rien ni de personne, alors c’est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie » Platon (la république)

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- Dans la vie, il y a toujours les gens qui sont plutôt progressistes et les autres, qui sont plutôt conservateurs.
Les premiers bousculent et prennent des risques alors que les seconds ont pour première préoccupation la stabilité des choses.
Les deux sont nécessaires (dualité?), à doses variables selon les situations. Pierre Bouch dans Question de société

- rejoint la déclaration d’interdépendance: « Ne soyons plus anglais ni français ni allemands. soyons européens.
Ne soyons plus européens, soyons hommes- soyons l’humanité.
Il nous reste à abdiquer un dernier égoisme: la patrie. » Victor Hugo

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-  » Je suis citoyen du monde et chevalier au service de la vérité «  Pierre Bayle

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-  » C’est n’être bon à rien de n’être bon qu’à soi «  Voltaire

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*******************http://sanurezo.org/spip.php?article216

 

LA PLUS BELLE PAGE DE L’HISTOIRE DE FRANCE

 

Il s’agit d’un fait historique qui a eu lieu au XV ème siècle, au temps du règne de Louis XI. Il fut relaté par le chroniqueur du roi Philippe de Commines. En voici l’essentiel : ayant appris qu’une puissante armée anglaise allait débarquer en France, le roi ordonna que toutes les populations du Nord soient désarmées complètement. Elles devront recevoir les soldats anglais en amis, mettre partout, dans toutes les villes, dans tous les bourgs, des tables dressées sur tréteaux, y placer d’abondantes victuailles et des outres de vin. Il disait notamment à ses sujets :

 

« Vous recevrez ces soldats anglais avec de grandes démonstrations de fraternité. Invitez-les aux banquets, vous chanterez, vous danserez ».

 

Les soldats anglais arrivant dans ces bourgs où on les recevait si gentiment se sont posé des questions :

 

« Mais voyons, notre roi nous a menti, il nous a dit qu’il fallait combattre les français qui étaient très méchants envers nous et nous nous apercevons que, partout où nous allons, nous sommes reçus avec beaucoup d’affection ET TOUT CELA SANS ARME ! ».

 

Ces propos vinrent, bien entendu, aux oreilles du Roi d’Angleterre, Edouard IV qui, bien contrarié, ne savait comment se sortir de cette situation dans laquelle ces dégoûtants de Français l’avait mis en refusant de se battre.

 

C’est alors que Louis XI a fait dire à Edouard IV :

 

« Ne vaudrait-il pas mieux traiter ? »

 

Le Roi d’Angleterre fut bien soulagé. Il accepta cette solution qu’on lui offrait et il dut signer le traité de Picquigny en 1475, traité de paix et de réconciliation.

 

Un baiser fut échangé entre le Roi de France et le Roi d’Angleterre.

 

Et la guerre qui durait depuis 136 ans fut impossible de reprendre étant donné sa fin. Le Roi d’Angleterre craignait que, s’il recommençait, les Français ne reçoivent de nouveau ses troupes à coups de victuailles et non pas à coups de boulets de canons.

 

Oui ce que n’avait pas obtenu ni Du guesclin, ni Jeanne d’Arc par leurs armées victorieuses, Louis XI, lui, l’a obtenu par son peuple désarmé.

 

VOILA POURQUOI NOS MANUELS D’HISTOIRE N’EN PARLENT PAS !

 

C’est l’occasion de citer une belle phrase, pleine de bon sens, de Bertrand Russel :

« Pas un seul des maux que l’on veut éviter par la guerre n’est un mal aussi grand que la guerre elle-même ».

 

DÉSARMEMENT = SÉCURITÉ + PROSPÉRITÉ

 

Georges Krassovsky.

« Celles et ceux qui discutent sans fin des coûts et des « mérites » comparés des différentes technologies nucléaires ne sont pas mes héros, ni même mes ami(e)s. »

 

«  … Les occasions de nous émouvoir ne manquent pas et pourtant rien ne nous a vraiment touchés. Ni les mises en garde répétées des hommes de science, des intellectuels, des militants de toute conviction à propos de la situation jugée préoccupante où nous ont jetés nos sociétés de consommation et de profit – ces monstres froids que nous servons avec tant de zèle ! – ; ni les mauvaises nouvelles dont se délectent nos quotidiens et qui sont le temps fort du journal de 20 heures, lorsque nous partageons ensemble ce grand festin de souffrance et de morts ; ni les menaces qui se rapprochent de nos cités ; de nos maisons et bientôt de nos vies et qui nous laissent poursuivre, imperturbables, le même sillon, la même ornière comme les aveugles de Breughel ; ni même le témoignage de ceux qui ont marché sur la terre, aventuriers d’un monde bientôt perdu, et qui répètent à l’envi notre devoir de protéger cette incroyable oasis échappée des ténèbres ; ni cette accumulation de faits, de preuves, d’images, de livres qui ajoutent encore et encore au poids de notre indifférence.

 

Comme un manteau de plomb sur nos épaules.

 

Pourquoi ne pas tendre la main, donner ce que nous avons en excès, marcher ensemble dans la rue, demander des comptes aux gouvernants, prendre les armes ? Pourquoi laissons nous faire ? Et pourquoi l’espèce humaine disparaîtra-t-elle demain peut-être sans avoir quitté sa chaise, son lit, son ordinateur alors que les Cassandres maculaient partout l’horizon d’un noir épais, poisseux, sans étoiles ? N’y a-t-il rien à faire et faut-il se résoudre à penser que les Français, que les terriens dans l’ensemble, pour reprendre le mot de De Gaulle, sont des veaux ? Des veaux qui répéteraient après Hiroshima, après Tchernobyl : « Après nous le déluge ! »

 

A cette conclusion ce petit livre n’arrivera pas. Avec une lenteur exaspérante, l’homo sapiens s’hominise et gagne en conscience ce qu’il est censé perdre en barbarie. Au sortir de la nuit ancestrale, ce primate doué de raison découvre effaré l’étendue des dégâts qu’il a causé, la liste des crimes dont il s’est rendu responsable, la gravité des décisions qu’il a prises et qui hypothèquent son avenir. Et ce spectacle d’un jardin dévasté le bouleverse. Qu’un traitement semblable ait été infligé à cette planète errante autour de son étoile lui semble relever de la plus absolue méprise. Comment avons-nous pu salir ainsi l’avenir ? Comment me suis-je rendu à mon tour complice de tout cela ? Et cette prise de conscience qui intervient si tard, au moment où nos sociétés sont déjà otages du nucléaire pour les dizaines de milliers d’années prochains, appelle pourtant notre reconnaissance et nos espoirs.

 

Ces entretiens posent la question de l’engagement face aux grands périls qui, Quasimodos échappés du cerveau d’un créateur fou, dressent leur silhouette maléfique sur l’horizon. Comment s’éveille-t-on aux beautés incomparables de ce jardin bordé de nuit ? Comment éprouve-t-on l’urgence d’agir pour ceux qui souffrent ? Pouvons être touchés ? Avons-nous le don des larmes ? »

 

Théodore Monod et Jean Philippe de Tonnac

« Révérence à la vie » (conversations de Théodore Monod avec Jean-Philippe de Tonnac)

 

Criminaliser les différences, voilà tous les racismes !

 

Après l’antisémitisme institutionnel, voici l’islamophobie institutionnelle, et son affligeant cortège médiatique de sanguinaires propagandes guerrières.

 

… Connaissez-vous cette histoire du soufi qui arrive à la porte du Paradis, tout étonné de se trouver là ?

_« Pourquoi serais-je convié à fouler l’herbe de ce jardin ? », se demande-t-il.

Il avise le portier auquel il demande de lui dire ce qu’il fait là. Est-il là parce qu’il a beaucoup prié ?

_« Non, ce n’est pas pour cela », répond le portier.

Est-il là parce qu’il a beaucoup jeûné ?

_« Mais non, il n’est pas question de ça. »

_« Alors, pourquoi est-ce que je suis là ? », insiste le soufi.

_« Une nuit d’hiver, à Bagdad, il faisait très froid, tu as recueilli une petite chatte perdue, et tu l’as réchauffée dans ton manteau. »

 

Vous comprenez que cette histoire me touche. L’islam ne se réduit pas à cela, mais c’est aussi cela.

 

Théodore Monod et Jean Philippe de Tonnac

« Révérence à la vie » (conversations de Théodore Monod avec Jean-Philippe de Tonnac)

 

 

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RESTER JEUNE ( vue sur porte Ophtalmologie HUG Genève 4/09/2008)

La jeunesse n’est pas une période de la vie,
elle est un état d’esprit, un effet de la volonté,
une qualité de l’imagination,
une intensité émotive,

une victoire du courage sur la timidité,
du goût de l’aventure sur l’amour du confort.
On ne devient pas vieux pour avoir vécu un certain nombre d’années : on devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.
Les années rident la peau; renoncer à son idéal ride l’âme.
Les préoccupations, les doutes, les craintes et les désespoirs sont les ennemis qui, lentement, nous font pencher vers la terre et devenir poussière avant la mort.
Jeune est celui qui s’étonne et s’émerveille.
Il demande, comme l’enfant insatiable : Et après ?
Il défie les événements et trouve de la joie au jeu de la vie.
Vous êtes aussi jeune que votre foi.
Aussi vieux que votre doute.
Aussi jeune que votre confiance en vous-même.
Aussi jeune que votre espoir.
Aussi vieux que votre abattement.
Vous resterez jeune tant que vous resterez réceptif.
Réceptif à ce qui est beau, bon et grand.
Réceptif aux messages de la nature, de l’homme et de l’infini.
Si un jour, votre coeur est mordu par le pessimisme et rongé par le cynisme, puisse Dieu avoir pitié de votre âme de vieillard.

:le pessimisme se condamne à n’être qu’un spectateur
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« Nous entendons par autonomie celle que les populations assurent par elles-mêmes et sur leur territoire, et non la dépendance vis-à-vis d’une charité aléatoire, contraire à la dignité d’être humain, debout et responsable. » Pierre Rabhi
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« Le monde est menacé davantage par ceux qui tolèrent le mal que par ceux qui s’emploient activement à le faire. » Albert Einstein
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François Fresnaux: « c’est la fonction qui fait l’organe »
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D’une grande actualité :

«  Il nous faudra avoir la patience de reprendre l’ouvrage, la force de refaire ce qui a été défait ; la force d’inventer au lieu de suivre ; la force d’inventer notre route et de la débarrasser des formes toutes faites, des formes pétrifiés qui l’obstruent. »
Aimé Césaire
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«Je me mêle»: c’est ainsi que Germaine Tillion définissait sa façon d’être
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: Pensee du jour !

On  a demandé au Dalai Lama :

« Qu’est ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ? ».

Il  a répondu :    —>  Les hommes…

Parce qu’ils perdent la santé pour accumuler  de l’argent, ensuite ils perdent de l’argent pour retrouver la santé.

Et à penser anxieusement au futur, ils oublient le présent, de telle sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur.

Ils vivent comme s’ils n’allaient jamais mourir… et meurent comme s’ils n’avaient jamais vécu. »
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« Regarder l’essentiel » JYP
« ami, si tu te cherches, tu te verras dans le regard des autres »  Jyp
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« il faut savoir déconstruire pour reconstruire » Jean Klépal
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« La mort attrape d’abord ceux qui courent. » Lao-Tseu
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« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »  Rabelais
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dans Via info 02/2008
A la question de la salle : Que pouvons nous faire pour vous aider ?

Les femmes zapatistes répondent que toute forme de solidarité est bienvenue mais que le plus important est que chacun (ne) organise la résistance à sa façon dans son pays respectif et que nos luttes convergent pour que nous nous débarrassions des «  mauvais gouvernements » et du neo libéralisme.

« Nous ne pouvons rien attendre des partis politiques ni du gouvernement, ils n’ont de cesse de nous trahir Ya basta ! C’est nous seuls les gens d’en bas qui pourrons faire bouger tout ça »
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« C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas. » Victor hugo.
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 » Il n’y a de permanent que le changement  » Extrait du TAO.
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« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge »
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Sur Espace2:
face à l’apesanteur: la grace.
Et pour expliquer (ou exprimer) la grace: la musique.
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dans Edito d’ »Ici & Maintenant » Nov2007: …Etienne de la Boétie, expliquait dans son fameux texte: »Discours sur la servitude volontaire » que plutôt qu’aller affronter le système (ou ici la société de consommation) « il suffit de ne pas faire;ne pas éteindre le feu avec de l’eau, cesser de l’alimenter en bois ».Et sa grande idée était: »soyez résolu de ne servir plus, et vous voilà libre ». Arrêtons de servir notre ignorance ou notre avidité et nous serons libre d’apprécier le moment présent. Cite Gandhi: »Nous devons être le changement que nous voulons voir dans ce monde »
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« Ce qui est important arrive sur des pattes de colombe » Nietsche
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dans ENERGIA 11/2007 cite psychologue USA Abraham Maslow: « une personne qui manque de nourriture, de sécurité, d’amour et du respect des autres cherche habituellement à satisfaire son besoin de nourriture en premier » les besoins humains s’organisent selon une hiérarchie où ,à la base, se retrouvent les besoins physiologiques et, au sommet, les besoins d’accomplissement personnel. L’histoire montre que les priorités en politique énergétique s’organisent également (et je note:malheureusement) selon ce modèle. A la base de la hiérarchie figure l’accès à l’énergie et, au sommet, les questions environnementales et sociétales; A partir du moment où la sécurité de l’approvisionnement est remise en cause, les considérations environnementales sont balayées. » (c’est bien ce paradigme que l’on doit changer!)
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« résister, c’est créer » Lucie Aubrac
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« il y a assez de tout dans le monde pour satisfaire aux besoins de l’homme, mais pas assez pour assouvir son avidité » Gandhi
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Charles Péguy écrit au début du 20e siècle sur l’argent: « pour la première fois dans l’histoire du monde, les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles, mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l’argent »
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« il y a un autre monde et il est dans celui-ci » Paul Eluard
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« La reforestation sera le signe et l’œuvre de  l’authentique  civilisation. » Jean PAIN
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« les idées ne sont pas faites pour être pensées, mais pour être vécues »  André Malraux
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Guillaumet est sauvé. Quelques jours plus tard, à Antoine de Saint-Exupéry accouru à son secours, il décrit d’une phrase son retour halluciné, sans nourriture, dans un froid intense :
« Ce que j’ai fait, je te le jure, jamais aucune bête ne l’aurait fait. »

Citations de St Ex:

La terre nous en apprend plus long sur nous que les livres. Parce qu’elle nous résiste.
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L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle.
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Le paysan, dans son labour, arrache peu à peu quelques secrets à la nature, et la vérité qu’il dégage est universelle.
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Un spectacle n’a point de sens, sinon à travers une culture, une civilisation, un métier.
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« Répandez la confiance comme une lampe répand la lumière…  »
[Sur Guillaumet : Il répandait la confiance comme une lampe répand la lumière.]
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Ce que d’autres ont réussi, on peut toujours le réussir.
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Au cœur du danger on conserve des soucis d’homme, – soif et faim.
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Il faut que l’on nous parle un simple langage pour se faire entendre de nous.
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S’engager dans des combats sans rien connaître de l’adversaire, c’est sans savoir si l’on sort en vie de telles étreintes.
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La destinée a prononcé son jugement, et, contre ce jugement, il n’est plus d’appel… Mais le verdict n’est pas signifié à ceux qui attendent.
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Se retrancher derrière son ouvrage, pareil au moissonneur qui, ayant bien lié sa gerbe, se couche dans son champ.
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La terre est à la fois déserte et riche. Riche de ces jardins secrets, cachés, difficiles à atteindre, mais auxquels le métier nous ramène toujours, un jour ou l’autre.
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On ne se crée point de vieux camarades.
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Il est vain, si l’on plante un chêne, d’espérer s’abriter bientôt sous son feuillage.
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La grandeur d’un métier est avant tout, d’unir des hommes.
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En travaillant pour les seuls biens matériels, nous bâtissons nous-mêmes notre prison.
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On n’achète pas l’amitié… d’un compagnon que les épreuves vécues ensemble ont lié à nous pour toujours.
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En plein désert, sur l’écorce nue de la planète, dans un isolement des premières années du monde, nous avons bâti un village d’hommes.
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Il est une qualité qui n’a point de nom. – C’est la qualité même du charpentier qui s’installe d’égal à égal en face de sa pièce de bois, la palpe, la mesure et, loin de la traiter à la légère, rassemble à son propos toutes ses vertus.
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En face d’un mauvais orage, tu juges : « Voici un mauvais orage. » Tu l’acceptes et tu le mesures.
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Tu étais semblable au boxeur qui, vidé d’un coup de toute passion, entend les secondes tomber une à une dans un univers étranger, jusqu’à la dixième qui est sans appel.
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« Ce qui sauve, c’est de faire un pas. Encore un pas. C’est toujours le même pas que l’on recommence… »  ——————————————————————————–

Une fois pris dans l’événement, les hommes ne s’effraient plus. Seul l’inconnu épouvante les hommes.
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La grandeur de l’homme, c’est de se sentir responsable.
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Être homme, c’est précisément être responsable. C’est connaître la honte en face d’une misère qui ne semblait pas dépendre de soi. C’est être fier d’une victoire que les camarades ont remportée. C’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde.
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Je me moque bien du mépris de la mort. S’il ne tire pas ses racines d’une responsabilité acceptée, il n’est que signe de pauvreté ou d’excès de jeunesse.
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Quiconque lutte dans l’unique espoir de biens matériels, ne récolte rien qui vaille de vivre
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Pour saisir le monde aujourd’hui, nous usons d’un langage qui fut établi pour le monde d’hier. Et la vie du passé nous semble mieux répondre à notre nature, pour la seule raison qu’elle répond mieux à notre langage.
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La vérité, pour l’un, fut de bâtir, elle est, pour l’autre, d’habiter.
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Il semble que la perfection soit atteinte non quand il n’y a plus rien à ajouter, mais quand il n’y a plus rien à retrancher.
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Notre vue s’est aiguisée, et nous avons fait un progrès cruel. Avec l’avion, nous avons appris la ligne droite.
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« Les hommes seuls bâtissent leur solitude. » Dans un monde où la vie rejoint si bien la vie, où les fleurs dans le lit même du vent se mêlent aux fleurs, où le cygne connaît tous les cygnes, les hommes seuls bâtissent leur solitude.
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Trouver un sens à ce silence fait de mille silences.
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Ce n’est pas la distance qui mesure l’éloignement.
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Le mur d’un jardin de chez nous peut enfermer plus de secrets que le mur de Chine.
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L’empire de l’homme est intérieur.
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Le Sahara, c’est en nous qu’il se montre. L’aborder ce n’est point visiter l’oasis, c’est faire notre religion d’une fontaine.
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Les seules richesses véritables, il les a possédées ici, dans le désert : ce prestige du sable, la nuit, ce silence, cette patrie de vent et d’étoiles.
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L’esclave fait son orgueil de la braise du maître.
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Il est des tempêtes de Dieu qui ravagent ainsi, en une heure, les moissons d’un homme.
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Nul n’échappe dans la solitude à ces retours. L’autre se réveillait en lui, sans prévenir.
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L’homme libre peut posséder les biens essentiels : le droit de se faire aimer, de marcher vers le nord ou le sud et de gagner son pain par son travail.
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Eprouvez une faim profonde, le besoin d’être un homme parmi les hommes, lié aux hommes.
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Etre libre, infiniment, jusqu’à ne plus se sentir peser sur terre.
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La vraie vie du désert n’est pas faite d’exodes de tribus à la recherche d’une herbe à paître, mais du jeu qui s’y joue encore.
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La réalité perd du terrain devant le rêve…
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Faute d’aucune indication… j’ai choisi cette direction pour la seule raison qu’elle avait sauvé mon ami Guillaumet dans les Andes, où je l’ai tant cherché. Elle était devenue, pour moi, confusément, la direction de la vie.
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La chaleur monte, et, avec elle, naissent les mirages.
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Il nous faut revenir pour vivre.
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Chaque seconde de silence assassine un peu ceux que j’aime.
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Il n’y a que le social qui soit pathétique.
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La vie s’évapore comme une vapeur.
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« Les hommes ne savent pas ce qu’est une orange… »
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« Le monde dans l’ordre duquel nous vivons, on ne peut pas le deviner si l’on n’y est pas enfermé soi-même. »
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Il faut changer de perspective et faire de la dernière heure, une vie humaine.
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Encore une fois nous découvrons que nous ne sommes pas les naufragés. Les naufragés, ce sont ceux qui attendent !Ceux que menace notre silence… Ceci est une vérité universelle.
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Dans le désert, il n’est point de refuge… Le désert est lisse comme un marbre. Il ne forme point d’ombre pendant le jour, et la nuit il vous livre tout nu au vent.
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On croit que l’homme peut s’en aller droit devant soi. On croit que l’homme est libre… On ne voit pas la corde qui le rattache au puits, qui le rattache, comme un cordon ombilical, au ventre de la terre.  ——————————————————————————–

L’avion, ce n’est pas une fin, c’est un moyen. Ce n’est pas pour l’avion que l’on risque sa vie. Ce n’est pas non plus pour sa charrue que le paysan laboure. Mais, par l’avion, on quitte les villes et leurs comptables, et l’on retrouve une vérité paysanne.
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On fait un travail d’homme et l’on connaît des soucis d’homme.
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On attend l’aube comme le jardinier attend le printemps.
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Ce n’est pas le danger que j’aime. Je sais ce que j’aime. C’est la vie.
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Il n’y a plus ici, ni races, ni langages, ni division ! … Il y a ce nomade pauvre qui a posé sur nos épaules des mains d’archange.
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L’eau ! « Eau, tu n’as ni goût, ni couleur, ni arôme, on ne peut pas te définir, on te goûte, sans te connaître. Tu n’es pas nécessaire à la vie tu es la vie. Tu nous pénètres d’un plaisir qui ne s’explique point par les sens. Avec toi rentrent en nous tous les pouvoirs auxquels nous avions renoncé. Par ta grâce, s’ouvrent en nous toutes les sources taries de notre cœur. Tu es la plus grande richesse qui soit au monde, et tu es aussi la plus délicate, toi si pure au ventre de la terre. On peut mourir sur une source d’eau magnésienne. On peut mourir à deux pas d’un lac d’eau salée. On peut mourir malgré deux litres de rosée qui retiennent en suspens quelques sels. Tu n’acceptes point de mélange, tu ne supportes point d’altération, tu es une ombrageuse divinité… Mais tu répands en nous un bonheur infiniment simple. »
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Je me suis cru perdu, j’ai cru toucher le fond du désespoir et, une fois le renoncement accepté, j’ai connu la paix.
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Que nous importent les doctrines politiques qui prétendent épanouir les hommes, si nous ne connaissons d’abord quel type d’homme elles épanouiront
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L’essentiel, nous ne savons pas le prévoir.
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Il est des conditions inconnues qui nous fertilisent.
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Les vocations aident l’homme à se délivrer mais il est également nécessaire de délivrer les vocations.
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La nostalgie, c’est le désir d’on ne sait quoi… Il existe, l’objet du désir, mais il n’est point de mots pour le dire.
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Il existe une altitude des relations où la reconnaissance comme la pitié perdent leur sens. C’est là que l’on respire comme un prisonnier délivré.
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Ce sont les terres qui savent reconnaître le blé.
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Aimer ce n’est point nous regarder l’un l’autre mais regarder ensemble dans la même direction.
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Il n’est de camarades que s’ils s’unissent dans la même cordée, vers le même sommet en quoi ils se retrouvent.
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Tous, sous les mots contradictoires, nous exprimons les mêmes élans. Nous nous divisons sur des méthodes qui sont les fruits de nos raisonnements, non sur les buts : ils sont les mêmes.
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Si vous voulez convaincre de l’horreur de la guerre celui qui ne refuse pas la guerre, ne le traitez point de barbare, cherchez à le comprendre avant de le juger.
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La vérité pour l’homme, c’est ce qui fait de lui un homme.
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Pour comprendre l’homme et ses besoins, pour le connaître dans ce qu’il a d’essentiel, il ne faut pas opposer l’une à l’autre l’évidence de vos vérités. Oui, vous avez raison. Vous avez tous raison.
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Mais la vérité, vous le savez, c’est ce qui simplifie le monde et non ce qui crée le chaos. La vérité, c’est le langage qui dégage l’universel.
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La vérité, ce n’est point ce qui se démontre, c’est ce qui simplifie.
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À quoi bon discuter les idéologies ? Si toutes se démontrent, toutes aussi s’opposent, et de telles discussions font désespérer du salut de l’homme. Alors que l’homme, partout, autour de nous, expose les mêmes besoins.
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Celui qui donne un coup de pioche veut connaître un sens à son coup de pioche.
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Il est deux cents millions d’hommes, en Europe, qui n’ont point de sens et voudraient naître. L’industrie les a arrachés au langage des lignées paysannes…
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Si on instruit bien les hommes, on ne les cultive plus.
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Un mauvais élève du cours de Spéciales en sait plus long sur la nature et sur ses lois que Descartes et Pascal. Est-il capable des mêmes démarches de l’esprit ?
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Celui qui meurt pour le progrès des connaissances ou la guérison des maladies, celui-là sert la vie, en même temps qu’il meurt.
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Il est peut-être beau de mourir pour l’expansion d’un territoire, mais la guerre d’aujourd’hui détruit ce qu’elle prétend favoriser.  ——————————————————————————–

Pourquoi nous haïr ? Nous sommes solidaires, emportés par la même planète, équipage d’un même navire.
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Il est bon que des civilisations s’opposent pour favoriser des synthèses nouvelles, mais il est monstrueux qu’elles s’entredévorent.
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Prendre conscience d’un but qui nous relie les uns aux autres, c’est le chercher là où il nous unit tous.
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Celui-là qui veille modestement quelques moutons sous les étoiles, s’il prend conscience de son rôle, se découvre plus qu’un serviteur. Il est une sentinelle. Et chaque sentinelle est responsable de tout l’Empire.
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Quand nous prendrons conscience de notre rôle, même le plus effacé, alors seulement nous serons heureux. Alors seulement nous pourrons vivre en paix et mourir en paix, car ce qui donne un sens à la vie donne un sens à la mort.
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On ne meurt qu’à demi dans une lignée paysanne. Chaque existence craque à son tour comme une cosse et livre ses graines.
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Ce que nous sentons quand nous avons faim, … c’est que la genèse n’est point achevée et qu’il nous faut prendre conscience de nous-mêmes et de l’univers.
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Il nous faut, dans la nuit, lancer des passerelles. Seuls l’ignorent ceux qui font leur sagesse d’une indifférence qu’ils croient égoïste ; mais tout dément cette sagesse-là !
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Quand il naît par mutation dans les jardins une rose nouvelle, voilà tous les jardiniers qui s’émeuvent. On isole la rose, on cultive la rose, on la favorise. Mais il n’est point de jardinier pour les hommes
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… Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné.
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Seul l’Esprit, s’il souffle sur la glaise, peut créer l’Homme
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« Lorsqu’un problème nous résiste malgré d’énormes efforts de recherche,

nous devons mettre en doute ses données premières.

L’imagination est alors plus importante que la connaissance. »

A. Einstein

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Le problème qui résiste, c’est celui de la faim
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RAKU                                                     CUISSON ENFUMÉE

Dans le Japon du 16ème siècle, Chojiro, potier d’origine coréenne, fabrique des tuiles selon une technique traditionnelle consistant à sortir celles-ci du four au rouge et à les refroidir en les isolant de l’air sous un matériau inflammable, tel que paille ou sciure. Ceci provoque un dépôt de carbone dans le corps de l’objet, nuançant sa surface de plusieurs qualités de noir.

Au même moment le maître de thé Sen-no-Rikiu élabore les règles selon la cérémonie du thé. Il trouve dans la production de Chojiro l’aspect modeste, la sobriété, la simplicité et le raffinement qui sont profondément liés à l’esprit Zen, essence du Cha-no-Yu . Il lui commande alors un bol à thé qu’il a lui-même dessiné.

Les familles Sen-no-Rikiu et Chojiro se lient par un mariage et Hideyosi, chogun, dictateur militaire sensible à l’art du thé, accorde à Chojiro un sceau d’or porteur de l’idéogramme  chinois « Raku » qui signifie aise, joie et bonheur.  Grâce à ce patronage, la dynastie Chojiro Raku se perpétue jusqu’à la 14ème génération qui travaille actuellement à Kyoto.

Le terme « Raku » est ainsi lié originellement plus à un état d’esprit et à une famille qu’à une technique de cuisson. Jusqu’au début du 20ème siècle, des potiers amateurs peintres, poètes ou calligraphes vont utiliser le Raku ; parmi eux le grand calligraphe Koetsu. Une autre lignée de potiers, les Kenzan, développe des couleurs variées utilisées dans le décor du Raku. Bernard Leach approche le Raku auprès du dernier Kenzan et dépose ses connaissances dans un livre qui est largement lu dans le monde des potiers.

La diffusion de cet ouvrage amènera plusieurs de ceux-ci tant en Amérique du Nord qu’en Europe, à développer l’aspect technique du Raku. Cette technique nous amène à considérer nôtre héritage culturel, car plusieurs civilisations ont utilisé des procédés voisins de l’enfumage des tuiles japonaises, que ce soit les terres sigillées noires, les « Black-top » égyptiens ou les poteries Navajo, exemples parmi d’autres…

Si parfois le terme raku est utilisé pour dénommer une technique de cuisson, Paul Soldner le dit très explicitement : « Je ne fais pas du raku, je tente d’être raku, c’est-à-dire une harmonie entre ce que je vis, je pense et ce que je fais. »

L’expérience que nous venons de vivre ensemble met en lumière la difficulté d’utiliser le mot « Raku » et, pour parler de la technique, il est peut-être préférable de dire « cuisson enfumée » sans user à tort d’un terme qui ne nous appartient pas.

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• Le chant des partisans

Musique de Anna MARLY, paroles de Maurice DRUON et de Joseph KESSEL. 1943.
Publié clandestinement à l’automne 1943 dans le numéro 1 des cahiers de la libération.

Anna Marly est née le 30 octobre 1917 à Saint-Pétersbourg, de son vrai nom Betoulinsky. Elle arrive à Londres en 1941, inconnue. D’abord projectionniste, puis cantinière au sein des volontaires de la France libre, elle entre à l’E.N.S.A, théâtre aux armées.

Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu le bruit sourd du pays qu’on enchaîne ?
Ohé partisans, ouvriers et paysans, c’est l’alarme !
Ce soir l’ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.
Montez de la mine, descendez des collines, camarades,
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades ;
Ohé Francs tireurs, à la balle et au couteau tirez vite !
Ohé saboteur, attention à ton fardeau dynamite !
C’est nous qui brisons les barreaux des prisons, pour nos frères,
La haine à nos trousses, et la faim qui nous pousse, la misère.
Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves
Ici, nous, vois-tu, nous on marche et nous on tue nous on crève
Ici chacun sait ce qu’il veut, ce qu’il fait quand il passe ;
Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes
Sifflez, compagnons, dans la nuit la liberté nous écoute.

• Le Dormeur du val
Arthur Rimbaud

C’est un trou de verdure où chante une rivière
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil de la montagne fière,
Luit ; C’est un petit val qui mousse de rayons.

Un soldat jeune bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pale dans son lit vert où la lumière pleut.

Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.

Les parfums ne font plus frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au coté droit

Le Temps des cerises, 1866
Paroles: Jean-Baptiste Clément / Musique: Antoine Renard

« Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête …
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux du soleil au cœur
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur

Mais il est bien court le temps des cerises
Où l’on s’en va deux cueillir en rêvant
Des pendants d’oreille …
Cerises d’amour aux robes pareilles
Tombant sur la feuille en gouttes de sang
Mais il est bien court le temps des cerises
Pendants de corail qu’on cueille en rêvant

Quand nous en serons au temps des cerises
Si vous avez peur des chagrins d’amour
Evitez les belles …
Moi qui ne craint pas les peines cruelles
Je ne vivrais point sans souffrir un jour
Quand nous en serons au temps des cerises
Vous aurez aussi vos peines d’amour

J’aimerai toujours le temps des cerises
C’est de ce temps là que je garde au cœur
Une plaies ouverte …
Et Dame Fortune, en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur. »

La semaine sanglante

Paroles: Jean-Baptiste Clément (1871). Musique: Pierre Dupont (1849)
autres interprètes: Germaine Montero, Marc Ogeret, Serge Kerval, Francesca Solleville, Michel Grange, Rosalie Dubois, Adrienne Chaumont, Zap
note: Sur l’air du « Chant des paysans », ce chant est dédié aux « fusillés de 71″

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Sauf des mouchards et des gendarmes,
On ne voit plus par les chemins,
Que des vieillards tristes en larmes,
Des veuves et des orphelins.
Paris suinte la misère,
Les heureux mêmes sont tremblant.
La mode est aux conseils de guerre,
Et les pavés sont tous sanglants.

{Refrain:}
Oui mais!
Ça branle dans le manche,
Les mauvais jours finiront.
Et gare! à la revanche,
Quand tous les pauvres s’y mettront.
Quand tous les pauvres s’y mettront.

Les journaux de l’ex-préfecture,
Les flibustiers, les gens tarés,
Les parvenus par l’aventure,
Les complaisants, les décorés
Gens de Bourse et de coin de rues,
Amants de filles au rebut,
Grouillent comme un tas de verrues,
Sur les cadavres des vaincus.

{au Refrain}

On traque, on enchaîne, on fusille
Tout ceux qu’on ramasse au hasard.
La mère à côté de sa fille,
L’enfant dans les bras du vieillard.
Les châtiments du drapeau rouge
Sont remplacés par la terreur
De tous les chenapans de bouges,
Valets de rois et d’empereurs.

{au Refrain}

Nous voilà rendus aux jésuites
Aux Mac-Mahon, aux Dupanloup.
Il va pleuvoir des eaux bénites,
Les troncs vont faire un argent fou.
Dès demain, en réjouissance
Et Saint Eustache et l’Opéra
Vont se refaire concurrence,
Et le bagne se peuplera.

{au Refrain}

Demain les manons, les lorettes
Et les dames des beaux faubourgs
Porteront sur leurs collerettes
Des chassepots et des tambours
On mettra tout au tricolore,
Les plats du jour et les rubans,
Pendant que le héros Pandore
Fera fusiller nos enfants.

{au Refrain}

Demain les gens de la police
Refleuriront sur le trottoir,
Fiers de leurs états de service,
Et le pistolet en sautoir.
Sans pain, sans travail et sans armes,
Nous allons être gouvernés
Par des mouchards et des gendarmes,
Des sabre-peuple et des curés.

{au Refrain}

Le peuple au collier de misère
Sera-t-il donc toujours rivé?
Jusque à quand les gens de guerre
Tiendront-ils le haut du pavé?
Jusque à quand la Sainte Clique
Nous croira-t-elle un vil bétail?
À quand enfin la République
De la Justice et du Travail?

LA CHANSON DE CRAONNE

L’auteur des paroles de cette chanson est toujours demeuré anonyme. Lorsqu’en 1917, elle a commencé à circuler dans les tranchées, la légende veut que les autorités militaires aient offert la démobilisation immédiate et 1 million de franc-or à qui le dénoncerait, mais en vain.

La musique de Charles Sablon a été composée avant la guerre pour une chanson d’amour  enregistrée par Emma Liebel en 1911, et qui s’intitule « Bonsoir m’amour ». J’en ai mis un couplet et un refrain ainsi qu’un extrait musical, en bas de page, pour que vous puissiez mieux comprendre l’origine de cette chanson exceptionnelle.

Quand au bout d’huit jours le r’pos terminé
On va reprendr’ les tranchées
Notre place est si utile
Que sans nous on prend la pile
Mais c’est bien fini on en a assez
Personne ne veut plus marcher
Et le coeur bien gros comm’ dans un sanglot
On dit adieu aux civ’lots
Même sans tambour même sans trompette
On s’en va là haut en baissant la tête

REFRAIN
Adieu la vie adieu l’amour
Adieu toutes les femmes
C’est bien fini c’est pour toujours
De cette guerre infâme
C’est à Craonne sur le plateau
Qu’on doit laisser sa peau
Car nous sommes tous condamnés
Nous sommes les sacrifiés

Huit jours de tranchées huit jours de souffrance
Pourtant on a l’espérance
Que ce soir viendra la r’lève
Que nous attendons sans trêve
Soudain dans la nuit et dans le silence
On voit quelqu’un qui s’avance
C’est un officier de chasseurs à pied
Qui vient pour nous remplacer
Doucement dans l’ombre sous la pluie qui tombe
Les petits chasseurs vont chercher leurs tombes

REFRAIN

C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
Tous ces gros qui font leur foire
Si pour eux la vie est rose
Pour nous c’est pas la mêm’ chose
Au lieu de s’cacher tous ces embusqués
F’raient mieux d’monter aux tranchées
Pour défendr’ leurs biens car nous n’avons rien
Nous autr’s les pauvr’s purotins
Tous les camarades sont enterrés là
Pour défendr’ les biens de ces messieurs-là

DERNIER REFRAIN
Ceux qu’ont l’pognon ceux-là r’viendront
Car c’est pour eux qu’on crève
Mais c’est fini car les trouffions
Vont tous se mettre en grève
Ce s’ra votre tour messieurs les gros
D’monter sur le plateau
Car si vous voulez faire la guerre
Payez-la de votre peau

BONSOIR M’AMOUR

Paroles : Raoul LE PELTIER
Musique : Charles SABLON

Un joli teint frais de rose en bouton,
Les cheveux du plus beau blond,
Ouvrière humble et jolie,
Ell’ suivait tout droit sa vie,
Lorsqu’un jeune homm’ vint, comm’ dans un roman,
Qui l’avait vue en passant,
Et qui, s’efforçant de la rencontrer,
S’était mis à l’adorer.
Et, timide, un soir que la nuit tombait,
Avec un sourire il lui murmurait :

REFRAIN

«Bonsoir m’amour, bonsoir ma fleur,
Bonsoir toute mon âme !
O toi qui tient tout mon bonheur
Dans ton regard de femme !
De ta beauté, de ton amour,
Si ma route est fleurie,
Je veux te jurer, ma jolie,
De t’aimer toujours !»

LILI MARLEEN: Hans Leip 1915:

1. Vor der Kaserne Vor dem großen Tor
Stand eine Laterne Und steht sie noch davor
So woll’n wir uns da wieder seh’n
Bei der Laterne wollen wir steh’n
|: Wie einst Lili Marleen. :

2. Unsere beide Schatten Sah’n wie einer aus
Daß wir so lieb uns hatten Das sah man gleich daraus
Und alle Leute soll’n es seh’n
Wenn wir bei der Laterne steh’n
|: Wie einst Lili Marleen. :

3. Schon rief der Posten, Sie blasen Zapfenstreich
Das kann drei Tage kosten Kam’rad, ich komm sogleich
Da sagten wir auf Wiedersehen
Wie gerne wollt ich mit dir geh’n
|: Mit dir Lili Marleen. :

4. Deine Schritte kennt sie, Deinen zieren Gang
Alle Abend brennt sie, Doch mich vergaß sie lang
Und sollte mir ein Leids gescheh’n
Wer wird bei der Laterne stehen
|: Mit dir Lili Marleen? :

5. Aus dem stillen Raume, Aus der Erde Grund Hebt mich
wie im Traume Dein verliebter Mund Wenn sich
die späten Nebel drehn
Werd’ ich bei der Laterne steh’n
|: Wie einst Lili Marleen. :

tr. Henry Lemarchand, 1940: Devant la caserne Quand le jour s’enfuit, La vieille lanterne Soudain s’allume et luit. C’est dans ce coin là que le soir On s’attendait remplis d’espoir |: Tous deux, Lily Marlène. :| Et dans la nuit sombre Nos corps enlacés Ne faisaient qu’une ombre Lorsque je t’embrassais. Nous échangions ingénûment Joue contre joue bien des serments |: Tous deux, Lily Marlène. :| Le temps passe vite Lorsque l’on est deux! Hélas on se quitte Voici le couvre-feu… Te souviens-tu de nos regrets Lorsqu’il fallait nous séparer? |: Dis-moi, Lily Marlène? :| La vieille lanterne S’allume toujours Devant la caserne Lorsque finit le jour Mais tout me paraît étrange Aurais-je donc beaucoup changé? |: Dis-moi, Lily Marlène. :| Cette tendre histoire De nos chers vingt ans Chante en ma mémoire Malgré les jours, les ans. Il me semble entendre ton pas Et je te serre entre mes bras |: Lily…Lily Marlène :| Tommie Connor: 1944 Underneath the lantern, By the barrack gate Darling I remember The way you used to wait T’was there that you whispered tenderly, That you loved me, You’d always be, My Lilli of the Lamplight, My own Lilli Marlene Time would come for roll call, Time for us to part, Darling I’d caress you And press you to my heart, And there ‘neath that far-off lantern light, I’d hold you tight , We’d kiss good night, My Lilli of the Lamplight, My own Lilli Marlene Orders came for sailing, Somewhere over there All confined to barracks was more than I could bear I knew you were waiting in the street I heard your feet, But could not meet, My Lilly of the Lamplight, my own Lilly Marlene Resting in our billets, Just behind the lines Even tho’ we’re parted, Your lips are close to mine You wait where that lantern softly gleams, Your sweet face seems To haunt my dreams My Lilly of the Lamplight, My own Lilly Marlene.

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Le vicomte

Personne ?
Attendez ! Je vais lui lancer un de ces traits !…

(il s’avance vers Cyrano qui l’observe, et se campant devant lui d’un air fat.)

Vous…, vous avez un nez… heu… un nez…, très grand.

Cyrano, gravement.

Très.

Le vicomte, riant.

Ha !

Cyrano, imperturbable.

C’est tout ?…

Le vicomte

Mais…

Cyrano

Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu !.., bien des choses en somme…
En variant le ton, – par exemple, tenez
Agressif :  » Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse !  »
Amical :  » Mais il doit tremper dans votre tasse
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap !  »
Descriptif :  » C’est un roc !… c’est un pic !… c’est un cap !
Que dis-je, c’est un cap ?… C’est une péninsule !  »
Curieux :  » De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, monsieur, ou de boîtes à ciseaux ?  »
Gracieux :  » Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ?  »
Truculent :  » Ça, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ?  »
Prévenant :  » Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol !  »
Tendre :  » Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane !  »
Pédant :  » L’animal seul, monsieur, qu’Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os !  »
Cavalier :  » Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode !  »
Emphatique :  » Aucun vent ne peut, nez magistral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral !  »
Dramatique :  » C’est la Mer Rouge quand il saigne !  »
Admiratif :  » Pour un parfumeur, quelle enseigne !  »
Lyrique :  » Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?  »
Naïf A  » Ce monument, quand le visite-t-on ?  »
Respectueux :  » Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue !  »
Campagnard : « Hé, ardé ! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’navet géant ou ben queuqu’melon nain !  »
Militaire :  » Pointez contre cavalerie !  »
Pratique :  » Voulez-vous le mettre en loterie ?
Assurément, monsieur, ce sera le gros lot !  »
Enfin parodiant Pyrame en un sanglot
 » Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traître !  »
- Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve,
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.

DE GUICHE, voulant emmener le vicomte pétrifié Valvert, laissez donc !

LE VICOMTE, suffoqué Ces grands airs arrogants ! Un hobereau qui… qui… n’a même pas de gants ! Et qui sort sans rubans, sans bouffettes, sans ganses !

CYRANO Moi, c’est moralement que j’ai mes élégances. Je ne m’attife pas ainsi qu’un freluquet, Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet ; Je ne sortirais pas avec, par négligence, Un affront pas très bien lavé, la conscience Jaune encore de sommeil dans le coin de son oeil, Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil. Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise, Empanaché d’indépendance et de franchise ; Ce n’est pas une taille avantageuse, c’est Mon âme que je cambre ainsi qu’en un corset, Et tout couvert d’exploits qu’en rubans je m’attache, Retroussant mon esprit ainsi qu’une moustache, Je fais, en traversant les groupes et les ronds, Sonner les vérités comme des éperons.

LE VICOMTE Mais, monsieur…

CYRANO Je n’est pas de gants ?… La belle affaire ! Il m’en restait un seul d’une très vieille paire ! -Lequel m’était d’ailleurs encor fort importun Je l’ai laissé dans la figure de quelqu’un.

LE VICOMTE Maraud, faquin, butor de pied plat ridicule.

CYRANO, ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte venait de se présenter Ah ?… Et moi, Cyrano-Savinien-Hercule De Bergerac. Rires.

LE VICOMTE, exaspéré Bouffon !

CYRANO, poussant un cri comme lorsqu’on est saisi d’une crampe Ay !…

LE VICOMTE, qui remontait, se retournant Qu’est-ce encor qu’il dit ?

CYRANO, avec des grimaces de douleur Il faut la remuer car elle s’engourdit… – Ce que c’est que de la laisser inoccupée ! – Ay !…

LE VICOMTE Qu’avez-vous ?

CYRANO J’ai des fourmis dans mon épée !

LE VICOMTE, tirant la sienne Soit !

CYRANO Je vais vous donnez un petit coup charmant.

LE VICOMTE, méprisant Poète !…

CYRANO Oui, monsieur, poète ! et tellement, Qu’en ferraillant je vais- hop ! – à l’improvisade, Vous composez une ballade.

LE VICOMTE Une ballade ?

CYRANO Vous ne vous doutez pas de ce que c’est, je crois ?

LE VICOMTE Mais…

CYRANO, récitant comme une leçon La ballade, donc, se compose de trois Couplets de huit vers…

LE VICOMTE, piétinant Oh !

CYRANO, continuant Et d’un envoi de quatre…

LE VICOMTE Vous… CYRANO Je vais tout ensemble en faire une et me battre, Et vous touchez, monsieur, au dernier vers.

LE VICOMTE Non !

CYRANO Non ? Déclamant « Ballade du duel qu’en l’hôtel bourguignon Monsieur de Bergerac eut avec un bélître ! »

LE VICOMTE Qu’est-ce que ça, s’il vous plaît ?

CYRANO C’est le titre.

LA SALLE, surexcitée au plus haut point Place ! -Très amusant ! -Rangez-vous ! -Pas de bruits ! Tableau. Cercle de curieux au parterre, les marquis et les officiers mêlés aux bourgeois et aux gens du peuple ; les pages grimpés sur des épaules pour mieux voir. Toutes les femmes debout dans les loges. A droite, De Guiche et ses gentilshommes. A gauche, Le Bret, Ragueneau, Cuigy, etc.

CYRANO, fermant une seconde les yeux Attendez !… je choisis mes rimes… Là, j’y suis. Il fait ce qu’il dit, à mesure. Je jette avec grâce mon feutre, Je fais lentement l’abandon Du grand manteau qui me calfeutre, Et je tire mon espadon ; Elégant comme Céladon, Agile comme Scaramouche, Je vous préviens, cher Mirmydon, Qu’à la fin de l’envoi je touche ! Premiers engagements de fer. Vous auriez bien dû rester neutre ; Où vais-je vous larder, dindon ?… Dans le flanc, sous votre maheutre ?… Au coeur, sous votre bleu cordon ?… -Les coquilles tintent, ding-don ! Ma pointe voltige : une mouche ! Décidément… c’est au bedon, Qu’à la fin de l’envoi je touche. Il me manque une rime en eutre… Vous rompez, plus blanc qu’amidon ? C’est pour me fournir le mot pleutre ! – Tac ! je pare la pointe dont Vous espériez me faire dont : – J’ouvre la ligne,- je la bouche… Tiens bien ta broche, Laridon ! A la fin de l’envoi, je touche Il annonce solennellement

ENVOI Prince, demande à Dieu pardon ! Je quarte du pied, j’escarmouche, je coupe, je feinte… Se fendant. Hé ! là donc Le vicomte chancelle ; Cyrano salue. A la fin de l’envoi, je touche. Acclamations. Applaudissements dans les loges. Des fleurs et des mouchoirs tombent. Les officiers entourent et félicitent Cyrano. Ragueneau danse d’enthousiasme. Le Bret est heureux et navré. Les amis du vicomte le soutiennent et l’emmènent.

LA FOULE, en un long cri Ah !…

UN CHEVAU-LEGER Superbe !

UNE FEMME Joli !

RAGUENEAU Pharamineux !

UN MARQUIS Nouveau !…

LE BRET Insensé ! Bousculade autour de Cyrano. On entend … Compliments… Félicite… bravo…

VOIX DE FEMME C’est un héros !…

UN MOUSQUETAIRE, s’avançant vivement vers Cyrano, la main tendue Monsieur, voulez-vous me permettre ?… C’est tout à fait très bien, et je crois m’y connaître ; J’ai du reste exprimé ma joie en trépignant !… Il s’éloigne.

CYRANO, à Cuigy Comment s’appelle donc ce monsieur ?

CUIGY D’Artagnan.

LE BRET, à Cyrano, lui prenant le bras Cà, causons !…

CYRANO Laisse un peu sortir cette cohue… A Bellerose. Je peux rester ?

BELLEROSE, respectueusement Mais oui !… On entend des cris au dehors.

JODELET, qui a regardé C’est Montfleury qu’on hue !

BELLEROSE, solennellement Sic transit !… Changeant de ton, au portier et au moucheur de chandelles. Balayer. Fermer. N’éteignez pas. Nous allons revenir après notre repas. Répéter pour demain une nouvelle farce. Jodelet et Bellerose sortent, après de grands saluts à Cyrano.

LE PORTIER, à Cyrano Vous ne dînez donc pas ?

CYRANO Moi ?… Non. Le portier se retire.

LE BRET, à Cyrano Parce que ?

CYRANO, fièrement Parce… Changeant de ton, en voyant que le portier est loin. Que je n’ai pas d’argent !…

LE BRET, faisant le geste de lancer un sac Comment ! le sac d’écus ?…

CYRANO Pension paternelle, en un jour, tu vécus !

LE BRET Pour vivre tout un mois, alors ?…

CYRANO Rien ne me reste.

LE BRET Jeter ce sac, quelle sottise !

CYRANO Mais quel geste !…

LA DISTRIBUTRICE, toussant derrière son petit comptoir Hum !… Cyrano et le Bret se retournent. Elle s’avance intimidée. Monsieur… Vous savoir jeûner… le coeur me fend… Montrant le buffet. J’ai là tout ce qu’il faut… Avec élan. Prenez !

CYRANO, se découvrant Ma chère enfant, Encor que mon orgueil de Gascon m’interdise D’accepter de vos doigts la moindre friandise, J’ai trop peur qu’un refus ne vous soit un chagrin, Et j’accepterais donc… Il va au buffet et choisis. Oh ! peu de chose ! – Un grain de ce raisin… Elle veut lui donner la grappe, il cueille un grain. Un seul !… Ce verre d’eau… Elle veut y verser du vin, il l’arrête. Limpide ! -Et la moitié d’un macaron ! Il rend l’autre moitié.

LE BRET Mais c’est stupide !

LA DISTRIBUTRICE Oh ! quelque chose encor !

CYRANO La main à baiser. Il baise, comme la main d’une princesse, la main qu’elle lui tend.

LA DISTRIBUTRICE Merci, monsieur. Révérence. Bonsoir. Elle sort.

ROSTAND, Edmond, Cyrano de Bergerac, LGF, 1990.
***************************

Nous partîmes cinq cents; mais par un prompt renfort
Nous nous vîmes trois mille en arrivant au port,
Tant, à nous voir marcher avec un tel visage,
Les plus épouvantés reprenaient leur courage!
Pierre Corneille – Le Cid, IV, 3, v.1257-1329 (1637)

************************
Le secret du bonheur (Conte africain)

Un enfant demande à son père :
- Dis papa, quel est le secret pour être heureux ?
Alors le père demande à son fils de le suivre ; ils sortent de la maison, le père sur leur
vieil âne et le fils suivant à pied.
Et les gens du village de dire :
- Mais quel mauvais père qui oblige ainsi son fils d’aller à pied !
-Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison, dit le père.

Le lendemain ils sortent de nouveau, le père ayant installé son fils sur âne et lui
marchant à côté. Les gens du village dirent alors :
- Quel fils indigne, qui ne respecte pas son vieux père et le laisse aller à pied !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Le jour suivant ils s’installent tous les deux sur l’âne avant de quitter la maison.
Les villageois commentèrent en disant :
- Ils ne respectent pas leur bête à la surcharger ainsi !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.
Le jour suivant, ils partirent en portant eux-mêmes leurs affaires, l’âne trottinant
derrière eux. Cette fois les gens du village y trouvèrent encore à redire :
- Voilà qu’ils portent eux-mêmes leurs bagages maintenant ! C’est le monde à l’envers !
- Tu as entendu mon fils ? Rentrons à la maison.

Arrivés à la maison, le père dit à son fils :
- Tu me demandais l’autre jour le secret du bonheur.
Peu importe ce que tu fais, il y aura toujours quelqu’un pour y trouver à redire.
Fais ce qui te plaît et tu seras heureux !
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«  »Faites que le rêve dévore votre vie afin que la vie ne dévore pas votre rêve »" (Saint-Exupéry)
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Quelques conseils du Dalaï Lama pour commencer cette journée…
CONSEILS POUR MENER VOTRE VIE :
1. Tenez compte du fait que le grand amour et les grandes réussites
2. Lorsque vous perdez, ne perdez pas la leçon.
3. Suivez les trois R : Respect de soi-même, Respect des autres,
Responsabilité de tous vos actes.
4. Souvenez vous que ne pas obtenir ce que vous voulez est parfois
un merveilleux coup de chance.
5. Apprenez les règles pour savoir comment les transgresser
correctement.
6. Ne laissez pas une petite dispute meurtrir une grande amitié.
7. Lorsque vous réalisez que vous avez commis une erreur, prenez
immédiatement des mesures pour la corriger.
8. Passez un peu de temps seul chaquejour.
9. Ouvrez vos bras au changement, mais ne laissez pas s’envoler vos
valeurs.
10. Rappelez vous que le silence est parfois la meilleure des
réponses.
11. Vivez votre vie d’une façon bonne et honorable. Ainsi, lorsque
vous vieillirez et que vous regarderez en arrière, vous en
profiterez une deuxième fois.
12. Un foyer aimant est la fondation de votre vie.
13. Dans les désaccords que vous avez avec ceux que vous aimez, ne
vous occupez que de la situation actuelle. Ne réveillez pas le
passé.
14. Partagez votre savoir. C’est une manière d’atteindre
l’immortalité.
15. Soyez tendre avec la terre.
16. Une fois par an, allez quelque part où vous n’êtes jamais allé
auparavant.
17. Souvenez-vous que la meilleure des relations est celle dans
laquelle l’amour que chacun porte à l’autre dépasse le besoin que
vous avez de l’autre.
18. Jugez vos succès d’après ce que vous avez dû sacrifier pour les
obtenir.
19. Approchez l’amour et la cuisine avec un abandon insouciant.
Salutations Dalaï lama. »
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Nombres et figures géométriques
Le nombre UN
C’est le premier des nombres. Avant lui: le néant. Après lui: toute la série des nombres.
Il est l’origine, le créateur: tout nombre se déduit du précédent en ajoutant 1.
Un est l’essence primordiale, l’unique, l’indifférencié, le symbole du Dieu des religions monothéistes,
la racine de toutes choses, le Big Bang.

UN est dans TOUT et tout est dans UN

Le cercle qui n’a ni commencement ni fin est la figure symbolique du UN. Le cercle et son centre, un point,
le ‘centre du monde’, le lieu de focalisation qui unifie toutes les parties et les rend égalitaires, depuis
lequel est perçue la globalité. Le rond, la sphère, la graine, le nid symbolisent l’unité, l’éternité.

‘Sans le Un la terre n’aurait pas sa tranquilité
ni le ciel sa sérénité.’ (Lao Tseu)

Le nombre DEUX
Le UN est statique, immobile. Le dédoublement du UN, sa duplication, lui et son image créent le DEUX, la dualité,
la différenciation.
Ainsi la lumière est séparée des ténèbres, les Eaux d’en Haut des Eaux d’en Bas, le Yin du Yang, les deux pôles entre
lesquels va s’écouler l’énergie créatrice, le dynamisme de la multiplication.

Les alchimistes représentaient ce passage du UN au DEUX par le double carré, le rectangle de côtés 1:2, carré long
argenté ou rectangle de la genèse.

Le nombre TROIS
Le nombre TROIS (3=2+1), symbolisé par le triangle équilatéral, première figure à s’inscrire dans un cercle,
est la conscience de la dualité, symbole du temps et de l’espace.
Il réalise l’unité de la trinité que l’on retrouve dans le Père, Fils et St Esprit ou encore dans Brahma, Vishnou, Shiva.
Premier des nombres impairs (UN est unique, en dehors), il est nécessaire à la création.
Trois dimensions créent l’espace, et avec ce nombre commence la série des zomes.

Le nombre QUATRE
Avec le QUATRE la création s’est manifestée dans la matière. QUATRE est le symbole du stable, de la terre dans de
nombreuses civilisations.
Le carré dans le plan (4 côtés, 4 sommets) ou bien le tétraèdre dans l’espace (4 sommets, 4 faces triangulaires)
représentent bien ce nombre.

Ou encore les quatre directions auxquelles l’être humain se repère aisément, le QUATRE comme structure mentale
(les 4 vents, la bande des 4,…).

Le nombre CINQ
La matière inerte, le monde minéral s’organise en structures cristallines avec des symétries et des rythmes où se
reconnaissent les nombres 3, 4 ou 6 mais jamais 5. Au contraire ce nombre apparaît en abondance dans la vie organique,
depuis les premiers organismes marins jusque dans les doigts de nos mains. Et dans le monde végétal où nombreuses sont
les familles de plantes avec des fleurs présentant leurs 5 pétales et leurs étamines rayonnant en une figure régulière.
Le nombre CINQ est donc associé aux phénomènes biologiques.
Important en Occident depuis l’école de Pythagore, cinq est un nombre fondamental dans des civilisations aussi diverses
que chinoise, islamique ou maya pour laquelle, sous la représentation d’une main ouverte, il est le symbole du dieu Mais,
la base de l’alimentation, de la vie.
L’étoile à cinq branches est la figure symbolique qui représente le mieux ce nombre. Très répandue comme symbole,
elle se retrouve sur les drapeaux de multiples nations.
‘La psychanalyse et la tradition Maya se rencontrent ici, ainsi que les traditions orientales, pour faire de Cinq
le signe de la vie manifestée. Etant un nombre impair, il exprime non un état mais un acte. Le quinaire est le nombre
de la créature et de l’individualité.’( Dr. R. Allendy : Le symbolisme des nombres)

Le triangle de Pythagore
Le triangle de Pythagore, associant les nombre successifs TROIS, QUATRE et CINQ se trouve chargé d’une symbolique
fondamentale.
Et c’est le seul triangle rectangle où les côtés s’expriment par des nombres entiers. Il est probable que les anciens
Egyptiens utilisaient la corde à 13 noeuds et donc ce triangle avant Pythagore qui le premier en a établi la démonstration.
Et cette découverte a paru si importante que 100 boeufs furent sacrifiés à cette occasion.

Le NOMBRE d’OR
Au nombre 5 l’on peut associer le nombre d’or tant dans son expression algébrique que dans sa réalité géométrique:
il apparait dans les figures d’ordre 5, les pentagones et décagones convexes et étoilés.
souvent désignée comme noyau du nombre d’or, est un nombre irrationnel, incommensurable, et plus qu’un nombre:
une fonction. Comme diagonale du rectangle 1:2, il est à la base de la construction classique du nombre d’or
(ou plutôt de la proportion dorée, la Divine Proportion ainsi nommée par Fra Luca Paccioli).
Nombre aux propriétés mathématiques uniques (par exemple il se multiplie par lui-même lorsqu’on lui ajoute 1,
et qui s’inverse lui même lorsqu’on lui enlève 1), nombre d’harmonie, proportion esthétique et agréable à l’oeil,
on le retrouve dans les rythmes de croissance des êtres vivants, l’organisation des branches autour d’un tronc,
la répartition des feuilles sur un rameau, etc… La pyramide de Kéops, la seule des 7 merveilles du monde antique
encore visible, est une matérialisation grandiose du nombre d’or.
Nombre de perpétuation et d’économie, il est une fréquence cosmique fondamentale sur laquelle est accordŽe la vie.

Autres NOMBRES
Voilà une base que l’on pourrait poursuivre, parler du nombre SEPT nombre mystique qui a donné les jours de la semaine,
du nombre HUIT, symbole universel de régénération (une étoile à 8 branches guidait les rois mages, la 8ème note de la
gamme réalise l’octave et entame une gamme supérieure), du nombre DIX si important ou du DOUZE, à la fois multiple du
TROIS et du QUATRE, union du temps et de l’espace, découpage de l’anné en 4 saisons de 3 mois chaque. Il y avait 12 apôtres
dont un traître, 12 imams dont un caché, et 12 tribus d’Israel dont une perdue

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« Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants » repris par Antoine de Saint-Exupéry
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Donner au monde l’énergie d’être durable »" !(société Solstis.ch)  »
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« Si vous pensez que vous êtes trop petit pour faire la difference, essayez de dormir avec un moustique » (Le Dalai Lama)
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« Oeuvre pour le monde ici-bas comme si tu devais vivre éternellement, oeuvre pour l’éternité comme si tu devais mourir demain »" (Mohamet, rapporté par Ali ben Abi Taleb)
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«  »Le présent est appelé ainsi car c’est un cadeau de la vie »" (attribué à Bouddha)
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«  »VIVRE SIMPLEMENT POUR QUE D’AUTRES PUISSENT SIMPLEMENT VIVRE ».
(Gandhi)
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«  »Quand un homme rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve. Quand beaucoup
d’hommes rêvent la même chose, c’est le début d’une réalité »"
(Hundertwasser)
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«  »Le scientifique pense la science comme probleme pour l’humanite »"
(J-J. Salomon)
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«  »"Leve-toi, tu as toute l’eternite pour dormir »", Omar Khayyam.
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«  » Eclaire ce que tu aimes sans toucher a son ombre »" (Christian Bobin)
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«  » La plus grande tragédie de l’existence n’est pas que l’homme soit
mortel, mais qu’il soit meurtrier »" (J-M. Muller)
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«Ecrire, c’est faire un bond hors du rang des meurtriers» (F.Kafka)
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«  »On n’est pas seulement responsable de ce que l’on fait mais aussi de
ce qu’on laisse faire »"
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«  »La politique ce n’est pas seulement comment on vote mais comment on
vit »" (J. Rubin)
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«  »Si on laisse vendre des armes on n’ira pas en prison mais nos enfants
mourront a la guerre »"
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«  »La certitude d’avoir raison est le signe infaillible de l’erreur »"
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« Quand le dernier arbre sera abattu, la dernière rivière empoisonnée,
le dernier poisson capturé,
alors seulement vous vous apercevrez que l’argent ne se mange pas. »
(prophétie d’un indien cree)
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a écrit en 2000:
« Peu importe nos croyances ou nos idées politiques, le système mis en place dans notre monde libre repose sur l’accord tacite d’une sorte de contrat passé avec chacun d’entre nous, dont voici dans les grandes lignes le contenu :
1) J’accepte la compétition comme base de notre système, même si j’ai conscience que ce fonctionnement engendre frustration et colère pour l’immense majorité des perdants,
2) J’accepte d’être humilié ou exploité a condition qu’on me permette à mon tour d’humilier ou d’exploiter quelqu’un occupant une place inférieure dans la pyramide sociale,
3) J’accepte l’exclusion sociale des marginaux, des inadaptés et des faibles car je considère que le prise en charge de la société a ses limites,
4) J’accepte de rémunérer les banques pour qu’elles investissent mes salaires à leur convenance, et qu’elles ne me reversent aucun dividende de leurs gigantesques profits (qui serviront a dévaliser les pays pauvres, ce que j’accepte implicitement). J’accepte aussi qu’elle prélèvent une forte commission pour me prêter de l’argent qui n’est autre que celui des autres clients,
5) J’accepte que l’on congèle et que l’on jette des tonnes de nourriture pour ne pas que les cours s’écroulent, plutôt que de les offrir aux nécessiteux et de permettre à quelques centaines de milliers de personnes de ne pas mourir de faim chaque année,
6) J’accepte qu’il soit interdit de mettre fin à ses jours rapidement, en revanche je tolère qu’on le fasse lentement en inhalant ou ingérant des substances toxiques autorisées par les états,
7) J’accepte que l’on fasse la guerre pour faire régner la paix. J’accepte qu’au nom de la paix, la première dépense des états soit le budget de la défense. J’accepte donc que des conflits soient créés artificiellement pour écouler les stocks d’armes et faire tourner l’économie mondiale,
8) J’accepte l’hégémonie du pétrole dans notre économie, bien qu’il s’agisse d’une énergie coûteuse et polluante, et je suis d’accord pour empêcher toute tentative de substitution, s’il s’avérait que l’on découvre un moyen gratuit et illimité de produire de l’énergie, ce qui serait notre perte,
9) J’accepte que l’on condamne le meurtre de son prochain, sauf si les états décrètent qu’il s’agit d’un ennemi et nous encouragent à le tuer,
10) J’accepte que l’on divise l’opinion publique en créant des partis de droite et de gauche qui passeront leur temps à se combattre en me donnant l’impression de faire avancer le système. j’accepte d’ailleurs toutes sortes de divisions possibles, pourvu qu’elles me permettent de focaliser ma colère vers les ennemis désignés dont on agitera le portrait devant mes yeux,
11) J’accepte que le pouvoir de façonner l’opinion publique, jadis détenu par les religions, soit aujourd’hui aux mains d’affairistes non élus démocratiquement et totalement libres de contrôler les états, car je suis convaincu du bon usage qu’ils en feront,
12) J’accepte l’idée que le bonheur se résume au confort, l’amour au sexe, et la liberté à l’assouvissement de tous les désirs, car c’est ce que la publicité me rabâche toute la journée. Plus je serai malheureux et plus je consommerai : je remplirai mon rôle en contribuant au bon fonctionnement de notre économie,
13) J’accepte que la valeur d’une personne se mesure à la taille de son compte bancaire, qu’on apprécie son utilité en fonction de sa productivité plutôt que de sa qualité, et qu’on l’exclue du système si elle n’est plus assez productive,
14) J’accepte que l’on paie grassement les joueurs de football ou des acteurs, et beaucoup moins les professeurs et les médecins chargés de l’éducation et de la santé des générations futures, 15) J’accepte que l’on mette au banc de la société les personnes agées dont l’expérience pourrait nous être utile, car étant la civilisation la plus évoluée de la planète (et sans doute de l’univers) nous savons que l’expérience ne se partage ni ne se transmet,
16) J’accepte que l’on me présente des nouvelles négatives et terrifiantes du monde tous les jours, pour que je puisse apprécier a quel point notre situation est normale et combien j’ai de la chance de vivre en occident. je sais qu’entretenir la peur dans nos esprits ne peut être que bénéfique pour nous,
17) J’accepte que les industriels, militaires et politiciens se réunissent régulièrement pour prendre sans nous concerter des décisions qui engagent l’avenir de la vie et de la planète,
18) J’accepte de consommer de la viande bovine traitée aux hormones sans qu’on me le signale explicitement. J’accepte que la culture des OGM se répande dans le monde entier, permettant ainsi aux trusts de l’agroalimentaire de breveter le vivant, d’engranger des dividendes conséquents et de tenir sous leur joug l’agriculture mondiale,
19) J’accepte que les banques internationales prêtent de l’argent aux pays souhaitant s’armer et se battre, et de choisir ainsi ceux qui feront la guerre et ceux qui ne la feront pas. Je suis conscient qu’il vaut mieux financer les deux bords afin d’être sûr de gagner de l’argent, et faire durer les conflits le plus longtemps possible afin de pouvoir totalement piller leurs ressources s’ils ne peuvent pas rembourser les emprunts,
20) J’accepte que les multinationales s’abstiennent d’appliquer les progrès sociaux de l’occident dans les pays défavorisés. Considérant que c’est déjà une embellie de les faire travailler, je préfère qu’on utilise les lois en vigueur dans ces pays permettant de faire travailler des enfants dans des conditions inhumaines et précaires. Au nom des droits de l’homme et du citoyen, nous n’avons pas le droit de faire de l’ingérence,
21) J’accepte que les hommes politiques puissent être d’une honneteté douteuse et parfois même corrompus. je pense d’ailleurs que c’est normal au vu des fortes pressions qu’ils subissent. Pour la majorité par contre, la tolérance zéro doit être de mise,
22) J’accepte que les laboratoires pharmaceutiques et les industriels de l’agroalimentaire vendent dans les pays défavorisés des produits périmés ou utilisent des substances cancérigènes interdites en occident,
23) J’accepte que le reste de la planète, c’est-à-dire quatre milliards d’individus, puisse penser différemment à condition qu’il ne vienne pas exprimer ses croyances chez nous, et encore moins de tenter d’expliquer notre Histoire avec ses notions philosophiques primitives.
24) J’accepte l’idée qu’il n’existe que deux possibilités dans la nature, à savoir chasser ou être chassé. Et si nous sommes doués d’une conscience et d’un langage, ce n’est certainement pas pour échapper à cette dualité, mais pour justifier pourquoi nous agissons de la sorte,
25) J’accepte de considérer notre passé comme une suite ininterrompue de conflits, de conspirations politiques et de volontés hégémoniques, mais je sais qu’aujourd’hui tout ceci n’existe plus car nous sommes au summum de notre évolution, et que les seules règles régissant notre monde sont la recherche du bonheur et de la liberté de tous les peuples, comme nous l’entendons sans cesse dans nos discours politiques,
26) J’accepte sans discuter et je considère comme vérités toutes les théories proposées pour l’explication du mystère de nos origines. Et j’accepte que la nature ait pu mettre des millions d’années pour créer un être humain dont le seul passe-temps soit la destruction de sa propre espèce en quelques instants,
27) J’accepte la recherche du profit comme but suprême de l’Humanité, et l’accumulation des richesses comme l’accomplissement de la vie humaine,
28) J’accepte la destruction des forêts, la quasi-disparition des poissons de rivières et de nos océans. J’accepte l’augmentation de la pollution industrielle et la dispersion de poisons chimiques et d’éléments radioactifs dans la nature. J’accepte l’utilisation de toutes sortes d’additifs chimiques dans mon alimentation, car je suis convaincu que si on les y met, c’est qu’ils sont utiles et sans danger,
29) J’accepte la guerre économique sévissant sur la planète, même si je sens qu’elle nous mène vers une catastrophe sans précédent,
30) j’accepte cette situation, et j’admets que je ne peux rien faire pour la changer ou l’améliorer,
31) J’accepte d’être traité comme du bétail, car tout compte fait, je pense que je ne vaux pas mieux,
32) J’accepte de ne poser aucune question, de fermer les yeux sur tout ceci, et de ne formuler aucune véritable opposition car je suis bien trop occupé par ma vie et mes soucis. J’accepte même de défendre à la mort ce contrat si vous me le demandez,
33) J’accepte donc, en mon âme et conscience et définitivement, cette triste matrice que vous placez devant mes yeux pour m’empêcher de voir la réalité des choses. Je sais que vous agissez pour mon bien et pour celui de tous, et je vous en remercie.
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Rester optimiste:  » La meilleur façon de prévoir l’avenir, c’est de l’inventer  » J.De Rosnay
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« Je pense depuis longtemps que si un jour les méthodes de destruction de plus en plus efficaces finissent par rayer notre espèce de la planète, ce ne sera pas la cruauté qui sera la cause de notre extinction, et moins encore, bien entendu, l’indignation qu’éveille la cruauté, ni même les représailles et la vengeance qu’elle s’attire… mais la docilité, l’absence de responsabilité de l’homme moderne, son acceptation vile et servile du moindre décret public. Les horreurs auxquelles nous avons assisté, les horreurs encore plus abominables auxquelles nous allons maintenant assister, ne signalent pas que les rebelles, les insubordonnés, les réfractaires sont de plus en plus nombreux dans le monde, mais plutôt qu’il y a de plus en plus d’hommes obéissants et dociles. » Georges Bernanos
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« Le langage politique est destiné à rendre vraisemblables les mensonges, respectables les meurtres, et à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent. » George Orwell
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« En ces temps d’imposture universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire » Gorges Orwell
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La culture, ce n’est pas ce qui reste quand on a tout oublié, mais au contraire, ce qui reste à connaître quand on ne vous a rien enseigné. Jean Vilar
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L’Etat est notre serviteur et nous n’avons pas à en être les esclaves. Albert Einstein
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La religion est le soupir de la créature opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, comme elle est l’esprit des conditions sociales d’où l’esprit est exclu. Elle est l’opium du peuple. Karl Marx
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Ceux qui aiment marcher en rangs sur une musique : ce ne peut être que par erreur qu’ils ont reçu un cerveau, une moelle épinière leur suffirait amplement. Albert Einstein
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Quand une société se corrompt, c’est le langage qui se gangrène en premier. en conséquence, la critique de la société commence par la grammaire et le rétablissement du sens.
Octavio Paz
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Quand le désordre atteint le langage, tout tourne au désastre. Karl Jaspers
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La loi de la majorité n’a rien à dire là où la conscience doit se prononcer. Mahatma Gandhi
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Louis Lecoin :
« S’il m’était prouvé qu’en faisant la guerre mon idéal avait des chances de prendre corps, je dirais quand même non à la guerre. Car on n’élabore pas une société humaine sur des monceaux de cadavres. »
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Albert CAMUS, nous nous souvenons qu’il écrivit l’éditorial du journal Combat du 8 août 1945 :
« La civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. (…) Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »
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« Quand la loi redevient celle de la jungle, c’est un honneur que d’être
déclaré hors la loi » – Hervé Bazin
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La guerre n’est rien que le produit de l’ignorance des uns, de la crapulerie des autres et de la férocité de tous.
Choses dites (1997) Citations de Louis Calaferte
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23 octobre 2010
Mais pourquoi toujours demander aux autres de « faire » ?
Pourquoi ne la ferions-nous pas cette Ecole de « Sagesse » sans nous sentir supérieur ?
Tu veux un monde meilleur,
plus fraternel, plus juste ?
Et bien, commence à le faire !
Qui t’en empêche ?
Fais-le en petit et il grandira !
Fais-le en toi et autour de toi !
Fais-le avec ceux qui le veulent !
(C.G. Jung)
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Ana Sailland a dit…
Une école de sagesse ?!? Il m’est très difficile à moi, prof de math, d’être sage. Comment oserais-je enseigner la sagesse à l’apprenti hiérarque. Ce serait prétentieux, voire dangereux, car porteur en germe de la dictature de mes idées.
C’est pour cela que le travail en équipe est nécessaire.
C’est pour cela que la démocratie balbutiante doit être tout à la fois défendue et promue.

Car pour être universelle, la sagesse doit être inventée par tous, en commun. En outre elle ne peut qu’être évolutive et non figée. Il est impossible de la codifier et de l’enfermer dans un manuel scolaire, rire.

Cependant, l’idée n’est pas que mauvaise. Je verrais bien pour les candidats au pouvoir un stage de trois ans en cellule monastique,peu importe en quelle obédience, pour qu’ils apprennent, mais seuls, à exhumer leur conscience. Mais peut être y aurait il pénurie de candidats.

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Le bien, c’est de maintenir et de favoriser la vie ; le mal, c’est de détruire la vie et de l’entraver. Albert Schweitzer

Chaque fois que je suis sur le point d’abîmer une vie quelconque, il faut que je me pose clairement la question de savoir si c’est nécessaire. Jamais je ne devrai m’autoriser à aller au-delà de l’indispensable, même dans des cas apparemment insignifiants. ibid

James Cameron, un journaliste britannique qui vécut un temps avec lui afin d’écrire une série d’ articles pour le « News Chronicles » le décrit ainsi : « Le docteur ne mange que fruits et légumes, mais en grandes quantités : avocats, mangues et soja, ainsi que particulièrement une très grande variété de bananes bouillies. Le Docteur n’a que peu d’illusions quant à la civilisation moderne et c’est pourquoi il en défend une nouvelle basée sur le Respect de la Vie. Il pense que la civilisation moderne basée sur l’arme atomique est faussement basée sur la destruction de la vie. »[2]

Plutôt que supporter du colonialisme, Schweitzer en fut l’un des plus rudes critiques. Dans un sermon prêché le 6 Janvier 1905, avant qu’il n’ ait annoncé à quiconque ses plans humanitaires il discourait ainsi :

« Notre culture divise les gens en deux classes : les hommes civilisés, un titre accordé à ceux qui effectuent le classement; et les autres, qui ont seulement forme humaine, et qui pourraient périr ou être jetés aux chiens pour ce que les « hommes civilisés » en ont à faire.
Oh cette « noble » culture qui est la nôtre ! Elle parle si pieusement de dignité humaine et de droits humains, puis faillit à respecter cette dignité et ces droits d’innombrables millions avant de les fouler à ses pieds, au prétexte qu’ils vivent outre-mer ou que leurs peaux sont de différentes couleurs, ou qu’ils ne peuvent pas « s’aider eux-mêmes ». Cette culture ne sait pas combien elle est creuse et misérable et pleine de désinvoltes parlottes, combien banale elle paraît pour ceux qui la suivent par delà les mers et voient ce qu’elle a commis là-bas [...] Je ne vais pas énumérer tous les crimes perpétrés au nom de la justice. Des gens ont volé les indigènes de leurs terres, en ont fait des esclaves, libérant sur eux la vermine de l’humanité. Pensez aux atrocités commises sur ces populations rendues serviles [...] et tout ce que nous avons fait… Nous les décimons, puis par un trait de stylo, prenons leurs terres si bien qu’ils n’ont plus rien du tout… Si toute cette oppression et tout ce péché et honte sont perpétrés sous l’œil du Dieu Germain, ou du Dieu Américain, ou du Dieu Britannique, et si nos états ne se sentent pas obligés premièrement de laisser de coté leur affirmation d’être « Chrétien » — alors le nom de Jésus est blasphémé et tourné en dérision. Et la Chrétienté de nos états est blasphémée et tournée en dérision devant ces pauvres gens. Le nom de Jésus devient imprécation, et notre Chrétienté -votre et mienne- devient contre-vérité et disgrâce, si les crimes ne sont pas suivis de réconciliations là-même où ils furent commis. Car pour toute personne ayant commis au nom de Jésus un crime, quelqu’un doit s’avancer pour aider au nom de Jésus; pour toute personne qui vole, quelqu’un doit apporter compensation; pour chaque personne qui maudit, une autre doit bénir.

Et dorénavant, lorsque vous parlez de missions, laissez ceci être votre message : Nous devons restaurer l’harmonie pour tous ces crimes lus dans les journaux. Nous devons recréer l’harmonie pour ces crimes, encore pires, à propos desquels nous ne lisons rien dans les magazines, ces crimes étouffés dans le silence nocturne de la jungle… » »

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Les fruits sont à tous, et la terre n’est à personne. Jean-Jacques Rousseau

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« Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. » Kenneth Boulding (1910-1993), président de l’American Economic Association.
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« La politique est un acte de foi, il faut démontrer une confiance dans les capacités intellectuelles et morales du public »
George Mc Govern

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…quel philosophe disait : « Je suis un humain. Par conséquent, je me sens concerné par tout ce qui touche à l’humain. »…
Souvenez-vous de cette phrase de Gandhi que je répétais l’an dernier, pendant la crise de la grippe H1N1 : « un individu conscient, éveillé et debout est plus dangereux pour le pouvoir en place que 10.000 individus endormis et apeurés. » (crevecoeur)

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« La couardise demande : est-ce sûr ?
L’efficacité demande : est-ce politique ?
La vanité demande : est-ce populaire ?

Mais la conscience demande : est-ce juste ?
Et il vient un temps où l’on doit prendre une position
Qui n’est ni sûre, ni politique, ni populaire –
Mais on doit la prendre simplement parce qu’elle est juste. »
– Dr. Martin Luther King Jr.
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« Quand il pleut, quand il y a de faux nuages sur Paris, n’oubliez jamais que c’est la faute du gouvernement. La production industrielle aliénée fait la pluie. La révolution fait le beau temps. » Guy Debord

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“Le monde est dangereux non pas à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire”
Albert Einstein

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« Quiconque trouve du plaisir à marcher en rangs serrés, au son de la musique est, pour moi, d’emblée, un objet de mépris. Il n’a reçu son cerveau que par mégarde puisque la moelle épinière lui aurait amplement suffi. Cette honte de la civilisation devrait être supprimée aussi vite que possible. Héroïsme sur commande, violence insensée, chauvinisme pénible, comme je le hais ardemment ; comme la guerre me paraît basse et méprisable, je préférerais me laisser couper en morceaux plutôt que de participer à des agissements aussi misérables. »

« Il est hélas devenu évident aujourd’hui que notre technologie a dépassé notre humanité. »
Albert Einstein

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(Jeannine Naudinet) Je te cite la conclusion d’un poète, mort en 1961, tu vois tu n’es pas le seul, et il n’avait pas vu le pire :

« Courage partout il faut vivre encore
Sous un ciel qui n’a plus mémoire de l’aurore »
(Jules Supervielle)

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Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
Jean JAURES

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« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » Jean Jaurès

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« Déposer son bulletin dans l’urne, cette expression nous paraît aujourd’hui du dernier grotesque ; elle a été préparée par un siècle d’héroïsme (…) Les élections sont dérisoires (…) Des hommes ont souffert, des hommes sont morts, tout un peuple a vécu pour que le dernier des imbéciles aujourd’hui ait le droit d’accomplir cette formalité truquée (…) Quand nous étudierons le dépérissement du parlementarisme en France nous serons conduits à constater sans doute que le parlementarisme est un parasitisme au moins aussi onéreux que le capitalisme. Car le capitalisme écrase le travail d’en dessus, mais le parlementarisme introduit au cœur même du travail la corruption, l’asservissement qu’il exige ».
Charles Péguy (1913)

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Tolstoï : « Le faux rôle que jouent dans notre société les sciences et les arts provient de ce que les gens soi-disant civilisés ayant à leur tête les savants et les artistes sont une caste privilégiée comme les prêtres ».

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PROBE
La vertu de la provocation est qu’elle donne la possibilité d’« anticiper », en rendant immédiatement visible ce que seules l’intuition ou la connaissance permettent de pressentir

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Lise London  : « La valeur de la vie ne se mesure pas au nombre d’années vécues, mais à sa richesse et à la profondeur de l’empreinte que nous laissons derrière nous sur Terre ».

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L’Etat est le plus froid des monstres froids. Il ment froidement ; et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche :
« Moi, l’Etat, je suis le Peuple ». Mensonge : ce sont les créateurs qui ont formé les peuples et servi la vie. L’Etat, lui, ne sert qu’à l’enrichissement des inutiles.
Ainsi parlait Zarathoustra -NIETZSCHE
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La différence entre la dictature et la démocratie ? La dictature c’est « fermez vos gueules » et la démocratie c’est « cause toujours ».
Selon Woody ALLEN
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Du pain et des jeux
et le peuple sera content,
il suivra aveuglément
les lois des saigneurs dieux.
JUVENAL
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C’est avec des hochets que l’on mène les hommes
NAPOLEON

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Il n’y a point d’assujettissement si parfait que celui qui garde l’apparence de la liberté. J.J. Rousseau

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« C’est quand je me suis arrêté de travailler que j’ai réellement commencé à comprendre les choses. Le drame c’est que, quand on travaille, on n’a pas le temps de penser. »
François Partant (Roche)

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« Il n’est pas nécessaire d’esperer pour entreprendre, ni de réussir pour perseverer »
Guillaume d’Orange

*********************************https://fr.wikipedia.org/wiki/Bushido_%28code_de_vie%29

Sources du bushido

Ce code de vie a emprunté au Bouddhisme l’endurance stoïque, le respect du danger et de la mort; au Shintoïsme, le culte religieux de la Patrie et de l’Empereur ; au Confucianisme, une certaine culture littéraire et artistique ainsi que la morale sociale des « relations » : parents-enfants, maître et serviteur, époux, frères, amis. Mencius fut également une grande source d’inspiration pour le bushido. Notons que le Bushido n’est pas le premier « code de chevalerie » du japon médiéval. En effet, largement avant le bushido existait le « code de l’arc et du cheval ». Le Bushido, écrit au XVIIe siècle avec la mentalité de l’époque, c’est-à-dire pacifiste et politiquement correcte (au point d’en devenir aberrant parfois, mettant en place jusqu’à une sorte de culte de la mort chez les samouraï qui, ne vivant plus en période de guerre, souhaitaient tous mourir au champ d’honneur par tous les moyens possibles et imaginables et le plus jeune possible pour compenser), était largement critiqués par de nombreux samouraï de l’ancienne école. Le Hagakure, recueil de pensées d’un de ces hommes, vante les mérites des préceptes du code de l’arc et du cheval et critique ouvertement le nouveau code du guerrier (sans le nommer puisqu’à cette époque le terme de bushido n’existait pas. Il ne fut officialisé qu’au milieu du XVIIe siècle).
Un code très strict

La plupart des samouraïs vouaient leur vie au bushido, un code strict qui exigeait loyauté et honneur jusqu’à la mort. Si un samouraï échouait à garder son honneur il pouvait le regagner en commettant le seppuku (suicide rituel), que l’on connaît mieux en occident sous le terme de « hara-kiri » ou « l’action de s’ouvrir le ventre » (hara : le « ventre », siège du ki (puissance, énergie) et kiri : « coupe »). Cependant, il faut noter une différence non négligeable entre seppuku et hara-kiri. Le seppuku permettait à un guerrier vaincu de se donner la mort et de pouvoir ainsi mourir avec son honneur (le vainqueur abrégeait ensuite ses souffrances). Le hara-kiri était une façon de se donner la mort où la personne « perdait » tout honneur suite à ce geste. Dans le Japon féodal, on parlera de hara-kiri pour une personne se donnant la mort suite par exemple à une humiliation (adultère par exemple) et de seppuku pour une personne assumant une défaite et se donnant la mort (guerrier perdant une bataille). Cette nuance est sensible mais importante dans la compréhension du bushido.

Sous sa forme la plus pure, le bushido exige de ses pratiquants qu’ils jugent efficacement le moment présent par rapport à leur propre mort, comme s’ils n’étaient déjà plus de ce monde. C’est particulièrement vrai pour les formes initiales de bushido ou de budo. D’ailleurs, les traditionalistes critiquent les formes plus tardives : « ils raisonnent clairement avec l’idée de rester en vie dans l’esprit. »
Citations

Voici un aperçu de la loi du bushido telle qu’elle est exprimée vers la fin du XVIIe siècle3 :

« Le vrai courage consiste à vivre quand il est juste de vivre, à mourir quand il est juste de mourir » (Hagakure, Yamamoto Jôchô)

« Un homme qui ne cesse de calculer est un poltron. Je dis cela parce que les supputations ont toujours un lien avec les idées de profit et de perte; l’individu qui les fait est tout le temps préoccupé par des notions de gain ou de perte. Mourir est une perte, vivre est un gain et c’est ainsi que l’on décide souvent de ne pas mourir. C’est de la lâcheté. De même, un homme qui a reçu une bonne éducation peut camoufler, avec son intelligence et son éloquence, sa poltronnerie ou sa cupidité qui sont sa véritable nature. Bien des gens ne s’en rendent pas compte. » (Hagakure, Yamamoto Jôchô)

« Ne jamais rechercher les mets les plus fins dans le but de contenter son corps. » (La Voie à Suivre Seul, Miyamoto Musashi)

« Un samouraï se conduira en fils et en sujet fidèle. Il ne quittera pas son souverain, quand bien même le nombre de ses sujets passerait de cent à dix, de dix à un » (Hagakure, Yamamoto Jôchô)

« … Quant aux samouraïs, ils inventent toutes sortes d’armes. Ils doivent connaître les caractéristiques de chaque espèce d’arme. C’est la façon de vivre d’un bushi. Si un samouraï n’est pas familier avec les armes ou ignore les caractéristiques propres à chacune, cela ne serait-il pas insensé ? » (Le Traité des Cinq Eléments, Chapitre de la Terre, Miyamoto Musashi)

« En temps de guerre, le témoignage de sa loyauté consistera à se porter s’il le faut au-devant des flèches ennemies sans faire cas de sa vie »(Hagakure, Yamamoto Jôchô)

« Se consacrer entièrement à la Voie, sans même craindre la Mort. » (La Voie à Suivre Seul, Miyamoto Musashi)

« …s’il perd le combat et s’il est obligé de livrer sa tête (…) il mourra en souriant, sans aucune vile allure » (Hagakure, Yamamoto Jôchô)

« … Il est dit aussi que l’usage des armes pour tuer – du moins quand c’est inévitable – fait aussi partie de la Voie de la Nature. Qu’est-ce que cela veut dire ? Les fleurs s’épanouissent et la verdure prolifère quand souffle la brise printanière ; mais à l’apparition des gelées d’automne, invariablement, les feuilles tombent et les arbres s’étiolent. Cela aussi est la loi de la Nature. Il peut donc se présenter un moment où il faut abattre ce qui doit l’être : certains profitent des évènements pour commettre le Mal. Quand ce mal se manifeste, il faut le combattre. C’est pourquoi il est dit aussi que l’usage des armes fait également partie de la Voie de la Nature. » (Satsujinken, Yagyu Munenori)

« … Ne jamais se relâcher à aucun moment de la journée. » (Le Traité des Cinq Eléments, le Chapitre du Vide, Miyamoto Musashi)

« Bushido signifie la volonté déterminée de mourir. Quand tu te retrouveras au carrefour des voies et que tu devras choisir la route, n’hésite pas : choisis la voie de la mort. Ne pose pour cela aucune raison particulière et que ton esprit soit ferme et prêt. Quelqu’un pourra dire que si tu meurs sans avoir atteint aucun objectif, ta mort n’aura pas de sens : ce sera comme la mort d’un chien. Mais quand tu te trouves au carrefour, tu ne dois pas penser à atteindre un objectif : ce n’est pas le moment de faire des plans. Tous préfèrent la vie à la mort et si nous nous raisonnons ou si nous faisons des projets nous choisirons la route de la vie. Mais si tu manques le but et si tu restes en vie, en réalité tu seras un couard. Ceci est une considération importante. Si tu meurs sans atteindre un objectif, ta mort pourra être la mort d’un chien, la mort de la folie, mais il n’y aura aucune tache sur ton honneur. Dans le Bushido, l’honneur vient en premier. Par conséquent, que l’idée de la mort soit imprimée dans ton esprit chaque matin et chaque soir. Quand ta détermination de mourir en quelque moment que ce soit aura trouvé une demeure stable dans ton âme, tu auras atteint le sommet de l’instruction du bushido. » (Hagakure, Yamamoto Jôchô)
Les sept vertus du bushido

Il existe sept grandes vertus confucéennes associées au bushido :

Droiture (?, Gi?, parfois aussi traduit par rectitude ou rigueur)
Courage (?, Yu?)
Bienveillance (?, Jin?, parfois aussi traduit par grandeur d’âme, compassion ou générosité)
Politesse (?, Rei?, correspondant à l’étiquette apparue en France à la même époque ou d’une manière plus générale, le respect)4)
Sincérité (?, Makoto?, ou honnêteté)
Honneur (??, Meiyo?)
Loyauté (??, Chugi?)

*********************************https://fr.wikipedia.org/wiki/Musashi_Miyamoto
Dokkodo

À 60 ans, Musashi écrivit en quelque sorte son testament au travers du Traité des Cinq Roues. Deux ans plus tard, sentant sa fin approcher, il écrivait le Dokkodo, La Voie à suivre seul :

Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.
Éviter de rechercher les plaisirs du corps.
Être impartial en tout.
N’être jamais cupide durant toute la vie.
N’avoir aucun regret dans les affaires.
Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.
Ne jamais être attristé par toutes séparations.
N’éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.
N’avoir aucun désir d’amour.
N’avoir aucune préférence en toutes choses.
Ne jamais rechercher son confort.
Ne jamais rechercher les mets les plus fins afin de contenter son corps.
Ne jamais s’entourer, à aucun moment de la vie, d’objets précieux.
Ne pas reculer pour de fausses croyances.
Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.
Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.
Même vieux n’avoir aucun désir de posséder ou d’utiliser des biens.
Vénérer les bouddhas et divinités mais ne pas compter sur eux.
Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

Enseignant
Stèle dédiée à Miyamoto Musashi, fondateur de la Hyoho Niten Ichi Ryu. Elle est érigée au pied du château de Kokura sur le lieu où vécut Musashi. Est inscrite sur la pierre la devise : « Seishin Chokudo », Cœur sincère, Voie droite. Kokura est le lieu où se trouve le Hombu dojo de la Hyoho Niten Ichi Ryu.

Il fonda l’école Niten Ichi Ryu dont la branche maîtresse est la Hyoho Niten Ichi Ryu.
Hyoho Niten Ichi ryu est traduit par “l’École de la stratégie des deux Ciels comme une Terre”. Aujourd’hui, une lignée de maîtres descend directement des disciples de Musashi.
Cette école de sabre, une koryu de kenjutsu, fut nommée tout d’abord École des Deux Sabres (Niken ryu), puis École des Deux Cieux (Niten ryu). Elle reste renommée pour son style hors du commun : utilisation simultanée de deux sabres, l’un court, l’autre long. Le hyoho, de Hyoho Niten Ichi Ryu, signifie stratégie et constitue un enseignement capital dans l’école.

On retrouve également plusieurs écoles dans le monde au suffixe Niten Ichiryu mais elles n’entretiennent officiellement aucune sorte de lien d’héritage avec Hyoho Niten Ichiryu2. Certaines écoles descendent authentiquement de Miyamoto Musashi sans être pour autant la branche « mère » et sont considérées comme des koryu. Elles transmettent leur enseignement sur autorisation du soke et doivent expressément démontrer leur lignée de transmission et l’accord formel d’enseigner de la part du soke de cette branche. Toute imprécision ou rétention d’une telle information est un indice d’un enseignement abusif dans sa référence à l’école de Musashi.
L’école de Musashi transmet son expérience à travers sa technique et son esprit. Ne transmettre que la technique est une amputation grave de l’enseignement du fondateur qui dénature le sens profond d’une koryu : « En Hyoho Niten Ichi Ryu, celui qui succède doit se vouer à l’entraînement et prouver à ses contemporains, par son exemple, que l’enseignement et le kokoro du fondateur sont absolus et authentiques. C’est ma mission en tant que soke »3. Ainsi, le soke est seul en mesure d’explorer les nombreux sens de cet enseignement car il possède seul la transmission de l’esprit qui authentifie le geste. Le but de l’élève est alors de s’approcher de l’expérience de Musashi avec la garantie que lui offre la connaissance héritée par le soke. Pour cette raison, tout enseignant de la Hyoho Niten ichi Ryu ou de toute branche authentique de la Niten Ichi Ryu doit cultiver un lien d’apprentissage avec le grand-maître de sa branche.
Principes

L’enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :

Éviter toutes pensées perverses
Se forger dans la voie en pratiquant soi-même
Embrasser tous les arts et non se borner à un seul
Connaître la Voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même
Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose
En toute choses, s’habituer au jugement intuitif
Connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas
Prêter attention au moindre détail
Ne rien faire d’inutile

Les principes sont à étudier le bokken en main auprès d’un maître. La particularité de l’enseignement des koryu est qu’il est attendu du soke qu’il incarne et prouve sa maîtrise à chaque génération.

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Jaurès disait « Quand les hommes ne peuvent plus changer les choses, ils changent les mots. » … ou ils les oublient …

*********************************roland essayan colmar
Dans la même lignée, je pensais citer au procès Einstein (« on ne résoud pas un problème avec le même état d’esprit que celui qui l’a généré ») et Lévy-Strauss (« aujourd’hui la science et la technologie servent surtout à réparer les conséquences et erreurs provoquées par ces mêmes sciences et technologies »)

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Jean Jacques Rousseau :
« Le premier qui, ayant enclos du terrain, s’avisa de dire : « Ceci est à moi » et trouva des gens assez simples pour le croire fut le vrai fondateur de la société civile… Gardez-vous d’écouter cet imposteur, vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la terre n’est à personne…Quand les héritages se furent accrus en nombre et en étendue au point de couvrir le sol entier et de se toucher tous, les uns ne purent plus s’agrandir qu’aux dépens des autres… De là commencèrent à naître la domination et la servitude »

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« l’école est l’agence de publicité qui nous fait croire que nous avons besoin de la société telle qu’elle est. » Ivan Illich

***********************http://www.linternaute.com/citation/3997/l-homme-est-un-loup-pour-l-homme——-thomas-hobbes/
Sur « L’homme est un loup pour l’homme. »
Thomas Hobbes et Plaute
Source La Comédie des ânes

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L’avis de Haja Andriambololona (Paris)
L’hypocrisie
« Derrière une fortune, il y a toujours un crime … L’homme en soit ne cherche que la protection de sa sphère intime (propriété privée, garde en boxe, périmètre dans le travail ou d’un projet etc…) et fait tout en sa possession pour la protéger, mais cherche à tout prix aussi à l’élargir; le présent dicton explique ce phénomène. » (05 novembre 2012)

L’avis de Dominique  (Marseille)

« Un grand classique le pire ennemi de l’homme c’est lui , et les autres hommes. » (03 septembre 2012)

L’avis de Gigi Babou (Laval)

« comment donner un avis hors du systeme de la pensée philosophique de l’auteur » (20 juin 2012)

L’avis de Mike  (Brest)
Si seulement
« Si seulement ça pouvait être vrai, la vie serait moins dure. » (23 novembre 2011)

L’avis de Erwan  (Rennes)

« c’est une insulte aux loups » (12 septembre 2011)

L’avis de Noelle Mazzone (Marseille)
Peur du loup!
« c est la panique en montagne,!NON NON les loups ont fait un massacre il faut tuer ces sales sauvages ! sur les pauvres brebis! c est l horreur ! peur du loup ! » (20 juillet 2011)

L’avis de Michaël (de L’hébreu Mikayehu : Semblable à Dieu)  (Brebières)

« L’Homme est un loup pour l’Homme. L’argent est son os. Les actionnaires les enterrent au fond de leur jardin et font leurs réserves. Les autres se battent pour les cartilages restants. Chacun est d’accord mais il sortira les  crocs si l’on s’approche de son os. » (13 juillet 2011)

L’avis de Jean Marc Lozano (Saint Peray)

« A l’état de nature, l’homme est, ou serait un danger pour ses congénères.Laissant entendre que l’éducation viendra en adoucir ses pulsions.Qu’en est il de notre vertueuse  éducation, de notre morale et attitudes de notre société.Il y chez Hobbes une prédiction de ce que nous devenons dans des climats qui se dégradent.Méfions  nous du loup, méfions nous de nous. » (10 juin 2011)

L’avis de Lauriane Cissé (Nîmes)

« La citation exacte c’est : « A l’état de nature l’homme est un loup pour l’homme, à l’état social l’homme est un dieu pour l’homme”. » (04 janvier 2011)

L’avis de Christian  (Montpellier)

« Je ne cherche pas à retrouver le contexte, la signification qu’a voulu donné l’auteur de ces mots en son temps. Au contraire j’ai l’humilité de penser que l’on ne peut que l’interpréter à notre sauce, ce qui prévaut d’ailleurs pour tout écrit en commençant pas les plus anciens comme les livres religieux. Quelle prétention de croire même le plus érudit d’entre nous que l’on peut affirmer ce qu’a voulu dire exactement un auteur ancien car il faut le replacer dans son contexte ancien, se mettre dans la tête de l’auteur, parfois traduire son texte original dans une langue différente et j’en passe et des meilleurs de toutes les interprétations à faire. J’entends pour ma part ces mots comme : l’homme est un descendant de l’animal (loup ou autre) et que de se fait il faut prendre conscience que nous avons gardé génétiquement des restes de cette bestialité qu’on le veuille ou non. Faut-il y souscrire bien évidemment non,  mais l’admettre, en prendre conscience pour mieux l’apprivoiser, voilà ma position. » (12 octobre 2010)

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« Vous n’avez pas participé à la bataille vous devrez partager la défaite » (Aragon)

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« Si vous ne changez pas en vous-même, ne demandez pas que le monde change »

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Ne doutez jamais qu’un petit groupe de gens réfléchis et engagés puisse changer le monde. En fait, c’est toujours comme cela que ça s’est passé.?
Margaret Mead (1901 – 1978) – Anthropologue.

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« La désobéissance civile est le droit imprescriptible de tout citoyen. Il ne saurait y renoncer sans cesser d’être un homme. » GANDHI. Tous les hommes sont frères, 1969, p. 235 Mais il y a des coups de pied au cul qui se perdent, en haut lieu.

*****************VanDoorne
Un nul qui marche va plus loin qu’un « naintellectuel » qui reste assis  » :-)   x

« Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité. »
Antoine de Saint-Exupéry

Agriculteur est composé du mot cultiver. Cultiver vient du mot latin « cultura », qui veut dire « honorer ».
Alors allons cultiver la terre au sens noble du terme.

Un champ si fertile soit-il ne peut être productif sans culture, et c’est la même chose pour l’humain sans enseignement. (Tusculanes, II, 13) Ciceron.

Le temps est précieux. A chaque instant participons à créer un paradis sur terre.

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« La science permet de savoir comment faire fonctionner un train, l’histoire de savoir qu’il peut parfois aller à Auschwitz. »
Jean-Christophe Defraigne, professeur, Université de Louvin

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« Étudie les livres et observe la nature. Lorsque les deux ne sont pas en accord, jette le livre. »
William A Albrecht

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 » Un conflit entre nations nous horrifie. Mais la guerre économique ne vaut pas mieux qu’un conflit armé. Ce dernier est comme une intervention chirurgicale. Une guerre économique est une torture prolongée. Et ses ravages ne sont pas moins cruels que ceux que décrivent si bien les ouvrages sur la guerre.Nous nous préoccupons moins de la guerre économique parce que nous sommes habitués à ses effets mortels. Le mouvement contre la guerre est juste. Je crains pourtant qu’il ne soit voué à l’échec s’il ne s’en prend à la racine du mal : l’avidité humaine.  »
GANDHI
 » Non – violence – The Greatest Force – 1926  »

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 » Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.  »
René Char ( 1907-1988 )

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« Il faut connaître le mal que l’on veut combattre »
Simone Weil (1909-1943)

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Ceux qui se sont sagement limités à ce qui leur paraissait possible n’ont jamais avancé d’un seul pas.
Mikhaïl Bakounine

******************** poëme de Martin Niemöller

Quand ils sont venus chercher les communistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas communiste.

Quand ils sont venus chercher les syndicalistes,
Je n’ai rien dit,
Je n’étais pas syndicaliste.

Quand ils sont venus chercher les juifs,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas juif.

Quand ils sont venus chercher les catholiques,
Je n’ai pas protesté,
Je n’étais pas catholique.

Puis ils sont venus me chercher,
Et il ne restait personne pour protester

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« Si la science un jour règne seule, les hommes crédules n’auront plus que des crédulités scientifiques. » (Anatole France)

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« Vient un temps où le silence est trahison- Je n’ai pas peur des mots des gens violents, mais le silence des gens honnêtes. » Martin Luther King

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« La seule façon de te sauver toi-même, c’est de lutter pour sauver tous les autres. » Nikos KAZANTZAKIS www.jeluttedoncjesuis.net

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« Qui donc répondrait à la terrible obstination du crime si ce n’est l’obstination du témoignage ». Albert camus cité par W.Tchertkoff pour www.independentwho.org

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« La science s’oppose absolument à l’opinion. S’il lui arrive, sur un point particulier, de légitimer l’opinion, c’est pour d’autres raisons que celles qui fondent l’opinion ; de sorte que l’opinion a, en droit, toujours tort. L’opinion pense mal ; elle ne pense pas ; elle traduit des besoins en connaissances. On ne peut rien fonder sur l’opinion : il faut d’abord la détruire. Elle est le premier obstacle à surmonter. » Gaston Bachelard.

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« (…) seuls des prêtres peuvent prétendre mesurer la valeur d’une idée à la quantité de sang qu’elle a fait répandre. » Simone Weil. Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale.

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« Mais l’impuissance où l’on se trouve à un moment donné, impuissance qui ne doit jamais être regardée comme définitive, ne peut dispenser de rester fidèle à soi-même, ni excuser la capitulation devant l’ennemi, quelque masque qu’il prenne. Et, sous tous les noms dont il peut se parer, fascisme, démocratie ou dictature du prolétariat, l’ennemi capital reste l’appareil administratif, policier et militaire […] qui se dit notre défenseur et fait de nous ses esclaves. »
Simone Weil, Réflexions sur la guerre.

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« On ne combat pas un mal avec les moyens qui ont permis son émergence. L’insensibilité, la fausse objectivité, la fausse respectabilité, le faux contrôle des nerfs, la mascarade de la responsabilité, l’inhibition du sens moral… ont permis l’émergence du nucléaire. L’arrêter c’est redonner aux mots leur sens, au jugement sa cohérence, à la santé sa place… dans la chaleur de l »émotion. » Françoise Chanial (2016) à propos Transpary watch

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C’est quand ça devient difficile que la non-violence prend tout son sens…Oui c’est dure, c’est impossible de rester « zen », mais nous avons tous individuellement des ressources insoupçonnées.

J’ai du mal à comprendre les dernières décisions de justice, je veux dire j’ai du mal à comprendre comment des gens peuvent prendre de telles positions?

Et je me dis que nous avons de la chance de penser comme on pense, d’avoir le courage d’agir, de ne pas subir tout ce système. Parce que ces décisions de justice, qui ne dénonce pas la violation de la terre dans notre affaire de Colmar, qui se dédouane de l’urgence d’appliquer le principe de précaution pour les VRTH au conseil d’Etat en faisant traîner les choses (même si je suis consciente que c’est important d’avoir l’avis de la cour européenne de justice), ces décisions elles sont violentes.

Et nous, on a autre chose à proposer, parce que nous on souhaite un monde ou un criminel multirécidiviste (je parle de Monsanto) ne s’achète pas 66 milliards de dollars! nous si on avait cet argent je crois qu’on ferait de belles choses …je ne sais pas comme accueillir dignement des réfugiés qui fuient des pays en guerre … Franchement quand on se pause deux seconde pour  penser à tout ça, ça parait complètement dingue, mais ça donne pas envie de devenir comme eux!

Plein de courage à tous

Bises
béné
Béné Bonzi Proces Colmar septembre 2016

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« Le  capitalisme  est  cette  croyance  étonnante  que  les  plus  mauvais  des  hommes  feront  les  pires  des  choses  pour  le  bien  de  tous. »      Keynes (economiste)

nucléaire, OGM, brevets sur le vivant, boursicotage sur l’alimentation, agro industrie, bidonvillisation…..

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Noam Chomsky : « La façon la plus intelligente de maintenir la passivité des gens, c’est de limiter strictement l’éventail des opinions acceptables, mais en permettant un débat vif à l’intérieur de cet éventail et même d’encourager des opinions plus critiques et dissidentes. Cela donne aux gens l’impression d’être libres de leurs pensées, alors qu’en fait, à tout instant, les présuppositions du système sont renforcées par les limites posées au débat ».
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« Si nous assistons muet au mal, nous assistons le mal ».(Victor Hugo)

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« Si l’ on veut aller très loin, il faut d’ abord commencer au plus près, répétait Krishnamurti. »
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« Le riche (…) est toujours vendu à l’ institution qui fait sa richesse -
1849 La désobéissance civile ».
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« La guerre va clopin clopant
Dans la défaite ou la victoire, tout un chacun reste perdant » (Bertold Brecht « Mère courage »)
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« Frapper d’impôts le nécessaire, c’est voler ; frapper d’impôts le superflu, c’est restituer. »
« Toute révolution est un progrès ».
1870″ »Quand on songe que l’Hôtel de ville n’a jamais cru une minute au succès possible de la résistance, qu’il a fait deux mois de cette horrible guerre sans nul espoir, uniquement pour conserver l’autorité, pour rester au gouvernement ! Et quand on on songe encore que cette certitude préconçue de la défaite en a été la seule cause, que des préparatifs sérieux, faits à temps, nous assuraient la victoire,…comment ne pas rester anéanti de douleur et de rage devant la patrie qui s’abîme par l’ineptie, l’égoïsme et la plate ambition de quelques hommes ? ». « Ni Dieu ni maître »
Dans son journal, Le Libérateur, fondé en 1834, dont la devise est « Unité, égalité, fraternité, il écrit dans le 1er n° (2 février 1834): « Si, en effet, nous nous disons républicains, c’est que nous espérons de la république une refonte sociale que la France réclame impérieusement et qui est dans ses destinées. Si la république devait tromper cette espérance, nous cesserions d’être républicains, car à nos yeux une forme de gouvernement n’est point un but, mais un moyen et nous ne désirons une réforme politique que comme acheminement à une réforme sociale ». Il faut signaler que, plus tard, il montrera l’idée d’une sorte de dictature du prolétariat ; dans la société des saisons dont il est le fondateur, il est dit durant le serment d’intronisation: « L’état social étant gangrené, pour passer à un état sain, il faut des remèdes héroïques ; le peuple aura besoin pendant quelque temps d’un pouvoir révolutionnaire »
Il se montre intransigeant. Il ne veut pas de réformes progressives marquées par les concessions. Il a une formule: « on doit épouser sans dot ». Il ne veut alors pas rallier la gauche plus modérée de Ledru-Rollin ou du socialiste Louis Blanc. Il est fermement révolutionnaire, écrivant à certains de ses partisans alors qu’il est emprisonné en 1851 : « Qui a du fer a du pain… La France hérissée de travailleurs en armes, voilà l’avènement du socialisme. En présence des prolétaires armés, obstacles, résistances, impossibilités, tout disparaîtra. Mais pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d’arbres de la liberté, par des phrases sonores d’avocats, il y aura de l’eau bénite d’abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, enfin de la mitraille, de la misère toujours. Que le peuple choisisse  »

Œuvre:
Blanqui s’apparente au socialisme dit « métaphysique ». Dans son ouvrage L’Éternité par les astres (1872), élaboré, il est vrai, sur la fin de sa vie, alors qu’il subit une fois de plus la prison, il expose que la combinaison d’atomes dont nous résultons se reproduit un nombre infini de fois (dans l’infinité de l’espace et du temps), de sorte que chacun de nous a une infinité de sosies. Toutefois, les derniers écrits de Blanqui sont minimes en comparaison de ce qu’il fut avant tout : un stratège de l’insurrection n’hésitant pas à payer de sa personne.

Dans son recueil de textes intitulé La critique sociale, paru en 1886, Blanqui expose trois thèses :

- la société civile dépend entièrement du mécanisme des échanges ;
- l’histoire se développe tout entière autour du combat économique destiné à accroître la richesse ;
- la société humaine évolue vers le communisme et sa marche est accélérée par les abus du capitalisme.

Principales publications
Défense du citoyen Louis-Auguste Blanqui devant la cour d’assises, 1832.
Instruction pour une prise d’arme, 1866.
La Patrie en danger, 1871.
L’Éternité par les astres, 1872.
La Critique sociale, 1885.

Auguste Blanqui « patriote mais non nationaliste »

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« Créer une entreprise artistique dans une société libérale, c’est avant tout rendre un système économiquement déficitaire pérenne. » Bruno Boussagol Janvier2017Bulletin d’information n°40 Voeux de Bonne Année: « Vivent les vieilles et vivent les vieux » / Bruno Boussagol / Brut de béton production

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Elisée Reclus

Sur la morale
« Celui qui commande se déprave, celui qui obéit se rapetisse. Des deux côtés. comme tyran ou comme esclave, comme préposé ou comme subordonné, l’homme s’amoindrit. La morale qui naît de la conception actuelle de l’État, de la hiérarchie sociale, est forcément corrompue. « La crainte de Dieu est le commencement de la sagesse », nous ont enseigné les religions, elle est le commencement de toute servitude et de toute dépravation, nous dit l’histoire. » 18 juillet 1892, Correspondance.

« Pour que l’anarchie triomphe, il faut qu’elle soit déjà une réalité concrète avant les grands jours qui viendront. » Aux compagnons rédacteurs des Entretiens, Les Entretiens politiques et littéraires, juillet 1892, p. 3-6.

Sur la révolution
« [...] l’équilibre rompu d’individu à individu, de classe à classe, se balance constamment autour de son axe de repos : le viol de la justice crie toujours vengeance. De là, d’incessantes oscillations. Ceux qui commandent cherchent à rester les maîtres, tandis que les asservis font effort pour reconquérir la liberté, puis, entraînés par l’énergie de leur élan, tentent de reconstituer le pouvoir à leur profit. Ainsi des guerres civiles, compliquées de guerres étrangères, d’écrasements et de destructions, se succèdent en un enchevêtrement continu, aboutissant diversement, suivant la poussée respective des éléments en lutte.Ou bien les opprimés se soumettent, ayant épuisé leur force de résistance : ils meurent lentement et s’éteignent, n’ayant plus l’initiative qui fait la vie ; ou bien c’est la revendication des hommes libres qui l’emporte, et, dans le chaos des événements, on peut discerner de véritables révolutions, c’est-à-dire des changements de régime politique, économique et social, dus à la compréhension plus nette des conditions du milieu et à l’énergie des initiatives individuelles. » L’Homme et la Terre, préface du tome I, Paris, La Librairie universelle, 1905.

« Il est cependant des esprits timorés qui croient honnêtement à l’évolution des idées, qui espèrent vaguement dans une transformation correspondante des choses, et qui néanmoins, par un sentiment de peur instinctive, presque physique, veulent, au moins de leur vivant, éviter toute révolution. Ils l’évoquent et la conjurent en même temps : ils critiquent la société présente et rêvent de la société future comme si elle devait apparaître soudain, par une sorte de miracle, sans que le moindre craquement de rupture se produise entre le monde passé et le monde futur. Êtres incomplets, ils n’ont que le désir, sans avoir la pensée ; ils imaginent, mais ils ne savent point vouloir. » L’Évolution, la révolution et l’idéal anarchique, Paris, Stock, 1902.

Sur le vote
« Vous demandez à un homme de bonne volonté, qui n’est ni votant, ni candidat, de vous exposer quelles sont ses idées sur l’exercice du droit de suffrage. [...] Voter, c’est abdiquer ; nommer un ou plusieurs maîtres pour une période courte ou longue, c’est renoncer à sa propre souveraineté. Qu’il devienne monarque absolu, prince constitutionnel ou simplement mandataire muni d’une petite part de royauté, le candidat que vous portez au trône ou au fauteuil sera votre supérieur. Vous nommez des hommes qui sont au-dessus des lois, puisqu’ils se chargent de les rédiger et que leur mission est de vous faire obéir. Voter, c’est être dupe ; c’est croire que des hommes comme vous acquerront soudain, au tintement d’une sonnette, la vertu de tout savoir et de tout comprendre. Vos mandataires ayant à légiférer sur toutes choses, des allumettes aux vaisseaux de guerre, de l’échenillage des arbres à l’extermination des peuplades rouges ou noires, il vous semble que leur intelligence grandisse en raison même de l’immensité de la tâche. L’histoire vous enseigne que le contraire a lieu. Le pouvoir a toujours affolé, le parlotage a toujours abêti. Dans les assemblées souveraines, la médiocrité prévaut fatalement. » Le Révolté, octobre 1885.

Sur le progrès
« De quels chants de triomphe en l’honneur du progrès n’ont pas été accompagnées les inaugurations de toutes les usines industrielles avec leurs annexes de cabarets et d’hôpitaux ! Certes, l’industrie amena de réels progrès dans son cortège, mais avec quel scrupule il importe de critiquer les détails de cette grande évolution ! Les misérables populations du Lancashire et de la Silésie nous montrent que tout n’a pas été progrès sans mélange dans leur histoire ! Il ne suffit pas de changer d’état et d’entrer dans une classe nouvelle pour qu’on acquière une plus grande somme de bonheur. » L’Homme et la Terre, t. VI, Paris, La Librairie universelle, 1908.

« [...] prendre définitivement conscience de notre humanité solidaire, faisant corps avec la planète elle-même, embrasser du regard nos origines, notre présent, notre but rapproché, notre idéal lointain, c’est en cela que consiste le progrès. » L’Homme et la Terre, tome VI, 1908.

Sur l’écologie
« La question de savoir ce qui dans l’œuvre de l’homme sert à embellir ou bien contribue à dégrader la nature extérieure peut sembler futile à des esprits soi-disant positifs : elle n’en a pas moins une importance de premier ordre. Les développements de l’humanité se lient de la manière la plus intime avec la nature environnante. Une harmonie secrète s’établit entre la terre et les peuples qu’elle nourrit, et quand les sociétés imprudentes se permettent de porter la main sur ce qui fait la beauté de leur domaine, elles finissent toujours par s’en repentir. Là où le sol s’est enlaidi, là où toute poésie a disparu du paysage, les imaginations s’éteignent, les esprits s’appauvrissent, la routine et la servilité s’emparent des âmes et les disposent à la torpeur et à la mort. Parmi les causes qui dans l’histoire de l’humanité ont déjà fait disparaître tant de civilisations successives, il faudrait compter en première ligne la brutale violence avec laquelle la plupart des nations traitaient la terre nourricière. Ils abattaient les forêts, laissaient tarir les sources et déborder les fleuves, détérioraient les climats, entouraient les cités de zones marécageuses et pestilentielles ; puis, quand la nature, profanée par eux, leur était devenue hostile, ils la prenaient en haine, et, ne pouvant se retremper comme le sauvage dans la vie des forêts, ils se laissaient de plus en plus abrutir par le despotisme des prêtres et des rois. » Du Sentiment de la nature dans les sociétés modernes, La Revue des deux Mondes, no 63, 15 mai 1866.

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« Chaque fois qu’un homme a fait triompher la diginité de l’esprit, chaque fois qu’un homme a dit non à une tentative d’asservissement de son semblable, je me suis senti solidaire de son acte »
(Peau noire, masques blancs) Frantz Fanon

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Scribouillard présentation d’Elian Guésard

Posté par elianguesard le 31 mars 2013

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Scribouillard

Réel : C’est à cause de mauvais résultats en français (bulle, claquot, camembert, comment dit-on maintenant?) que je fus conduit en passage obligé dans la maison de la presse de Brienne. __(autoritaire): « bon cela suffit maintenant, on est prêt à t’acheter quelques livres de ton choix mais tu dois absolument lire si tu veux progresser en français »

__ (faisant la moue) : « Bon bon d’accord. »

Imaginé : L’hiver avec ceux du collège nous allions à la rencontre de ceux de l’école militaire, les collégiens d’autres villes environnantes venaient aussi avec chacun leur chef de bande; Gaston de Bar sur Aube, Charles de Colombey et Danton d’Arcis. S’ensuivait une grande bataille de boules de neige, mais c’était toujours l’école militaire qui logiquement nous mettait la pâtée, leur meneur, un petit corse teigneux était redoutable pour cela.

Réel :Depuis, à Brienne le Château, il y a une dizaine de Bonaparte, trois reines d’Angleterre et une quinzaine de Charles De Gaulle…; c’est devenu un hôpital psychiatrique …

Les seuls auteurs que je connaissais alors étaient ceux que nous avions étudié au collège.

Et il n’y avait que deux livres qui avaient marqué toute mon attention au point que je commençai ici de lire une bonne parti de leur œuvre. Ces deux livres s’appelaient « Le Lion » et « La Condition Humaine »

Ensuite mes choix de lecture se sont fait sur les affinités de ces personnages, des citations, des rencontres et des actions diverses, ou sur les ondes radio ou autres média, des expositions temporaires aux musées Dauphinois, résistance etc, l’attrait des titres et autres choses subjectives, le hasard de la vie mais y a-t-il un hasard? Dans ces lectures il y avait d’autres sources qui invitaient à les lire aussi et ainsi de suite comme un fil directeur. Le destin qui fait que chaque homme est unique mais reste un maillon d’une chaîne qui n’est pas qu’humaine mais vivante.

Commença « le désabrutissement » en référence au titre de l’ouvrage de Simone Weil « L’enracinement » qui est le plus fort, le plus « parlant » .

Et en commençant de prendre quelques notes qui me parlaient pour s’en pénétrer le sens et la mémoire.

Simone Weil avait écrit dans « mémoire sur Descartes »: « n’importe quel être humain, même si ses facultés naturelles sont presque nulles, pénètre dans ce royaume de la vérité réservé au génie, si seulement il désire la vérité et fait perpétuellement un effort d’attention pour l’atteindre »

Dans « L’impasse citoyenniste » on lit: « Le mouvement d’accumulation et de production pour l’accumulation passe par dessus toute idée de « besoin » et donc également du besoin vital qu’est pour l’humanité la préservation de son environnement. Le capital ne suit que ses propres fins, il ne peut être un projet humain ».

Ou bien Jean Baudrillard écrit dans « Power inferno »: « Ce qui peut faire échec au système, ce ne sont pas des alternatives positives, ce sont des singularités…Elles font échec à toute pensée unique et dominante, mais elles ne sont pas une contre pensée unique – elles inventent leur jeu et leurs propres règles du jeu ».

Entrons donc dans cette société du spectacle comme un cheval de Troie, interpellons directement, physiquement les responsables et conjuguons la parole à l’action.

Car nous sommes vraiment dans cette « marque des offenses » dont reparle Hannah Arendt dans « condition de l’homme moderne » : « que l’on nomme depuis Kant « radicalement mauvaise » à savoir: « des hommes incapables de pardonner ce qu’ils ne peuvent punir et incapables de punir ce qui se révèle impardonnable ».

Et « se lancer dans la bagarre » (Ellul) en conjuguant ces notes, ces actions et ces témoignages.

Enfant des rivières – Chercheur en humanité

Avoir grandi au bord de la rivière, être dirigé par elle et pour elle.

Au fil de l’eau, Verseau.

« le stylo comme arme écologique » c’est le titre de l’article du N°66 de Février 1991 d’une petite revue nommée « les quatre saisons du jardinage  » éditée par le centre écologique « Terre Vivante » à Mens en Isère.

C’est juste un oxymore; « une arme pacifique » qui fonctionne correctement.

Il est à mettre en mettre en parallèle avec une citation de Kafka transmise par Yves Renaud :

« écrire, c’est faire un bond hors du rang des meurtriers »

« C’est quand je me suis arrêté de travailler que j’ai réellement commencé à comprendre les choses. Le drame c’est que, quand on travaille, on n’a pas le temps de penser. » (François Partant)

Il suffit d’ouvrir les yeux, pourquoi et comment en est-on arrivé là ?

Au fur et à mesure des rencontres, on voit l’évolution, le changement, la construction, mais on voit toujours ce sentiment de trahison qui prédomine; essayer de contenir la révolte qu’elle sous-tend pour ne pas qu’elle engendre la violence. Est-ce si difficile? Il faut essayer. Reprenant cette phrase de Vincent Cheynet : « Nous ne sommes pas naïfs; nous ne sauverons pas le monde. Au moins puissions nous concourir à sauvegarder la liberté » .  Je rajoute que l’important est d’être en accord avec soi-même, et aimant la spontanéité et la « naïveté saine » je pense au contraire que nous sauverons le monde car tant qu’il y aura des hommes nous essaierons toujours. Parce que nous croyons aux hommes et aux femmes de bonnes volonté, si rares soient-ils. La vie nous pousse à agir ainsi autour de nous et en nous. « Nous sommes », « je ne suis rien, nous sommes ». L’homme est un animal social et contradictoire.

On doit regarder l’essentiel, et avancer pas à pas selon quelques mots clef des grands acteurs de l’expérience humaine, par exemple ceux de Louise Michel: «  le pouvoir est maudit ».

« Les hommes ? On ne sait jamais où les trouver . Le vent les promène, il manquent de racines, ça les gêne beaucoup. » St Exupery

Nous cherchons des racines, si nous avons besoin de mythes, il faut qu’ils rassemblent. Nous cherchons des héros ? Les héros sont partout et en nous, ils seront à même dessein puisqu’ils sont issus de la société civile, ce terme devenu peut-être trop pompeux alors qu’il désigne tout simplement la population qui refuse l’abrutissement, le mensonge, et recherche l’émancipation, le bien vivre.

Car il faut rappeler que le héros est ce qu’en dit Hannah Arendt dans « Condition de l’homme moderne » d’après les Grecs: «  Le héros que dévoile l’histoire n’a pas besoin de qualités héroïques; le mot héros à l’origine c’est à dire dans Homère n’était qu’un nom donné à chacun des hommes libres qui avaient pris part à l’épopée troyenne et de qui l’on pouvait conter une histoire. L’idée de courage etc, se trouve déjà en fait dans le consentement à agir et à parler, à s’insérer dans le monde et commencer une histoire à soi» ou page 217:« en d’autre terme cette société n’est plus « humaine » qu’en apparence ».

En s’engageant et témoignant de toutes ces actions et ces véritable rencontres, en essayant de ne pas être trop dans le jugement. Voilà que l’on recolle des morceaux du grand puzzle qu’on nous a caché, bout à bout, dans l’ordre ou le désordre. La conspiration du silence et d’autres descriptions de Tolstoï il y a plus d’un siècle sont toujours aussi actuelles et lumineusement simples. On nous a caché ces choses dites et redites, écrites et réécrites, mais pas seulement par la tradition orale ou l’écriture ; le langage, mais par tous les moyens de transmission d’un certain savoir, d’une certaine sagesse depuis les millénaires.

Le jour se lève, avance.

On commence par Henri Laborit, cet homme qui faisait lire ses textes à sa concierge pour être le plus didactique possible, c’est déjà une preuve d’altruisme ; se mettre à la place de l’autre pour mieux transmettre:

« Nous sommes les autres, c’est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres – nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs – ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie. »

[...]

« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la « maladie » sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »

[...]

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction « adaptative » elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »

Et voici que l’on enchaîne avec un autre et c’est parti, on ne pourra plus s’arrêter avant la mort ou l’éveil selon certains:

p98 « Que nous le voulions ou non, tout homme même le plus médiocre, même le plus préservé, vit un destin inouï, et non cette comédie bourgeoise qu’un décor chaque jour rapiécé protège du vide et du ciel. Ceci, c’est le bon sens le plus élémentaire qui nous l’enseigne. »  [...]

p105«  Comment faire de la liberté le principe de la vie sociale ? »[...] « Nous tenons notre liberté pour naturelle et rationnelle, quand tout homme libre s’étonne d’en être un et sait qu’au fond du cœur il souhaite être débarrassé de ce fardeau. La liberté n’apporte pas la paix mais l’épée, non la certitude mais l’inquiétude, non l’accord avec soi-même et autrui mais le débat et la lutte. Elle mène exactement par le doute à la bataille, alors qu’en la niant nous obtenons la paix avec les hommes et l’univers par celle du cœur. Qui hésiterait ? La liberté n’est pas à la taille de l’imagination, de la volonté ou de l’amour d’un homme, il faudrait sans doute être un dieu pour être pleinement libre en soutenant l’épreuve jusqu’au bout.

La liberté est un drame dont l’agent est la contradiction et le conflit, la conclusion finale la mort et la folie : il est normal que l’acteur ne soit pas à la hauteur de son rôle. Et pourtant il faut bien qu’un homme le joue, car il n’y a pas de plus grand, ni de plus lourd de sens. »

(Bernard Charbonneau « Je fus – essai sur la liberté »)

- Un philosophe disait : « Je suis un humain. Par conséquent, je me sens concerné par tout ce qui touche à l’humain. »

Sur Wikipédia on voit que Warren Buffett aurait déclaré en 2005 :

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »

Je crois que Buffett a peut-être de la haine pour la jeunesse et a aussi dit cela pour la provoquer. Il se trompe, car il est un homme du siècle passé, il est en fin de vie et a du ressentiment…jalousie…peur de la mort ? etc.

Il y a une guerre, c’est un fait, mais c’est une guerre contre la conscience qu’ils mènent depuis si longtemps, et Buffett et ceux qui « pensent » comme lui sont en train de la perdre.

Le buffet est froid mais la résistance est chaude et fertile,

et nous avons le choix entre Kropotkine ou George ou Gandhi ou les trois à la fois :

- p120 « Ce n’est pas des cris et des bruyantes manifestations, ce n’est pas par des plaintes et des dénonciations, ce n’est pas en formant des partis ou en faisant des révolutions , que l’on arrive à réaliser des réformes sociales, écrit Henry George, c’est en éveillant les esprits et en faisant progresser les idées . Tant que l’esprit ne pensera pas juste, il ne pourra y avoir d’actions justes, et les actes justes suivront les pensées justes. » Léon Tolstoï (Le grand crime)

- « Dans l’Esprit de Révolte, Kropotkine s’interroge sur le moyen de faire passer un peuple d’une situation d’indignation générale à celle d’une insurrection. En effet, même si le recul historique donne le sentiment d’un soulèvement déterminé à partir de causes évidentes (pauvreté, rejet du système politique en place…), l’élan général est déclenché par un acte solitaire et incertain. Il nomme leurs auteurs les Sentinelles perdues :

« Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. » » (source wiki)

- « Un individu conscient, éveillé et debout est plus dangereux pour le pouvoir en place que 10.000 individus endormis et apeurés. »Gandhi.

« Mais pourquoi toujours demander aux autres de « faire » ? Pourquoi ne la ferions-nous pas cette Ecole de « Sagesse » sans nous sentir supérieur ? Tu veux un monde meilleur, plus fraternel, plus juste ? Et bien, commence à le faire ! Qui t’en empêche ? Fais-le en petit et il grandira !

Fais-le en toi et autour de toi ! Fais-le avec ceux qui le veulent. »

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Chercheur en humanité

Posté par elianguesard le 25 mars 2013

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Une citation de Kafka :
« écrire, c’est bondir hors du rang des meurtriers »

est à mettre en parallèle avec:

« le stylo comme arme écologique » c’est le titre de l’article du N°66 de Février 1991 d’une petite revue nommée « les quatre saisons du jardin bio » éditée par le centre écologique « Terre Vivante » à Mens en Isère.
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C’est juste un oxymore; « une arme pacifique » qui fonctionne correctement.

« C’est quand je me suis arrêté de travailler que j’ai réellement commencé à comprendre les choses. Le drame c’est que, quand on travaille, on n’a pas le temps de penser. » (François Partant)

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Il suffit d’ouvrir les yeux, pourquoi et comment en est-on arrivé là ?

Au fur et à mesure des rencontres, on voit l’évolution, le changement, la construction, mais on voit toujours ce sentiment de trahison qui prédomine; essayer de contenir la révolte qu’elle sous-tend pour ne pas qu’elle engendre la violence. Est-ce si difficile? Il faut essayer. Reprenant cette phrase de Vincent Cheynet : « Nous ne sommes pas naïfs; nous ne sauverons pas le monde. Au moins puissions nous concourir à sauvegarder la liberté »
je rajoute que l’important est d’être en accord avec soi-même, et aimant la spontanéité et la « naïveté saine » je pense au contraire que nous sauverons le monde car tant qu’il y aura des hommes nous essaierons toujours. Parce que nous croyons aux hommes et aux femmes de bonnes volonté, si rares soient-ils. La vie nous pousse à agir ainsi autour de nous et en nous. Nous sommes, je ne suis rien, nous sommes. L’homme est un animal social et contradictoire.

On doit regarder l’essentiel, et avancer pas à pas selon quelques mots clef des grands acteurs de l’expérience humaine, par exemple ceux de Louise Michel: « le pouvoir est maudit ».

« Les hommes ? On ne sait jamais où les trouver . Le vent les promène, il manquent de racines, ça les gêne beaucoup. » St Exupery.

Nous cherchons des racines, nous cherchons des héros. Les héros sont partout et en nous, ils seront à même dessein puisqu’ils sont issus de la société civile, ce terme devenu peut-être trop pompeux alors qu’il désigne tout simplement la population qui refuse l’abrutissement.

Il faut rappeler que le héros est ce qu’en dit Hannah Arendt dans « Condition de l’homme moderne » d’après les Grecs: « Le héros que dévoile l’histoire n’a pas besoin de qualités héroïques; le mot héros à l’origine c’est à dire dans Homère n’était qu’un nom donné à chacun des hommes libres qui avaient pris part à l’épopée troyenne et de qui l’on pouvait conter une histoire. L’idée de courage etc, se trouve déjà en fait dans le consentement à agir et à parler, à s’insérer dans le monde et commencer une histoire à soi» ou page 217:« en d’autre terme cette société n’est plus « humaine » qu’en apparence ».

En s’engageant et témoignant de toutes ces actions et ces véritable rencontres, en essayant de ne pas être trop dans le jugement. Voilà que l’on recolle des morceaux du grand puzzle qu’on nous a caché, bout à bout, dans l’ordre ou le désordre. La conspiration du silence et d’autres descriptions de Tolstoï il y a plus d’un siècle sont toujours aussi actuelles et lumineusement simples. On nous a caché ces choses dites et redites, écrites et réécrites, mais pas seulement par la tradition orale ou l’écriture ; le langage, mais par tous les moyens de transmission d’un certain savoir, d’une certaine sagesse depuis les millénaires.

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Le jour se lève, avance.

On commence par Henri Laborit, cet homme qui faisait lire ces textes à sa concierge pour être le plus didactique possible, c’est déjà une preuve d’altruisme ; se mettre à la place de l’autre pour mieux transmettre:
« Nous sommes les autres, c’est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres – nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs – ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie. »
[...]
« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la « maladie » sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »
[...]
« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction « adaptative » elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »

Et voici que l’on enchaîne avec un autre et c’est parti, on ne pourra plus s’arrêter avant la mort ou l’éveil selon certains:
p98 « Que nous le voulions ou non, tout homme même le plus médiocre, même le plus préservé, vit un destin inouï, et non cette comédie bourgeoise qu’un décor chaque jour rapiécé protège du vide et du ciel. Ceci, c’est le bon sens le plus élémentaire qui nous l’enseigne. » [...]
p105« Comment faire de la liberté le principe de la vie sociale ? »[...] « Nous tenons notre liberté pour naturelle et rationnelle, quand tout homme libre s’étonne d’en être un et sait qu’au fond du cœur il souhaite être débarrassé de ce fardeau. La liberté n’apporte pas la paix mais l’épée, non la certitude mais l’inquiétude, non l’accord avec soi-même et autrui mais le débat et la lutte. Elle mène exactement par le doute à la bataille, alors qu’en la niant nous obtenons la paix avec les hommes et l’univers par celle du cœur. Qui hésiterait ? La liberté n’est pas à la taille de l’imagination, de la volonté ou de l’amour d’un homme, il faudrait sans doute être un dieu pour être pleinement libre en soutenant l’épreuve jusqu’au bout.
La liberté est un drame dont l’agent est la contradiction et le conflit, la conclusion finale la mort et la folie : il est normal que l’acteur ne soit pas à la hauteur de son rôle. Et pourtant il faut bien qu’un homme le joue, car il n’y a pas de plus grand, ni de plus lourd de sens. »
(Bernard Charbonneau « Je fus – essai sur la liberté »)

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- un philosophe disait : « Je suis un humain. Par conséquent, je me sens concerné par tout ce qui touche à l’humain. »
Souvenez-vous de cette phrase de Gandhi : « un individu conscient, éveillé et debout est plus dangereux pour le pouvoir en place que 10.000 individus endormis et apeurés. »

et Sur Wikipédia on voit que Warren Buffett aurait déclarer en 2005 :
« Il y a une guerre des classes, c’est un fait, mais c’est ma classe, la classe des riches qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la gagner. »
Je crois que Buffett a peut-être de la haine pour la jeunesse et a aussi dit cela pour la provoquer. Il se trompe, car il est un homme du siècle passé, il est en fin de vie et a du ressentiment…jalousie…peur de la mort ? etc.
Il y a une guerre, c’est un fait, mais c’est une guerre contre la conscience qu’ils mènent depuis si longtemps, et Buffett et ceux qui « pensent » comme lui sont en train de la perdre.

Le buffet est froid mais la résistance est chaude et fertile,

et nous avons le choix entre Kropotkine ou George ou Gandhi ou les trois à la fois :

- p120 « Ce n’est pas des cris et des bruyantes manifestations, ce n’est pas par des plaintes et des dénonciations, ce n’est pas en formant des partis ou en faisant des révolutions , que l’on arrive à réaliser des réformes sociales, écrit Henry George, c’est en éveillant les esprits et en faisant progresser les idées . Tant que l’esprit ne pensera pas juste, il ne pourra y avoir d’actions justes, et les actes justes suivront les pensées justes. » Léon Tolstoï (Le grand crime)

- « Dans l’Esprit de Révolte, Kropotkine s’interroge sur le moyen de faire passer un peuple d’une situation d’indignation générale à celle d’une insurrection. En effet, même si le recul historique donne le sentiment d’un soulèvement déterminé à partir de causes évidentes (pauvreté, rejet du système politique en place…), l’élan général est déclenché par un acte solitaire et incertain. Il nomme leurs auteurs les Sentinelles perdues :
« Au milieu des plaintes, des causeries, des discussions théoriques, un acte de révolte, individuel ou collectif, se produit, résumant les aspirations dominantes. » » (source wiki)

- « Un individu conscient, éveillé et debout est plus dangereux pour le pouvoir en place que 10.000 individus endormis et apeurés. »Gandhi.

« Mais pourquoi toujours demander aux autres de « faire » ? Pourquoi ne la ferions-nous pas cette Ecole de « Sagesse » sans nous sentir supérieur ? Tu veux un monde meilleur, plus fraternel, plus juste ? Et bien, commence à le faire ! Qui t’en empêche ? Fais-le en petit et il grandira !
Fais-le en toi et autour de toi ! Fais-le avec ceux qui le veulent. »

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