Les conditions idéales

Posté par elianguesard le 30 mars 2020

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http://www.ujfp.org/spip.php?article7733

 

Le coronavirus est la catastrophe parfaite pour le « capitalisme de catastrophe »

dimanche 22 mars 2020 par Naomi Klein

Naomi Klein explique comment les gouvernements et l’élite mondiale exploiteront cette pandémie.

par Marie Solis

Traduction : ZIN TV.

Le coronavirus est officiellement une pandémie mondiale qui a jusqu’à présent infecté 10 fois plus de personnes que le SRAS. Les écoles, les systèmes universitaires, les musées et les théâtres à travers les États-Unis ferment, et bientôt, des villes entières peuvent l’être aussi. Les experts préviennent que certaines personnes qui pensent qu’elles peuvent être malades du virus, également connu sous le nom COVID-19, ne vont rien changer dans leur activité, soit parce que leur emploi ne permet pas de congés payés, soit en raison des carences dans notre système de soins privatisé.

La plupart d’entre nous ne sait pas exactement quoi faire ou qui écouter. Le président Donald Trump a contredit les recommandations des Centers for Disease Control and Prevention, et les messages contradictoires ont réduit les délais pour atténuer les dommages causés par le virus hautement contagieux.

Ce sont les conditions idéales pour que les gouvernements et l’élite mondiale puissent mettre en œuvre des programmes politiques qui, autrement, rencontreraient une grande opposition si nous n’étions pas tous autant désorientés. Cette suite d’événements n’est pas propre à la crise déclenchée par le coronavirus ; c’est le plan que les politiciens et les gouvernements suivent depuis des décennies, connu sous le nom de « Stratégie du choc », un terme inventé par la militante et auteure Naomi Klein dans un livre du même nom paru en 2007 « La stratégie du choc » : la montée d’un capitalisme du désastre » (éditions Actes Sud).

L’histoire est une chronique des « chocs » — les chocs des guerres, des catastrophes naturelles et des crises économiques — et leurs conséquences. Cette chaine de conséquences se concrétise par le « capitalisme catastrophe », bien calculé, avec les « solutions » par la libre concurrence aux crises qui exploitent et exacerbent les inégalités existantes.

Klein dit que nous voyons déjà le capitalisme catastrophe jouer sur la scène nationale : En réponse au coronavirus, Trump a proposé un plan de relance de 700 milliards de dollars qui comprendrait des réductions des charges sociales (qui dévasterait la sécurité sociale) et fournirait une assistance aux industries qui perdraient du business à la suite de la pandémie.

« Ils ne le font pas parce qu’ils pensent que c’est le moyen le plus efficace d’alléger la souffrance pendant une pandémie —mais ils voient maintenant une occasion de mettre en œuvre les mesures qu’ils ont en tête », a déclaré N. Klein.

La revue VICE a demandé à N. Klein la manière dont le « choc » du coronavirus cède la place à la chaîne d’événements qu’elle a décrite il y a plus de dix ans dans : « La stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre ».

Commençons par les bases. Qu’est-ce que le capitalisme du désastre ? Quel est son rapport à la « stratégie du choc » ?

La façon dont je définis le capitalisme du désastre est vraiment simple : c’est la façon dont les industries privées surgissent pour profiter directement de crises à grande échelle. Le profit des catastrophes et les profiteurs de guerre ne sont pas un concept nouveau, mais il s’est vraiment approfondi sous l’administration Bush après le 11 septembre, lorsque l’administration a pris en compte ce genre de crise de sécurité sans fin, et simultanément elle a privatisé et externalisé : cela comprend la privatisation de la sécurité intérieure, ainsi que la privatisation de l’invasion et de l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan.

La « stratégie du choc » est la stratégie politique consistant à utiliser des crises à grande échelle pour faire adopter des politiques qui aggravent systématiquement les inégalités, enrichissent les élites et dépouillent tout le monde. Dans les moments de crise, les gens ont tendance à se concentrer sur les urgences quotidiennes de survie à cette crise, quelle qu’elle soit, et ils ont tendance à faire trop confiance à ceux qui sont au pouvoir. Nous sommes un peu aveuglés dans les moments de crise.

D’où vient cette stratégie politique ? Comment retracez-vous son histoire dans la politique américaine ?

La stratégie du choc était une réponse au « New Deal » original sous Franklin Roosevelt. L’économiste Milton Friedman pense que tout s’est mal passé aux Etats-Unis dans le cadre du New Deal : en réponse à la Grande Dépression et au Dust Bowl, un gouvernement beaucoup plus progressiste a émergé dans le pays et il s’est donné pour mission de résoudre directement la crise économique de l’époque en créant des emplois publics et en offrant une aide directe.

Si vous êtes un économiste adepte de la libre concurrence, vous comprenez que lorsque les marchés échouent, cela produit un changement progressif beaucoup plus fondamental qu’une politique de déréglementation qui favorise les grandes entreprises. La stratégie du choc a donc été développée comme un moyen d’empêcher les crises de permettre des périodes structurelles où des politiques progressistes émergent. Les élites politiques et économiques comprennent que les moments de crise sont leur chance de faire passer leur catalogue de souhaits de politiques impopulaires qui polarisent davantage la richesse dans ce pays et dans le monde entier.

À l’heure actuelle, il y a de multiples crises : une pandémie, un manque d’infrastructures pour la gérer et la Bourse qui s’effondre. Pouvez-vous décrire comment chacun de ces composants s’inscrit dans le schéma que vous décrivez dans « La Stratégie du choc » ?

Le choc est vraiment le virus lui-même. Et il a été géré d’une manière qui maximise la confusion et minimise la protection. Je ne pense pas que ce soit une conspiration, c’est juste la façon dont le gouvernement américain et Trump ont complètement mal géré cette crise. Trump a jusqu’à présent agit comme si ce n’était pas une crise de santé publique, mais comme une crise dans sa perception, et un problème potentiel pour sa réélection.
La stratégie du choc a été développée comme un moyen d’empêcher les crises de céder la place à des moments fondamentaux où des politiques progressistes émergent.

C’est le pire scénario, surtout combiné avec le fait que les États-Unis n’ont pas de programme national de soins de santé et que ses protections pour les travailleurs sont inexistantes. Cette combinaison de forces a provoqué un choc maximum. Cette épidémie va être exploitée pour renflouer les industries qui sont au cœur des crises les plus extrêmes auxquelles nous sommes confrontés, comme la crise climatique : l’industrie du transport aérien , l’industrie du gaz et du pétrole, l’industrie des croisières – ils veulent soutenir tout cela.

Comment avons-nous observé ce jeu auparavant ?

Dans The Shock Doctrine, je parle de ce qui s’est fait après l’ouragan Katrina. Des groupes de réflexion de Washington comme la Heritage Foundation se sont réunis et ont dressé une liste de solutions de « libre concurrence » à Katrina. Nous pouvons être sûrs que exactement le même genre de réunions se produira maintenant – en fait, la personne qui a présidé le groupe Katrina était Mike Pence. En 2008, vous avez vu ce même jeu dans le renflouement initial des banques, où les pays ont signé des chèques en blanc aux banques, qui finalement s’ajoutaient à de nombreux milliards de dollars. Mais le coût réel de cela s’est soldé par une austérité économique [réductions ultérieures des services sociaux]. Il ne s’agit donc pas seulement de ce qui se passe immédiatement, mais surtout comment ce sera financé ensuite lorsque la facture viendra à échéance.

Y a-t-il quelque chose que les gens peuvent faire pour atténuer les dommages causés par le capitalisme-catastrophe que nous voyons déjà dans la réponse au coronavirus ? Sommes-nous dans une meilleure ou pire position que lors de l’ouragan Katrina ou de la dernière récession mondiale ?

Lorsque nous sommes mis à l’épreuve par la crise, soit nous régressons et nous nous écroulons, soit nous grandissons et nous trouvons des réserves de forces et de solidarité dont nous ne savions pas que nous serions capables. Ce sera un de ces tests. La raison pour laquelle j’ai un certain espoir que nous pourrions choisir d’évoluer, c’est que, contrairement à 2008, nous avons une réelle alternative politique qui propose un autre type de réponse à la crise qui se trouve à la racine de notre vulnérabilité, et un plus grand mouvement politique qui le soutient.

Tout le travail autour du « Green New Deal » a porté sur la préparation d’un moment comme celui-ci. Tout simplement, nous ne pouvons pas perdre notre courage ; nous devons nous battre plus fort que jamais pour les soins de santé universels, les services de garde universels, les congés de maladie payés, tout cela est intimement lié.

Si nos gouvernements et l’élite mondiale vont exploiter cette crise à leurs propres fins, que peuvent faire les gens pour prendre soin les uns des autres ?

« Je vais prendre soin de moi et de ce que je possède, nous pouvons obtenir la meilleure assurance qu’il y ait, et si vous n’avez pas une bonne assurance c’est probablement de votre faute, ce n’est pas mon problème » : C’est ce que cette espèce de « gagneurs-captateurs-de l’économie » mettent dans notre notre cerveau. Un moment de crise comme celui-ci révèle que nous sommes perméables les uns aux autres. Nous constatons en temps réel que nous sommes beaucoup plus interconnectés les uns avec les autres que notre système économique dans sa brutalité voudrait nous faire croire.

Nous pourrions penser que nous serons en sécurité si nous avons de bons soins de santé, mais si la personne qui fait nos repas, ou qui livre notre nourriture, ou qui emballe nos boîtes, n’a pas de soins de santé et ne peut pas se permettre de se faire tester, et encore moins de rester à la maison parce qu’elle n’a pas de congés de maladie payés — nous ne serons pas en sécurité. Si nous ne nous occupons pas les uns des autres, aucun d’entre nous n’est en sécurité. Nous formons un tout.

Les différents modes d’organisation de la société font miroiter différentes parties de nous-mêmes. Si vous êtes dans un système dont vous savez qu’il ne prend pas soin des gens et qu’il ne distribue pas les ressources d’une manière équitable, alors la partie « accumulation » de vous va être mise en avant. Alors soyez conscients de cela et pensez à la façon dont, au lieu de thésauriser et de penser à la façon dont vous pouvez prendre soin de vous-même et de votre famille, vous pouvez évoluer vers le partage avec vos voisins et vous intéresser aux personnes qui sont les plus vulnérables.

Suivez Marie Solis sur Twitter.

Voir en ligne : l’article également sur le site de ZinTV https://zintv.org/naomi-klein-comment-lelite-mondiale-va-tenter-dexploiter-la-pandemie/

 

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Les conditions sont idéales aussi

 

- Pour des lois scélérates et étouffer la contestation galopante

 

- Renforcer le flicage https://www.lesnumeriques.com/telephone-portable/confinement-orange-a-geolocalise-les-franciliens-qui-ont-fui-paris-et-sa-region-n148927.html

 

- (Reçu de la coordination) : « Le Gouvernement profite de l’urgence de la crise COVID-19 pour faire passer des Lois scélérates!
Par ordonnance N°6 du dernier conseil des ministres, le gouvernement vient  de donner tout pouvoir aux opérateurs pour installer les antennes relais : plus de dossier à déposer en Mairie, plus de déclaration auprès de l’Agence Nationale des Fréquences, plus aucune instruction des dossiers (permis de construire ou déclaration de travaux) par les services  d’urbanisme des communes. Alors que L’Anses, l’Agence Nationale de santé, de l’environnement et de la santé au travail, préconise une réduction de l’exposition des populations, que l’OMS à classé les rayonnements électromagnétiques dans le groupe des substances pouvant être cancérigènes, l’état décide de simplifier les démarches des opérateurs.
Oui il faut faciliter l’accès à tous au numérique mais pas au prix de la santé publique.
Tout cela durant la période d’Urgence Sanitaire. Mais quand le retour à la normale sera là, quid des antennes installées sans autorisation ni concertation? Là-dessus le texte ne dit rien.
Il est urgent de faire autrement et de tenir compte des avis autorisés…
La Santé de tous: oui au confinement  mais non aux risques sanitaires face aux rayonnements électromagnétiques.

Vingt-cinq ordonnances prises en application de la loi d’urgence n° 2020-290 du 23 mars 2020 pour faire face à l’épidémie de Covid-19 ont été présentées en conseil des ministres du 25 Mars 2020.  https://www.gouvernement.fr/conseil-des-ministres/2020-03-25/faire-face-a-l-epidemie-de-covid-19

L’ordonnance n°6 est celle-ci:

 

6. Le ministre de l’économie et des finances et le secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances et du ministre de l’action et des comptes publics, chargé du numérique, ont présenté une ordonnance :

- l’ordonnance relative à l’adaptation des délais et des procédures applicables à l’implantation ou la modification d’une installation de communications électroniques afin d’assurer le fonctionnement des services et des réseaux de communications électroniques.

Dans un contexte de mise sous tension des réseaux de communications électroniques résultant d’un accroissement massif des usages numériques du fait de la mise en œuvre des mesures de confinement de la population, l’ordonnance introduit, pour la durée de l’état d’urgence sanitaire, des adaptations des procédures applicables pour garantir la continuité du fonctionnement des services et de ces réseaux. Quatre procédures administratives préalables en vue de l’implantation ou de la modification d’une installation de communications électroniques sont ainsi aménagées :

- suspension de l’obligation de transmission d’un dossier d’information au maire ou au président d’intercommunalité en vue de l’exploitation ou de la modification d’une installation radioélectrique ;

- possibilité pour l’exploitant d’une station radioélectrique de prendre une décision d’implantation sans accord préalable de l’Agence nationale des fréquences ;

- réduction du délai d’instruction des demandes de permissions de voirie relatives aux installations de communications électroniques implantées à titre temporaire et dans le cadre d’interventions urgentes ;

- dispense d’autorisation d’urbanisme pour les constructions, installations et aménagements nécessaires à la continuité des réseaux et services de communications électroniques ayant un caractère temporaire.

 

Il nous appartient dans un premier temps d’alerter et d’informer autour de nous, en particulier les élus de tout bord … et les associations sont en train de préparer une riposte. »

(fin du message)

 

En plus des scandales : http://bellaciao.org/fr/spip.php?article163168

Les conditions sont idéales encore

- Pour faire du blé sur le dos de la santé des travailleurs :http://www.minga.net/covid-19-minga-solidaire-des-livreurs/

 

- Pour une catastrophe nucléaire https://www.bastamag.net/Covid19-centrales-nucleaires-EDF-contamination-service-public-sous-traitants

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2020/03/17/Coronavirus-%3A-comment-maintenir-le-nucleaire-sans-le-personnel

 

et rallonger la sauce des EPR http://www.observatoire-du-nucleaire.org/spip.php?article369

https://www.facebook.com/can.ouest/

 

 

- Pour enfoncer ses opposants https://www.legrandsoir.info/en-periode-de-crise-la-politique-etrangere-des-etats-unis-se-dechaine.html

https://www.legrandsoir.info/pendant-la-pandemie-la-guerre-contre-le-venezuela-continue.html

 

- Faire disparaître les plus vieux- faibles et autres improductifs.

 

- Renforcer la « forteresse Europe » contre les migrants.

 

- Continuer l’escalade de l’armement pour destruction massive, placer ses pions pour le contrôle des ressources. https://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1476

https://savoie-antinucleaire.fr/2020/03/30/pendant-que-le-monde-a-les-yeux-tournes-vers-le-coronavirus-la-coree-du-nord-tire-de-nouveaux-projectiles/

 

La liste n’est pas exhaustive…

https://resistance71.wordpress.com/2020/03/27/coronavirus-loligarchie-en-guerre-biologique-ouverte-contre-les-peuples/

https://www.youtube.com/watch?v=fUKhD1-8_vg&feature=youtu.be

 

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Les louanges hypocrites de l’exécutif

Posté par elianguesard le 24 mars 2020

colona

ViRus Actua    Mars 2020 fichier odt VirusActua.2020.03.25

 

https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/soignants-ces-heros-qui-reclament-des-moyens-en-vain-depuis-un-an-03236492

Soignants : ces héros qui réclament des moyens en vain depuis un an

23 mars 2020 Stéphane Ortega

Les membres du gouvernement et de la majorité ne tarissent pas d’éloges pour le personnel soignant depuis une semaine. Mais avant de devenir des « héros en blouse blanche », en réalité le plus souvent des héroïnes tant les professions paramédicales sont féminisées, nombre de ces soignants étaient des manifestants et des grévistes, longtemps méprisés dans leurs demandes de moyens pour sauver des vies. Retour en photos sur une lutte commencée en mars 2019.

 

Les applaudissements cela fait plaisir, les moyens cela fait tenir ! C’est ce qu’expriment les soignants engagés sur le « front du coronavirus », pour rester dans les métaphores guerrières dont le chef de l’État nous gratifie depuis une semaine. Le manque de masques FFP2, et même de masques tout courts, dans les hôpitaux, les Ehpad, pour la médecine de ville, les laboratoires d’analyse médicale, comme pour les intervenants à domicile, étant le dernier révélateur d’une pénurie de moyens pour soigner la population.

Une situation que dénoncent ardemment les paramédicaux depuis un an. Le 18 mars 2019, 90 % des infirmières et aides-soignantes de l’hôpital Saint-Antoine à Paris entament une grève illimitée, soutenue par la CGT, FO et SUD. En cause : une série d’agressions traitées à la légère par leur direction selon elles. Si elles réclament des mesures de sécurité, elles demandent également plus de postes et une prime de 300 € pour les services d’urgence. Des revendications qui font écho à la situation que vivent les mêmes services un peu partout. Un mois plus tard, le mouvement s’étend à une douzaine de services d’urgence de l’Assistance publique- Hôpitaux de Paris (AP-HP).

 

À partir de ce moment-là, la parole des soignants envahit les médias. Ils racontent les conditions déplorables dans lesquelles ils exercent leur métier et prennent en charge des patients. À cette détresse, à ces demandes en personnel supplémentaire, en ouverture de lits, les pouvoirs publics répondent qu’il n’y a pas d’argent magique. Avant que le mot « mascarade » ne fasse partie du vocabulaire de la candidate à la marie de Paris Agnès Buzyn, la ministre de la Santé Agnès Buzyn expliquait qu’il n’y avait pas de problèmes de moyens, mais un problème d’organisation. Un discours tenu sans relâche pendant de long mois.

 

Même avec plus de 80 services en lutte dans toute la France début juin 2019, la ministre ne déviait pas de son cap. Face à l’urgence décrite par les personnels hospitaliers et à une première manifestation nationale des services en grève, elle annonçait des mesures. En fait : le lancement d’une mission de refondation des services urgences devant rendre ses préconisations quelques mois plus tard. Pas de lits, pas d’embauches, pas de revalorisations salariales, et manifestement pas d’urgence pour la ministre. La colère des soignants monta d’un cran. Des médecins entrèrent dans la danse, certains démissionnant de leurs fonctions administratives. Petit à petit, l’ensemble des professions se mobilisèrent, jusqu’aux internes en médecines, et même jusqu’aux doyens des universités formant les futurs médecins.

 

Une grande manifestation est organisée le 14 novembre 2019 dans tout le pays, au moment où le projet de loi de finances est en discussion au parlement. Celui-ci ne prévoit pas de changement d’orientation pour enrayer la crise du monde hospitalier. L’austérité est toujours de mise. À Paris, 10 000 personnels de santé défilent ensemble, toutes professions confondues. Plus de 200 services d’urgence participent alors au mouvement de grève, malgré des réquisitions nombreuses dans les hôpitaux. Pour enlever le caillou dans la chaussure que représente ce mouvement, Emmanuel Macron annonce un plan d’urgence au soir de la manifestation du 14 novembre. Finalement, il s’avère en deçà des attentes. Quelques primes supplémentaires, des reprises non négligeables de dettes des hôpitaux, un peu de saupoudrage budgétaire, mais toujours pas de recrutements. Pourtant, les soignants en réclament 10 000. Toujours pas d’ouvertures de lits pour compenser les 100 000 perdus en 20 ans selon les syndicats.

 

La mobilisation pour l’hôpital public s’est poursuivie, bien que passée au second plan pendant celle contre la réforme du système de retraite. La dernière manifestation en date des hospitaliers était le 14 février, le jour où la France a connu son premier mort lié au coronavirus, un touriste chinois. Aujourd’hui, les soignants ont quitté le pavé pour faire face à la crise sanitaire. Cependant, la question des moyens n’a pas été résolue. Depuis plusieurs jours, tous les soirs à 20 h, une partie de la population manifeste ses remerciements sous la forme d’applaudissements collectifs depuis les balcons.

Mais ici ou là, certains se souviennent de leur longue mobilisation et crient « du fric, du fric, pour l’hôpital public ». Un soutien qui tranche avec les louanges hypocrites de l’exécutif.

 

 

 

 

https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/SHAH/61547

Mars 2020, pages 1 et 21, en kiosques

 

Mardi
17 mars 2020

Afin d’endiguer la progression de ce que l’Organisation mondiale de la santé qualifie depuis le 11 mars de pandémie — une épidémie touchant tous les continents —, plusieurs pays dont l’Italie, l’Espagne et la France ont mis en place des mesures de confinement drastiques, comme l’avait fait Pékin quelque temps après l’apparition du coronavirus SRAS-CoV-2 sur le sol chinois.

D’où viennent les coronavirus ?

Contre les pandémies, l’écologie

Même au XXIe siècle, les vieux remèdes apparaissent aux yeux des autorités chinoises comme le meilleur moyen de lutter contre l’épidémie due au coronavirus. Des centaines de millions de personnes subiraient des restrictions dans leurs déplacements. N’est-il pas temps de se demander pourquoi les pandémies se succèdent à un rythme de plus en plus soutenu ?

par Sonia Shah

   

 

Contre les pandémies, l’écologie

 

Serait-ce un pangolin ? Une chauve-souris ? Ou même un serpent, comme on a pu l’entendre un temps avant que cela ne soit démenti ? C’est à qui sera le premier à incriminer l’animal sauvage à l’origine de ce coronavirus, officiellement appelé SRAS-CoV-2. dont le piège s’est refermé sur plusieurs centaines de millions de personnes, placées en quarantaine ou retranchées derrière des cordons sanitaires en Chine et dans d’autres pays. S’il est primordial d’élucider ce mystère, de telles spéculations nous empêchent de voir que notre vulnérabilité croissante face aux pandémies a une cause plus profonde : la destruction accélérée des habitats.

Depuis 1940, des centaines de microbes pathogènes sont apparus ou réapparus dans des régions où, parfois, ils n’avaient jamais été observés auparavant. C’est le cas du virus de l’immunodéficience humaine (VIH), d’Ebola en Afrique de l’Ouest, ou encore de Zika sur le continent américain. La majorité d’entre eux (60 %) sont d’origine animale. Certains proviennent d’animaux domestiques ou d’élevage, mais la plupart (plus des deux tiers) sont issus d’animaux sauvages.

Or ces derniers n’y sont pour rien. En dépit des articles qui, photographies à l’appui, désignent la faune sauvage comme le point de départ d’épidémies dévastatrices. il est faux de croire que ces animaux sont particulièrement infestés d’agents pathogènes mortels prêts à nous contaminer. En réalité, la plus grande partie de leurs microbes vivent en eux sans leur faire aucun mal. Le problème est ailleurs : avec la déforestation, l’urbanisation et l’industrialisation effrénées, nous avons offert à ces microbes des moyens d’arriver jusqu’au corps humain et de s’adapter.

La destruction des habitats menace d’extinction quantité d’espèces. parmi lesquelles des plantes médicinales et des animaux sur lesquels notre pharmacopée a toujours reposé. Quant à celles qui survivent, elles n’ont d’autre choix que de se rabattre sur les portions d’habitat réduites que leur laissent les implantations humaines. Il en résulte une (…)

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/19/apres-le-confinement-il-nous-faudra-entrer-en-resistance-climatique_6033624_3232.html

 

« Après le confinement, il nous faudra entrer en résistance climatique »

 

Pour tenir l’objectif de neutralité carbone en 2050, un collectif de personnalités appelle, dans une tribune au « Monde », à s’engager collectivement et individuellement dans une décroissance énergétique mondiale transformant nos vies et nos sociétés.

Publié le 19 mars 2020 à 06h00 – Mis à jour le 19 mars 2020

Tribune. Depuis deux ans, les mobilisations pour le climat se multiplient sans être écoutées. La crise du coronavirus vient démontrer à tous qu’une bascule rapide est possible et ne nécessite que deux choses fondamentales : de la volonté politique et du volontarisme citoyen. Afin d’y forcer nos dirigeants sans attendre, après le confinement, nous devons adopter une stratégie plus ambitieuse. Il ne nous faudra pas revenir à la normale mais entrer en résistance climatique. Nous partons de l’idée qu’il est possible de maintenir une vie digne et heureuse sur Terre. Nous nous battons contre ce qui détruit le vivant. Nous agissons pour ce qui le préserve. Pour cela, suivant les recommandations scientifiques sur le climat et la biodiversité, nous visons une victoire climatique à travers une profonde transformation de nos vies et de nos sociétés.

Notre objectif : une neutralité carbone effective en 2050 via une décroissance énergétique mondiale perceptible dès 2025. Attendu sans succès depuis des décennies, le miracle technologique ne nous sauvera pas. Nous devons quitter le business as usual synonyme de mort précoce pour des milliards d’êtres humains et d’espèces vivantes. Nous travaillons à bâtir un rapport de force politique pour sortir du productivisme et du consumérisme destructeurs qui structurent le système économique actuel. Notre ennemi est cette norme sociale actuelle et non les individus. Etant sortis du déni, agissons ici et maintenant. Arrêtons de nous attendre les uns les autres de peur de se marginaliser en étant les premiers. Devenons cette minorité motrice, catalyseur enthousiaste d’une transition désirable capable d’initier le changement nécessaire dans toute la société.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les émissions mondiales de CO2 ont progressé un peu moins vite en 2019

L’atterrissage de nos sociétés doit être mené dans une perspective de justice sociale mondiale. Ceci impose de réduire nos émissions en deçà de 2 tonnes de CO2 par être humain et par an (ce qui équivaut à la division par 6 de l’empreinte carbone moyenne d’un Français). Loin d’un sacrifice, cette transition est source d’émancipation. La stratégie de résistance climatique consiste en cinq phases qui se cumulent.

  • Phase 1 : quatre actions

Nous invitons celles et ceux prêts à adopter ce socle fondateur à nous rejoindre. Ces quatre actions − non exhaustives – sont indispensables à la bascule vers un mode de vie à moins de 2 ton

 

 

 

https://www.rtbf.be/info/societe/detail_le-coronavirus-pourrait-rester-plusieurs-heures-dans-l-air-a-cause-de-la-pollution-atmospherique?id=10464049&fbclid=IwAR1OzHsCYgGE41TsZoA8q7REQJLLXDJKiQ2zVzzy-a8dSANaEvWpRHSkBM4

Pollution et propagation fulgurante du coronavirus, les particules fines montrées du doigt

RTBF

Publié le samedi 21 mars 2020

 

C’est une étude très sérieuse menée conjointement par l’Université de Bologne et celle de Bari qui émet cette hypothèse, le nouveau coronavirus aurait été boosté dans sa propagation par la pollution de l’air et plus précisément par certaines particules fines très présentes dans les zones polluées de Wuhan, mais également de Lombardie, d’Emilie-Romagne et d’autres centres urbains.

Après le New England Journal of Médecine, une autre publication de renom tend donc à accréditer la thèse selon laquelle le SARS-CoV-2 pourrait survivre en suspension dans l’air dans certaines conditions, parmi lesquelles un taux de pollution élevé.

Cela pourrait être l’un des paramètres permettant d’expliquer la vitesse étonnante à laquelle s’est propagé le COVID-19 en Italie du nord. C’est en tout cas ce qu’affirme l’étude réalisée par 12 chercheurs de la Société Italienne de Médecine environnementale (SIMA).

Une base scientifique solide

Comme point de départ, la recherche menée par le Professeur Leonardo Setti, s’appuie sur une littérature scientifique solide qui corrèle l’incidence des cas d’infection virale avec les concentrations de particules atmosphériques par exemple PM10 et PM2,5.


Les PM (abréviation de « Particulate Matter ») sont des particules en suspension en phase liquide et solide, mélange de substances chimiques organiques et inorganiques. Elles sont classées en fonction de leur « diamètre aérodynamique » c’est-à-dire celui qu’aurait une sphère reprenant les mêmes propriétés. PM10 désigne donc les particules dont le diamètre est inférieur à 10 micromètres, 1 millième de millimètre, soit environ 50 fois plus fin qu’un cheveu.


Ces particules sont connues pour fonctionner comme support, vecteur ou transporteur, pour de nombreux contaminants chimiques et biologiques, en cela y compris les virus. Les virus s’agrègent, se collent (via un processus de coagulation) aux particules atmosphériques. Celles-ci, composées de particules solides et/ou liquides, sont capables de rester dans l’atmosphère pendant des heures, des jours voire des semaines et peuvent se propager sur de longues distances.

De plus, ces mêmes particules atmosphériques peuvent également permettre à certains virus de « survivre » jusqu’à plusieurs heures, voire jours, en fonction des conditions atmosphériques, l’humidité favorisant la virulence des virus là où habituellement les fortes températures et le rayonnement solaire ont tendance à inactiver les virus.


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L’agglomérat « particule + virus » peut se révéler redoutable. Cela s’est d’ailleurs vérifié plusieurs fois par le passé explique l’étude. Ce fut le cas notamment avec la grippe aviaire. Des études montrent qu’elle a pu se propager sur de longues distances grâce à des phénomènes atmosphériques telles les tempêtes de poussières très présentes en Asie. En outre le nombre de cas d’infection était directement lié aux concentrations de particules fines de type PM10 et PM2,5.

Pareil pour la rougeole. Des études chinoises ont également montré que l’épidémie de rougeole ayant frappé la Chine en 2013-2014 était directement corrélée aux concentrations de particules PM2,5 dans l’air. Les principaux foyers furent localisés dans 21 villes chinoises.

Une explication de l’embrasement de la plaine du Pô ?

Afin d’évaluer si ce lien Particule + virus était valable dans le cadre du nouveau coronavirus SARS-CoV-2, les chercheurs ont tenté de détecter une éventuelle corrélation entre les taux de concentration des particules atmosphériques dans l’air et la propagation de la pathologie COVID-19 en Italie.

En croisant ces données, il en résulterait une relation évidente entre les dépassements des limites légales des concentrations de PM10 et le nombre de cas infectés par COVID-19. Par ailleurs, cette relation potentielle entre les cas de COVID-19 et les concentrations de PM10 fait également ressortir le fait que la concentration des principaux foyers s’est produite dans la vallée très industrielle du Pô.


►►► Lire aussi : Coronavirus : tous les symptômes, infos utiles et gestes essentiels en une infographie A4 à imprimer


Des résultats, toujours selon les chercheurs, en phase avec les modèles de propagation épidémique existant pour les diffusions « anormales », c’est-à-dire à l’aide d’un vecteur extérieur et non de personne à personne. Pour étayer cela, l’étude compare la Lombardie avec la région de Rome, également touchée dès le début mais où la propagation du COVID-19 ne fut pas aussi fulgurante.

Les chercheurs préconisent de tenir compte de cet aspect des choses afin de prendre des mesures adéquates. Si cette hypothèse se confirme, le niveau de confinement des personnes devrait être réévalué car le coronavirus pourrait circuler en suspension dans l’air.

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https://librinfo74.fr/un-appel-au-don-lamentable/

Un appel au don lamentable !!!

 

Publié par librinfo74 le 22 Mar 2020

Suite à l’appel aux dons envoyé par la Fondation de France, nous publions en tant que libre expression , ce « coup de gueule » d’un de nos lecteurs en réponse à cet appel à la générosité publique envoyé par la Fondation de France.

« Vous ne dites rien sur les politiques néolibérales qui ont court depuis bientôt 35 ans !!! Qui ont cassé le service public de la santé par exemple ! 69000 lits fermés en 15 ans grâce à qui ? Sarkozy , Hollande et Macron …

85% des médicaments sont produits en Chine, aucune recherche publique de la santé, des fermetures d’hôpitaux à la pelle et vous avez l’audace de demander des dons pendant que Macron par sa politique favorise les plus riches , les 1% de sa population  CICE , ISF , FLAT TAX , EXIT TAX …

Sa dernière mesure suspendre les cotisations sociales patronales !!! On nage en plein délire ! Cela ne fait que renforcer la pénurie observée de nos services publics … 

 

Alors qu’il aurait fallu suspendre voir supprimer les dettes des entreprises pour les investissements consentis … Vous vous foutez du monde avec cet appel à la charité .

Nos impôts servent à l’intérêt général, revenons aux 14 tranches et choisissons de les affecter là où ils servent l’intérêt général plutôt que de donner comme vous le faites un blanc seing à ce gouvernement prédateur de vies et responsable des souffrances vécues par la population .

Macron et son gouvernement aura des comptes à rendre ainsi que les précédents fossoyeurs.

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Le virus du nucléaire

Posté par elianguesard le 17 mars 2020

VigieVienne

https://www.asso-henri-pezerat.org/9e-anniversaire-de-fukushima/

A l’heure du Coronavirus, le 9e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Fukushima est passé inaperçu,

tandis que le gouvernement japonais construit inlassablement l’invisibilité des conséquences sanitaires gravissimes de la contamination radioactive toujours à l’oeuvre dans la région de Fukushima et au delà. En mars 2011, j’avais écrit une tribune dans le Monde qui me semble plus que jamais d’actualité (pj) : la contamination radioactive chronique de nos sociétés nucléarisées contribue à l’épidémie mortelle de cancer en toute invisibilité, qui, en France, actuellement, représente 400 000 nouveaux cas et 150 000 décès par an. L’absence de registre départementaux de cancer empêche toute analyse du rôle de la radioactivité dans cette épidémie.

Comme une forme de provocation, à l’ouverture des jeux olympiques de Tokyo, la flamme olympique  pourrait partir de Fukushima, consacrant l’effacement des traces des conséquences mortifères de la radioactivité sur la population japonaise. Un mouvement citoyen de protestation a manifesté devant le Comité International Olympique contre les JO de Tokyo à Lausanne, le 26 février 2020  (voir la déclaration en pj). Si les autorités japonaises et internationales étaient amenées à annuler les JO de Tokyo, ce serait non pas en raison des dangers de la radioactivité, toujours présente, mais du coronavirus qui pourtant tue infiniment moins que les maladies radio-induites, dont les cancers.Pourtant, l’expérience biélorusse, ukrainienne et russe de cette autre catastrophe nucléaire, Tchernobyl,  a permis aux scientifiques et médecins indépendants du lobby nucléaire, depuis 1986, de recenser les conséquences sanitaires et de tenter de les faire connaître. En particulier, Alexey V. Yaboklov, Biologiste, Académie des Sciences de Russie, Vassili B. Nestenreko, physicien, membre de l’Académie des sciences du Bélarus, Natalia E. Preobrajenskaya, biologiste, membre du Conseil Social du Ministère Ukrainien de la santé, ont rassemblé et mis à jour jusqu’en 2015, les milliers de publications concernant les atteintes à la santé liées à l’accident de Tchernobyl, concernant des centaines de milliers de victimes dans les trois pays. Ces travaux ont été traduits en anglais et publiés en 2009 par l’Académie des Sciences de New York, puis traduits en français par une association en lutte pour l’indépendance de l’OMS par rapport à l’AIEA sur les effets sanitaires du nucléaire (http://independentwho.org/fr/ ).

Les chercheurs précédemment cités écrivaient en 2015 : « Pas moins de 3 milliards de personnes vivent dans des zones contaminées par des radionucléides de Tchernobyl », mais les conséquences sanitaires ne font l’objet d’aucune surveillance médicale et épidémiologique digne de ce nom.  Tchernobyl a fait l’objet d’une série regardée par des millions de personnes. L’article de Suzie Greaves, Tchernobyl : la dette de vérité, paru en anglais dans The Ecologist, (et traduit en Français par Virginie Dupeyroux), réagit avec force à l’effacement des traces contenu dans le film de Craig Mazin, tout en rendant hommage au livre de Wladimir Tchertkoff qui désigne par son nom ce qui s’est passé depuis le 26 avril 1986 : le crime de Tchernobyl.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit.(PJ)A l’occasion de ce 9e anniversaire de la catastrophe nucléaire japonaise, le communiqué de la CRIIRAD Fukushima : le mythe du retour à la normale, met aussi l’accent sur l’invisibilité socialement construite de la radioactivité et de ses conséquences sanitaires : http://www.criirad.org/actualites/dossier2020/2020-03-10-CP_Fukushima_long.pdf?utm_source=sendinblue&utm_campaign=Communiqu_de_presse_-_Fukushima__le_mythe_du_retour__la_normale_-_Envoi_Adhrents&utm_medium=email . Prenez le temps de regarder le film dont le lien figure dans le communiqué : Invisibles retombées.
La crise mondiale provoquée par l’irruption du coronavirus sert aussi l’oubli des atteintes à la vie dues à l’industrie nucléaire, civile et militaire. Les mesures prises contre le virus témoignent, a contrario, de l’indifférence coupable de toutes les autorités, nationales, européennes et mondiales, à l’égard des millions de victimes de la radioactivité.

Annie Thébaud-Mony, 11 mars 2020

Autres liens :
Fukushima, JO et Coronavirus
Neuf ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima : retour à la normale vers un avenir radieux ?

 

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Nos contradictions; message d’Arthur du 8 Mars 2020

Posté par elianguesard le 8 mars 2020

solidagec

LES FLAMMES DU PROGRÈS

On m’a confié l’Appel International à arrêter le 5G sur Terre et dans l’Espace, mais je me trouve déconcerté — déconcerté par la dévastation qui m’entoure ; par la destruction de la cathédrale de la vie dans laquelle je suis né ; par le silence des chants des cinquante millions d’autres espèces avec lesquelles j’ai été élevé; par le fait que mes semblables humains ne se sont pas souciés ou n’ont pas remarqué. Comment ne pas manquer leurs frères et sœurs ? Comment ne pas manquer la magnifique symphonie ? Comment est-ce possible ?

« Les océans sont en train de mourir », écrit Jacques Cousteau en 1970. « Quelqu’un peut-il croire qu’il est possible », écrivait Rachel Carson en 1962, « de déposer un tel barrage de poisons à la surface de la terre sans le rendre impropre à toute vie? » «J’en ai trop vu», a déclaré Allan Frey, chercheur en micro-ondes en 1969, expliquant pourquoi il avait fait des recherches sur les animaux et non sur les humains. «Je ne pense pas pouvoir emmener les gens dans ces domaines et les exposer et, en toute honnêteté, leur indiquer qu’ils vont dans quelque chose de sûr.»

Pourtant, nous voici un demi-siècle plus tard: il y aura bientôt plus de plastiques que de poissons dans les océans, le monde utilise quatre fois plus de pesticides par an qu’en 1962, et cinq milliards de personnes ont entre leurs mains des sources ouvertes de rayonnement micro-ondes.

La Terre brûle, mais aucun pompier ne vient. Face à une catastrophe, chacun vaquer à ses occupations comme si tout allait bien, comme si par magie les fibres synthétiques de nos vêtements et les pneus en caoutchouc de nos automobiles cesseraient de devenir des microplastiques en mer; comme si les quelques insectes laissés dans le monde échappaient comme par magie aux pesticides que nous appliquons sur nos pelouses et aux radiations des téléphones portables dans lesquels nous parlons. Tout le monde va toujours de l’avant comme si tout allait bien. N’est-il pas temps que nous nous arrêtions? Et comme la menace la plus immédiate pour la vie vient de nos téléphones portables, n’est-il pas temps de les jeter?

MISE À JOUR JURIDIQUE

Notre poursuite fédérale au Nouveau-Mexique est toujours pendante. Pour rappel, nous demandons au tribunal de déclarer qu’une ordonnance municipale, une loi de l’État et une loi fédérale sont invalides parce qu’elles nous privent de nos droits constitutionnels: notre droit à la vie, à la liberté et à la propriété; notre droit à la liberté d’expression; et notre droit de pétitionner le gouvernement pour obtenir réparation des griefs. Notre requête en injonction préliminaire demande qu’il soit interdit de placer des antennes sur les trottoirs de Santa Fe afin de protéger les droits des plaignants, qui ont précédemment perdu des maisons et / ou des entreprises aux tours cellulaires. Le tribunal n’a pas encore statué sur notre requête.

Un procès comparable a été déposé la semaine dernière aux Pays-Bas contre l’État néerlandais. Le 25 février, la fondation néerlandaise Stop5GNL a adressé une sommation au ministère des Affaires économiques et du Climat, demandant que la 5G soit interdite «à moins qu’il ne soit démontré avec suffisamment de certitude, par consensus de la communauté scientifique, que la 5G ne présente pas de danger pour le public. santé à long terme. Le procès sera entendu par le tribunal de district de La Haye.

BAISSE GRAVE DES POPULATIONS DE BlATTES

Si les insectes disparaissent partout dans le monde, on pourrait s’attendre à ce que les chauves-souris insectivores meurent de faim. Et il y a des preuves qu’il en est ainsi. Le déclin des chauves-souris aux États-Unis est imputé à un champignon qui cause le syndrome du nez blanc, une affection cutanée qui a été détectée chez les chauves-souris dans 40 États et 7 provinces canadiennes. Mais qu’est-ce qui affaiblit tellement les chauves-souris qu’elles contractent une maladie fongique? Et est-ce vraiment la maladie fongique qui réduit leur nombre? Ou est-ce la famine?

En juillet 2006, lorsque John Ackerman et deux autres spéléologues sont entrés dans la grotte de la rivière Bat dans le sud-est du Minnesota, les murs de la galerie des chauves-souris – une chambre avec une cascade souterraine – étaient épais avec trois espèces de chauves-souris. À l’hiver 2010-2011, un dénombrement a été effectué: 4 112 chauves-souris hibernaient dans la grotte. Le 9 février 2020, Ackerman et quatre autres personnes sont retournées dans la grotte: il ne restait que 82 chauves-souris, soit une baisse de la population de 98%.

En Pennsylvanie, cinq espèces de chauves-souris insectivores figurent sur la liste des espèces menacées d’extinction, et la Pennsylvania Game Commission signale une baisse de 99% des populations de chauves-souris dans cet État.

«C’est la pire année de notre histoire pour les chauves-souris affamées trouvées dans la nature», a déclaré Hazel Ryan du Kent Bat Group en Angleterre à l’automne 2019.

John Allen voyait régulièrement des chauves-souris là où il vit, sur l’île maorie de Grovetown, en Nouvelle-Zélande, mais elles ont disparu car il n’y a pas de source de nourriture pour elles. «C’est absolument incroyable», dit-il. «Il n’y a plus d’insectes qui volent la nuit maintenant. Vous pouvez laisser vos fenêtres et portes ouvertes avec les lumières allumées et rien ne volera. » Allen accuse les pesticides agricoles. Mais cela se produit partout dans le monde. «Presque tout le monde de plus de 50 ans environ», explique le professeur de biologie Dave Goulson de l’Université de Sussex, «se souvient d’une époque où une longue distance en été entraînait un pare-brise éclaboussé d’insectes morts au point qu’il était nécessaire d’arrêter de temps en temps pour les nettoyer.  »

Et «sans insectes», observe Goulson, «une multitude d’oiseaux, de chauves-souris, de reptiles, d’amphibiens, de petits mammifères et de poissons disparaîtraient, car ils n’auraient rien à manger». Et les insectes, en raison de leur petite taille et de leur taux élevé de métabolisme, sont beaucoup plus gravement touchés que les grandes créatures par le rayonnement RF. Après seulement dix minutes d’exposition à un téléphone portable, le métabolisme d’une abeille mellifère s’immobilise virtuellement, provoquant une famine efficace. Les insectes disparaissent parce qu’ils meurent de faim et les chauves-souris, les oiseaux, les reptiles, les amphibiens et les poissons ont faim parce qu’il n’y a pas d’insectes.

« SI PAS MAINTENANT, QUAND? SI PAS MOI, QUI? »

La plupart des gens qui m’appellent pour des informations m’appellent sur leur téléphone portable. La plupart des gens qui signent l’appel international pour arrêter la 5G sur Terre et dans l’espace le signent sur leur téléphone portable. Tout le monde veut son téléphone portable mais ils veulent que j’arrête la 5G pour eux et c’est impossible. Ils ont besoin de leur téléphone portable lorsqu’ils voyagent. Ils en ont besoin pour leur entreprise. Ils en ont besoin pour leur famille. Ils en ont besoin pour leurs amis. Ou ils pensent que la 4G est sûre, mais pas la 5G. Ou ils ont «seulement» un téléphone à clapet. Ou, pensant qu’ils font du bien à la planète, ils gardent leur téléphone «uniquement en cas d’urgence». Ils pensent que leur téléphone n’irradie pas les oiseaux et les insectes et leurs voisins comme les tours. Ils pensent que s’ils gardent le téléphone à une certaine distance de leur tête, ils sont en sécurité, car ils croient au mythe qu’il existe une relation dose-réponse. Ils pensent que s’ils ne gardent leur téléphone qu’en cas d’urgence, les tours n’ont pas à être là. Mais si une seule personne veut pouvoir utiliser un téléphone portable où qu’elle aille en cas d’urgence, toute l’infrastructure sans fil de la planète doit être là. Ce qui signifie pas d’insectes, pas d’oiseaux, et très peu de vie et pas de planète. Et il n’y a pas qu’une seule personne qui veut pouvoir utiliser un téléphone portable en cas d’urgence, il y en a sept milliards.

Steven Lucas écrit de Californie:

«Pourquoi quelqu’un protesterait-il contre un produit et un système qu’il continue de payer mensuellement pour l’utiliser? Imaginez si un membre du conseil d’administration de Mothers Against Drunk Driving a ouvert une bouteille de rhum et a commencé à distribuer des boissons au rhum et au coca pour calmer tout le monde avant la réunion. Cela n’a aucun sens. »

Antoinette Jansson écrit de Norvège:

«Comparez l’utilisation des téléphones portables avec la cigarette, en public, lors d’une marche de protestation, dans le monde entier, contre le cancer, contre l’industrie du tabac. Imaginez que des caméras soient là, des grands diffuseurs, filmant les fumeurs de cigarettes qui protestaient contre le cancer et le tabac. »

Melissa Chalmers écrit du Canada:

«Je suis continuellement stupéfait par les partisans du téléphone portable ou de l’utilisation de tout type de sans fil. Pensez-vous que de fervents défenseurs des OGM achètent le produit? C’est comme les membres de PETA qui défendent en portant un manteau de fourrure. Comment peut-on prendre quelqu’un comme ça au sérieux? Pourquoi voudrait-on écouter?  »

Il est clair que nous perdons – perdons le combat et perdons notre planète – parce que pour presque tout le monde sur Terre, le danger des CEM est une abstraction. C’est du bruit, comme le bourdonnement d’une mouche, et rien de plus. Les fonctionnaires du gouvernement ne peuvent pas l’entendre. Les juges ne peuvent pas l’entendre. Ils regardent les suppliants devant eux, qui disent des bêtises qui n’ont aucun sens pour eux, et qui les traitent également comme une abstraction. Beaucoup de scientifiques EMF possèdent des téléphones portables. Beaucoup de militants EMF possèdent des téléphones portables. Les législateurs, les PDG des sociétés de télécommunications et des sociétés satellites, et les militants qui se battent pour d’autres causes environnementales, ils nous regardent en disant: «Vous nous tuez», ils voient des téléphones portables dans nos mains et ils ne ne nous croyez pas.

Une organisation mondiale doit être créée, dont les membres ne possèdent pas de téléphones portables, dont le but est de mettre fin à l’utilisation des téléphones portables sur Terre.

ou la plupart des gens, cela semble impossible, mais c’est parce qu’ils ne se souviennent pas qu’il y a seulement 25 ans, presque personne ne possédait de téléphone portable et que les jeunes n’avaient pas le cancer, le diabète, les crises cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux comme ils le font aujourd’hui. Et l’air était plein de papillons et d’oiseaux, et les ruisseaux étaient pleins de têtards et de grenouilles. C’est parce que personne ne leur a expliqué ce qu’est le rayonnement. Personne n’utiliserait volontiers un téléphone radioactif, mais c’est essentiellement ce que tout le monde fait. Les ondes radio et les rayons gamma ne sont que les deux extrémités d’un spectre continu; ils sont essentiellement le même phénomène et ont les mêmes effets désastreux sur notre corps et notre planète.

Le train dans lequel nous sommes est un train pour nulle part. De chaque côté, à travers les fenêtres, on peut voir des insectes, des oiseaux et des grenouilles, et si nous écoutons, nous pouvons les entendre bourdonner, pépier et coasser.

Arthur Firstenberg
P.O. Box 6216
Santa Fe, NM 87502
USA
phone: +1 505-471-0129
info@cellphonetaskforce.org
https://www.5gSpaceAppeal.org

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Pour la Commune

Posté par elianguesard le 1 mars 2020

tournereve

https://lavoiedujaguar.net/Pour-la-Commune

Pour la Commune

jeudi 27 février 2020, par Raoul Vaneigem

Une insurrection populaire gagne le monde. Elle se propage à un nombre croissant de pays. En dépit des différences de conditions, de motivations, de cultures, de mentalités, tous présentent un point commun : le peuple ne veut plus d’un gouvernement qui prétend lui imposer sa présence et son autorité. C’est la lutte de ceux du bas contre ceux du haut.

Nous sommes dans l’équilibre instable du statu quo. Le pouvoir oppressif campe sur ses positions, il refuse de céder d’un pouce. Il craint un basculement de la situation. Ce basculement est à la portée du soulèvement populaire qui nargue l’État et, avec la fermeté d’une juste colère, affirme sa détermination de poursuivre sans relâche son combat.

Au premier abord, le statu quo joue en faveur de l’État et de ses commanditaires. L’intransigeance des gouvernants vise à vulgariser dans l’opinion l’image d’une forteresse inamovible que rien ne réussira à ébranler. Leur propagande agite le spectre du désespoir qui hante toujours la mémoire des révoltes perdues. Ils misent sur la fatigue, ils comptent sur l’amer « à quoi bon » pour renvoyer les insurgés à la niche. Nos ennemis se trompent deux fois !

La solidité de l’État n’est que de surface. Son pouvoir de décision est factice, il est entre les mains d’une puissance financière mondiale qui peu à peu se substitue à lui. Beaucoup de citoyens français incriminent la Commission européenne et la rendent responsable de leurs malheurs. On lui reproche d’imposer aux gouvernements « démocratiquement élus » des restrictions budgétaires qui ruinent le secteur public, paupérisent, tuent. C’est oublier que les instances européennes ne sont elles-mêmes qu’un instrument des mafias financières internationales. Celles-ci sont notre véritable ennemi, comme l’a révélé aux Chiliens l’assassin économique Milton Friedman. Néanmoins, si redoutables qu’ils demeurent, les gestionnaires d’un marché dont ils sont à la fois les maître et les esclaves font montre de moins en moins d’une puissance réelle et de plus en plus d’une puissance fictive, une autorité dont la mise en scène est destinée à nous fasciner comme le serpent fascine sa proie. Mais nous avons prouvé que nous n’étions plus des proies et que nous révoquions la prédation. Eux, en revanche, se livrent à des guerres de commis-voyageurs. À la fois proies et prédateurs, ils s’épuisent en rivalités concurrentielles et se déchirent pour un os où il ne restera bientôt plus rien à ronger. Car l’État et les instances supranationales sont guettés par l’effondrement inéluctable d’un système où l’argent tourne en rond, ne reproduit plus que lui-même, n’est qu’une forme virtuelle appelée à se dévorer elle-même en dévorant tout sur son passage.

Des dirigeants de plus en plus bêtes, des insurgées et des insurgés de plus en plus intelligents. La faillite rentabilisée du système marchand ne provoque pas seulement la destruction de la terre et de ses espèces, elle entraîne une détérioration mentale qui d’année en année débilite les administrateurs du délabrement universel. Ils ont été incapables d’empêcher qu’une formidable vague insurrectionnelle brise l’assaut de leurs entreprises mortifères. Vous vous interrogez sur l’effet de bascule du vieux monde dans le nouveau ? Il s’opère lentement sous vos yeux. Chefs d’État et gouvernants sont gagnés par la sénescence à mesure que leur nerf de la guerre se sclérose, alors que l’insurrection populaire et la désobéissance civile attestent de jour en jour une intelligence que l’ouverture à la vie ne cesse de stimuler.

Le haut pourrit, le bas revit. Les individus autonomes font montre d’une créativité qui mène l’offensive sous deux angles d’approche. Tandis qu’analyses critiques, recours juridiques, sabotages, harcèlements par le ridicule dénoncent au sommet les escroqueries d’un Olympe d’opérette, à la base se multiplient et s’amplifient des assemblées locales et régionales directement confrontées au problème de la générosité humaine dans une société du calcul égoïste. Ce combat à la fois pluriel et unitaire nourrit la résolution des insurgés, leur détermination de « ne rien lâcher ». C’est là que la vie revendique sa priorité absolue sur l’économie de profit.

Créer de nouvelles conditions d’existence est une priorité. La ruine de nos acquis sociaux et les ukases que le capitalisme et sa démocratie totalitaire nous assènent donnent une idée du chaos où il a l’intention de nous précipiter. Souvenons-nous de ce qui est arrivé à la Grèce. Bien que soutenu par une majorité populaire qui le pressait de sortir de l’Union européenne, le gouvernement grec de Tsipras a fait marche arrière, il a pris une décision opposée à la volonté populaire. Il a cédé à un chantage ouvertement déclaré : « Si vous n’acceptez pas les mesures d’austérité que nous préconisons, vous quitterez l’Europe, vous ne disposerez plus d’argent, vous n’aurez plus de quoi payer les salaires, entretenir les écoles, les transports, les hôpitaux. Après nous le déluge ! » Tsipras a dû céder parce que rien ne préparait la société grecque à éviter le cataclysme programmé. N’est-il pas inquiétant que nous ne tirions pas les leçons de ce désastre annoncé ? Notre énergie ne devrait-elle pas s’employer principalement à jeter les bases de microsociétés capables de répondre aux défis du chaos et de l’absurdité dévastatrice dont l’état du secteur hospitalier, alimentaire, énergétique nous donne un avant-goût ?

Le plus grand danger qui nous menace c’est de manquer d’audace. C’est de ne pas faire confiance en nos propres capacités, de sous-estimer notre inventivité. Attendre des solutions de l’État nous condamne à végéter dans sa carcasse pourrissante. Comment oublier que la loi du profit, qui détermine toutes les lois du système, consiste à reprendre d’une main ce qui a été donné de l’autre. Dialoguer avec l’État, c’est entrer dans la gueule du monstre.

L’important est moins de le percer de nos coups que de lui substituer un ensemble de microsociétés humaines où la liberté de vivre s’emploie à expérimenter les richesses de sa diversité et à harmoniser ses options contradictoires.

L’escroquerie du référendum. En France, les insurgées et les insurgés exigent un référendum d’initiative citoyenne (RIC). Le gouvernement ne veut pas en entendre parler, si ce n’est sous la forme de ce qu’il appelle référendum d’initiative partagée (RIP) dont il aurait évidemment le contrôle. Dans le même temps, le même gouvernement affiche son mépris des référendums en rejetant une pétition de plus d’un million d’opposants à la vente d’Aéroport de Paris au secteur privé. Au Chili, la même escroquerie se prépare. Le gouvernement propose de remplacer la constituante de Pinochet en recourant à la farce électorale et à ses manipulations traditionnelles. Le but ? Imposer par les instances du haut une constitution qui servira à légaliser la mainmise du capitalisme sur les ressources du pays. Ne sommes-nous pas lassés d’assister une fois encore à ce tour de prestidigitation qui, au nom du peuple, confère les pleins pouvoirs au marché ? Comment entériner une constitution populaire qui n’est pas, loin s’en faut, rédigée directement par le peuple, par des assemblées de quartiers et de villages ?

La lutte pour la qualité de la vie se moque de la dictature des chiffres, de la mesure, du nombre. Le chiffre est la mesure du pouvoir. Il règne par la quantité parce qu’il règne sur des objets, sur un amas anonyme des marchandises. Nous découvrons aujourd’hui une perspective inverse. La qualité annule la dictature du nombre. La qualité de la vie se moque des comptes budgétaires qui la réduisent à un élément de profit. La qualité est l’authenticité vécue. C’est en tant que telle qu’elle peut marquer son intérêt pour ce qui la concerne et son désintérêt pour les guerres concurrentielles que les mafias mondialistes se livrent entre elles. Notre intérêt c’est de parer aux retombées de ces guerres, dont celles et ceux d’en bas sont toujours les victimes.

Sous ses aspects les plus visibles, la guérilla pacifique mobilise des centaines de milliers de partisans de la désobéissance civile. L’outre du mensonge médiatique a beau assurer que les manifestants s’essoufflent, que leur nombre diminue, ni la France, ni le Chili, ni le Liban, ni le Soudan, ni l’Algérie, ni l’Iran ne cèdent sur le front des revendications. Ils ne se trompent pas d’ennemi, leur volonté ne faiblit pas. L’adversaire est la machine du profit qui broie la vie, le combat est celui de la vie qui refuse d’être broyée.

Le phénomène gagne en profondeur, il affecte les modes de pensée et de comportement. Un nombre croissant d’individus redécouvrent les joies de la solidarité et prennent conscience que la réalité vécue n’a rien en commun avec la réalité comptable, budgétaire, statistique concoctée dans ces hauts lieux, qui ne sont en fait que les culs-de-basse-fosse du marché.

Ni dirigeant ni représentant autoproclamés. Outre les chefs, les assemblées auto-organisées excluent les appareils politiques et syndicaux et ceux qui seraient délégués par eux. Les membres de ces assemblées sont prêts, en revanche à discuter à titre personnel avec tous les individus, militants et non-militants, quelles que soient leurs opinions religieuses et idéologiques. Ils estiment en effet que la lutte sociale pour une société plus humaine et plus généreuse l’emporte sur les représentations du monde que chaque personne édifie en raison de son histoire particulière. Ils n’appellent pas à renoncer à des convictions personnelles mais à les dépasser, c’est-à-dire à les resituer dans des conditions qui permettront de les nier sous leur forme ancienne et de les conserver sous leur forme nouvelle. Tolérance pour toutes les idées, intolérance pour tout acte inhumain.

La Commune est le lieu de la vie retrouvée. C’est une agora de liberté où tous les avis ont l’avantage de s’exprimer, d’être entendus et de se concrétiser sous forme de décisions collectives. Pourquoi ? Parce qu’elle rassemble au départ un petit nombre de gens qui se connaissent ou apprennent à se connaître. Ils ont le privilège d’occuper un terrain qui leur est familier, où ils sont les mieux à même d’intervenir en connaissance de cause. Ils ont l’avantage d’être dans une proximité à laquelle la fédération des communes prête une distance critique, une conscience affinée.

Chaque commune est la base d’une multitude d’entités similaires. Leur fédération formera un tissu social capable de supplanter un État qui ne cesse de dégrader les conditions d’existence. C’est là, sur le terrain de notre existence quotidienne, que notre créativité a le plus de chance de battre en brèche l’impérialisme étatique et marchand. L’être humain a toujours plié sans se rompre. C’en est fini de courber la nuque, c’en est fini de ce monde où, comme se désolait Chamfort, le cœur n’a que le choix de se briser ou de se bronzer.

Le combat de la Commune est celui de la générosité humaine contre la dictature du profit. Nous n’allons pas tolérer que le capitalisme mondial et le calcul égoïste pollue notre environnement et notre conscience humaine. L’aide aux plus démunis relève des assemblées populaires non de la froide juridiction étatique et de ses souteneurs xénophobes, racistes, sexistes. L’élan de la solidarité porte à une irrépressible et insolite sensation : la vie va si vite que nous n’avons plus le temps de mourir. L’insurrection est une cure de santé.

La femme est à la pointe du combat pour l’être humain. Là réside son unité. C’est une unité revendicative qui menace la tradition machiste et les résurgences patriarcales. Comment s’étonner que le pouvoir tente de la morceler en catégories afin de les dresser les unes contre les autres et de « diviser pour régner ». Traiter la femme comme une abstraction permet en effet de lui faire assumer des rôles et des fonctions réservés jadis au patriarcat. Le sens humain n’est pas présent avec la même intensité chez la policière, la tortionnaire, l’affairiste, la militaire, la mafieuse, l’autocrate et chez l’insurgée qui lutte pour une égale émancipation de l’homme et de la femme. Mais partout où le noyau d’humanité n’a pas disparu tout à fait, pourquoi ne pas faire confiance à la vie pour venir à bout de la carapace oppressive ?

La Commune est notre territoire, notre existence y est légale. À cette légalité naturelle, l’État a substitué une légalité que rien ne nous oblige à reconnaître. N’est-il pas devenu caduc le contrat social par lequel il s’engageait, en échange de prélèvements fiscaux, à nous garantir écoles, hôpitaux, transports, moyens de subsistance ? À cela s’ajoutent les mesures arbitraires attentatoires à la dignité humaine que son totalitarisme démocratique multiplie. N’est-il pas, dès lors, évident que nous sommes dans la légalité et qu’il est lui, de facto, dans une illégalité qui, du point de vue de ses propres lois, nous autorise à le bannir ? Cependant, la structure municipale qu’il a implantée est toujours en place. Elle fait du maire un fonctionnaire soumis à son autorité. Pris en tenaille entre la représentation de l’État et la représentation de la population locale, il navigue entre l’honnêteté, la corruption, la modestie du porte-parole et l’arrogance de l’édile intronisé. Comment les assemblées d’autogestion peuvent-elles, sans se renier, coexister dans le cadre d’une organisation municipale inféodée à l’État ? À chaque territoire en voie de libération, ses propres formes de lutte.

Quelles relations avec la mairie traditionnelle ? Nul n’ignore que l’expérience de la démocratie directe marque une rupture avec les modes de scrutin que le rituel électoral nous impose. À la différence du vote organisé par le clientélisme politique, la Commune est l’émanation d’assemblées de proximité. Les problèmes qu’elles abordent sont des problèmes concrets, qui se posent à la population d’un village, d’un quartier urbain, de la région environnante où leur fédération prête une vision globale, mondiale, à des décisions prises localement. Elles sont issues d’un milieu où chacun est concerné et sait de quoi il parle. Elles concrétisent une pratique de vie, non une pratique de l’idéologie. La mairie est une antenne, elle est moins à l’écoute des citoyens que de l’État qui les gouverne. Or, pour nous, la Commune est un monde appelé à éradiquer la mondialisation du profit.

Le tambour de l’unité résonne partout. Quelle unité ? Appeler à l’unité et à la convergence des luttes, c’est prendre les choses à rebours. Les déclarations abstraites, si généreuses qu’elles se veuillent, sont des leurres. Elles empruntent le vieux chemin des bonnes intentions. L’espérance n’en finit pas de trébucher de triomphalisme en défaitisme. Allons-nous une fois de plus nous enrôler dans ces fronts censés mobiliser l’énergie de tous et de toutes contre ce qui se borne à porter un des masques de l’oppression globale ? Lors de la révolution espagnole, Berneri avait lancé cette mise en garde : « Seule la lutte anticapitaliste peut s’opposer au fascisme. Le piège de l’antifascisme signifie l’abandon des principes de révolution sociale. » Et il ajoute : « La révolution doit être gagnée sur le terrain social et non sur le terrain militaire. » À quoi tient la force poétique des Gilets jaunes et des assemblées auto-organisées ? Au fait qu’ils mettent au premier plan des problèmes économiques, sociaux, psychologiques auxquels personne n’échappe en ces temps de mutation (permaculture, interdiction des pesticides, blocage des circuits marchands, éradication des nuisances pétrochimiques et nucléaires, exploration énergétique, revivification du tissu rural et urbain, rupture avec le fétichisme de l’argent, reconstruction de l’enseignement, guérilla menée selon le principe « Ne jamais détruire un homme et ne jamais cesser de détruire ce qui le déshumanise »).

La véritable unité, c’est le combat pour le mieux vivre.

La désobéissance civile est un droit imprescriptible partout où règne le droit d’opprimer. La rédaction d’une charte issue des Communes et de leurs assemblées pourrait en garantir le principe et donner ses assises à la légalité d’une démocratie que sa poésie pratique affranchisse à jamais de l’emprise étatique et marchande. À bas la république des affaires ! Vive la république du sens humain !

Texte envoyé pour information
et en mode de contribution éventuelle
aux débats sur la commune
Raoul Vaneigem

 

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