Le pouvoir de la honte

Posté par elianguesard le 23 janvier 2021

1922: Anatole France: « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L’Humanité, 18 juillet 1922)

2021: Santé Publique France: On croit mourir du cancer; on meurt du nucléaire.

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JeanZiegler

D’après Jean Ziegler dans ses ouvrages dont « La haine de l’occident »

L’un ou l’une

Jean Ziegler est la seule personnalité (avec Danielle Mitterrand qui seule aussi « portait à gauche ») qui nous soutenait devant l’OMS durant dix ans (www.independentwho.org)

Je ne le connaissais que de nom sans l’avoir lu ni vu, par contre je connaissais le livre coordonné par sa femme Erica Deuber Ziegler:

« Nous Autres » et c’est ainsi que j’ai pu constater que  l’un n’est rien sans l’autre; l’un ou l’une est la moitié de l’autre. Des couples bien enracinés ensemble, on en a tous en tête; par exemples Claude et Lydia Bourguignon rencontrés avec les faucheurs . Et quand l’un ou l’une disparaît, il ou elle continue de « vivre dans l’autre ». Il-elle continue de vivre dans la mémoire et le cœur de l’autre. C’est encore plus remarquable lorsque c’est la lutte qu’elle_il menaient ensemble se prolonge après la disparition de l’autre. Le deuxième exemple que j’ai pu constater est la lutte et l’histoire commune de Solange et Michel Fernex , ensuite d’autres apparaissaient comme la lutte et l’histoire commune de Annie Thébaud-Mony et Henri Pézerat. Mais encore celle de Bella et Roger Belbéoch, essentiels dans la lutte contre le crime nucléaire ; https://rebellyon.info/Les-belbeoch-pour-l-humanite-17173 puis la ligne http://elianguesard.unblog.fr/2017/12/27/les-belbeoch-pour-lhumanite/

Chacun trouvera en fonction de ses rencontres d’autres exemples à citer et l’important est de relever cette beauté ou harmonie du lien entre deux êtres, on appelle cela amour ou loyauté. Et cela est beau à voir. D’autant plus lorsqu’il s’agit de « combattant-e du vivant ».

Le thème du pouvoir de la honte

C’est lors d’un salon Alternatiba à Genève, où nous avions un stand IWHO  (www.independentwho.org) que je pu discuter avec un jeune homme sur le livre de Ziegler récemment lu: « La Haine de l’Occident », ce jeune d’origine argentine avait assisté  avec son frère aux cours de Jean Ziegler à l’ Université de Genève. Au cours de la rencontre, il me dévoila une des idées-force de Ziegler, même son grand thème: il y a « la haine de l’Occident » parce qu’il y a « la honte de l’Occident, j’en déduisis immédiatement qu’il y avait « la haine du français » parce qu’il y a « la honte du français » et on pourrait étendre la démonstration dans mon cas sur la « honte du technicien ».

L’origine  de ce thème de honte, je le vis aussi dans ses autres ouvrages, c’était il y a longtemps.

 

« Quelques extraits glanés sur une période où « Saint-Just faisant écho à Jacques Roux disait : « la liberté ne peut s’exercer que par des hommes à l’abri du besoin. »

«…Benjamin Franklin coauteur de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis se vit interpellé par le jeune Danton : « Le monde n’est qu’injustice et misère. Où est la sanction ? Votre déclaration n’a, pour se faire respecter, aucun pouvoir, ni judiciaire ni militaire… »

Benjamin Franklin lui répondit, sûr de lui : « Erreur !! Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel ; le pouvoir de la honte. »

Benjamin Franklin voulait dire que dans chaque être humain qui se respecte, il y a une part irréductible qui l’empêche de faire des choses reconnues comme universellement honteuses : comme plumer ses concitoyens , les réprimer sans cause , les avilir , les appauvrir etc …L’intériorité étant la caractéristique de toute société humaine.

source https://forum.oujdacity.net/topic/la-honte/

 

(Franklin) Pour rappeler la liberté d’expression de la presse, il publie une citation d’un journal anglais : « sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de liberté du peuple sans liberté d’opinion ; celle-ci est le droit de chaque homme tant qu’il ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui ».

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Autre source https://olivierjulien.wordpress.com/2011/05/01/lempire-de-la-honte-jean-ziegler/

INTRODUCTION

En 1776, Benjamin Franklin fut nommé premier ambassadeur de la jeune République américaine en France. Il avait 70 ans. Franklin arriva à Paris le 21 décembre, venant de Nantes, après une longue et périlleuse traversée sur le ReprisaI.
Le grand savant s’installa dans une
mod~ste maison à Passy. Les échotiers commencèrent bien vite à épier chacun de ses faits et gestes. Celui de La Gazette écrit : «Personne ne l’appelle Monsieur… tout le monde s’adresse à lui en l’appelant tout simplement Docteur Franklin… comme on l’aurait fait avec Platon ou Socrate.» Un autre dit : «Protée n’était finalement qu’un homme. Benjamin Franklin aussi. .. mais quels hommes  !» Voltaire qui, à 84 ans, ne sortait pratiquement plus de chez lui, se déplaça jusqu’à l’Académie royale pour l’y accueillir avec solennité.
Coauteur, avec Thomas Jefferson, de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, signée le 4 juillet 1776 à Philadelphie, Franklin jouit aussitôt, dans les cercles révolutionnaires et les salons littéraires de Paris, d’un prestige immense. Que disait cette déclaration? Relisons son préambule :
«Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont : le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur [ … ].
« C’est pour s’assurer de la jouissance de ces droits que les hommes se sont donné des gouvernements dont l’ autorité devient légitime par le consentement des administrés [ … ].
«Lorsqu’un gouvernement, quelle que soit sa forme, s’éloigne de ces buts, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement en le fondant sur ces principes et en l’organisant en la formequi lui paraîtra la plus propre à lui donner sécurité et bonheur
».
Situé au coeur du quartier de Saint-Germain, le café Procope était le lieu de prédilection des jeunes révolutionnaires. C’est là qu’ils tenaient leurs réunions et organisaient leurs fêtes. Benjamin Franklin y dînait de temps à autre, en compagnie de la belle Mme Brillon. Un soir, un jeune avocat de 20 ans, Georges Danton, l’interpella bruyamment: «Le monde n’est qu’injustice et misère. Où est la sanction? Votre déclaration n’a, pour se faire respecter, aucun pouvoir ni judiciaire ni militaire … »
Franklin lui répondit: «Erreur!
Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel : le pouvoir de la honte (the power of shame).»

Le Petit Robert dit de la honte: «Déshonneur humiliant. [ … ] Sentiment pénible de son infériorité, de son indignité ou de son humiliation devant autrui, de son abaissement dans l’opinion des autres (sentiment de déshonneur). [ … ] Sentiment de gêne éprouvé par scrupule de conscience. »
Ce sentiment et les émotions qu’il suscite, les affamés du bairo de Pela Porco à Salvador de Bahia les connaissent parfaitement : «Precio tirar la vergonha de catar no lixo … » (<< Je dois vaincre ma honte pour pouvoir fouiller dans les poubelles … »).
S’il ne parvient pas à vaincre sa honte, l’affamé meurt. À l’école, il arrive que des enfants brésiliens tombent d’inanition du fait de l’anémie. Sur les chantiers, la privation de nourriture fait défaillir les ouvriers. Dans les bidonvilles d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, dénommés pudiquement «habitats insalubres» par les Nations unies, là où vit 40 % de la population mondiale, les rats disputent aux ménagères la maigre pitance familiale. Le sentiment d’infériorité torture les habitants.
Les êtres faméliques errant dans les rues des mégapoles d’Asie méridionale et d’Afrique noire sont, eux aussi, talonnés par la honte.

Le sentiment du déshonneur interdit au chômeur en loques de pénétrer dans les beaux quartiers, là où il pourrait pourtant, peut-être, trouver un travail pour se nourrir et nourrir sa famille. La honte le retient de s’exposer aux regards des passants.

Dans les favelas du nord du Brésil, les mères ont coutume, le soir, de mettre à bouillir de l’eau dans une marmite en y déposant des pierres. À leurs enfants pleurant de faim, elles expliquent : « Le repas sera bientôt prêt. .. », tout en espérant qu’entre-temps les enfants se seront endormis. Mesure-t-on la honte éprouvée par une mère devant ses enfants martyrisés par la faim et qu’elle est incapable de nourrir ?

Adolescent, Edmond Kaiser a échappé aux sbires de la police de Vichy et à la déportation. Juge d’instruction militaire dans l’armée du général Leclerc, il découvrit en Alsace, puis en Allemagne, l’horreur des camps nazis. S’exilant à Lausanne, il y fonda une organisation internationale d’aide à l’enfance, Terre des hommes. Il est mort à 82 ans, au seuil du nouveau millénaire, dans un orphelinat du sud de l’Inde.
Edmond Kaiser écrit : « Si l’on ouvrait la marmite du monde, sa clameur ferait reculer le ciel et la terre. Car
ni la terre ni le ciel ni aucun d’entre nous n’a vraiment mesuré l’envergure terrifiante du malheur des enfants ni le poids des pouvoirs qui les broient »
Dans leur for intérieur, beaucoup d’Occidentaux, parfaitement informés des souffrances des affamés africains ou des chômeurs pakistanais, ne supportent que difficilement leur quotidienne complicité avec l’ordre cannibale du monde. Ils en éprouvent de la honte, aussitôt relayée par un sentiment d’impuissance. Mais très peu trouvent le courage – à l’exemple d’Edmond Kaiser – de se dresser contre cet état de fait. C’est alors qu’il est tentant, pour calmer ses scrupules, de se rabattre sur des explications justificatrices.
Les peuples fortement endettés d’Afrique sont « paresseux», dit-on volontiers, « corrompus», « irresponsables », incapables de construire une économie autonome, des « débiteurs-nés», par définition insolvables. Quant
à la faim, on invoque bien souvent le climat pour l’expliquer … alors que les conditions climatiques sont infiniment plus dures dans l ‘hémisphère nord – où les gens mangent – que dans l’hémisphère sud – où ils périssent de sous-alimentation et de faim.’
Mais la honte habite aussi les seigneurs. Ceux-ci savent parfaitement les conséquences de leurs actes : la destruction des familles, le martyre des travailleurs souspayés, le désespoir des peuples non rentables n’ont pas de secrets pour eux.
Quelques indices témoignent même de leur malaise. C’est ainsi que Daniel Vasella, prince de N ovartis, géant suisse de la pharmaceutique, construit actuellement
à Singapour le Novartis Institute for Tropical Deseases  qui devra produire, en quantité limitée, des pilules contre la malaria, un médicament qui sera vendu dans les pays démunis à son prix de revient. Le seigneur de Nestlé, Peter Brabeck-Lemathe, remet à chacun de ses 275 000 employés, oeuvrant dans 86 pays, une « bible» rédigée de sa main et qui leur enjoint de se conduire humainement et de façon « bienfaisante» envers les peuples qu’ils exploitent•

Pour Emmanuel Kant, le sentiment de honte provient du déshonneur. Il dit la révolte devant une conduite, une situation, des actions, des intentions avilissantes, dégradantes, ignominieuses, et qui contredisent «1 ‘honneur d’être un homme ». Pour signifier la honte dans toutes ses acceptions, Kant recourt à deux termes pratiquement intraduisibles en français : die Schande et die Scham. J’ai honte (Scham) de l’insulte qui est faite à l’autre et qui, de ce fait, est infligée à mon honneur d’être un homme (Schande) 1. L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables.

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés composant l’Assemblée nationale ont aboli le système féodal en France. Or, aujourd’hui, nous vivons la reféodalisation du monde. Les seigneurs despotiques sont de retour. Les nouvelles féodalités capitalistes détiennent désormais un pouvoir qu’aucun empereur, aucun roi, aucun pape n’a possédé avant elles.
Les cinq cents plus puissantes sociétés capitalistes privées transcontinentales du monde – dans l’industrie, le commerce, les services, la banque – contrôlaient, en 2004, 52 % du produit mondial brut: en clair, plus de la moitié de toutes les richesses produites en une année sur notre planète.
Oui, la faim, la misère, l’écrasement des pauvres sont plus effroyables que jamais.
Les attentats du Il septembre 2001 à New York, Washington et en Pennsylvanie ont provoqué une accélération dramatique du processus de reféodalisation. Ils ont été l’occasion pour les nouveaux despotes de s’approprier le monde. De s’emparer sans partage des ressources nécessaires au bonheur de l’humanité. De détruire la démocratie.
Les derniers barrages de la civilisation menacent de céder. Le droit international est
à l’agonie. L’Organisation des Nations unies et son secrétaire général sont mis à mal et diffamés. La barbarie cosmocrate progresse à pas de géant. C’est de cette réalité nouvelle qu’est né ce livre. 

Le sentiment de honte est l’un des éléments constitutifs de la morale. Il est indissociable de la conscience de l’identité, elle-même constitutive de l’être humain. Si je suis blessé, si j’ai faim, si – dans ma chair et dans mon esprit – je souffre l’humiliation de la misère, je ressens de la douleur. Spectateur de la souffrance infligée à un autre être humain, j’éprouve, dans ma conscience, un peu de sa douleur, et celle-ci éveille à son tour ma compassion, suscite un élan de sollicitude, m’accable de honte aussi. Et je suis incité à l’action.
Je sais, par intuition, par l’exercice de la raison, par mon exigence morale, que tout homme a droit au travail, à l’alimentation, à la santé, au savoir, à la liberté et au bonheur.

Si la conscience de l’identité habite tout être humain, donc celle aussi des cosmocrates, comment se fait-il que ces derniers aient une action aussi dévastatrice? Comment expliquer qu’ils combattent avec tant de cynisme, de férocité et de ruse les aspirations élémentaires au bonheur ?
Ils sont pris dans cette contradiction fondamentale : être un homme, rien qu’un homme, ou s’enrichir, dominer les marchés, exercer les pleins pouvoirs, devenir le maître.

Au nom de la guerre économique, qu’ils déclarent euxmêmes en permanence à leurs possibles concurrents, ils décrètent l’état d’urgence. Ils installent un régime d’exception, qui déroge à la morale commune; et ils suspendent, parfois peut-être à contrecoeur, les droits humains fondamentaux (pourtant avalisés par toutes les nations de la terre), les règles morales (pourtant affirmées en démocratie), les sentiments ordinaires (qu’ils ne pratiquent plus qu’en famille ou entre amis).
Si j’exprime de la compassion, si je témoigne de solidarité à l’endroit d’autrui, mon concurrent profitera instantanément de ma faiblesse. Il me détruira. En conséquence, contre mon gré,
à ma grande honte (refoulée), je suis contraint, à chaque instant du jour et de la nuit, et quel que soit le prix humain à payer, de pratiquer la maximalisation du profit et de l’accumulation, de m’assurer de la plus-value la plus élevée dans le laps de temps le plus court et au prix de revient le plus bas possible.
La prétendue guerre économique permanente exige des sacrifices, comme toute guerre. Mais celle-ci semble bien être programmée pour n’avoir jamais de
fin.

Bien des théories et des idéologies de pacotille obscurcissent la conscience des hommes et des femmes de bonne volonté en Occident. Du coup, beaucoup parmi eux tiennent l’actuel ordre cannibale du monde pour immuable. Cette croyance les empêche de transformer en actions de solidarité et de révolte la honte qui est enfouie au plus intime d’eux-mêmes. L’enjeu est donc bien de détruire d’abord ces théories. La mission historique des révolutionnaires, telle que l’évoquent les « Enragés» en 1793, consiste à combattre en faveur de la justice sociale planétaire. Il s’agit, pour eux, de réveiller les colères contenues, de stimuler le goût de la résistance démocratique collective. Il faut remettre le monde sur ses pieds, la tête en haut, les pieds en bas.
Il faut broyer la Main invisible du marché. L’économie n’est pas un phénomène naturel. Elle n’est qu’un instrument, qu’il convient de mettre au service d’un but unique : la recherche du bonheur commun.
Pétri du sentiment pénible de son infériorité, de son indignité, découvrant que ni la faim ni la dette ne sont inévitables, l’homme honteux du tiers-monde peut, lui aussi, prendre conscience et se lever. Souffrant de son déshonneur, l’affamé, le chômeur, l’homme humilié ravale sa honte aussi longtemps qu’il croit sa situation immuable. Il se transforme en combattant, en insurgé, en révolté dès lors que l’espoir pointe, dès lors que la prétendue fatalité révèle ses failles-. La victime devient alors acteur de son destin. C’est à la mise en oeuvre de ce processus que ce livre veut contribuer.
Ce sont Benjamin Franklin et Thomas Jefferson qui, les premiers, ont formulé le droit de l ‘homme à la recherche du bonheur. Repris par les «Enragés» de Jacques Roux, cette revendication est devenue le principal moteur de la Révolution française. Pour eux, l’idée de bonheur individuel et collectif résumait un projet politique, qu’ils voulaient d’application immédiate et concrète. 

Quels sont les obstacles qui se dressent aujourd’hui devant la réalisation du droit de l ‘homme à la recherche du bonheur? Comment démanteler ces obstacles? Comment assurer un libre cours à la recherche du bonheur commun ? Ce livre tente de répondre à ces questions.
Voici son plan.
Dans l ‘histoire universelle des idées, la Révolution française a introduit une rupture radicale. Elle a concrétisé politiquement les préceptes philosophiques des Lumières et du rationalisme libérateur. Quelques-uns de ses principaux acteurs, notamment les «Enragés », ont évoqué l ‘horizon de tous les combats présents et à venir pour la justice sociale planétaire. Intitulé « Du droit au bonheur », la première partie leur donne la parole. Mais elle décrit également le mouvement de reféodalisation actuelle du monde entreprise par les sociétés capitalistes privées transcontinentales, le régime de violence structurelle qu’elles instituent et les forces encore obscures qui se dressent contre elles. Une section importante y est consacrée à l’agonie du droit.
La deuxième partie est consacrée
à l’exposé général des rapports de cause à effet entre la dette et la faim, ces armes de destruction massive déployées contre les plus faibles. La faim ? Elle pourrait être vaincue à brève échéance par l’imposition de certaines mesures à ceux qui manient ces armes.
Affligée par une famine chronique et par l’effondrement du prix du seul produit d’exportation qu’il est susceptible de voir monnayer en devises – les grains de café -, le peuple éthiopien souffre, mais s’organise. À l’autre bout du monde, au Brésil, une révolution silencieuse est en marche : victime lui aussi de la sous-alimentation permanente d’une grande partie de ses habitants et d’une dette écrasante, ce pays est en train de forger des instruments inédits de libération. Je consacre les troisième et quatrième parties à ces expériences inédites de lutte ou de résistance. Les sociétés transcontinentales privées, détentrices des technologies, des capitaux, des laboratoires les plus puissants que l ‘humanité ait connus, sont la colonne vertébrale de cet ordre injuste et mortifère. La cinquième partie de mon livre met en lumière leurs pratiques les plus récentes.

De la connaissance naît le combat, du combat la liberté et les conditions matérielles de la recherche du bonheur. La destruction de l’ordre cannibale du monde est l’affaire – des peuples. Régis Debray écrit: «La tâche de l’intellectuel est d’énoncer ce qui est. Sa tâche n’est pas de séduire, mais d’armer.» Écoutons aussi Gracchus Babeuf, qui après la fusillade du Champ-de-Mars, en juillet 1791, prononce ce discours :
«Perfides, vous criez qu’il faut éviter la guerre civile, qu’il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde. Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d’une part et toutes les victimes sans défense d’une autre!
«Que le combat s’engage sur le fameux chapitre de l’égalité et de la propriété!
«Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares ! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d’avoir ce caractère de toute audace d’un côté et de toute lâcheté de l’autre. Oui, je le répète, tous les maux sont
à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total »

Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement.

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https://www.ledevoir.com/lire/80656/jean-ziegler-plaide-pour-la-dignite-de-la-honte

Jean Ziegler plaide pour la dignité de la honte

Anne-Marie Brunelle 30 04 2005

La Déclaration d’indépendance des États-Unis stipule que «tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont: le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur». Lors d’une visite en France en 1776, Franklin, coauteur de ce célèbre texte, s’est fait reprocher par le jeune Danton le fait que la Déclaration d’indépendance ne comporte aucun pouvoir pour se faire respecter. «Erreur!», rétorqua Franklin. «Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel: le pouvoir de la honte.»

La honte dont traite le Suisse Jean Ziegler dans son dernier essai, L’Empire de la honte, diffère de celle qu’évoquait Franklin. Une dérive a fait que la victime, plutôt que l’oppresseur, se sent aujourd’hui honteuse. La honte s’abat sur le pauvre qui mendie, sur la mère d’enfants affamés, sur le public accablé par la fatalité et le sentiment de son impuissance. Citant Emmanuel Kant, selon qui le sentiment de honte découle du déshonneur, Ziegler appelle à remettre la honte à sa place: «L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables», écrit Jean Ziegler.

La honte redevient alors source de solidarité, comme au temps des insurgés français de 1789. Utopie? Certainement. Ziegler s’en réclame, tout comme Riccardo Petrella dans Désir d’humanité (2004). Ces penseurs de l’altermondialisation semblent avoir décidé de revaloriser la notion même d’utopie, mise à mal par la force du discours sur l’inéluctabilité des inégalités et des malheurs humains.

Ziegler poursuit donc son travail de démonstration et de dénonciation entrepris dans Les Nouveaux Maîtres du monde (Fayard, 2002). Il y écrivait que mourir de faim aujourd’hui, c’est mourir assassiné, parce que jamais l’humanité n’a eu autant de moyens pour dompter la famine et la misère. En 2005, il va plus loin en qualifiant la faim et la dette d’armes (honteuses) de «destruction massive».

Jean Ziegler est un penseur et un homme de terrain. Depuis 2000, il est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Il n’hésite pas à faire appel à des expériences personnelles, à des rencontres et à des souvenirs pour illustrer son propos. C’est parfois agaçant — son je se fait insistant sans toujours être utile —, mais on ne pourra lui reprocher de ne pas s’impliquer personnellement.

La mondialisation néolibérale ne manque pas de détracteurs. Jean Ziegler se démarque en racontant des histoires. Il dénonce avec force chiffres les multinationales et le FMI, mais la faim est aussi racontée par une mère éthiopienne ou un enfant des dépotoirs. Le lecteur en apprendra plus sur l’enfance du président Lula, du Brésil, qui se raconte. Jean Ziegler consacre d’ailleurs tout un chapitre à Lula et au Brésil, disant qu’il se prépare là une formidable révolution démocratique et économique, à l’issue incertaine, mais dont l’Europe ne se soucie pas du tout. Et au Québec, qui s’en soucie? Bombardier? La FTQ?

La démonstration de Ziegler est riche. Elle puise dans l’histoire, chez les philosophes et les dramaturges, de même que dans l’expérience personnelle de l’auteur. C’est là tout l’intérêt de son livre, qui ne s’adresse pas aux spécialistes ni aux militants, mais bien à un public plus large. Ziegler convie de belle manière à se réapproprier cette vieille idée du bonheur commun.

 

 

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https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/jean-ziegler-mise-pouvoir-honte/story/29329962

Jean Ziegler mise sur le «pouvoir de la honte»

Dans son nouveau livre, la «société civile» donne de l’espoir à l’intellectuel genevois.

Roland Rossier

Mis à jour: 24.02.2018

C’est un petit livre couleur sable, le dernier ouvrage en date de Jean Ziegler. Dans la suite de «Chemins d’espérance», le sociologue a choisi de mettre en évidence des notes d’espoir dans ce monde dominé par le «capitalisme financier». Et le titre du livre en résume son contenu: «Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures». Jean Ziegler ne baisse pas la garde. «Un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou des suites immédiates de manque de nourriture toutes les cinq secondes»: cela fait plus de 40 ans, depuis la parution d’«Une Suisse au-dessus de tout soupçon», que l’intellectuel d’origine bernoise dénonce les méfaits de l’oligarchie financière et des multinationales. Mais tout n’est pas perdu, aux yeux du sociologue. «Mon espérance est réelle. Elle n’est nullement fondée sur un quelconque idéalisme ou de fallacieux arguments, mais au contraire repose sur des éléments de sociologie démontrés». Et, malgré l’individualisme caractérisant les sociétés modernes, il pense que «ce que les individus considèrent individuellement «juste» se trouvera un jour incarné dans une revendication collective». Car, pour Jean Ziegler, «un phénomène planétaire inédit a surgi: la société civile», qui a trouvé un allié inattendu grâce à l’émergence puis l’organisation de réseaux sociaux. L’écrivain genevois met aussi en évidence une notion assez singulière, le «power of shame» (le pouvoir de la honte), en livrant cette anecdote: en 2003, il doit présenter des recommandations à Genève au Conseil des droits de l’homme. Dans son rapport, il dénonce le comportement des autorités chinoises qui renvoyaient en Corée du Nord des exilés s’étant réfugiés en Mandchourie. Juste avant de remettre son rapport, le Bernois est accosté par l’ambassadeur de Chine qui «l’implore» de supprimer le passage concernant son pays. L’écrivain ne cède pas. Mais cette supplique de ce représentant de grande puissance lui confirme l’importance du «pouvoir de la honte» qui, écrit-il, «peut sembler abstrait, romantique même, voire angélique». Mais qui est «une aide précieuse, une arme redoutable» pour tenter de sanctionner les violations des droits de l’homme. Le sociologue, qui est aujourd’hui vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, poursuit aussi son cheminement en direction de champs intellectuels davantage irrigués par la spiritualité. Sans être bigot. « Je suis un bolchevique qui croit en Dieu », aime-t-il dire. Et Jean Ziegler de résumer sa pensée : « Une détermination exogène contribue à déclencher l’acte émotionnel, qu’il soit le plus pur ou le plus inhumain. Mais pourquoi alors cette source autonome du Bien ne s’impose-t-elle pas à celle du Mal ? Je l’ignore, confesse-t-il, nous l’ignorons tous, même les plus éminents théologiens, les plus réputés exégètes l’ignorent ». Et c’est là le Grand Mystère, le plus insondable mystère. » On l’a compris, l’énigme est loin d’être résolue.

 

 

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Remarques:

Franklin, lui-même scientifique , bien que non esclavagiste, vivait dans un environnement suprémaciste blanc, de conquête coloniale aux Amériques ; basé sur le meurtre et la rapine, comme la France et d’autres pays impérialistes en Afrique et ailleurs. Ceci est toujours le cas en 2021. Nous sommes toujours sous l’emprise de l’argent-Roi. Et comme à l’époque de Franklin, le scientisme est toujours prépondérant aujourd’hui.
Il y a bien sûr une critique à faire sur cette honte à œillères, mais l’essentiel est dit chez Jean Ziegler.

« écrire, c’est faire un bond hors du rang des meurtriers » disait Kafka

mais on peut dire aussi que « les mots sont des bombes » La tactique peut-être efficace.

On connaît aussi l’expression « Toute honte bue » elle s ‘accorde avec l’actualité des puissances de l’argent qui manipulent leurs marionnettes d’Etat sans se soucier de la destruction qu’elles provoquent.

En opposition, pour miser sur ce « sentiment de honte », on doit les mettre en face de leurs forfaits, physiquement et moralement. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, et il n’y a pas que « l’univers du procès » que décriait Albert Camus dans « l’homme révolté ».

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon »… sa colère.

 

Il y a donc un « inventerre » à faire sur :

1°) le pourquoi de la haine parce que la honte de l’Occident

2°) le pourquoi de la haine parce que la honte du français

3°) le pourquoi de la honte du technicien

Là aussi chacun saura donner des exemples…

 

 

La honte du technicien m’est plus proche, elle est aussi  relatée dans cet article: https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/08/groupe-grothendieck-technoscience/

ou celui-ci… https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/11/izoard-merci/ https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/15/izoard-chine/

et ce même  sens est aussi décrit dans les différentes rubriques de ce site; le tout venant de rencontres et de lectures faites depuis plus de vingt ans. Tout vient des autres et de leur rencontre. « Je ne suis rien; nous sommes ».

1922: Anatole France: « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L’Humanité, 18 juillet 1922)

2021: Santé Publique France: On croit mourir du cancer; on meurt du nucléaire

Jean-Yves Peillard

Ajout du 16 Mars 2021 : http://crasputas.canalblog.com/archives/2021/03/16/38869227.html

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Pour un 2021 de résistance

Posté par elianguesard le 3 janvier 2021

 

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http://fondation-frantzfanon.com/voeux-de-la-fondation-pour-un-2021-de-resistance-es-fr-eng/

L’année 2020 restera dans les mémoires comme celle de l’horreur mais aussi de lutte. Horreur face à l’anéantissement de vies noires, au traitement abject des migrants et à l’indifférence devant la mort disproportionnée des personnes racialisées durant la pandémie; sans oublier les autres réalités tragiques (précarité, exclusion, guerres sans fin, déni du droit international, une communauté internationale et des institutions internationales au service du système financier) qui démontrent la gravité du projet continu de déshumanisation raciale, sociale et coloniale.

2020 a aussi été une année de lutte, de contestation, de dénonciation et d’affirmation de l’importance que seul le pouvoir exercé collectivement peut permettre d’engendrer des changements épistémiques et ontologiques. Ce fut une année de lutte contre le racisme structurel anti-noir, qui continue de façonner les institutions, les cultures, les attitudes et les modes de vie; de lutte également contre la production et la reproduction de logiques modernes/coloniales aussi bien à l’intérieur qu’entre les continents, les régions et les États-nations. Luttes non seulement contre un fascisme grandissant, mais aussi contre la colonialité du pouvoir qui s’exprime dans le libéralisme, le néolibéralisme, et pour certains états dans la revendication d’un républicanisme désuet et d’une laïcité qui devrait être d’État.

La lutte pour l’émancipation et la libération des peuples qui ont émergé après la période de la mise en esclavage et du colonialisme moderne se poursuit. La lutte pour les réparations politiques, symboliques et épistémiques continue elle aussi. Et ne cessera pas tant que les terres et les ressources naturelles ne seront pas redistribuées à ceux à qui elles appartiennent, alors qu’elles ont été acquises par le crime et le vol.

La Fondation Frantz Fanon est en première ligne des luttes pour une décolonisation globale de la subjectivité, du savoir, de l’économie et des relations sociales et internationales. La Fondation défend l’importance d’une conception fanonienne de l’Être et de la guérison, liées à l’expression de la liberté et de la créativité humaines, dans le cadre d’un engagement pour une restauration substantielle de la vie humaine, à commencer par les vies qui continuent d’apparaître comme les plus négligeables face à la pandémie de la colonialité.

La Fondation Fanon souhaite et célèbrera une année 2021 combative !

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https://www.mondialisation.ca/le-temps-nest-plus-celui-de-linformation-il-est-devenu-celui-de-la-resistance/5652395

Le temps n’est plus celui de l’information il est devenu celui de la résistance.

Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air.

« Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

(Georges Orwell)

Le jeudi 31 décembre 2020 –  A l’heure actuelle et compte tenu de tout ce que nous découvrons chaque jour à partir de la propagande de l’État, clairement incohérente, mais répondant à une autre logique dont il n’est jamais fait directement allusion, celle du programme détaillé du Forum Économique Mondial qui a théorisé le « Great Reset » [Grande réinitialisation ou Grande remise à zéro], dont chacun sait désormais l’objectif, nous avons compris pourquoi et comment se sont constitués les deux groupes de personnes qui de l’incompatibilité, sont sur le point de passer à l’affrontement … suite sur lien

 

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https://lavoiedujaguar.net/Premiere-partie-Une-declaration-Pour-la-vie

Première partie
Une déclaration…
Pour la vie

samedi 2 janvier 2021, par EZLN

1er janvier 2021.

Aux peuples du monde,
À celles et ceux qui luttent sur les cinq continents,

Frères, sœurs et compañer@s,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes femmes, lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, travestis, transsexuels, intersexes, queers et autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cetera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des ciels, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pour, des contre, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cetera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes ; la persécution et le mépris contre les différent·e·s dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure — chacun·e là où on se trouve — contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement. Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre celles et ceux qui sommes engagé·e·s, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement. Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement, le Front des peuples en défense de l’eau et de la terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée zapatiste de libération nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement. Inviter celles et ceux qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.

Depuis un des ponts de dignité qui unissent les cinq continents.

Nous.
Planète Terre.
1er janvier 2021.

Depuis des coins du monde divers, disparates, différents, dissemblables, décalés, distants et distincts
(en art, science et lutte, en résistance et rébellion) : voir sur lien

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La toute puissance des marchands de mort en France

Posté par elianguesard le 28 décembre 2020

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La toute puissance des marchands de mort en France, et l’État, l’armée comme VRP

https://www.legrandsoir.info/nous-sommes-les-terroristes.html

ou https://www.investigaction.net/fr/nous-sommes-les-terroristes/

traduit de https://caityjohnstone.medium.com/we-are-the-terrorists-e86c1c4483fb

Source : Le blog de Caitlin Johnstone, 17 décembre 2020

La guerre du Yémen est sans doute la pire chose qui se passe actuellement dans le monde. Et la situation ne devrait pas s’améliorer alors que les États-Unis veulent inscrire les rebelles Houtis sur leur liste des organisations terroristes. La guerre a pourtant déjà fait des centaines de milliers de morts. Pouvons-nous y faire quelque chose ou sommes-nous condamnés à la complicité, en regardant ailleurs pendant que des enfants meurent de faim et du choléra? (IGA)

L’administration Trump serait sur le point de placer les rebelles Houthis du Yémen sur sa liste officielle des organisations terroristes dans le but de les priver d’argent et de ressources. Le chef du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, ainsi que de nombreux autres experts, prévient que cette désignation prolongera l’horrible guerre qui a coûté la vie à plus d’un quart de millions de personnes et créera une barrière impénétrable de paperasserie empêchant l’aide humanitaire de parvenir au peuple yéménite.

Les Nations Unies estiment prudemment qu’environ 233 000 Yéménites ont été tués, surtout par des « causes indirectes », dans la guerre entre les Houthis et la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis. Ces causes indirectes seraient la maladie et la famine résultant de ce que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle « la pire famine que le monde ait connue depuis des décennies ».

Lorsque les gens entendent le mot « famine », ils pensent généralement à la faim de masse causée par des sécheresses ou d’autres phénomènes naturels. Mais en réalité, les décès par la famine que nous voyons au Yémen (dont un énorme pourcentage sont des enfants de moins de cinq ans) sont causés par quelque chose qui n’est pas plus naturel que les morts de famine que vous verriez dans un siège médiéval. Ils sont le résultat de l’application d’un blocus par la coalition saoudienne et de ses bombardements ciblés sur des fermes, des bateaux de pêche, des marchés, des sites de stockage de nourriture et des centres de traitement du choléra. L’objectif est de rendre les régions contrôlées par les Houthis du Yémen si faibles et misérables qu’elles se brisent.

En d’autres termes, les États-Unis et leurs alliés ont aidé l’Arabie saoudite à tuer délibérément des enfants et d’autres civils à grande échelle afin d’atteindre un objectif politique. Ce qui serait bien entendu un exemple parfait de toute définition standard du terrorisme.

Nous sommes les terroristes. L’Arabie saoudite, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la France et tous les autres pays qui ont facilité les horribles atrocités de masse au Yémen – cette alliance étroite de puissances mondiales constitue une organisation terroriste comme le monde n’en a jamais vu auparavant. Et l’empire étasunien, terriblement sauvage et sanguinaire, désigne à présent les Houthis comme une organisation terroriste. C’est la blague la moins drôle qui ait jamais été racontée.

Nous sommes les terroristes. Je dis « nous » au lieu de nos gouvernements, parce que si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous, en tant que population civile, sommes complices de ce massacre. Les horreurs au Yémen sont sans aucun doute la pire chose qui se passe dans le monde en ce moment, mais elles constituent à peine une tâche sur notre conscience sociale. L’écrasante majorité d’entre nous a vu les photos et les vidéos d’enfants yéménites affamés, a pensé à quelque chose du genre « Oh une famine, c’est si triste » puis est retournée à ses réflexions sur le sport ou toute autre absurdité insipide qui occupent la plus grande partie de notre attention.

Nous sommes les terroristes. Oui, il est vrai que nous avons été conditionnés dans notre complicité avec ce terrorisme. Et si les médias faisaient leur prétendu travail, le Yémen serait au centre de notre attention. Mais nous sommes toujours complices, nous y participons toujours, vivant dans une société où le massacre et la brutalité n’amènent pas à se lever no à utiliser la force du nombre pour exiger un changement. Ce n’est pas parce que vous l’ignorez que vous ne dormez pas sur un lit d’enfants massacrés.

Nous sommes les terroristes. Mais nous n’avons pas à l’être.

Nous pouvons commencer à nous réveiller ensemble. Réveiller nos amis et voisins, répandre la conscience de ce qui se passe, sensibiliser aux horreurs que nos gouvernements sont en train de commettre au Yémen et dans d’autres pays au nom de la domination impérialiste, s’entraider pour voir à travers les voiles de la propagande à quel point des vies et des ressources sont sacrifiées pour infliger une terreur indicible au lieu de profiter à l’humanité.

Le gouvernement étasunien pourrait presqu’immédiatement mettre fin aux horreurs du Yémen s’il le voulait vraiment. Si le maintien de l’hégémonie unipolaire reposait soudainement sur la victoire des Houtis plutôt que sur la poursuit de combats visant à préserver un régime aligné sur Washington, les Saoudiens se retireraient et la guerre serait terminée en quelques jours. Nous pourrions y arriver si nous parvenions à sensibiliser suffisamment sur la réalité de ce qui se passe au Yémen.

Brisez le silence sur le Yémen. Faites pression sur Biden pour qu’il tienne sa promesse électorale de mettre fin à la guerre initiée sous l’administration Obama-Biden. Opposez-vous à l’impérialisme étasunien. Dénoncez les médias de masse qui refusent de nous donner une image claire de ce qui se passe dans le monde. Aidez les gens à réaliser que leur perception de la réalité est continuellement déformée par les puissants.

Nous mettrons fin à notre complicité dans le terrorisme de l’Empire en réveillant les citoyens de cet empire et en leur ouvrant les yeux sur les actes de terreur qu’il commet.

 

Les articles de Caitlin sont entièrement pris en charge par les lecteurs, donc si vous avez apprécié cette pièce, pensez à la partager, à l’aimer sur Facebook, à suivre ses singeries sur Twitter, à consulter son podcast, à jeter de l’argent dans son chapeau sur Patreon ou Paypal, ou à acheter son livre Woke : A Field Guide for Utopia Preppers. https://caitlinjohnstone.com

 
&&&&&&&&&&&&&&&&&&& note de Jean Yves Peillard

En ce qui concerne « la Nausée française », il suffit de frapper sur un bouton de moteur de recherche des mots comme  » arme France Yemen » sur des sites d’investigation comme Survie et Bastamag par exemple.

Et on pourra affirmer que « nous sommes tous des terroristes et nous irons tous aux paradis »

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Appels des enfants contaminés

Posté par elianguesard le 14 décembre 2020

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APPEL À FINANCER LES PROJETS L’INSTITUT DE RADIOPROTECTION “BELRAD” DESTINÉS AUX ENFANTS CONTAMINÉS

Deux millions de personnes au moins, dont 500 000 enfants, vivent, en Biélorussie, sur un sol contaminé par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Toute la chaîne alimentaire est polluée par des éléments radioactifs. Parmi ceux-ci, le Césium 137. Le sol en regorge. Pour les familles peu fortunées, il est (quasiment) impossible de ne pas en ingérer.

Les populations des zones les plus contaminées dépendent d’un soutien dérisoire de l’État biélorusse et du travail de l’Institut « Belrad », représenté en France par l’association franco-biélorusse Enfants de Tchernobyl Bélarus (ETB), loi 1901, créée le 27 avril 2001.

L’Institut indépendant « Belrad » a été créé à Minsk en 1990, avec l’aide de Sakharov et de Karpov, par le Prof. Vassili Nesterenko, un physicien nucléaire du plus haut niveau qui, après l’accident de Tchernobyl, s’est reconverti dans la radioprotection des enfants qui sont les plus gravement touchés par la contamination radioactive. On constate en effet dès la naissance :

  • Des malformations
  • Une grande fragilité
  • Atteinte de tous les systèmes de défense contre les infections
  • Maladies cardiovasculaires
  • Maladies endocrines dont le diabète sucré grave
  • Thyroïdites
  • Atteintes neuro-psychiques et oculaires
  • Lésions d’autres organes
  • Cancers

L’Institut BELRAD utilise un système de mesure de la radioactivité du Césium 137 incorporé chez chaque enfant et un traitement qui réduit la charge en césium radioactif accumulé dans les organes. Ce traitement, à base de pectine de pomme vitaminée comporte des cures pour les enfants contaminés pendant 3 semaines, les cures devant être répétées de 2 à 4 fois par an pour produire un effet significatif. Cette préparation permet d’éliminer les atomes radioactifs (Césium, Strontium et dérivés de l’Uranium).

Beaucoup de Biélorusses, ayant de faibles revenus, doivent se nourrir d’aliments produits localement, fortement contaminés, et ne peuvent financer les traitements de leurs enfants.
Les équipes de l’institut BELRAD sillonnent les villages biélorusses, en mesurant le taux de Césium 137 chez les enfants et en leur fournissant gratuitement les comprimés de Pectine.

L’institut BELRAD est, avec 430 000 mesures effectuées sur les enfants en vingt ans d’activité, le seul témoin irréfutable de la contamination radioactive toujours présente dans une grande partie du territoire de Biélorussie. Il va à l’encontre de la version rassurante diffusée par les gouvernements et les organismes internationaux sous l’égide de l’OMS et de l’AIEA qui veulent faire croire que “Tchernobyl, c’est fini”. (voir le site d’Independent Who ) Loin d’aider l’institut, on s’acharne à le faire disparaître.

Il y a donc deux raisons de défendre l’institut BELRAD, que pratiquement seule l’association “Enfants de Tchernobyl Bélarus” finance :

  1. L’aide humanitaire, qui seule permet, par l’information des familles et l’utilisation des cures de pectine pour réduire les effets délétères du Cesium137, tout spécialement chez l’enfant, bien plus vulnérable que l’adulte.
  2. Renforcer le combat pour que la vérité scientifique sur les conséquences sanitaires immédiates et à long terme d’un accident tel que celui de Tchernobyl soit enfin reconnue. BELRAD nous apporte pour cela une quantité de données irremplaçables.

Historique et financements :

À l’origine, le financement de BELRAD reposait sur l’aide du premier gouvernement biélorusse. Les gros donateurs étaient des millionnaires russes, comme Karpov, puis une fondation américaine qui a arrêté son aide à la suite de l’attentat de septembre 2001. D’autres sources, en provenance d’ONG occidentales, ont rapidement diminué.

  • L’institut est né quand l’URSS disparaissait: il fallait répondre d’urgence aux immenses dégâts provoqués par la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des habitants des zones contaminées et non évacuées de Biélorussie.
  • La Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui nous avait aidé généreusement les premières années, a cessé toute aide.
  • L’institut ne reçoit plus aucune aide d’origine publique depuis 2005
  • L’association “Enfants de Tchernobyl Belarus” se bat pratiquement seule pour assurer la survie de l’institut BELRAD.

Le contexte actuel :

En réponse à l’appel d’offre européen financé par EuropeAid inspiré par un nouveau programme de l’ONU, l’Institut Belrad a présenté, en avril 2009, un projet de radioprotection incluant les cures de pectine pour les enfants contaminés. Le financement demandé sur 18 mois s’élevait à 60 000 euros. La délégation de l’Union Européenne à Kiev, en charge de l’instruction de ces dossiers, a répondu à l’Institut par une insultante fin de non-recevoir : « La thématique de votre projet n’est pas d’actualité »
Pour comprendre ce refus, il faut savoir que les quatre agences de l’ONU (AIEA, OMS, PNUD, UNICEF) sous l’égide de l’AIEA, ont déclaré le 24 avril 2009 que les territoires affectés par l’accident de 1986 ne sont plus dangereux pour les populations… ce que même le gouvernement français n’ose prétendre en déconseillant formellement aux touristes de se rendre dans le Sud-Est du Bélarus (voir page web du Ministère des affaires étrangères).
Or, trois exemples – pour ne s’en tenir qu’à ceux-ci – en provenance des pays les plus touchés par l’accident, se sont inscrits en faux de cette affirmation, en confirmant l’utilité de la radioprotection des enfants telle que la pratique l’Institut Belrad au Bélarus, en empruntant la même méthode.

D’UKRAINE – En partenariat avec le Centre de Médecine Radioactive de l’Académie des Sciences d’Ukraine, une  ONG  alsacienne qui s’occupe des enfants ukrainiens (Les Enfants de Tchernobyl ) a réalisé, en 2008, une étude qui reprenait le protocole de l’Institut Belrad de Nesterenko. Des centaines d’enfants, habitant des villages contaminés du nord de l’Ukraine, ont fait l’objet d’une mesure de la contamination radioactive en césium 137 incorporé dans leur organisme, avant et après leur séjour dans l’Est de la France, mais également avant et après des cures de Vitapect2, un composé de pectine, fabriqué sous licence pour l’Institut Belrad de Minsk.

Dans sa dernière édition, la très officielle « Revue de l’Académie des Sciences médicales du Ministère de la santé publique d’Ukraine »  a consacré un article de 9 pages aux résultats obtenus à l’initiative de l’association française. On retiendra de cette publication scientifique 4 informations majeures :

  1. Les organismes des enfants qui n’étaient pas nés au moment de l’explosion du réacteur nucléaire contiennent du césium 137.
  2. Les enfants sont contaminés par le biais de la chaîne alimentaire.
  3. Un séjour de 3 semaines en France permet de réduire de 30% en moyenne la contamination interne en césium 137 et ne plus subir la contamination externe. Ces résultats sont remarquables et prouvent l’intérêt de ces projets.
  4. Une cure de pectine de 3 semaines dans leur école permet de réduire de 50% à 70% la contamination interne en césium 137.

Pour permettre à BELRAD de continuer à soulager les souffrances des milliers d’enfants contaminés par les radiations dues à la catastrophe de Tchernobyl, toutes les aides sont les bienvenues. Merci.

Appels des enfants contaminés Enfants-2-300x225P.S. : . Pour info, en 2011, la France possède 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales.
. Tchernobyl: un seul réacteur, des centaines de milliers de morts, des millions de malades !

M. Hugot

Siège social de l’association française :

Les Enfants de Tchernobyl : 13 rue d’Amont, 21410 Ancey   http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

 

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Les enfants de Tchernobyl

http://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/  accueil intervention actions

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Les enfants de Fukushima

http://www.fukushima-blog.com/2020/09/fukushima-sous-un-autre-angle.html

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Les enfants de Polynésie

https://fr-fr.facebook.com/ASSOCIATION193/

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Les enfants de Bolivie

https://www.voixlibres.org/projets/

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Les enfants du Niger, d’Afrique D’Asie, du moyen-Orient, d’Amériques etc cela ne va pas bien non plus…

https://www.lemediatv.fr/emissions/2020/mondialisation-il-y-a-du-sang-dans-nos-smartphones-Bqca5UsBQEaZ5s3NCD-KhQ

https://www.youtube.com/watch?v=kf2udOxd5VA

https://www.partage-le.com/

 

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Quand l’orient menace L’empire occidental à son propre jeu

Posté par elianguesard le 11 décembre 2020

Quand l’orient menace L’empire occidental à son propre jeu;  le bluff de la société de marché, le capitalisme industriel au prix de la destruction du monde

Les capitadors on les retrouve aux belles places; Nickel.

Pour Les autres C’est des morts des arrestations des baffes plus de ciel.

Des mains invisibles remplissent les tirelires

D’autres des drones qui tirent.

Le monde voit le monde en mentant,

Et pourtant.

https://histoireetsociete.com/2020/12/10/vu-damerique-latine-neocolonialisme-en-afrique-la-france-fer-de-lance/

Vu d’Amérique latine: Néocolonialisme en Afrique, la France fer de lance

 

https://survie.org/pays/kanaky-nouvelle-caledonie/article/le-pouvoir-colonial-joue-la-tension-en-kanaky

Le pouvoir colonial joue la tension en Kanaky

https://www.revolutionpermanente.fr/Revoltes-en-Kanaky-la-gendarmerie-tire-a-balle-reelle-sur-les-protestataires-kanaks

Révoltes en Kanaky : la gendarmerie tire à balle réelle sur les protestataires kanaks

Quelques semaines après un référendum sur l’indépendance très serré et alors que la société Vale a annoncé la vente de son usine de Nickel de Goro à un consortium calédonien et internationale, la gendarmerie a ouvert le feu sur des protestataires kanaks aux abords de l’usine.

et https://reporterre.net/Le-nickel-est-l-enjeu-des-tensions-en-Nouvelle-Caledonie

haineOccident

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Retour sur les actions du 17 novembre 2020

Posté par elianguesard le 27 novembre 2020

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https://agir17.noblogs.org/post/2020/11/17/retour-sur-les-actions-du-17-novembre/

Sur la journée du 17 nov, le retour à la rue et la conjonction des fronts contre les intoxications

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Si les obstacles du moment ont occasionné un report d’un ensemble d’actions contre la réintoxication du monde, des mobilisations aux 4 coins du pays sont parvenues à percer les murs du confinement. Voici un retour sur un 17 novembre malgré tout riche en sorties, croisements et surgissements.
Pour minimiser les risques d’amendes et augmenter la participation, certains collectifs se sont parfois exceptionnellement organisés par le biais de manifestations avec demande d’autorisations préalables. 350 personnes se sont retrouvées en campagne au sud de Nantes pour faire obstacle à l’implantation d’une plate-forme géante Amazon. Sous la banderole : « JO-Paris 2024, intox et pillage de la Seine-Saint-Denis », des manifestant.es ont défilé dans les rues de Saint-Ouen et Saint-Denis jusque devant le chantier du Village olympique. A Sargé-le Mans, un rassemblement a eu lieu pour préserver 8ha de terres agricoles visées par l’agrandissement d’une zone commerciale. A Saint Cadou, Finistère, un chantier d’antenne 5G à été bloqué fiévreusement au petit matin avant une marche contre la réintoxication. A Gap, le collectif “adieu glacier 05” a établi un faux péage pour dénoncer la privatisation des biens communs par Vinci et consorts. A Montpellier, les ami.es de l’Ilot Vergne ex Friche de Mimi se sont retrouvés lors d’un déjeuner pour prendre en main l’avenir du terrain.
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Divers petits groupes se sont concentrés plus furtivement sur des détournements, apparitions, collages et affichages sauvages : un abribus a été rebaptisé “jardins de l’engrenage” puis redécoré devant la parcelle occupée depuis le 17 juin à Dijon, des “épouvantails en colère” se sont installés sur les jardins des Vaîtes à Besançon, des pochoirs “la croissance tue” se sont répandus dans le Maine-et-Loire et des affiches contre l’implantation d’un entrepôt logistiqueà Belin-Bélier en Gironde. Dans la Drôme, les Tulipes Sauvages ont implantés des banderoles contre la bétonisation qui menace les terres agricoles de la plaine de Chamarge. A Vitré c’est le château qui s’est vu recouvert d’un message contre le 2e contournement de la ville. D’autres ont imaginé diverses manières alternatives de faire apparaître leurs points de mire ce jour là : conférences de presse en ligne contre le projet routier RN88 en Haute-Loire, publications d’une cartographie des réalités toxiques et des luttes afférentes à Rouen, demande de moratoire en ligne sur le projet de zone commerciale Oxylane à Saint Clément de Rivière, soutien à une grève du climat en Alsace et à un peuplier noir multicentenaire dans la Marne, lettre ouverte aux aménageurs lillois, création du collectif “Stop EDF Mexique”  contre les projets éoliens coloniaux et destructeurs de l’entreprise EDF dans l’isthme de Tehuantepec, au Mexique…
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Mais le 17 novembre a par ailleurs été rythmé très fortement par toutes les protestations qui ont eu lieu ce même jour contre diverses autres formes d’intoxication sociales et policière, protestations qui ont permis à des milliers de personnes de se retrouver de nouveau ensemble dans la rue. Ce 17 novembre emblématique aura ainsi fait coïncider le second anniversaire du début du mouvement des Gilets Jaunes et le vote de la loi de sécurité globale, illustration brutale du renforcement des logiques répressives et de l’autoritarisme gouvernemental. La journée aura vu la poursuite de contestations étudiantes contre la loi LPR (programmation de la recherche). A Paris, en plus du croisement sur le pavé de ces divers enjeux, une grève illimitée des éboueurs parisiens s’est déclarée le même jour pour lutter contre des conditions de travail déplorables. Ce 17 novembre était aussi le 8e anniversaire de la “manif de réoccupation”, point de renversement face à l’”opération César” sur la zad de Notre-dame-des-Landes et le 37e anniversaire de la naissance de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale (EZLN) au Chiapas. Deux dates qui marquent chacune à leur manière la possibilité de mettre en échec des projets d’aménagement marchands destructeur du vivant et de maintenir des zones d’autonomie sur le long terme.
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Nous espérons bien que ce 17 novembre encore semi-confiné – avec ses relents d’un temps pas si lointain où gilets jaunes et mouvements climats battaient leur plein  – augure de la possibilité de trouver de nouvelles conjonctions à même d’enrayer l’intoxication des milieux vivants – humains ou non. Une nouvelle vague d’actions contre la réintoxication, pleinement déployée cette fois, s’élabore d’ores et déjà. Continuons à nous coordonner dans les rues, sur les zones industrielles, au coeur des bois et des champs !
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Un retour détaillé avec divers liens est  mis à jour sur le site : https://agir17.noblogs.org/
il y aussi divers publis avec d’autres photos sur la page fb : agir 17 novembre
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Le groupe de coordination du 17 novembre contre la réintoxication du monde

 Liste on espére exhaustive de l’ensemble des actions de ce 17 novembre 2020 : suite sur lien

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La pandémie est nucléaire

Posté par elianguesard le 25 novembre 2020

La pandémie est nucléaire rien

Philippe Oberlé, La pandémie est nucléaire

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article164126

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https://sniadecki.wordpress.com/202…

Dans un épisode (3 août 2020) de la série de vidéos « Il est temps » d’Arte, Jean-Marc Jancovici, ingénieur français diplômé de l’École Polytechnique, fondateur et président de The Shift Project – « le think tank de la transition carbone » – et associé fondateur de Carbone 4 – « premier cabinet de conseil spécialisé sur la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique » – prétend que le nucléaire est « un amortisseur de la décroissance plus efficace que l’éolien ou le solaire ». Cette déclaration est à classer parmi les nombreuses absurdités défendues avec vigueur par les nuisibles et autres parasites proches du pouvoir cherchant par tous les moyens à maintenir l’ordre socio-économique et technologique dominant, même au prix de la vie sur Terre.

Qu’elle soit issue de l’éolien, du solaire, du nucléaire, du pétrole, du gaz, de la méthanisation, de la géothermie ou du charbon, la production d’énergie poursuit un seul et unique objectif : alimenter des machines et des usines, accélérer la marche et l’expansion du système techno-industriel anéantissant la biosphère. Le nucléaire a parfaitement rempli cette mission – la dévastation socio-écologique planétaire a d’ailleurs progressé au même rythme que le développement du parc nucléaire. Comme tout lobbyiste prenant la défense d’une industrie nuisible, Jean-Marc Jancovici nie l’évidence en affirmant que le nucléaire n’y est pour rien dans l’hécatombe globale.

À la manière des défenseurs de l’énergie dite « propre » (éolien, solaire, etc.), il a pris soin en amont de limiter le cadre du débat à la production énergétique et aux émissions de gaz à effet de serre. À les écouter tous, il est évident qu’aucun des partis ne semble investi d’une mission au service de la biosphère ou du climat. Il s’agit plutôt de préserver par tous les moyens possibles le système techno-industriel en substituant une production énergétique par une autre. Il n’est presque jamais question de la finalité de la production énergétique.

Si cette énergie fait fonctionner des machines ayant arraché 44 milliards de tonnes de minéraux non métalliques (sable, gravier et argile en majorité) à la croûte terrestre en 2017, soit cinq fois plus qu’en 1970, ce n’est pas bien grave. Peu importe que cette production massive d’énergie ait permis d’industrialiser le système de production alimentaire, un système si efficient qu’un tiers de la nourriture (1,3 milliard de tonnes) destinée aux humains est gaspillée chaque année. Peu importe que cette énergie alimente des usines d’où sortent automobiles et camions, porte-conteneurs et tankers, jets privés et avions de ligne, bulldozers et excavatrices, tanks, avions de chasse, porte-avions, blindés, munitions et missiles, sans oublier les emballages plastiques et autres déchets électroniques (smartphones, ordinateurs, objets connectés) déversant partout leurs toxines.

Dans ce cadre, présenter le nucléaire comme indispensable à une politique de décroissance paraît plutôt osé, pour ne pas dire complètement grotesque. Et il suffit de prendre du recul pour s’en rendre compte, par exemple en jetant un œil à l’évolution de l’industrie nucléaire à l’étranger. Conformément aux conseils avisés de Jean-Marc Jancovici, les dirigeants de l’Empire techno-industriel mondial ont prévu « d’amortir la décroissance » en construisant des centaines de réacteurs aux États-Unis, en Chine, en Europe, en Inde, en Arabie Saoudite ou encore en Russie. Plus sérieusement, la quatrième révolution industrielle est attendue comme le Messie par l’oligarchie réunie au sein du Forum Économique Mondial (FEM) tenant sa petite fête annuelle à Davos. Et cette révolution industrielle ne peut avoir lieu sans une augmentation continue de la production énergétique globale.

Selon Klaus Schwab, fondateur et président du FEM, la quatrième révolution industrielle est « la révolution numérique, née au milieu du siècle dernier. Elle se caractérise par une fusion des technologies qui gomme les frontières entre les sphères physique, numérique et biologique. »

Il poursuit :

« Des milliards de gens bénéficient de perspectives illimitées grâce aux appareils mobiles connectés, dont la puissance de traitement, la capacité de stockage et l’accès au savoir sont sans précédent. Ces perspectives sont encore démultipliées par l’émergence de technologies novatrices dans les domaines de l’intelligence artificielle, la robotique, l’Internet des objets, les véhicules autonomes, l’impression 3D, la nanotechnologie, la biotechnologie, la science des matériaux, le stockage de l’énergie et l’informatique quantique. »

Pour déployer partout ces technologies merveilleuses et intensifier leur usage [et la 5G ne peut qu’y contribuer ; NdE], il va bien falloir augmenter la production d’électricité. Heureusement, il y a le nucléaire !

Think-tank

Selon la World Nuclear Association, notre planète compte environ 440 réacteurs nucléaires en fonction dans 30 pays. Au niveau global, plus de 100 réacteurs sont commandés ou planifiés, et au moins 300 réacteurs supplémentaires sont proposés. La Chine et l’Inde devraient contribuer en majorité à cet « effort de guerre ».

D’après les rapports annuels de l’Energy Minerals Division (EMD) appartenant à l’American Association of Petroleum Geologists (AAPG) :

— L’Inde prévoit d’investir massivement dans l’énergie nucléaire pour la porter à 25% de son mix énergétique.

— La Chine exploite 38 réacteurs et en construit 25 en ce moment. D’ici 2030, le pays de l’oncle Xi Jinping ambitionne d’en construire 99 autres et envisage d’atteindre un total de 240 réacteurs à terme.

— La Russie construit 7 réacteurs, en moyenne un nouveau réacteur devrait entrer en service chaque année d’ici à 2028. Le pays construit également des réacteurs flottants sur les côtes de Sibérie et de l’Arctique, dont le premier a été mis en service afin d’alimenter en électricité la course à l’extractivisme dans le cercle arctique. Une technologie que la Russie espère exporter à l’étranger.

— Aux États-Unis, où 20% de la production électrique provient de 98 réacteurs nucléaires, deux nouveaux réacteurs entreront en service peu après 2021, et 24 autres ont été proposés.

— L’Arabie Saoudite prévoit de construire 16 réacteurs d’ici 2030.

— Le Japon améliore et remet en marche sa flotte de réacteurs malgré l’accident de Fukushima. Dans peu de temps, les autorités japonaises devraient commencer à déverser dans l’océan plus d’un million de tonnes d’eau radioactive ayant servi à refroidir les réacteurs de Fukushima.

— Coïncidence intéressante : États-Unis, Chine, Inde, Russie et Arabie Saoudite sont aussi les États qui concentrent 62% des dépenses militaires mondiales d’après L’Usine Nouvelle. Les apôtres de l’atome sont aussi des va-t-en-guerre, ça promet.

Mais ayons confiance, la classe dirigeante a déjà eu l’occasion à maintes reprises par le passé de nous démontrer qu’elle était tout à fait capable de garder le contrôle de la puissance destructrice à sa disposition.

Philippe Oberlé, 9 novembre 2020.

Article publié sur le blog Greenwashing Economy. https://greenwashingeconomy.com/la-…

Bertrand Louart Jean-Marc Jancovici, l’écolocrate nucléariste https://sniadecki.wordpress.com/201… Dans la série “pourritures nucléaristes”… mai 2012

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laFranceNucleaire

Voir aussi  Au revoir Giscard et merci pour les enfants

http://crasputas.canalblog.com/archives/2020/12/07/38694502.html

et Suite à la visite du Président Macron et de sa ministre de l’écologie au Creusot,
le 8 décembre 2020

COMMUNIQUÉ DU COLLECTIF ARRÊT DU NUCLÉAIRE

http://collectif-adn.fr/2020/macron-au-creusot.html

 

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Le monde est complètement Trump

Posté par elianguesard le 3 novembre 2020

sisyphe

Dans la série (noire) « Le monde est complètement Trump » c’est à dire cinglé, voici trois textes bien marquants du moment

Fukushima, la pandémie nucléaire se répand

Ce n’est pas du Covid, donc l’information est passée quasiment inaperçue : le Japon déchargera en mer plus d’un million de tonnes d’eau radioactive provenant de la centrale nucléaire de Fukushima.

Le catastrophique accident de Fukushima fut amorcé par le tsunami qui, le 11 mars 2011, investit la côte nord-orientale du Japon, submergeant la centrale et provoquant la fusion des noyaux de trois réacteurs nucléaires. La centrale avait été construite sur la côte à seulement 4 mètres au-dessus du niveau de la mer, avec des digues brise-lames de 5 mètres de haut, dans une zone sujette à des tsunamis avec des vagues de 10-15 mètres de haut. De plus il y avait eu de graves manquements dans le contrôle des installations de la part de Tepco, la société privée de gestion de la centrale : au moment du tsunami, les dispositifs de sécurité n’étaient pas entrés en fonction. Pour refroidir le combustible fondu, de l’eau a été pompée pendant des années à travers les réacteurs.

Cette eau, devenue radioactive, a été stockée à l’intérieur de la centrale dans plus de mille grands réservoirs, en en accumulant 1,23 millions de tonnes. Tepco est en train de construire d’autres réservoirs, mais au milieu de l’année 2022 ceux-là aussi seront pleins. Devant continuer à pomper de l’eau dans les réacteurs fondus, Tepco, en accord avec le gouvernement, a décidé de décharger en mer celle qui a été accumulée jusqu’à présent, après l’avoir filtrée pour la rendre moins radioactive (mais on ne sait pas dans quelle mesure) avec un processus qui durera 30 ans.

Il y a en outre les boues radioactives accumulées dans les filtres du site de décontamination, stockées dans des milliers de containers, et d’énormes quantités de sol et autres matériaux radioactifs.

Comme l’a admis Tepco même, particulièrement grave est la fusion advenue dans le réacteur 3 chargé avec du Mox, un mélange d’oxydes d’uranium et plutonium, beaucoup plus instable et radioactif. Le Mox, pour ce réacteur et d’autres aussi dans le pays a été produit en France (site Orano de Beaumont-Hague en Normandie, NDT), en utilisant des déchets nucléaires envoyés par le Japon.

Greenpeace a dénoncé les dangers dérivant du transport de ce combustible au plutonium sur des dizaines de milliers de kilomètres (voir note en fin de texte, NDT). Elle a dénoncé en outre le fait que le Mox favorise la prolifération des armes nucléaires, parce qu’on peut en extraire plus facilement du plutonium et, dans le cycle d’exploitation de l’uranium, il n’existe pas de ligne de démarcation nette entre usage civil et usage militaire du matériau fissible.

Jusqu’à présent dans le monde se sont accumulées (selon des estimations de 2015) environ 240 tonnes de plutonium à usage militaire direct et 2.400 tonnes à usage civil, avec lesquelles on peut cependant produire des armes nucléaires, plus environ 1.400 tonnes d’uranium hautement enrichi à usage militaire.

Quelques centaines de kilogrammes de plutonium suffiraient pour provoquer le cancer des poumons aux 7,7 milliards d’habitants de la planète, et le plutonium reste létal pendant une période correspondant à presque  dix-mille générations humaines.

Ainsi a-t-on accumulé un potentiel destructeur en mesure, pour la première fois dans l’histoire, de faire disparaître l’espèce humaine de la surface de la Terre.

Les bombardements d’Hiroshima et Nagasaki ; les plus de 2.000 explosions nucléaires expérimentales dans l’atmosphère, en mer et sous terre ; la fabrication de têtes nucléaires  avec une puissance équivalente à plus d’un million de bombes d’Hiroshima ; les nombreux accidents avec des armes nucléaires et ceux dans les sites nucléaires civils et militaires, tout cela a provoqué une contamination radioactive qui a touché des centaines de millions de personnes.

Une partie des environ 10 millions annuels de morts du cancer dans le monde -documentés par l’OMS- est attribuable aux effets à long terme des radiations. En dix mois, toujours selon les données de l’Organisation mondiale de la santé, le Covid-19 a provoqué dans le monde environ 1,2 millions de morts. Danger à ne pas sous-évaluer, mais qui ne justifie pas le fait que les mass media, notamment télévisées, n’aient pas informé que plus d’un million de tonnes d’eau radioactive sera déchargée en mer depuis la centrale nucléaire de Fukushima, avec comme résultat le fait que, entrant dans la chaîne alimentaire, elle fera ultérieurement augmenter les morts du cancer.

Manlio Dinucci

Article original en italien :

Fukushima, dilaga la pandemia nucleare

Édition de mardi 3 novembre 2020 d’il manifesto

https://ilmanifesto.it/fukushima-dilaga-la-pandemia-nucleare/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

Photo en vedette : Une partie des plus de mille réservoirs d’eau radioactive, dans la centrale nucléaire de Fukushima

 

Note pour la version française.

“Le Mox pour les réacteurs japonais est produit en France, en utilisant des déchets nucléaires envoyés du Japon. Du site de retraitement Orano (ex-Areva) de Beaumont-Hague, en Normandie, le combustible au plutonium est transporté sur un millier de kilomètres par autocars au site Melox de Marcoule (Gard), où sont fabriquées les barres de combustible. Celles-ci sont de nouveau transportées au site de Beaumont-Hague pour organiser l’expédition. Les conteneurs sont ensuite transportés au port de Cherbourg et embarqués sur des navires qui, ayant à bord des hommes armés sur le pied de guerre, appareillent vers le Japon.

Greenpeace dénonce les dangers dérivant du transport de ce combustible au plutonium sur terre et par mer sur des dizaines de milliers de kilomètres, car personne ne peut prévoir ce qui se passerait en cas d’accident. Elle dénonce en outre le fait que le Mox favorise la prolifération des armes nucléaires, puisqu’on peut en extraire plus facilement du plutonium. Quasiment aucun gouvernement ne prête attention à l’alarme lancée par Greenpeace. Le gouvernement irlandais avait essayé en vain, en s’adressant en 2003 à la Cour d’arbitrage de La Haye, de faire fermer le site de retraitement de Sellafield en Angleterre : le site, dont se sert aussi le Japon, est source d’une dangereuse pollution radioactive de la Mer d’Irlande et de l’Atlantique Nord.

On n’a pas prêté non plus une grande attention à l’alerte, lancée en 2017 en France, par l’Autorité sur la sécurité nucléaire (ASN) concernant le site Areva (aujourd’hui Orano) de Beaumont-Hague. Selon l’ASN, la protection du site contre le risque d’explosion s’avère insuffisante. Le site concentre la plus haute quantité de plutonium et autre matériau radioactif en Europe. Un accident provoquerait des conséquences catastrophiques pour toute la région européenne”.

Extrait de :

Guerre nucléaire. Le jour d’avant. Qui nous conduit à la catastrophe et comment,

Manlio Dinucci (Zambon Editore), traduction M-A Patrizio, postface de B. Genet (Comité Comprendre et agir contre la guerre) à paraître aux Éditions Delga (Paris).

 

La source originale de cet article est ilmanifesto.it

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sciencA

https://reporterre.net/Le-monde-d-apres-s-appelle-Revolte

Le monde d’après s’appelle Révolte

16 novembre 2020 / Hervé Kempf (Reporterre)

Qu’ils sont loin, les rêves du « monde d’après ». Aujourd’hui, tout est redevenu comme avant, en pire. Ecologie et justice sont oubliées, alors que le pouvoir réprime de plus en plus durement la jeunesse, tout en bouchant son avenir. Sous le couvercle du confinement, la colère bouillonne.

Qu’il est loin, ce premier confinement. Il nous avait pris par surprise, c’était une situation jamais vue, cette mise en suspens d’une partie du monde pendant quelques semaines. La crainte du virus était là, le boulot était pénible pour les travailleurs les plus précaires et ceux assurant les fonctions vitales de la société. L’anxiété du chômage surgissait pour d’autres. Mais il y a eu aussi pour beaucoup, la découverte du silence, du renouveau de la nature, un moment de respiration dans le grand chambardement du monde. Une certaine euphorie se faisait jour, dans l’espoir que de cette crise pourrait surgir un monde meilleur. On a rêvé du « monde d’après » : transports, agriculture, santé, économie — on allait tout reprendre dans le bon sens, tandis qu’associations, syndicats, personnalités multipliaient les appels et les listes d’idées pour « le jour d’après ».

Six mois plus tard, nous sommes « après » : en pleine deuxième vague de la pandémie, en confinement, sous la férule d’un gouvernement à la fois peu compétent et autoritaire, et observant en silence les nouveaux maîtres du monde se gaver, tel Jeff Bezos, le patron d’Amazon encore enrichi en centaines de milliards, ou le patron de Pfizer qui, dès l’annonce d’un potentiel vaccin, a vendu 60 % de ses actions pour profiter de son cours qui venait de bondir.

Force est de constater que rien ne bouge. Le vide des politiques sur la biodiversité et le climat est sidéral, alors que ce sont les domaines clés si l’on veut éviter que se répètent sans cesse de nouvelles pandémies et que l’on endure du fait du réchauffement des situations intolérables. Toute l’attention politique est focalisée sur la gestion à court terme de la pandémie, attendant un miracle d’un vaccin à venir — dont l’idée qu’il pourrait être mis à disposition comme un bien commun est abandonnée — et trépignant dans l’espoir de faire repartir la croissance. La question de l’écologie globale ? Celle des inégalités ? « On verra plus tard. » Et en attendant, on continue à détruire la biodiversité en multipliant les projets inutiles, et sans rien entreprendre ni pour limiter l’élevage industriel ni pour limiter la déforestation tropicale, les deux sources des zoonoses.

Le mépris de la jeunesse

Quant au climat, un sujet crucial permet de comprendre combien il pèse peu en France : celui de la rénovation énergétique. Nous lançons aujourd’hui une grande enquête à propos de cette politique aux bénéfices collectifs évidents : sa mise en œuvre permettrait d’économiser des milliards d’euros sur nos importations de pétrole ou de gaz tout en réduisant les émissions de CO2. Elle créerait des emplois pour des dizaines de milliers d’artisans, elle contribuerait à réduire la pauvreté. Mais alors que l’urgence est reconnue depuis des années (Grenelle 2007), on est toujours encalminés. Ses financements sont confus et dispersés, les artisans ne sont pas formés, les procédures administratives compliquées, le lobby nucléaire pèse pour freiner. Alors que la rénovation énergétique est un axe essentiel d’une vraie politique climatique, elle continue à patauger depuis plus de dix ans.

L’explication de cette paralysie — qu’il s’agisse de biodiversité ou de climat —, est la résistance obstinée de pouvoirs oligarchiques à tout changement réel. Ils préservent leurs intérêts et promeuvent leur vision du monde : croissance, productivisme, numérique — point !

Le plus grave est que leur inconséquence égoïste prépare un avenir noir aux jeunes générations, qui subiront de plein fouet les catastrophes écologiques si nous n’agissons pas urgemment. Cette inconséquence, d’ailleurs, témoigne d’un mépris pour la jeunesse, d’un monde de vieux riches qui veulent préserver leur confort moisi. Elle se traduit par une attitude incroyablement brutale à l’égard des enfants et des adolescents : on oblige les enfants à porter dès six ans des masques qui les étouffent, on matraque et gaze des lycéens qui demandent qu’un protocole sanitaire sérieux soit appliqué, on garde à vue des enfants de dix ans pour « apologie du terrorisme », on lance une enquête sur la Fédération des centres sociaux parce que les propos des jeunes n’ont pas eu l’heur de plaire à une secrétaire d’État. Et l’on prépare une loi de « sécurité globale » (discutée jour pour jour deux ans après la naissance du mouvement des Gilets jaunes) pour pouvoir réprimer encore plus brutalement et à l’abri des regards celles et ceux qui oseraient protester.

Ce pouvoir est ivre d’autoritarisme et dangereux. En mai, on expliquait ici que le monde d’après serait un champ de bataille. Le champ est encore vide, parce que le confinement pèse comme un couvercle de plomb sur l’énervement, l’anxiété, la colère qui bouillonnent contre l’impéritie des gouvernants, contre le désastre écologique et contre l’injustice insupportable. Contre l’asphyxie et l’avenir sinistre que préparent les dominants. Quand ce couvercle se lèvera enfin, il y a fort à parier que la colère se transformera en révolte. Elle sera légitime.

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https://www.partage-le.com/2020/11/16/hold-up-comme-dhabitude-complotisme-et-anticomplisme-passent-a-cote-de-lessentiel-par-nicolas-casaux/

Hold Up : Comme d’habitude, complotisme et anticomplotisme passent à côté de l’essentiel

Quelques remarques griffonnées à la va-vite au sujet de ce documentaire qui aura au moins eu le mérite de provoquer des discussions — avec l’aide de Simone Weil, et aussi de Jaime Semprun (L’Abîme se repeuple, 1996) :

« La domestication par la peur ne manque pas de réalités effrayantes à mettre en images ; ni d’images effrayantes dont fabriquer la réalité. Ainsi s’installe, jour après jour, d’épidémies mystérieuses en régressions meurtrières, un monde imprévisible où la vérité est sans valeur, inutile à quoi que ce soit. Dégoûtés de toute croyance, et finalement de leur incrédulité même, les hommes harcelés par la peur et qui ne s’éprouvent plus que comme les objets de processus opaques se jettent, pour satisfaire leur besoin de croire à l’existence d’une explication cohérente à ce monde incompréhensible, sur les interprétations les plus bizarres et les plus détraquées : révisionnismes en tout genre, fictions paranoïaques et révélations apocalyptiques. […] Le soupçon de manipulation générale est alors un ultime refuge, une façon commode de ne pas faire face à l’irrationalité totale de la décadence, en lui prêtant une rationalité secrète. »

Le complot, ça marche ; c’est apparemment un nouveau filon capitaliste. C’est rassurant de se dire qu’on tient l’explication, qu’on comprend, qu’on sait, que tout ce qui se passe relève d’un plan, qu’on n’est pas juste perdus, égarés dans les flots tempétueux, incontrôlés, incontrôlables, dépourvus de sens, d’une civilisation qui, depuis longtemps déjà, n’est plus qu’un insondable maelstrom. Même chose, donc, en ce qui concerne l’anticomplotisme.

Le documentaire Hold Up de Pierre Barnerias pose autant problème dans le fond que dans la forme — la musique dramatique, par exemple, permet à peu de frais de passer des banalités ou des fabulations pour d’incroyables révélations. On pourrait passer un certain temps à lister les erreurs factuelles et les mensonges qu’il colporte. Divers médias grand public ont déjà commencé à le faire (liens ci-après). Rappelons-en deux :

  1. Le documentaire suggère qu’étant donné que Bill Gates et les Rockefeller prévoyaient l’avènement d’une pandémie depuis plusieurs années, alors ils sont sans doute coupables de l’avoir provoquée. Mais d’innombrables scientifiques et aussi des écrivains et toutes sortes de gens nous avertissent à ce sujet depuis déjà des années ! Pas seulement Bill Gates et les Rockefeller, loin de là. Les pandémies accompagnent depuis déjà des siècles le développement de la civilisation. Ainsi que le souligne un article récemment publié sur le site de la célèbre chaîne états-unienne History : « Plus les humains devinrent civilisés, construisant des villes, établissant des routes commerciales entre elles, et menant des guerres les uns contre les autres, plus des pandémies devinrent probables. » Dans un récent article intitulé « Ce qu’il faut savoir sur les principales épidémies et pandémies », René Noto, président d’honneur de la SFMC (Société Française de Médecine de Catastrophe), explique : « L’histoire des civilisations connues par les fouilles archéologiques montre à l’évidence l’existence de maladies infectieuses et cette histoire est jalonnée par ces risques infectieux sans pour autant que l’on puisse avoir des informations précises sur le contexte épidémique de l’époque. » Il y en a déjà eu de nombreuses au cours de l’histoire de la civilisation, il y en aura d’autres. Rien d’étonnant. D’autant plus que la civilisation de notre temps est mondialisée, dotée de transports à grande vitesse, bien plus populeuse que celles du passé, etc.
  2. Il affirme que les zoonoses sont rares, ce qui est évidemment faux. « Les estimations varient, mais sur les mille quatre cents organismes pathogènes connus affectant l’être humain, entre huit cents et neuf cents sont des “zoonoses”, c’est-à-dire des infections issues d’hôtes non humains. » (James C. Scott, Homo Domesticus). Choléra, variole, oreillons, rougeole, grippe, varicelle et peut-être aussi paludisme, sont, entre autres, des zoonoses.

Outre des erreurs factuelles et des mensonges purs et durs, le documentaire affirme des choses discutables, sinon douteuses, par exemple en évoquant divers complots et/ou phénomènes de corruption dans plusieurs secteurs industriels (le secteur pharmaceutique, notamment). Le problème étant qu’il ne s’agit pas tant de corruption ou de complots que du fonctionnement normal et logique du système capitaliste — impératif du profit et règne de l’intérêt financier. Lequel s’apparente, de bien des manières, à « une élite qui comploterait contre les citoyens et notamment contre les pauvres », quoi qu’en pense France Culture (d’où ces magnats de la Silicon Valley plaçant leurs enfants dans des écoles sans technologie tandis qu’ils encouragent l’État à fournir des tablettes à tous les autres enfants, à rendre l’école toujours plus numérique, virtuelle). Cette incompréhension du fonctionnement élémentaire du capitalisme amène les anticomplotistes à nier la réalité — des intérêts divergents, voire opposés, entre classes sociales — autant que les complotistes à la méconnaître.

L’absence d’une démocratie véritable et l’existence de classes, d’une structure sociale hiérarchique, implique depuis des siècles l’existence de maîtres et d’esclaves, et ainsi « l’état perpétuel de guerre dans lequel tout maître est vis-à-vis de ses esclaves » (Pierre Samuel du Pont de Nemours en 1771, qui en savait quelque chose, dont le fils créera par la suite la société DuPont, aujourd’hui l’un des plus grands groupes industriels de chimie du monde).

Complotistes et anticomplotistes ont également en commun — outre de prétendre détenir la Vérité scientifique — de ne jamais souligner une des seules choses dont nous sommes à peu près sûrs, à savoir, comme le formulait Simone Weil (Réflexions sur les causes de la liberté et de l’oppression sociale), que :

« L’obstacle qui apparaît le premier est constitué par la complexité et l’étendue de ce monde auquel nous avons affaire, complexité et étendue qui dépassent infiniment la portée de notre esprit. Les difficultés de la vie réelle ne constituent pas des problèmes à notre mesure ; […] [l]es termes d’oppresseurs et d’opprimés, la notion de classes, tout cela est bien près de perdre toute signification, tant sont évidentes l’impuissance et l’angoisse de tous les hommes devant la machine sociale, devenue une machine à briser les cœurs, à écraser les esprits, une machine à fabriquer de l’inconscience, de la sottise, de la corruption, de la veulerie, et surtout du vertige. La cause de ce douloureux état de choses est bien claire. Nous vivons dans un monde où rien n’est à la mesure de l’homme ; il y a une disproportion monstrueuse entre le corps de l’homme, l’esprit de l’homme et les choses qui constituent actuellement les éléments de la vie humaine ; tout est déséquilibre. »

Ainsi, l’étendue de la division du travail et de la spécialisation qui sont au fondement de la civilisation industrielle font de « la science […] un monopole, non pas à cause d’une mauvaise organisation de l’instruction publique, mais par sa nature même ; les profanes n’ont accès qu’aux résultats, non aux méthodes, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent que croire et non assimiler. »

Par exemple :

« Les mathématiques constituent à elles seules un ensemble trop vaste et trop complexe pour pouvoir être embrassé par un esprit ; à plus forte raison le tout formé par les mathématiques et les sciences de la nature ; à plus forte raison le tout formé par la science et ses applications ; et d’autre part tout est trop étroitement lié pour que la pensée puisse véritablement saisir des notions partielles. Or tout ce que l’individu devient impuissant à dominer, la collectivité s’en empare. »

Dans une telle configuration sociale, la démocratie est inexistante et impossible, les antagonismes de classe sont inéluctables, le pouvoir est entre les mains de l’inertie de la machine technocapitaliste, qui ne peut être ni contrôlée ni réformée. Les dominants ne peuvent que faire la guerre aux pauvres. Et le système la guerre au monde entier. Il est absurde d’espérer contrôler (qui plus est, démocratiquement) ce qui n’est plus depuis longtemps déjà à la mesure de l’être humain — des mégalopoles gigantesques, des États-nations pires encore, de vastes et même internationales divisions et spécialisations du travail nécessaires aux techniques/technologies les plus élémentaires sur lesquelles repose toute la société industrielle, l’existence technologique moderne.

Dans l’ensemble, ce documentaire, qui mélange des réactions et remarques légitimes (hostilité envers certaines nouvelles technologies déployées de manière parfaitement antidémocratique, à l’image de tout le reste) à des affirmations ou croyances ridicules (« on a trouvé le coupable de la covid19 »), envoie son audience sur une fausse piste, à la recherche d’un complot ourdi par quelques terribles méchants (Gates, Rockeffeller, Schwab). Il n’examine en rien ni ne remet en question la technologie et ses implications, le capitalisme et ses implications, la civilisation et ses implications, l’armature du système sociotechnique mondialisé. Suite à son visionnage, est-on mieux armés pour affronter le désastre en cours ? Pas vraiment. Au contraire, on risque de se perdre dans diverses impasses à chercher pourquoi certains sont méchants, comment changer de dirigeants pour en avoir de bons qui respectent les démocraties présentes, etc., toujours les mêmes espérances absurdes et réformistes. Le complotisme, en effet, loin de mettre en lumière les problèmes que posent les structures sociales existantes, l’organisation générale de nos sociétés, les principes fondamentaux qui les régissent, se contente de blâmer — parfois à plus ou moins juste titre, parfois non — diverses conjurations de personnes jugées malfaisantes.

Il est aussi regrettable que les anticomplotistes s’empressent de conchier tous ceux qu’ils qualifient de « complotistes », de les traiter de tous les noms, de les dénigrer avec parfois un mépris de classe abject (je ne sais plus quel article mass-médiatique renvoie à un thread Twitter d’une personne affirmant que les complotistes sont des gens « moyens » (ne possédant pas de diplôme supérieur d’éducation, etc.) frustrés et idiots).

***

Je ne sais pas d’où sort le SARS-COV‑2, je ne sais pas si l’hydroxychloroquine fonctionne ou non pour le guérir, je ne sais pas si le port du masque est dans l’ensemble une bonne chose ou non, je ne sais pas s’il est utile ou non, et je m’en fous un peu. Ce « monde incompréhensible », avec ses « processus opaques », son « irrationalité totale », dont « les difficultés […] ne constituent pas des problèmes à notre mesure », ce « chaos planétaire qui, littéralement, défie la description » (Jaime Semprun), est inhumain, ne peut être qu’inhumain. Il est absurde autant qu’inutile d’essayer de le réformer, de le contrôler.

Pour l’essentiel, il est à détruire — au plus vite, afin d’endiguer sa destruction du monde naturel et son écrasement de l’humanité, afin d’éviter qu’il ne finisse par nous détruire.

« Toute cette évolution, par l’invraisemblable dépendance qu’elle organise, est venue renforcer la cohésion de la mégamachine, ce qui la rend encore plus irréformable que naguère et fait plus que jamais apparaître l’option révolutionnaire comme la seule raisonnable. » (La Lampe hors de l’horloge).

Il se pourrait que le seul moyen de retrouver la mesure — des sociétés à taille humaine, des technologies contrôlables par de telles sociétés, « des formes d’organisation techniques et sociales plus simples, plus à la portée de la maîtrise et compréhension de chacun » (Bertrand Louart) — soit de précipiter l’effondrement de la machine, malgré tout ce que cela implique.

***

QUELQUES ARTICLES QUI LISTENT DIVERS MENSONGES DU DOCUMENTAIRE (je hais les médias de masse ; de plein de manières, ils font partie des entités les plus nuisibles du moment, les plus responsables du désastre, de sa continuation, leurs critiques du documentaire sont toujours teintées d’un anticomplotisme qui correspond à une défense du statu quo, et/ou à une négation de problèmes bien réels, et souvent aussi d’un insupportable mépris des imbéciles qui font le peuple d’en bas qui ne comprend rien à la Réalité Vraie, à la Science et à la Civilisation ; cela étant, ils relèvent pertinemment certains mensonges flagrants du documentaire Hold Up ; pour autant, je ne considère pas que toutes leurs remarques sont exactes, certaines sont sans doute discutables) :

https://factuel.afp.com/non-la-famille-rothschild-na-pas-brevete-des-tests-de-depistage-du-covid-19-en-2015

https://www.sciencesetavenir.fr/sante/covid-19–4‑fake-news-majeures-presentes-dans-le-documentaire-complotiste-hold-up_149107

https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/11/12/covid-19-les-contre-verites-de-hold-up-le-documentaire-a-succes-qui-pretend-devoiler-la-face-cachee-de-l-epidemie_6059526_4355770.html

https://www.liberation.fr/france/2020/11/12/dix-contre-verites-vehiculees-par-hold-up_1805434

https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-labos-masques-et-domination-du-monde-on-decrypte-hold-up-le-docu-qui-agite-les-complotistes-12–11-2020–8408046.php

Nicolas Casaux

 

 

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La honte du français actua

Posté par elianguesard le 24 octobre 2020

AuNomdupeupleF

Il y a la haine de l’occident parce qu’il y a la honte de l’occident

Il y a la haine du français parce qu’il y a la honte du français

https://www.mondialisation.ca/la-france-a-trouve-son-nouveau-dreyfus-il-sappelle-mohammed/5650494

La France a trouvé son nouveau Dreyfus, il s’appelle ‘Mohammed’

Le tapage et la surenchère médiatiques habituels suscités par l’assassinat du professeur Paty par un jeune tchétchène est révélateur de plusieurs choses qu’il faut rappeler :

1. l’esprit colonial – et donc raciste (n’ayons pas peur des mots) – d’une majorité des intervenants, tant au niveau politico-médiatique qu’au niveau de la population, est aussi affligeant qu’instructif ;

2. la dérive vers une fascisation de l’appareil d’Etat français se confirme par la prise de décisions toujours plus liberticides, répondant en cela à la demande d’une part de la population toutes tendances confondues ;

3. en-dehors de ce qui est publié sur lui, d’où sort ce jeune Tchétchène ? Qui est-ilvraiment ? ‘Décapiter’ un individu n’est pas simple, comment y parvenir sans entraînement ? Est-il un électron libre ou finira-t-on par apprendre qu’il était en lien avec quelque réseau comme celui des armes utilisées par A. Coulibaly lors de la fusillade à l’Hyper Cacher qui lui ont été délivrées par Cl. Hermant, ex-membre de la sécurité du FN, et ‘indic’ des douanes et de la gendarmerie ? Et, comme d’autres avant lui, que savait-il de gênant pour qu’il soit tué et non blessé – comme cela est pratiqué dans d’autres pays – afin de pouvoir mener une enquête avec le principal intéressé ?

https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/10/02/au-proces-des-attentats-de-janvier-2015-l-indic-les-armes-et-le-chainon-manquant_6054462_3224.html)

Loin de plumes anonymes, petit relevé – très incomplet – de ce florilège nauséabond de la part de personnes en vue :

« Ils décapitent nos professeurs, nous on va enseigner l’arabe », écrit R. Ménard, maire de Béziers, ancien responsable de ‘Reporters Sans Frontières’, qui organise dans sa commune des campagnes publicitaires ignobles avec l’argent du contribuable, et dont le racisme cache mal de piètres notions de géographie : en Tchétchénie on ne parle pas arabe !

« Les femmes musulmanes qui portent le voile portent en réalité une arme sur la tête, il faut donc leur retirer le port d’arme ! », déclare l’aspirant ‘Reichführer’ Eric Ciotti, sur la chaîne Cnews où E. Zemmour condamné à plusieurs reprises pour propos racistes gardait son rond de serviette et où l’infatué G.W. Goldnadel appelle à la ‘vengeance’ sans aucune réaction de la part de la chaîne… ni du CSA ;

« Quand mon pays est attaqué, je suis là ! », annonce l’inénarrable M. Valls sur BFMtv… mais de quel pays parle-t-il, ce camé-léon qui tend la sébile pour se trouver une planque tant en Espagne qu’en France et bouffe à tous les râteliers !?

« Il faut immédiatement reproduire massivement toutes les caricatures de Charlie, les placarder sur tous nos murs pour faire taire les assassins. Ils peuvent tuer une personne, ils ne nous tueront pas tous », assène P. Bruckner, sioniste bien à l’abri du pays dans lequel il pérore, mais que tous ceux qui sont la cible des guerres de nos Etats – comme en Palestine – ne peuvent hélas reprendre en chœur, dès lors qu’eux, on les tue TOUS avec notre technologie mortifère et nos ventes d’armes aux pires régimes !

« Suite au drame des Yvelines, et pour maintenir la paix civile en France, Macron doit consulter les Français par référendum sur la politique migratoire qu’ils veulent », ose Fr. Asselineau qui réagit comme le troupeau en profitant de la sidération de la population. Politique de bas étage, comme les autres, finalement !

– « Moi, je pense qu’il y a un problème avec la communauté tchétchène en France », lâchera J-L. Mélenchon avant de rétropédaler, sauf que la sentence est lâchée, trahissant de la sorte le même fond de pensée que les autres.

« ’Aux armes citoyens… ils viennent jusque dans vos bras égorger vos fils et vos compagnes’… non, ce n’est plus virtuel, hélas ! Samuel Paty décapité. Colère. Réveillons-nous ! C’est presque trop tard. Stop à l’angélisme !! 100% des 267 victimes en France sont dues aux islamistes !! », tweete M. Habib, député, dont la déclaration est une incitation à la violence punissable par la loi… Mais, parlerait-il de ce qui se fait tous les jours en Palestine occupée et qu’il soutient au nom de son appartenance à la criminelle idéologie sioniste ?

– Je passe sur les ‘idiots utiles’ (Barbier, Pécresse, Bertrand, Lévy, Cazeveuve, Le Pen, Fillon, Val, Castex et autres hyènes attirées par l’odeur du sang pour nous livrer leur mantra fourre-tout d’‘islamo-gauchisme’ aussi vide de sens que ce qui leur reste d’un cerveau putréfié par le sionisme) pour reprendre le clou de l’affaire, signé par l’inculte Ministre de l’Intérieur : « Je vais proposer la dissolution du CCIF et de BarakaCity, des associations ennemies de la République. Il faut arrêter d’être naïfs et voir la vérité en face : il n’y a aucun accommodement possible avec l’islamisme radical. Tout compromis est une compromission ». Sauf que ce faisant, ce responsable politique semble passer outre les procédures démocratiques qui nécessitent au minimum un débat avant toute prise de décision dans ce qui prend l’allure d’une grave dérive autoritaire, s’ajoutant à toutes celles prises dans le cadre de la crise sanitaire.

Laissé en roue libre par ses supérieurs, il lui a fallu ajouter le lendemain sur un plateau : « Moi ça m’a toujours choqué de rentrer dans un hypermarché et de voir un rayon de telle cuisine communautaire »… Pas difficile de deviner de quelle cuisine il parle. Question subsidiaire : comment fait-il quand il a envie d’une pizza, d’un riz cantonnais, d’un couscous ou d’une paella ?…

Les amalgames sont à leur comble. Et comme figurait sur un panonceau : ‘Moquez les juifs, vous serez accusé d’antisémitisme ; moquez les femmes, vous serez accusé de sexisme ; moquez les musulmans, vous serez protégé par la Liberté  d’expression !’

Si les gouvernements successifs de la France avaient réellement le souci de protéger leurs concitoyens de l’islamisme, ils ne vendraient pas des armes aux régimes pourris que l’on sait, ni n’armeraient et ne financeraient les groupes djihadistes divers selon les terrains d’opérations.

Et je m’associe avec Mona Cholet quand elle souligne via Twitter : « Tous ces gens qui n’existent médiatiquement ou politiquement que grâce à la haine, au sang et au meurtre, qui s’y épanouissent, et qui voudraient nous faire croire qu’ils sont la solution face au terrorisme, alors qu’ils accélèrent seulement notre course vers l’enfer. »

Mais, relevons le défi de ce minable Ministre, et regardons donc la ‘vérité en face’, analysons le fond de ce qui est annoncé comme combat, ramené selon l’habituelle rengaine à la sacro-sainte ‘liberté d’expression’ reprise en chœur par les bien-pensants de tous bords en hymne à un professeur dont on peut se demander s’il n’y a pas d’autre approche possible pour aborder un tel sujet avec des enfants. Le pays est tombé si bas que cette ‘liberté d’expression’ en est réduite à des caricatures d’une publication d’un goût plus que douteux. La ‘liberté d’expression’ à la française y est résumée à de piètres dessins, qui eussent été classés ‘pornos’ s’il c’était agit de photos, représentant – désolé pour la vulgarité – des trous de culs, des couilles, des bites, des vagins, et j’en passe… qui n’ont pour autre objectif que de choquer, d’insulter, d’humilier certains compatriotes. Voilà ce que sont devenues les ‘Lumières’ dont la France se gargarise tant, et qu’elle voudrait désormais imposer comme étendard. Il y a vraiment de quoi être fiers !

Et quand on lit que ce genre de torchon devrait être placardé partout et proposé aux collégiens âgés pour certains de 12 ans ‘dès la rentrée’, on peut se poser de sérieuses questions sur ce qui anime l’esprit de tous ceux qui pensent ainsi – y compris au Ministère de l’Education nationale – sauf à rappeler le nombre incroyable d’abus sexuels sur mineurs (dont certains protagonistes sont régulièrement invités dans les médias) et aussi que le Ministre en cause fait l’objet de deux enquêtes pour viols – accusé dans la foulée de ‘trafic d’influence’ et de ‘conflit d’intérêts’. Et qu’on ne peut oublier les frasques des Mitterand, Chirac, Sarkozy, Hollande et plus récemment, de celle qui est devenue la 1è Dame de France après avoir initié une relation avec un mineur devenu Président de l’Etat. Sans passer sous silence le projet de loi que certains élus ressortent régulièrement pour abaisser la majorité sexuelle des jeunes… afin de pouvoir sans doute s’adonner à leurs fantasmes sans risque de poursuites ! D’un coup, on perçoit mieux l’image de cette France que d’aucuns veulent imposer à ceux qui à juste titre y résistent, et ne veulent pas que leurs enfants y adhèrent.

Suite aux attentats de 2015, dans la ‘Charte de la Laïcité à l’Ecole’ publiée avec tout le decorum que l’État y a mis, est stipulé en son point 3 : « La laïcité permet la libre expression de ses convictions, dans le respect de celles d’autrui et dans les limites de l’ordre public ». Force est de constater qu’on en est loin.  https://www.education.gouv.fr/bo/13/Hebdo33/MENE1322761C.htm

En réalité, les projets de ce cercle politico-médiatique pervers sont de plus en plus clairs : distraire tous les frustrés – et ils semblent être nombreux sous la ceinture  – de la Nation qui ainsi peuvent se lâcher dans une parole désormais ‘décomplexée’. En vérité, la France ne défend pas la ‘liberté d’expression’ d’ailleurs régulièrement censurée quand elle ne convient pas au gotha, elle promeut le droit à la pornographie dès le plus jeune âge, nuance !

Pendant ce temps, le gouvernement peut poursuivre ses plans sordides de privatisations généralisées jetant de plus en plus de citoyens dans la précarité. La stratégie est toujours la même : distraire la plèbe qui survit dans des conditions de plus en plus dures de par les choix politiques désastreux de ces gouvernements soumis aux financiers, en lui jetant à la tête un bouc émissaire lui servant d’exutoire. En son temps, ce fut Dreyfus. Aujourd’hui, ce sont les ‘Mohammed’ !

Pour tenter d’élever le débat sur ce tragique évènement, lisez plutôt :  https://blogs.mediapart.fr/jamel-dean/blog/181020/qui-tue-samuel-paty

Daniel Vanhove

23.10.20

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voir autres articles

https://acta.zone/loccident-et-les-djihadistes/

https://reporterre.net/Islamo-gauchisme-et-capitalo-fascisme

https://www.legrandsoir.info/l-amour-fou-de-la-france-et-du-djihad-sanglant-boomerang.html

https://www.legrandsoir.info/samuel-paty-et-l-arabie-saoudite.html

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parmi ceux du type exemplaire de l’homme Massimo Bonfatti

Posté par elianguesard le 5 octobre 2020

https://aipri.blogspot.com/2020/09/hommage-massimo-bonfatti-mondo-in.html

Hommage à Massimo Bonfatti. (Mondo in cammino)

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Notre noble et chaleureux ami Massimo Bonfatti, fondateur et président de l’association anti-nucléaire «Mondo in Cammino»https://www.mondoincammino.org/,

s’est éteint. Son cœur affaibli, par le césium respiré ici sous retombées et là-bas sous re-suspensions nous lança-t-il un jour, l’a abandonné ce 1 septembre 2020 alors qu’il se trouvait en Sardaigne pour une courte vacance avec sa famille avant de repartir en Biélorussie aux alentours de Chernobyl, « For children, for the future. Per un mondo nuke free e di pace».  Fondée sous ses auspices en 1998 avec le nom de «Progetto Humus»  pour porter une aide agro-alimentaire qui garantisse une nourriture saine aux villageois laissés pour compte des territoires « ex soviétiques » contaminés suite à la catastrophe de Tchernobyl,  son association solidaire a peu à peu étendu son camp d’action à la didactique de la radioprotection, au social, à l’instruction, à la santé et au respect des droits de l’homme.

Massimo Bonfatti est né en l’année atomique 1953 où 723 kt de radiotoxiques réduits en poussières fines respirables furent éparpillés dans l’atmosphère par 18 bombes atomiques. Originaire de l’Emilie, il résidait depuis longtemps à Carmagnola dans le Piémont où il avait fonction d’infirmier en chef à l’hôpital San Lorenzo jusqu’à sa toute récente retraite. Engagé dans le volontariat dès son plus jeune âge, adulte il s’est concentré sur les conséquences des retombées radioactives de Tchernobyl jusqu’à devenir une voix de la société civile en la matière et faire de son site une référence documentaire unique en Italie. En 15 ans d’incessante activité, conscient du défi pour sa propre santé mais fort de son indéfectible conviction humaniste et de sa connaissance du russe et de l’ukrainien, il a effectué de très nombreuses missions d’assistance dans les zones passablement contaminées d’Ukraine et de Biélorussie constatant chaque fois de visu la douloureuse ampleur de ce désastre sanitaire sans fin laissé en héritage par les retombées radiotoxiques de 1986 que l’on s’empresse depuis de nier à tout prix. Il a en outre mis en oeuvre des projets intercommunautaires dans un Caucase déchiré par les conflits interethniques ce qui lui a récemment valu avec son équipe de paix d’injustifiables menaces de mort au Donbass.
Personnalité internationale de la société civile engagée tant sur le plan atomique que des droits de l’homme, Massimo Bonfatti avait tissé une amitié  personnelle avec Yuri Bandazhevsky, Vera Politkovskaya, Akhmed Gisaev (militant tchétchène des droits de l’homme victime de la torture), Shakhman Akbulatov (directeur du Mémorial Grozny, exilé en France), Arkadi Babchenko (écrivain), Dmitri Florin (journaliste russe exhilé en Finlande), Ella Keseva (association des victimes de Beslan), Svetlana Gannuskina (présidente de l’association de Grosny « Sauvons notre génération » assassinée en 2009).
         Massimo Bonfatti n’est plus. Mais sur la voie qu’il a contribué à tracer d’autres cheminent déjà et d’autres chemineront encore remplis de sa débordante humanité.

 

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