Le nucléaire n’est pas une énergie; c’est un crime.

Posté par elianguesard le 4 août 2018

Contribution pour les journées pour l’arrêt immédiat du crime nucléaire – 4 et 5 Août 2018 AVIGNON

 

http://mcca-ain.org/index.php/rencontres-convergence-antinucleaire-mcca

 

Quelle(s) stratégie(s) les antinucléaires doivent-ils déployer et quelle(s) tactique(s) mettre en œuvre ?

 

- Les stratégies sont nombreuses et déjà existantes (sabotage et/ou éducation populaire)

« L’ennemi » c’est en premier lieu l’homme, en second lieu c’est celui qui opprime et qui ment « qui ment effrontément en affirmant sans broncher : « moi l’État ; je suis le peuple »

Par notre aliénation depuis l’enfance on a beaucoup de mal à remettre en question cette structure même de la société technicienne, alors que ses fondements ne tiennent sur rien, jamais cela n’a été plus visible qu’avec le nucléaire. L’État est le problème car il tourne à l’hégémonie. Quelques-soient les « opératueurs » dans le temps, on voit que « c’est la fonction qui fait l’organe »

L’idée serait de prendre leur propres arguments ou idéologie pour les retourner contre eux-mêmes :

(Cf utiliser la force de l’autre pour la retourner contre lui)

- son Idéologie : « nationalisme volonté de puissance »hégémonie « patriotisme » « honneur » « armée de défense » « raison », scientisme, croire que tout est quantifiable-chiffrable-mesurable , déclaration des droits de l’homme et que dit la Constitution ? Il y a bien une loi qui condamne l’empoisonnement ? La prévarication ? La trahison des principes fondateurs de ce pays ? Les privilèges au pays de son abolition…

« 

« Dans cette ineptie de société de marché, ils se disent comptables de tout ce qu’ils les arrange sauf de ce qu’ils nomment « externalités sociales et environnementales » , leur rappeler que tous les principes qui ont fait ce pays sont trahies , Dans leur langage il s’agit bien de haute trahison. Il faut condamner cette absence de scrupule, cette impunité, ce non sens. »

Ils invoquent souvent La raison : alors que dans l’imposture et le crime nucléaire, il n’y a strictement rien qui tient debout à tous les niveaux : éthique- moral- humain etc même leur propre dada : la technique la finance la stratégie la politique etc tous leurs arguments peuvent être démontés pièce par pièce.

Autre : lorsque que l’on conçoit quelque chose, le minimum d’honnêteté intellectuelle c’est de prendre en compte la totalité du cycle de l’installation du début jusqu’à sa fin ( premier hic ; ici il n’y a pas de fin (ou plutôt à l’échelle de la demi vie du plutonium), on prend en compte les matières nécessaires depuis leur pillage (par la guerre ou la dictature de la dette ou du développement) et tous les humains et non humains impactés dans leur environnement.

Ils parlent d’« ennemi intérieur »(- http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_ennemi_int__rieur-9782707169150.html

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/HALIMI/51015  )

par exemple, mais «  l’ennemi intérieur » c’est l’État nucléaire !

Qui condamne sa propre population, leur propre descendance à la mort ou la mauvaise santé,

Et ils parlent d’« l’Etat de droit » mais c’est un oxymore !

(voir quelques réflexions ici :http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2018/03/buredeqellehumaniteletat.pdf)

 

On va droit vers plus de répression. On en viendra donc à devoir s’expliquer dans des procès longs et coûteux, mais plus » supportables et bénéfiques » si les actes de sabotages ou « délits » sont revendiqués par des collectifs (10 qui font l’action et plus de 100 voir 1000 qui revendiquent le délit…)

On devra dire au représentant de l’État (le procureur) que c’est complètement inadmissible de devoir en passer là pour mettre un problème « d’intérêt général » sur la place publique. Normalement, c’est dans de véritables Assemblées que cela se passe mais tout est factice, et l’accès à la véritable politique est verrouillé.

On devrait aussi rapporter l’histoire de l’origine de l’imposture et du crime nucléaire dans sa vision globale « et son monde » . Comme pour la chimie, ce sont les gains astronomiques des profiteurs de guerre dans l’imposture d’une société de marché  ; les industriels et banquiers qui ont permis cette puissance à l’État hégémonique qui leur est infiniment redevable. Ainsi la chimie et le nucléaire et leur idéologie se sont imposés partout par la ruse et par la force.

Une explication de notre aliénation peut être lue chez Cyrulnik Laborit Tereschenko etc

L’argument santé reste majeur pour sensibiliser le plus grand nombre (même les nucléocrates) car ils sont tous touchés dans leur bulle. Cela permet de « percer la bulle » ; atteints dans leur intimité, c’est malheureusement un passage difficile pour enfin sortir de l’aliénation.

http://elianguesard.unblog.fr/files/2013/10/epidemio2014.pdf

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/29/Mise-en-demeure-de-l-ASN-par-une-initiative-du-MAIN-%3A-un-citoyen-r%C3%A9pond-par-lettre-ouverte-au-Pr%C3%A9sident-de-l-ASN

 

 

 

 

&&&&&&&&&&&&&&&

 

Autres thèmes proposés d’une manière non-développée par les contributeurs-trices

. Comment décrypter la non-implication de la population dans les actions antinucléaires alors que la possibilité d’une catastrophe nucléaire en France avec son cortège d’horreurs et de victimes pour un long terme est connue? Quelles sont les résistances internes, les peurs qui entraînent une paralysie, une sidération même empêchant de défendre la vie de ses proches , de son environnement (Michèle V.M)

 

 Rajout aout 2018

Commentaire elian guésard sur https://www.bastamag.net/C-est-incroyable-qu-on-n-ait-pas-encore-fondu-un-coeur-de-reacteur-des

Voir « le lobbies nucléaire c’est l’Etat lui-même » sur http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire

extrait:
« « Le lobby, c’est l’État lui-même »
Toute la puissance d’influence du « lobby nucléaire » se met en branle. « La force du lobby nucléaire réside dans ses réseaux installés au coeur des différents pouvoirs, explique Yves Marignac. Certains les suivent pour des raisons d’intérêts matériels, comme les syndicats ou les nombreux élus qui profitent de la rente nucléaire, d’autres simplement parce qu’ils sont des croyants qui véhiculent les mythes du lobby : l’indépendance nationale, le nucléaire pas cher, l’exportation de notre savoir-faire… » Une autre spécificité du lobby nucléaire français est la conviction de porter un intérêt national supérieur, qui devrait primer sur tout, y compris la volonté des politiques et des citoyens. »

 

 

Rajout 2:   voir la relation entre colonialisme (par Simone Weil) et le nucléaire

Les contradictions entre les idéaux de la révolution et les (mé)faits coloniaux et ici les (mé)faits nucléaires

Valérie Gérard : Simone Weil . « Contre la colonialisme »

  • Éditeur : Rivages
  • Parution : 28 février 2018

Le mot de l’éditeur ;

Que fait la colonisation aux colonisés, mais aussi aux Etats coloniaux et à leurs citoyens ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : la colonisation est un crime qui détruit des peuples, des formes de vie, des manières de penser, et qui se retourne contre les populations des métropoles. Elle est toujours, en même temps, colonisation intérieure et colonisation des esprits. Simone Weil dénonce en particulier les contradictions de la France de la Révolution et de la gauche française sur cette question. Plus généralement, elle fait de la colonisation une cause et un paradigme de la perte du rapport au monde qu’elle appelle déracinement.

Les principes fondamentaux de la République sont-ils contraires au colonialisme ? Quels impacts la colonisation a-t-elle sur un Etat qui se transforme en métropole d’un empire ? Et quels sont ses effets intérieurs ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : coloniale, la France opprime des peuples et perd ses principes. La colonisation rend impossible l’amitié entre les peuples (ce qui posera problème, dit-elle, si la France veut de nouveau enrôler les populations des colonies dans une guerre). Ces réflexions sur la colonisation pensée comme déracinement vont la conduire à son oeuvre majeur : « L’Enracinement ».

voir aussi:fichier pdf SimoneWEILlenracinementSPPiot fichier odt Simone Weil Contre colonial

- rajout 3
voir aliénation du travail  (simone weil aussi) et critique du travail Roger belbeoch  :

http://partage-le.com/2017/03/le-travail-par-roger-belbeoch/

Le travail (par Roger Belbéoch)  

Un texte initialement publié dans la revue Survivre… et Vivre n° 16, printemps-été 1973, p. 16–22.

 

 

- Rajout 4 ci joint les notes cyrulnik et laborit pour expliquer le déni

ces phrases  de cyrulnik ;

« Mais surtout ce qui m’a frappé, c’est la réaction des professionnels lorsque je leur apportait cette information: ils déniaient !…Lorsqu’un fait échappe à la culture, la pensée sociale doit le rejeter pour garder sa cohérence. Plutôt que de changer la théorie en assimilant le fait nouveau, la pensée sociale élimine le fait pour sauver la théorie … Cette manière de penser, ou plutôt de théoriser, de faire le ménage dans les faits pour nous donner du monde une vision cohérente, stable, pour éviter tout changement qui provoquerait trop d’angoisse et trop de fatigue, explique la possibilité de théories totalitaires qui elles, au moins, donnent des vérités et des certitudes non changeantes. Quand Bruno Bettelheim est rentré des camps nazis et qu’il a voulu témoigner, la plupart des rédacteurs de revues américaines ont refusé ses articles en expliquant que sa douleur avait dû lui faire exagérer les faits… ».

Extraits sorties de

« Les ethnologues nous ont montré ce qu’il en coûtait, pour les sociétés, de se déritualiser. Le monde humain apparaît ainsi par nature culturel, car un homme sans culture n’est pas un être naturel. C’est un amputé non viable. Le monde humain est un monde de « profondeur », spatiale et temporelle, grâce à l’existence de la parole »…

« Mais surtout ce qui m’a frappé, c’est la réaction des professionnels lorsque je leur apportait cette information: ils déniaient !…Lorsqu’un fait échappe à la culture, la pensée sociale doit le rejeter pour garder sa cohérence. Plutôt que de changer la théorie en assimilant le fait nouveau, la pensée sociale élimine le fait pour sauver la théorie … Cette manière de penser, ou plutôt de théoriser, de faire le ménage dans les faits pour nous donner du monde une vision cohérente, stable, pour éviter tout changement qui provoquerait trop d’angoisse et trop de fatigue, explique la possibilité de théories totalitaires qui elles, au moins, donnent des vérités et des certitudes non changeantes. Quand Bruno Bettelheim est rentré des camps nazis et qu’il a voulu témoigner, la plupart des rédacteurs de revues américaines ont refusé ses articles en expliquant que sa douleur avait dû lui faire exagérer les faits… »… « L’œuf fécondé constitue un stock de promesses génétiques qui caractérise l’espèce, car il n’y a pas de fécondation entre espèces différentes: mais si l’on pouvait supprimer l’environnement, grâce à la baguette magique, pas une seule promesse génétique ne serait tenue, car l’environnement façonne le développement génétique dès le niveau cellulaire. »… « Penser le monde avec le mot devenir implique une politique du vivant radicalement différent du fixisme de la coupure. Les « coupeuristes » disent qui est homme et qui ne l’est pas. Alors que les « deveniristes » cherchent les indices matériels qui font le récit du monde. »… « Voilà pourquoi si l’on s’entraîne à regarder le monde avec le mot devenir, on fera des observations graduelles où l’étonnante plasticité du vivant permettra de considérer les animaux ni comme des machines, ni comme des hommes et de regarder l’homme comme le seul animal capable de s’arracher à la condition animale pour devenir homme. »… « C’est parce que nos discours sociaux ne parlent pas clairement. Devenant cafouilleux, nos rôles familiaux ne prescrivent plus de code comportementaux clairs. »… « Or c’est nous-mêmes qui devons faire la culture , car nous en sommes tous responsable: dans nos gestes quotidiens avec nos proches, dans nos rituels sociaux avec nos voisins et dans nos récits quand on prend la parole. Alors, le cafouillis des représentations n’engendrera plus le cafouillis des sentiments et des gestes qui s’y enracinent. »… « Car les images, les bruits, et même les odeurs indiquent des choses, et les mots sont aussi des objets sonores. Ce sont eux qui matérialisent le signifiant, comme la posture comme la mimique, comme les gestes, comme les vêtements, comme les objets, car chez l’homme tout peut faire signe. »

(Boris Cyrulnik « La naissance du sens »)

« Le paradoxe de la condition humaine, c’est qu’on ne peut devenir soi-même que sous l’influence des autres. L’homme seul n’est pas un homme.  »…

« Nous sommes l’espèce vivante qui a le plus accès à la manière dont l’autre se représente son monde, la violence procède alors de l’intolérance, c’est à dire de l’incapacité à sortir de son propre monde de représentations. »… « Le «Je» ne peut exister qu’à l’intérieur d’un «Nous» auquel il appartient. »… « Que les mythes soient des récits qui emblématisent le groupe ne signifie pas que cet imaginaire soit coupé du réel. »

« la violence est un point de vue, exprimé par des comportements qui ne tiennent pas compte de l’existence de l’autre »…comme le théoricien qui cherche à imposer ses idées en réduisant les autres au silence, enfin et surtout, d’organisme sociaux qui peuvent en détruire un autre pour conquérir son territoire ou faire triompher son économie »… « chez l’homme, la représentation d’un monde peut exister en dehors de toute perception, alors que chez l’animal les deux processus restent associés »… « C’est à coup sûr notre aptitude à vivre dans un monde de représentation qui crée notre aptitude à la violence en même temps qu’à la culture. L’animal reste soumis au réel qui contrôle sa violence, alors que l’homme travaille à se soumettre à l’idée qu’il se fait du monde, ce qui l’invite à la violence créatrice : détruire un ordre pour en inventer un nouveau (palimpseste), car (cite René Girard « Des choses cachées » : « c’est bien du désordre extrême que l’ordre surgit dans la nature humaine »… « L’absence de rituel mène au chaos, comme l’hégémonie d’un rituel mène à la destruction de l’autre, deux formes de violence qui reviennent au même.

La seule issue, c’est l’invention d’un rituel de confrontation des rituels organisant ainsi leur reconnaissance réciproque. On appelle ce rituel « conflit social » ou « débat philosophique »… « table ronde »…Son inconvénient, c’est d’instituer l’incertitude, alors que l’illusion de la vérité unique possède un grand effet tranquillisant. »… « on connaît les excès de tranquillisant : une culture qui supprimerai toute violence humaine cesserait d’être créatrice. »… « L’ennui , c’est que l’anomie, en déritualisant les groupes sociaux, les désagrège et laisse émerger toutes les violences. Comme si les grands groupes ne savaient pas créer leur évolution culturelle autrement que par la violence, alors que les petits groupes ritualisés utilisent le débat pour faire changer les mentalités et les structures sociales. »… « Les notes prises au jour le jour donnent forme à l’impression du moment que l’on vit, mais c’est la relation du moment où l’on parle qui donne forme à nos souvenirs. Voilà pourquoi le palimpseste s’oppose au récit et pourquoi « les récits sont des impostures » (P.Valéry, JP.Sartre) qui témoignent moins du réel passé que de l’intimité du narrateur »… «  ce qui compte, c’est de créer du sens pour ordonner notre perception du monde afin de pouvoir agir sur lui ».

Boris Cyrulnik « les nourritures affectives »

LABORIT

« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la « maladie » sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »

[...]

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction « adaptative » elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »

et dans un autre bouquin:

p79 «Tout se passe comme si chaque individu était entouré d’une « bulle » dont les limites sont celles de l’acuité de ses différentes activités sensorielles, bulles dans lesquelles il se déplacera et agira en vue de satisfaire au maintien de sa structure, de ce que nous avons appelé son équilibre biologique. S’il trouve un opposant à ces actes gratifiants, il deviendra agressif à son égard. Le territoire devient ainsi l’espace nécessaire à la réalisation de l’acte gratifiant, l’espace vital ».[...]

p99 »On comprend la révolte des jeunes générations contre une génération qui veut leur imposer un cadre socioculturel soi-disant fondé sur une prétendue conscience réfléchie, mais en réalité sur une agressivité nécessaire à l’obtention des dominances au sein des hiérarchies qu’elles ne comprennent plus, suivant des critères de soumission qu’elles n’acceptent plus, pour une finalité qu’elles ne conçoivent plus. »[...]

Extraits sorties de :

« Nous sommes les autres, c’est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres – nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs – ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie. »

[...]

« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la « maladie » sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »

[...]

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction « adaptative » elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. » (Henri Laborit (dernière intervention dans « Mon oncle d’Amérique »))

« Pour certains, la science a pu repousser très loin les limites de l’espace et du temps où l’homme est inclus. Mais pour la plupart, ceux dont la représentation du monde ne va guère plus loin que les murs de leur bureau, de leur entreprise ou de leur HLM, l’espace s’est au contraire prodigieusement rétréci. Ils se sentent cloisonnés, aliénés, déboussolés, ne sachant plus devant leurs manettes ou leur ordinateur où se trouve le nord qu’Ulysse, dans sa recherche de la route de l’étain, savait repérer grâce à l’étoile polaire »…« Quand les sociétés fourniront à chaque individu, dès le plus jeune age, puis toute sa vie durant, autant d’informations sur ce qu’il est, sur les mécanismes qui lui permettent de penser, de désirer, de se souvenir, d’être joyeux ou triste, d’être calme ou angoissé, furieux ou débonnaire, sur les mécanismes qui lui permettent en résumé de vivre, de vivre avec les autres, quand elles lui donneront autant d’informations sur cet animal curieux qu’est l’homme qu’elles s’efforcent depuis toujours de lui en donner sur la façon la plus efficace de produire des marchandises, la vie quotidienne de cet individu aura la chance d’être transformée. »… « Quand il s’apercevra que les choses se contentent d’être et que c’est nous, pour notre intérêt personnel ou celui du groupe auquel nous appartenons, qui leur attribuons une « valeur », sa vie sera transfigurée. Il ne se sentira non plus isolé mais uni à tous à travers le temps et l’espace, semblable et différent, unique et multiple à la fois, (…) passager et éternel, propriétaire de tout sans rien posséder, et cherchant sa propre joie, il en donnera aux autres. »

(Henri Laborit « Dieu ne joue pas aux dés »)

p6″ Chaque disciple d’une discipline particulière malgré sa conscience réfléchie, est le plus souvent inconscient du fait qu’une pulsion fort primitive inscrite fort bas dans l’organisation hiérarchique de son système nerveux, l’oblige à vouloir dominer ses contemporains et pour cela à rejeter la participation à la recherche commune des disciplines auxquelles il n’entend goutte du fait de sa formation spécialisée.[...]

« Est ce que vraiment la notion de territoire qui fait uriner les chiens le long des réverbères ne peut vraiment pas être dépassée une fois pour toute dans le comportement de l’homme contemporain?

Cela provient aussi du fait sans doute qu’une structure vivante, organisme animal ou social, admet difficilement la particule étrangère. Elle dérange ses habitudes biologiques et donc, au niveau supérieur, ses habitudes de pensée. »[...]

p141 « bien que si l’on cherche « l’individu », il soit difficile de trouver autre chose que « les autres », on conçoit cependant la variété infinie qui va résulter du déterminisme génétique et de celui commandé par la « niche » socioculturelle où naît et grandit chaque individu. Cette variété est indispensable à l’évolution et condamne tout eugénisme. »[...] « La diversité est un facteur essentiel d’évolution puisque c’est elle qui permet les « mélanges » les plus variés. Le problème est le même au niveau de la biologie de l’hérédité qu’à celui de l’imagination créatrice. C’est de la diversité des concepts, de la diversité des solutions originales à un problème posé que peut naître le progrès. Toute standardisation est multiplicatrice mais aussi fixatrice. Toute planification autoritaire, tout concept imposé par la force ou par la création plus camouflée des automatismes, sont une atteinte portée aux possibilités ouvertes au progrès humain. » [...]

p142 « La diversité est un besoin biologique fondamental. Il est donc nécessaire de laisser s’exprimer la diversité. »

p172 « Il naît aussi évidemment de cette reconnaissance analogique, une structure, un ensemble de relations entre les individus qui composent le groupe. Inconscients du fait que cette « sympathie » qui les unit, résulte d’une grande affectivité mise en jeu par une « communion » d’intérêts[...] ces individus dès lors n’agiront plus qu’en vue de maintenir la structure du groupe. En cela ils s’opposeront à d’autres groupes pareillement constitués mais à partir d’une motivation différente, c’est à dire d’analogies, de niches environnementales induites par des déterminismes spatio-temporels, culturels, génétiques et sociaux différents. Il apparaîtra un antagonisme de groupe qui ne peut disparaître alors que par la désorganisation du plus faible, ce qui ne veut pas dire de celui dont l’appréhension du monde s’éloigne le plus de la réalité. La constitution des groupes étant strictement affective et intéressée et limitée forcement à un sous ensemble des connaissances humaines, le groupe victorieux sera le plus agressif et celui ayant le mieux su utiliser ses connaissances [ou celle des autres] pour agir sur son environnement matériel et humain. On comprend comment s’est établi le règne des civilisations techniques et l’appropriation privée des moyens de production. »[...]

p175 « Il est bon de noter au passage que l’une des raisons d’espérer dans la poursuite de cette extraordinaire aventure qu’est l’apparition et l’évolution de l’homme sur la planète c’est que de l’emploi de la bombe atomique le capitalisme et les capitalistes ne se relèveraient pas. Ils ont toujours su utiliser les guerres à leur profit mais en cas de guerre atomique ce résultat n’est même plus à envisager. »[...]

« Le capital comme le prolétariat sont actuellement planétaire. L’un et l’autre enjambent allégrement les frontières alors que celles-ci subsistent encore, permettant à l’un et à l’autre, par exaltation du sentiment national, de cacher ses motivations dominatrices. Celles du prolétariat semblent apparemment coïncider avec celles de l’espèce, mais en théorie seulement. Car en pratique, l’absence de connaissance scientifique concernant la biologie du comportement humain fait que même sans posséder la propriété privée des moyens de production, l’homme exploite l’homme du seul fait qu’il essaie de dominer son semblable ou du moins d’appartenir à un groupe dominant, donc exploitant. Et tant que la connaissance scientifique de lui même n’aura pas été largement répandue, il aura beau accumuler les faits scientifiques concernant son environnement, la mutation sociale attendue n’aura pas lieu. »[...]

p176 « Tout le malheur de l’homme vient encore de ce qu’il tourne son agressivité contre ses semblables, dans un but étonnamment puéril , puisqu’il finit toujours par les entraîner avec lui dans sa tombe. [NDLR dans les deux sens du terme] Pourquoi s’acharner à tuer les autres puisque ce sont eux qui sont en nous ? Sans doute parce que nous ne voulons reconnaître le plus souvent la dignité de l’Homme qu’à ceux dont la niche environnementale coïncide à peu près avec la nôtre. Mais il ne nous viendrait jamais à l’idée de rechercher une niche capable de contenir toutes celles présentes aujourd’hui sur la planète.[...] elle ne deviendra signifiante que lorsque que nous l’aurons « intériorisée » dans notre système nerveux. [...]

p177 « L’impossibilité de l’évitement par la fuite rendra le climat des relations inter-humaines tendu, violent et accepté comme tel sous les vains prétextes de concurrence, de compétitivité, etc. Un simple jugement de valeur suffit à transformer un automatisme primitif en une qualité nécessaire. » [...] « Dans cette description assez désolée, je ne vois pas en quoi on peut dire que l’agressivité est nécessaire. »[...]

p181 « La solution consisterait à orienter, si cela était possible, grâce à l’imagination, cette agressivité vers une forme nouvelle de lutte, la découverte de solutions neuves aux problèmes posés dans tous les domaines, à l’homme contemporain. »[...] « Et cependant l’accélération croissante de la diffusion des informations, leur planétisation, tendent, jour après jour, à généraliser les problèmes fondamentaux et à noyer les problèmes personnels dans ceux-ci. »

Henri Laborit « L’agressivité détournée ».(1970)

«Le comportement de fuite sera le seul à permettre de demeurer normal par rapport à soi-même, aussi longtemps que la majorité des hommes qui se considèrent normaux tenteront sans succès de le devenir en cherchant à établir leur dominance, individuelle, de classe, de groupe, de nation, etc.

L’expérimentation montre en effet que la mise en alerte de l’hypophyse et de la corticosurrénale, qui aboutit si elle dure à la pathologie viscérale des maladies dites « psychosomatiques », est le fait des dominés, ou de ceux qui cherchent sans succès à établir leur dominance, ou encore des dominants dont la dominance est contestée et qui tentent de la maintenir. Tous ceux-là seraient alors des anormaux, car il semble peu normal de souffrir d’un ulcère de l’estomac, d’une hypertension artérielle ou d’un de ces syndromes dépressifs si fréquents aujourd’hui.

Or comme la dominance stable et incontestée est rare, heureusement, vous voyez que pour demeurer normal il ne vous reste plus qu’à fuir loin des compétitions hiérarchiques. Attendez-moi, j’arrive! »… « L’amour déculpabilise, car pour que les groupes sociaux survivent c’est à dire maintiennent leur structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorées. Leur connaissance, leur mise à nu, conduirait à la révolte des « dominés », à la contestation des structures hiérarchiques. »… « La gratification c’est à dire l’utilisation suivant les besoins, s’obtient par l’établissement de sa dominance_ chez l’animal par sa force physique et chez l’homme c’est devenu sur la possession du capital et des moyens de production des marchandises, les machines résultant elles-même de la manipulation par le cerveau humain de l’information technique. »… « Les dominants ont toujours utilisé l’imaginaire des dominés à leur profit. Cela est d’autant plus facile que la faculté de création imaginaire que possède l’espèce humaine est la seule à lui permettre la fuite gratifiante d’une objectivité douloureuse »… « Les société libérales ont réussi à convaincre l’individu que la liberté se trouvait dans l’obéissance aux règles des hiérarchies du moment et dans l’institutionnalisation des règles qu’il faut observer pour s’élever dans ces hiérarchies. Les pays « socialistes » ont réussi à convaincre l’individu que lorsque la propriété privée des moyens de production et d’échanges étaient supprimée, libéré de l’aliénation de sa force de travail au capital, il devenait libre alors qu’il reste tout autant emprisonné dans un système hiérarchique de dominance. »… « Or nos sociétés moderne ont supprimé l’imaginaire, s’il ne s’exerce pas au profit de l’innovation technique. L’imagination au pouvoir, non pour réformer mais transformer, serait un despote trop dangereux pour ceux en place. »… « On devine la tromperie que peut constituer ce qu’il est convenu d’appeler la démocratie »… « L’assouvissement des besoins fondamentaux n’est plus la finalité du travail humain mais l’assouvissement des besoins acquis, cette finalité passe par le profit, qui permet de maintenir les différences »… « C’est aboutir à la création de monstres économiques multinationaux dont la seule règle est leur propre survie économique qui n’est réalisable que par leur dominance planétaire. »… « C’est un nouveau système de relation interindividuelles qu’il faut inventer, s’inspirant des échecs des systèmes précédents et capable de limiter les dégâts des échelles hiérarchiques de dominance. »… « Cette structure socio-économique ne deviendrait efficace que si l’ensemble des populations acquérait une connaissance de ce que nous avons appelé l’information généralisée et non plus technique. »… « Et cette transformation n’est possible que si l’ensemble des hommes prend connaissance des mécanismes qui les font penser, juger, agir. Si certain seulement sont informés, ils se heurteront toujours au mur compact du désir de dominance de ceux qui ne le sont pas et ils ne devront leur salut individuel et leur tranquillité qu’à la fuite, loin des compétitions hiérarchiques et des dominances, à moins qu’ils ne soient, malgré eux , entraînés dans les tueries intraspécifiques que ces dernières ne cessent de faire naître à travers le monde. »… « Il existe peut-être parmi les discours logiques, parmi les idéologies susceptibles d’orienter l’action, une hiérarchie de valeur. Mais en définitive, le seul critère capable de nous permettre d’établir cette hiérarchie, c’est la défense de la veuve et de l’orphelin. Don Quichotte avait raison. Sa position est la seule défendable. Toute autorité imposée par la force est à combattre. »…. « La maladie la plus dangereuse pour l’espèce humaine c’est le sens des hiérarchies, de toutes les hiérarchies. Il n’y a pas de guerre dans un organisme, car aucun organe ne veut établir sa dominance sur un autre, ne veut le commander, être supérieur à lui. »

(Henri Laborit « L’éloge de la fuite »)

« L’expérimentation a pour méthode essentiellement d’observer un niveau d’organisation en supprimant la commande extérieure a lui. Elle ramène le servomécanisme au rang de régulateur. Elle ferme le système à un certain niveau d’organisation. L’enzymologiste et le biochimiste isolent les éléments d’une réaction enzymatique in vitro ; le biologiste isole des structures infracellulaires pour en étudier l’activité séparée de l’ensemble cellulaire auquel elles appartiennent ; ou bien il étudie l’activité biochimique d’un tissu isolé. Le physiologiste isole un segment d’organe ou un organe pour en étudier le comportement ou focalise son attention sur un système, cardio-vasculaire ou nerveux par exemple, dont il étudie un critère d’activité privilégié. Il faut regretter que le clinicien lui-même n’agisse généralement pas autrement en soignant un « cœur », un « estomac », un « foie », etc. ce qui consiste à l’isoler du contexte familial et socio-culturel où vit l’organisme auquel il appartient. »…

« Cette attitude, rentable expérimentalement, est évidemment une des causes de l’inefficacité fréquente des thérapeutiques s’adressant à la seule lésion organique. »…

« Cette approche expérimentale est nécessaire car l’information qui parvient à un niveau d’organisation est multifactorielle et les variables sont trop nombreuses pour les appréhender toutes à la fois. Il est donc indispensable de placer le niveau d’organisation, objet de l’étude, dans un milieu stable dont il est facile de contrôler les principales caractéristiques et de ne faire varier à volonté qu’un seul facteur pour observer les conséquences de ses variations sur le niveau d’organisation soumis à l’expérience. Mais il serait évidemment dangereux de conclure, à partir des faits observés dans ces conditions, à ce qui se passe quant le niveau d’organisation est en place, en situation organique. Cependant, c’est la seule façon d’acquérir une connaissance progressive des mécanismes complexes qui animent la matière vivante. Elle exige, on le comprend, un va-et-vient constant de la part de l’expérimentateur d’un niveau d’organisation à l’autre. Elle exige, en d’autres termes, une « ouverture » d’esprit capable de s’adapter à  » l’ouverture  » des systèmes complexes que constituent les structures vivantes. »

Henri Laborit « La nouvelle grille »

p79 «Tout se passe comme si chaque individu était entouré d’une « bulle » dont les limites sont celles de l’acuité de ses différentes activités sensorielles, bulles dans lesquelles il se déplacera et agira en vue de satisfaire au maintien de sa structure, de ce que nous avons appelé son équilibre biologique. S’il trouve un opposant à ces actes gratifiants, il deviendra agressif à son égard. Le territoire devient ainsi l’espace nécessaire à la réalisation de l’acte gratifiant, l’espace vital ».[...]

p99 »On comprend la révolte des jeunes générations contre une génération qui veut leur imposer un cadre socioculturel soi-disant fondé sur une prétendue conscience réfléchie, mais en réalité sur une agressivité nécessaire à l’obtention des dominances au sein des hiérarchies qu’elles ne comprennent plus, suivant des critères de soumission qu’elles n’acceptent plus, pour une finalité qu’elles ne conçoivent plus. »[...] p101 « Les sociétés d’abondance, pour lesquelles la croissance est un but en soi, sont non des sociétés d’épargne mais de consommation. » [...] « Ce n’est pas la recherche de sécurité qui les anime mais c’est pour satisfaire au besoin de domination des groupes sociaux et des structures hiérarchiques qui les animent. C’est moins pour tempérer l’angoisse de ce que sera demain »[...] p102 « La satiété modifiant la sensation de plaisir ou bien-être. C’est un problème identique qui est posé par l’insatisfaction qui résulte de tout assouvissement d’un besoin acquis, socioculturel, par l’appétit jamais comblé de consommation. »

[...] p103 « L’invention de la machine, s’interposant entre la main et l’objet désiré pour en faciliter la production, diminue d’autant l’énergie humaine nécessaire à cette production et en conséquence recule la limite où cette dépense énergétique devient désagréable. Mais si elle augmente l’efficacité des actions humaines sur la matière, elle rend aussi l’homme plus dépendant de la machine dans la proportion où son inadaptation au milieu non transformé accroît son dés-entraînement. Mais au fond le problème n’est pas là. Si le « bien-être » résulte de la satisfaction des besoins fondamentaux, nous avons déjà signalé que l’industrie moderne n’est pas indispensable à la réalisation de cet assouvissement. »[...] p104 « le problème consiste donc à comprendre comment le mythe de la croissance pour la croissance, et non pas seulement pour la satisfaction des besoins fondamentaux a pus s’instaurer… »[...] « la machine n’est pas la cause de la croissance. La cause ne peut être que le comportement de l’homme le poussant à produire plus. » [...] p107 « Quand on nous parle du « plein épanouissement » de l’homme, a-t-on songé que cette utopie est irréalisable dans le cadre d’une hiérarchie quelle qu’elle soit ? D’où l’explosion au sein de nos sociétés hautement hiérarchisées des maladies dites « psychosomatiques » qui ne sont que l’expression somatique de conflits au sein du système nerveux central entre pulsions instinctuelles et interdits socioculturels, conflits qui ne peuvent se résoudre dans une action efficace, « assouvissante », sur le milieu, du fait de l’institutionnalisation par les dominants des règles de la dominance. Ce sont ces règles qui nous semblent être le facteur fondamental de l’apparition des sociétés industrielles et du mythe de la croissance. » [...] p108 « 1789 aussi a institutionnalisé les règles de la dominance, règles nécessaires à respecter pour devenir bourgeois, [...] propriétés privées dont celle des moyens de production

Henri Laborit « la nouvelle grille »(1986)

 

Laisser un commentaire

 

Paruremaupassant |
Lalibrairiedunet |
Latelierdeshistoiresfilantes |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lloydvlcf
| Matircrite
| Monsieurkafka