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OGM > La Révolte du Jardinier

La guerre des graines

https://www.youtube.com/watch?v=vGtGSFneI7o (2014)

Voir aussi  La télévision paysanne  https://www.latelevisionpaysanne.fr/Videos.htm

 

RougePif

Avec les patatistes
le 23 décembre 2014

« Procès des patatistes : les 11 Libérateurs de champs acquittés

23 décembre 2014 14h57

Communiqué de presse

Aujourd’hui, le jugement du procès en appel des 11 Libérateurs de champs de Wetteren a été prononcé : ils sont acquittés de la condamnation d’association de malfaiteurs.

L’acquittement d’association de malfaiteurs est une victoire pleinement justifiée pour les organisations, juristes et militants qui se sont opposés à la condamnation initiale. Il est ainsi confirmé que les actions de désobéissance civile, même si elles impliquent des dommages matériels, ne peuvent pas être criminalisées. Selon le Field Liberation Movement et tous ceux qui les soutiennent, cette action était nécessaire pour dénoncer un abus écologique et démocratique ; les actes de désobéissance civile renforcent la démocratie. Dans ce sens, l’adoption du projet de loi de GROEN qui vise à rendre impossible la poursuite de manifestants comme organisations criminelles serait pour eux une réelle avancée.

Les patatistes doivent bel et bien payer une compensation d’environ 18.000 euros à l’ILVO et à la Hogeschool Gent : ils proposent à ces institutions de consacrer cet argent à la recherche sur l’agriculture agroécologique, qui repose sur les besoins des paysan(ne)s et des consommateurs/trices, plutôt que sur ceux des entreprises multinationales.

Après ce chapitre juridique qui a duré trois ans et demi, il est désormais temps de regarder vers l’avenir.

Notre agriculture et la production alimentaire font face à des défis importants. Les différentes manifestations d’agriculteurs au cours des dernières semaines, le sommet sur le climat échoué à Lima et les actions contre le gouvernement de la dégradation sociale montrent que, en tant que société, nous devons de toute urgence changer de direction, pour nous éloigner de l’agro-industrie polluante et de la loi du plus fort.

Le Field Liberation Movement se réjouira de contribuer énergiquement, en 2015, aux luttes contre les OGM dans nos assiettes ou dans nos champs ; ainsi que pour des prix justes pour les agriculteurs et les consommateurs, la recherche indépendante, de nouvelles formes de démocratie et des chaînes de production équitables.

___________________
www.fieldliberation.org
Criminaliser les actions contre les OGM ne mettra pas fin au débat, cela ne fera que le nourrir // Het criminaliseren van acties tegen genetisch gemanipuleerde organismen zal het debat niet stoppen, maar versterken. »

fin du message

Beaucoup de gens vont peut-être manger des pomme de terre pour Noël, en attendant des nèfles… car c’est pire ailleurs. Mais qu’ils se souviennent que si elles ne sont pas génétiquement modifiées, c’est grâce à des jeunes comme ceux de Weterren.
Tout a commencé le 29 Mai 2011 en Belgique une fois, près de Gand (Flandre),

http://fieldliberation.wordpress.com/2011/06/04/onze-media-getuigenissen-en-steun-aan-de-actie/

Le problème est que BASF (un des neveux d’IG Farben) et ses acolytes se sont servi d’une université comme cheval de Troie (c’est tellement courant) pour faire des essais de plants OGM en plein champs (illégal en plus). Des plants de pomme de terre OGM, en Belgique, ils ont osé.
Alors bien sûr, c’était la chose à pas faire et il y a eu une bataille au son d’une batucada et en famille.
On a appelé cela la bataille de Wetteren, le Waterloo des biotechnos.

« une action de revendication « le grand échange de patates », c’est déroulée à Wetteren. La libération du champ d’essai en plein air de pommes de terre GM résistantes au mildiou.

- Consortium de l’essai : ILVO (équivalent de l’INRA), l’Université de Gand, le VIB (4 universités flamandes), le HoGent (école d’agriculture) et le semencier BASF.

500 personnes présentes dont 36 français. 200 participants tentent de faire pression sur les forces de l’ordre (60 policiers), et les 2 barrières de sécurité qui encerclaient la parcelle. Après avoir reçu moultes coups de matraques et encourues une vingtaine d’arrestation ; 7 personnes parviennent, grâce à cette force de groupe, à pénétrer dans la parcelle. Ils ont donc procédé à la replantation de pommes de terre, non transgéniques, résistantes naturellement au mildiou. Pour cela, il a donc fallu faire un peu de place et de nettoyage dans la parcelle… enlever les mauvaises plantations (pdt GM). »

Pour rappel, il existe des variétés de pomme de terre résistantes au mildiou par sélection naturelle, mais sans brevet ce n’est pas intéressant pour les transnationales…

Et il y a eu un procès qui dure encore. On est venu plusieurs fois soutenir les patatistes en hiver, au printemps, tout le temps, comme c’est charmant, comme une valse, une valse à quatre temps.
« 11 inculpés : les 7 (dont un français) qui ont pénétré plus d’autres triés suivant les plaintes policières (agression) ou revendication (Barbara, chercheuse et dénonçant cet essai à la presse suivi de son licenciement)… »

« En 2012, un juge de Gand a déclaré l’autorisation de mise en champs des patates OGM’s illégale, pourtant les 11 Défenseurs des Patates restent encore accusés de faire partie d’une association de malfaiteurs. Le 28 octobre ils comparaîtront devant la Cour d’Appel de Gand. »

Cet été devant le tribunal, les patatistes ont fait une « Kata de houe » ; un monsieur comme Marcel Mauss aurait pu expliquer ce que cela représente et les néo zélandais aussi… Pour résumer, cela a un rapport avec le don et le symbolisme… donner une bonne baffe à Basf. Mais c’est pas gagné, fallait oser.
En automne il y a eu encore une audition mais les témoins n’ont pas été écouté. Un scandale.

http://www.fieldliberation.org/fr/2014/06/03/beroep-aardappelactivisten-verdaagd-tot-28-oktober-noteer-de-datum/

Car ces jeunes ne sont pas des malfaiteurs mais des bienfaiteurs.

Le rendu du jugement en appel a eu lieu ce 23 Décembre 2014, et c’est la victoire; la Belgique a reconnu ses enfants; la jeunesse de leur pays, celle qui veut un avenir:

« il faut accepter que les gens ne pensent pas comme soi, mais l’agriculture est l’art de savoir cultiver la terre pour nourrir les hommes et non pas de « l’exploitation agricole ».
l’homme devient ce qu’il mange, et ce qu’il mange c’est la terre qui le produit, et la résolution de notre monde devra passer par l’équilibre du sol, de notre terre, et tant que l’humanité ne l’aura pas compris, on ira chercher bien loin ce qui est tout près ; la terre est basse et il faut plier le genoux, l’homme doit acquérir une certaine humilité pour comprendre cela.
On croit maîtriser la connaissance, alors que l’homme doit accepter à chaque instant de se remettre en cause : et savoir si ce que l’on fait le jour même, est ce que cela va faire évoluer ou involuer les générations futures? , les dominer ou les faire grandir ?, c’est là qu’est la clef. Car la terre est la meilleure nourricière des hommes, des plantes, des animaux, c’est très simple.  » (Bernard Ronot dans « les blés d’or » http://www.addocs.fr/documentaires-scientifiques/1/accueil

Un 23 Décembre; ils ont de l’humour en Belgique, et ils ont beaucoup d’imagination, c’est simple, ce sont les meilleur, en frite et en bière aussi, c’est de la bonne, il en reste une dernière… faudrait la sabrer, mais faut pas gâcher…

On peut dire que cette stratégie de folie, y compris d’envoyer des pomme de terre bio dans un un champs d’OGM a fonctionné. Ne pas désespérer, il faut toujours envoyer des patates pour avoir la frite.
Comme pour Barbara Séralini Vélot

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article117857

Comme dans la nuit du 6 Octobre (P Day).

http://www.fieldliberation.org/fr/2014/10/07/aardappelleger-neergestreken-in-gent-in-de-nacht-van-6-op-7-oktober/

On arrive au bout, tout était superbe et on n’oubliera jamais.
Il y a beaucoup de similitude avec le déroulement du procès de Colmar.

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article120901

Il fallait des patatistes pour libérer les champs, ils ont créé et ils ont gagné.
Ce sera une belle histoire de Noël à raconter aux enfants qui sont nés depuis le 29 Mai 2011, on en a vu pousser au moins deux ou trois, des petits patatistes…

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source:

http://www.fieldliberation.org/fr/2014/12/23/aardappelproces-vrijspaak-voor-aardappelactivisten/

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fichier pdf ERRATUM et RAT-HOMME cherchez l’erreur au delà de la recherche

fichier pdf dossier presse_faucheurs_proces mutagenese_Tours_26 nov 12

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fichier pdf les procès en regain L’herbe repousse toujours une deuxième fois

L’univers du procès

le 12 mai 2014

La première fois que j’ai pris connaissance du Schnokeloch, c’est à l’occasion des manifestations contre le train de déchets radioactifs qui est passé en pleine gare de Strasbourg en novembre 2010. Je logeais chez l’habitant (vigie devant l’OMS) créateur de l’atelier Reeb ingénierie en phytoépuration, la famille est située dans la rue du Schnokeloch.

C’est là que j’ai appris que tout alsacien qui se respecte connaît « Der Hans Im Schnokeloch » (Jean du trou à moustique), le « jamais content ». Un aubergiste alsacien, éternel insatisfait, imaginé par le poète Adolphe Stoeber au 19ème siècle : « Hans em Schnokeloch ».

Le Hans im Schnockeloch est partagé entre ce qu’il a et ce qu’il aimerait, entre ce qu’il veut et ce qu’il ne veut pas. Pour moi j’ai surtout vu en Alsace des Hans Schnokeloch qui savaient exactement ce qu’ils voulaient et ce qu’ils ne voulaient pas, certes ils n’étaient pas toujours contents mais toujours déterminés.

(http://www.chansons-net.com/index.php?param1=E292.php)

Hans du Schnockeloch
Chanson enfantine originaire d’Alsace (CD « Mon p’tit doigt m’a dit »)

Le Hans du Schnockeloch tout ce qu’il veut il l’a (Bis)
Mais ce qu’il veut il ne l’a pas, Et ce qu’il a il ne l’ veut pas !
Le Hans du Schnockeloch tout ce qu’il veut il l’a !

Le Hans du Schnockeloch, il n’a pas peur du tout (Bis)
La nuit quand il entend le loup
Ou la sorcière ou le hibou
Le Hans du Schnockeloch va leur donner des coups.

Le Hans du Schnockeloch, à la chasse il s’en va (Bis)
S’il voit une souris ou un rat
Il dit : « Ça s’est bon pour un chat
Le Hans du Schnockeloch, c’est un cerf qu’il tuera.

Le Hans du Schnockeloch dit ce qu’il voudra
Mais ce qu’il pense, il ne l’ dit pas
Et ce qu’il dit, il ne l ‘ pense pas !
Le Hans du Schnockeloch, ça c’est un fameux gârs !

J’ai vu que ces Hans sont surtout mal compris car seuls et en avance sur leur temps, toujours devant et souvent lumineux. Au contraire de ce que dit la contine, le Hans dit ce qu’il pense, c’est ce qui fait sa différence, il reste droit, n’en démord pas, jamais. Mais la contine a raison quand elle dit qu’il n’a pas peur du tout.

Le 15 août 2010 un collectif de 60 faucheurs volontaire est venu de toute la France pour arracher 70 plants de vignes OGM dans une parcelle d’essai en plein champs de l’INRA de Colmar. Ce collectif n’a fait que prolonger et terminer le geste de ce Hans, qui lui, avait coupé les greffons plusieurs mois auparavant (7/09/2009) et il avait été lourdement sanctionné pour cela. C’était le précurseur, http://blogs.mediapart.fr/blog/gabrielle-teissier-k/260413/pierre-azelvandre-est-mort
il a fait avancer la loi, il est resté droit jusqu’au bout et n’a pas été reconnu par la population comme un Hans im Schnokeloch, un héros, de la volonté de non puissance et de l’engagement. Il y aura peut-être un jour en Alsace un centre écologique Pierre Azelvandre comme il y en a un au nom d’Albert Schweitzer. L’Alsace et la Lorraine pissent des Albert Schweitzer et des Solange Fernex comme le Conseil d’Etat et la Commission européenne pissent des autorisations OGM…
car il y en a beaucoup d’autres et pas que dans les associations de la région. ( enfant de Tchernobyl, ou Voix Libres, Stop Fessenheim etc.)
Le dernier Hans en date nous a été signalé par sa mère en Juin 2012 au Nantala lors du premier procès en appel de Colmar qui a tourné court « grâce » aux avocats de l’inra, laissant sur les bras toute l’intendance que le comité de soutien de Colmar avait préparé de longue date et longue haleine. Ce comité pour lequel on attend toujours votre soutien qu’il mérite amplement. http://www.soutiencolmar.onlc.fr/

Madame Neurohr nous signalait que son rejeton de fils était en prison pour avoir stoppé des avions de ligne dans un aéroport de Paris( Cf la Décroissance N°95). Encore un Hans im Schnokeloch, tout seul lui aussi, devant, et en avance sur son temps lui aussi , et qui a entièrement raison lui aussi, moqué et non compris lui aussi, car l’aviation est le troisième grand bluff technologique (Ellul) derrière l’imposture nucléaire et la chimie avec ou sans brevet, tous alimentés par la volonté de puissance ; la guerre. C’est la première raison de la puissance incommensurable de ces multinationales et banques, et c’est symptomatique d’une société complètement aliénée, faut il être fou à ce point pour laisser quelques hommes accumuler autant de pouvoir ?

Le procès en Appel des faucheurs de Colmar a été renvoyé ces 19 et 20 Mars 2014 http://www.infogm.org/spip.php?article5634

.
Le 15 août 2010 Jean-Pierre Frick, un des grands vignerons bio alsacien faisant parti du groupe des faucheurs, lançait déjà l’argumentation reprise par les avocats : le fait que cet essai avait déjà été refusé en Languedoc et en Champagne, et que l’Alsace avait sans nul doute voulu « se faire bonne élève ». Les avocats diront lors de ce dernier procès que l’Alsace « n’a pas à récupérer toutes les poubelles de France ». Le vigneron précisera même sur le documentaire d’Eric Boutarin (fauchage tardif)

http://latelevisionpaysanne.fr/video.php?lirevideo=182#182

qu’avec cet essai on avait voulu être « plus sarkosiste que Sarko » renvoyant à une expression bien connu…

La Champagne avait donc refusé cet essai craignant pour sa notoriété et L’Alsace avec des vignobles aussi réputés devait, elle baisser la culotte. Au passage pour collecter les signatures de vignerons en Champagne (ma région d’origine), c’est à Courteron dans l’Aube, (à quelques kilomètres d’une croix de Lorraine plantée en Champagne…) chez le vigneron en bio Mr Fleury que je récoltais le plus de signatures (1000 signatures seront en tout montrées aux juges). Le Champagne donc, un des vins les plus manipulé au monde se fait en biodynamie et Mr Fleury de me rapporter que sa formation d’origine est astronome. Cela ne s’invente pas et renvoie à la vue holistique de la bio dynamie, le tout, l’ensemble, le cosmos etc. Au passage (encore), ces rayons cosmiques ont été étudié au mont Blanc par celui qui a écrit « Le Grand Merdier » (un visionnaire…) dans un local qu’on appelait les Œufs ou les Bulles. C’est de là que le refuge des Cosmiques tient son nom. Et c’est à partir de ce bouquin (pourtant pas révolutionnaire mais un tout petit peu « réservé » sur le nucléaire, une paille) que Leprince-Ringuet qui était hyper médiatisé à l’époque ne fût plus autant chérie… D’ailleurs que sont devenues ses recherches ? Pas rentables sans doute comme celles de Félix Trombe au Mont Louis ou celles de Lakhovsky, Christofleau, Benveniste etc… Alors que le brevetage du vivant, là, on peut s’en servir tout de suite sur la terre, en sonnants et trébuchants…

Depuis 2010, c’est un peu long sans doute, cet « univers du procès » déjà décrié par Camus dans « L’homme révolté » comme s’il voulait dire qu’un pays où les avocats sont rois, c’est déjà un échec de la démocratie. Et c’est coûteux et épuisant, sans cette solidarité des animateurs et volontaires bénévoles des comités de soutien d’Alsace Lorraine et toutes les autres régions, un individu serait brisé, broyé par la machine bureaucratique, lessivé par la sélection par l’argent. C’est bien la justice des riches. La balance est au taquet dès le départ.

Alors pourquoi on y revient ?

En prenant en compte les critiques taxant les faucheurs de « citoyennistes », on peut répondre que c’est un moyen comme un autre de faire avancer la loi sans violence, pas celle des riches (la violence et la loi, Pinson-Charlot) car tous les moyens politiques sont verrouillés. D’ailleurs il est bon de rappeler qu’à NDDL les jeunes qui refusent la société du spectacle n’auraient rien pu faire sans les paysans qui les ont protégé par leurs tracteurs et toute la solidarité qui vient de la diversité dont des « citoyennistes » . Et d’autre part, ces derniers n’auraient pas pu résister à la machine bureaucratique, des moyens juridiques classiques et ce techno-fascisme , ce totalitarisme de papier sans l’aide de jeunes motivés qui occupent réellement le terrain avec un réel projet de vie : l’accès à la terre nourricière, sans la détruire, au contraire, en la pérennisant.
Toutes ces luttes sont complémentaires, comme les fauchages « de nuit » et ceux « de jour », il n’y a pas à les opposer.

Partout ailleurs, on voit que chacun rivalise d’imagination pour résister ; tous les moyens non-violent sont bons à prendre; superbe Mme Thébaud Mony qui refuse la légion d’honneur dans un pays qui a perdu le sien pour protester contre la prévarication des politiciens et organismes de contrôles face aux firmes pharmaceutiques. Une autre au contraire l’accepte mais à un endroit bien précis pour se la faire remettre ; superbe MM Robin à NDDL. Et cette femme de la même « grande maison » qu’on fait sortir du terrain sous prétexte qu’elle est trop âgée alors que c’est surtout parce qu’elle a le plus de c… de courage, enfin disons-le tout haut :plus de c… de cran que ces hommes en robes noire pour avoir dénoncé sur toute sa carrière autant de scandales sanitaires due à cette collusion entre haut-fonctionnaire, politiciens et industriels, banquiers. ; Superbe Juge Bertella Geffroy (1) qui en a dans la culotte…

On doit remettre ces acteurs de ce grand théâtre de la justice devant leur responsabilité ; on fait appel car tous les arguments de l’INRA au procès de première instance avaient été démonté de toute pièce et on nous a jugé coupable (on a osé…). Et c’est bien sûr complètement scandaleux. L’argumentation de cet essai (illégal en plus) a été superbement démonté que ce soit par les faucheurs eux.mêmes, par les témoins lumineux même ceux qui n’ont pas été entendus (JP Berlan pas rancunier a déjà semé depuis longtemps, ses graines se resèment toutes seules cf texte joint) et par les deux avocats.
Ces tribunaux devraient s’orienter vers un tribunal populaire en retransmettant ce qui s’est dit dans ce procès politique soit sous forme de documents papiers (200pages retranscrites par des bénévoles lors du procès en première instance) (faudrait comparer avec les notes du greffier…) ou par la radio etc.
Mais nous nous sommes déjà jugés et la majorité de la population aussi. Ce tribunal populaire contribuerait à une véritable « éducation populaire » (Hugues Lenoir) et à cette « élévation de la conscience » promulguée par Frantz Fanon dans « Les damnés de la terre ».

Dans ce grand théâtre et ailleurs, il faut bien leur rappeler que l’axe, la colonne vertébrale de toutes nos sociétés est la justice. Si la justice est verrouillée, bafouée, c’est toute la société qui s’effondre. La révolte vient de l’injustice ; c’est une Lapalissade que de dire cela.
Ce mot justice ne nous est pas anodin.

p219 « Cette inégalité naît de la violence ; à la base de tout est la violence et c’est contre elle qu’il faut lutter. Il n’y a que l’abolition de la violence et celle de l’esclavage son fruit, qui puisse permettre de secourir les hommes, sans pour cela faire sacrifice de sa vie.» Léon Tolstoï « La famine »

C’est la violence qui vient de l’injustice, c’est cette dernière qui provoque le « désordre » qu’ils prétendent combattre par des « forces de l’ordre » ou un prétendu Etat de droits où les lois y sont scélérates, faites par des banquiers et industriels, qui n’iront que dans leurs sens pas celui de l’autre, celui qui n’est pas comme eux.

« Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. » (Jean Jaurès, Discours à la jeunesse, Albi, 1903)

En Appel on rappelle à la pelle que ces lois, même si elles étaient faite pour le bien commun, ne sont de toute façon qu’un brouillon, qu’une approche, d’une Loi, des règles du vivre ensemble, non pas malgré nos différences mais avec nos différences. Ces sortes de règles ou de charte de Mandé (Adame Ba Konaré) ne peuvent s’écrire car toujours en mouvement, en vie et que cela ne peut que s’interpréter par des vivants dans le plein sens du terme.
Alors que l’aboutissement de ce système ultralibéral finira par remplacer ces juges par « des distributeurs automatiques de jugement » , car ils coûtent trop chères, ne sont pas « rentables », sans compter les frais de pressing…
Une voie de GPS sortirait d’une boite noire cravatée de blanc et dirait : « Vous avez arraché 1hectare de maïs transgénique en Espagne, appuyez sur le bouton rouge » _ Vous avez arraché 50 ares de pomme de terre OGM en Belgique et 1ha de tournesol muté en Touraine, appuyez sur le bouton vert. »

On y revient à cet univers du procès car dans tous les groupes humains que ce soit la police, l’armée etc et ici la justice, il y a toujours eu un pourcentage de personne intègre, juste voire même 1%, on compte sur ce 1% aujourd’hui comme hier pour résister et avancer.

Ce procès en Appel comme en Touraine (9Avril2014, http://www.reporterre.net/spip.php?article5706
) ou en Belgique (3Juin2014, http://www.fieldliberation.org/2014/04/13/nieuwsflash-3-06-aardappelbeklaagden-in-beroep-17-04-aardappel-plant-actiedag/?lang=fr
),
Ce sont des « procès en regain » ; l’herbe repousse toujours une deuxième fois… La prévarication est stérile mais « la résistance est fertile » (déjà cité à Weterren).

Cette femme, ce mythe

On y revient car notre culture, cette femme avec ce bonnet beaucoup moins phrygien qu’il n’est sûrement d’esclave affranchi, au dessus du juge est bien sûr un mythe mais un mythe qui rassemble et donne du sens.
Notre culture, ce n’est pas le suicide, ni par les pesticides ni par le feu nucléaire.
Notre culture, c’est la révolte.
Notre culture, c’est la barricade.
Notre culture c’est la résistance.
et enfin notre culture, c’est la désobéissance.
Il y a plusieurs crans. Ce dernier prouve que malgré nos ronchonnements, la société a malgré tout évolué ; il y a bien eu progrès humain, élévation de la conscience du monde (Fanon) on ne peut plus si facilement se faire massacrer lorsque l’on est en lutte pour plus de justice. Que l’on soit communard, ménalamba ou algérien. On peut même dire dans notre cas « pour que justice soit fête ».
On s’est mieux rendu compte de notre chance lors des 10ans des faucheurs à Bouzy la Forêt http://10ansdesfv.over-blog.com/ où des intervenants des 5 continents étaient représentés. Sur certain, la répression est terrible et leur soutien à ce qu’on fait dans nos pays ne peut que nous conforter à continuer, ne jamais renoncer.

http://www.reporterre.net/spip.php?article5558

http://www.reporterre.net/spip.php?article5795

www.ourlivingword.eu
www.aspro-pnpp.org
www.semonslabiodiversite.com

http://transhumance.festive.overblog.com

http://www.lams-21.com/artc/1/fr/

et beaucoup d’autres…

- Cette femme, ce mythe, tout est dans l’interprétation, dans ce qui donne du sens, du lien, chacun peut l’interpréter comme il veut, elle peut tout aussi bien s’appeler Louise M. ou Lucie A. ou Simone W. Et ce n’est bien sûr pas du nationalisme que de dire cela car cette femme pourrait tout aussi bien s’appeler Rosa L. ou Vandana S. Et la plupart d’entre nous sommes internationalistes. Cette femme peut même représenter un homme : un Marc B. un Albert C, un Théodose M. un Jean M. ou un Jean J. etc. Elle représente aussi ces Bernard Ronot, ces André Pochon voire des Albert Jacquard ou S. Hessel etc déjà nés et à naître ; ils diraient : « engagez-vous ! »
Si on ne fait rien contre cette imposture, si on ne s’engage pas, c’est comme si on leur crachait au visage à tous et toutes. Les Manouchian, vivants, ou d’autres que l’on veut entasser au Panthéon (avec Jaurès qui tourne comme une hélice depuis 2012 comme en 81…) comme on entasse dans un HLM, ils seraient avec nous à gambader dans les champs, ils seraient libres s’ils n’avaient été trahi par des français, comme l’a été Marc Bloch Tom Morel Jean Moulin etc. Parce que c’est le même chemin qu’ils ont tracé ; cette chose qui n’existe que dans nos têtes : la liberté.
Ce lien entre ceux d’hier et d’aujourd’hui a été fait sur les Glières www.citoyens-resistants.fr

Nous savons pertinemment que nous n’arrivons pas aux chevilles de ces grands résistants mais le chemin a été tracé de longue date.

Cette femme est aussi bien « la semeuse », alors pourquoi livrer ses graines aux chiens du marché? Quelle liberté ? Ils n’ont pas d’autres but que le profit quelque soient les conséquences sanitaires, sociales et environnementales, c’est leur « fonction » dans la plus complète impunité.
Et qu’il soit technologique ou non c’est toujours du fascisme que nous avons en face de nous.Mais d’une façon plus insidieuse, plus rampante. La semeuse est face à une endormeuse de première.

La France n’a pas à ramper devant Monsanto ni devant Bayer BASF Goldman Sachs ni même devant Vinci Bouygue Areva, Worms, Lazard etc. C’est à dire que la France comme les autres pays n’ont pas à ramper devant l’argent roi.
Car cette femme, ce mythe, a dit il y a plus de 220 années : Pas de roi ni grand ni petit. Et elle l’a prouvé ( au début seulement, c’est comme la libération en 1945 cela n’a duré que jusqu’à 1947
(Cf www.lesjoursheureux.net ).
Et pour les pays colonisés, cela n’est jamais arrivé ou très peu de temps chez Sankara ou Lumumba et quelques autres…) .

Bien sûr, c’était une révolution bourgeoise et il y a eu beaucoup de massacres avant pendant et après… Mais ses principes font toujours sens. On le voit régulièrement (février 2008 Paris )
Et à ce procès où un des vétérans faucheur a réaffirmé cet attachement à l’article 35 datant de 1793, et comme il s’emmêla (c’est loin 1793) dans l’ordre des phrases c’est l’avocat général lui-même qui le repris. ; alors il le connaît donc aussi ! Mais dans les actes ? Nous nous démenons pour la liberté des semences, les magistrats doivent se battre pour leur indépendance.
Ils n’osent même pas juger ces rois qui ne font que passer devant eux et qui trimbalent des kilomètres de casseroles derrière eux jusqu’à la tombe (Giscard Chirac Mitterrand Servier Sarko Baladur Dassault etc)

- Cette femme, ce mythe, c’est notre Louve du Capitole, notre Athéna, notre Pacha Mama, notre et cetera. Nous avons grandi auprès d’elle , d’autres frères sont venu de contrés et « de mers lointaines » avec nous, et nous ont apporté plus qu’on leur a pris. Don et contre don (Mauss), c’est aussi pour cela qu’il n’y a pas à les repousser aux frontières du nationalisme qui ont été elles-mêmes agrandi aux frontières de l’européisme ; à Lampedusa.

- Cette femme, ce mythe, trimbale ce triptyque avec elle mais ce ne sont que des idéaux jamais atteignables qui tendent vers plus de sens. On tend vers plus de liberté, d’égalité, de fraternité. Ce dernier souvent qualifié de trop pompeux par certain qui préfèrent l’appeler solidarité ; Mais c’est pourtant bien la fraternité que les faucheurs ont vu en Espagne le 12 juillet 2010 ou en Belgique le 29 mai 2011, et on le voit un peu partout dans le monde à NDDL et ailleurs, sur les bateaux pour la Palestine etc.Cela existe donc, il faut le dire, il faut le crier. Ce n’est pas « utopique » ;des hommes et des femmes le vivent tous les jours, ils ont largement dépassé le stade de l’expérimentation sociale (sociale comme socialiste parait-il) depuis longtemps.
On voit cette richesse humaine, cela crève les yeux ; ce monde ouvert, créatif, fertile contre un monde refermé sur ses certitudes, ses œillères stériles et meurtrières.

p134 « Les gens ne cessent de dire qu’il est beau d’avoir des certitudes. Il semble qu’ils aient complètement oublié la beauté bien plus subtile du doute. Croire est tellement médiocre. Douter est tellement absorbant. Rester vigilant, c’est vivre; être bercé par la certitude, c’est mourir. « Oscar Wilde (cité par Beatriz Graf « Longo Maï Révolte et utopie après 68 »).

Que sommes-nous d’autres que des lanceurs d’alertes ?
Des Zapatistes ? (ça se pourrait ben…)
p27« L’Autre Campagne inauguré en Janvier 2006 est le résultat de la 6ème déclaration Lacandone (rédigé par l’EZLN), il s’agit d’un retour sur la tactique zapatiste, de son origine à cette date. Le bilan qui est fait aboutit à la conclusion que le changement social doit se faire collectivement et à travers l’union, par le dialogue, de toutes les formes de résistance au capitalisme et qu’il ne faut plus attendre de transformations substantielles de la part des systèmes politiques de représentation. [...] « qui établissait en termes simples les termes du déploiement d’une lutte anticapitaliste « d’en bas et à gauche ». Ce positionnement déclenche une réflexion critique sur les relations entre savoir, pouvoir et sujet. »[...]
p29 « L’Autre Campagne peut en ce sens être vue comme la mise en scène d’actes de défi et de dignité. Souligner leur existence est important face à la présence servile des médias qui forgent les manières de voir les dominés et occultent leurs expériences et leurs histoires. »
p30 Sous-Commandant Marcos : « Il n’est pas possible d’avancer d’avantage dans la construction de l’autonomie des peuples indigènes si on ne transforme pas radicalement le système. Non seulement c’est impossible, mais le temps nous est compté. Si nous laissons faire, que les choses restent en haut, comme nous le voyons, et si nous restons désunis, nous seront tous détruits, individuellement et collectivement. »
p38 « Les principes sous tendant l’idée d’autonomie des zapatistes, basés sur la possibilité de redéfinir les actes de gouvernement à partir du sens de la responsabilité éthique du « commander en obéissant », constituait une critique en acte de l’idée d’autonomie libérale posant l’existence de sociétés se gouvernant elles-mêmes. »
p44 «  L’Autre Campagne rompait avec le pouvoir des dénominations verticales imposées par la violence symbolique qui faisait de l’autre un sujet politique subalterne. »
p54 « Selon l’analyse des zapatistes, la classe politique à la tête des État-Nations, désormais sous la coupe des élites du pouvoir mondiale, n’a désormais plus de marge de manœuvre, dès lors le jeu électoral des systèmes politiques perd de sons sens. De ce point de vue, la construction du changement social devrait donc venir d’en bas, à partir des besoins et problèmes immédiat des gens. »
p55 « L’autre façon de faire de la politique commençait donc avec l’interpellation directe, d’où l’importance de l’écoute. La première étape de l’Autre Campagne consiste à écouter, subvertissant ainsi la forme de la politique traditionnelle, celle de la parole verticale, celle de la voix qui sait. L’écoute permit de lier des expériences de résistance et de réactiver des mémoires de luttes de tous les groupes subalternes , de sentir que leur paroles avait une valeur. Pouvoir parler depuis en bas, telle était la forme concrète que revêtait l’inversion pratique de l’hégémonie. ».(Néozapatisme, collectif (Antonio Fuentes Diaz)

« Commander en obéissant » c’est bien ce qu’on a vu dans ces groupes ; pas une tête ne dépasse, pas de chef, c’est d’ailleurs la première définition du mot anarchia, rien à voir avec des poseurs de bombe, cela engraisserait encore les marchands d’armes ; les Nobel qui ne se sont pas toujours acheté une conduite… C’est plus long, plus fouillis, mais si cela peut éviter quelques guerres de tous contre tous…

Comme les chemins politiques sont verrouillés, on vote ailleurs que dans les urnes, on vote en fauchant, on vote en semant on vote souvent on vote dans le vent, on sème on s’aime et on essaime…

Nous sommes clair avec nous mêmes, nous refaucherons s’il le faut (avec jeu de mot). Les plus vieux d’entre nous disparaîtront mais des plus jeunes reprendront le pas même sous une forme différente. C’est comme dans la chansonnette : «  Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place » … mais sans violence, la non violence s’inscrit dans la durée, les mots peuvent changer : « Demain du blé noir poussera au grand soleil sur la route, semez et fauchez compagnons dans la nuit la liberté nous écoute. »

« Pour que l’histoire ne se répète pas, il faut sans cesse la remémorer: l’impunité qui récompense le délit encourage le délinquant. Et lorsque le délinquant c’est l’État, qui viole, vole, torture et tue sans rendre de compte à personne, alors il donne lui même le feu vert à la société entière pour violer, voler, torturer et tuer. Et la démocratie en paie, à longue ou courte échéance, les conséquences.
L’impunité du pouvoir, fille de la mal-mémoire, est une des maîtresses de l’école du crime. Et le nombre d’élève augmente chaque jour.
Lorsqu’elle est vraiment vivante, la mémoire ne contemple pas l’histoire, mais elle incite à la faire. Davantage que dans les musées où la malheureuse s’ennuie, la mémoire est dans l’air que nous respirons. Et dans l’air elle nous respire. Elle est contradictoire, comme nous. Elle n’est jamais au repos. Elle change, avec nous. »
(Eduardo Galeano « Mémoires et mal-mémoire »)

Nous n’avons fait ni plus ni moins que notre devoir, ce n’est pas nous qui trahissons cette femme, ce mythe. C’est effectivement du vol et un viol ; un viol du vivant, un viol de la liberté, un viol de l’imaginaire (Aminata Traoré).

En en ayant discuté avec les avocats, ils ont répondu que ce n’était pas « techniquement » réalisable. Pourtant il a été demandé aux juges que ces actions pourraient faire sorte de jurisprudence ; nous sommes hors la loi pour exiger des lois. Nous sommes hors la loi pour exiger des lois contre le brevetage du vivant , des lois contre les trust, des lois contre la prévarication. Les banquiers et industriels ordonnent aux Etats etc…
Par leur jugement, les juges peuvent faire bouger la loi.

Un peu d’histoire qui se répète, les cycles… mais l’entropie fait que le « cirque » s’amenuise :

p173« On ne leur avait pas appris, comme c’eût été le devoir de véritables chefs, à voir plus loin, plus haut et plus large que les soucis du pain quotidien, par où peut-être compromis le pain même du lendemain »[...]
p174« Mais ils oubliaient que la victoires des régimes autoritaires ne pouvait manquer d’aboutir à l’asservissement presque total de nos ouvriers. N’apercevaient-ils donc pas, autour d’eux, tout prêts à s’en saisir et presque à le souhaiter, les futurs profiteurs de notre défaite ? »
[...] p177« Notre régime de gouvernement se fondait sur la participation des masses. Or, ce peuple auquel on remettait ainsi ses propres destinées et qui n’était pas , je crois, incapable, lui-même, de choisir les voies droites, qu’avons-nous fait pour lui fournir ce minimum de renseignements nets et sûrs, sans lesquels aucune conduite rationnelle n’est possible ?  Était-ce donc que nos classes aisées et relativement cultivées, soit par dédain, soit par méfiance, n’avaient pas jugé bon d’éclaircir l’homme de la rue ou des champs ? Ce sentiment existait sans doute. Il était traditionnel. Ce n’était pas de gaîté de cœur que les bourgeoisies européennes ont laissé « les basses classes » apprendre à lire. Un historien pourrait citer là-dessus bien des textes. »
[...] « La misère de nos bibliothèques municipales a été maintes fois dénoncée. Consultez les budget de nos grandes villes : vous vous apercevrez que c’est indigence qu’il faudrait dire. Aussi bien n’est-ce pas seulement à l’art de connaître les autres que nous nous sommes laissés devenir étrangers. La vieille maxime du « connais-toi toi même », qu’en avons-nous fait ? »[...]
p179 « Nos chefs d’entreprises ont toujours mis leur foi dans le secret, favorable aux menus intérêts privés, plutôt que dans la claire connaissance, qui aide l’action collective. »
[...]p180« J’entends chaque jour, prêcher par la radio, le « retour à la terre »[...]« Certes, je n’ignore pas que sous ses beaux sermons se dissimulent_en vérité assez mal_ des intérêts bien étrangers au bonheur des Français. Tout un parti, qui tient aujourd’hui ou croit tenir les leviers de commande, n’a jamais cessé de regretter l’antique docilité qu’il suppose innée aux peuples modestement paysans. On pourrait bien s’y tromper, d’ailleurs. Ce n’est pas d’hier que nos croquants ont, comme disaient les vieux textes, « la nuque dure ». Surtout l’Allemagne , qui a triomphé par la machine, veut s’en réserver le monopole. C’est sous l’aspect de collectivités purement agricoles contraintes, par suite, d’échanger, à des prix imposés, leur blés ou leur laitage contre les produits de sa grande industrie , qu’elle conçoit les nations, dont elle rêve de grouper autour d’elle, comme une valetaille, l’humble compagnonnage. A travers le micro, la voix qui parle notre langue vient de là-bas. » [ a transposer à l'actuelle CEE des synarques Schuman, Pinet et aux USA Ford Rockefeller Bush ]
[...]p181« Tout, pourtant, dans cette apologie de la France rurale, n’était pas faux. Je crois fermement que l’avantage demeure grand, pour un peuple, encore à l’heure présente, de s’enraciner [ Voir  « L'enracinement » de Simone Weil qui fustigeait l'hégémonie du gaullisme en 1943 ] fortement dans le sol. Par là il assure à son édifice économique une rare solidité, il se réserve surtout un fond de ressources humaines, proprement irremplaçables. Pour le voir vivre, chaque jour, pour avoir naguère combattu à ses côtés et m’être beaucoup penché sur son histoire, je sais ce que vaut l’authentique paysan français, dans sa verte robustesse et sa finesse sans fadeur. Je suis sensible, tout comme un autre, au charme discret de nos vieux bourgs et je n’ignore pas qu’ils furent la matrice où longtemps s’est formée la partie la plus agissante de la collectivité française. »

[...]p182« Si nos officiers n’ont pas su pénétrer les méthodes de guerre qu’imposait le monde d’aujourd’hui ce fut dans une large mesure, parce qu’autour d’eux notre bourgeoisie, dont-ils étaient issus, fermait trop paresseusement les yeux. Nous seront perdus, si nous nous replions sur nous même ; sauvés, seulement, à condition de travailler durement de nos cerveaux, pour mieux savoir et imaginer plus vite. »
[...] p183« A vrai dire, que les partis qualifiés de « droite » soient si prompts aujourd’hui à s’incliner devant la défaite, un historien ne saurait en éprouver une bien vive surprise. Telle a été presque tout au long de notre destin leur constante tradition : depuis la Restauration jusqu’à l’Assemblée de Versailles. »
[...] p185« Il lui faudra enfin à ce peuple se remettre à l’école de la vraie liberté d’esprit. »… « Condorcet parlait mieux, qui, imprégné du ferme rationalisme du 18ème siècle , disait, dans son fameux rapport sur l’instruction publique, « Ni la Constitution française, ni même la Déclaration des droits de l’homme ne seront présentées à aucune classe de citoyen comme des tables descendues du ciel, qu’il faut adorer et croire ». »

[...] p191« …Mais le recrutement de base restait presque exclusivement corporatif. Asile préféré des fils de notables, l’École des Sciences Politiques peuplait de ses élèves les ambassades, la Cour des Comptes, le Conseil d’État, l’Inspection des Finances. L’École Polytechnique , dont les bancs voient se nouer, pour la vie, les liens d’une si merveilleuse solidarité, ne fournissait pas seulement les états-majors de l’industrie; elle ouvrait l’accès de ces carrières d’ingénieurs de l’État, où l’avancement obéit aux lois d’un automatisme quasi mécanique. Les Universités, par le moyen de tout un jeu de Conseils et de comités, se cooptaient à peu près complètement elles-mêmes, non sans quelques dangers pour le renouvellement de la pensée.»
[ les autres grandes écoles crées après la guerre, n'ont rien changés à cela, ENA etc sont simplement moins militaires...]

[...]p193« Une démocratie tombe en faiblesse pour le plus grand mal des intérêts communs, si ses hauts-fonctionnaires formés à la mépriser et, par nécessité de fortune, issus des classes mêmes dont elle a prétendu abolir l’empire, ne la servent qu’à contrecœur »

[...] p205« Or, de quoi est faite cette conscience collective, sinon d’une multitude de consciences individuelles, qui, incessamment, influent les unes sur les autres? se former une idée claire des besoins sociaux et s’efforcer de la répandre, c’est introduire un grain de levain nouveau, dans la mentalité commune; c’est se donner une chance de la modifier un peu et, par suite, d’incliner, en quelque mesure, le cours des événements, qui sont réglés, en dernière analyse, par la psychologie des hommes. »
[ Voir  aussi Laborit, Cyrulnik, Camus etc ]

[...]p244« Quoi de plus utopique que l’idée d’organiser, dans un pays asservi et jeté au plus bas, un vain sursaut de révolte en un vaste réseau de volontés ? C’est pourtant ainsi que la Résistance a fini par voir le jour. Quoi de plus utopique que le Maquis, folie héroïque mais folie de jeunesse ? Et voilà que le Maquis se fait réel à force de foi. »

[...] p253« Un jour viendra où il sera possible de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe… »

[...] p262« Nous formons des chefs d’entreprise qui, bon techniciens, je veux le croire, sont sans connaissance réelle des problèmes humains ; des politiques qui ignorent le monde ; des administrateurs qui ont horreur du neuf. A aucun nous n’apprenons le sens critique, auquel seul le spectacle et l’usage de la libre recherche pourraient dresser les cerveaux. Enfin, nous créons, volontairement, de petites sociétés fermées où se développe l’esprit de corps, qui ne favorise ni la largeur d’esprit ni l’esprit du citoyen. »
Marc Bloch « l’étrange défaite »

p31 « On utilise le paravent de la technicité, ceci afin d’échapper aux bagarres politiques lors des changements de gouvernement ou de régime »
p49 « l’État français se montrait pourtant digne de la réputation de défenseur des intérêts de la grande bourgeoisie « en 1793,1830,1848 ou1871 » que lui confère Robert Young en cherchant des antécédents aux années 1936-39. »
p62 1930 « Les privilégiés français ne redoutaient pas la poussée électorale des « racistes »: ils l’avaient encouragée, de même que leurs homologues étrangers_de Ford à Deterding etc… »…«La campagne nazie avait été largement financé par les grand industriels qui espéraient que les racistes parviendraient à affaiblir le parti socialiste et à scinder les organisations ouvrières syndicales… » mais c’est la presse Hugenberg Krupp qui fut capital car démonta le plan Young aux yeux de la population. »[...] p386« On tient un pays lorsqu’on y est entré au point de vue commercial »[...] p445 « 1938, où les importations allemandes de fer français quintuplèrent par rapport à 1933 et triplèrent par rapport à 1937. »[...] « Le comité des Forges dont les ventes représentaient le tiers en valeur des exportations françaises totales en Allemagne. »[...] p533 « 1945, passé l’éponge surtout pour les inspecteurs des finances. »[...]
p552 « Une note des RG «sur la société secrète polytechnicienne_dite Mouvement synarchique d’empire » d’octobre 1941 érigea celle-ci en centre du pouvoir sous Vichy. « En résumé, une véritable mafia d’ancien polytechniciens et d’inspecteurs des Finances, groupés au sein d’une société secrète à ramification internationale, a mis la main sur la quasi totalité des leviers de commande de l’État, a la faveur de la défaite militaire de mai-juin 1940. Elle organise la mise en coupe réglée de l’économie de notre pays, au profit de puissants intérêts financiers et y associant habilement certains groupes allemands au moyen d’une armature législative et réglementaire nouvelle crée à cette seule fin et par laquelle les organismes administratifs du nouvel État français ne sont plus que les services extérieurs de la banque Worms »
p556 « Déclaration prêtée au général Reichenau : « Nous n’avons pas vaincu la France, elle nous fut donnée. » Cette revendication inouïe semble moins audacieuse après après lecture des fond relatifs à une décennie d’action des élites de la France_ militaires, politiciens, journalistes, hommes d’affaires_ que marc Bloch soupçonnait en avril 1944, de s’être livrées, avec leurs hommes de main, à une « vaste entreprise de trahison ». » [...] « la France était gouvernée par la Banque de France et les groupes qu’elle représentait. »
p557 « le grand capital allemand n’avait pas choisi Hitler par peur du communisme, mais pour son aptitude escomptée à réaliser radicalement ses buts intérieur _effondrement du salaire, hausse du profit_ et extérieur_la revanche. » [...] « la dégringolade (dévaluation) des salaires réels serait en Allemagne conduites par les nazis, dont le parti caracolait en tête depuis septembre 1930. Grâce à l’appui précoce et massif du grand capital allemand et étranger… »
p558 « Le Reich, partenaire privilégié de l’immédiat après guerre, où le Comité des Forges s’installa à l’ambassade de France à Berlin, le resta entre la déliquescence et la destructions des Réparations (1923-1932), fruit du soutien anglo-américain. Depuis 1924, les hommes d’affaires avaient engagé leurs politiciens et journalistes dans la « réconciliation » franco-allemande consacrée par les cartels (acier, chimie,etc). Ceux de droite imputèrent souvent cet abaissement de la garde contre la revanche allemande aux « traîtres pacifistes » de gauche, dont une fraction était entretenue par les mêmes caisses. La crise rendit vital le maintien, voire l’accroissement (grâce au réarmement intensifié de l’Allemagne) des rapports commerciaux : les énormes besoins allemands de fer et de bauxite, de phosphate et de caoutchouc, de tissus et de bois exotiques, redresseraient des marchés déprimés ou effondrés. Les flux financiers d’après guerre, gonflés par les emprunts Dawes puis Young, avaient érigé le Reich en débiteur suprême de l’ »Occident ». sa mise en défaut menaça, entre le printemps et l’été 1931, la survie du système capitaliste. La politique française (anglaise, américaine, suisse etc.) fut suspendue à l’accord de standstill échelonnant les remboursements allemands. D’une mesure décidée entre banques centrales membres du club du plan Young _La Banque des règlements internationaux de Bâle (BRI)_, la Banque de France exigea l’acceptation et la garantie par son État. Elle les obtint des cabinets de 1932, de droite (Flandin) et de gauche (Herriot), qui s’y plièrent comme aux visites d’investiture. L’avènement du Reich nazi ne changea rien. Après avoir alarmé les créanciers étrangers en les menaçant de ne plus payer intérêts et dividendes du « Dawes » et du « Young », Schacht, « dictateur aux changes et aux transferts », les rassura : malgré des chantages récurrents dans les négociations financières et commerciales, le IIIème Reich paya (jusqu’en mai 1945). Il indemnisa aussi, et généreusement, l’industrie lourde française en Sarre, grande mission confiée par le Comité des Forges à François-Poncet, (son) ambassadeur à Berlin depuis septembre 1931. Quel symbole du « choix de la défaite » que cet artisan des compromis de sept années cruciales, tels les accords sur la Sarre, en 1934, après l’exécution de Barthou, et l’abandon, en 1938, du fleuron tchécoslovaque de la couronne de Schneider _après quoi il fut chargé de traité avec Rome. L’autre face de l’action de François-Poncet rappela sa décennie antérieur de politicien et journaliste du Comité des Forges : associé aux tractations visant depuis1931 à convaincre les politiciens français qu’un État nazi n’aurait rien d’effrayant, informé de tous les complots, il annonça à Berlin depuis l’automne 1933 au plus tard que son pays connaîtrait bientôt les joies d’un gouvernement fort » et même « très fort ». »
p567 « En verrouillant « l’instruction du procès » dont il détenait les pièces l’État interdit après la libération, contre le attentes d’avril 1944 de Marc Bloch, « de faire la lumière sur les intrigues menées chez nous de 1933 à 1939 en faveur de l’axe Rome-Berlin pour lui livrer la domination de l’Europe en détruisant de nos propres mains tout l’édifice de nos alliances et de nos amitiés ». De Gaulle fit exécuter en mars 44 le grand synarque Pucheu concession publique au PCF, [...] , mais surtout signal à Washington, qui, rêvant d’un Vichy sans Vichy, collaborait depuis 1941 avec synarques et cagoulards à une Pax Americana sans heurts et sans le Général. »
p566 « Plus que les militaires pourtant, les hommes d’affaires de moins de « 200 familles », renouant avec Thiers et Bazaine, guidèrent la « haute trahison », « taxinomie » contemporaine selon le dictionnaire: « intelligence avec une puissance étrangère ou ennemie, en vue ou en cours de guerre ».
p568 « L’épuration judiciaire, qui frappa quelques journalistes et hommes de main, épargne les politiciens, davantage les hommes d’affaires et presque tous les militaires et les inspecteurs des Finances. » [...] « même des résistants authentiques, sont moralement contraints de témoigner en sa faveur, car ils lui doivent tout » [à propos de Barnaud Banque de France, le double jeu des élites fonctionne toujours...]
p569 « Bichelonne se trompait. La synarchie­_qui_ n’existe_ pas demeurait intacte dans l’administration et se maintint au gouvernement, avec le cas avéré de Dautry. En juillet 1945, les RG l’estimaient active et dotée « d’environ 1500 à 2000 membres ». Le « groupe de Nervo » s’affichait comme « un de ses pivots financiers », fond électoraux compris, devant les banques Worms, Lehideux et d’Indochine tenues à discrétion provisoire. Les cagoulards, militaires en tête, dont on loua dans les procès d’après-guerre le patriotisme retrouvé depuis l’été 1940, jouir des mêmes douceurs. »
Annie Lacroix-Riz « Le choix de la défaite »

(source wiki ENA)« L’ENA, les élites françaises et les « héritiers de la culture dominante » Depuis les années 1960, il est parfois reproché aux anciens élèves de l’ENA une pensée technocratique.
[...] Ces héritiers cultivaient une image d’aristocrates dilettantes. Ils étaient portés par une forte connivence entre l’école et leur propre culture familiale.[...] »

(source wiki Polytechnique)
« …Origine sociale des élèves et phénomène de « reproduction sociale » Si lors de la création de l’École le concours d’entrée avait été mis en place par la Convention pour éviter le favoritisme et les passe-droits, de sorte de réaliser « le recrutement par concours sur la base des mérites individuels », pour être « parfaitement conforme à l’idéal républicain », la très nette prédominance actuelle des élèves issus des classes sociales les plus aisées fait s’interroger les dirigeants politiques, les sociologues et les historiens, à la fois sur les modes de recrutement et sur le rôle même de l’école.[...]
l’École Polytechnique, l’École normale supérieure, l’École des hautes études commerciales et l’École Nationale d’Administration, la part des élèves de ces écoles issus des milieux modestes est passée de 1955 à 2005 de 29 % à 9%, les élèves issus des familles de cadres supérieurs représentant actuellement 85 % des élèves de ces grandes écoles.[...] « noblesse d’État » [...] À la création de l’École, des Jacobins voyaient dans les écoles créées par la Convention « en germe la reconstitution fatale d’une caste privilégiée ». Pour l’historien François Furet, « cette discussion originaire dit déjà tout sur l’avenir de l’institution : le recrutement des meilleurs sur concours et l’idéologie méritocratique, la nécessité sociale des sciences et des techniques et la formation des élites, la reconstitution des privilèges sociaux par l’État sous l’apparence de l’égalité »[...] etc.

De nos jours que dirait Anatole France ? « On croit mourir pour la patrie et on meurt pour des industriels » il préciserait : «  on croit mourir pour Marc Bloch et on meurt pour Serge Bloch… ce n’est pas le même Bloch !
Aubrac diraient :résister c’est semer, Planter c’est résister !
Que dirait Fanon l’algérien ? « peau noire, masques blancs » il préciserait et s’étendrait « peau de toutes les couleurs, masques blancs »…

Quant à Camus l’algérois rien à redire :

« La bourgeoisie s’est avilie, par une folie de production et de puissance matérielle ; l’organisation même de cette folie de production ne pouvait créer des élites. La critique de cette organisation et le développement de la conscience révoltée pouvaient au contraire forger une élite de remplacement »…
« Le socialisme autoritaire a confisqué au contraire cette liberté vivante au profit d’une liberté idéale, encore à venir. Ce faisant, qu’il l’ait voulu ou non, il a renforcé l’entreprise d’asservissement commencée par le capitalisme d’usine. Par l’action conjuguée de ces deux facteurs, et pendant cent cinquante ans, sauf dans le Paris de la Commune (je note : qui n’a pas trahie l’Alsace et la Lorraine comme le gouvernement français de l’époque), dernier refuge de la révolution révoltée, le prolétariat n’a pas eu d’autre mission historique que d’être trahi. Les prolétaires se sont battus et sont morts pour donner le pouvoir à des militaires ou des intellectuels qui les asservissaient à leur tour. »…
« La contradiction de la révolution…se confond avec le drame de l’intelligence contemporaine qui, prétendant à l’universel, accumule les mutilations de l’homme. La totalité n’est pas l’unité. L’état de siège, même étendu aux limites du monde n’est pas la réconciliation. La revendication de la cité universelle ne se maintient dans cette révolution qu’en rejetant les deux tiers du monde et l’héritage prodigieux des siècles, en niant, au profit de l’histoire, la nature et la beauté, en retranchant de l’homme sa force de passion, de doute, de bonheur, d’invention singulière, sa grandeur en un mot. Les principes que se donnent les hommes finissent par prendre le pas sur leurs intentions les plus nobles. A force de contestations, de luttes incessantes, de polémiques, de persécutions subies et rendues, la cité universelle des hommes libres et fraternels dérive peu à peu et laisse la place au seul univers où l’histoire et l’efficacité puissent en effet être érigées en juges suprêmes : l’univers du procès. »…
« La révolte aux prises avec l’histoire ajoute qu’au lieu de tuer et mourir pour produire l’être que nous ne sommes pas, nous avons à vivre et faire vivre pour créer ce que nous sommes. »
« La révolte n’est pas en elle-même un élément de civilisation. Mais elle est préalable à toute civilisation. Elle seule dans l’impasse où nous vivons, permet d’espérer l’avenir dont rêvait Nietzsche : « Au lieu du juge et du répresseur, le créateur » formule qui éclaire seulement le drame de notre époque où le travail, soumis entièrement à la production, a cessé d’être créateur. »…
« Le mythe de la production indéfinie porte en lui la guerre comme la nuée l’orage »…
« « L’intelligence, dit Lazare Bickel, est notre faculté de ne pas pousser jusqu’au bout ce que nous pensons afin que nous puissions croire à la réalité. » La pensée approximative est seule génératrice de réel. La science d’aujourd’hui trahit ses origines et nie ses propres acquisitions en se laissant mettre au service du terrorisme d’État et de l’esprit de puissance. Sa punition et sa dégradation sont de ne produire alors, dans un monde abstrait, que des moyens de destruction ou d’asservissement. Mais quand la limite sera atteinte, la science servira peut-être la révolte individuelle. Cette terrible nécessité marquera le tournant décisif. »

« Le syndicalisme révolutionnaire partait de la base concrète, la profession, qui est à l’ordre économique ce que la commune est à l’ordre politique, la cellule vivante sur laquelle l’organisme s’édifie, tandis que la révolution césarienne part de la doctrine et y fait entrer de force le réel. Le syndicalisme, comme la commune est la négation, au profit du réel. »

« Mais l’absolutisme historique, malgré ses triomphes, n’a jamais cessé de se heurter à une exigence invincible de la nature humaine… »… « Les pensées révoltées, celles de la Commune ou du syndicalisme révolutionnaire, n’ont cessé de crier cette exigence à la face du nihilisme bourgeois comme à celle du socialisme césarien. La pensée autoritaire à la faveur de trois guerres et grâce à la destruction physique d’une élite de révoltés, a submergé cette tradition libertaire. Mais cette pauvre victoire est provisoire, le combat dure toujours. »…
« La mesure, née de la révolte, ne peut se vivre que par la révolte. Elle est un conflit constant, perpétuellement suscité et maîtrisé par l’intelligence. Elle ne triomphe ni de l’impossible ni de l’abîme. Elle s’équilibre à eux. Quoi que nous fassions, la démesure gardera toujours sa place dans le cœur de l’homme, à l’endroit de la solitude. Nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages. Mais nôtre tâche n’est pas de les déchaîner à travers le monde ; elle est de les combattre en nous-même et dans les autres. La révolte, la séculaire volonté de ne pas subir dont parlait Barrès, aujourd’hui encore, est au principe de ce combat. Mère des formes, source de vrai vie, elle nous tient toujours debout dans le mouvement informe et furieuse de l’histoire. » …
L’histoire ne peut plus être dressée alors en objet de culte. Elle n’est qu’une occasion, qu’il s’agit de rendre féconde par une révolte vigilante. « L’obsession de la moisson et l’indifférence à l’histoire, écrit admirablement René Char, sont les deux extrémités de mon arc ». Si le temps de l’histoire n’est pas fait du temps de la moisson, l’histoire n’est en effet qu’une ombre fugace et cruelle où l’homme n’a plus sa part. Qui se donne à cette histoire ne se donne à rien et à son tour n’est rien. Mais qui se donne au temps de sa vie, à la maison qu’il défend, à la dignité des vivants, celui-là se donne à la terre et en reçoit la moisson qui ensemence et nourrit à nouveau. Pour finir, ceux-là font avancer l’histoire qui savent, au moment voulu, se révolter contre elle aussi. Cela suppose une interminable tension et la sérénité crispée dont parle le même poète. Mais la vraie vie est présente au cœur de ce déchirement. »… « La vrai générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent »…
Albert Camus « L’homme révolté »

et quelques autres déjà cités :

« le matérialisme moderne est né de la peur. » Et « les êtres qui ont peur sont d’involontaires tyrans, des fanatiques de l’ordre, obnubilés par l’idée de devoir éduquer, discipliner les hommes et les choses qui les entourent, de devoir à chaque instant en garder le contrôle et la vue d’ensemble. » Rudolf Steiner, cité par http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php?post/2009/05/17/274

« Quand aux applications techniques, si la science grecque n’en a pas beaucoup produit, ce n’est pas qu’elle n’en fût pas susceptible, c’est que les savants grecs ne le voulaient pas. Ces gens visiblement très arriérés relativement à nous, comme il convient à des hommes d’il y a vingt-cinq siècles, redoutaient l’effet d’inventions techniques susceptibles d’être mises en usage par les tyrans et les conquérants. Ainsi au lieu de livrer au public le plus grand nombre possible de découvertes techniques et de les vendre au plus offrant, ils conservaient rigoureusement secrètes celles qu’il leur arrivait de faire pour s’amuser; et vraisemblablement ils restaient pauvres. »
Simone Weil «L’enracinement » et voir d’autres extraits du même ouvrage.

« L’expérimentation a pour méthode essentiellement d’observer un niveau d’organisation en supprimant la commande extérieure a lui. Elle ramène le servomécanisme au rang de régulateur. Elle ferme le système à un certain niveau d’organisation. L’enzymologiste et le biochimiste isolent les éléments d’une réaction enzymatique in vitro ; le biologiste isole des structures infracellulaires pour en étudier l’activité séparée de l’ensemble cellulaire auquel elles appartiennent ; ou bien il étudie l’activité biochimique d’un tissu isolé. Le physiologiste isole un segment d’organe ou un organe pour en étudier le comportement ou focalise son attention sur un système, cardio-vasculaire ou nerveux par exemple, dont il étudie un critère d’activité privilégié. Il faut regretter que le clinicien lui-même n’agisse généralement pas autrement en soignant un « cœur », un « estomac », un « foie », etc. ce qui consiste à l’isoler du contexte familial et socio-culturel où vit l’organisme auquel il appartient. »…

« Cette attitude, rentable expérimentalement, est évidemment une des causes de l’inefficacité fréquente des thérapeutiques s’adressant à la seule lésion organique. »…

« Cette approche expérimentale est nécessaire car l’information qui parvient à un niveau d’organisation est multifactorielle et les variables sont trop nombreuses pour les appréhender toutes à la fois. Il est donc indispensable de placer le niveau d’organisation, objet de l’étude, dans un milieu stable dont il est facile de contrôler les principales caractéristiques et de ne faire varier à volonté qu’un seul facteur pour observer les conséquences de ses variations sur le niveau d’organisation soumis à l’expérience. Mais il serait évidemment dangereux de conclure, à partir des faits observés dans ces conditions, à ce qui se passe quant le niveau d’organisation est en place, en situation organique. Cependant, c’est la seule façon d’acquérir une connaissance progressive des mécanismes complexes qui animent la matière vivante. Elle exige, on le comprend, un va-et-vient constant de la part de l’expérimentateur d’un niveau d’organisation à l’autre. Elle exige, en d’autres termes, une « ouverture » d’esprit capable de s’adapter à  » l’ouverture  » des systèmes complexes que constituent les structures vivantes. »
Henri Laborit « La nouvelle grille » et voir d’autres extraits du même ouvrage.

Voir aussi la brochure « La recherche en procès » sur

http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?article5767

Pour le soutien national et international c’est ici merci http://sans-gene.org/

http://www.soutiencolmar.onlc.fr/

Il n’y a qu’une seule voie, c’est la Via Campésina :

http://viacampesina.org/fr/

http://www.infogm.org/

http://www.semencespaysannes.org/

http://www.combat-monsanto.org/

http://www.bede-asso.org/

http://www.grain.org/fr

http://www.mres-asso.org/spip.php?breve529

http://paysansansterre.noblogs.org/

Le délibéré du procès Colmar est prévu le 14 mai 2014.

L’actualité confirme toujours les preuves de l’imposture de la privatisation du vivant et le ras le bol citoyen contre le monde selon les neveux d’IG Farben.
La condamnation du viticulteur en biodynamie G.Giboulot n’y changera rien ,http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/04/07/verdict-lundi-pour-le-viticulteur-bio-qui-a-refuse-de-traiter-ses-vignes_4396574_3244.html .
Comme la répression des BarbaraSéraliniVélot PoutzaïMalatesta etc ; le rouleau compresseur des printemps silencieux n’a presque plus de carburant, il tournait à l’abrutissement des masses et c’est la conscience qui l’emporte.

(1)
2013.02.14
« Marie- Odile Bertella -Geffroy va être mise au placard .
Elle fait la une de la couverture de la revue de Politis sortie ce jour .

Titre : l’emmerdeuse de la République
sous-titre : La juge Marie-Odile Bertella Geffroy a révélé en vingt ans plusieurs scandales de santé publique. Elle subit aujourd’hui une mutation alors que son instruction aboutit dans l’affaire de l’amiante
extrait
« …..Elle s’apprête à contester cette décision devant le Conseil d’Etat . Cependant elle est convaincue que son sort se joue au plus haut niveau de l’Etat ,
elle a demandé une entrevue avec François Hollande. »
Des questions posées par le journaliste Patrick Piro autour de la mise en examen de Martine Aubry
La criirad, l’AFMT , l »andeva témoignent de l’exemplarité de cette femme, de ne pas céder aux conflits d’intérêts.
sur France Inter ce matin il est possible de l’ écouter : http://www.newsring.fr/actualite/1002813-en-video-le-requisitoire-de-la-juge-bertella-geffroy-contre-le-ministere-de-la-justice

http://terreaterre.ww7.be/sante-justice-et-environnement.html

YYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYYY

href= »http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2013/04/hermin2.jpg »>OGM > La Révolte du Jardinier hermin2
Chanson aux Gallo Roumains de Kernaval
sur un air connu
(J’ai vu la blanche hermine)

l’originale:
La voilà la blanche hermine vive la mouette et l’ajonc
La voilà la blanche hermine Vive Fougères et Clisson

mais

J’ai vu la blanche hermine près des mouettes, derrière l’ajonc
Je l’ai vu la blanche hermine entre Nantes et Redon
Guenrouët est son nom

J’ai vu la blanche hermine sortir de terre avec passion
comme un chapiteau de Cirque Bidon

J’ai vu la blanche hermine sortir de terre à sa façon
c’est ça la révolution

Pas besoin de lapin en peluche
le pain sort de la huche
pas besoin d’aéroport en plus
le cœur vise toujours juste

Nous nous battrons pour eux car ils sont pacifistes
Nous nous battrons pour eux car ils nous nourrissent
les nourritures terrestres du ventre à l’âme
des paysans artistes cultivent les paysâmes

J’ai vu la liberté dans les yeux d’un enfant
il soufflait sur des feuilles de chêne
il en fera des éoliennes
il deviendra grand car il est le vent

J’ai vu la blanche hermine et un cheval ouvrant le sillon
les pommes sortaient de terre comme un filon
Charlotte est plus belle que Fontenay
mais le gourmet fait ce qu’il lui plaît
ensemble ils pliaient le genoux
sur ces fruits et cailloux

l’eau
la terre
le feu
Triskel  tels quels  et c’est pas triste
un paysan artiste

Ils font cela en collectif
C’est plus beau et grand comme un récif
Le cœur tient toujours bon
Dame, qu’ils ont raison

On se battra pour reverdir cette terre
Par la voie verte à côté du canal
An heol a zo glaz- le soleil est vert
et la via campésina originale
marais canaux oiseaux
c’est-y pas beau ?
la mer le soleil le vent
tous en même temps

J’ai vu l’architecture en terre et pan de bois
de Redon Dinan jusqu’à Rennes et Malestroit
et diverses couleurs de schiste par endroit
Le soleil montrait la beauté vernaculaire
juste pour nous plaire
et la robustesse de la diversité
pour Habiter
Habit de terre amis de l’air
pour l’éternité

J’ai vu des rondins de châtaigniers entiers
ils sont aussi rudes charpentiers
tout ce tanin autour du four à pain,
qui fait poêle de masse et vous embrasse
et chauffe la serre et l’air de rien
la terre à pisé
il faut être devin pour faire tout ce bien
en tout amitié

Au marché un maraîcher au visage rouge
brûlé par le soleil au regard d’azur
parlait de légumes au fur et à mesure
que sa passion et son âge bouge
Lui aussi veut mettre la courge

poireaux de Carentan , oignons de Roskoff
sa mère avait quarante ans au moment de Plogoff
la biodiversité se cultive aussi
si ça vous suffit
Salsifis

Près du marais un artiste
peint des mots comme des cadeaux
qui sortent sur sa toile toute voile dehors
en faisant des rimes comme des ressorts

Sa Blanche est infirmière
et il peut être fier, il peint la vie, c’est clair
altruiste

le soleil et la mer ont quatre enfants;
trois filles: la pluie, la grêle, la neige
un garçon qui promène ses trois sœurs:
le vent…

Ils l’appellent Bourlinguette
mais c’est bien elle, elle fait la fête
je l’ai reconnu sortant des ruines
elle est bien là, la blanche hermine

Et j’entends toujours le loup le renard et la belette
qui font toujours la fête à Bourlinguette
Si vous passez à Guenrouët
entrez seulement c’est super chouette

*************************************************************

La confluència
- la jonction la confluence-la unió la confluència
lettre à Syngenta

Le brevetage du vivant est la barbarie

Ce lundi 12 Juillet 2010 à 6h du matin, plus d’un hectare de maïs OGM Syngenta Bt11 a été fauché en Catalogne près du lieu dit Golla Del Ter (entre Figuerès et Girona) par un collectif franco-espagnol. pour que toutes les luttes convergent.
et c’est un honneur pour nous tous.
Déjà quelques semaines auparavant un collectif outre-Rhin avait arraché des pommes de terre transgéniques en Allemagne, ils ont dit qu’il avaient « libéré » cette parcelle.

Dans cet endroit de Catalogne le paysage est morne et dévasté par la spéculation immobilière, les lignes électrique et les autoroutes, un projet de ligne THT vient compléter le tableau.
Partout dans les hameaux, une odeur suffocante sort des innombrables petites porcheries de type industrielles qui ne savent que faire de leur rejets sauf le répandre dans leur terre pour atteindre finalement la nappe. Ces paysans sont sans doute trop désœuvrés pour faire un traitement efficace ou pour préparer une reconversion de l’industrielle à la « Pochon »

La veille au soir, une longue tergiversation entre nous avait eu lieu pour savoir quelle représentation adopter; étiquette faucheur (avec maillot et visage découvert) à côté des catalans masqués (seulement pour les deux ou trois photos prises avant, pendant et après le fauchage) en combinaison, sur- chaussure et gants caoutchouc. Finalement ce fonctionnement à l’horizontale toujours un peu long, a une fois de plus montré son bon sens car nous avons adopté la meilleure solution, conforme à celle de nos hôtes catalans, celle de se fondre dans la même représentation qu’eux, symbolisant un groupe unis; pour faire valoir d’exemple afin que tous les pays adoptent, essaiment et répandent cette convergence malgré nos différences.

Au matin, il y avait deux cortèges de véhicules, par le nord le cortège passa par des hameaux aux rues étroites de Colomero, Vergès, Ullà puis quitta la route près du lieu dit « Golla Del Ter »

L’organisation, le minutage était remarquable, l’opération était préparée depuis plusieurs mois.
Ce fût un grand moment pour nous tous au sortir des voitures qui nous avaient déposé (2 cortèges de plus de 15 véhicules) pour ensuite s’éloigner dans un endroit reculé.
En silence, pendant la marche groupée sur le chemin en terre le long des peupliers tremble qui nous conduisait au champs de chimères, nous avancions d’un pas déterminé.
ils étaient une bonne centaine, la plupart avaient entre 15 et 25 ans habillés de noir , nous étions une quarantaine de français et marchions côte à côte avec une certaine émotion, conscients de cet instant historique où la jonction, « la confluència » en catalan, entre les deux pays s’est enfin faite deux ans après l’assemblée des faucheurs à Grigny en 2008 où cet évènement avait été plébiscité à l’unanimité.
(Cf Vives le semences libres)
Quelques uns d’entre eux avançaient en lignes de quatre ou cinq et se tenaient la main, c’est peut-être un phantasme, mais il était impossible de ne pas penser en cet instant du lien qu’avait cette image avec celle de leur grand père et arrière grand-père bien des années auparavant. Impossible de ne pas penser à ce lien entre ces choses fratricides d’hier et d’aujourd’hui qui nous guettent, impossible de ne pas avoir la larme à l’œil, penser à un frère ou un cousin agriculteur « l’autre côté du champs ».

Au bout de 500m, arrivés devant le champs, nous enfilâmes les combinaisons, masques chaussons et gants, puis, suivant les directives, au signal avançâmes en ligne devant chaque rang de maïs transgéniques bien arrosés qui dépassaient déjà notre hauteur d’une bonne trentaine de centimètres et nous commencions à faire tomber les premières tiges. Trop gourmand, j’entamais deux rayons en même temps en couchant les tiges quatre à quatre à la main ou les cassant vers la base mais bientôt le souffle commençait à manquer et suivant la consigne, un seul rayon suffisait par personne et lorsque que l’un était en retard, il y avait toujours quelqu’un pour lui soulager le rayon de sorte qu’une même ligne de front avançait dans la parcelle. Dégoulinant de sueur, je regardai autour de moi, quelques uns levaient leur masque de temps à autre pour moins suffoquer, d’autres glissaient ou trébuchaient sur les andins ou dans les rouas humides. Dans leur regard, ni rage, ni haine, ni ressentiment; il y avait simplement de la détermination. Au bout de quelques minutes seulement, la parcelle étaient dégagée, « libérée ». Chacun se dégageant de sa tenue et la jetant dans les sacs, nous reprenions le chemin inverse, en silence mais en se regardant, tout à fait conscients de cet acte que l’agriculteur allait découvrir quelques minutes plus tard alerté par les bruits de voitures. Les véhicules reprirent leur balais et se dispersèrent dans la nature, noyés dans le tourbillon des vacanciers. Il était 6h10, en Catalogne.

Je sais ce que j’ai fait. Et je le referai des milliers de fois encore tant que l’on bafouera le droit immuable du paysan à produire, consommer et réensemencer ses propres semences, le droit de produire et consommer sans OGM et tout autre brevetage du vivant comme tout autre tuerie du vivant comme la chimie. Pour le droit à la souveraineté alimentaire, à la terre etc.
Mon père était paysan et mes grand-pères aussi et leur pères avant eux. Car là où ils sont, ils sont bien informés; le brevetage du vivant est la barbarie. J’ai perdu leur savoir faire mais j’ai encore leurs mains, et avec tous ces camarades nous arracherons ces chimères encore et encore. Vous nous ne laissez pas le choix. Vous faites faire la sale besogne aux paysans que vous avez trompé profitant de leur manque de connaissance et manque de cohésion. Vous devez être « pourtant » suffisamment intelligent pour comprendre que tant qu’il y aura des hommes, des femmes et des hommes se lèveront contre la barbarie, ils la réduiront à néant; ils iront jusqu’à l’hallali.

Vous avez bien remarqué que la lutte anti OGM avait été rendu populaire et vous vous êtes empressés de contourner le problème avec d’autres formes de brevetage; OGM cachés, clandestins, après la transgenèse la muta-genèse, les nanotechnologies, la biologie synthétique etc rejoignent la barbarie de l’irradiation. Qu’importe vos « méthodes » vous avez la majorité des chercheurs, des institutions, des syndicats, des médias, des politiciens, des avocats et juristes à votre disposition. Mais majorité ne veux pas dire démocratie. Le terme OGM n’est qu’un symbole, une abréviation. L’essence même de la lutte anti OGM est la lutte contre le brevetage du vivant. Cette imposture dépasse largement le cadre de la propriété. Tous les jours, ce scientisme obscène permet de rappeler que vous ne maitrisez en rien les conséquences sanitaires et environnementales de votre cupidité et que vous vous en lavez les mains comme les pétroliers autres neveux d’IG Farben.

A l’image de ce qui avait été tenté de faire avec les lois anti trust contre l’empire Rockefeller et la bande de Wall Street en 1911, les mêmes qui ont « acheté l’holocauste » plus tard, tous les cartels devront être éradiqués dont vous et vos collègues « neveux d’IG Farben ».

Rendez-vous donc pour l’hallali.

le 14 Juillet 2010

adressé par courriel à:
Media.relations(at9syngenta.com
Global.hse(at)syngenta.com
copie:

fnsea(at)fnsea.fr
contact(at)confederationpaysanne.fr

Le brevetage du vivant est la barbarie (suite)
le 24 Juillet 2010

http://www.lanouvellerepublique.fr/ACTUALITE/Economie/Agriculture/Des-tournesols-mutes-fauches-en-Indre-et-Loire

http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-catégorie

http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?article5379

Nous étions plus d’une centaine. Il n’y avait pas assez de tournesol pour tout le monde. Il y avait des abeilles sur certaines chimères, elles aussi, on les a tellement trompé. Déjà des « biologistes non indépendants » disent que ces mutations « forcées » existent depuis plus de quarante ans. Et alors ! c’est leur excuse ? Il y a plus de 70 ans que les neveux d’IG Farben restent impunis et il n’y aura jamais prescription. Il y a des arbres OGM et il y a aussi des bûcherons chez les faucheurs. Fauche !

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printemps 2010

C’est l’heure des semences

les semences libres de préférence
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Le passeur de sens

Cet été nous sommes allés voir le passeur de sens.

Nous sommes partis de la frontière du Jura et des Alpes de Haute Savoie pour aller en direction de celles de Hautes-Provence.

C’est dans le potager d’un curieux qu’il se trouve, dans le Lubéron.

On aurait pu y aller en vol d’oiseaux; épervier, gypaète barbu, faucon crécerelle ou pèlerin

et saluer quelques chantres au passage;

Clavel dans le Jura, Frison-Roche au Mont-Blanc

puis plus au sud le Lautaret, la Meije il y a Canac en Oisans,

le paysan sans terre, puis on descend encore pas loin de Chichiliane,

Mens en Trièves, la terre y est vivante

et en passant les cols plus au sud encore loin du Vercors,

des rivières; La Durance, le Guil, le Gir et l’Onde forment la Gyronde,

enfin la Guisanne comme semences paysanne,

puis on arrive chez Giono, Longo Maï, c’est à gauche en descendant, Saignon en Lubéron.

le passeur de sens sensible décroissance,

le passeur d’essence essentiel se dit conservateur progressiste mais il est plus fort que cela.

Il a été cueillir les œillets du Portugal pour nous montrer la révolution

Il y a des tracts dans la baraque

La stratégie de l’escargot

éloge de la lenteur, Volem rien foutre Al Païs

On arrête tout, on réfléchi et c’est pas triste

l’An 01 en plein soleil

Il prend le temps d’écouter, de discuter, de sentir la menthe qui se froisse sous les pas.

Il connaît les oiseaux, cela fait longtemps qu’il vole auprès d’eux.

Le loriot jaune et la huppe faciès sont du voisinage

mais il ne grain pas le chapardage

Dans ce lieu millénaire il remue la terre sans se presser,

il déterre des vestiges gallo romain et préhistorique,

et remonte des murs Vaudois, des bourris historique

Il prend le temps de discuter avec le vent et s’amuse avec ses muses.

Il soigne ses tomates et caresse les salades oreille du Diable

il sème des semences interdites, inconnues,

oubliées mais pas perdues

car il est passeur il connaît le chemin

il sème ils s’aiment et on essaime

Des semences paysannes libres comme l’air,

Il en a tout un stock et les dose à la petite cuillère

Il collectionne les mots et les arrosoirs

il joue avec comme ses vieux outils qu’il peint le soir

Toutes les couleurs

Toutes les odeurs

Les plantes il connaît par cœur

On repartira des godets plein les bras

et on reviendra, Ha ça ira, à Dia

il est passeur il connaît le chemin

pour Demain et à deux mains

c’est la via campésina

Dans et sur la terre il le sait bien

Dance sur la terre, elle le vaut bien

Ami, ne cache pas ta vie, et répand ton esprit.

Transmettre est ta vie.

Tu es passeur,

passeur de sens et d’espérance

et on te chouette bonne chance

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Il est aussi là, mais ne le dites pas trop haut, ne le «troglodyte passereaux »,

car c’est un secret :

http://www.lepotagerduncurieux.org/

https://www.youtube.com/watch?v=nlqhPPgMxa4

 http://www.pommiers.com/Pepiniere/graine-et-legume-ancien.htm

 http://grainesdetroc.fr/article.php?id=45

 http://www.avignon-et-provence.com/provence/jardin-potager-bio/

http://ziconolacriee.free.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=19&Itemid=1

http://www.semencespaysannes.org/varietes_anciennes_potageres_actions_menees_m_56.php

 http://fr-fr.facebook.com/pages/le-potager-dun-curieux/209317579099582

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Vive les semences libres !

Petit survol de l’AG des faucheurs à Grigny (69) 12-13-14 Juillet 2008 vue d’Europe.

Les faucheurs volontaires deviennent semeurs volontaires, les gars du RSP pleurent de joie, la reconnaissance de leurs efforts depuis si longtemps pour sensibiliser le grand public risque de monter d’un cran avec la médiatisation autour de José. Guy Kastler avait fait grève de la faim avec quelques autres plusieurs mois avant celle de José, il aurait pu « mourir la bouche ouverte » que les médias ne s’en étaient même pas intéressés ou si peu. On en est réduit à cela: la médiatisation. Même si cela fait parti des moyens de dénoncer la fumisterie, la place des faucheurs n’est pas dans un tribunal, ni à jouer ce jeu du chat et de la souris avec les « procédures », ni à faire des échantillonnages pour montrer ce que tout le monde sait. Le débat et l’abomination du brevetage du vivant doit être une fois pour toute sanctionné et mis sur la place publique.

Catalogue officiel dévié , COV autre forme de brevetage, OGM clandestins, nouveaux OGM… S’informer sur:
www.semencespaysannes.org

Compte-rendu ateliers: Ne pas opposer les fauchages de nuit et les fauchages de jour complémentaires
Le compte sans gène est pour les indemnisations et frais de justice.
Les collectifs locaux s’occupent des frais courants.
Il y a encore des essais expérimentaux, essais commerciaux en plein champs, on revient dix ans en arrière ! alors il y aura encore des fauchages… des silos contaminés dénoncés…
Le pollen, comme la cupidité et le scientisme, n’a pas de limite.

Magalie prend la parole, elle est convoquée au tribunal de Bordeaux, décrite dans le rapport de police comme « grande jeune femme » (1,90m minimum) « aux cheveux crépus » ( pour ne pas dire qu’elle est noire) nous nous étions noirs de rire (elle un peu moins) qui s’est interposée avec un collègue beaucoup plus blanc qu’elle et qui lui n’a pas été inculpé, contre une interpellation d’un père de famille (qui n’avait rien à voir avec la manifestation de soutien) sous les yeux de son enfant. Elle aurait blessé plusieurs policiers d’un seul coup de hanche. (rire dans l’assemblée). Finalement relaxée quatre jours plus tard grâce au ridicule des faits reprochés et surtout grâce à la forte mobilisation générale. C’est le côté blé rouge de Bordeaux (sans copyright) du collectif et il ne faut pas avoir peur des mots; Magalie est belle et bien noire comme la tomate noire de Crimée (sans copyright itou).

Ensuite, les faucheurs européens ont la parole, ils sont disposés en demi-cercle au milieu du cercle de l’assemblée, chacun se lève et est venu exposer ses moyens de lutte, en couple ou plus, ils ont tous une histoire particulière, riche d’enseignement. Quelques interventions bien gravées:

Commence l’ami espagnol, l’Espagne est la plus contaminée avec plusieurs milliers d’hectares. Venant de Catalogne, il affirme modestement que son groupe a organisé le fauchage d’une petite parcelle. Mais vu le tonnerre d’applaudissements qui s’ensuivi, cela rappela que ce n’est pas le nombre qui fait la valeur. Puis il continua son exposé.
L’ami anglais exposa la façon efficace d’accentuer les fauchages des essais commerciaux ou expérimentaux et que cela leur avait évité d’être complètement envahi de champs OGM.
L’ami suisse raconte son combat personnel (qui lui vaut d’être maintenant élu !), paysan, il a commencé à se battre contre les hormones bovines et par la même logique, en était venu à la lutte anti-OGM. Avec son groupe il a réussi à organiser plusieurs débats contradictoires inédits avec les scientifiques, des paysans, des élus et le public. Il affirme que ce moyen de lutte est efficace.
L’ami allemand commence par cette phrase:  » Aujourd’hui la résistance allemande rejoint la résistance française » (tonnerre d’applaudissement). Avant de faire son exposé et de passer la parole à sa collègue, il ajoute que n’ayant pas de champs à faucher en Allemagne, il lance l’idée que tous les faucheurs d’Europe doivent s’organiser et par exemple d’aller faucher ensemble en Espagne, la plus contaminée (hourra dans la foule).
Une autre plus jeune amie allemande annonce modestement qu’elle est actuellement poursuivie en justice pour avoir « neutralisée » des essais OGM en laboratoire. (applaudissement bis) Mais comment dit on « couillu » en allemand? En Espagnol? En polonais? Sachant qu’en anglais c’est big bulloch ( prononcez bigue beuloque).
L’ami polonais, avant d’exposer la situation dans son pays nous décrit avec ce mot: passion. Hé oui, rien d’important ne se fait sans passion !

José en concluant évoque une marche sur Bruxelles, mais Bruxelles comme Strasbourg ne représente rien pour nous. Cette Europe là est vide et froide comme l’argent, Les grands imbéciles ont voulu réunir les européens par l’argent. Sa base est pourrie. Bruxelles, comme Strasbourg, Le Sénat, L’Assemblée, les organisations onusiennes ne seront crédibles que lorsqu’ils se seront débarrassés des lobbies qui trainent dans leurs couloirs à grand coup de pied au derrière. Un ministre de l’agriculture qui autorise un pesticide revient ni plus ni moins qu’à donner une autorisation de meurtre.

Une Europe qui balance des bombes à uranium appauvri sur la population, une Europe pro-nucléaire, une Europe qui s’entoure de mirador et de camps de concentration pour ne pas que le tiers monde qu’elle a pillée ne vienne mourir à ses pieds. Ce n’est vraiment pas cela que nous voulons.
L’Europe que nous voulons, nous l’avions devant nous ce jour là, dans ce demi-cercle humain, il manquait les italiens et bien d’autres, ils viendront aussi, ils ont le cœur pour cela. L’Europe que nous voulons , c’est une Europe qui résiste. L’Europe est irlandaise; elle est verte, modeste et citoyenne . Et il n’y a même pas besoin de rajouter le mot solidaire car le mot citoyenne résume tout.
D’ailleurs faut-il construire une Europe si sa base ou son mobile est purement et strictement financier ?. Assez de protectionnisme déguisé, des aides déviés, des accords bidon, il n’y a que la souveraineté alimentaire et la lutte contre le brevetage du vivant qui vaillent la peine de mener au nord encore moins qu’au sud.
Un produit qui fait quatre fois le tour de la terre avant d’arriver dans l’assiette est aussi aberrant s’il fait des allers et venues dans l’enclos européen, réserve de nantis, pour le même résultat. Il n’y pas de proportion à la bêtise.
Ils ont voulu faire compétition aux US, à l’impérialisme, ils proposent un « alter-impérialisme » ! Cela fait rire tout le monde au nord et cela fait mourir tout le monde au sud. C’est la grenouille qui veut se faire plus gros que le bœuf aux hormones. Et elle ne veut pas voir que le bœuf est en train d’imploser.

Afin d’en remettre une couche, un des jeunes animateurs refait un sondage à main levée, pour traverser les Pyrénées, pour une internationale des faucheurs volontaires: une forêt se lève. « La reforestation sera le signe et l’œuvre de l’authentique civilisation. » (Jean Pain).
Puisque nous sommes « condamnés » à faire des actes symboliques, celui-ci est le plus fort qui soit. L’ami espagnol rougit un peu, il sait que nous n’attendons qu’un signe de lui et que nous adorerons faire cette folie. Rien d’important ne se fait sans passion. Tous en Espagne !

Les hommes reviendront à la terre
Les petits paysans assureront la pérennité de l’humanité, alors pourquoi favoriser leur disparition ? pourquoi détruire leur environnement?

On boit leurs paroles, incroyable de lyrisme et simplicité:
Avec un charisme à peine voilé dans « le pollen de la discorde »:
Jean Pierre Berlan:
« avec l’industrie (standardisation, homogénéisation, normalisation…), on cultive des clones et non plus des variétés, il y a tromperie, on remplace la diversité par un modèle unique. »
Vient ensuite la question de la propriété: » l’enjeu est le contrôle du vivant, on peut faire valoir un droit de propriété » (COV (« certificat d’obtention végétale » sic) ou autre brevetage déguisé) « sur un clone et non pas sur une variété. « 

« Le but actuel de notre société est de séparer la production de la reproduction ».

« Voyez-vous, dans une société marchande, rien n’est plus injuste que le fait que des êtres vivants; plantes, animaux…se reproduisent et se multiplient (et je tremble en le disant) gratuitement. (un temps): C’est l’horreur absolue , (insistant et pesant): La gratuité. »
 » il y a contradiction entre profit et la vie  »

Le paysan philosophe Bernard Ronot; mi homme de terre mi homme de lettre, dans « les blés d’or » avec simplicité et clairvoyance:

« il faut accepter que les gens ne pensent pas comme soi, mais l’agriculture est l’art de savoir cultiver la terre pour nourrir les hommes et non pas de « l’exploitation agricole ».

l’homme devient ce qu’il mange, et ce qu’il mange c’est la terre qui le produit, et la résolution de notre monde devra passer par l’équilibre du sol, de notre terre, et tant que l’humanité ne l’aura pas compris, on ira chercher bien loin ce qui est tout près ; la terre est basse et il faut plier le genoux, l’homme doit acquérir une certaine humilité pour comprendre cela.
On croit maîtriser la connaissance, alors que l’homme doit accepter à chaque instant de se remettre en cause : et savoir si ce que l’on fait le jour même, est ce que cela va faire évoluer ou involuer les générations futures? , les dominer ou les faire grandir ?, c’est là qu’est la clef. Car la terre est la meilleure nourricière des hommes, des plantes, des animaux, c’est très simple. « 

Il est grand temps de réintégrer la notion de gratuité.

Tous en Espagne, Une internationale des faucheurs passera les Pyrénées.
Magalie FleurdeVanille portera l’étendard.
Rien d’important ne se fait sans passion.
 » Citoyens du monde sensible , Camarades !, Compañeros ! (plus fort) Compañeros ! « 
 » Vive les semences libres ! »

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FAUCHE

OGM non toujours non

Fauche, fauche tu n’est pas péouze, tu n’est pas plouc, tu n’est pas cul terreux ; tu nourris le monde, tu est paysan et c’est un honneur, alors fauche.

Fauche, fauche on retournera à Verdun, rappelle toi qu’à force de travailler la terre, les obus ressortent; tu les porteras doucement au bout du champ et appelleras les démineurs, pour que les gosses ne jouent pas avec, il y a tellement eu d’accidents avec ces saloperies.

Fauche, fauche la plupart s’en foute comme de l’an 40 que tu vives ou que tu meurs; pas nous.

Fauche, fauche on retournera à Verdun, pour l’hallali ou la lutte finale c’est toi qui choisi.

Fauche, fauche, Il est à toi ce champ ? Alors fauche le toi-même, la journée sera longue et belle, il en reste moins de 20 000 hectares.

Fauche, fauche, à partir de certains actes, cette terre appartient à tous. Fauche, on en fera de l’ensilage ou de l’engrais vert, rien ne se perd.

Fauche, fauche, ne rembourse pas les créanciers qui t’ont abusé.

Fauche, et reste fier comme Artaban.

Fauche, fauche, et souviens toi que les gros travaux se font à plusieurs.

Fauche, fauche, on t’aidera, on s’est engagé.

Fauche, si la faux ou la main n’est pas assez forte, vas chercher ton engin.

Fauche, fauche, même si la floraison est passée, il faut le réduire quand même, c’est dingue que ce mot floraison rime avec contamination, on en est là.

Fauche, fauche, avec les maquignons, les paysans se sont fait blouzer pendant des siècles, mais avec les semenciers, c’est plutôt à sec avec une poignée de sable.

Fauche, fauche, le langage est rustre mais il est clair comme de l’eau de roche.

On retournera à Verdun.

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Il n’y a pas prescription
Politiciens et Avocats: même combats

Le petit hongrois s’est bien intégré; une grande gueule comme celle-ci ne peut être que française…
Monsieur S—-Y levez la tête, vous avez les dents qui rayent le parquet
On dirait le roi M——-D mais en moins instruit
La R…E n’est pas là où on veut nous la montrer

Un avocat ne défend par la justice il défend son client (et/ou son intérêt personnel) quelque soit la justice quelque soit son client en dépit de la justice
En fonction de son aptitude à manipuler les mots
En fonction de son aptitude à manipuler les gens, à séduire
En fonction de son aptitude à manipuler les lois
Ces lois qui sont devenues un immense sac de nœuds,
Un nœud de vipères tellement inextricable qu’il faut être vicieux et pervers pour aimer s’en dépêtrer.

Les politiciens et haut fonctionnaires sont de même format,
c’est pour cela qu’ils se recrutent souvent chez les avocats
l’art et la manière de passer de la pommade dans le dos
l’hypocrisie; clef d’or de la diplomatie
Comme aux tribunaux, sur la scène politique
On multiplie les envolées lyriques
Mais les faits sont là; il n’y a pas prescription pour le génocide du Rwanda
La plupart des politiciens sont des ratés de quelque chose, à côté de la plaque,
Cette plaque est rivée sur un monument aux Justes
Quelque part, mieux que les envolées de Saint Just
Je rappelle la définition du mot éluder les problèmes : les éviter avec adresse
Ils sont tous issus du même moule, il y a une paille dans ce moule,
ou plutôt une poutre!
que dis-je c’est une poutre !, c’est un Séquoia semper virens !
il faut donc changer de moule,

Il n’y a pas prescription pour le Rainbow Warrior
Il n’y a pas prescription pour Papon, Bousquet, Touvier, Barbie et les autres
Il n’y a pas prescription pour les OGM dans les champs et dans nos assiettes
Il n’y a pas prescription pour l’amiante
Il n’y a pas prescription pour le Crédit Lyonnais, Total Elf, Vivendi et touti quanti
Il n’y a pas prescription pour Françafrique
qu’importe les drames du moment que l’on fasse du fric
il n’y a pas prescription car le mensonge a ses professions
Il n’y a pas prescription pour le sang contaminé
Il n’y a pas prescription pour l’amnistie des députés
Il n’y a pas prescription pour les attentats de Paris
Il n’y a pas prescription pour le financement des partis
Il n’y a pas prescription pour les veaux et poulets aux hormones
Il n’y a pas prescription pour la vache folle et Creutzfeldt Jacob
Il n’y a pas prescription pour les marées noires
La liste est tellement longue et on peut remonter tellement loin dans l’histoire.
A vous de voir
Mais toujours choisissez l’espoir

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VERDUN

J’ai fait Verdun moi monsieur
Verdun sur Garonne j’entends
Et elle est bonne la Garonne
on s’est baigné tout nu dedans
On a tous une rivière au cœur
Je me souviens la mienne s’appelait l’Aube
Et la belle de nuit s’appelait Valou
Sa peau était si blanche qu’on y voyait comme en plein jour
Elle m’a toujours reproché de lui avoir arraché son collier dans la rivière
Moi j’aurais bien voulu lui dégrafer autre chose mais je suis un cochon timide

J’ai fait Verdun moi monsieur
On a été cet été là accueilli par une grande jolie jeune femme nommée Virginie
Qui nous offrait des morceaux de melon tellement mûr qu’ils lui dégoulinaient le long de ses doigts de pianiste, car ce n’était pas des doigts d’agricultrice. Artiste, elle nous a ensuite concoctée une petite chanson qu’on a chanté ensuite comme des casseroles
Le cœur y était, mais c’était beaucoup mieux lorsqu’elle chantait seule les paroles

J’ai fait Verdun moi monsieur
Et on entendais tourné l’hélico au dessus de nos têtes
Un hélico, c’est 180 litres à l’heure au frais du contribuable
Vous êtes sûr qu’il n’en rajoute pas un peu le SarKo ?
Le terroriste est dans le pré coure z’ y vite il va se lyncher

J’ai fait Verdun moi monsieur
Pendant une allocution un retraité cycliste en grande tenue et de passage
Un non Poilu donc, vint avec son vélo sur l’estrade
serrer chaleureusement la paluche de José
Cela fit rire l’assemblée et ça venait du coeur
On ne peut pas voir cela ailleurs

J’ai fait Verdun moi monsieur
Et J’ai compris le Chemin des Dames
Sur le chemin, des champs de maïs déjà complètement grillé par le soleil
Qui continuaient d’être arrosés en plein après midi en plein été
Notez puisque c’est subventionné pourquoi s’en priver?
ben voyons

J’ai fait Verdun moi monsieur
Parce ce que j’ai lu Pochon, Bové, Kastler et quelques autres
J’ai confiance en eux parce que j’ai les même mains qu’eux
Des paysans qui vivent à bout de bras,
Sans aides publique, ils tombent comme des mouches,
C’est bien la preuve que leur mondialisation en tient une couche
Ils passent leur vie à lutter contre la nature tout en sachant qu’ils ne doivent pas la détruire
Car c’est leur gagne pain, si elle meure ce sont eux qui meurent
Et si les paysans meurent c’est le monde qui crève
Souveraineté alimentaire c’est élémentaire

J’ai fait Verdun moi monsieur
Dans un champ, le long de la route, il y avait des outils agricoles alignés en rang d’oignons
Herse, brabants, semoir et crosquillette
Ils semblaient à l’abandon, je n’ai pas vu d’écriteaux à vendre
Mais ils ne semblaient pas là par hasard
Il manquait plus qu’a mettre la femme et les enfants sur le trottoir
J’ai cherché à l’horizon si je voyait un gros chêne
Un bon gros chêne avec une branche horizontale
Heureusement pour lui je n’en ai pas vu
Il faut aller le récupérer, lui dire qu’il reste un espoir
Que la solidarité paysanne n’est pas un vain mot
Pauvre Martin pauvre misère
Surendettés et gavés par les technocrates
On les tient comme des rats
Arrachez les haies et maintenant replantez-les
Mais il est où le bon sens paysan?

J’ai fait Verdun moi monsieur
Le lendemain, le cortège était encadré par des gendarmes et des volontaires
A un carrefour, une femme agitait son drapeau en indiquant la voie
Elle avait le même regard
Elle avait le même sourire de jouissance que les compères
Sur la couverture du bouquin de Bové-Luneau
Cette femme c’était une peinture de Delacroix

J’ai fait Verdun moi monsieur
se dirigeant vers un champ,
le groupe s’est arrêté devant plusieurs gendarmes
Au fond derrière le champ on distinguait 2 ou 3 cars de CRS
C’est alors que un par un des jeunes loups fougueux sortait du cortège
Débordant par les fossés ils entraînaient peu à peu le groupe derrière eux
Les gendarmes commençaient à parler fort au talkie
Encore un pas ou deux ou trois en en viendra à bout mon gars
Je distinguais une jeune et jolie journaliste ambitieuse ? qui cherchait à interroger les gens
Je pense que cela lui aurait fait plaisir si un jeune loup avait piqué un 100m
pour aller cueillir un épis de chimère,
je lui aurait dit alors vous aussi rêvez vous d’un j’accuse le soir entre vos draps bleu froissés?
Puis un cordon de non violent avec José nous fis rebrousser chemin bon enfant
Car le délit s’était fait de nuit lorsque tout le monde était endormi
Je sait c’est pas reluisant mais comment faire autrement avec tant d’armement
On a signé notre forfait , on était quatre cent,
nous partîmes trois cents…

J’ai fait Verdun moi monsieur
Le surlendemain dans les journaux on nous a appelé les citoyens ordinaires
Des citoyens ordinaires qui sont venu des quatre coins de France pour supporter la cause
ce sont plutôt des citoyens extraordinaires car ils ont pris conscience
Depuis j’ai refait un voyage à Grenoble puis à Vienne en fonction du temps disponible
Dernièrement j’ai signé une lettre à un avocat Mr Roux me portant garant
pour des compères, ailleurs, autres date autres lieux je répondrais d’eux
Si je suis convoqué j’irais glaner les autres si ils n’ont pas les moyens de se déplacer
J’espère ne pas avoir à l’appeler Maître cela me gênerait beaucoup voyez vous

J’ai fait Verdun moi monsieur
j’ai signé aux faucheurs, j’ai signé pour des réseaux de résistance:
semence paysanne, sortir du nucléaire, amis de la conf
Mais j’aurais voulu signé pour tant d’ autres asso
attac, Greenpeace, amis de la terre, via campesina et cetera
si ce n’était la crainte justifiée de trop se disperser signé toujours
enfin j’ai signé sur l’honneur,
car je ne veux pas qu’ils meurent

J’ai fait Verdun moi monsieur
Et après?
Après ? un autre monde
Maintenant

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Le 62ème faucheur

Suite à un article paru dans Les Echos (journal économiquolibéral appartenant à LVMH) le 3 octobre sur

http://www.lesechos.fr/innovation/sciences/0201647567400-comment-le-debat-sur-les-ogm-freine-la-recherche-en-europe-227489.php

On se fait un peu de mal en essayant de démonter les arguments de « potentiels adversaires » mais c’est tout à fait intéressant de reprendre l’article des Echos et comprendre que chacun de son côté, avec des arguments qui peuvent sembler justes et fondés au premier abord, on se prépare à se rentrer dedans tout naturellement, ce quelque chose de fratricide serait tout à fait normal et « donnerait du travail aux ouvriers » comme dirait l’autre, du travail aux ouvriers de l’armement de chez Lagardère et Dassault bien entendu, et comme de bien entendu favoriserait ses actionnaires pas tous membres de l’assemblée nationale et ainsi le dogme de la croissance reprendrait ces droits à droite comme à gauche.

L’article en question reprend des arguments de lobbies : AFBV, GNIS et paysans liés à l’industrie et au productivisme du « FNSEA International » et peuvent être démonté pièce par pièce comme l’ont été les arguments des défenseurs de l’INRA lors du procès de Colmar. Beaucoup ont regretté que ce procès n’ai pas été retransmis en direct sur les ondes radios, car cela aurait été l’occasion que le pays entier prenne définitivement fait et cause pour la critique des bio-technologie et du système productiviste qui va avec.

Seulement même les journaux locaux n’ont pas relayé la profondeur, la richesse et la diversité de ce procès. (DNA et L’Alsace appartiennent à qui?). Mais un recueil des témoignages est en cours avec une touche des artistes et cela finira par ressortir en pleine face de Mrs Fellous et Menara et leurs amis.
A ce procès on a bien vu que ce tribunal était fermé, ça été comme un exutoire, tout le monde s’est vidé les tripes, des prévenus aux témoins lumineux jusqu’aux avocats engagés (il y en a encore heureusement toujours un peu, il se peut même que ces deux là aient des maillots de faucheurs sous leur « soutane », ce sont en quelque sorte des « avocats défroqués »). Ils ont donné le coup de grâce. En nous, nous avons réussi mais dehors reste à faire. Avec ces témoignages écrit et le  trait des artistes on arrivera sans doute à faire éclater la réalité aux yeux du public: un monde ouvert, vivant, divers, brillant qui attire les intelligences désintéressées (témoins lumineux, avocats engagés, bénévoles etc) a pulvérisé un monde fermé, stérile, mort (pour exemple le fossile de l’académie des sciences cité comme témoin adverse, Philippe KOURILSKY (on aurait bien interrogé monsieur au sujet de l’amiante, du sang contaminé et de l’étouffement de Tchernobyl, on a apprit par la suite qu’il est fondateur de la société Transgène, membre du conseil scientifique de Rhône-Poulenc et membre du conseil d’administration de Véolia). Souvent l’avocat adverse a du répéter que ce n’était pas le procès de l’INRA, mais cela ne trompait personne. JP Berlan a fini son témoignage justement en affirmant que «  l’INRA a trahie », c’est bien sûr plus grave que cela car c’est bien la France qui a trahie. Les chercheurs de l’INRA ont pris une gifle dont l’un d’ailleurs au dire de leur avocat a failli ne pas s’en relever et on s’en excuse ; ils ont pris pour les autres et c’est vrai que c’est un gâchis. Ce gâchis nous le devons exclusivement aux membres du gouvernement, cette gifle leur était d’ailleurs adressée mais ils sont sans arrêt protégés par un cordon de CRS, trop lâches qu’ils sont pour affronter un réel débat public qui les ridiculiserait de toute façon car leur prévarication n’est plus à démontrer. Mais l’ouverture reste l’idée force de ces trois jours ; une grande vigneronne bourguignonne Mme Leflaive a demandé officiellement que la porte s’ouvre entre la recherche et la biodynamie.

Pour parler et se faire comprendre par toutes les catégories de personnes comme ces juges qui sont plutôt raides comme la justice, il fallait bien de mentionner des exemples. Le message était pourtant clair: Plus les gens croient avancer dans la recherche, plus ils prouvent qu’ils ne savent rien; le champs des connaissances humaines est infinitésimal par rapport à « ce qu’il resterai à découvrir » et à quel prix en plus?. La plupart des scientifiques s’inventent des certitudes, des œillères pour avancer et des carottes (orgueil, vanité souvent , cupidité plus rarement)

Deux exemples à citer lors du prochain procès INRA (sûrement celui où on va nous reprocher d’avoir faucher les peupliers OGM, veuillez préparer vos tronçonneuses…

M’étant plusieurs fois placé devant le CERN avec un symbole antinucléaire, un chercheur me dit en rentrant en voiture et martelant:  » il n’y a pas de nucléaire ici, il n’y a pas de nucléaire ici ». Il commençait vraiment à se fâcher. Ce monsieur , pourtant « réputé intelligent » était en train de me dire que le CERN ; le Centre Européen sur la Recherche Nucléaire n’était pas nucléaire! (il parait qu’il ont changé l’appellation et qu’ils ont mouché Einstein dernièrement, faut voir…), il pensait centrale nucléaire bien sûr et tous les cotés négatifs qu’on lui impute et de se réfugier derrière la recherche fondamentale, alors que c’est ici le point de départ, l’endroit au monde où il y a le plus de scientifiques qui savent de quoi il en retourne lorsqu’on parle de radioprotection et du risque nucléaire. (d’ailleurs au Cern aussi ils y en a qui meurent ou vont pas bien…et les électro sensibles doivent déménager…)
Ils ne veulent voir que le côté « positif » , ils se créer ou on leur inculque des schémas mentaux, des œillères, de sorte qu’ils ne voient ou ne veulent pas voir que par exemple c’est peut-être légitime de vouloir connaître l’infiniment petit, le secret de la matière, du génome etc mais ils sont près à brûler toute l’énergie de la terre pour cela. (Le Cern par exemple consomme autant d’électricité que la ville de Genève et on ne parle même pas de la quantité de matières (pillé au sud) gaspillée etc et autres dangers.
Aveuglés par leur passion de leurs expériences, leurs « découvertes » ils ne veulent pas voir que dans l’ombre attendent des militaires, des industriels, des politiciens etc toutes ces personnes que Einstein désignait comme moralement aveugles, bref des philanthropes qui vont faire des œuvres de bienfaisance avec ces découvertes…des joujou comme des bombes à uranium appauvri par exemple distribués « gratuitement » aux gosses de Gaza, Faloujja, Basora, Libye etc.

Une autres fois devant la gare de Strasbourg (lors d’un transport de déchet radioactif qui est passé en pleine gare…), une femme policier renchérissait en parlant de Marie Curie (à chaque fois on y a droit). Pareil, je lui répondit que la Marie était tellement dans son monde, sa bulle, « son chère radium », aveuglée par sa passion, qu’elle n’a pas prise les mesures élémentaires de protection et elle en est morte avant l’âge comme son mari qui était déjà très affaibli avant de se faire renverser par un véhicule, et leur fille Irène aussi. Frédéric Joliot Curie aussi s’est fait « piéger », favorable au nucléaire civil au début (pas bon non plus de toute façon) et sa pile Zoé, quand il a vu que cela tournait (au vinaigre) pour la bombe nucléaire a montré son opposition et il s’est fait « démissionner » du CEA mais il était trop tard le mal était fait.
Pareil pour Einstein indirectement ou non il a participé à la fabrication de la bombe des USA, mais s’est rétracté ou a montré son opposition dès qu’il a su que les nazis ne menaçaient plus de la fabriquer, et il s’est fait taper sur les doigts, il était trop tard surtout le 6 Août 1945.
Pareil pour Sakharov, un des pères de la bombe H russe , retourné et réprimé aussi a passé le reste de ses jours à dénoncer cette barbarie, a fondé par exemple Belrad avec Nesterenko.
Ce dernier physicien biélorusse, de l’académie des sciences, était pronucléaire et avait même fabriqué une mini centrale portable PAMIR . Mais après Tchernobyl, il s’est aperçu de sa méprise et s’est retourné a été réprimé (a échappé à deux attentats). Il a fondé l’institut Belrad qui soigne les enfants de Tchernobyl où son fils continue l’œuvre du père décédé en 2008 suite de sa contamination radioactive. http://belrad-institute.org/

Tout cela pour dire que les gens de l’INRA et autres scientifiques ont peut-être des nobles intentions, mais il ne faut pas isoler le gêne de l’humilité ou de l’esprit critique. (qui ne court pas les pages de leur revue interne « cahier de l’environnement ». Toutes les entreprises ont ce genre de torche fesse où il est écrit que tout va bien dans le meilleur des mondes de cette entreprise, c’est du conditionnement, cela ne peut engendrer que des veaux). Ils doivent se poser la question à chaque fois : « qu’est ce que cela va détruire si je « fabrique » cela ? , est-ce que cela va faire évoluer ou « involuer » l’humanité ? » (voir Bernard Ronot dans « les blés d’or »).
Et à partir du moment qu’ils travaillent sur une vigne OGM soi-disant résistante au cour noué, ils travaillent indirectement pour Monsanto puisque Monsanto a déjà déposé un brevet, cela ne dépend plus d’eux, cela dépasse déjà « leurs champs d’action », leur « bulle ». Ces firmes et ces financiers sont complètement imbriqués dans les États, ils les contrôlent.

IG Farben n’a jamais été jugé ni ceux qui ont financé la mise en place de cette boucherie. Le modèle d’Hitler était Henry Ford qui lui même s’était inspiré du modèle de l’industrialisation des boucheries de Chicago. A Nuremberg n’a pas été jugé le fond du problème qui a engendré une telle barbarie. Le résultat se voit et se fait de plus en plus criant de nos jours ; faut-il être lâche, aveugle et idiot à ce point pour laisser quelques personnes accumuler autant d’argent et de pouvoir destructeur ?

Faut-il en être réduit à attendre que le môme attendu à l’Élysée soit mort née ou mal formé, en mauvaise santé suite au passage d’un nuage radioactif ou autre pollution industrielle lors de sa conception ? Pour que les hommes prennent enfin conscience ?

Les plus perspicaces qui ont suivi cette « affaire » depuis le début auront sans doute remarqué que la presse, au départ signalait 62 faucheurs et non 60 au final. Cela peut s’expliquer de la façon suivante :
Le 61ème faucheur est un biologiste colmarien nommé Pierre Azelvandre, il est le précurseur et avait « fauché » les vignes de l’INRA de Colmar plusieurs mois avant les autres en solo. Seulement ayant opéré seul, il n’a pas pu faire le travail correctement ; il n’a pu que couper les ceps qui ont été regreffés par la suite, son travail a été terminé seulement le 15 Août 2010 par un collectif venu de toute la France car c’est un problème d’ordre national. (et international d’ailleurs).
Azelvandre « purge actuellement sa peine » au sein du comité de soutien Colmar en tant que membre très actif, comité pour lequel on attend toujours votre soutien…http://www.soutiencolmar.onlc.fr/

Enfin le 62ème faucheur n’a pu se présenter comme prévenu au tribunal de Colmar le 28 Septembre 2011 pour cause de décès. Mais avant de mourir, il a pu laisser quelques notes pour se justifier ; seulement quelques larges extraits ont été reproduit ici, rien que par respect pour lui-même et sa famille, cela vaut la peine de s’y attarder:

« La bourgeoisie s’est avilie, par une folie de production et de puissance matérielle ; l’organisation même de cette folie de production ne pouvait créer des élites. La critique de cette organisation et le développement de la conscience révoltée pouvaient au contraire forger une élite de remplacement »…
« Le socialisme autoritaire a confisqué au contraire cette liberté vivante au profit d’une liberté idéale, encore à venir. Ce faisant, qu’il l’ait voulu ou non, il a renforcé l’entreprise d’asservissement commencée par le capitalisme d’usine. Par l’action conjuguée de ces deux facteurs, et pendant cent cinquante ans, sauf dans le Paris de la Commune (je note : qui n’a pas trahie l’Alsace et la Lorraine comme le gouvernement français de l’époque), dernier refuge de la révolution révoltée, le prolétariat n’a pas eu d’autre mission historique que d’être trahi. Les prolétaires se sont battus et sont morts pour donner le pouvoir à des militaires ou des intellectuels qui les asservissaient à leur tour. »…
« La contradiction de la révolution…se confond avec le drame de l’intelligence contemporaine qui, prétendant à l’universel, accumule les mutilations de l’homme. La totalité n’est pas l’unité. L’état de siège, même étendu aux limites du monde n’est pas la réconciliation. La revendication de la cité universelle ne se maintient dans cette révolution qu’en rejetant les deux tiers du monde et l’héritage prodigieux des siècles, en niant, au profit de l’histoire, la nature et la beauté, en retranchant de l’homme sa force de passion, de doute, de bonheur, d’invention singulière, sa grandeur en un mot. Les principes que se donnent les hommes finissent par prendre le pas sur leurs intentions les plus nobles. A force de contestations, de luttes incessantes, de polémiques, de persécutions subies et rendues, la cité universelle des hommes libres et fraternels dérive peu à peu et laisse la place au seul univers où l’histoire et l’efficacité puissent en effet être érigées en juges suprêmes : l’univers du procès. »…
« La révolte aux prises avec l’histoire ajoute qu’au lieu de tuer et mourir pour produire l’être que nous ne sommes pas, nous avons à vivre et faire vivre pour créer ce que nous sommes. »
« La révolte n’est pas en elle-même un élément de civilisation. Mais elle est préalable à toute civilisation. Elle seule dans l’impasse où nous vivons, permet d’espérer l’avenir dont rêvait Nietzsche : « Au lieu du juge et du répresseur, le créateur » formule qui éclaire seulement le drame de notre époque où le travail, soumis entièrement à la production, a cessé d’être créateur. »…
« Le mythe de la production indéfinie porte en lui la guerre comme la nuée l’orage »…
« « L’intelligence, dit Lazare Bickel, est notre faculté de ne pas pousser jusqu’au bout ce que nous pensons afin que nous puissions croire à la réalité. » La pensée approximative est seule génératrice de réel. La science d’aujourd’hui trahit ses origines et nie ses propres acquisitions en se laissant mettre au service du terrorisme d’État et de l’esprit de puissance. Sa punition et sa dégradation sont de ne produire alors, dans un monde abstrait, que des moyens de destruction ou d’asservissement. Mais quand la limite sera atteinte, la science servira peut-être la révolte individuelle. Cette terrible nécessité marquera le tournant décisif. »

« Le syndicalisme révolutionnaire partait de la base concrète, la profession, qui est à l’ordre économique ce que la commune est à l’ordre politique, la cellule vivante sur laquelle l’organisme s’édifie, tandis que la révolution césarienne part de la doctrine et y fait entrer de force le réel. Le syndicalisme, comme la commune est la négation, au profit du réel. »

« Mais l’absolutisme historique, malgré ses triomphes, n’a jamais cessé de se heurter à une exigence invincible de la nature humaine… »… « Les pensées révoltées, celles de la Commune ou du syndicalisme révolutionnaire, n’ont cessé de crier cette exigence à la face du nihilisme bourgeois comme à celle du socialisme césarien. La pensée autoritaire à la faveur de trois guerres et grâce à la destruction physique d’une élite de révoltés, a submergé cette tradition libertaire. Mais cette pauvre victoire est provisoire, le combat dure toujours. »…
« La mesure, née de la révolte, ne peut se vivre que par la révolte. Elle est un conflit constant, perpétuellement suscité et maîtrisé par l’intelligence. Elle ne triomphe ni de l’impossible ni de l’abîme. Elle s’équilibre à eux. Quoi que nous fassions, la démesure gardera toujours sa place dans le cœur de l’homme, à l’endroit de la solitude. Nous portons tous en nous nos bagnes, nos crimes et nos ravages. Mais nôtre tâche n’est pas de les déchaîner à travers le monde ; elle est de les combattre en nous-même et dans les autres. La révolte, la séculaire volonté de ne pas subir dont parlait Barrès, aujourd’hui encore, est au principe de ce combat. Mère des formes, source de vrai vie, elle nous tient toujours debout dans le mouvement informe et furieuse de l’histoire. » …
L’histoire ne peut plus être dressée alors en objet de culte. Elle n’est qu’une occasion, qu’il s’agit de rendre féconde par une révolte vigilante. « L’obsession de la moisson et l’indifférence à l’histoire, écrit admirablement René Char, sont les deux extrémités de mon arc ». Si le temps de l’histoire n’est pas fait du temps de la moisson, l’histoire n’est en effet qu’une ombre fugace et cruelle où l’homme n’a plus sa part. Qui se donne à cette histoire ne se donne à rien et à son tour n’est rien. Mais qui se donne au temps de sa vie, à la maison qu’il défend, à la dignité des vivants, celui-là se donne à la terre et en reçoit la moisson qui ensemence et nourrit à nouveau. Pour finir, ceux-là font avancer l’histoire qui savent, au moment voulu, se révolter contre elle aussi. Cela suppose une interminable tension et la sérénité crispée dont parle le même poète. Mais la vraie vie est présente au cœur de ce déchirement. »… « La vrai générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent »…

Albert Camus « L’homme révolté »

Mesure et démesure, il sera temps peut-être le 14 octobre, jour du délibéré de mesurer la distance entre Colmar et… Moscou.

En attendant merci
Merci qui ?
Merci Albert, merci Camus, merci Gandhi, merci merci.
Comme Il n’y a pas eu de brevet de déposé pour cette merveilleuse invention qu’est « la désobéissance civile et civique » qui depuis le temps de toute façon était tombée dans le domaine publique et c’est bien sa vocation, il se pourrait qu’elle nous évite cette guerre de tous contre tous que nous redoutons toujours.

merci à tous,
pour ce bref moment d’humanisme dans un « monde d’immondisme ».C’était beau ; c’est bien la beauté que nous voulons voir et que nous voulons vivre.

A ce procès de Colmar, tous étaient tellement motivé qu’il y en a même un, pas plus « chaud » que les autres qui a terminé ses motivations adressées aux trois femmes juges, femmes donc sensées être infiniment plus respectueuses de la vie, par cette phrase :
« Vous avez vu déjà là, un bel échantillon, c’est bien la France qui vous demande justice…Je vous demande de désobéir »

Mesure et démesure, des mesures indiquent un peu partout qu’il est temps que les professionnels de la recherche, de la justice et autres corps obéissants « sortent du rang des meurtriers » et reviennent rejoindre la contestation populaire au Bugey ce 15 octobre par exemple ou ailleurs. http://stop-bugey.org/

Ce n’est pas le conditionnement actuel qu’il y a dans les médias au sujet de cette farce d’élection 2012 qui changera grand chose. On prépare les gens à ce que rien ne change et ils mordent à l’hameçon prétextant « l’empire du moindre mal ». Il n’y a pas d’opposition politique réelle dans ce pays, car jusqu’à maintenant la seule qu’il y ai eu un jour s’est fait massacrer.

« Je vous demande de désobéir »

le 12 octobre 2011

« le matérialisme moderne est né de la peur. » Et « les êtres qui ont peur sont d’involontaires tyrans, des fanatiques de l’ordre, obnubilés par l’idée de devoir éduquer, discipliner les hommes et les choses qui les entourent, de devoir à chaque instant en garder le contrôle et la vue d’ensemble. » Rudolf Steiner, cité par http://www.noslibertes.org/dotclear/index.php?post/2009/05/17/274

« Quand aux applications techniques, si la science grecque n’en a pas beaucoup produit, ce n’est pas qu’elle n’en fût pas susceptible, c’est que les savants grecs ne le voulaient pas. Ces gens visiblement très arriérés relativement à nous, comme il convient à des hommes d’il y a vingt-cinq siècles, redoutaient l’effet d’inventions techniques susceptibles d’être mises en usage par les tyrans et les conquérants. Ainsi au lieu de livrer au public le plus grand nombre possible de découvertes techniques et de les vendre au plus offrant, ils conservaient rigoureusement secrètes celles qu’il leur arrivait de faire pour s’amuser; et vraisemblablement ils restaient pauvres. »
Simone Weil «L’enracinement » et voir d’autres extraits du même ouvrage.

« L’expérimentation a pour méthode essentiellement d’observer un niveau d’organisation en supprimant la commande extérieure a lui. Elle ramène le servomécanisme au rang de régulateur. Elle ferme le système à un certain niveau d’organisation. L’enzymologiste et le biochimiste isolent les éléments d’une réaction enzymatique in vitro ; le biologiste isole des structures infracellulaires pour en étudier l’activité séparée de l’ensemble cellulaire auquel elles appartiennent ; ou bien il étudie l’activité biochimique d’un tissu isolé. Le physiologiste isole un segment d’organe ou un organe pour en étudier le comportement ou focalise son attention sur un système, cardio-vasculaire ou nerveux par exemple, dont il étudie un critère d’activité privilégié. Il faut regretter que le clinicien lui-même n’agisse généralement pas autrement en soignant un « cœur », un « estomac », un « foie », etc. ce qui consiste à l’isoler du contexte familial et socio-culturel où vit l’organisme auquel il appartient. »…

« Cette attitude, rentable expérimentalement, est évidemment une des causes de l’inefficacité fréquente des thérapeutiques s’adressant à la seule lésion organique. »…

« Cette approche expérimentale est nécessaire car l’information qui parvient à un niveau d’organisation est multifactorielle et les variables sont trop nombreuses pour les appréhender toutes à la fois. Il est donc indispensable de placer le niveau d’organisation, objet de l’étude, dans un milieu stable dont il est facile de contrôler les principales caractéristiques et de ne faire varier à volonté qu’un seul facteur pour observer les conséquences de ses variations sur le niveau d’organisation soumis à l’expérience. Mais il serait évidemment dangereux de conclure, à partir des faits observés dans ces conditions, à ce qui se passe quant le niveau d’organisation est en place, en situation organique. Cependant, c’est la seule façon d’acquérir une connaissance progressive des mécanismes complexes qui animent la matière vivante. Elle exige, on le comprend, un va-et-vient constant de la part de l’expérimentateur d’un niveau d’organisation à l’autre. Elle exige, en d’autres termes, une « ouverture » d’esprit capable de s’adapter à  » l’ouverture  » des systèmes complexes que constituent les structures vivantes. »
Henri Laborit « La nouvelle grille » et voir d’autres extraits du même ouvrage.

PS : voir la brochure « La recherche en procès » sur

http://www.monde-solidaire.org/spip/spip.php?article5767

pour le soutien national et international c’est ici merci http://sans-gene.org/

C’était Verdun le 14 Juillet 2005 Ils ont fait exprès de choisir la date vous croyez ?

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