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Conférence du guide de haute montagne Guy Demenge

Posté par elianguesard le 25 octobre 2013

COLLOQUE DE SAINT-MARTIN VESUBIE
DU 21 FEVRIER 2009

Présentation du guide: (Melchior, cité dans le livre « Les conquérants de l’inutile »)
Conférence du guide de haute montagne Guy Demenge  tournereve-300x259

Conférence ou plus exactement, dialogue espéré entre un ancien du bureau des guides du Mercantour et les Vésubiens qui ont la gentillesse d’être ici présent.
Et ce : à propos du Changement climatique, qui semble maintenant avéré, et des conduites que nous avons, que nous aurons à tenir sans tarder – tant au niveau collectif, qu’individuel – pour tenter, autant que faire se peut, de parer à cette menace.
La motivation, car il va en falloir, ne peut venir que du souhait qui habite, j’en suis persuadé, tout adulte, tout parent, de vouloir profondément pour ses propres enfants et petits-enfants et pour tous les enfants du monde, une vie digne, avec un réel niveau de sécurité et d’agrément, même si cela implique pour nous une nouvelle recherche et démarche de sobriété.
Guy Demenge, dit Melchior le guide, me charge de vous faire part du bonheur qu’il éprouve du fait de cette visite à Saint-Martin – d’abord pour l’accueil sans défaillance de ses résidents depuis 54 ans ; ensuite pour le plaisir de retrouver le charme des vieilles pierres de ce bourg si bien préservé, dans un écrin de nature qui a conservé sa parure, et bien entendu de ces ‘cayres’ et montagnes qui,  pendant des décennies ont captivé son âme.
Il vous remercie, du profond de son cœur, d’être venu nombreux, participer à un dialogue – qui, il n’en doute point, sera constructif.
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Chers amis,
pardonnez-moi d’employer comme premier mot MENACE ! Car, ce Changement climatique, maintenant avéré, en est UNE, tous azimuts, proches, et non plus à long terme. Des cassandres – dont le plus emblématique fut en France le commandant Cousteau, maintenant oublié de la jeunesse – ont en vain crié dans le désert. Quand nous l’avions prié à l’automne 1980, d’être le candidat de l’écologie aux présidentielles – à la suite de René Dumont – ce qu’il refusa, il nous fit part, lors d’une amicale soirée, de ses sentiments quant à l’avenir de notre espèce : « Il ne devrait pas rester plus de 500 millions d’habitants à la fin du XXIe siècle… quant aux autres mammifères, bien avant 2100, la moitié des espèces aura disparu ». Son assistant Yves Paccalet, dont tous, nous avons goûté les ouvrages illustrés consignés avec Cousteau comme : A la recherche de l’Atlantide, ou la Planète des baleines… et des B.D. pour grands et petits comme : l’Île au requin (avec Sérafini)… était encore plus pessimiste. Récemment, il a produit, dans un style voltairien, un court essai : L’humanité disparaîtra, bon débarras ! (2006, Arthaud)
Ce boute-en-train, montagnard de la vallée du Vénéon, qui goûta de tant de beautés de la planète, dont la vie fut si riche… se retrouve aujourd’hui désespéré de notre aveuglement volontaire, il a donc voulu nous réveiller, nous secouer un bon coup. Je vais essayer de prendre sa suite d’une manière moins abrupte.
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La crise économique que nous commençons à peine à subir, ne peut, à ce qu’il me semble, être entièrement comparée celle de 1929. Bien que j’ai subi cette première, je n’en n’ai pas gardé un net souvenir directement, vu qu’elle m’a touché à l’âge de neuf mois. Cependant, j’ose avancer cette hypothèse pour les raisons suivantes :
Le capitalisme de 29 était avant tout industriel et la capitalisation boursière correspondait presque entièrement à des avoirs réels. Il s’agissait donc, avant tout d’une crise cyclique et classique de surproduction, mais particulièrement brutale celle-là, avec écroulement des ventes et de la production industrielle (près de 50 % aux États-Unis), forte contraction du commerce international (environ 30 %) et repli protectionniste généralisé et dans le désordre. Toujours aux États-Unis, le taux de chômage explosa (de 3 % à 25 %) alors que la protection sociale était presque inexistante. La réponse fut une réduction drastique des quotas d’immigration concernant particulièrement les minorités de l’Europe orientale qui vont dix/quinze ans plus tard le payer très cher.
Sur notre continent, la dépression, un peu moins caractérisée était doublée d’une crise morale liée au démembrement de l’Europe centrale et à l’injuste traitement infligé à l’Italie (amputée de ses provinces de l’Est). IL en était résulté un fort sentiment de frustration et une explosion des nationalismes dans les nations qui allaient constituer les forces de l’Axe. Tandis que les démocraties « occidentales » avaient basculé dans le pacifisme et devenaient des proies tentantes. D’autre part, l’Allemagne subissait une crise monétaire record avec des taux d’inflation astronomiques.
Mais l’énorme différence était que tout cela se passait dans un monde… troublé certes – pensons à l’horrible guerre sino-japonaise ou aux exactions italiennes en Ethiopie – mais dont la pérennité ne pouvait au grand jamais être remise en question. A part quelques poètes visionnaires comme Paul Valéry, personne n’envisageait la venue des raretés des richesses naturelles, personne ne soupçonnait l’explosion démographique et encore plus citadine, et personne, non plus, n’envisageait une prise en compte du réchauffement du climat. Le drame, c’est qu’en 2009, les économistes enfermés dans leur pseudo-science à prétention mathématique, ne sont toujours pas capables de prendre en compte ce changement de paradigme.
Après bien des atermoiements, la nouvelle administration américaine de Roosevelt avait crû trouver la recette de la relance avec une politique keynésienne : mettre les gens au travail, avec des travaux sur fonds avancés par l’État, et même si les grands chantiers mis en route n’étaient pas d’une utilité immédiate ou évidente. Il faut noter, que les futures forces de l’Axe avaient mis en route la même politique avec plus de succès, mais en fabriquant des armements… et que les États-Unis ne retrouveront le plein emploi qu’après leur entrée en guerre fin 1941… en reconvertissant en trois mois leur industrie dans l’armement et en mobilisant deux millions d’hommes. La recette miraculeuse d’une ‘bonne’ guerre mondiale ne peut plus fonctionner puisque « l’humanité » (plus exactement une coalition de physiciens, de généraux et d’industriels) a acquis la faculté de s’autodétruire (de nous détruire), et qu’elle ne peut plus la perdre.
Citons Albert Einstein : « Je ne sais si la troisième guerre mondiale aura lieu ? Mais je puis vous assurer que si tel est le cas, la quatrième se déroulera avec des massues. »
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Celle de septembre 2008 (la crise), correspond d’abord à l’implosion d’une bulle spéculative. Une bulle liée à un capitalisme principalement financier et dont les entreprises, souvent transnationales, échappent à tout contrôle, parfois en localisant leur siège (comme Boeing par exemple) dans un paradis fiscal. Leur but ultime et imposé par les fonds de pension et autres (résultat de politiques sociales néo-libérales ayant détruit les régimes de retraite par répartition) était de procurer des retours sur investissements de l’ordre de 15 à 20 % l’an ! Pourcentages qui, physiquement et socialement ne peuvent être soutenus.
Pour réaliser de tels retours – il n’était plus question d’une gestion assurant la pérennité de l’entreprise, ni de réserver une part décente des gains de productivité aux salariés (part déterminant la solvabilité des classes moyennes et populaires ; et donc la bonne marche de l’économie) – mais de se livrer à d’acrobatiques fusions-acquisitions-ventes, orchestrées par une presse spécialisée mais stipendiée… et cela dans le but de faire grimper les cours des actions à des hauteurs stratosphériques. Depuis quinze ans les analystes les plus compétents ne cessaient de clamer que la valeur réelle des actifs ne représentait que 5 % de la capitalisation boursière. Tout le monde le savait parfaitement… mais cela arrangeait tout le monde de la finance, comme des politiciens qui percevaient une plus modeste part de la prébende… de faire semblant d’ignorer cette réalité. C’est donc malheureusement, pour les petits et moyens pensionnés et rentiers, le risque de voir s’évaporer, au final, près de 95 % de leurs avoirs !

A cette crise, s’ajoute celle des ‘sur-crédits’, pour parler français, qui combinés à la généralisation du travail temporaire et à l’extension de la classe des travailleurs pauvres, fait que de plus en plus de gens ne peuvent honorer les traites correspondant à leurs achats à crédit (principalement de logements). Les banquiers… leurs placiers ne se fiaient qu‘à la valeur vénale des biens immobiliers en hausse constante, pour accorder des prêts à des conditions avantageuses – compte tenu des faibles taux hypothécaires – et sans trop se soucier de la solvabilité réelle de leurs clients. Ils escomptaient étourdiment une forte reprise de l’économie (par manque de culture généralisée et de connaissance de sciences comme la thermodynamique et l’écologie, qui conditionnent de manière absolue les limites physiques de toute activité humaine)… alors que, crise du pétrole aidant, c’est tout le contraire qui se passa.
De plus, en une sorte de jeu de mistigri, les banques entre elles, essayèrent de se refiler les créances les plus pourries, quitte à consentir des primes supérieures. Tout cela prenant l’allure d’un clash mondial. C’est alors que les grands États, pour rassurer le pékin, pour éviter la ruée vers les guichets, promirent des montants de garantie titanesques (au total, des 1000 milliards de dollar) dont ils n’auraient en caisse (France 0) que 5 % ou un peu plus. A terme, ces États vont faire tourner la planche à billets… et alors, bonjour les taxes additionnelles (additionnées), les prélèvements renforcés ou l’inflation… qu’il ne faut pas confondre avec la hausse des prix… car ce sera, selon la tradition « au manant de payer »

La troisième crise, dont vous venez de vous faire une idée, est celle de la quasi fin ou tout au moins raréfaction des ressources non renouvelables : minéraux, métaux, fertilisants, combustibles solides, liquides et gazeux… et aussi l’uranium dont on a même plus pour deux générations !
Mais aussi des autres ; les renouvelables, comme le bois de chauffe, qui manquant cruellement en Himalaya par exemple, fait que les pentes s’effondrent dans les torrents et qu’en aval les crues dévastent tout ; qui fait que plus de huit cents millions de personnes [nouveaux nés compris] n’ont pas accès à l’eau potable, quand ce n’est pas à l’eau tout court ; dans ce cas, des centaines de millions de fillettes (car le genre féminin est préposé à cela) usent leur jeunesse, quand ce n’est pas leur vie, à porter sur de trop longues distances des outres trop pesantes. Des forêts, surtout les boréales, converties en pub-papier, dont il ne reste que deux étroits rideaux – le long de la trans-canadienne par exemple, afin que les touristes puissent prendre des photos – et encore plus des forêts tropicales, véritable fabriques de milliardaires, en euro comme en dollar, qui les achètent pour rien, y prélèvent les bois de valeur, puis les font brûler criminellement pour y planter des palmiers à huile (de moteur) OGM. Ainsi de T. Blikseth, cité par le Wall Street Journal, qui pèse deux milliards en dollar, a pris sa retraite à quarante ans et qui exhibe sa vulgaire nullité debout sur le pont d’un de ses trois yachts géants. Sciences humaines, mars 2008, N° 191, p. 44

Mais la quatrième crise est la plus grave parce qu’elle est double : c’est celle de la dégradation presque totale de la fertilité des sols. C’est à dire des quelques décimètres d’humus, qui recouvrent toutes surfaces fertiles, et qui, sur les continents conditionnent toute vie. Cette crise est à mettre en regard de ce que les Américains appellent la bombe ‘P’ (pour population). Pour faire face à la marée démographique (population multipliée par 3.5 pendant le court temps que j’ai passé sur cette planète), l’on a cherché d’une manière forcenée à multiplier, d’un facteur encore plus élevé le rendement à l’hectare.
Il fallait que les ingénieurs agronomes – qui vulgarisèrent le labour profond avec charrue retournant le sol – soient des citadins ignares pour ne pas réaliser le crime qu’ils commettaient. Il fallait, en leur époque, ne rien comprendre à ce qu’est la vie intense de la complexe ‘usine’ biochimique, stratifiée demi-décimètre par demi-décimètre et où chaque groupe vivant (vers, nématocyste, bactéries, en tout plus de dix millions d’espèces), chacune à son niveau et à son tour assurant le relais de la fertilité. Que diriez-vous d’une pelle géante vous mettant une fois l’an votre maison sur le toit ? Cela ne manqua pas de produire des catastrophes : dès 1880, les jours de bourrasque, une partie des sols des Middle-Est et Ouest américain s’envolèrent en poussière !
C’est sur ce gâchis initial, occulté depuis plus d’un siècle, que va prospérer l’agroalimentaire avec comme seul critère de rendement : le quintal/hectare. Critère qui n’a pas plus de pertinence que le PIB… où par exemple, les gains maffieux issus des trafics de drogue… avec les dégâts médicaux et psychiques à soigner ; comme les dépenses liées aux accidents de la circulation : ambulance, hôpital, rééducation, garage, morgue – … tout cela, gains illicites comme frais – comptabilisés en positif dans le bilan économique !

L’agriculture moderne, dite scientifique se garde bien de décompter les « intrants » énergétiques, rendus obligatoires du fait du dépérissement de la fertilité. Ces intrants se font sous la forme d’engrais issus : des mines (potasse et phosphate, perdus pour toujours puisqu’il vont filer au fond des océans)… ou de la synthèse industrielle comme l’azote ; ainsi que des pesticides, rebaptisés pour les rendre plus présentables : phytosanitaires… alors que le terme phytodélétère serait plus en rapport avec l’empoisonnement de la biosphère et donc de l’humanité qu’ils provoquent. D’autres intrants énergétiques sont liés à l’hyper mécanisation – dont le corollaire, nous venons de le voir, est le dépérissement de la vie dans l’humus ; à l’hyper irrigation, 70 % de l’eau douce consommée sur la planète ; à l’étuvage rapide (au pétrole) au lieu du séchage naturel… et encore plus à l’explosion des transports liés à la délocalisation de la production et de la consommation (le trajet moyen d’un pot de yaourt, goût bulgare, est de 3 200 km). Les transports liés à l’agroalimentaire représentent déjà 30 % du transport de fret routier !
L’on peut dire sans exagérer que ce n’est plus de la vie biologique, issue de l’humus et du miracle de la photosynthèse : don du soleil, que nous consommons… mais du pétrole diversifié. Le symbole de cette aberration étant les cultures hors-sol et sous-plastique qui recouvrent maintenant l’Andalousie entière, qui de fait, à coup de masses de clandestins, ont rétabli l’esclavage en Europe ; dont les besoins en irrigation sont tels que l’on envisage de détourner le Rhône, qui génèrent des transports européens insensés et de plus empoisonner nos assiettes… ce que nous savons si bien faire par nous-même (France, champion mondial des pesticides par tête) ; toute cette ruine pour le profit immédiat !
Il n’y a pas de manière plus fruste que de compter la valeur des aliments en calories, et pourtant nous allons le faire. Il y a un peu plus d’un siècle – et cela existe encore dans certaines régions non touchées par les différentes révolutions, dites Vertes ou autres des OGM : pour dix calorie dans l’assiette, sept étaient un don solaire et trois représentaient les intrants : le travail de l’homme, de son cheval, les outils, la charrette pour vendre au marché. De nos jours, en nos contrées, pour ces mêmes dix calories dans l’assiette, les intrants en représentent, tenez-vous bien, quatre-vingt-dix calories, et dont la majeure partie provient des énergies fossiles. Ce n’est plus de la vie saine (sans jeu de mot) qui nous nourrit, c’est du pétrole que nous absorbons, et comme les dérivés de l’or noir sont tous cancérigènes, c’est avant tout, du cancer que nous cultivons : un kilo et demi de toxiques par an, passe dans le corps de chacun de nous ! Cette explosion des cancers et des maladies cardiaques (selon l’ONU 2005 : 75 % des 59 millions de décès annuels sur la planète sont dues à la dégradation de l’environnement) est au même titre que les disettes localisée qui se multiplient et tendent à se transformer en famines… sont avant tout, avant même l’explosion démographique, la conséquence de nos erreurs comportementales… de nos erreurs à nous des pays, dits développés dans notre façon de nous alimenter, de nous déplacer, de chauffer nos maisons, et de courir après la mode et le dernier gadget. Le clash climatique et celui de notre civilisation hyper matérielle, seraient donc, pour simplifier, au bout des pistolets de stations-service !

La cinquième crise ne l’est peut-être pas moins (grave), c’est celle de la perte accélérée de la bio-diversité. Par résorption, voire disparition de leurs milieux naturels, chaque jour, nous précisons chaque jour, des espèces disparaissent à une cadence qui n’a pas de précédent historique. Pour faire bref, concentrons-nous sur les abeilles qui depuis une quinzaine d’années donnent des signes de dépérissement. L’on a d’abord accusé les Gaucho et Régent , fort utilisés en Beauce, Brie et dans le Perche, là où les abeilles avaient quasiment disparu. L’interdiction provisoire en France (les apiculteurs viennent de perdre leur procès en appel) de ces pesticides n’a pas suffi à leur redonner santé. Les abeilles ouvrières semblent souffrir de deux maux : elles ne savent plus s’orienter et leur « rayon d’action » s’est tellement réduit qu’elles n’arrivent plus à ramener suffisamment de pollen, si bien que les ruches dépérissent. Aux États-Unis, tous les apiculteurs louent aux agriculteurs le service de leurs ruchers pour la fécondation des plantes nourricières et des arbres fruitiers ; cela assure même les deux-tiers de leurs revenus. Ils passent donc une partie de l’année à transporter nuitamment leurs ruchers… avec, pour eux, le risque de s’installer dans une zone où les épandages de phytosanitaires n’ont pas été suffisamment lessivés par les pluies. Avec la perte de leur sens d’orientation, l’on en vient à mettre en cause les ondes des relais de la téléphonie mobile. Quoi qu’il en soit : les abeilles sont menacées de disparition ! Albert Einstein, qui n’avait pas l’habitude de parler pour ne rien dire, nous avait prévenu il y a déjà un demi-siècle : Si les abeilles disparaissent, l’humanité, tous les mammifères herbivores comme carnivores, tous les oiseaux et leur nourriture, les insectes…  disparaîtront en moins de quatre ans !
L’énorme puissance scientifique, technique, industrielle – qui fait notre fierté, qui nous fait croire au progrès automatique à perpétuité et dont nous mesurons ces jours la fragilité économique – ne nous met nullement à l’abri d’une catastrophe irréversible, qu’au fond de nous même, nous pressentons très, très vaguement, mais que nous refusons absolument d’envisager comme possible.
De là : La perte de foi en la vie, le délabrement moral d’une partie des jeunes générations ; et les taux de suicide direct ou par la drogue et l’alcool… qui, dans les pays se prétendant développés, s’accroissent à une allure sans précédent !
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Énumérons brièvement les treize raisons qui – selon Yves Paccalet, déjà nommé – menaceraient soit l’humanité, soit la biosphère en son entier. Les quatre premières ne sont pas liées à nos activités humaines et, sans prévenir, elles peuvent se manifester à chaque instant. Ce qui me fait dire que les Gaulois n’avaient pas tout à fait tort de craindre que le ciel leur tombe sur la tête. Il s’agit donc de la chute d’une météorite géante et qui vient percuter la planète à cent mille kilomètres par heure… comme c’est déjà arrivé à Chicxulub au Yucatan (déflagration équivalente à vingt millions d’Hiroshima). Cela à déterminé un changement d’époque avec la fin des dinosaures et de 90 % des espèces qui les accompagnaient.
Sur le bras dénommé Orion, de notre galaxie dénommée Le chemin de Saint-Jacques, le soleil avec son cortège de planète voyage sans cesse à la vitesse non négligeable de huit cent mille kilomètres par heure. Parfois cela l’amène à traverser des nuages de poussières interstellaires. Comme aveuglée dans une colonne de fumée, la terre en perd son soleil. La température dégringole et notre planète devient une magnifique boule de givre. Cela s’est déjà produit.
De même les éruptions volcaniques géantes, comme en Inde sur le plateau du Deccan. En plus d’un million d’années les volcans y ont épandu, tenez-vous bien : un million de milliards de mètres cube de basalte et laves et lors des explosions, projeté vers la stratosphère, peut-être l’équivalent en poids de cendres légères. Ces nuages acides interceptant pendant des siècles tout rayon solaire. Sur la dorsale atlantique, l’Islande est le prochain candidat. Il arriva près de cette terre, il n’y a guère, que du fond des eaux, un volcan s’épandant soudainement, créé une île-montagne… qui quelques mois plus tard s’effondra dans l’Océan ! Une activité aussi intense peut tout laisser présager.
Avec la montée du niveau de la mer de plus en plus sensible – à ce propos, les nouvelles provenant de l’Antarctique sont inquiétantes – un Tsunami de première grandeur – alors que les « marina » en bord de plage se suivent à se toucher – pourrait multiplier le nombre de victimes de 2004 par dix ou vingt. Et l’on continuera à parler d’imprévisible et de fatalité !
La bombe ‘P’ comme à l’île de Pâques. Les rats sont des animaux sociables et vous pouvez dans le calme, les mettre en nombre dans un parc grillagé de laboratoire avec tout ce qu’il leur faut pour vivre. La population s’accroît et vous augmentez les rations en conséquence. Mais, passé un certain seuil, le comportement social se dérègle et la férocité s’installe. C’est ce qui s’est passé en cette île au milieu du Pacifique, avec la circonstance aggravante, qu’ayant coupé tous les arbres en partie pour transporter et lever les statues géantes, ils durent renoncer à la pêche, n’en ayant plus pour creuser leurs pirogues. Des clans se firent la guerre, une guerre totale, une guerre de famine, une guerre cannibale.
L’holocauste nucléaire : L’impact de la météorite du Yucatan correspondait à l’explosion de 400 milliards de tonnes de TNT (l’explosif chimique le plus brisant, bravo Nobel). La puissance totale des arsenaux nucléaires n’en représente que le centième ; mais dans un cas, c’était des poussières de roche qui étaient projetées, dans le second, si une guerre nucléaire devait arriver, ce serait des particules radioactives au moins un million de fois plus dangereuses, et dont pour certaines, l’action persistera pendant des centaines de milliers d’années. Ce qui a fait dire au philosophe Günther Anders : que notre époque, même si elle persiste, est la dernière… puisque sa fin correspondra à une terre définitivement inhabitable… et donc qu’elle ne pourra passer dans une autre.
Ce scénario est-il impossible ? Le principe de dissuasion nucléaire, tel qu’il fut élaboré dans les années soixante, consiste à faire croire à l’adversaire, qu’en cas d’attaque grave (vitale), l’on est près à déclencher vers son territoire l’apocalypse… quelle que soit les conséquences de la riposte. L’intangible doctrine stratégique Carter, précise, en toutes lettres, que priver les États-Unis (dépendance de 70%) de ses approvisionnements énergétiques, c’est s’en prendre à ses besoins vitaux ; et que pour les maintenir, elle est prête à utiliser sans restriction les armes les plus puissantes dont elle dispose. Nul doute, que la Russie soit dans les mêmes dispositions. Quant à la Chine, elle multiplie ses centrales nucléaires électriques, afin d’avoir les tonnes de plutonium qualité militaire pour se mettre à niveau d’holocauste. Il est utile de savoir : que contrairement à ce que prétend la propagande française, toute centrale nucléaire, dite civile, sert d’abord à faire du plutonium, et que pour l’extraire chimiquement, il faut des appareils en inoxydable, que l’on pourrait presque confondre avec ceux d’une fromagerie industrielle !
Et ce n’est pas tout, il y a les armes chimiques, bactériologiques, les nouvelles pandémies que l’on nous prépare, les épizooties que l’on nous mitonne, telles ces bactéries ou parasites de la lutte biologique intégrée qui détruisent l’appareil digestif des insectes nuisibles… mais dont des variantes pourraient concerner les abeilles (pourraient ?), afin de rendre les paysans dépendants des semences stériles fabriquées industriellement. Le meilleur des mondes, Huxley et 1984, Orwell, ces anticipations de mondes ultra techniques et totalitaires semblent dépassées, comme reléguées au rang d’antiquités ?
Notre jardin la Terre défiguré : Quel est le premier agent d’érosion, de transformation du relief, de surgissement ou d’aplanissement des montagnes ? Les éléments atmosphériques, les crues des torrents et fleuves, les tempêtes, raz de marée qui rongent les rives, les plaques continentales qui se chevauchent et tressautent lors des séismes… vous n’y êtes pas, le premier agent est un gros rongeur à deux pattes. D’après les calcul des géologues, l’homme aurait en cinq mille ans, déplacé, excavé, rongé, un volume de roches représentant une grosse butte de cent kilomètres de longueur, quarante de largeur et quatre mille mètres de hauteur ! L’équivalent des Alpes qui, moins hautes en moyenne et heureusement moins massives, s’étendent sur une toute autre longueur. L’homme avec ses tours, autoroutes, barres d’HLM, aéroports, abattoirs, supermarchés… semblables sur les cinq continents est le fléau de la planète.
L’imbécillité technicienne (spécialisée) destructrice : Khrouchtchev, s’était donné quinze ans pour dépasser les États-Unis. Sur le plan de l’expansion agricole, l’arme agricole en était le maïs et le coton ; tout devait leur être subordonné. On détourna les Syr Daria et Amou Daria pour l’irrigation ; la mer d’Aral en a fait les frais. Adieu rêve d’Orient, rives fleuries et ombragées des peupliers de Sibérie à la peau argentée. Adieu esturgeons qui s’ébattaient à l’aube… il ne reste plus qu’un énorme anthrax pestilentiel au milieu d’un désert poubelle. Quant aux champs : maïs, coton, l’excès d’irrigation et de pesticides en a fait d’arides et toxiques plaques de sels!

En avons-nous dit assez ? Yves Paccalet nous décrit les cinq dernières plaies dont je me borne à lister les titres : Le sida des dauphins. L’effondrement de la biodiversité. Les nouvelles épidémies. Les moissons d’OGM. Les trous dans la couche d’ozones, bonjour les cancers. Enfin, les climats en folie.
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Ce dernier point va nous permettre d’en venir au local. Si la Bretagne va peut-être bientôt grelotter, le Gulf Stream se mettant aux abonnés absents ; le tour de la Méditerranée est promis à la désertification et ses forêts partent en fumée. Nous autres gens des vallées, que pouvons-nous faire pour stopper cette gangrène (pour ne pas parler de progression).
Que pouvons-nous faire pour « ré-harmoniser » notre économie… avec des journées neige qui vont aller décroissant ; une pratique alpine qui maintenant tient du folklore ; des itinéraires de randonnée trop souvent à l’abandon ; des petits réseaux d’irrigation oubliés, envahis par les pierres folles et les ronces et qui n’alimentent plus les potagers. Toute cette « aridification » rampante prépare des catastrophes. Le mitage irréversible des terres de pâture d’hiver a chassé l’élevage. Que faire, dans ce qui reste de « lambeaux » libres pour redonner à ces vallées un minimum d’autonomie alimentaire ? Que faire pour réduire les énormes charges liées aux trop longs trajets en voiture individuelle ? A ceux qui ne pouvant se loger sur le littoral, sont astreints à ces trajets pendulaires qui leur mangent presque un quart de leur salaire.
Toutes ces questions risquent de rester dans le vide, si d’abord nous ne prenons pas conscience, clairement conscience, de l’impasse dans laquelle par étourderie, inconscience, veulerie, ou en choisissant des bergers aveugles… nous nous sommes fourvoyés… et plus grave encore, nous engageons nos enfants.
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Nous devons prendre conscience que l’indispensable réforme ne viendra jamais, d’abord d’en haut. Elle ne peut venir que de nous, de chacun de nous et sans attendre que le voisin fasse le premier pas. Les délais qui nous restent à ce jour pour tenter de sortir de la nasse sont devenus, de par notre faute, extrêmement courts.
Voici un exemple de notre possibilité d’action dans un secteur dont on parle peu et qui s’avère pourtant primordial pour notre conservation en tant qu’espèce et pour celle de la biosphère qui nous supporte de plus en plus mal. C’est le problème de la surconsommation de produits (protides et lipides) d’origine animale. Nous n’élisons un président ou un parlement que tous les cinq ans… Avec ce que nous mettons ou ne mettons pas dans notre assiette… nous votons trois fois par jour. Nous votons, pour être plus précis, pour que la famine s’étende sur la planète entière, avec son cortège de désordre, d’émeutes, d’immigration massive, voire de guerres de la faim, de l’eau, de l’énergie… et encore plus, de pandémies – qui l’avion aidant, se propageront comme traînée de poudre – ou nous votons pour un monde vivable… plus juste et calme et pour que notre ultime époque, dont j’ai dit un mot, puisse se perpétrer dans l’harmonie et dans la justice.
Voter avec son assiette ? La partie fertile (terres arables, prairies et pâturages, forêts) qui va s’amenuisant par désertification et bétonnage ne représentait plus en 2005 que 65.8 % des continents hors glaces De cet espace – les terres cultivées : 1 541 millions d’hectares n’en font que 11.5 %. Sur le total des productions agricoles, un tiers du tonnage est réservé à l’alimentation animale et près de 6 % aux textiles (coques et fibres) et aux agrocarburants ; si bien, qu’il n’en reste que 61 % pour l’alimentation humaine végétale (céréales, légumineuses, légumes, fruits…).
Les pacages, quant à eux, 3 433 millions d’hectares représentaient en 2005, 69 % de l’espace nourricier. Au total (terres de labour et de pâtures), 78 % de cet espace nourricier sont réservés à l’engraissement des animaux… alors que huit cent millions d’humains sont en disette chronique !

La croissance démographique (+1.3 % /l’an) nécessite des espaces accrus au détriment des cultures vivrières dont chaque année la place se réduit : du fait de l’épuisement des sols (1.3 % l’an), de la désertification (0.39 %), de la salinisation (0.1 %) et du déclassement des terres arables (résidentiel, tertiaire, industrie, réseaux 0.11 %), ce dernier phénomène est amplifié par le mécanisme de la rente foncière : le changement d’affectation se faisant immanquablement vers la valeur de sol la plus élevée.

Et de plus nous devons évoquer, non plus « la fonte progressives des glaces mais une débâcle des calottes glaciaires entraînant une hausse rapide et beaucoup plus importante des eaux. Un seul mètre de hausse mettrait en danger pas loin de cent millions de personnes dont dix d’Egyptiens, trente de Bangladais, le quart des habitants du Vietnam »… Nous sommes incapables de vous donner les chiffres de terres perdues, car il n’existe pas d’évaluation géographique globale des surfaces fertiles par mètre de montée des eaux.

A cette perte de 1.9 % / l’an évoquée plus haut ; il faut pour évaluer l’involution de l’espace de culture par habitant ; y adjoindre l’impact annuel de la démographie : de 1.1 à 1.3 % / l’an. Ce total de 3 à 3.2 % laisse prévoir une division par deux de l’espace des cultures vivrières : (de 0.146 à 0.073 hectare/habitant) d’ici 2030-2031 et de ce fait, peut-être avant cette date : l’épuisement irréversible de la terre par surexploitation, de notre mère nourricière : l’humus.

Le seul moyen personnel et immédiatement efficace, de tenter de prévenir cette catastrophe est, non pas de supprimer, mais seulement de réduire une certaine surconsommation de produits animaux, telle que présentée ici dans ce tableau.
Il est manifeste que le gros des 33 % du tonnage des récoltes réservées aux animaux d’élevage relève principalement de la colonne de gauche des nantis. Cela signifie, que la réforme diététique qui doit être engagée sans tarder, doit l’être en priorité dans le groupe des nations favorisées. Le code la constituant devrait être inculqué – à l’aide d’un matériel pédagogique adapté – dès l’âge le plus tendre. Un âge, disons huit ans voire plus tôt, où l’on est encore sensible au caractère sacré de toute vie, à la souffrance imposée aux animaux « domestiqués » tout au long de leur triste parcours « d’élevés » industriellement et se terminant dans l’horreur de l’abattage en série.

C’est dire que la diététique – qui dans les circonstances présentes et du proche futur va devenir l’art primordial de survivre – doit être enseignée sans tarder aux différents corps professoraux. Et que cet enseignement devra être totalement dégagé des idéologies consuméristes qui servent si bien les intérêts des nombreux lobbies déjà évoqués.

Cela est d’autant plus urgent que ce groupe, des classes populaires dans les pays riches, est menacé par une catastrophe sanitaire… dont l’obésité galopante serait la prémisse ! Laissons la parole à l’ingénieur agronome Claude Aubert, pionnier de l’agriculture biologique:

L’Ecologiste N° 23 septembre 2007, L’élevage une menace pour l’environnement.

« Curieusement, la croyance que la viande rend fort, qu’elle est indispensable à notre santé reste profondément ancrée, alors qu’on sait aujourd’hui qu’une consommation importante de produits animaux, et en particulier de viande rouge, a de nombreux impacts négatifs sur notre santé. Elle favorise notamment le cancer du côlon, les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’hypertension. A l’inverse, les principales sources de protéines végétales – céréales et légumineuses – jouent un rôle protecteur vis-à-vis de ces maladies.
Aux risques de maladies non transmissibles liés à la surconsommation de produits animaux viennent s’ajouter les problèmes de contaminations microbiennes, sans oublier les pathologies imprévisibles comme la maladie de la vache folle. »

L’institut de veille sanitaire (INVS) a rendu publiques, mardi 21 octobre 2003, plusieurs études épidémiologiques afin de donner la photographie la plus précise possible du cancer en France et dans les autres pays européens. Ce document fait apparaître, en ce qui concerne la France, une augmentation de 63 % du nombre de nouveaux cancers en vingt ans, (…) L’une des études met en relief le mauvais classement de la France au sein des pays européens : chez les hommes, la mortalité est y la plus élevée du continent…
Le Monde, p.10, 22/10/2003

Enfin, selon un rapport de l’OMS (2005). « Les maladies liées à l’environnement et aux modes de vie et d’alimentation sont responsables de 75 % des 49 millions de décès recensés chaque année sur Terre…
Sans réelle prise de conscience, sans ‘désir et vouloir’ personnel de réforme, sans volonté de transmettre l’information… surtout par l’exemple ; il risque de ne plus y avoir de futur !

Ce phénomène global du changement climatique ne va pas se traduire par un réchauffement uniforme : si par exemple, la Bretagne va peut-être bientôt grelotter, le Gulf Stream se mettant aux abonnés absents. Le tour de la Méditerranée, par contre, est promis à une désertification généralisée et déjà bien visible. Dans notre région, nous savons tous que nos forêts partent en fumée. Ainsi de celles de l’Estérel dès 1961… ouvrant un chemin libre au mistral dont l’effet d’aridification est maintenant ressenti jusqu’à Antibes. De proche en proche, les collines de l’arrière-pays ont perdu leur parure forestière, et plus grave encore le gros de la couche d’humus. Le pouvoir de rétention des eaux fluviales s’en trouve affaibli et les eaux de ruissellement entraîne les ‘terres mortes’. Ne reste que de maigres garrigues, proies faciles pour les incendies de plus en plus fréquents.
Dans la seconde moitié du 19e siècle un phénomène analogue mais localisé s’était déjà produit dans le haut pays Niçois. Problème en partie lié à l’introduction de la pomme de terre dans les vallées. La meilleure productivité de cette plante s’était traduite par une forte croissance démographique… et les surfaces affectées aux nouvelles cultures et au développement de l’élevage, avaient été gagnées, en bonne partie sur les forêts. Les pentes exposées ayant perdu leur pouvoir de rétention des eaux, l’érosion par endroit devint menaçante – en témoignent les roubines, comme autant de balafres sur certains versants. Dans les fonds de vallée des villages et des hameaux furent menacés. Tout le monde ici a gardé le souvenir de la catastrophe de Roquebillière et des menaces qui persistent en aval de Saint-Etienne de Tinée.
De nos jours, les vallées de l’arrière pays sont menacées à leur tour… et pas seulement par l’incendie. L’ozone – provenant de la décomposition des oxydes d’azote liés à l’intense trafic routier (principalement côtier) – attaque les feuillages dans la zone des 800 à 1200 mètres d’altitude et, vous avez dû le constater, les conifères en sont les premières victimes. Nous autres gens des vallées, que pouvons-nous faire pour ralentir cette gangrène de l’aridification, voire reconquérir une certaine fertilité des sols cultivables et forestiers. Car, d’ici peu, la valeur la plus sûre résidera en un certain degré d’autonomie… alimentaire particulièrement. Cela devrait impliquer une action forte en faveur de la conservation et de la régénération des sols fertiles et donc une mise en veilleuse de la promotion immobilière. Les activités du bâtiment devant se réorienter vers la réhabilitation thermique de l’existant.
Que pouvons-nous faire pour « ré-harmoniser » notre économie… avec des journées neige qui vont aller décroissant ; une pratique alpine qui maintenant tient du folklore ; des itinéraires de randonnée trop souvent à l’abandon ; des petits réseaux d’irrigation oubliés, envahis par les pierres folles et les ronces et qui n’alimentent plus les potagers individuels. Toute cette aridification rampante prépare des catastrophes. Le mitage irréversible des terres de pâture hivernales a réduit l’élevage à presque rien. De ce fait, les prés d’altitude ne sont plus pâturés ou fauchés. Les épais matelas d’herbes mortes couchées sont devenus de parfaites glissières pour les avalanches dévastatrices, emportant même les forêts au passage. Les villages sont en partie devenus des villages dortoirs. Que faire pour réduire les charges liées au transport en voiture individuelle ? Pour ceux qui sont astreints à ces trajets , pendulaires journaliers, ces charges peuvent manger le quart du salaire.
Toute la région doit repenser un système de transport moins polluant, donc collectif : Réseau côtier électrique plus cadencé. Dans le transversal, tramway et doublement-électrification de la voie ferrée Nice-Digne jusqu’à Annot. Le niveau de la voie devant être relevé dès Nice à la cote 16 mètres. Depuis l’entrée des vallées, dessertes bus, cadencées en fonction des besoins locaux journaliers et des pointes touristiques.
Ces questions risquent de rester dans le vide, si d’abord nous ne prenons pas conscience, de l’impasse dans laquelle par étourderie, aveuglement volontaire ou non… nous nous sommes fourvoyés… et plus grave encore, fourvoyons nos enfants.
Va s’ajouter à moyen terme et comme déjà évoqué ; l’insoluble problème de la montée du niveau des mers. Cela va affecter tout le littoral et la partie basse des plaines côtières. Le premier signe en a été l’accélération inattendue de la montée du niveau marin. Pour la période 1990-2006, la prévision était de 2 mm/an ; la réalité est de 3.3mm soit + 60 % par rapport à la projection du GIEC. L’écart pourrait découler de la difficile modélisation du comportement des glaciers. Cette montée tient d’abord à la dilatation des eaux océaniques qui se réchauffent. Ensuite, en zones subpolaire et même polaire la vitesse de translation des glaciers s’accroît ainsi que le débit des torrents ou fleuves émissaires. En témoigne les fiords et baies glaciaires du Groenland encombrés d’iceberg géants dont pour certains la hauteur aérienne frise les 500m ; alors qu’il y a un demi siècle un iceberg de 40m était perçu comme un mastodonte.
Mais il y a infiniment plus grave. Les eaux de l’Atlantique qui ‘lèchent’ le continent antarctique se réchauffent plus vite que nulle part ailleurs (+ 3.6°), ce qui fait que l’ouest de la calotte glaciaire du continent antarctique – et qui repose sur une pente régulière s’enfonçant progressivement dans l’océan – risque de perdre son encrage sous-marin… et l’on pourrait assister à une vraie débâcle.
Ce différentiel de 60 % suffit déjà à amener le curseur de hausse prévue : entre 0.4-1.4 mètres dans plusieurs siècles à 0.6-2.2 mètres, et dans des délais bien plus courts – chiffres d’ailleurs probablement sous-estimés, la désintégration des calottes, Groenland comme polaire, n’étant pas linéaire. La fonte des parties les plus menacées : Groenland au nord, au sud, péninsule ouest et mer de Weddell ; se traduirait par seize mètres de montée des eaux océaniques !
Source GIEC, Poznan, 1er au 12 décembre 2008 et Monde diplomatique, décembre 2008
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Les propositions qui vont maintenant être évoquées et discutées demandent toutes des moyens importants. Or nos petites communes sont pauvres, pauvres parce que très petites. Récemment, lors d’un périple en Scandinavie, j’ai découvert qu’en Suède, le nombre des communes n’atteignait pas 300 et que plus de 40 % de la totalité des recettes fiscales leur étaient attribuées. L’unité d’intervention dans le haut pays niçois est à l’évidence le bassin versant des quatre principales vallées : Var, Tinée, Vésubie et Roya. La première exigeant une coopération interdépartementale, la dernière franco-italienne. Il reste, sans attendre de souhaitables mais hypothétiques regroupements, à trouver les structures syndicales ou associatives qui faciliteront la collecte des fonds et le travail en commun.

Objectif n° 1 : Préservation des forêts et régénération de leurs sols.
L’Australie est d’abord un désert. Au sud-est, endroit le plus frais, on y fait même du ski, se trouvent d’immenses forêts, d’eucalyptus principalement… se trouvaient car elles sont parties en fumée. Les Australiens, les meilleurs ‘supporter’ du président Bush, niaient le changement climatique et pour eux : « Leur façons de vivre et niveau de vie n’étaient pas négociables ». Or tout au Sud et plus qu’ailleurs, l’océan se réchauffe et les pluies se font rares. L’eau est rationnée à Melbourne et Sidney, les puits sont vides, les nappes phréatiques au plus bas. L’Australie a simplement dix ans d’avance sur PACA.
La mise hors feu de nos forêts… tout le monde le souhaite (sauf les incendiaires !) Mais pour cela – conjointement aux mesures de prévention comme le débroussaillage tous les trois ans et sur cinquante mètres de part et d’autre des routes – il faut régénérer les sols forestiers… avec précisément les composts et broyas tirés du débroussaillage et de tous les déchets végétaux de la vie journalière. Il faut également choisir les espèces d’arbres dont ‘l’évapo-transpiration’ diurne la plus intense peut aider à rétablir localement un régime de pluies plus réguliers. Nous avons eu, dans le Var ; œuvrant avec efficacité et démontrant toutes sortes de procédés (comme les cultures de fruits et légumes sans irrigation sur terrain calcaire) ; dans les années 60/70, un certain Jean Pain disparu précocement… et qui dans le monde entier est considéré comme le pape des composts et de la régénération des sols forestiers. La méthode existe, expérimentée avec succès, la documentation est accessible. A nous de savoir ce que nous voulons pour notre région… Le désert d’une Australie bis ou pas ?

Objectif n°2 : Réintroduire l’élevage dans les montagnettes des Préalpes, en vallée et en altitude. Moyen de lutte contre l’incendie.
Cet élevage semble être le moyen efficace, voire économique de lutter en basse et moyenne altitude contre l’embroussaillement des pentes, et plus haut, dans la prairie alpine, de faire régresser les ‘matelas’ d’herbes mortes couchées, et partant les avalanches. Le quadrilatère Sospel, Saorge, Puget-Théniers (voir Annot)-Cagnes offre des dizaines de milliers d’hectares à la pâture du mouton Préalpe. L’été, avec une courte transhumance, une partie de ces troupeaux pourrait être affectée à l’entretien des prairies d’altitude, là où la pente forte l’interdit à la pâture des bovins. A ces derniers, génisses et jeunes bœufs, seraient réservées en été une partie des prairies d’altitude à faible pente. La dernière partie, la plus accessible étant fauchée mécaniquement puis stockée dans les fenils des vallées. En complément de fourrage, les lambeaux de prairie qui subsistent en dépit du ‘mitage’ généralisé devraient sans tarder être impérativement réservés à la nourriture des bestiaux.
La commercialisation de la viande : Le label « Haut pays niçois » avec qualité biologique garantie, peu de transports, un abattoir de taille modeste spécialement affecté à cet usage et situé à proximité du coude du Var. Enfin un circuit court de distribution devrait assurer, aux éleveurs, tout au long de la chaîne commerciale, une rétribution correcte ; et pour le « Haut pays » une nouvelle notoriété… sans parler des conséquences bénéfiques sur la santé des consommateurs.
Complément de ressources des éleveurs. En plus des pâturages de vallée, là où les anciens réseaux d’irrigation seraient réhabilités, l’on devrait promouvoir une horticulture à haute valeur ajoutée : légumes et petits fruits adaptés aux microclimats locaux. Ces productions de qualité biologique, bien entendu, profiteraient du même circuit court de distribution de la viande… et de volailles également. Les terres affectées à cet usage seraient enrichies par les litières provenant de la stabulation hivernale.

Objectif n° 3 : Réhabiliter, on devrait même dire, remettre à la mode, les jardins potagers municipaux à usage privatif et réservés aux résidents. En principe, les lopins facilement irrigables par gravité devraient être répertoriés et avec intervention des mairies, concédés par bail aux demandeurs. Psychologiquement, c’est là le premier pas pour sortir de la ‘monoculture’ de l’exploitation touristique et pour reconquérir un peu d’autonomie. Cela mériterait d’être développé plus longuement.

Objectif n° 4 : Réorienter les activités du bâtiment vers la réhabilitation thermique des logements ; en priorité, de ceux occupés en permanence. Au niveau de chaque vallée, à moins que cela se fasse en coopération avec l’université, il serait souhaitable d’organiser de courtes cessions de présentation du matériel existant et de produire des fiches ou notices de mise en œuvre, et de bonne exécution des travaux. Dans chaque mairie, cela pourrait être mis à la disposition des entrepreneurs. Enfin, les mairies pourraient participer à l’exécution d’un cahier des charges type qui faciliteraient les demandes de crédit des particuliers auprès des banques locales. Par réhabilitation thermique, nous entendons également toute utilisation de captage d’énergie renouvelable.

Objectif n° 5 : Développer dès l’enfance et avec participation de ‘l’école’ une culture active écologique. Se servir d’un incinérateur dans chaque vallée, sans distinguer : A – ce qui balance de la dioxine (les sacs plastiques particulièrement). B – ce qui est facilement recyclable (carton, papier, verre). C – ce qui est vivant (épluchures, déchets de légumes et fruits) et qui devrait retourner à la vie… est tout à fait condamnable ! A propos du point C, nous pouvons proposer un scénario : chaque classe d’école primaire dispose à proximité d’un lopin potager. Les élèves participent à la culture avec le maître, maîtresse. Un accord est trouvé sur ce qui doit être planté. Chaque lopin à ses deux treillis circulaires à compost. Il est remis à chaque élève un petit seau portant la mention : compost, école… classe… L’enfant le ramène à la maison et doit veiller à ce que rien de ce qui est vivant ne parte à la poubelle. Une à deux fois la semaine le seau est soigneusement déversé sur le compost. Les enfants (d’abord sous surveillance) veillent eux-mêmes à le retourner, l’aérer et maintenir le bon taux d’humidité… et quand le temps est venu : de l’incorporer à la terre. La veille du jour de fête de l’école (ou tout autre jour) légumes et petits fruits servent à confectionner des tartes ou autres plats, et les parents sont invités à goûter les productions biologiques de leurs enfants. Ajoutons que cela se pratique à l’école Freinet de Vence depuis trente ans et que le professeur principal m’avait permis d’être l’instigateur de cette pratique.
De petits gestes ou pratiques pour le sauvetage de notre écosphère font plus que les discours grandioses (La maison brûle) jamais suivis de réalisation. Quant aux enfants sagement assis sur les bancs d’école, ils me font penser à ces oies en batterie du Périgord, et que l’on gave.
L’apprentissage de la vie sociale ne se fait réellement 1 – qu’en famille, si les parents ne démissionnent pas… 2 – en équipe, 3 – et, au-delà des ‘humanités’ si nécessaires, en imitant le geste de celui qui connaît le métier… et qui le transmet avec le moins de paroles possible. Si les bureaucrates qui la contrôle, ouvraient l’école à tous les gens de métier (des métiers qui méritent ce nom et non pas des occupations), le monde pourrait changer très rapidement ; c’est à dire redevenir vivable.
Quant aux inévitables transformations des métiers de la montagne et au métier de guide en particulier, notre syndicat est en train de faire tardivement sa révolution écologique… et nous pourrons dans quelques temps en reparler utilement… si vous me tolérez encore.

Merci de votre accueil et de votre coopération.

Guy Demenge

 

RAJOUT Avril 2014

Le guide de haute montagne Guy Demenge dit « Melchior » a déroché de l’humanité.

Le conte africain dit que lorsqu’un ancien meurt c’est une bibliothèque qui brûle, celui-ci était un guide qui avait aussi parcouru le Kilimandjaro, alors le conte africain devrait préciser que non seulement c’est une bibliothèque qui brûle mais c’est aussi un pan entier de montagne qui s’effondre.

Il était guide de haute montagne à Chamonix puis à Nice et St Martin Vésubie, né en 1929, il avait été compagnon de cordée de Lionel Terray et bien connu quelques autres comme Rébuffat, Lachenal, Frison Roche, Bonatti…

Il faisait aussi des conférences avec Jean Pain qui développait déjà les utilisations de broyats végétaux pour améliorer les terres arides avec le réchauffement climatique qui prend de l’ampleur.

Il était membre de Contratom Genève.http://www.contratom.ch/spip/

C’était lui qui m’avait donné la corde de Fritz Wiessner

http://crasputas.canalblog.com/archives/2012/11/30/25705753.html

A Creys Malville avec ses collègues (LeBreton, Bernard, Fournier etc ils faisaient des petites démonstrations aux paysans des alentours en « jetant des morceaux de sodium dans l’eau » pour montrer l’effet dévastateur que le surgénérateur pouvait engendrer…

Il faisait parti des vétérans des vigies devant l’OMS. www.independentwho.org

Nous y sommes toujours depuis le 26 Avril 2007 à cette chaîne humaine.

Comme Samivel a œuvré pour le parc de la Vanoise, lui a œuvré pour le parc du Mercantour et pour limiter la casse sur le mont Blanc (projet de téléphériques et autres pestilences immobilières) (etc)

Érudit, ce cousin de Samivel et de la femme de Tom Morel, m’avait passé quelques bouquins; je me souviens des deux premiers « la menace nucléaire » de Gunther Anders et « Comment ne pas penser » de Bernard Charbonneau, puis « Ecologica » « L’adieu au prolétariat » d’André Gorz etc
Son père s’appelait André, cette période a bien sûr marqué sa vie, il a continué la résistance de son père à sa façon.

Il laisse un grand vide, mais ce petit homme a fait parti de ceux qui nous ont ouvert la voie…

Il incarnait avec d’autres que l’on croise sur ces chemins cette volonté de non puissance décrite par Ellul. J’ai pu voir ainsi un Albert Jacquard ou d’autres moins connus comme Jean-Baptiste Libouban, Paul Roullaud. On en croise toujours dans sa vie de ces personnes rares paraissant fragiles mais qui durent le plus longtemps car ils ont l’art ou la science ou cette sagesse inscrite en eux. Un bon montagnard est un vieux montagnard.

C’était lui  l’écologiste  candidat aux législatives à Nice en 1978, Samivel lui avait fait son affiche.

ecotopie

Le dernier adieu lui a été rendu ce jeudi 10 Avril 2014 au crématorium de Bonneville en Haute Savoie juste au bord de l’Arve impétueuse. Ses cendres remonteront le courant et s’éparpilleront là-haut avec les « amateurs d’abîmes », ceux de « Hommes, cimes et dieux » et autres « fous d’Edenberg », « conquérants de l’inutile ».

Le dernier bouquin qu’il m’avait prêté a été rendu à ses enfants, il y a une dédicace dessus; c’était lui, « l’œil émerveillé ».

Cette prise de conscience par la beauté naturelle décrite par Samivel, il l’avait développée toute sa vie.

Adieu compagnon

La lutte continue.

onebee

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Déjà paru en 2009 pour independenWHO :

Ce bon-homme semble aussi sortir d’un livre; rien qu’en l’écoutant parler sans discontinuer. Ce petit homme souriant aux yeux couleur d’un fond de sérac pourrait sortir en effet directement de nos livres de chevet: « les conquérants de l’inutile » de Lionel Terray dont il a été le compagnon de cordée (c’est lui Melchior le guide) et « L’amateur d’abîmes » de Samivel dont il est lié non seulement par sa même passion dont il a fait son métier mais aussi par sa naissance, (Samivel est le cousin germain de sa mère).

Guy Demenge dit Melchior a lui aussi plus de 80 ans, et rien que 60ans d’alpinisme dans ces crampons; guide de haute montagne (Chamonix-Nice, CAF Lyon etc), il a fait des expéditions en Himalaya (3), dans les Andes, au Groenland etc.

C’est avec Terray qu’il a fait plusieurs expéditions dans les Andes, il a été aussi compagnon de Rébuffat, Lachenal, Frison Roche, Bonatti, Cassen, etc… et a connu d’autres pionniers avant qu’ils donnent leur nom à du matériel ou des voies; Frendo, etc…

Ainsi il existe un « éperon Demenge » par exemple sur

http://alpessudnet.free.fr/cougourd2.html mais il en a fait d’autres, pas toutes répertoriées, et pas une de droite…il n’aime pas cela, il préfère les courbes.

Lorsqu’il parle, on a envie de l’enregistrer car cela se déroule comme un film sans fin mais aussi parce ce que l’on manque de connaissance pour tout saisir… Quand je lui demande d’écrire ces histoires, il croit que son histoire est banale de nos jours, le modeste personnage ne se rend pas bien compte qu’il est un témoin de l’Histoire et pas seulement de l’épopée de l’alpinisme moderne pour beaucoup de générations; on a besoin de ces témoignages.

Il écrit depuis peu pourtant, pas sur sa vie mais sur l’homme: son histoire, sa culture, son environnement et ses déviances historiques toujours d’actualité.

Il a une écriture unique comme son parler, on se perd dans ces chronologies, il jongle avec l’espace et le temps et il le fait exprès; il est libre comme en montagne où il faisait des premières sans le dire. L’ordre et la vanité ne l’intéressent pas. Sans comprendre tout, on le suit volontiers, intarissable, le chemin est agréable et il assure puisqu’il est guide… altruiste.

Il souffre d’une dégénérescence de la macula, et attend une prochaine opération de la cataracte. Il était en excursion dans les montagnes quelque part au delà de la Turquie, il pleuvait la-bas les jours qui ont suivi le 26 avril 1986.

Durant sa longue période dans les alpes du sud, il a collaboré (conférences, éditions) avec Jean Pain sur ce qu’on appelle maintenant le BRF (bois raméal fragmenté (Jean Pain était le précurseur et n’as pas été reconnu comme tel au départ…) Sur les hauteurs de Nice, il faisait pousser des tomates sur des broyas végétaux et a mis au point des broyeurs adaptés (voir son neveu Mr Bonvallet http://www.jean-pain.com/). Car la zone méditerranéenne est promise à la désertification si les « locaux » ne prennent pas en main leur destin (voir notes sur conférence à Vésubie)

NB: (Jean Pain, Claude Aubert aussi est cité, tout cela avec Rabhi, Réseau semences Paysannes, Solagro, PROMMATA, Soltner, Steiner, Maria Thun etc… on a vu ça dans les 4 saisons…)

Amateur d’art, il a été décorateur, architecte. Il collabore à des revues d’art et d’archéologie. Adorant la Turquie, l’histoire des Kilims entre autres le passionne, ces tapis orientaux anciens dont certains en lambeaux ornent son appartement où il s’assoit, dort et mange à l’orientale.

A la question adressée à un vieux montagnard sur le meilleur moyen de lutter contre cette bêtise humaine, il répond qu’il n’y a que le message de deux bonshommes à retenir, c’est celui d’un certain Dalaï Lama et l’autre se prénomme Thomas; il y est question entre autres d’arbres 1er,2, 3, 4 voire de cinquième arbre…(voir les écritures…)

Ensuite, il a cité un autre personnage qui s’appelait Héraclite qui aurait dit quelque chose du genre: « entreprendre l’impossible » puis il a fouillé dans ses notes pour ressortir la phrase exacte: « Si tu ne cherches pas l’inespéré, tu ne trouveras pas » mais cela veut dire la même chose, non ?

Une autre réponse est dans sa conférence « en Vésubie »:agir localement donc « humainement ».

Il recherche toujours des éditeurs pour ses ouvrages très instructifs:

- Quid de l’énergie, Voyage au royaume de l’intox

- le baril serait-il devenu le maitre du monde ?

- L’idéologie chrétienne à origine de la technique moderne

- Esquisse d’une explication du Fordisme

- Kilims, Origine Présumée des Tapisseries d’Anatolie en Fibres Animales

 

 

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