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Le pouvoir de la honte

Posté par elianguesard le 23 janvier 2021

1922: Anatole France: « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L’Humanité, 18 juillet 1922)

2021: Santé Publique France: On croit mourir du cancer; on meurt du nucléaire.

nousautreculturP

JeanZiegler

D’après Jean Ziegler dans ses ouvrages dont « La haine de l’occident »

L’un ou l’une

Jean Ziegler est la seule personnalité (avec Danielle Mitterrand qui seule aussi « portait à gauche ») qui nous soutenait devant l’OMS durant dix ans (www.independentwho.org)

Je ne le connaissais que de nom sans l’avoir lu ni vu, par contre je connaissais le livre coordonné par sa femme Erica Deuber Ziegler:

« Nous Autres » et c’est ainsi que j’ai pu constater que  l’un n’est rien sans l’autre; l’un ou l’une est la moitié de l’autre. Des couples bien enracinés ensemble, on en a tous en tête; par exemples Claude et Lydia Bourguignon rencontrés avec les faucheurs . Et quand l’un ou l’une disparaît, il ou elle continue de « vivre dans l’autre ». Il-elle continue de vivre dans la mémoire et le cœur de l’autre. C’est encore plus remarquable lorsque c’est la lutte qu’elle_il menaient ensemble se prolonge après la disparition de l’autre. Le deuxième exemple que j’ai pu constater est la lutte et l’histoire commune de Solange et Michel Fernex , ensuite d’autres apparaissaient comme la lutte et l’histoire commune de Annie Thébaud-Mony et Henri Pézerat. Mais encore celle de Bella et Roger Belbéoch, essentiels dans la lutte contre le crime nucléaire ; https://rebellyon.info/Les-belbeoch-pour-l-humanite-17173 puis la ligne http://elianguesard.unblog.fr/2017/12/27/les-belbeoch-pour-lhumanite/

Chacun trouvera en fonction de ses rencontres d’autres exemples à citer et l’important est de relever cette beauté ou harmonie du lien entre deux êtres, on appelle cela amour ou loyauté. Et cela est beau à voir. D’autant plus lorsqu’il s’agit de « combattant-e du vivant ».

Le thème du pouvoir de la honte

C’est lors d’un salon Alternatiba à Genève, où nous avions un stand IWHO  (www.independentwho.org) que je pu discuter avec un jeune homme sur le livre de Ziegler récemment lu: « La Haine de l’Occident », ce jeune d’origine argentine avait assisté  avec son frère aux cours de Jean Ziegler à l’ Université de Genève. Au cours de la rencontre, il me dévoila une des idées-force de Ziegler, même son grand thème: il y a « la haine de l’Occident » parce qu’il y a « la honte de l’Occident, j’en déduisis immédiatement qu’il y avait « la haine du français » parce qu’il y a « la honte du français » et on pourrait étendre la démonstration dans mon cas sur la « honte du technicien ».

L’origine  de ce thème de honte, je le vis aussi dans ses autres ouvrages, c’était il y a longtemps.

 

« Quelques extraits glanés sur une période où « Saint-Just faisant écho à Jacques Roux disait : « la liberté ne peut s’exercer que par des hommes à l’abri du besoin. »

«…Benjamin Franklin coauteur de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis se vit interpellé par le jeune Danton : « Le monde n’est qu’injustice et misère. Où est la sanction ? Votre déclaration n’a, pour se faire respecter, aucun pouvoir, ni judiciaire ni militaire… »

Benjamin Franklin lui répondit, sûr de lui : « Erreur !! Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel ; le pouvoir de la honte. »

Benjamin Franklin voulait dire que dans chaque être humain qui se respecte, il y a une part irréductible qui l’empêche de faire des choses reconnues comme universellement honteuses : comme plumer ses concitoyens , les réprimer sans cause , les avilir , les appauvrir etc …L’intériorité étant la caractéristique de toute société humaine.

source https://forum.oujdacity.net/topic/la-honte/

 

(Franklin) Pour rappeler la liberté d’expression de la presse, il publie une citation d’un journal anglais : « sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de liberté du peuple sans liberté d’opinion ; celle-ci est le droit de chaque homme tant qu’il ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui ».

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Autre source https://olivierjulien.wordpress.com/2011/05/01/lempire-de-la-honte-jean-ziegler/

INTRODUCTION

En 1776, Benjamin Franklin fut nommé premier ambassadeur de la jeune République américaine en France. Il avait 70 ans. Franklin arriva à Paris le 21 décembre, venant de Nantes, après une longue et périlleuse traversée sur le ReprisaI.
Le grand savant s’installa dans une
mod~ste maison à Passy. Les échotiers commencèrent bien vite à épier chacun de ses faits et gestes. Celui de La Gazette écrit : «Personne ne l’appelle Monsieur… tout le monde s’adresse à lui en l’appelant tout simplement Docteur Franklin… comme on l’aurait fait avec Platon ou Socrate.» Un autre dit : «Protée n’était finalement qu’un homme. Benjamin Franklin aussi. .. mais quels hommes  !» Voltaire qui, à 84 ans, ne sortait pratiquement plus de chez lui, se déplaça jusqu’à l’Académie royale pour l’y accueillir avec solennité.
Coauteur, avec Thomas Jefferson, de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, signée le 4 juillet 1776 à Philadelphie, Franklin jouit aussitôt, dans les cercles révolutionnaires et les salons littéraires de Paris, d’un prestige immense. Que disait cette déclaration? Relisons son préambule :
«Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont : le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur [ … ].
« C’est pour s’assurer de la jouissance de ces droits que les hommes se sont donné des gouvernements dont l’ autorité devient légitime par le consentement des administrés [ … ].
«Lorsqu’un gouvernement, quelle que soit sa forme, s’éloigne de ces buts, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement en le fondant sur ces principes et en l’organisant en la formequi lui paraîtra la plus propre à lui donner sécurité et bonheur
».
Situé au coeur du quartier de Saint-Germain, le café Procope était le lieu de prédilection des jeunes révolutionnaires. C’est là qu’ils tenaient leurs réunions et organisaient leurs fêtes. Benjamin Franklin y dînait de temps à autre, en compagnie de la belle Mme Brillon. Un soir, un jeune avocat de 20 ans, Georges Danton, l’interpella bruyamment: «Le monde n’est qu’injustice et misère. Où est la sanction? Votre déclaration n’a, pour se faire respecter, aucun pouvoir ni judiciaire ni militaire … »
Franklin lui répondit: «Erreur!
Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel : le pouvoir de la honte (the power of shame).»

Le Petit Robert dit de la honte: «Déshonneur humiliant. [ … ] Sentiment pénible de son infériorité, de son indignité ou de son humiliation devant autrui, de son abaissement dans l’opinion des autres (sentiment de déshonneur). [ … ] Sentiment de gêne éprouvé par scrupule de conscience. »
Ce sentiment et les émotions qu’il suscite, les affamés du bairo de Pela Porco à Salvador de Bahia les connaissent parfaitement : «Precio tirar la vergonha de catar no lixo … » (<< Je dois vaincre ma honte pour pouvoir fouiller dans les poubelles … »).
S’il ne parvient pas à vaincre sa honte, l’affamé meurt. À l’école, il arrive que des enfants brésiliens tombent d’inanition du fait de l’anémie. Sur les chantiers, la privation de nourriture fait défaillir les ouvriers. Dans les bidonvilles d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, dénommés pudiquement «habitats insalubres» par les Nations unies, là où vit 40 % de la population mondiale, les rats disputent aux ménagères la maigre pitance familiale. Le sentiment d’infériorité torture les habitants.
Les êtres faméliques errant dans les rues des mégapoles d’Asie méridionale et d’Afrique noire sont, eux aussi, talonnés par la honte.

Le sentiment du déshonneur interdit au chômeur en loques de pénétrer dans les beaux quartiers, là où il pourrait pourtant, peut-être, trouver un travail pour se nourrir et nourrir sa famille. La honte le retient de s’exposer aux regards des passants.

Dans les favelas du nord du Brésil, les mères ont coutume, le soir, de mettre à bouillir de l’eau dans une marmite en y déposant des pierres. À leurs enfants pleurant de faim, elles expliquent : « Le repas sera bientôt prêt. .. », tout en espérant qu’entre-temps les enfants se seront endormis. Mesure-t-on la honte éprouvée par une mère devant ses enfants martyrisés par la faim et qu’elle est incapable de nourrir ?

Adolescent, Edmond Kaiser a échappé aux sbires de la police de Vichy et à la déportation. Juge d’instruction militaire dans l’armée du général Leclerc, il découvrit en Alsace, puis en Allemagne, l’horreur des camps nazis. S’exilant à Lausanne, il y fonda une organisation internationale d’aide à l’enfance, Terre des hommes. Il est mort à 82 ans, au seuil du nouveau millénaire, dans un orphelinat du sud de l’Inde.
Edmond Kaiser écrit : « Si l’on ouvrait la marmite du monde, sa clameur ferait reculer le ciel et la terre. Car
ni la terre ni le ciel ni aucun d’entre nous n’a vraiment mesuré l’envergure terrifiante du malheur des enfants ni le poids des pouvoirs qui les broient »
Dans leur for intérieur, beaucoup d’Occidentaux, parfaitement informés des souffrances des affamés africains ou des chômeurs pakistanais, ne supportent que difficilement leur quotidienne complicité avec l’ordre cannibale du monde. Ils en éprouvent de la honte, aussitôt relayée par un sentiment d’impuissance. Mais très peu trouvent le courage – à l’exemple d’Edmond Kaiser – de se dresser contre cet état de fait. C’est alors qu’il est tentant, pour calmer ses scrupules, de se rabattre sur des explications justificatrices.
Les peuples fortement endettés d’Afrique sont « paresseux», dit-on volontiers, « corrompus», « irresponsables », incapables de construire une économie autonome, des « débiteurs-nés», par définition insolvables. Quant
à la faim, on invoque bien souvent le climat pour l’expliquer … alors que les conditions climatiques sont infiniment plus dures dans l ‘hémisphère nord – où les gens mangent – que dans l’hémisphère sud – où ils périssent de sous-alimentation et de faim.’
Mais la honte habite aussi les seigneurs. Ceux-ci savent parfaitement les conséquences de leurs actes : la destruction des familles, le martyre des travailleurs souspayés, le désespoir des peuples non rentables n’ont pas de secrets pour eux.
Quelques indices témoignent même de leur malaise. C’est ainsi que Daniel Vasella, prince de N ovartis, géant suisse de la pharmaceutique, construit actuellement
à Singapour le Novartis Institute for Tropical Deseases  qui devra produire, en quantité limitée, des pilules contre la malaria, un médicament qui sera vendu dans les pays démunis à son prix de revient. Le seigneur de Nestlé, Peter Brabeck-Lemathe, remet à chacun de ses 275 000 employés, oeuvrant dans 86 pays, une « bible» rédigée de sa main et qui leur enjoint de se conduire humainement et de façon « bienfaisante» envers les peuples qu’ils exploitent•

Pour Emmanuel Kant, le sentiment de honte provient du déshonneur. Il dit la révolte devant une conduite, une situation, des actions, des intentions avilissantes, dégradantes, ignominieuses, et qui contredisent «1 ‘honneur d’être un homme ». Pour signifier la honte dans toutes ses acceptions, Kant recourt à deux termes pratiquement intraduisibles en français : die Schande et die Scham. J’ai honte (Scham) de l’insulte qui est faite à l’autre et qui, de ce fait, est infligée à mon honneur d’être un homme (Schande) 1. L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables.

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés composant l’Assemblée nationale ont aboli le système féodal en France. Or, aujourd’hui, nous vivons la reféodalisation du monde. Les seigneurs despotiques sont de retour. Les nouvelles féodalités capitalistes détiennent désormais un pouvoir qu’aucun empereur, aucun roi, aucun pape n’a possédé avant elles.
Les cinq cents plus puissantes sociétés capitalistes privées transcontinentales du monde – dans l’industrie, le commerce, les services, la banque – contrôlaient, en 2004, 52 % du produit mondial brut: en clair, plus de la moitié de toutes les richesses produites en une année sur notre planète.
Oui, la faim, la misère, l’écrasement des pauvres sont plus effroyables que jamais.
Les attentats du Il septembre 2001 à New York, Washington et en Pennsylvanie ont provoqué une accélération dramatique du processus de reféodalisation. Ils ont été l’occasion pour les nouveaux despotes de s’approprier le monde. De s’emparer sans partage des ressources nécessaires au bonheur de l’humanité. De détruire la démocratie.
Les derniers barrages de la civilisation menacent de céder. Le droit international est
à l’agonie. L’Organisation des Nations unies et son secrétaire général sont mis à mal et diffamés. La barbarie cosmocrate progresse à pas de géant. C’est de cette réalité nouvelle qu’est né ce livre. 

Le sentiment de honte est l’un des éléments constitutifs de la morale. Il est indissociable de la conscience de l’identité, elle-même constitutive de l’être humain. Si je suis blessé, si j’ai faim, si – dans ma chair et dans mon esprit – je souffre l’humiliation de la misère, je ressens de la douleur. Spectateur de la souffrance infligée à un autre être humain, j’éprouve, dans ma conscience, un peu de sa douleur, et celle-ci éveille à son tour ma compassion, suscite un élan de sollicitude, m’accable de honte aussi. Et je suis incité à l’action.
Je sais, par intuition, par l’exercice de la raison, par mon exigence morale, que tout homme a droit au travail, à l’alimentation, à la santé, au savoir, à la liberté et au bonheur.

Si la conscience de l’identité habite tout être humain, donc celle aussi des cosmocrates, comment se fait-il que ces derniers aient une action aussi dévastatrice? Comment expliquer qu’ils combattent avec tant de cynisme, de férocité et de ruse les aspirations élémentaires au bonheur ?
Ils sont pris dans cette contradiction fondamentale : être un homme, rien qu’un homme, ou s’enrichir, dominer les marchés, exercer les pleins pouvoirs, devenir le maître.

Au nom de la guerre économique, qu’ils déclarent euxmêmes en permanence à leurs possibles concurrents, ils décrètent l’état d’urgence. Ils installent un régime d’exception, qui déroge à la morale commune; et ils suspendent, parfois peut-être à contrecoeur, les droits humains fondamentaux (pourtant avalisés par toutes les nations de la terre), les règles morales (pourtant affirmées en démocratie), les sentiments ordinaires (qu’ils ne pratiquent plus qu’en famille ou entre amis).
Si j’exprime de la compassion, si je témoigne de solidarité à l’endroit d’autrui, mon concurrent profitera instantanément de ma faiblesse. Il me détruira. En conséquence, contre mon gré,
à ma grande honte (refoulée), je suis contraint, à chaque instant du jour et de la nuit, et quel que soit le prix humain à payer, de pratiquer la maximalisation du profit et de l’accumulation, de m’assurer de la plus-value la plus élevée dans le laps de temps le plus court et au prix de revient le plus bas possible.
La prétendue guerre économique permanente exige des sacrifices, comme toute guerre. Mais celle-ci semble bien être programmée pour n’avoir jamais de
fin.

Bien des théories et des idéologies de pacotille obscurcissent la conscience des hommes et des femmes de bonne volonté en Occident. Du coup, beaucoup parmi eux tiennent l’actuel ordre cannibale du monde pour immuable. Cette croyance les empêche de transformer en actions de solidarité et de révolte la honte qui est enfouie au plus intime d’eux-mêmes. L’enjeu est donc bien de détruire d’abord ces théories. La mission historique des révolutionnaires, telle que l’évoquent les « Enragés» en 1793, consiste à combattre en faveur de la justice sociale planétaire. Il s’agit, pour eux, de réveiller les colères contenues, de stimuler le goût de la résistance démocratique collective. Il faut remettre le monde sur ses pieds, la tête en haut, les pieds en bas.
Il faut broyer la Main invisible du marché. L’économie n’est pas un phénomène naturel. Elle n’est qu’un instrument, qu’il convient de mettre au service d’un but unique : la recherche du bonheur commun.
Pétri du sentiment pénible de son infériorité, de son indignité, découvrant que ni la faim ni la dette ne sont inévitables, l’homme honteux du tiers-monde peut, lui aussi, prendre conscience et se lever. Souffrant de son déshonneur, l’affamé, le chômeur, l’homme humilié ravale sa honte aussi longtemps qu’il croit sa situation immuable. Il se transforme en combattant, en insurgé, en révolté dès lors que l’espoir pointe, dès lors que la prétendue fatalité révèle ses failles-. La victime devient alors acteur de son destin. C’est à la mise en oeuvre de ce processus que ce livre veut contribuer.
Ce sont Benjamin Franklin et Thomas Jefferson qui, les premiers, ont formulé le droit de l ‘homme à la recherche du bonheur. Repris par les «Enragés» de Jacques Roux, cette revendication est devenue le principal moteur de la Révolution française. Pour eux, l’idée de bonheur individuel et collectif résumait un projet politique, qu’ils voulaient d’application immédiate et concrète. 

Quels sont les obstacles qui se dressent aujourd’hui devant la réalisation du droit de l ‘homme à la recherche du bonheur? Comment démanteler ces obstacles? Comment assurer un libre cours à la recherche du bonheur commun ? Ce livre tente de répondre à ces questions.
Voici son plan.
Dans l ‘histoire universelle des idées, la Révolution française a introduit une rupture radicale. Elle a concrétisé politiquement les préceptes philosophiques des Lumières et du rationalisme libérateur. Quelques-uns de ses principaux acteurs, notamment les «Enragés », ont évoqué l ‘horizon de tous les combats présents et à venir pour la justice sociale planétaire. Intitulé « Du droit au bonheur », la première partie leur donne la parole. Mais elle décrit également le mouvement de reféodalisation actuelle du monde entreprise par les sociétés capitalistes privées transcontinentales, le régime de violence structurelle qu’elles instituent et les forces encore obscures qui se dressent contre elles. Une section importante y est consacrée à l’agonie du droit.
La deuxième partie est consacrée
à l’exposé général des rapports de cause à effet entre la dette et la faim, ces armes de destruction massive déployées contre les plus faibles. La faim ? Elle pourrait être vaincue à brève échéance par l’imposition de certaines mesures à ceux qui manient ces armes.
Affligée par une famine chronique et par l’effondrement du prix du seul produit d’exportation qu’il est susceptible de voir monnayer en devises – les grains de café -, le peuple éthiopien souffre, mais s’organise. À l’autre bout du monde, au Brésil, une révolution silencieuse est en marche : victime lui aussi de la sous-alimentation permanente d’une grande partie de ses habitants et d’une dette écrasante, ce pays est en train de forger des instruments inédits de libération. Je consacre les troisième et quatrième parties à ces expériences inédites de lutte ou de résistance. Les sociétés transcontinentales privées, détentrices des technologies, des capitaux, des laboratoires les plus puissants que l ‘humanité ait connus, sont la colonne vertébrale de cet ordre injuste et mortifère. La cinquième partie de mon livre met en lumière leurs pratiques les plus récentes.

De la connaissance naît le combat, du combat la liberté et les conditions matérielles de la recherche du bonheur. La destruction de l’ordre cannibale du monde est l’affaire – des peuples. Régis Debray écrit: «La tâche de l’intellectuel est d’énoncer ce qui est. Sa tâche n’est pas de séduire, mais d’armer.» Écoutons aussi Gracchus Babeuf, qui après la fusillade du Champ-de-Mars, en juillet 1791, prononce ce discours :
«Perfides, vous criez qu’il faut éviter la guerre civile, qu’il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde. Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d’une part et toutes les victimes sans défense d’une autre!
«Que le combat s’engage sur le fameux chapitre de l’égalité et de la propriété!
«Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares ! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d’avoir ce caractère de toute audace d’un côté et de toute lâcheté de l’autre. Oui, je le répète, tous les maux sont
à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total »

Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement.

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https://www.ledevoir.com/lire/80656/jean-ziegler-plaide-pour-la-dignite-de-la-honte

Jean Ziegler plaide pour la dignité de la honte

Anne-Marie Brunelle 30 04 2005

La Déclaration d’indépendance des États-Unis stipule que «tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont: le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur». Lors d’une visite en France en 1776, Franklin, coauteur de ce célèbre texte, s’est fait reprocher par le jeune Danton le fait que la Déclaration d’indépendance ne comporte aucun pouvoir pour se faire respecter. «Erreur!», rétorqua Franklin. «Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel: le pouvoir de la honte.»

La honte dont traite le Suisse Jean Ziegler dans son dernier essai, L’Empire de la honte, diffère de celle qu’évoquait Franklin. Une dérive a fait que la victime, plutôt que l’oppresseur, se sent aujourd’hui honteuse. La honte s’abat sur le pauvre qui mendie, sur la mère d’enfants affamés, sur le public accablé par la fatalité et le sentiment de son impuissance. Citant Emmanuel Kant, selon qui le sentiment de honte découle du déshonneur, Ziegler appelle à remettre la honte à sa place: «L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables», écrit Jean Ziegler.

La honte redevient alors source de solidarité, comme au temps des insurgés français de 1789. Utopie? Certainement. Ziegler s’en réclame, tout comme Riccardo Petrella dans Désir d’humanité (2004). Ces penseurs de l’altermondialisation semblent avoir décidé de revaloriser la notion même d’utopie, mise à mal par la force du discours sur l’inéluctabilité des inégalités et des malheurs humains.

Ziegler poursuit donc son travail de démonstration et de dénonciation entrepris dans Les Nouveaux Maîtres du monde (Fayard, 2002). Il y écrivait que mourir de faim aujourd’hui, c’est mourir assassiné, parce que jamais l’humanité n’a eu autant de moyens pour dompter la famine et la misère. En 2005, il va plus loin en qualifiant la faim et la dette d’armes (honteuses) de «destruction massive».

Jean Ziegler est un penseur et un homme de terrain. Depuis 2000, il est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Il n’hésite pas à faire appel à des expériences personnelles, à des rencontres et à des souvenirs pour illustrer son propos. C’est parfois agaçant — son je se fait insistant sans toujours être utile —, mais on ne pourra lui reprocher de ne pas s’impliquer personnellement.

La mondialisation néolibérale ne manque pas de détracteurs. Jean Ziegler se démarque en racontant des histoires. Il dénonce avec force chiffres les multinationales et le FMI, mais la faim est aussi racontée par une mère éthiopienne ou un enfant des dépotoirs. Le lecteur en apprendra plus sur l’enfance du président Lula, du Brésil, qui se raconte. Jean Ziegler consacre d’ailleurs tout un chapitre à Lula et au Brésil, disant qu’il se prépare là une formidable révolution démocratique et économique, à l’issue incertaine, mais dont l’Europe ne se soucie pas du tout. Et au Québec, qui s’en soucie? Bombardier? La FTQ?

La démonstration de Ziegler est riche. Elle puise dans l’histoire, chez les philosophes et les dramaturges, de même que dans l’expérience personnelle de l’auteur. C’est là tout l’intérêt de son livre, qui ne s’adresse pas aux spécialistes ni aux militants, mais bien à un public plus large. Ziegler convie de belle manière à se réapproprier cette vieille idée du bonheur commun.

 

 

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https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/jean-ziegler-mise-pouvoir-honte/story/29329962

Jean Ziegler mise sur le «pouvoir de la honte»

Dans son nouveau livre, la «société civile» donne de l’espoir à l’intellectuel genevois.

Roland Rossier

Mis à jour: 24.02.2018

C’est un petit livre couleur sable, le dernier ouvrage en date de Jean Ziegler. Dans la suite de «Chemins d’espérance», le sociologue a choisi de mettre en évidence des notes d’espoir dans ce monde dominé par le «capitalisme financier». Et le titre du livre en résume son contenu: «Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures». Jean Ziegler ne baisse pas la garde. «Un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou des suites immédiates de manque de nourriture toutes les cinq secondes»: cela fait plus de 40 ans, depuis la parution d’«Une Suisse au-dessus de tout soupçon», que l’intellectuel d’origine bernoise dénonce les méfaits de l’oligarchie financière et des multinationales. Mais tout n’est pas perdu, aux yeux du sociologue. «Mon espérance est réelle. Elle n’est nullement fondée sur un quelconque idéalisme ou de fallacieux arguments, mais au contraire repose sur des éléments de sociologie démontrés». Et, malgré l’individualisme caractérisant les sociétés modernes, il pense que «ce que les individus considèrent individuellement «juste» se trouvera un jour incarné dans une revendication collective». Car, pour Jean Ziegler, «un phénomène planétaire inédit a surgi: la société civile», qui a trouvé un allié inattendu grâce à l’émergence puis l’organisation de réseaux sociaux. L’écrivain genevois met aussi en évidence une notion assez singulière, le «power of shame» (le pouvoir de la honte), en livrant cette anecdote: en 2003, il doit présenter des recommandations à Genève au Conseil des droits de l’homme. Dans son rapport, il dénonce le comportement des autorités chinoises qui renvoyaient en Corée du Nord des exilés s’étant réfugiés en Mandchourie. Juste avant de remettre son rapport, le Bernois est accosté par l’ambassadeur de Chine qui «l’implore» de supprimer le passage concernant son pays. L’écrivain ne cède pas. Mais cette supplique de ce représentant de grande puissance lui confirme l’importance du «pouvoir de la honte» qui, écrit-il, «peut sembler abstrait, romantique même, voire angélique». Mais qui est «une aide précieuse, une arme redoutable» pour tenter de sanctionner les violations des droits de l’homme. Le sociologue, qui est aujourd’hui vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, poursuit aussi son cheminement en direction de champs intellectuels davantage irrigués par la spiritualité. Sans être bigot. « Je suis un bolchevique qui croit en Dieu », aime-t-il dire. Et Jean Ziegler de résumer sa pensée : « Une détermination exogène contribue à déclencher l’acte émotionnel, qu’il soit le plus pur ou le plus inhumain. Mais pourquoi alors cette source autonome du Bien ne s’impose-t-elle pas à celle du Mal ? Je l’ignore, confesse-t-il, nous l’ignorons tous, même les plus éminents théologiens, les plus réputés exégètes l’ignorent ». Et c’est là le Grand Mystère, le plus insondable mystère. » On l’a compris, l’énigme est loin d’être résolue.

 

 

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Remarques:

Franklin, lui-même scientifique , bien que non esclavagiste, vivait dans un environnement suprémaciste blanc, de conquête coloniale aux Amériques ; basé sur le meurtre et la rapine, comme la France et d’autres pays impérialistes en Afrique et ailleurs. Ceci est toujours le cas en 2021. Nous sommes toujours sous l’emprise de l’argent-Roi. Et comme à l’époque de Franklin, le scientisme est toujours prépondérant aujourd’hui.
Il y a bien sûr une critique à faire sur cette honte à œillères, mais l’essentiel est dit chez Jean Ziegler.

« écrire, c’est faire un bond hors du rang des meurtriers » disait Kafka

mais on peut dire aussi que « les mots sont des bombes » La tactique peut-être efficace.

On connaît aussi l’expression « Toute honte bue » elle s ‘accorde avec l’actualité des puissances de l’argent qui manipulent leurs marionnettes d’Etat sans se soucier de la destruction qu’elles provoquent.

En opposition, pour miser sur ce « sentiment de honte », on doit les mettre en face de leurs forfaits, physiquement et moralement. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, et il n’y a pas que « l’univers du procès » que décriait Albert Camus dans « l’homme révolté ».

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon »… sa colère.

 

Il y a donc un « inventerre » à faire sur :

1°) le pourquoi de la haine parce que la honte de l’Occident

2°) le pourquoi de la haine parce que la honte du français

3°) le pourquoi de la honte du technicien

Là aussi chacun saura donner des exemples…

 

 

La honte du technicien m’est plus proche, elle est aussi  relatée dans cet article: https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/08/groupe-grothendieck-technoscience/

ou celui-ci… https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/11/izoard-merci/ https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/15/izoard-chine/

et ce même  sens est aussi décrit dans les différentes rubriques de ce site; le tout venant de rencontres et de lectures faites depuis plus de vingt ans. Tout vient des autres et de leur rencontre. « Je ne suis rien; nous sommes ».

1922: Anatole France: « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L’Humanité, 18 juillet 1922)

2021: Santé Publique France: On croit mourir du cancer; on meurt du nucléaire

Jean-Yves Peillard

Ajout du 16 Mars 2021 : http://crasputas.canalblog.com/archives/2021/03/16/38869227.html

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Pour un 2021 de résistance

Posté par elianguesard le 3 janvier 2021

 

quichottQuincypetit

http://fondation-frantzfanon.com/voeux-de-la-fondation-pour-un-2021-de-resistance-es-fr-eng/

L’année 2020 restera dans les mémoires comme celle de l’horreur mais aussi de lutte. Horreur face à l’anéantissement de vies noires, au traitement abject des migrants et à l’indifférence devant la mort disproportionnée des personnes racialisées durant la pandémie; sans oublier les autres réalités tragiques (précarité, exclusion, guerres sans fin, déni du droit international, une communauté internationale et des institutions internationales au service du système financier) qui démontrent la gravité du projet continu de déshumanisation raciale, sociale et coloniale.

2020 a aussi été une année de lutte, de contestation, de dénonciation et d’affirmation de l’importance que seul le pouvoir exercé collectivement peut permettre d’engendrer des changements épistémiques et ontologiques. Ce fut une année de lutte contre le racisme structurel anti-noir, qui continue de façonner les institutions, les cultures, les attitudes et les modes de vie; de lutte également contre la production et la reproduction de logiques modernes/coloniales aussi bien à l’intérieur qu’entre les continents, les régions et les États-nations. Luttes non seulement contre un fascisme grandissant, mais aussi contre la colonialité du pouvoir qui s’exprime dans le libéralisme, le néolibéralisme, et pour certains états dans la revendication d’un républicanisme désuet et d’une laïcité qui devrait être d’État.

La lutte pour l’émancipation et la libération des peuples qui ont émergé après la période de la mise en esclavage et du colonialisme moderne se poursuit. La lutte pour les réparations politiques, symboliques et épistémiques continue elle aussi. Et ne cessera pas tant que les terres et les ressources naturelles ne seront pas redistribuées à ceux à qui elles appartiennent, alors qu’elles ont été acquises par le crime et le vol.

La Fondation Frantz Fanon est en première ligne des luttes pour une décolonisation globale de la subjectivité, du savoir, de l’économie et des relations sociales et internationales. La Fondation défend l’importance d’une conception fanonienne de l’Être et de la guérison, liées à l’expression de la liberté et de la créativité humaines, dans le cadre d’un engagement pour une restauration substantielle de la vie humaine, à commencer par les vies qui continuent d’apparaître comme les plus négligeables face à la pandémie de la colonialité.

La Fondation Fanon souhaite et célèbrera une année 2021 combative !

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https://www.mondialisation.ca/le-temps-nest-plus-celui-de-linformation-il-est-devenu-celui-de-la-resistance/5652395

Le temps n’est plus celui de l’information il est devenu celui de la résistance.

Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air.

« Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

(Georges Orwell)

Le jeudi 31 décembre 2020 –  A l’heure actuelle et compte tenu de tout ce que nous découvrons chaque jour à partir de la propagande de l’État, clairement incohérente, mais répondant à une autre logique dont il n’est jamais fait directement allusion, celle du programme détaillé du Forum Économique Mondial qui a théorisé le « Great Reset » [Grande réinitialisation ou Grande remise à zéro], dont chacun sait désormais l’objectif, nous avons compris pourquoi et comment se sont constitués les deux groupes de personnes qui de l’incompatibilité, sont sur le point de passer à l’affrontement … suite sur lien

 

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https://lavoiedujaguar.net/Premiere-partie-Une-declaration-Pour-la-vie

Première partie
Une déclaration…
Pour la vie

samedi 2 janvier 2021, par EZLN

1er janvier 2021.

Aux peuples du monde,
À celles et ceux qui luttent sur les cinq continents,

Frères, sœurs et compañer@s,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes femmes, lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, travestis, transsexuels, intersexes, queers et autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cetera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des ciels, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pour, des contre, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cetera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes ; la persécution et le mépris contre les différent·e·s dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure — chacun·e là où on se trouve — contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement. Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre celles et ceux qui sommes engagé·e·s, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement. Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement, le Front des peuples en défense de l’eau et de la terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée zapatiste de libération nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement. Inviter celles et ceux qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.

Depuis un des ponts de dignité qui unissent les cinq continents.

Nous.
Planète Terre.
1er janvier 2021.

Depuis des coins du monde divers, disparates, différents, dissemblables, décalés, distants et distincts
(en art, science et lutte, en résistance et rébellion) : voir sur lien

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