frondes et mots Sabotage

Février 2017

http://vmc.camp/2017/02/20/les-grilles-de-landra-renversees-par-20-ans-de-colere-contenue/

Les grilles de l’Andra renversées par 20 ans de colère contenue

20 février 2017

 » Si on avait fait ça il y a 25 ans ça ne se serait pas passé comme ça « 

dixit un ancien agriculteur de Mandres, passant en voiture
pour saluer le cortège arrivant devant les grilles de l’Andra

Le 18 février devait être une journée de mobilisation contre l’expulsion prochaine du Bois Lejuc, elle aura au final été un nouveau grand moment de déconfiture infligé à l’Andra.

Vers 15h, chacun.e muni.e de morceaux de mur de l’Andra détruit en août dernier, un cortège de près de 700 personnes a repris la route en sens inverse pour rejoindre le laboratoire en repassant par Bure. Sur place, un important dispositif policier retranché derrière un mur de barbelés et des grilles anti-émeutes gardait tout le pourtour de la place forte. Une image aussi saisissante que celle d’un mur d’un kilomètre enserrant un bois : celle de l’industrie nucléaire acculée, retranchée derrière ses hautes murailles gardées par la soldatesque.

La foule, unie, au pas rythmé par le son roulant de la batucada, le martèlement métallique des pierres sur les glissières de sécurité, et des hurlements de hiboux et de loups a poursuivi son chemin avec détermination,dans une ambiance électrique. Elle s’est déployée en arc-de-cercle depuis la route, tout au long du bâtiment de l’écothèque, et une bonne partie du cortège, avançant et reculant tour à tour vers les grilles, est finalement parvenue à renverser une grande partie de celles qui avaient réchappé à la virée nocturne de l’avant-veille, sous une pluie de grenades lacrymogènes. Hors de portée des tirs, le reste des manifestant.e.s de tous âges et horizons les encourageaient, enthousiastes, en cris et en musique, tout en peinturlurant la route et enflammant le grand phénix bariolé construit à cet effet, symbole d’une lutte populaire qui renaît de plus belle depuis quelques années. Une ambiance loin de celle décrite par la préfecture qui voudrait réduire une colère populaire légitime, longtemps refoulée, à l’acte isolé d’une « cinquantaine d’individus cagoulés ». Mais l’éternel discours médiatico-policier de la minorité de casseurs ultraviolents n’a plus de prises face au réel : celui de la solidarité joyeuse et sans faille de l’ensemble de la manifestation pour attaquer directement le laboratoire, sur son terrain, pour la première fois depuis 25 ans . Si le monde qu’on nous promet est celui que promeut l’Andra quand elle s’impose par la résignation à une population méprisée, alors oui, nous sommes tout.e.s les casseur-heureuses de ce monde-là.

Face aux tombeur.ses de grilles, les gendarmes mobiles, répliquant par des charges aux grenades de désencerclement et assourdissantes ont blessé en quelques minutes une vingtaine de personnes, dont deux d’entre elles ont du être évacuées vers l’hôpital, tandis que plusieurs autres arboraient des plaies multiples dues aux éclats. Malgré la violence de cette réponse, qui est intervenue alors que les manifestant.es se retiraient peu à peu, tout le monde est rentré sereinement à Bure.

Le soir, ce sont des centaines de personnes qui, après s’être restaurées à la Maison de Résistance, ont rejoint un champ mis à disposition par un agriculteur, pour assister à un concert sous un chapiteau de cirque. Sur place, bar, infokiosque, tentes collectives et espace de premiers secours étaient prêts à accueillir tout ce beau monde enjoué. La folle ambiance de liesse s’est prolongée tard dans la nuit. De l’aveu de nombre de personnes, c’était une journée historique qui restera gravée dans les mémoires, un de ces moments où on effleure la réalité d’un autre monde possible, la possibilité d’une prise pour inverser le cours des choses.

Après la chute du mur de la honte l’été dernier, ce sont les grilles du laboratoire qui sont tombées ce samedi 18 février à Bure. En quelques mois le bastion qui se croyait immuable et intouchable s’est fissuré : suite à 25 ans de lutte qui ont vu des dizaines de milliers d’habitant.e.s de la Meuse et de la Haute-Marne manifester, pétitionner, organiser des campements puis céder progressivement à la résignation et la fatigue, l’espoir aujourd’hui renaît. On s’autorise à croire à nouveau à un autre avenir pour la Meuse et la Haute-Marne que celui d’intestin atomique militarisé.

Les opposant.e.s au projet CIGÉO

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Cela devient un peu Longuet cette histoire de poubelle nucléaire

http://vmc.camp/2017/02/20/ca-devient-un-peu-longuet-cette-histoire-de-poubelle-nucleaire/

20 février 2017

Décryptage de l’interview de Gérard Longuet sur France 3 Lorraine le 19 février 2017

(photo)Gérard Longuet, la main sur le coeur s’engage pour les générations futures tandis que les gendarmes sont montrés face aux manifestant.e.s, en vis à vis à l’écran

« Ces manifestants sont complètement décalés avec la réalité »

« Le stockage en couche profonde est une nécessité absolue pour la France »

Ah que c’est réconfortant quand une figure placide et grisonnante engoncée dans son costard nous rappelle à la raison. À écouter Gérard Longuet sur France 3 Lorraine ce 19 février, la manifestation qui a eu lieu à Bure, la veille , semble bien futile et inconséquente au regard de ce grand projet d’utilité publique qu’est l’enfouissement des déchets nucléaires.

Oui c’est vrai que le stockage souterrain est une nécessité absolue, mais il l’est pour une industrie nucléaire acculée à qui il ne reste pas d’autre alternative de survie, après des années passées à jeter les fûts radioactifs dans l’océan en Somalie et les entreposer en Sibérie, que de les enterrer bien profond, loin des yeux et du coeur des générations suivantes.

« Cest un projet qui mûrit lentement, depuis 1993, cela fait 24 ans que nous avançons sur ce projet en respectant à la fois les études scientifiques, les débats publics, et les procédures législatives, puisque l’année dernière nous avons voté le texte définissant la réversibilité. »

Ça mûrit lentement mais ça s’impose violemment si on en croit les très violentes manifestations qui ont accueilli l’implantation des quatre projets de labo en France dans le milieu des années 90. Trois d’entre eux avaient dû être abandonnés devant la virulence de l’opposition de la population qui par endroit avait réagi avec la même détermination que celle qu’on connaît au village révolté emblématique de Plogoff. Au final, seul celui de Meuse, malgré des mobilisations de milliers de personnes et une pétition de plusieurs dizaines de milliers, le laboratoire a réussi à voir le jour à Bure avec, à l’époque, la fausse promesse qu’il ne serait pas assorti d’un centre d’enfouissement. 20 ans après on se retrouve avec un des plus grands projets d’Europe et des centaines de km de galeries souterraines en prévision. Au passage, on notera que c’est très unilatéralement que notre ami Longuet, déjà aux premières loges à l’époque, avait posé la candidature de la Meuse pour un labo, on comprend qu’aujourd’hui il se déplace sur un plateau télé pour défendre son morceau de pain alors que Benoît Hamon et Yannick Jadot évoquent pour la première fois en 25 ans l’éventualité d’un abandon du projet à Bure.

Et pour ce qui concerne les études scientifiques, une scientifique de l’IRSN avouait encore récemment sur France Culture que la récupérabilité des colis et la possibilité de réversibilité du projet étaient encore loin d’être acquises techniquement. Pourtant les politiciens n’ont que ce mot magique à la bouche, comme une imprécation magique qui absout de toute nécessité de se justifier. Ainsi la loi de réversibilité tant attendue par l’industrie nucléaire depuis 2006 a tenté de s’introduire par douze fois dans les lois d’économie numérique et dite « Macron » avant de finalement être votée en plein mois de juillet 2016 par 20 députés dans l’hémicycle. Quant au débat public de 2013, il avait finalement du être dépaysé sur internet, tellement il avait été chahuté par les meusiens remontés contre ce simulacre de démocratie qui les faisait participer à une décision déjà actée.

« Il faut préparer l’avenir »

« C’est pour les départements de la Meuse et de la Haute-Marne un atout formidable d’être accrochés à un atout stratégique français qu’est le nucléaire, nous avons des soutiens à l’économie, nous avons des implantations d’EDF qui viennent sur place, et donc nous avons besoin de ce projet. »

Quel beau syllogisme que celui qui dit que parce qu’on arrose abondamment une région d’argent pour lui faire accepter l’implantation d’une industrie déficitaire1, qu’on crée de l’emploi avec de la dette et une facture phénoménale adressée à l’avenir (41 milliards d’euros au moins pour CIGÉO), on représente une opportunité incontournable. Plutôt que cet argent public distribué par les GIP Meuse et Haute-Marne contribuent à favoriser le développement global d’un département, on le conditionne à l’acceptation d’une mono-industrie en position de monopole absolu, dont la population sera hyper-dépendante. Les projets liés au nucléaire prolifèrent depuis peu en Meuse et Haute-Marne : une blanchisserie de vêtements du nucléaire ici, un centre de retraitement de déchets radioactifs là ou encore une usine de montage de pièces de centrales à un autre endroit. Et n’en déplaise à M. Longuet, la population locale n’y voit pas une manne économique providentielle : à Gudmont-Villiers, une grande partie du village s’oppose avec virulence à l’implantation de l’usine de retraitement. Quant à l’implantation d’EDF, elle est on ne peut plus cynique : à Velaines une immense bâtisse noire a fait son apparition et continue de s’étendre, collée à une ancienne usine en liquidation, la SODETAL, que ses ouvriers tentent de reprendre en coopérative. En Meuse, l’industrie nucléaire est un vautour qui se repaît des restes de la désindustrialisation de ces 60 dernières années. Elle ne propose rien, elle s’impose à travers un « There Is No Alternative ». Utiliser un appui d’argent public pour financer des salles des fêtes dans des villages qui se désertifient et s’acheter la dignité et l’histoire d’un territoire, ce n’est rien d’autre que de la colonisation.

« Le législateur (décidera du retrait des colis). C’est un débat national, à aucun moment il ne s’agira d’une affaire technique réservée à quelques spécialistes. Naturellement les spécialistes français et mondiaux s’exprimeront, mais la décision de la réversibilité s’il y a une opportunité, ce sera le législateur dans dix ans, dans vingt ans ou plus, puisqu’on sait que le chantier va durer plus d’un siècle. »

Et hop, comme pour les partenaraits public-privé qui endettent les collectivités publiques pour 25 ans, sauf que là la patate chaude est renvoyée à dans 100 ans, quand tous les Longuet & Cie auront finit de voir leurs os blanchir dans la fosse commune de l’incurie des nucléocrates. Il suffit de confier tout ça à des spécialistes : des spécialistes de l’irradiation sur 100 000 ans qui s’associeront à des spécialistes de la langue de bois et on aura un projet spécialement dangereux pour l’avenir, comme la mine d’Asse polluée en Allemagne et le centre du WIPP incendié et irradié aux États-Unis. Dans 100 ou mille ans, s’il faut conserver une mémoire de tout ça, c’est bien celle des noms des responsables qui, du haut de leur expertise auront hypothéqué l’air et les nappes phréatiques. Pour sûr, on gravera le nom de Longuet sur des stèles de béton pour se souvenir qu’il y a des hommes et femmes réellement criminels dont les décisions vénales sont nuisibles pour l’humanité.

« Oui mais enfin, sauf qu’il n’y a pas de nappes à moins 500 m dans l’argile, qui est parfaitement étanche. Vous savez, il y a déjà quinze ans d’étude sur l’argile, le callovo-oxfordien de Bure, et ces quinze ans d’étude ont montré qu’il y avait une étanchéité absolument parfaite »

C’est sans doute parce que ces galeries sont parfaitement sûres, que tout est mis en œuvre pour garantir la sécurité des installations dans de l’argile, qu’un éboulement de paroi a emporté et tué un ouvrier de l’entreprise Eiffage, employé au creusement des tunnels, en janvier 2016. À ce jour aucune enquête n’est parue pour expliciter l’accident, seuls les bons mots des responsables de com de l’ANDRA, véritables virtuoses de l’ellipse.

« Nous avons des adversaires qui se réveillent de façon violente.

Non, pourquoi craindre le pire ? Je crois que les gens peuvent réfléchir au fait que dès lors que notre génération a bénéficié du nucléaire, nous ne pouvons pas laisser à nos enfants et à nos petits-enfants un problème sans solution (main sur le cœur).

Les cagoulés sont très gentils, enfin ils sont violents d’ailleurs, mais ils ne règlent rien.

Je crois que c’est un débat de qualité. Les cagoulés n’apportent aucune solution et aucune réponse, j’ajoute même pas de questionnement. J’ai aimé le débat public parce que nous avons évolué, le débat avec des gens passionnés qui sont hostiles, c’est passionnant, avec ceux qui caillassent, ça n’a aucun intérêt. »

Faut-il s’inquiéter que M. Longuet soit atteint d’Alzheimer ? Parce qu’il semble avoir oublié beaucoup de choses. L’opposition « violente » ne date pas d’hier : dès le début du projet, en mars 1999 des agriculteurs avaient empilé des bottes de paille contre les premières grilles du laboratoire et y avaient mis le feu. Dans les deux-sèvres, à Neuvy-Bouin, des gendarmes s’étaient fait assaillir par la population, les machines de forage entraver et attaquer. Il n’y a jamais eu de débat public, jamais de dialogue, depuis la loi Bataille de 91, la population a systématiquement été mise devant le fait accompli des décisions de l’Andra avec le concours des gouvernements successifs. Quand une entreprise publique s’affranchit des lois pour aller défricher un bois soustrait à une commune à l’insu d’une partie de ses habitant.e.s, on peut s’attendre à ce que ces dernièr.e.s n’aient plus très envie de « dialoguer ». Le seul dialogue que comprend l’Andra, c’est celui du rapport de force, celui de nos corps qui entravent leurs machines de chantier, celui de centaines de bras qui abattent leurs murs et leur grilles sous les applaudissements muets mais sincères de la population environnante, réduite à l’omerta.

Gérard Longuet, le 20 mai 66 à Paris, tente de s’interposer dans l’arrestation d’un autre membre d’Occident

Pour ce qui concerne le passé de notre ami Longuet, rappelons brièvement ses classes à l’extrême-droite, dans les rangs d’Occident, les casseurs de gauchistes autoproclamés. En 1967 il a notamment écopé d’une condamnation pour complicité de violence et voie de fait avec armes avec douze autres militants d’extrême-droite. En revenant sur cet épisode récemment, il déclarait « nous étions jeunes et libres, il s’agissait de rites initiatiques de jeunes gens, un folklore d’aspect paramilitaire ».

Contrairement à lui, il ne s’agit pas pour nous, lorsque nous renversons des grilles et nous opposons à la police qui les protège, de rites ou de folklore ou encore d’entraînements martiaux mais bien d’une résistance, parfois désespérée, mais idéaliste, contre un aménagement violent et implacable du territoire, une destruction généralisée des environnements naturels, sous couvert de déclarations d’utilité publiques. Ces dernières ne servent en vérité qu’à nourrir les appétits financiers des grandes multinationales françaises du béton et les parachutes dorés de leurs amis énarques et gouvernants.

Les visages coupables qui se dissimulent derrière cette casse généralisée d’un système social qui serait juste et respectueux de chacun.e et de l’environnement dans lequel nous vivons, sont bien plus innombrables que nos dérisoires masques de hiboux : ceux d’entrepreneurs, de décideurs,, d’ingénieurs, de scientifiques, de communicants, de commerciaux, de toutes ces chevilles laborieuses qui caillassent nos rêves et contribuent à désenchanter l’avenir en produisant du fatalisme. Contrairement à beaucoup de ceux-là qui le font par application, dans une forme atténuée de la banalité du mal2 , M. Longuet fait partie des fachistes qui sous la férule de Pasqua ont échangé, dans les années 70-80, la barre de fer contre un portefeuille d’actions libérales et de responsabilités dans les coulisses gouvernementales. Fondamentalement, il n’y a que la dimension de la nuisance qui a changé, pas son fond : au lieu de faire le coup de point en ratonnant quelques piquets de grèves, on ratonne l’ensemble des ouvriers à coups de lois d’austérité et on brade toute une population contre un pactole atomique. On peut imaginer que ce n’est pas M. Longuet qui passera sa retraite sous le vent irradié d’une poubelle nucléaire, pour prix de ses très loyaux services envers l’industrie nucléaire au cours des 30 dernières années, on imagine qu’il bénéficiera d’un coquet butin pour finir ses jours sous un soleil (ir)radieux.

« Nous, nous sommes dans le camp de ceux qui préparent l’avenir pour nos enfants, et le callovo-oxfordien, qui est parfaitement stable depuis des millions d’année le restera pour quelques milliers d’année. »

Vivement la disparition de tous ces dinosaures politiques qui nous promettent une poubelle pour 100 000 ans comme seul horizon d’avenir, qu’on puisse les enterrer avec leurs méfaits dans les strates profondes du callovo-oxfordien !

1 AREVA en faillite a du être rachetée par EDF qui accuse une baisse importante de sa croissance pour l’année à venir.

2 La banalité du mal que pointait Hannah Arendt dans le procès d’Eichmann qui se défendait de n’avoir fait que son travail de technocrate en organisant l’exécution massive des juifs dans les camps d’extermination.

 

Octobre 2016

La Mauvaise Troupe, collectif auteur de « Contrées, histoires croisées de la zad de Notre-Dame-des-Landes et de la lutte No TAV dans le Val Susa » https://constellations.boum.org/spip.php?rubrique69

vient de publier dans le Monde une tribune intitulée « ZAD : Valls sans retour », à lire ici dans son intégralité.

« …S’il est vital pour les gouvernants d’écraser la zad,
c’est qu’elle constitue une démonstration insolente
d’une vie possible sans eux. Et d’une vie meilleure.
À l’heure où la seule prise politique qui nous est
proposée consiste à choisir, le nez bouché, le moins
pire des affairistes en mesure de battre le FN (mais
d’en appliquer le programme), le surgissement d’un
territoire hors et contre le principe même de
gouvernement leur est insupportable. « 

http://zad.nadir.org/spip.php?article4099

ZAD : Valls sans retour.

Depuis Notre-Dame-des-Landes par le collectif Mauvaise Troupe

Alors que nous écrivons ces lignes, le bruit de l’hélicoptère tente de briser notre concentration. Il tourne, désormais quotidiennement, là-haut où les avions ne volent pas, répandant sa rumeur de guerre et de reconquête. César1 guette et cherche à impressionner. Parfois il se met légèrement sur le flanc, pour nous mieux observer. Est-il surpris par la ronde des tracteurs qui depuis quelques jours déposent des balles de foin aux carrefours ? Par ces comités de soutien qui viennent repérer les lieux les plus stratégiques où ériger leurs barricades ? Par les formations qui chaque fin de semaine regroupent plus de cent personnes venues se préparer aux expulsions annoncées ? Peut-être l’est-il davantage encore de tous ces gestes qui perdurent. Sylvie et Marcel qui soignent leur troupeau, les moissons du sarrasin, un fest-noz célébrant la récolte de patates, quatre-vingt charpentiers bâtissant l’ossature d’un gigantesque hangar ou une bibliothèque tout juste inaugurée. Son regard peut-il embrasser avec les 2000 hectares toute la richesse de la vie qui les peuplent ? Celle qu’il prétend détruire dans le mois à venir…

Les préparatifs d’une nouvelle opération d’occupation et de destruction du bocage à sept mois des élections présidentielles ont quelque chose d’irréel. Après un printemps de grèves, de blocages économiques, d’agitation de rue contre la loi travail, en plein état d’urgence, quel serait l’enjeu de transformer ce coin de campagne mais aussi la ville de Nantes en véritables poudrières ? Ce n’est certes pas seulement pour construire un aéroport de plus et ainsi honorer les « accords public-privé » avec la multinationale Vinci. S’il est vital pour les gouvernants d’écraser la zad, c’est qu’elle constitue une démonstration insolente d’une vie possible sans eux. Et d’une vie meilleure. À l’heure où la seule prise politique qui nous est proposée consiste à choisir, le nez bouché, le moins pire des affairistes en mesure de battre le FN (mais d’en appliquer le programme), le surgissement d’un territoire hors et contre le principe même de gouvernement leur est insupportable.

Car ici, l’expression « zone de non droit », qu’ils voudraient effrayante, a pris une acception radicalement positive. Contrairement à ce qui a lieu dans les rues des villes « policées », à la zad, personne ne dort dehors et chacun mange à sa faim. De grands dortoirs accueillent les arrivants, un « non-marché » hebdomadaire propose les légumes, la farine, le lait, le pain et les fromages produits sur place, sans qu’un prix ne vienne en sanctionner la valeur. Dans les nombreuses infrastructures collectives, mais aussi dans les échanges ou les travaux collectifs, les relations se basent sur la confiance et la mise en commun, à l’envers des logiques ayant cours qui s’appuient sur le soupçon et l’individualisme. Ce que les cyniques de tous bords taxent d’utopie irréalisable est éprouvé dans les gestes et la matière. Même l’absence de police et de justice – les gendarmes ne fréquentant plus la zone depuis 2013 – n’a pas produit le chaos que d’aucuns auraient imaginé et souhaité. Les opposants à l’aéroport ont démontré qu’ils étaient capables de vivre ensemble sans aucune tutelle les surplombant. Une communauté de lutte a donc patiemment vu le jour, nouant des liens tissés pour résister aux attaques comme au pourrissement. Tout ceci ne va pas sans heurts, évidemment, si déshabitués que nous sommes à décider nous-mêmes de nos devenirs. Nous réapprenons, nous apprenons, et rien n’est plus joyeux et passionnant que de se plonger dans cet inconnu.

C’est pour toutes ces raisons que la zad représente une véritable expérience révolutionnaire, de celles qui redessinent radicalement les lignes de conflit d’une époque. Le mouvement anti-aéroport s’étend aujourd’hui dans des pans de la société habituellement plus sensibles au chantage à l’emploi et à la crise qu’à la défense d’un bocage. Les salariés de Vinci, mais aussi de l’actuel aéroport, ont clairement exprimé, via leurs sections CGT, qu’ils rejoignaient la lutte et ne seraient jamais des « mercenaires ». De même, les lycéens et étudiants mobilisés au cours du mouvement contre la loi travail s’apprêtent à bloquer leurs établissements dès l’arrivée des troupes. Trop d’espoirs sont condensés ici pour que nous puissions être vaincus, il en va de notre avenir, de nos possibilités d’émancipation. Nombreux sont ceux qui le pressentent, se tenant prêts à transformer la bataille de Notre-Dame-des-Landes, si elle a lieu, en véritable soulèvement populaire, capable de rabattre l’arrogance d’un État qui pense pouvoir impunément casser les travailleurs, précariser la population, mutiler les manifestants, tuer Rémi Fraisse, Adama Traoré et tant d’autres, donner un blanc-seing à sa police et continuer allègrement sa chasse aux migrants.

Face à leurs fusils semi-létaux, face à leurs blindés à chenilles, nous aurons les armes séculaires de la résistance : nos corps, des pierres, des tracteurs et des bouteilles incendiaires, mais surtout notre incroyable solidarité. Peu importe que la partie soit inégale, elle l’était tout autant en 2012, quand après des semaines dans la boue, derrière les barricades, nous leurs avons finalement fait tourner les talons. Il y a quelques semaines déjà, alors que sous le hangar de la Vacherit l’assemblée du mouvement touchait à sa fin, un octogénaire se lève, un éclat de malice dans le regard et des cartons plein les bras. Il déballe fièrement les mille lance-pierres qu’il a fabriqués avec quelques complices pour projeter des glaçons de peinture. Tous rient, mais en essaient l’élastique. Car s’il faut à nouveau prendre les sentiers de la guerre pour défendre ce bocage, nous serons nombreux à le faire, ici, partout. C’est ce que nous avons affirmé ensemble une fois de plus lors de la grande manifestation du 8 octobre. Brandissant nos bâtons, nous avons scellé ce serment : nous défendrons ce bocage comme on défend sa peau ; policiers, soldats, politiciens, vous pouvez venir raser les maisons, abattre le bétail, détruire les haies et les forêts, ne vous y trompez pas : la fin de votre mandat ne suffirait pas à éteindre ce que vous embraseriez à Notre-Dame-des-Landes.

Collectif Mauvaise Troupe

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Juillet 2016

 http://www.estrepublicain.fr/edition-de-bar-le-duc/2016/07/17/bure-on-a-repris-le-bois

bure2016.7.17

Bure : les opposants au projet de stockage ont « repris le bois ! »

Hier à Bure dans la Meuse, le bois Lejuc est repassé aux mains des opposants au projet de stockage de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra). Un coup d’éclat antinucléaire rondement mené…

17/07/2016

En route vers le bois.

Bure, 10 h, sur la place du village, briefing. Michel, le porte-parole des différents collectifs en lutte contre Cigéo détaille l’action du jour : « On va reprendre le bois et installer des cabanes, des barricades pour renouveler durablement l’occupation du site et l’intensifier », dit-il.

Autour de lui, la ruche qui a investi la Maison de la Résistance se prépare à faire mouvement vers une colline placée aux avant-postes des 220 hectares de la forêt de Mandres et de la parcelle du bois Lejuc. La veille au soir un bivouac musical s’était tenu sur ce point haut, histoire de gonfler le moral des troupes. Pour les épauler, les activistes de la région ont reçu le renfort d’un car d’une soixantaine de militants engagés contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Une montée en puissance car le 7 juillet les premiers occupants avaient été expulsés de la chênaie-hêtraie par un dispositif musclé de forces de l’ordre. Mais il en faut plus pour entamer la détermination des opposants au projet d’enfouissement de déchets hautement radioactifs à durée pluri-millénaire.

Dans ce coin de la Meuse profonde, près de 20 ans d’hostilité anti-poubelle nucléaire, ça pèse. Alors ni la décision du TGI de Bar-le-Duc qui, le vendredi précédent, a débouté un référé déposé contre l’ordonnance d’expulsion, ni le vote du lundi 11 juillet dernier qui autorise le lancement d’une phase pilote de Cigéo au bois Lejuc par une vingtaine de députés perdus dans l’hémicycle ne changera la donne, bien au contraire. « Un débat parlementaire en catimini a validé un projet qui va coûter 6 milliards d’euros ! », gronde Laura du Réseau sortir du nucléaire. Souvent évoqué par ses défenseurs, l’argumentaire de la réversibilité du stockage est battu en brèche : « C’est un mythe, un mensonge de plus, un moyen fallacieux d’acceptabilité sociale », tranche Martial, prof de physique en retraite venu de la Sarthe.

Les gaz…

Midi, la chaleur et la tension montent. Sur la colline, ils sont environ 500 à observer la ligne bleue des uniformes et les visières des casques de la gendarmerie mobile déployées en lisière du bois Lejuc, en contrebas. 13 h : entre les blés mûrs, sur le chemin pierreux d’une ancienne voie romaine qui s’incline vers le thalweg, le cortège s’élance au son de l’accordéon et des « Andra barre-toi ! ». Deux tracteurs aux fanions de la Confédération paysanne ferment la colonne. « La Conf’ne sera bientôt plus seule dans la contestation », affirme Rémy, un Meusien, « le monde paysan et notamment le syndicat des Jeunes agriculteurs de la Haute-Marne et des Vosges commence à comprendre l’entourloupe. Outre les forêts, l’Andra a acheté 1.000 hectares de terres agricoles sans déclaration d’utilité publique. Pour en faire quoi ? ». Vers 13 h 30, contact. Des projectiles fusent, les militaires ripostent à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Une escarmouche, car les activistes s’éclatent en plusieurs groupes pour dénicher une brèche dans les 7 kilomètres de lisière. Cette stratégie spontanée va payer.

Vers 15 h, une cinquantaine d’intrépides parvient à forcer le verrou en se faufilant sous les frondaisons. La forêt résonne d’appels et de détonations de grenades. Beaucoup de militants visiblement rompus aux guérillas zadistes ont revêtu la tenue idoine. Masques à gaz, casque, genouillères ou visages masqués. Durant plusieurs minutes, la situation est indécise. Puis, une onde de joie secoue les rangs des assaillants : la gendarmerie et les vigiles de l’Andra se replient. Le champ est libre. En fin d’après-midi, 350 activistes ont repris possession d’une clairière. « Nous venons d’installer la cantine collective. On construit des cabanes, on dresse les tentes pour la nuit… », rigole Sylvestre, l’un des lieutenants des collectifs. « Maintenant, il va falloir tenir… ».

Patrice COSTA

************************http://france3-regions.francetvinfo.fr/lorraine/meuse/bure/bure-55-le-feuilleton-continue-1049921.html

Tout le week-end, les opposants au projet GIGEO ont fait face aux forces de l’ordre, puis aux vigiles de l’ANDRA, pour finalement investir le Bois Lejuc. Ce dimanche soir, la situation est toujours sous tension. 

Par Didier Vincenot

Publié le 17 juillet 2016

Bure (55) : pelleteuse contre barricades

 

© Frédéric Madiaï – France 3 Lorraine Des manifestants visiblement peu enclins à valider le projet.

Les opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs de Bure s’étaient donnés comme objectif de réinverstir le Bois Lejuc.
Et ils ont tout fait pour tenter de réussir leur mission. Ce dimanche matin, des vigiles, puis des forces de l’ordre ont pris position près de la barricade sud. Dans l’après-midi, plusieurs assauts sont donnés par les Gendarmes Mobiles. En fin de journée, des gaz lacrymogène sont envoyés afin de faire fuir et d’expulser les résistants. Une pelleteuse démonte les barricades.

Samedi 16 juillet, après un face à face « pacifique », puis tendu avec les forces de l’ordre qui barraient l’accès au bois, jets de pierres, puis repli dans les champs, puis repli des gendarmes, ce sont les vigiles de l’ANDRA qui sont internus avec boucliers et casques, matraques, pour tenter de déloger les manifestants qui avaient trouvé une faille et s’étaient enfoncés dans le bois.

*********************http://france3-regions.francetvinfo.fr/lorraine/meuse/bure/bure-55-nouvelle-journee-d-action-1049613.html

Jean-Philippe Tranvouez – France 3 Lorraine Le face à face.

Samedi matin, un point presse a été organisé devant la « maison de la résistance » à Bure.
Les anti nucléaire ont explicité les raisons et le déroulement de leur action.

Avec pour but une nouvelle manifestation en direction du bois de Mandres-en-Barrois, qui était occupé depuis le 19 juin dernier, après qu’une ordonnance d’expulsion ne soit rendue le 28 juin.
Le 7 juillet, les occupants étaient expulsés par la force publique.
Le 15 juillet a été déposée une nouvelle requête des opposants, rejetée par le tribunal de Bar-le-Duc.

 

******************http://vmc.camp/fil-info/

Fil info Plus Bure sera leur chute …

 

Merci de nous signaler toute information sur d’éventuelles présences de flics ou d’engins de travaux autour de Bure-Mandres-ancienne voie ferrée et alentours, au numéro d’urgence : 07.58.65.48.89

Avant de faire tourner une info, merci de la recouper en regardant sur ce site web ou en appelant le numéro d’urgence si elle n’est pas encore publiée sur le site. Les infos d’urgence qui tournent sur les réseaux sociaux ne sont pas toujours confirmées. Restons vigilants, mais évitons de crier au loup ! Ca nous permettra de réagir rapidement. Evitons de faire tourner des rumeurs. Merci d’avance !

 

REVUE DE PRESSE

Page helloasso, pour nous aider financièrement !

L’appel à matos, pour aider matériellement !

Les possibilités de covoiturage

POINT INFOTRAFFLICS/ANTIREP (actualisé le 16/07 à 14h) : 

BESOIN D’INFORMATIONS ! URGENT ! Merci de nous indiquer les mouvements de flics autour du bois au 07 58 13 18 61

 

Depuis le 7 juillet et l’expulsion la pression policière s’est accrue dans Bure et ses environs. Toutes les vingt minutes une voiture de gendarmerie passe près de la Maison de résistance pour relever les plaques et tenter d’y comprendre la dynamique. Dans la forêt, des dizaines de gendarmes mobiles gardent les travaux en cours. Des habitant-e-s et paysan-nes de Mandres-en-Barrois se font contrôler, refouler du bois, voire quasiment suivre par des fourgons de GM… Bref tout est fait pour rendre l’atmosphère irrespirable.

Depuis plusieurs jours les convocations pour des auditions libres se multiplient contre des participant-e-s au mouvement de résistance à la poubelle nucléaire. Les paysan-e-s et habitant-e-s à proximité ont été les premiers touchés, mais les convocations continuent contre des personnes qui avaient oublié leurs papiers d’identités ou leur téléphone dans du matériel saisi à l’occasion de l’occupation, sans parler de tous les conducteur-ices qui se sont fait contrôler les identités lors des dernières semaines. Ca risque donc de continuer à tomber dans les jours à venir.

Contact du groupe d’autodéfense juridique : arr@riseup.net / 07 55 77 76 32 

Tel infos générales : 07 58 13 18 61 

 

Dimanche 17 juillet

7h : dans le bois, la nuit a été calme et les occupant.e.s n’ont été réveillé.e.s que par le chant des oiseaux !

8h50 : la milice de l’Andra est de retour. 20 vigiles se mettent en position près de la barricade sud.

9h25 : une dizaine de fourgons de gendarmes mobiles et deux voitures de polices viennent d’être vues à Joinville, roulant en direction de Bure.

9h45 : 5 fourgons et une voiture de police ont dépassé Saudron.

Des soutiens sont partis devant les gendarmeries où sont les personnes actuellement en cours d’audition. Appel à faire entendre notre soutien aux camarades à l’intérieur => gendarmeries de Bar-le-Duc (1 gardé à vue), Commercy (2 gardés à vue) ; ces trois personnes sont entendues actuellement ! À Void-Vacon, la personne a déjà été entendue.

10h30 : les gardes mobiles sont arrivés sur le site et se déploient, notamment vers la barricade sud.

15h38 : assaut éclair, puis repli des flics, au niveau de la barricade sud. Des vigiles parcourent le bois.

16h20 : nouvelle charge.

16h30 : il semble que les gardes mobiles soient en train de tester la résistance des occupant.e.s du bois. Envoi massif de gaz lacrymogènes.

17h15 : tentative d’expulsion. Une pelleteuse défonce les barricades, mais elles seront reconstruites à nouveau plus loin.

21h15 : la forêt est toujours occupée.

 

Samedi 16 juillet, le grand jour ! 

Beaucoup d’arrivées ce matin sous un soleil radieux ! Des gens arrivent de partout !

A 11h, tout le monde se dirige vers la lisière de la forêt où des copains ont passé la nuit à la belle étoile !

12h45 : Après un briefing, le cortège de 400 personnes démarre au son d’un accordéon et des chants. (Sur l’air de la mère Michèle): « C’est le lobby nucléaire qui a perdu son bois, il appelle la police et pense qu’elle lui rendra ! Mais les hurluberlus sont encore revenus, eh non l’ANDRA au bois tu n’iras plus ! »

En bas du chemin les casqués sont là. Une partie du cortège reste en arrière pendant qu’une autre avance. Les tracteurs sont toujours sur le haut du chemin. Des personnes tentent de négocier avec les flics barrant le passage. La police répond avec des tirs massifs de lacrymogène, faisant reculer de nombreuses personnes, tandis que d’ autres partent en petits groupes dans le champ attenant à la forêt.

13h31 : une cinquantaine de personnes a réussi à rentrer dans le bois. Les gardes mobiles sont là. De loin, on entend des tirs de lacrymo et on voit la fumée qui sort du bois.

14h10 : L’hélico survole la forêt.

14h10 : Les personnes qui étaient restées en arrière sont éparpillées partout dans les champs et convergent vers les camarades qui ont réussi la percée. Cette jolie marée humaine égaie les champs meusiens !

14h30 On peut à présent entrer sans problème dans le bois, à l’endroit où les premiers copains sont entrés ! Plus de flics pour l’instant à l’horizon, hormis bien sûr l’oppressant hélicoptère qui assiste du ciel au spectacle de la réoccupation. Environ 150 personnes sont présentes dans la forêt nouvellement libérée ! Les premiers arrivants se reposent et dégustent les fruits et légumes apportés par leurs camarades. Des enfants entrent avec leurs parents dans le bois et on entend déjà des airs d’accordéons. Les deux tracteurs sont arrivés à la lisière et des chaînes humaines se forment pour acheminer vivres et matériels. Des cris de joie résonnent dans le bois, mais on reste vigilants.

16h20 : Le pique-nique se poursuit dans la bonne humeur. Toutes et tous savourent leur entrée commune dans la forêt. Tant les habitant.e.s., les paysan.ne.s, les familles que les soutiens venus de loin se réjouissent de ce moment d´echange particulier. L’ambiance est cependant regretablement tendue par les effectifs de police qui commencent à s’amasser autour du bois, provoquant un regain de tension inutile.

16h35: Les occupant.e.s ont fini de manger le succulent repas préparé et amené dans la forêt par les copains. Ils sont à présent en forme pour construire des barricades et des cabanes. Une vingtaine de vigiles de l’ANDRA sillone les bois, prêts à en découdre. Plus tôt dans l’après-midi ils avaient déjà violemment agressé plusieurs militant.e.s qui faisaient un sitting devant l’entrée de la forêt. La scène a été filmée par France 3 (voir reportage).

vers 18h : affrontements près de la barricade sud, les vigiles ont attaqué. Une personne arrêtée et un blessé léger.

18h45 : les affrontements se poursuivent. Plusieurs blessés et plusieurs arrêtés.

21 h : 7 fourgons de gardes mobiles sont arrivés à la barricade sud.

21h50 : point de tension au niveau de la barricade sud apres le deploiement des GM sur la route. Finalement seulement un coup de pression sans suite.

22h00: Il y a au moins 4 garde à vue. (GAV) A Ligny-en-Barrois, à Bar-le-Duc, à Void-Vacon. Des personnes se sont déja rassemblées. APPEL A SOUTIEN ET A SE RASSEMBLER DEVANT LES GENDARMERIES.

 

Vendredi 15 juillet, manif J-1, ça bourdonne à Bure !

Depuis le matin des dizaines et des dizaines personnes, visages connus ou nouveaux

https://burezonelibre.noblogs.org/

 

 

16 juillet : la forêt à nouveau libérée ! Appel à soutien et renfort ce soir, demain et dans les jours à venir !

Succès de la manifestation de réoccupation : le Bois Lejuc, où l’Andra avait commencé ses travaux en vue de la construction de Cigéo, est à nouveau libéré ! Nous relayons le communiqué des occupant-e-s.

Les occupants appellent à rejoindre massivement le bois libéré dès ce soir, demain et dans les jours à venir.

Plus d’informations et suivi en direct sur http://vmc.camp/fil-info/

 

On a repris la forêt ! On ne nous atomisera jamais !

Samedi 16 juillet, plus de 350 personnes de tous les âges et tous les horizons sont entrées dans le Bois Lejuc, à Mandres-en-Barrois et viennent de le libérer une nouvelle fois de l’emprise de l’Andra. Des paysans sont sur place avec leurs tracteurs, des enfants se promènent dans le bois, une cantine vient de s’installer, des chaînes humaines se forment pour acheminer le matériel tandis que l’accordéon commence à jouer.

Les occupants se réjouissent du succès de cette action, qui a largement rassemblé les différentes composantes du mouvement contre Cigéo.

Ils dénoncent toutefois une attaque violente menée par la milice privée de l’Andra lors de son repli sur des militants assis à terre. Voilà les méthodes de l’Andra pour imposer Cigéo !

Les occupants appellent à rejoindre massivement le bois libéré dès ce soir, demain et dans les jours à venir.

Cette occupation-libération pour empêcher la progression des travaux de l’Andra se situe dans le prolongement de 20 ans de lutte contre Cigéo. C’est une nouvelle étape déterminante dans la résistance contre le rouleau compresseur de l’Andra qui veut imposer Cigéo par la force.

Contact :

sauvonslaforet@riseup.net 07 58 65 48 89

 

***************************************************http://vmc.camp/2016/07/25/nous-ne-sommes-pas-des-guerilleros/

25 juillet 2016

Quelques éclaircissements sur les affrontements et ledit « durcissement » du week-end de réoccupation du 16 & 17 juillet à Bure

Dans la lutte contre la poubelle nucléaire, tout le monde a sa place. Notre objectif n’est pas l’affrontement avec les forces de police, mais la construction d’un mouvement large, ouvert à toutes celles et ceux qui souhaitent bloquer ce projet et refuser la résignation. Nous l’avons dit et nous le répétons : il y a les barricades physiques, politiques, juridiques et médiatiques. C’est notre stratégie commune qui permettra d’intensifier la résistance et de stopper partout l’aberration CIGEO.

Ce qu’il s’est passé ce week-end du 16 & 17 juillet à Bure est fort. Ce n’est pas si souvent que ça, dans la tranquille campagne meusienne, que l’on voit un cortège hétéroclite de 500 personnes déterminées à reprendre un bois « sécurisé » par les forces de l’ordre. Il n’en fallait pas plus pour que la couverture médiatique locale, par ailleurs plutôt positive, commence à installer – après les tentatives de « zadification » des dernières semaines – l’imaginaire d’une « guérilla rurale » ou d’un « durcissement » du mouvement. Il est vrai que, en vingt ans d’implantation diffuse de l’ANDRA, d’achat des terres et des consciences, c’est la première fois que des gaz arrosent un cortège, que des pierres sont jetées, et surtout que des dizaines de personnes sont blessées sous les attaques de la milice privée de l’Andra ou par les tirs de flashballs.

Il est pourtant hors de question de réduire la portée historique de ce week-end aux affrontements et à la répression, même si la préfecture, l’ANDRA et ses vigiles ont voulu installer ce climat de tension. Parler « d’escalade de la violence » vise à faire peur, réduire et homogénéiser la diversité de ce qui se vit.

Nous sommes multiples

A l’inverse, ce qui s’est joué ce week-end témoigne d’une intelligence prometteuse. Tandis que des centaines de personnes couraient à travers champs pour contourner les gendarmes, d’autres restaient à distance, sur la colline, pour être à l’abri des gaz et des grenades. Certains rampaient dans les blés pour s’infiltrer dans la forêt alors que d’autres jouaient de la musique devant la flicaille ou chantaient, d’autres encore préparaient la cuisine. Des tracteurs ouvraient des chemins dans les céréales pour acheminer le ravitaillement. Une chaîne humaine prenait la suite : pelles, pioches, gamelles, tentes, sourires. C’est ainsi que tout le monde a pu pique niquer dans la forêt. Certains enlevaient les masques de plongées tandis que d’autres garaient les poussettes d’enfants. A l’ombre des grands hêtres, un camp de base se montait et au dessus de nos têtes certains construisaient des ponts suspendus dans les arbres. Des jeunes du coin rencontraient des militants d’ailleurs et une AG sur les perspectives de la lutte s’organisait à deux cent personnes, interrompue pendant 1h30 par une attaque policière, elle reprenait plus tard à l’orée d’une barricade.

Ce week-end, il n’y a pas eu de militant-e-s surentraîné-e-s ou « professionnels » mais un cortège peuplé de nombreuses personnes différentes qui, devant l’affront du blocage policier empêchant d’accéder à un chemin communal, décide de ne pas reculer et de tenter, par différentes manières, de rentrer dans la forêt. Il y a eu, dimanche après-midi, devant les attaques des gendarmes mobiles sur les barricades construites la veille, une foule compacte qui décide, aussi, de ne pas battre en retrait. Cheveux noirs, cheveux blancs, visage découvert ou masqué, violon et accordéon, jets de pierre ou banderole. Non, il n’y a pas de « guérilla zadiste » et de technique particulièrement rodée qui s’appliquerait partout mais une multiplicité de pratiques qui dans l’intensité d’un moment se complète et s’harmonise. Une saine et légitime défense.

ET LA FORET ELLE EST A QUI ? ELLE EST A NOUS !

ANDRA, DEGAGE ! RESISTANCE ET AFFOUAGES !

Les rendez-vous à venir :

Tout l’été (et au-delà) à Bure : #Étéd’urgence est déclaré, actions, discussions, blocages, chantiers, contre les travaux de CIGEO dans le bois de Mandres, l’ANDRA et son monde !

Prochain gros temps fort pour continuer de bloquer le chantier dans la foulée du week-end de réoccupation du 16 & 17 juillet : week-end d’action et de mobilisation du 13 & 14 août !

Contact : sauvonslaforet@riseup.net / tel media 07 58 65 48 89 / tel info générales 07 58 13 18 61

Infos : vmc.camp / burestop.eu / burezonelibre.noblogs.org

 

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2009 Non aux JO

« Je ne suis pas un concurrent »

A l’heure où les êtres humains se livrent une concurrence acharnée tout azimut aux détriments de la nature et de ses habitants, le message des tibétains peut s’avérer salutaire si nous savons l’entendre.
La cause tibétaine cristallise les problématiques environnementales et sociétales de notre époque. Face à cela la majorité des tibétains, guidés par le Dalaï Lama, tentent d’adopter une attitude non-violente et respectueuse de la vie.

Le Tibet depuis l’invasion de 1949

Je ne reviendrai pas ici sur l’histoire ancienne car il me parait opportun et constructif de rappeler les raisons pour lesquelles le gouvernement chinois a décidé de « libérer » le Tibet par l’invasion et la colonisation dès 1949 juste après la création du Parti Communiste :

- des raisons historiques fallacieuses revendiquant l’appartenance de tous temps du Tibet à la Chine. Mais pourquoi donc envahir le Tibet s’il appartenait déjà à la chine ?!

- une exploitation sans limite des ressources (déforestation massive, contrôle des réserves d’eau de toute l’Asie, plomb, or, cuivre, fer, charbon, pétrole, la moitié des réserves mondiales d’uranium…). Les Chinois surnomme le Tibet « la grande maison des trésors de l’Ouest ».

- une attitude géopolitique expansionniste propice aux conflits.

- au niveau géostratégique, l’implantation de nombreuses bases aériennes et armes de courtes à longues portées avec notamment des missiles intercontinentaux. La proximité avec l’immense voisin qu’est l’Inde pouvant générer une situation explosive dans toute la région voir au-delà.

- une récupération du capitalisme à la sauce chinoise visant une exploitation économique du Tibet par la folklorisation de sa culture. L’arrivée du train à Lhassa (capitale du Tibet) depuis 2006 accélérant le phénomène par l’afflux massif de touristes, sévèrement encadrés.

En 2009 sera célébré le 50ème anniversaire du soulèvement populaire du 10 mars 1959 à Lhassa, faisant 85 000 morts, et qui avait abouti à l’exil du Dalaï Lama et de 150 000 tibétains.

Depuis le début de l’invasion et pendant la colonisation du Tibet, faisant 1 200 000 morts, les droits humains fondamentaux n’ont cessés d’être bafoués.

Que s’est-il passé le 18 mars 2008 ?

En avril 2001, un haut responsable chinois affirmait qu’ « en confiant à Pékin l’organisation des Jeux Olympiques, vous contribuerez au développement des droits humains ». Le Comité International Olympique (CIO) décida 3 mois plus tard d’offrir les JO à la plus grande dictature du monde. Dès lors et malgré quelques améliorations très feutrées, les promesses n’ont pas été tenues et la situation n’a cessé de s’aggraver.

Le 14 mars 2008 une répression accrue s’abattit sur la population tibétaine de Lhassa qui manifestait. Après les massacres et les arrestations, les autorités s’empressèrent d’expulser tout ressortissant étranger ainsi que tout journaliste du Tibet, les médias chinois pouvant manipuler à leur guise l’information.

Le 18 mars une importante manifestation eut lieu devant le siège du CIO à Lausanne en Suisse : les revendications, en accord avec la charte olympique, avaient pour but de contraindre le CIO de faire pression sur la Chine afin qu’elle respecte ses engagements en matière de droits humains. Le résultat négatif de cette action permis d’éclairer à nouveaux les connivences entre le CIO et les régimes autoritaires comme ce fut le cas, entre autres, en 1936 à Berlin avec l’Allemagne nazie.
Au même moment, de l’autre côté du lac Léman, sur le plateau des Glières, le président français Nicolas Sarkozy se recueillait en ce haut lieu et devant un parterre médiatique afin de « célébrer » l’esprit de la résistance.
Or si l’on suit cette attitude héroïque jusqu’au bout, on ne peut faire l’économie d’une parole emblématique de l’esprit de résistance :
« la résistance se conjugue au présent » disait Lucie Aubrac.
La résistance consiste-t-elle à faire d’élogieux discours populistes et d’apparaître dans tous les médias ? (sans Carla, bien entendu, pour ne pas risquer de froisser les susceptibilités !).
Si nous avons la prétention de soutenir la paix, la justice et la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, que fallait-il faire ce jour là ?

La France présidente du conseil de l’Union Européenne
Le 1er juillet 2008, la France prenait la présidence tournante du conseil de l’Europe pour 6 mois. Afin de marquer notoirement le coup, l’Elysée pilota une importante opération médiatique en partenariat, entre autre, avec la commune de Saint Gervais.
Le double objectif fut de célébrer le bicentenaire de la première ascension du Mont-Blanc par une femme (Marie Paradis en 1808) et d’envoyer un message fort sur le thème du développement durable (ce fut l’axe principal de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy).

L’idée était qu’une députée de chacun des 27 pays de l’Union Européenne fasse l’ascension de la célèbre montagne. Au final 23 femmes atteignirent le sommet (dont une députée).

Ce que les informations ne disent pas c’est qu’un hélicoptère accompagna les ascensionnistes et leurs guides afin de les filmer jusqu’au sommet avec notamment la banderole « l’UE vers une ère écologique ».
Quel héroïsme, encore, cette volonté de vouloir sauver la planète, à l’image du slogan qui figure sur toutes les publicités de Saint Gervais : « La montagne à l’état pur ».
On peut raisonnablement s’interroger sur la cohérence des beaux discours avec les moyens utilisés. Mais sans doute était-ce un hélicoptère à pédales propulsé par un cycliste nourri au lait de vache des montagnes s’entraînant pour le Tour de France…
Au-delà de la pollution d’un seul véhicule motorisé, la pollution la plus nuisible est celle qui ne se voit pas mais dont il est aisé d’en faire la communication et la propagande : il s’agit de la pollution des consciences.

Un sommet de résistance
Récit d’une ascension du Mont-Blanc en faveur de la paix au Tibet et dans le monde.

Compte tenu de la situation au Tibet où la répression se passe à huit clos depuis le printemps 2008 et, connaissant ce projet de l’Elysée, un sympathisant de la cause tibétaine et moi-même décidâmes de profiter de l’éclairage médiatique de ce 1er juillet pour apporter notre grain de sable solidaire en plantant le drapeau tibétain au sommet du Mont Blanc. Etant donné la politique étrangère avec la Chine, notre action s’est déroulée dans la clandestinité afin de ne pas être inquiété. Ainsi, notre ascension s’est effectuée par une autre voie, plus difficile et plus longue, dans le but d’arriver en même temps que les 23 femmes.
Des raisons que je développe au chapitre suivant ne nous ont pas permis de parvenir au sommet au moment voulu. En effet nous foulâmes le « toit de l’Europe » quand l’hélicoptère s’en alla et que les femmes accompagnées de leurs guides remballaient leurs affaires afin d’entamer la descente. Notre action était, à priori, ratée.
Néanmoins nous pûmes faire quelques images nous-mêmes (et sans hélico) du drapeau tibétain, accompagné du drapeau français (manquait le drapeau européen que je n’étais pas arrivé à me procurer à temps).
Aussi nous pûmes constater que 4 alpinistes s’étaient invités dans la montée avec les femmes afin de soutenir Ingrid Betancourt. Eux purent bénéficier de la couverture médiatique.
…Et la franco-colombienne fut libérée le lendemain …

Ingrid Betancourt était détenue par les Farc depuis 6 ans, nous ne l’avions pas oublié.

Près de 6 millions de tibétains sont détenus chez eux depuis bientôt 60 ans, ne les oublions pas non plus…

L’Esprit de cordée
Comme je le décris précédemment, notre action fut médiatiquement un échec. Mais qu’en fut-elle humainement ?
Nous avions décidé de partir à deux et nous étions encordés afin d’assurer notre sécurité. Durant le dernier tiers de l’ascension notre progression fut perturbée par le vacarme de l’hélicoptère de tournage qui tournoyait autour de l’arrête sommitale de cette montagne immaculée (le Mont-Blanc décidément de moins en moins blanc!). L’unique avantage de ce désagrément, venant déchirer le silence de l’alpe, fut de nous indiquer que la caravane européenne, qui empruntait la « voie normale », se rapprochait du sommet.
Dès lors et compte tenu de mon humble expérience de la montagne, je savais qu’en continuant à notre allure nous serions en retard pour la rencontre. Deux possibilités s’offraient à nous :

- soit j’abandonnais sur place mon compagnon de cordée, non sans avoir pris la précaution de le mettre en sécurité en attendant mon retour. Et, à la faveur d’une bonne condition physique ainsi que de solides compétences techniques, j’aurais pu filer sans risques au sommet vers la lumière médiatique…

- soit nous restions encordés jusqu’en haut, quitte à manquer notre but.

A ce moment, d’essentielles questions se bousculaient en moi. En effet, de quelle cause nous réclamions-nous et à quelles fins ?
Nous risquions de nous compromettre par manque de cohérence : la cause tibétaine, qui nous mobilise, symbolise avant tout, à mon sens, tolérance et solidarité.
Bien que n’ayant aucune prétention à être très avancé sur la voie de la sagesse, je demeure néanmoins en chemin et essaye de rester fidèle à cette voie d’éveil, stimulé en cela par la « dynamique tibétaine ».
Qu’aurait valu ma démarche si j’avais opté pour la première possibilité ? En fait je me serai contenté de soutenir « la loi du plus fort », attitude symptomatique de notre société individualiste. Ce type de comportement tellement consensuel est si courant que cette foi pourrait bien être fondatrice du sportisme, religion des temps modernes.

En revanche, la coopération nécessaire pour qu’une cordée progresse est un bel exemple de solidarité.
Peut-être notre action est-elle passée presque inaperçu mais nous n’avons pas perdu, je crois, ce qui fonde notre humanité et c’est bien cela l’essentiel.

« La flamme du Tibet »

L’année 2008 fut marquée par les Jeux Olympiques de Pékin.
Le sport étant le fait social majeur de notre temps (le phénomène le plus consensuel et rassembleur) et les JO en représentant l’apothéose, les conséquences d’un tel événement dans la plus grande dictature du monde ne sont pas anodines.
Ainsi, constatant les multiples effets délétères du sport moderne, on peut raisonnablement s’interroger sur la « mission pacificatrice » du mouvement olympique.
En effet, l’olympisme et le sport mondial en tant qu’appareil stratégique capitaliste portent un discours de fraternité, de santé, de respect, de joie et dans le même temps couvrent et développent des logiques mortifères, morbides, conflictuelles, compétitives, violentes, totalitaires, d’individus ou de groupes sociaux et politiques.
Dans ces conditions, 2008 paraît une année charnière pour la Chine, et le Tibet en particulier.
La mobilisation se devait d’être à la hauteur de cet événement planétaire. Ainsi une multitude d’actions furent organisées dans le monde entier afin de sensibiliser l’opinion publique à la problématique tibétaine et au respect des droits humains fondamentaux.
Parmi ces actions, la « Flamme du Tibet » permis de relier, par le symbole humaniste qu’elle représente, différents évènements à travers la France avant les JO.
Elle fut initiée à Marseille le 10 mars 2008 et, de relais en relais cette torche put ainsi gravir le Mont Ventoux le 8 juin, effectuer un tour de France avec l’Altertour du 3 au 27 juillet, participer à une semaine « Ombres sur le Tibet » à côté de Briançon avant de terminer son périple par la « Kora autour du Mont-Blanc pendant les Jeux Olympiques » du 7 au 24 août.

« L’Altertour de la biodiversité pour une planète non dopée »

Parallèlement au célèbrissime Tour de France et à sa caravane d’inconscience, un événement itinérant en vélo entrepris de dénoncer l’idéologie sportiste et ses conséquences, en proposant des valeurs humanistes respectueuses de la vie. Ainsi, l’Altertour se balada aux détours de France en visitant des lieux et démarches « alternatives ». Ce périple vélorutionnaire fut ponctué de nombreuses conférences/débats. Au travers de multiples thématiques (biodiversité, ogm, nucléaire, agriculture, paysannerie, souveraineté alimentaire, solidarité internationale, transports, mondialisation, dopage …) cela permis de mieux conscientiser la nécessité d’une décroissance de l’économie de marché (compétitive). Sans passéisme ni masochisme cette simplicité volontaire expérimentée fut une incitation à célébrer l’abondance de la vie dans la convivialité.
Et la coopération fut naturellement le lien garantissant la démarche pendant les 3 semaines.
En outre l’Altertour permis de relayer la Flamme du Tibet. L’opportunité était offerte d’y articuler la cause tibétaine avec les problématiques abordées.

« La Kora autour du Mont-Blanc pendant les Jeux Olympiques »
Alors que plus de 4 milliards de téléspectateurs vibraient devant la théâtralisation des gesticulations d’une poignée d’athlètes (11 mille), près de 6 millions de tibétains et 1,3 milliards de chinois voyaient ainsi, grâce aux Jeux Olympiques, la politique répressive du régime de Pékin légitimée par la communauté internationale.

A l’opposé de cette surenchère aveugle, l’apogée de la mobilisation humaniste fut sans doute la Kora autour du Mont-Blanc, cette marche pacifique et pacifiste de soutien à la cause tibétaine, aux droits humains fondamentaux et au respect de l’environnement qui se déroula pendant les JO. Cet événement, fort de sens, ne dû sa concrétisation qu’à la coopération entre les organisateurs, les partenaires, les bénévoles et les marcheurs. En effet, à l’opposé de la concurrence, ce sont des valeurs de solidarité que nous souhaitons développer en revisitant au passage notre célèbre, mais galvaudée, devise républicaine « liberté, égalité, fraternité ».

La non-violence commence par soi-même
Je me permets ici d’effectuer une modeste introspection personnelle, potentiellement éclairante.
Conscient que cette année était peut-être cruciale dans l’Histoire, j’avais décidé de me mobiliser davantage qu’à l’accoutumée. Ainsi, dès le printemps je pu manifester pour le respect des droits humains à de nombreuses reprises et participer à différents évènements militants avant d’enchaîner par l’Altertour et la Kora (voir ci-dessus).

Mais, me donnant beaucoup physiquement sans trop récupérer, j’eu progressivement quelques soucis de santé aboutissant à une sérieuse pneumopathie.

Le 15 août pendant la Kora nous avions envisagé une « action spectaculaire »: j’avais l’ambition de retourner au sommet du Mont-Blanc, cette fois-ci avec la flamme du Tibet, afin d’en effectuer un « vol solid’air » en parapente bi-place et de rejoindre les marcheurs en Italie.
Malgré une météo capricieuse, c’est surtout qu’après 2 jours de repos je me trouvais toujours alité avec 40° de fièvre. Notre action hautement symbolique était compromise. Pourtant cela aurait été la « cerise sur le gâteau » que de décoller en « drapeau tibétain volant » avec la flamme du Tibet depuis le point culminant du « Pays des droits de l’Homme » pendant la Kora.

Je fut sans doute victime de ce que j’appelle le syndrome 3M (Mégalo-Mytho-Martyr)…
Cet épisode douloureux m’invita à revisiter la couverture de la plaquette de l’association Lions des Neiges Mont-Blanc, organisatrice de la Kora, sur laquelle on peut lire :

« (…), le Tibet reste fidèle à sa longue tradition de non-violence.
Nous pouvons nous inspirer de cette attitude « non-violente » pour régler nos conflits non seulement avec les autres pays mais aussi avec les autres humains, avec l’environnement et peut-être en priorité avec nous-même…
Cette sagesse est plus que nécessaire dans le monde moderne »

En convalescence, je pu méditer longuement sur l’incohérence de mes idéaux avec mon attitude. C’est avec une certaine fragilité que je rejoignis timidement les marcheurs aux termes de la Kora afin de « finir ensemble en beauté » et de minimiser mes frustrations.

Les leçons de cet enseignement sont que la coopération se pratique aussi et sans doute en primauté avec soi-même.

Quel avenir pour les droits humains ?

Nicolas Sarkozy, Président du conseil de l’Europe en exercice jusqu’au 31 décembre 2008, a rencontré le Dalaï-Lama (Prix Nobel de la paix en 1989) le 6 décembre en Pologne lors des cérémonies du 25ème anniversaire de l’attribution du Prix Nobel de la Paix à Lech Walesa. Il est bon de rappeler que le Président français, qui a reçu le « prix du courage politique » décerné par la revue Politique internationale, n’avait pas reçu le dignitaire tibétain lors de son passage en France pendant les JO… Le Dalaï-Lama étant un « dangereux séparatiste » aux yeux de Pékin, les autorités chinoises se servirent de cette rencontre comme alibi pour annuler au dernier moment un important sommet Chine-UE qui devait se tenir à Lyon le 1er décembre, et ceci en pleine crise de l’économie financiarisée…
Dans le contexte ultra-libéral mondialisé dans lequel l’humanité vit, ou survit, à quelles fins servent de telles stratégies si ce n’est à blanchir une politique du pire au profit d’une minorité omnipotente ?

« Le libéralisme est la liberté du loup dans un poulailler où les poules sont libres »
Cette petite image illustre parfaitement ce qu’est le libéralisme, le dogme sur lequel repose notre monde moderne.
Quand on en vient à prêter des milliards aux banques alors que la paupérisation de la population s’accentue, augmentant les disparités sociales et générant de la colère, force est de constater que la spéculation est indigne de l’humanité.

Le 10 décembre nous avons célébrés le 60èm anniversaires de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme qui avait été rédigée au lendemain de la seconde guerre mondiale.
En présentation de la Déclaration de 1948, on peu lire ceci :
« Simple résolution adoptée par l’Assemblée Générale des Nations Unies, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme n’a pas de force juridique obligatoire pour les Etats membres, mais est une référence universelle dont l’importance est considérable ».
Et nos dirigeants l’ont très bien compris et savent se servir des organes de communication pour contrôler les masses, chloroformiser les consciences et lobotomiser les individus à leurs fins… aux risques de foncer vers l’apocalypse.
Néanmoins, il existe encore des poches de résistance face à la  « colonisation de nos imaginaires », pour reprendre une expression de Serge Latouche.

Les femmes et les hommes qui ont souffert et ont laissé leurs vies en résistant pour que nous, les générations futures de l’époque, puissions vivre dans un pays libre, doivent se retourner dans leurs tombes. La liberté d’expression (relative) dont nous jouissons encore au « Pays des Droits de l’Homme » devrait servir à faire respecter la dignité humaine dans les « pays des Hommes sans droits ».

Concurrence ou solidarité

La compétition aveugle que se livrent les individus, les groupements et les nations n’est que le simulacre de la guerre de tous contre tous et finira par anéantir toute vie.
Toute critique de la concurrence, dans la société contemporaine, apparaît comme une véritable bombe idéologique. L’attitude dissidente majeure au système dominant peut en être résumée dans la formule :
« je ne suis pas un concurrent ».
Je penses que la cause tibétaine incarne une culture de la solidarité dans laquelle la concurrence n’est point soluble. Concurrence et démocratie ne sont pas davantage socio-compatible et c’est à un enjeu de civilisation que nous sommes aujourd’hui confrontés.
Néanmoins, comme nous pouvons l’expérimenter çà et là, la coopération est une forme d’évolution pérenne pour l’humanité, contrairement à la compétition.

A travers cette analyse critique, la cause tibétaine apparaît comme un baromètre de notre humanitude, un révélateur de nos déficiences sémantiques et spirituelles.

Face à l’uniformisation de la pensée et au clonage du génome, nous nous devons d’entrer en résistance non-violente avec dignité. Une dépollution des consciences faciliterai l’incarnation, dans la convivialité et la simplicité, d’une spiritualité de notre temps, respectueuse de la vie.

Considérant que la concurrence est probablement le vecteur idéologique le plus puissant des maux de notre monde, et à la veille d’une possible mutation anthropologique en cette période clef de l’Histoire, le changement nécessaire pourrait s’initier par l’objection de concurrence.

« L’essentiel est dans la qualité de présence à l’instant »

Philippe Serpollet , Objecteur de concurrence
Mars 2009 pour le Comité Anti Jeux Olympiques Annecy 2018

http://www.comiteantiolympiqueannecy.com/

frondes et mots Sabotage ski1

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Avec le fou d’Edenberg et le Servan
Non aux Jeux Olympiques d’Annecy 2018 ni ici ni ailleurs

C’est à peine croyable; des « écologistes » sont favorables à la candidature d’Annecy pour
accueillir les jeux olympiques 2018. Ils prétextent le développement économique (du rebloche)
des infrastructures, « l’esprit du sport », « un moindre mal » par rapport à l’aberration des autres
candidatures françaises:
Le Pelvoux ou comment ramener la ville à la montagne
Grenoble dont les contribuables se souviennent encore de la dernière orgie.
Nice ou comment ramener la station artificielle de sport d’hiver des Nababs du pétrole du
Moyen-Orient sur la Côte d’Azur.

Arrêtez donc le massacre, l’hypocrisie. Retirez la crotte que vous avez dans les yeux, nous sommes bien en 2009 et ces grands événements populaires que sont les JO, courses de F1, Dakar etc, ne sont qu’une gigantesque gabegie ubuesque, une orgie écologique énergétique et financière à la charge des générations futures. C’est tellement gros que l’on croit d’abord à un bluff, que l’essentiel de cette candidature, c’est juste pour participer sur le papier, mais vu le tarif du matraquage publicitaire, c’est qu’ils sont dangereusement sérieux !

La seule cohérence de cette farce est qu’elle s’inscrit dans la même ligne que la politique du gouvernement actuel: fuite en avant et droit dans le mur. La bande de « L’ordre du temple solaire » à côté de ces promoteurs du «  nouvel ordre mondial » ce sont des petits zizis.

Ils maitrisent tellement la propagande médiatique, qu’ils se croient intouchables.
Ils nous remettent la fumisterie de la « compensation carbone » à l’ordre du jour.
Pourquoi pas des hélicos bio qui volent à l’huile de palme?
Et des tire-fesses nucléaires, cela arrache un peu au début, mais on s’y fait.
Misère jusqu’au cancer du Grand Colon.
Autant affirmer que le nucléaire est un moindre mal, dans la foulée comme l’Empire du même nom
Un deuxième EPR et tout le monde applaudit. Oui-Oui. Plus dure sera la chute.
En fait, cette candidature, c’est juste un moyen déguisé de mesurer le taux d’abrutissement dans les Alpes, caractérisé par un manque d’iode…

A des jeunes surfeurs qui ne voient que le côté « festif » de la « chose » et qui nous demandaient pourquoi non, nous avons répondu: parce que la montagne est saturée, suréquipée, sur fréquentée, elle déborde, elle vomit d’ordures. Et les « vice-lard » sont capable de prétexter l’accès aux handicapés pour nous refourguer un énième remonte pente, ou un TGV jusqu’au Brévent.
Ils sont même capable de justifier la guerre pour donner du travail aux ouvriers…

Homme de la vallée, regarde les cimes.
La montagne se fâche et ne ment pas. Le glacier rend toujours ce qu’il a pris.
Respecte et veille sur la montagne, garçon, sinon gare au Servan…
N’oublie pas la part du Servan.

« Entends-tu la terre qui craque ?
_ C’est l’Servan !
_C’est le réchauffement !
Entends-tu les hommes se battre?
_ C’est l’Servan !
_C’est l’argent !
Entends-tu la montagne qui tape?
_ C’est l’Servan !
_C’est l’ équipement !
Entends-tu les bandits qui saquent?
_ C’est l’Servan !
_C’est maintenant ! »

(d’après Samivel dans « contes à pic » et « le fou d’Edenberg »

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Vespérale

Et si la démocratie telle que nous la connaissons

n’était qu’une simple mise à jour de la monarchie

féodale ? Dans cette configuration un petit nombre

de possédants détiennent les droits de propriété et

de décision auxquels le plus grand nombre est tenu

de se plier. A ces droits sont attachés des titres.

Les manants sont libres pour autant qu’ils se

soumettent aux règles de leurs suzerains. Bien sûr

des élections sont organisées à intervalles

réguliers. Elles servent à réguler les possibles

mouvements d’humeur en organisant des discussions

relatives à des choix de personnes interchangeables,

à des promesses destinées à l’oubli ou à des

réformes fallacieuses. Leur fonction réelle est

d’éviter les jacqueries. Si parfois quelques uns

s’invitent un peu trop au débat, voire manifestent

leur intérêt pour des projets divergents, s’ils vont

jusqu’à tenter de désobéir, les tenants du pouvoir

dénoncent une crise de la démocratie et le tour est

joué. Les décisions importantes ne peuvent en aucun

cas « provenir de la rue ». Le peuple des manants se

doit de respecter son rôle de spectateur passif,

obéissant et soumis à une oligarchie auto

reproductible qui sait ce qui est bon pour lui.

Dans le système économique et industriel chacun est

libre d’agir à sa guise à condition de ne pas mettre

en question le pouvoir des féodaux de la finance. Le formatage

pavlovien des esprits par le biais de la télévision, de la publicité

et de la fréquentation assidue des temples de la consommation

constitue un formidable antidote à la perversité des pulsions

d’autonomisation de la personne. Noam Chomsky parle

à ce sujet d’ingénierie sociale. (Sur le contrôle de

nos vies – Allia éd., 2007)

Un autre outil efficace de l’assujettissement de la

plèbe se nomme flexibilité du marché du travail et

des salaires, ce que le patronat dénomme avec la

complicité de syndicats vassaux et de partis sociaux-démocrates

la flexisécurité – très merveilleux oxymore -. La féodalité financière

internationale produit et entretient les serfs dont

elle a besoin.

On peut se demander dès lors si cette avancée du

féodalisme n’est pas assimilable à une forme

insidieuse de communisme à la soviétique. L’analogie

est intéressante en ce qu’elle met l’accent sur la

nécessité absolue d’un centralisme « démocratique » (économique,

administratif, politique) pour juguler les risques de comportements

déviants donc chaotiques. Directions générales, holdings,

organismes internationaux (Banque mondiale, FMI,

Organisation Mondiale du Commerce), assemblées

dirigeantes (Parlements, instances dites

représentatives) s’identifient à l’existence d’un

Être supérieur doué de pouvoirs éternels opposables

aux revendications des personnes.

There is no alternative – TINA – a génialement

proclamé en son temps Margaret Thatcher, offrant à

la mondialisation son slogan le plus efficace. C’est

au nom de cette vérité révélée que peu à peu

s’amenuisent les droits de salariés rendus craintifs

et humblement soumis à un pouvoir déshumanisé.

Curieux paradoxe, TINA et la doxa marxiste ont

peut-être beaucoup plus à voir qu’il n’y parait.

Jean Klepal
28 janvier 2008

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