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L’absurde nucléaire

Posté par elianguesard le 30 décembre 2016

sisyphe

wiki 2016.12

Le Mythe de Sisyphe est un essai rédigé par Albert Camus, publié en 1942. Il fait partie du « cycle de l’absurde », avec Caligula (pièce de théâtre, 1938), L’Étranger (roman, 1942) et Le Malentendu (pièce de théâtre, 1944).

Dans cet essai, Camus introduit sa philosophie de l’absurde : la recherche de l’homme vaine de sens, d’unité et de clarté, dans un monde inintelligible, dépourvu de Dieu et dépourvu de vérités ou valeurs éternelles. Est-ce que la réalisation de l’absurde nécessite le suicide ? Camus répond : « Non, elle nécessite la révolte. »

Chapitre 1 : Un raisonnement absurde

Camus se charge de la tâche de répondre à ce qu’il considère comme le seul « problème philosophique vraiment sérieux » : est-ce que la réalisation de l’existence du non-sens et de l‘absurdité de la vie entraîne nécessairement le suicide?

Il commence par décrire la condition absurde : une grande partie de notre vie est construite sur l’espoir de demain mais demain nous rapproche de la mort, l’ennemi ultime ; les gens vivent comme s’ils ne connaissent pas la certitude de la mort. Une fois débarrassé de son romantisme commun, le monde est un lieu étranger, étrange et inhumain ; la vraie connaissance est impossible, et la rationalité et la science ne peuvent pas révéler les explications du monde, – de telles explications finissent finalement dans des abstractions et des métaphores dénuées de signification. « À partir du moment où l’absurdité est reconnue, elle devient une passion, la plus pénible de toutes. »

Ce n’est pas le monde qui est absurde, ni la pensée humaine : l’absurde surgit lorsque le besoin humain de comprendre rencontre le caractère déraisonnable du monde, lorsque à « mon appétit pour l’absolu et pour l’unité » répond « l’impossibilité de réduire ce monde à un principe rationnel et raisonnable. »

Il caractérise ainsi un certain nombre de philosophies qui décrivent et tentent de faire face à ce sentiment de l’absurde, à travers Heidegger, Jaspers, Chestov, Kierkegaard, et Husserl. Tout ceux-ci, dit-il, commettent un « suicide philosophique » par l’aboutissement à des conclusions qui contredisent la position absurde d’origine, soit en abandonnant la raison et en se tournant vers Dieu, – comme dans le cas de Kierkegaard et Chestov, soit en élevant la raison et, finalement, en arrivant à des formes platoniques ubiquitaires et à un dieu abstrait, – comme dans le cas de Husserl.

Pour Camus, pour ceux qui se mettent à prendre l’absurde au sérieux et à le suivre jusqu’à ses conclusions finales, ces « sauts » ne peuvent pas être convaincants. Prendre l’absurde au sérieux signifie reconnaître la contradiction entre le désir de la raison humaine et le monde déraisonnable. Le suicide, alors, doit également être rejeté : sans l’homme, l’absurde ne peut pas exister. La contradiction doit être vécue ; la raison et ses limites doivent être reconnues, sans faux espoir. Cependant, l’absurde ne pourra jamais être accepté : il exige une confrontation et une révolte constantes.

Ainsi, l’homme absurde gagne de la liberté dans un sens très concret : il n’est plus lié par l’espoir d’un avenir ou d’une éternité meilleures, – sans qu’il soit nécessaire de créer du sens, « il jouit d’une liberté à l’égard des règles communes ». Comprendre l’absurde implique de comprendre tout ce que le monde déraisonnable a à offrir. Lorsque la vie ne se voit plus attribuer de sens, il n’y a plus d’échelle de valeurs. « Ce qui compte n’est pas de vivre le mieux, mais de vivre le plus. » Camus arrive à trois conséquences de la reconnaissance complète de l’absurde : la révolte, la liberté et la passion.

 

Chapitre 2 : L’homme absurde

Camus va dans ce chapitre présenter des exemples de la vie absurde. Il commence avec Don Juan, le « séducteur en série » qui vit une vie passionnée au maximum.

L’exemple suivant est celui de l’acteur, qui poursuit la gloire éphémère d’une vie éphémère. « Il démontre à quel point le paraître crée l’être. »

Le troisième exemple de Camus de l’homme absurde est celui du vainqueur, du guerrier, qui renonce à toutes promesses d’éternité et s’engage pleinement dans l’histoire humaine. Il choisit une action sur la contemplation, conscient du fait que rien ne peut durer et qu’aucune victoire n’est définitive.

 

Chapitre 3 : La création absurde

Dans ce chapitre, Camus explore le créateur ou l’artiste absurdes. Puisqu’une explication est impossible, l’art absurde est limité à une description d’expériences innombrables dans le monde. « Si le monde était clair, l’art ne serait pas. » La création de l’absurde doit, bien sûr, s’abstenir de juger et de faire allusion à la moindre ombre d’espoir. Il analyse ensuite le travail de Dostoïevski à cette lumière, en particulier Journal d’un écrivain, Les Possédés et Les Frères Karamazov. Tous ces travaux ont pour base l’absurde et les deux premiers ouvrages explorent le thème du suicide philosophique. Cependant, le Journal et son dernier roman, Les Frères Karamazov, ont finalement trouvé un chemin vers l’espoir et la foi et ont donc échoué en tant que créations absurdes.

 

Chapitre 4: Le mythe de Sisyphe

Dans ce dernier chapitre, Camus décrit la légende de Sisyphe. (voir § Mythe)

Camus est intéressé par les pensées de Sisyphe lorsque celui-ci marche en bas de la montagne, pour recommencer de zéro son épuisante ascension. Après que la pierre est tombée en bas de la montagne, Camus affirme : « C’est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m’intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même ! Je vois cet homme redescendre d’un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin ». Le moment est vraiment tragique, quand le héros prend conscience de sa condition misérable. Il n’a pas d’espoir mais « il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris. » Reconnaissant la vérité, Sisyphe, tout comme l’homme absurde, ne cesse de pousser. Camus affirme que lorsque Sisyphe reconnaît la futilité de sa tâche et la certitude de son sort, il est libre de réaliser l’absurdité de sa situation et de parvenir à un état d’acceptation. Avec un clin d’œil au héros grec Œdipe, Camus conclut que « tout est bien », en effet, et qu’ « il faut imaginer Sisyphe heureux. »

Appendice

L’essai comporte un appendice intitulé «L’espoir et l’Absurde dans l’œuvre de Franz Kafka ». Alors que Camus reconnaît que l’œuvre de Kafka représente une description exquise de la condition absurde, il soutient que Kafka échoue en tant qu’écrivain de l’Absurde parce que son travail présente une lueur d’espoir.

Mythe

Inspiré par la mythologie grecque, Camus fait le rapprochement entre la vie comme éternel recommencement obéissant à l’absurde et Sisyphe, héros de la mythologie grecque. Pourquoi une telle punition ? Camus cite plusieurs versions du mythe, la plupart expliquant la punition de Sisyphe par une insulte faite aux dieux. Une version particulière prête à Sisyphe, mourant, la volonté d’éprouver l’amour de sa femme en lui demandant de ne pas lui donner de sépulture et de jeter son corps sur la place publique, après sa mort. Selon une autre version, Sisyphe découvre la liaison entre le maître de l’Olympe, Zeus, et Égine ; il s’en va monnayer l’information auprès du père, le fleuve Asopos. En échange de sa révélation il reçoit une fontaine pour sa citadelle. Sa trop grande perspicacité irrite les dieux qui le condamnent à pousser un rocher au sommet d’une montagne, – qui, inéluctablement, roule vers la vallée avant que le but du héros ne soit atteint.

 

Contrairement au Sisyphe que l’on présente habituellement dans la mythologie, Camus considère qu’« il faut imaginer Sisyphe heureux », une formule de Kuki Shuzo. Sisyphe trouve son bonheur dans l’accomplissement de la tâche qu’il entreprend et non dans la signification de cette tâche.

 

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile, ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

 

Il fonde son raisonnement sur de nombreux traités philosophiques et l’œuvre de romanciers comme Dostoïevski et Kafka et soutient que le bonheur revient à vivre sa vie tout en étant conscient de son absurdité, car la conscience nous permet de maîtriser davantage notre existence.

 

Révolte

Camus catégorise des archétypes de l’homme face à l’absurdité :

Le héros absurde fait face à l’absurdité de la vie. Il va même jusqu’à l’apprécier, recherchant toujours la même flamme, la même passion qui l’anime, comme le fait Don Juan en recherchant toujours de femme en femme l’effet de cette première passion.

Le suicidaire ne voit plus aucun sens à sa vie et fait le « grand saut », au même titre dans un certain sens que le croyant, échappant ainsi à l’absurdité de sa condition. Le croyant se livre quant à lui à une cause et ne se préoccupe pas de l’essence existentialiste qui ronge tant les humains qui y ont fait face, ceux-ci ayant perdu la lumière et se retrouvant seuls face à leurs pensées.

Camus entend ainsi montrer que la révolte est le seul moyen de vivre sa vie dans un monde absurde. Cette révolte est plus importante dans le fait de se révolter que dans les causes défendues en elles-mêmes. Camus propose donc une théorie de l’engagement passionné et conscient qui est compatible avec le climat politique de son temps. Il poursuivra cette réflexion avec son essai L’Homme révolté.

 

Citations

« Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. »[1]

« C’est qu’en vérité le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout. »[2]

« La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »[3]

Définition philosophique[modifier | modifier le code]Le fait de « vivre le supplice de Sisyphe » signifie que l’on vit une situation absurde répétitive dont on ne voit jamais la fin ou l’aboutissement.

 

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http://www.vialupo.com/verbatim/oeuvres/sisyphe.html

Premier essai philosophique (1942) d’Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe établi pourquoi la vie vaut d’être vécue. Parce que l’homme peut dépasser l’absurdité de son destin par sa lucidité, sa révolte tenace contre sa condition.

Il y a une grandeur à vivre et faire vivre l’absurdité.

Absurde

« L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. »

Absurde

« L’absurde est essentiellement un divorce. Il n’est ni dans l’un ni dans l’autre des éléments comparés, il naît de leur confrontation. »

Absurde

« L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites. »

Action

« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un coeur fier, il ne peut y avoir de milieu. Il y a Dieu ou le temps, cette croix ou cette épée. Ce monde a un sens plus haut qui surpasse ses agitations ou rien n’est vrai que ces agitations. Il faut vivre avec le temps et mourir avec lui ou s’y soustraire pour une plus grande vie. Je sais qu’on peut transiger et qu’on peut vivre dans le siècle et croire à l’éternel. Cela s’appelle accepter. Mais je répugne à ce terme et je veux tout ou rien. »

 

Comprendre

« comprendre c’est avant tout unifier. »

 

Conscience

« Tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. »

Doctrine

« Je comprends alors pourquoi les doctrines qui m’expliquent tout m’affaiblissent en même temps. Elles me déchargent du poids de ma propre vie et il faut bien pourtant que je le porte seul. »

Finalité de l’homme

« Oui l’homme est sa propre fin. Et il est sa seule fin. S’il veut être quelque chose, c’est dans cette vie. »

 

Moralité

« Elle enseigne qu’un homme se définit aussi bien par ses comédies que par ses élans sincères »

Histoire

« Conscient que je ne puis me séparer de mon temps, j’ai décidé de faire corps avec lui. C’est pourquoi je ne fais tant de cas de l’individu que parce qu’il m’apparaît dérisoire et humilié. Sachant qu’il n’est pas de causes victorieuses, j’ai du goût pour les causes perdues: elles demandent une âme entière, égale à sa défaite comme à ses victoires passagères. Pour qui se sent solidaire du destin de ce monde, le choc des civilisations a quelque chose d’angoissant. J’ai fait mienne cette angoisse en même temps aue j’ai voulu y jouer ma partie. Entre l’histoire et l’éternel, j’ai choisi l’histoire parce que j’aime les certitudes. D’elle du moins je suis certain, et comment nier cette force qui m’écrase? » (voir Histoire)

Méthodes

« Car les méthodes impliquent des métaphysiques, elles trahissent à leur insu les conclusions qu’elles prétendent parfois ne pas connaître. Ainsi les dernières pages d’un livre sont déjà les premières »

Révolte

« L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est la révolte. Elle est un confrontement (sic) perpepétuel de l’homme et de sa propre obscurité. »

Sens

« Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens. »

Vivre

« Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c’est vivre et le plus possible. »

Vouloir

« Vouloir c’est susciter les paradoxes. »

 

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http://lirephilosopher.canalblog.com/archives/2013/05/29/27281512.html

 

Albert CAMUS

La révolte fait partie de l’homme, révolte contre son statut, par rapport au regard de l’autre, de sa place dans la société. Révolte par rapport à sa finitude, à l’existence de Dieu. L’homme se révolte contre lui-même, contre les autres, contre l’invisible, l’irréel, contre une société dans laquelle il a du mal à vivre.

Camus se sert d’exemples, dans la littérature, dans les grands moments de révolte de l’humanité. Derrière ces révoltes une grande voie philosophique : le nihilisme et ce qui en découle. La révolution, différente de la révolte, la révolution française, russe, la révolte jusqu’à la mort, le Roi Dieu disparaît, les mondes changent, une soif d’égalité qui passe par la négation d’un monde de croyance. Dieu est mort, les poètes révoltés et nihilistes le ressentent, apparition du surréalisme, vison artistique, irréelle, fuite également d’un monde insupportable.

L’homme révolté est à la fois un bien, une nécessité. L’imperfection humaine, notre finitude créent des tensions dans le vivre ensemble qui elles-mêmes génèrent des révoltes, parfois des révolutions. Lorsque la révolte s’exprime par le meurtre, le suicide, nous abordons les terres de l’absurde, du nihilisme absolu.

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Camus à propos de L’Étranger

J’ai résumé L’Etranger, il y a très longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale: « Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. » Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. Mentir, ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi, c’est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu’il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne. Meursault pour moi n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l’anime, la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L’Étranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création. » Préface à l’édition américaine, 1955, cité par Roger Grenier, Soleil et ombre, une biographie intellectuelle, Gallimard, 1987, Folio, 1991, p. 106-107.

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Homme_r%C3%A9volt%C3%A9

L’Homme révolté est un essai rédigé par Albert Camus, publié en 1951. Il fait suite au Mythe de Sisyphe publié en 1942 où il traitait principalement, à travers le thème du suicide, du caractère absurde de l’existence.

 

Présentation

L’Homme révolté se divise en cinq grandes parties, qui traitent de l’esprit, du développement et de l’expression de la révolte :

l’homme révolté ;

la révolte métaphysique ;

la révolte historique ;

révolte et art ;

la pensée de midi.

Camus y étudie successivement les conceptions de Lucrèce, Épicure, Sade, les Dandys, Vigny, Dostoievski, Nietzsche, Stirner, Marx, les surréalistes, Rousseau, Saint-Just, Hegel, de Maistre. La dialectique du maître et de l’esclave est réexploitée par Camus. De même que la révolution marxiste, l’athéisme ou l’antithéisme de certains philosophes et surtout, la substance ascétique de la révolte.

Résumé

« Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. »D’apparence, il existe une limite à la révolte. Cependant, la révolte est un droit. La révolte naît de la perte de patience. Elle est un mouvement et se situe donc dans l’agir. Elle se définit par le « Tout ou Rien », le « Tous ou Personne ». En premier, elle soumet l’idée d’égalité : position d’égal à égal entre le maître et l’esclave. Mais le révolté finit par imposer cette égalité qui se traduit souvent par une inversion des rôles (dialectique hégélienne). Suivant le raisonnement de Scheler, l’homme révolté n’est pas l’homme du ressentiment, c’est-à-dire qu’il ne baigne ni dans la haine ni dans le mépris. La révolte enfante des valeurs. De fait, « pour être, l’homme doit se révolter ». La révolte extirpe l’homme de la solitude puisqu’elle est collective, c’est l’« aventure de tous ». Néanmoins, faire l’expérience de la révolte, c’est faire l’expérience de l’ascèse. Les mythes de Prométhée, d’Achille (avec Patrocle), d’Œdipe et d’Antigone, sont des archétypes de révoltes antiques au même titre que la révolte de Spartacus. La révolte est souvent légitime, elle est l’expression la plus pure de la liberté et semble revêtir le visage de l’espoir. De surcroît, la révolte impose une tension, elle refuse donc formellement le confort de la tyrannie ou de la servitude. Le révolutionnaire a la volonté de « transformer le monde » (Marx) alors que le révolté veut « changer la vie » (Rimbaud).

Critiques

Le Mythe de Sisyphe et L’Homme révolté ont été qualifiées comme des œuvres de moraliste plutôt que de philosophe, ce qui a beaucoup été reproché à Camus, en particulier par des existentialistes.

Citations

« Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le cogito dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lien commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes. »

« L’histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l’histoire de l’orgueil européen. […] L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est. La question est de savoir si ce refus ne peut l’amener qu’à la destruction des autres et de lui-même. Si toute révolte doit s’achever en justification du meurtre universel, ou si, au contraire, sans prétention à une impossible innocence, elle peut découvrir le principe d’une culpabilité raisonnable » (introduction)

« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » (Au-delà du Nihilisme)

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http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/1951/09/19/l%E2%80%99homme-revolte-1951/

L’homme révolté (1951)

De L’Homme révolté, cette « histoire de l’orgueil européen », on ne retient malheureusement trop souvent que l’écume : la réception très réservée du monde intellectuel français et la polémique entretenue dans la revue Les Temps modernes qui entraîna la brouille définitive avec Sartre, l’un des familiers de Camus au lendemain de la guerre. C’est le volet à connotation – plus qu’à vocation – philosophique du second cycle de Camus, centré sur la révolte, symbolisée parfois par Prométhée, et dont la figure romanesque était parue en juin 1947 La Peste (et son prolongement L’État de siège) et la forme théâtrale Les Justes créée en décembre 1949.

 

A la question du suicide et de la notion d’absurde de la vie (Le Mythe de Sisyphe), succède donc un essai – beaucoup plus développé que celui sur l’absurde – sur les questions du « meurtre et de la révolte ». Car, comme l’indique Camus lui-même : « La première et la seule évidence qui me soit donnée, à l’intérieur de l’expérience absurde, est la révolte. » A cette première évidence Camus attribue le même rôle que le « cogito » cartésien dans l’ordre de la pensée. Mais, fondamentalement, la révolte, même individuelle ou individualisée, est la justification de l’appartenance à un collectif. « Je me révolte, donc nous sommes ». Elle « tire l’individu de sa solitude » et « est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. » Elle est ainsi ancrée dans la mémoire des peuples et des individus, peut susciter une solidarité humaine (ou des déviances totalitaires).

Ce point de départ à partir du « Je » donne sans doute l’explication du fait que, dans sa lecture personnelle de l’histoire, Camus se livre à des portraits d’individus révoltés : Sade, Lautréamont, Bakounine ou les anarchistes russes, Dostoïevski (déjà présent dans Le Mythe de Sisyphe), plus qu’à l’analyse de systèmes philosophiques et politiques dont il dénonce, ici comme ailleurs, les tentations et les réalisations totalitaires. Cette position originale ne pouvait que susciter méfiance et opposition, en pleine guerre froide, de tous les idéologues ou de certains spécialistes des auteurs ou périodes étudiées. Si la Révolution, le Grand Soir ou la victoire du prolétariat constituent des modalités de la Révolte, ils ne peuvent en constituer le modèle ou la panacée universelle : à l’époque moderne au moins, toutes les révolutions ont abouti à des meurtres et à un renforcement de l’État.

Comment se révolter sans commettre ou justifier des meurtres ? La question court, de façon plus ou moins explicite, tout au long du livre au travers de la réflexion autour de la révolte métaphysique (celle de la négation absolue et du refus du salut comme celle d’une affirmation absolue) et de la lecture de l’histoire – principalement européenne – qui prend pour point de départ la Révolution française et les régicides. L’histoire ne semble pas avoir apporté de réponse positive à cette question, car cette « pathologie de la révolte » (Roger Quilliot) ne fait que souligner la prégnance du nihilisme – un des mots le plus souvent employés par Camus et qu’il faut lire dans un sens nietzschéen –. « Si notre temps admet aisément que le meurtre ait ses justifications, c’est à cause de cette indifférence à la vie qui est la marque du nihilisme. » Aller au-delà du nihilisme, c’est aussi reconnaître que certaines tentatives pour le dépasser n’en sont en fait que de nouvelles manifestations.

Révolte n’est donc pas un maître mot ou la justification de tout acte gratuit. Le révolté récuse « l’absolu de l’histoire », la promesse de temps automatiquement meilleurs. « Si la révolte pouvait fonder une philosophie, ce serait une philosophie des limites, de l’ignorance calculée et du risque. » La création artistique dans sa transgression du réel, et plus particulièrement le roman, peut alors être présentée par Camus comme un modèle de révolte. « Par le traitement que l’artiste impose à la réalité, il affirme sa forme de refus. Mais ce qu’il garde de la réalité dans l’univers qu’il créée révèle le consentement qu’il apporte à une part au moins du réel qu’il tire des ombres du devenir pour le porter à la lumière de la création. »

Mais que l’on ne s’y trompe pas, la création artistique n’est pas pour Camus, comme certains ont voulu le voir, un refuge ou une fuite en avant mais une des manifestations les plus explicites de cette « Pensée de Midi » qu’il appelle de ses vœux, en en traçant les lignes de vie sans la figer dans une conceptualisation systématique : appel à la vie, à une vie solidaire sur une terre bien ancrée dans l’humanité. «Au midi de la pensée, le révolté refuse ainsi la divinité pour partager les luttes et le destin communs. Nous choisirons Ithaque, la terre fidèle, la pensée audacieuse et frugale, l’action lucide, la générosité de l’homme qui sait. Dans la lumière, le monde reste notre premier et notre dernier amour. » Ainsi L’Homme révolté est-il un livre d’une particulière audace. Trop grande ? Livre u-topique, d’un autre lieu que la scène politique ou politicienne ? An-archiste ? A chacun de se faire son opinion.

Malgré la réception mitigée voire polémique de l’ouvrage, Camus n’a jamais renié cet ouvrage, bien au contraire :

« C’est un livre qui a fait beaucoup de bruit mais qui m’a valu plus d’ennemis que d’amis (du moins les premiers ont crié plus fort que les derniers). (…) Parmi mes livres, c’est celui auquel je tiens le plus. » Il est vrai qu’il l’avait beaucoup travaillé et qu’il contient en quelque sorte une « confidence » : « J’ai voulu seulement retracer une expérience, la mienne, dont je sais aussi qu’elle est celle de beaucoup d’autres. »

Guy BASSET

 

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http://la-philosophie.com/lhomme-revolte-de-camus

L’Homme Révolté d’Albert Camus est un ouvrage important de la philosophie contemporaine, que l’on peut qualifier d’existentialiste dans la mesure où il présente une philosophie de l’existence, non systématique et fondée sur la liberté humaine. Cet essai, publié en 1951, apparaît comme une réponse que Camus se fait à lui-même par rapport au Mythe de Sisyphe, centré sur le thème de l’absurde : à l’absurde, l’homme doit opposer la révolte pour crée du sens et poser son existence d’homme, refuser sa condition.

L’homme révolté est donc un long essai dans lequel Camus tente de retracer l’idée de révolte, qu’il associe à la culture européenne.

Qu’est-ce que la Révolte ?

La révolte n’a pas d’emblée de sens politique chez Camus, il s’agit d’une révolte métaphysique, d’un non fait à la condition humaine quand elle est affectée, dégradée. Contrairement à la révolution, le rebelle n’a pas de plan, il agit tout simplement.

La révolte est toujours motivée par le sentiment d’une injustice, faite non seulement à soi-même, mais à l’homme tout entier : je me révolte quand j’estime que l’homme en tant que tel, dont je suis un exemple, est attaqué. La révolte suppose, chez Camus, et c’est un point de fracture avec l’ontologie de Sartre, que l’homme a une nature humaine. Sans nature humaine, pas de révolte car pas de cause universelle à défendre. Le révolte est la tentative de poser une frontière, dont le symbole est le « non ». Le révolté est un être « jusqauboutiste », il est dans le mode « tout ou rien », car il préférerait mourir debout que de vivre couché. [à genou]

La rébellion, comme dans le Mythe de Sisyphe, a aussi une visée morale, celle du rétablissement de l’ordre moral du monde. Son « non » désigne cette tentative pour créer de la valeur dans le monde. Sans révolte, l’homme n’est qu’une conscience de sa liberté, mais une liberté formelle : c’est la révolte qui fait que je suis libre réellement. La révolte fait advenir le monde commun, la subjectivité universelle, la défense d’une condition humaine digne : « Je me révolte donc nous sommes »

Extraits de l’Homme Révolté

Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le “cogito” dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur : Je me révolte donc nous sommes

La révolte métaphysique est le mouvement par lequel un homme se dresse contre sa condition et la création toute entière

Comments1

eddy says: 01/06/2016 at 14:43 Vous travestissez l’esprit de Camus. Il ne dit jamais ” Je me révolte donc nous sommes”. Il dit que c’est l’évolution de la révolte métaphysique à travers les siècles qui aboutit à cette conclusion. Il fustige les partisans du tout ou du rien qui n’amènent qu’un nouvel ordre suivi d’un chaos inéluctable: la révolte matérialisée s’ancre dans l’histoire des hommes et devient révolutionnaire. Camus ne va pas jusque là. Il écrit que la révolte est ce qui maintient l’homme en vie. Vivre, c’est se révolter. La révolte est inspirée par la vie. La vie se suffit à elle même.

 

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http://www.obsarm.org/IMG/pdf/Epilogue.pdf

Contamination du monde scientifique

Les a priori et concepts falsifiés des « scientifiques de la bombe » ont hélas fortement influencé les milieux du nucléaire civil et de nombreux secteurs scientifiques, industriels et politiques. S’il fallait une image de circonstance, on pourrait dire qu’ils ont « contaminé » le monde de la science où leurs mensonges ont été élevés au rang de vérité « prouvée scientifiquement». Le 23 juin 1966, le célèbre généticien français Jean Rostand clamait cet avertissement quelques jours avant les premières bombes de Moruroa : « Qu’on ne prétende pas que les doses de radioactivité ainsi libérées sont trop faibles pour atteindre le seuil de la malfaisance. Tout au moins en ce qui concerne les altérations génétiques, il n’y a pas de seuil de nocivité. Toute augmentation, si légère soit-elle, de la radioactivité élève le taux de mutation dans les cellules germinales et par suite contribue à dégrader les virtualités héréditaires des sujets exposés à du supplément de radioactivité. »( Jean Rostand, Discours prononcé à la Mutualité, le 23 juin 1966 lors d’un meeting de protestation contre les essais de Moruroa organisé par le Mouvement contre l’armement atomique (MCAA/MDPL).

fichier pdf Epilogue  fichier odt discourJeanRostand  fichier pdf Muller_Jean_Rostand_arme_nucleaire  fichier txt Jean Rostand

L’absurde nucléaire

de Hiroshima-Fukushima à Bure

 

http://www.humanite.fr/albert-camus-sur-hiroshima-leditorial-de-combat-du-8-aout-1945-580990

Albert Camus sur Hiroshima. L’éditorial de Combat du 8 août 1945

« Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football.

Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences

politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence,

incapable d’aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d’idéalisme impénitent, ne songera à s’en étonner.

Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu’elles sont, annoncées au monde pour que l’homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d’une littérature pittoresque ou humoristique, c’est ce qui n’est pas supportable.

Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu’une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d’être définitive. On offre sans doute à l’humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d’une édition spéciale. Mais ce devrait

être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

Au reste, il est d’autres raisons d’accueillir avec réserve le roman d’anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l’Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu’il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

Qu’on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d’Hiroshima et par l’effet de l’intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d’une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d’une

véritable société internationale, où les grandes puissances n’auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l’intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

«L’espoir, au contraire de ce que l’on croit, équivaut à la résignation , et vivre, c’est ne pas se résigner» (Albert Camus «Noces» 1939)(vu dans «je lutte donc je suis»Y Youlountas)

(http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2016/05/ceux-qui-doivent-vivre-et-ceux-qui-doivent-mourir.pdf)

 

Actualités 2016  : Reçu de la coordination www.independentwho.org

 

 

- De Mayak à Tchernobyl

- http://mouvements.info/de-maiak-a-tchernobyl/

 

- Fukushima :

- http://nosvoisins311.wixsite.com/voisins311-france/single-post/2016/10/07/Namie-une-ville-triste

- http://nosvoisins311.wixsite.com/voisins311-france/single-post/2016/12/12/Retournez-habitez-vivez-reconstruisez-c%E2%80%99est-quoi-cette-histoire-

- https://www.facebook.com/FukushimaDiaryFR?filter=1

- http://www.fukushima-blog.com/2016/12/autour-du-mont-shinobu-dans-la-ville-de-fukushima.html

 

 

Table ronde – Fukushima: normaliser les zones contaminées? Paris 8 décembre 2016

http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2016/12/table-ronde-fukushima-normaliser-les.html

 

- Conférence : « La « radio-protection » au service de l’énergie atomique : ou comment s’est imposée la culture d’une »radio-exposition » tolérable. »

https://youtu.be/B7grb8z3a3A

 

Conférence de Yves Lenoir* à Sciences-Po Aix-en-Provence, le 18 octobre 2016

 

Depuis la découverte des rayons X en 1895, la défense de l’utilisation des rayonnements, puis de l’énergie atomique, va de pair avec la négation de leurs effets sanitaires réels.

Dès lors, des questions se posent : comment ce processus a-t-il vu le jour ? Quelle est la responsabilité des instances internationales chargées de « radio-protection » dans ce déni ? Quel a été leur rôle dans les crises radiologiques majeures (Tchernobyl, Fukushima) ? Quelles sont les alliances entre ces organisations et l’industrie atomique ?

 

*Yves Lenoir est ingénieur de formation. Il est président de l’association Enfants de Tchernobyl-Belarus

http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

et auteur de l’ouvrage récemment paru « La Comédie Atomique, l’histoire occultée des dangers des radiations », La Découverte, 2016

 

Collectif Antinucléaire 13 https://collectifantinucleaire13.wordpress.com/

 

- http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/

- https://reporterre.net/Tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-C-est-ce-que-prepare-un-decret-tres

- https://www.letemps.ch/opinions/2016/10/10/une-situation-pire-guerre-froide

 

- « A l’heure où le gouvernement se prépare à un probable accident nucléaire en France en tentant d’imposer par décret des doses de radioactivité très élevées (http://www.criirad.org/euratom/euratom2013-59-niveaux-exposition.html

afin d’éviter au maximum les évacuations, relogements et indemnisations de victimes) il revient aux citoyens de s’informer et de prendre en main leur destin. Après l’accident c’est la doctrine ETHOS http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2012/11/les-organisateurs-du-deni-de-tchernobyl.html

(chacun est chargé individuellement de gérer au mieux la contamination) ; avant l’accident, ce peut être un sursaut citoyen de réappropriation collective de la politique énergétique et de la santé publique… »

 

- http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

 

 

- Au nom de l’humanité, l’audace mondiale – Riccardo Petrella

https://www.youtube.com/watch?v=crhqL-zgCac

Petrella :

- 3 audaces ; rendre illégales la guerre, l’appauvrissement, la finance dans les constitutions.

- La question du sens…
Voir aussi sur
http://www.investigaction.net/riccardo-petrella-bannir-la-guerre-la-premiere-audace/

à la dernière question  :
- Dans le contexte actuel marqué par la confusion idéologique, quelle serait la principale leçon à tirer ?

Reprendre par tous les moyens possibles les chemins de la pacification en imposant à toutes les parties concernées (Arabie Saoudite et Israël compris) l’arrêt du financement et du commerce des armes. Un chemin  extrêmement difficile à mettre en route et puis à maintenir, mais je considère que c’est la seule voie efficace à emprunter si on ne veut pas maintenir l’ensemble de la région « Méditerranée, Moyen Orient, Asie mineure, Afrique du Nord et Corne d’Afrique » dans un état permanent de guerre et de massacres au cours des 30 à 50 ans à venir. La raison est la paix. La déraison est de continuer la guerre en s’illusionnant que la paix viendra de l’extermination de l’ennemi. Les Etats-Unis, qui poussent toujours à la guerre totale, n’ont rien résolu depuis toutes ces années. Pourquoi suivre leur chemin?

[Je rajoute: les US et autres occidentaux se sont établis par la guerre et l'extermination des autochtones amérindiens et de leurs cultures, l'accaparement, le colonialisme etc. Donc la violence , les armes à feu, la militarisation de leur vie etc sont  leur base "culturelle", rien d'étonnant à ce que leur domination ou celle de leur noyau occidental, qui est devenu mondiale, nous ait mené au désastre actuel.]

La question du sens est notre sujet aussi, ainsi que les mythes à changer , et les expressions « au nom de » voir http://elianguesard.unblog.fr/files/2013/04/vivrelibreoumourircontamine.pdf .

« élégie de résistant fidèle à la mémoire d’une France oubliée et trahie par ceux qui la gouvernent. »

Donc nous sommes nombreux à penser la même chose, on verra en 2017 peut-être… si la masse critique est atteinte pour agir enfin.

 « OK, pour voir les premiers effets de la masse critique de citoyens .Ça se jouera au niveau global (horizon Petrella) ou ce sera sans lendemain comme la Commune de Paris. Il est vrai que les pieds d’argile de la bastille atomique semblent se fissurer en France plus qu’ailleurs. En espérant sans trop de dégâts humains. »

 


fichier pdf L’Origan

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