Les retombées antiradioactives du FSM sont passées sur la France

Posté par elianguesard le 13 novembre 2017

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Forum social mondial antinucléaire à Paris en Novembre

Posté par elianguesard le 10 octobre 2017

Le programme préliminaire du 3e Forum social mondial antinucléaire est publié sur le site :

http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/programme/

Pour celles ou ceux qui n’ont pas encore fait leur inscription, nous vous encourageons de la faire rapidement.

Concernant la visite à Bure, le site du Projet Cigéo (stockage souterrain des déchets radioactifs) le 5 nov, vous pouvez aussi vous inscrire au :

 registration@wsfnonuke.org

 Site du FSM 2017: http://fsm-antinucleaire2017.nuclearfreeworld.net/

Page Facebook du FSM: http://bit.ly/2eApOQS

Faire un don: https://www.helloasso.com/associations/attac-fsm-an/collectes/pour-un-forum-social-mondial-antinucleaire-en-2017

 

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Soutien à Bure et à CoordiSudEst

Posté par elianguesard le 21 septembre 2017

http://vmc.camp/

http://vmc.camp/2017/07/03/a-bure-nouveaux-risques-dexpulsion-declarons-un-ete-dexception/

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http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/07/21/Proc%C3%A8s-le-12-septembre-2017-%3A-Soutenons-notre-compagnon-Jean-revest-contre-Areva

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/09/14/Proc%C3%A8s-d-Areva-contre-la-CAN-SE-%3A-jugement-mis-en-d%C3%A9lib%C3%A9r%C3%A9-au-11-octobre

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https://reporterre.net/Bure-En-Meuse-nous-vivons-sous-occupation-militaire

 

Bure : « En Meuse, nous vivons sous occupation militaire »

21 septembre 2017 / Des habitant-e-s de Bure et de ses environs

 

Mercredi 20 septembre, la police a perquisitionné des lieux de vie des opposants au projet de poubelle nucléaire (Meuse). Une action qui s’inscrit dans un contexte de harcèlement policier.

C’est un texte écrit à chaud, mercredi matin, pendant que des dizaines d’ami-e-s sont encore en train d’être perquisitionnés à la Maison de résistance, à Bure (Meuse), à la gare de Luméville, dans trois autres appartements à Mandres, Commercy et au nord de Verdun. Un texte écrit en toute hâte, réfugiés chez quelque-s ami-e-s dont nous espérons le domicile sûr. Un texte écrit entre la réponse à des coups de téléphone de personnes vivant tout autour de Bure, la réception de textos et de courriels de soutien, le rangement frénétique de nos autres lieux de vie.

Difficile de trouver les mots. La perquisition que nous avons subie ce matin est la nouvelle étape d’une stratégie de tension et d’asphyxie systématique de la contestation à la poubelle nucléaire Cigéo que l’État a mise en place depuis plusieurs mois. Notre quotidien, à nous qui nous sommes installés depuis quelque temps, ainsi qu’aux habitant-e-s qui vivent là depuis toujours, est le suivant : patrouilles omniprésentes de voitures de gendarmerie, d’un Duster banalisé du PSIG (peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie), contrôles et fouilles des véhicules réguliers, relevés des plaques, filatures jusqu’aux domiciles…

Notre quotidien, qu’on le veuille ou non, a pour toile de fond la police. Nous connaissons parfaitement les objectifs de cette stratégie, qui vise à nous épuiser, à nous isoler, comme des bêtes traquées.

Contrôlés plus de 35 fois en un mois

Vivre au quotidien aux alentours de Bure, dans cette escalade, c’est vivre des scènes comme celle-ci : un gendarme qui traite un habitant de Mandres de « sale antinucléaire », fenêtre ouverte, lorsque celui-ci lui demande, après la répression du 15 août et les blessures graves infligées à plusieurs personnes, s’ils ont un permis de tuer.

Ce sont trente gendarmes qui viennent intimider un ami agriculteur de Bure à son domicile dès l’aube le 14 juillet, le poussant à bout puis l’inculpant pour « outrage » par la suite.

Ce sont des ami-e-s en visite en juin, lors d’une semaine d’action, qui se font courser dans les champs par les gendarmes, menacés d’une arme, puis finalement interpellés avec un pistolet posé sur la tempe.

Perquisions mercredi 20 septembre, à Bure.

Ce sont des ami-e-s régulièrement pris en chasse par des véhicules de gendarmerie pour contrôler leurs identités. Plus de 35 fois en un mois pour certains.

Ce sont des ami-e-s emmenés au poste pour avoir : joué de l’accordéon dans la rue, s’être promenés avec une hachette dans le dos (en allant en forêt), avoir refusé de décliner son identité dans un contrôle routier.

C’est compter les heures non plus avec sa montre, son téléphone ou les cloches, mais avec la régularité des patrouilles.

C’est se faire réveiller à 2 heures du matin dans une maison nouvelle investie par des gendarmes qui braquent la lumière de leur lampe torche sur une fenêtre.

C’est voir débarquer une fois par semaine, ou plus, à l’entrée du bois Lejuc habité, des gendarmes mobiles pour des coups de pression, être visé par un Flash-Ball, se sentir en permanence menacé-e.

C’est se faire réveiller le 9 septembre à la vigie sud de la forêt, à 23 h, par un coup de pression énorme d’une trentaine de gardes mobiles, lampe torche braquée, mégaphone « TOP OPÉRATION, TOP, TOP ! ». Paniquer. Le tout se produisant la veille d’un rassemblement de soutien à l’ami Robin, grièvement blessé au pied par les mêmes gendarmes trois semaines plus tôt lors du 15 août.

C’est lorsqu’on est un jeune de 18 ans du coin, se faire menotter et embarquer par le PSIG pour avoir réagi avec énervement au harcèlement quotidien de patrouilles en civil, et se faire auditionner pour « violences volontaires ».

C’est, bien, sûr, savoir qu’on ne pourra plus manifester sans faire face à un dispositif policier implacable qui agit à grand renfort de grenades offensives et de canons à eau.

Tout cela, ça fait des mois que nous le répétons. En Meuse, nous vivons sous occupation militaire. La société nucléaire est indéniablement une société policière.

Trouver les manières de vivre, de lutter, de s’organiser pour faire face

Pendant ce temps-là, Nicolas Hulot est résolument mutique — peut-être à cause d’une indigestion de couleuvres ? Son silence est aussi assourdissant que les grenades des gendarmes lancées le 15 août dernier sur les manifestants.

Ce gouvernement entérine une lente dérive autoritaire. Pendant qu’à Bure on perquisitionne, on interpelle, on blesse grièvement, une offensive sociale d’une ampleur sans précédent cible toutes celles et ceux que le pouvoir considère comme « fainéants, cyniques et extrêmes », comme « ceux qui ne sont rien ». Le choix de la date des perquisitions n’est pas anodin. Elles se déroulent à la veille de la manifestation nationale du 21 septembre contre la loi travail XXL et le jour même où commence le procès pour la fameuse affaire de la « voiture brûlée du quai de Valmy ».

Perquisions mercredi 20 septembre, à Bure.

Nous faisons face, à Bure comme ailleurs, à une tentative de mise en pièce concertée de tout ce qui prétend résister à la tyrannie du profit et aux massacres écologiques. Comme le dit un ami paysan, habitué des combats de longue haleine, ce qui s’est passé hier matin à Bure, « c’est une déclaration de guerre ». Pas seulement à quelques « militant-e-s anti-Cigéo », ou même au mouvement contre la poubelle nucléaire, mais bien à l’ensemble des habitant-e-s d’un territoire qui cherchent à construire autre chose que l’atomisation sociale. C’est une guerre contre ceux qui cherchent à dépasser la peur sous un régime d’état d’urgence plus cynique et méprisant que jamais.

À nous de maintenant trouver les manières de vivre, de lutter, de s’organiser pour faire face, sans tomber dans le piège qu’ils nous tendent — celui d’un pétage de plomb généralisé. En continuant de construire opiniâtrement un quotidien exaltant, beau, difficile. En continuant de nous organiser, de défendre le bois Lejuc habité. En continuant de nous rencontrer partout autour, organiser des soirées, des concerts. En réagissant très fermement pour condamner absolument l’asphyxie policière qu’ils veulent nous imposer.

Nous appelons à la constitution de comités de soutiens, par toutes celles et ceux qui sont conscient-e-s des enjeux gigantesques de ce projet insensé, toutes celles et ceux qui portent la vie collective à Bure dans leur cœur. Face à toutes les tentatives d’isolement et d’atomisation, plus que jamais le soutien décentralisé est crucial !

Pour que cette perquisition-provocation devienne leur opération César…

Nous sommes corps à corps
nous sommes terre à terre
Nous naissons de partout
nous sommes sans limite. »

 

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La forêt de Yablokov; ces pins de Sibérie qu’on abat

Posté par elianguesard le 11 janvier 2017

fichier pdf La forêt de Yablokov

GeneveOMSseul

https://blogs.mediapart.fr/yves-lenoir/blog/110117/alexey-yablokov-pionnier-russe-de-la-protection-de-lenvironnement-nest-plus-1

Alexey Yablokov, pionnier russe de la protection de l’environnement, n’est plus.

L’académicien russe Alexey V. Yablokov est décédé le 10 janvier 2017, à l’âge de 83 ans, au terme d’une longue et douloureuse maladie. A. Yablokov impressionnait : bienveillance, rigueur morale, intransigeance intellectuelle, patriotisme, engagement pour le bien commun et infatigable activité au service de la défense des conditions de la vie sur Terre.

Charles Digges, au nom de la célèbre organisation écologiste russo-norvégienne Bellona, avec laquelle il avait collaboré durant de longues années, lui a rendu un bel hommage, sous un titre qui résume en quelques mots l’importance historique de la carrière de l’homme que le Président Boris Eltsine avait pris à ses côtés entre 1989 et 1992 comme conseiller pour les questions d’écologie et d’environnement :

Alexei Yablokov, grandfather of Russian environmentalism, dies at 83

Alexey Yablokov a mené de front mille combats. Il a dénoncé le maquillage du décompte des prises des navires baleiniers russes en violation des accords internationaux (1997). Il a coordonné le dénombrement et la localisation des navires et sous-marins atomiques soviétiques, mais aussi des 17 000 conteneurs de déchets radioactifs immergés dans l’Océan glacial arctique. Son livre blanc sur ces questions a apporté à la Russie une aide de plus 3 Md $ pour le démantèlement de 200 sous-marins et pour assurer la sécurité de dizaines de stocks de déchets radioactifs militaires.

Il joua un rôle majeur de conseil et de témoin dans la procédure conclue par l’acquittement en 2000 par la Cour suprême de la Russie de l’écologiste russe Alexander Nikitin, poursuivi par l’Etat russe depuis 1995 pour la publication du rapport “The Russian Northern Fleet: Source of Radioactive Contamination”.

Sans compter son énergie, il lutta pour amener les séquelles de Tchernobyl au rang de désastre majeur et durable. Il avait coutume de dire : « Tchernobyl est un arbre qui pousse…« . Avec le physicien Vassily Nesterenko, un des plus éminents « anciens combattants » de Tchernobyl (le mot « liquidateur » est un euphémisme politique puisque rien n’est liquidé, sinon des vies humaines et des territoires abandonnés), et son fils Alexey, il a rédigé la somme “Chernobyl: Consequences of the Catastrophe for People and the Environment”, publié par Naouka à Moscou en 2006, puis par l’Académie des Sciences de New-York en 2009 et disponible en français dans une version augmentée (Tchernobyl : Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement, <http://ur1.ca/q7gtw>).

Bien qu’en proie aux douloureux développements de sa maladie il a poursuivi ses travaux jusqu’à l’extrême limite de ses forces. L’une de ses dernières publications – « A Review and Critical Analysis of the Effective Dose of Radiation Concept. J Health Pollution, Part I, June 2013 etPart II: An Approach to an Objective Assessment of Human Radiation Risk, October 2014 – devrait inciter tous les radio-biologistes indépendants à se pencher sur le fossé entre la présentation des effets des radiations par les instances internationales – OMS, Commission internationale de protection radiologique et United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation – chargées historiquement en 1957 de favoriser le développement de l’énergie atomique en appui à la toute jeune AIEA et ce qu’ont révélé tous les accidents majeurs, notamment Tchernobyl.

Alexey Yablokov a été et reste un exemple irremplaçable. Nous avons eu l’honneur mais surtout la chance inestimable de l’avoir rejoint dans sa lutte pour la reconnaissance des dégâts de Tchernobyl, et pour que la chape de l’oubli et de l’indifférence ne scelle le destin des populations touchées par les retombées radioactives de l’accident. La poursuite de son œuvre est désormais notre affaire, celle de tous ceux qui restent solidaires des victimes de Tchernobyl et de Fukushima.

Alexey Yablokov était membre du Parti vert de Russie.

A ses proches et à ses amis nous exprimons nos plus sincères condoléances et partageons la peine de sa perte.

Yves Lenoir

président d’Enfants de Tchernobyl Belarus

auteur de La Comédie atomique, La Découverte, 2016

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autres liens et hommages :

- http://greenbelarus.info/articles/11-01-2017/nastoyashchiy-russkiy-uchyonyy-ushyol-iz-zhizni-aleksey-yablokov

- http://www.yabloko.ru/actually/2017/01/11 

- http://www.ecmo.ru/news/umer-ekolog-yablokov

- http://activatica.org/blogs/view/id/3031/title/skonchalsya-vydayushchiysya-rossiyskiy-jekolog-aleksey-yablokov

- https://www.facebook.com/profile.php?id=100001795638927  (page facebook de Yablokov)

 

Le professeur Alexei Yablokov faisait parti des trois scientifiques slaves venus participer à la manifestation contre l’étouffement des conséquences sanitaires et écologique de la radioactivité à Genève le 26 avril 2008.

En 2012 il participa au forum sur la radioprotection http://independentwho.org/en/2013/06/22/proceedings-forum-mai2012/

http://independentwho.org/fr/2012/06/21/forum-enregistrements-mai2012/

sur :

http://independentwho.org/fr/audios-videos/

« Controverses Nucléaire » de Emanuela Andreoli et Wladimir Tchertkoff

http://www.dailymotion.com/video/xr56pr_controverses-nucleaires_news#.UYEl28x6lXg

et sur http://www.alerte-verte.com/

On le voit s’indigner fortement avec d’autres devant l’establishment des nucléocrates lors de la conférence Forum-Tchernobyl à Kiev en 2001 dont les actes ne furent jamais publiés car trop accablants pour l’establishment nucléaire.

- Pr Yablokov au Symposium de New-York les 12 et 12 Mars 2013 :

http://www.dailymotion.com/video/xysygr_les-lecons-de-tchernobyl-alexei-yablokov-au-symposium-de-new-york-en-mars-2013_news#.UX-cNsx6lXg

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De la somme que Yablokov avait rassemblé avec les autres scientifiques, Wladimir Tchertkoff en rappelle « un extrait du beau texte placé en liminaire de la première édition de 2007 du Livre Tchernobyl, Conséquences de la catastrophe sur la population et l’environnement de A.V. Yablokov, V.B.Nesterenko et A.V. Nesterenko. » :

… « D’année en année on assiste à une hausse de la morbidité des maladies non cancéreuses d’étiologie diverse. L’analyse des courbes de la morbidité générale des enfants vivant dans les territoires contaminés par Tchernobyl est particulièrement désespérante. D’année en année on voit diminuer le nombre d’enfants pratiquement en bonne santé. A Kiev, par exemple, où il y avait 90% d’enfants en bonne santé avant l’accident, leur pourcentage a diminué au cours des années qui ont suivi pour ne plus constituer aujourd’hui que 20%. Dans certaines régions du Polessié il n’y a plus un seul enfant en bonne santé. La morbidité chez l’adulte augmente aussi sensiblement dans tous les groupes d’âge : au cours des 20 ans qui ont suivi l’accident son taux s’est vu multiplié par divers facteurs selon les maladies. On observe avec netteté l’augmentation des cas de maladie cardio-vasculaire, la hausse de la fréquence des attaques cérébrales, des infarctus, de l’ischémie du muscle cardiaque. La durée moyenne de vie s’abrège en conséquence.

On observe une situation nettement inquiétante concernant les maladies du système nerveux chez l’enfant comme chez l’adulte. La fréquence des maladies de l’oeil, en particulier des cataractes, est en hausse brutale.

Les diverses formes de pathologie de la grossesse et l’état de santé des nouveaux-nés dans les familles des liquidateurs de l’accident ou de ceux qui ont été évacués des zones de forte contamination ne manquent pas d’inquiéter.

Les actions des défenseurs de l’énergie atomique qui nient les effets nocifs de l’irradiation sur la santé des populations paraissent particulièrement cyniques sur cette toile de fond tragique. Leurs paroles s’accompagnent malheureusement d’actes correspondants : refus presque total du financement de la recherche médico-biologique, suppression des institutions chargées « des affaires de Tchernobyl », détournement des équipes de scientifiques de l’étude des problèmes engendrés par la catastrophe de Tchernobyl. De plus il reste parmi nous de moins en moins de spécialistes qui sont allés à l’école de l’accident, qui ont pu pénétrer au plus profond des véritables causes des effets radiologiques et ont appris à contrecarrer le développement des conséquences néfastes de l’irradiation. Très bientôt il ne restera plus personne de ceux qui ont appris par leur propre expérience comment il faut agir dans le cas d’une catastrophe radiologique de l’ampleur de celle de Tchernobyl. Pourtant l’expérience acquise est utile non seulement aux pays touchés par cette catastrophe mais aussi à l’avenir de notre planète tout entière qui doit s’attendre à divers accidents à grande échelle vu la direction que suit actuellement le développement des technologies.

Sommes-nous donc à tel point myopes qu’à cause de l’entêtement de quelques favoris du nucléaire privés d’humanité et de morale, nous sommes prêts à perdre l’expérience de la protection de l’homme des conséquences des éventuelles catastrophes technologiques à grande échelle, expérience que nous avons acquise avec tant d’abnégation et de sincère désintéressement ? Le progrès rapide que l’on observe en biologie et en médecine nous permet d’espérer qu’il n’est pas vain de chercher les moyens de supprimer les risques de nombre des maladies provoquées par une irradiation chronique. Il serait tout à fait insensé de négliger ces possibilités.

Il faut espérer malgré tout que l’objectivité dans l’évaluation des conséquences sanitaires de Tchernobyl finira par prendre le dessus, que la diversité biologique et une attitude morale de la société en général à l’égard du progrès technique futur finiront par triompher.

On voudrait tant y croire.

Ce livre représente vraisemblablement la tentative la plus complète à ce jour de généraliser un très grand nombre de données concernant les effets nocifs de la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des populations et de l’environnement. Les matériaux du livre montrent avec évidence que les conséquences de la Catastrophe augmentent au lieu de diminuer et continueront à augmenter dans l’avenir. »

D.M. Grodzinski, Docteur en biologie Président du Département de biologie générale, Académie nationale des Sciences d’Ukraine, Président de la Commission nationale d’Ukraine sur la protection contre les radiations. (http://independentwho.org/fr/2015/04/17/livre-tchernobyl-consequences/)

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introduction par Yablokov du même livre en version française :

Aux lecteurs français

Ce livre est l’étude la plus complète des publications scientifiques présentant des faits relatifs aux conséquences de la plus grande catastrophe d’origine humaine dans l’histoire de l’humanité.

Chacune des éditions consécutives à la première publication de Saint-Pétersbourg en 2007 – celle de New York en 2009*, de Kiev en 2011, de Tokyo en 2013 – est de plus en plus volumineuse en rai-son de nouvelles données, confirmant l’importance énorme des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl pour la santé humaine et pour l’environnement. Nous n’avons pas eu le temps d’inclure, dans cette nouvelle édition, les dizaines de nouvelles données qui ont été publiées en 2013 et 2014. Par exemple :

• dans les territoires les plus contaminés d’Ukraine et de Russie, les malformations congénitales chez les nourrissons sont sensiblement plus nombreuses [1, 2] ;

• l’analyse des statistiques démographiques officielles a révélé (en plus des données décrites précédemment pour de nombreux pays européens) une variation statistiquement significative de la proportion entre garçons et filles, parmi les nouveau-nés, en Russie et à Cuba, en 1987, en corrélation apparemment avec l’utilisation intensive des produits contaminés par les radionucléides de Tchernobyl [3] ;

• dans les territoires de Russie, contaminés par les radionucléides de Tchernobyl, on note une augmentation des maladies cancéreuses [4].

Les critiques pro-nucléaires accuseront à nouveau les auteurs de ce livre (comme ils nous ont accusés après la première publication de cette monographie) de ne pas se référer aux seules données « publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture ». Mais est-ce que, même sans analyse scientifique, les données statistiques officielles ne parlent pas d’elles-mêmes, lorsque un sanglier sur trois, abattu dans la région de la Saxe – et cela 28 ans après la catastrophe de Tchernobyl – est dangereuse-ment radioactif [5] ou que les rennes de la Norvège septentrionale sont devenus, en l’été 2014, 5,5 fois plus radioactifs qu’en 2012 en raison du fait qu’il y avait une pousse abondante de leurs champignons préférés qui concentrent le césium 137 contenu dans le sol [6] ?

Malheureusement, les leçons de Tchernobyl ne sont pas suffisamment intégrées. Pendant la «

liquidation » des conséquences de l’autre catastrophe atomique mondiale de Fukushima en 2011, les mêmes erreurs ont été commises en évacuant les habitants des sites contaminés dans d’autres sites également contaminés. Il y eut les mêmes mensonges de la part des fonctionnaires gouvernementaux et des mêmes organisations pro-nucléaires internationales – l’AIEA et l’OMS – au sujet des niveaux de la contamination radioactive. L’occultation immorale des données sur les maladies causées par les radiations a été également répétée.

Les pertes économiques liées à Tchernobyl ont aujourd’hui nettement dépassé 500 milliards de dollars. Les pertes liées à Fukushima ont atteint, suivant les évaluations, 200 milliards de dollars et continuent à augmenter. Mais malheureusement le fardeau de ces coûts ne pèse aucunement sur les entre-prises nucléaires. Cette irresponsabilité économique et sociale des atomistes constitue une injustice criante, qui permet à l’industrie atomique de se développer au détriment des États.

Toutes les données présentées dans ce livre montrent que les conséquences sur la santé et l’environnement de la catastrophe de Tchernobyl sont beaucoup plus graves que celles qui résultent des modèles officiels de la radioprotection. Elles témoignent du fait que les niveaux de risque radiologique adoptés sont sérieusement sous-estimés et doivent être révisés (voir détails [7].). Si ces règles officielles prenaient correctement en compte l’effet cumulatif des faibles doses, l’industrie de l’énergie atomique, dans sa forme actuelle, n’aurait pas de place dans une société civilisée.

Après Tchernobyl, la construction de nouvelles centrales nucléaires à travers le monde avait quasi-ment cessé. Mais 25 ans après, l’industrie nucléaire s’est remise du choc et s’est mise à parler de la « renaissance nucléaire ». Fukushima semblait avoir mis fin à cette « renaissance », conduisant l’Allemagne et une série d’autres pays à l’arrêt du développement de l’énergie nucléaire. Une série, mais pas tous… Notre incapacité à régler une vie internationale sans armes nucléaires confère un attrait sinistre à la création d’armes nucléaires sous le couvert du développement légal de l’énergie nucléaire « pacifique ». En plus de cela, certains pays sont toujours tentés par l’apparente facilité de résoudre les problèmes de l’énergie en utilisant l’énergie de la fission atomique. À la fameuse question que pose le héraut de l’industrie nucléaire, Vladimir Vernadsky, en 1922 [8] : « L’humanité saura-t-elle se servir de cette force pour le bien et non pour l’autodestruction ? », nous pouvons répondre avec certitude, 92 ans après, qu’ELLE N’A PAS SU.

Les radionucléides rejetés par l’explosion du réacteur de Tchernobyl dans le lointain 1986 empoisonneront la planète encore pendant des centaines et des milliers d’années. L’irresponsabilité et la cupidité des scientifiques atomiques, notre indifférence et la mémoire courte déterminent le caractère inévitable de nouvelles catastrophes nucléaires. Pour reprendre les mots du célèbre journaliste tchèque, Julius Fucik,

« HOMMES, SOYEZ VIGILANTS ! ».

Nous espérons que les connaissances contenues dans ce livre viendront éclairer cette vigilance.

Alexey V. YABLOKOV,

15 Janvier 2015

* Chernobyl, Consequences of the Catastrophe for People and the Environment – Volume 1181 des Annales de l’Académie des Sciences de New-York http://independentwho.org/media/Documents_Autres/Chernobyl_Consequences_of_the_catastrophe_for_people_and_the_environment_Reduit.pdf

[1]. Wertelecki W., Yevtushok L., Zymak-Zakutnia N. et al. 2014. Blastopathies and microcephaly in a Chorno-byl impacted region of Ukraine. Congenital Anomalies, vol. 54, pp. 125–149.

[2]. Корсаков А., Яблоков А., Трошин и др. 2014. Сравнительная оценка частоты врожденных пороков развития у детского населения Брянчской области, проживающего на террит ориях, пострадавших вследствии Чернобыльской катаст рофы (1991 – 2012). Весник Моск. Универ., серия XXIII (Антропология), # 2. cc. 122 -128. / Korsakov A, Yablokov A, Torchine (Torshin) et al. 2014. Évaluation comparative de l’incidence des malformations congénitales dans la population infantile du district de Briansk, vivant dans les territoires affectés par la catastrophe de Tchernobyl (1991 – 2012).

[3]. Scherb H., Kusmierz R., and K. Voigt. 2013. Increased sex ratio in Russia and Cuba after Chernobyl: a radi-ological hypothesis. Environ. Health. Vol. 12: # 63 (Published online Aug 15, 2013. doi: 10.1186/1476-069X-12-63).

[4]. Корсаков А., Михалёв В., Трошин В. 2013. Комплексная эколого-гигиеническая оценка изменений состава среды как фактора риска для здоровья населения. Palmarium Academic Publ., 404 c. / Korsakov A, Mikhaliov V. Torchine v. (Torshin)

[5]. Radioactive wild boar roaming the forests of Germany. 2014. The Telegraph, September 01 (http://www.telegraph.co.uk/news/worldnews/europe/germany/11068298/Radioactive-wild-boar-roaming-the-forests-of-Germany.html).

[6]. Norway’s radioactive reindeer. 2014. BarentsObserver. October 7 (http://barentsobserver.com/en/nature/2014/10/norways-radioactive-reindeer-08-10).

[7]. Yablokov A. 2013. A Review and Critical Analysis of the “Effective Dose of Radiation” Concept. Jour. Health & Pollution, vol. 3, # 5, pp. 14 – 28. Cf. Actes du Forum Scientifique et Citoyen sur la Radioprotection, de Tchernobyl à Fukushima, Genève, 12-13 mai 2012, http://independentwho.org/fr/2013/03/13/actes-du-forum/

[8]. Вернадский В. 1922. Очерки и речи. Издательство « НХТИ », Москва, вып.1, стр. 8. / Vernadsky V. 1922. Essais et discours. Édition « НХТИ », Moscou, fascicule 1, p.8.

 

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Extraits (1996 « Tchernobyl- conséquences sur l’environnement, la santé, et les droits de la personne – Tribunal Permanent des Peuples » Ed. Ecodif ).

« Tribunal permanent des Peuples » qui a donné sa sentence (en italien sur http://www.internazionaleleliobasso.it/?p=80 ) et dont le déroulement a été retranscrit dans un livre du même nom. http://www.dissident-media.org/infonucleaire/solange_fernex.html

disponible sur http://libre-infos.eklablog.com/-a46203294

« Au total depuis les débuts …c’est 32 millions de victimes que l’on peut attribuer à la radio-activité » (Dr Bertell p15)

« sorte de dégénérescence de la science et des technologies…car la science est devenue une profession asservie aux intérêts politiques et commerciaux…plus graves à l’avenir si nous ne changeons pas notre comportement. » (Pr Andreev p32)

« accusation des opérateurs (idem pour les accidents aériens) qui l’avaient signalé a leurs supérieurs… »

« ce dysfonctionnement existe dans toute grande installation industrielle, chaque fois que des considérations commerciales priment sur la sécurité. » (Pr Andreev p36)

« Nous devons former des spécialistes ayant une formation très pointue sans être étroite. Les scientifiques et techniciens n’ont pas conscience du fait que leur travail détruit l’environnement… plus le problème du langage avec le public. » (Dr Kromp p37)

« On laisse les gangsters ( AIEA ) faire la police » (Pr Hesketh p40)

«  Il s’agit d’un grave problème structurel de société. Une société qui déclare: « je veux un scientifique qui ne me dise que ce que je veux entendre », est une société dans laquelle quelque chose est fondamentalement biaisé. » (Pr Hesketh p43)

« nous voyons que beaucoup de gens, dans notre monde industrialisé, sont des esclaves du système. Mais nous ne devrions pas les excuser pour cela…Chacun doit prendre sa part de responsabilités. Personne ne doit être excusé s’il refuse de le faire. …Il est en conséquence très important de créer un climat de transparence, de souligner la responsabilité de chaque individu. Plus les gens sont conscients du problème, plus leur responsabilité est grande. » (Pr Weish p69-70)

« Que représente le droit fondamental à la vie, que signifie le droit à la vie lorsque des mères mettent au monde des bébé méduses …?»… « le langage de la souffrance récuse le problème de l’expertise » (Juge Koumar p76 )

« l’industrie nucléaire d’un pays doit être soumise à des obligations par rapport à la société. Les gens qui vivent à proximité d’une centrale sont les victimes de la radioactivité, il faut respecter leur droit. » (Pr Sharma p83)

« Le Pr Lazjouk gère un registre des malformations depuis 1982, il a noté une augmentation significative de quatre malformations majeures: spina bifida, anencephalie, amelie, polydactylie » (sage-femme de Sitomir p90)

«  …mort-nés, mort périnatales, avortement » …« Depuis les travaux de Muller en 1927, on connaît parfaitement les effets mutagènes des radiations sur les foetus animaux et humains » (Dr Gadekar p95)

« il a reçu le prix Nobel pour ses résultats. Il a trouvé que les isotopes radioactifs produisaient en un mois les mêmes mutations que des substances chimiques pendant plusieurs années » « étant donné que nous sommes exposés à la radioactivité naturelle que cela nous plaise ou non, nous subissons des mutations identiques à celles qui sont provoquées par des radiations artificielles. En augmentant la radioactivité dans l’environnement, nous augmentons simplement le taux des mutations » (Dr Bertell p99)

« Nos données montrent qu’en augmentant les doses à partir de très faibles doses, nous notons d’abord un accroissement puis une décroissance puis à nouveau une croissance »… « Cette courbe démontre ainsi que les effets des faibles doses sont plus importants que ceux de doses plus élevées. » « Lorsque nous étudions l’évolution du status antioxydant et du status immunologique sous l’effet de doses croissantes, nous trouvons deux courbes similaires. Nous trouvons une corrélation des aberrations chromosomiques avec la dose, et des modifications correspondantes du status antioxydant. Dans les deux cas , ce sont de très faibles doses qui ont induit les différences les plus grandes par rapport au groupe contrôle » (effet Petkau) (Pr Bourlakova p110)

« Tous les troubles de l’immunogénèse et du système hématopoïétique sont accélérés dans les conditions extrêmes: les radiations,la pollution des sols, de l’eau, de l’alimentation, etc. nous avons une augmentation de 18% de maladies lympho-prolifératives. » (Pr Kogarko p113)

« Nous constatons que les cellules qui posent problème ne sont pas celles qui ont été fortement irradiées, mais celles qui ont été touchées par les effets précoces des radiations et qui sont soumisent à un effet prolongé de faible doses » (Pr Pelevina p121)… « dépression du système immunitaire… déformation des globules rouges…perte de mémoire (asthénie)

« affection gastro intestinales, respiratoires, cardio-vasculaire, cancer, etc….troubles mentaux: asthénie, cérébrasthénie, diminution des capacités mentales et physiques, saute d’humeur, baisse de la concentration et trouble de la mémoire …27 à 30% d’adultes et d’enfants en bonne santé… » (Pr Kryshanovskaya p127)

« La seule manière de résoudre le problème des faibles doses de radiation est d’arrêter au plus vite chaque réacteur nucléaire dans le monde » (Pr Gould p139)

« Les pro-nucléaires refusent d’admettre qu’il s’agisse des conséquences des radiations, afin de ne pas avoir à indemniser les victimes » (Dr Furitsu p161)

« La communauté scientifique sait et nous savons que toute radioactivité est dangereuse, qu’elle produit des lésions très graves. Elle sévit depuis très longtemps et nous avons accumulé suffisamment de données sur ses atteintes aux êtres humains: Nous connaissons les atteintes biochimiques, cellulaires, et si nous n’entreprenons pas quelque chose maintenant; il sera trop tard. » (Dr Gadekar p166)

« Les expériences de Hiroshima, Nagasaki et Tchernobyl nous enseignent que les atteintes des radiations ne sont ni un problème local, ni un problème national. Il s’agit d’un problème global de vie ou de mort qu’il nous faut résoudre si nous voulons permettre la survie de la vie sur notre planète »… « nous réclamons en conséquence le fermeture de toutes les centrales atomiques et la reconversion des politiques énergétiques pour pouvoir nous passer du nucléaire »… « souhaitant poursuivre leur politique nucléaire, ils traitent les victimes de Tchernobyl comme des « cobayes ». Nous ne pourrons jamais tolérer cela. » ( Dr Sadamori p166-169)

« En fonctionnement normale d’une centrale atomique, tous les gaz radioactifs et tous les liquides radioactifs de la réaction atomique sont rejetés sauf les solides » (Dr Bertell p170)

« les physiciens s’arrangent avec les ingénieurs. Ils fixent des normes puis affirment rester en deçà des « normes ». Lorsque l’on parle aux médecins, ils admettent que les normes ne protègent personne »… « ramener ce qui est légale à ce qui est sans danger » (Dr Lakimets p171)

« Ces millions de dollars dépensés pour des études répétitives servent davantage aux carrières des chercheurs qu’à la santé des victimes »… « 28% des liquidateurs morts de diabètes sucrés, à Gomel 50% de cas de diabète sucré chez l’enfant » ( Dr Fernex p183)

« cela prouve que les centrales en fonctionnement normal sont tératogène, ceci est une raison majeure pour arrêter l’industrie atomique. De tels effets justifieraient le retrait immédiat d’un médicament ou d’un insecticide. Les mêmes règles ne devraient-elles pas s’appliquer à l’énergie nucléaire? »( Dr Fernex p192)

« les isotopes radioactifs absorbés comme l’iode, le strontium et autres n’existaient pas dans la nature avant l’ère nucléaire » (Pr Gould p196)

« Ils sont prisonniers d’un piège économique » ( Mme Ahern p199)

« La France et la Chine qui ont récemment procédé à des essais nucléaires (1996) contre l’opinion internationale , doivent comprendre que non seulement elles ont commis une grave erreur politique, dans la période qui a suivi la Guerre Froide où la dissuasion a pratiquement perdu toute crédibilité, mais surtout qu’elles ont encouragé certains pays à se doter d’une capacité d’armes nucléaire » (p223)

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C’était le 26 Avril 2008 à Genève

Le Pr Yablokov s’adresse aux vigies devant l’OMS (www.independentwho.org). Il est traduit par Wladimir Tchertkoff:

« Pr Alexei YABLOKOV écologue : – Au moment d’évaluer les conséquences de Tchernobyl, nous nous sommes heurtés à la falsification gouvernementale des données. Gouvernementale et internationale. L’Organisation mondiale de la santé ne nous dit pas la vérité, parce qu’elle est liée à l’AIEA par le scandaleux accord de 1959. – C’est une situation extraordinaire, qui nécessite des mesures extraordinaires pour y mettre fin. Je suis enthousiasmé par ce que vous faites. Votre vigie permanente est une action très inhabituelle, très forte… elle est tout à fait fantastique, il faut absolument la continuer. Nous devons obliger l’Organisation mondiale de la santé de dire la vérité, c’est-à-dire de rompre cet accord. – Il y a un deuxième sens à votre action, dont vous n’êtes peut-être même pas conscients. C’est l’importance de votre vigie pour les pays victimes, pour la Biélorussie, pour la Russie, pour l’Ukraine. Pour nous qui combattons pour la vérité dans ces pays, c’est très important, – cela nous donne une force énorme, une force nouvelle : le fait de savoir que vous êtes là, que chaque jour, ne serait-ce qu’une seule personne est présente ici. Cela nous dit que nous ne sommes pas seuls avec ce malheur. Que le monde nous entend, qu’il nous voit, qu’une nouvelle humanité se lève. » http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134995 (mort pour l’Europe)

« Le physique de Yablokov est impressionnant ; c’est un géant, ses sourcils sont aussi épais qu’une forêt. »

En 2014, un autre forum sur les conséquences génétiques sur le vivant avait eu lieu en même place à quelques encablures de l’OMS.http://independentwho.org/fr/2014/09/21/forum-effets-genetiques/

Le scientifique Timothy Mousseau y exposa ses travaux, il faisait remarquer les dommages sur l’ADN et sur le ralentissement de la croissance de tout organisme vivant, son propos portait sur les modifications sur les animaux et les arbres.

Extrait des Actes du forum sur les effets génétiques des rayonnements ionisants :

p88 « Les arbres montrent continuellement les effets étranges de leur développement. Ce sont des pins sylvestres, ils devraient être grands et droits, mais dans les zones très contaminées on voit toutes sortes de modèles de croissance vraiment inhabituelles causées soit par la toxicité directe soit par l’effet mutagène du rayonnement.

On voit également une différence dans la qualité[densité etc] et la couleur du bois. »[...]

et quand nous avons prélevé des échantillons de 300 arbres et examiné les modèles de croissance, voilà de nouveau les effets négatifs dramatiques sur la croissance suite au désastre de Tchernobyl, qui ont tendance à ressurgir dans les années de sécheresse.[...]

p89 « Dans la forêt rousse…Ces troncs d’arbres, qui étaient là depuis plus de 15 ans déjà, ne s’était pas du tout décomposés, ils étaient plutôt intacts »[...]

« nous avons constaté que le taux de décomposition, la vitesse à laquelle la matière avait été décomposée par les bactéries, était bien plus basse dans les zones à forte contamination. »

« le rayonnement avait une incidence sur l’activité microbienne. C’est très grave puisque cette décomposition naturelle permet le recyclage des nutriments dans l’écosystème [régénération de l'humus etc] et donc cela a potentiellement une conséquence sur tout l’écosystème et peut-être en partie responsable de la croissance plus lente des arbres que nous voyons aussi dans certaines zones. ».[...]

p92″…le résultat principal, contrairement aux rapports rapports gouvernementaux comme celui du forum Tchernobyl ou de l’UNSCEAR, c’est qu’il y a une énorme quantité d’informations démontrant les conséquences, les dommages à tous les niveaux de l’organisation biologique, de l’ADN aux individus, aux espèce, aux populations, à l’écosystème. [prouvés de longue date Cf Jean Rostand etc]. Maintenant il y a beaucoup de données qui démontrent ces effets, et il faut leur accorder plus d’attention, les prendre avec considération lorsqu’on commence à réfléchir aux effets des rayonnements. »

La radioactivité est toujours là et grandie, parmi ses conséquences il y a le fait que les risques d’incendie se multiplient dans les zones contaminées et il y a à nouveau une redistribution « automatique  » de pollution radioactive dans l’atmosphère :

« Depuis l’accident de 1986, les forêts alentour sont fortement contaminées au césium 137. Cet élément radioactif est particulièrement concentré dans la litière, c’est-à-dire les aiguilles et le feuilles agglomérées au sol, mais le bois en contient également. Lorsque la forêt brûle, cette radioactivité se retrouve en suspension dans l’air et peut alors voyager au gré du vent et des pluies. Si la chaleur de l’incendie est particulièrement forte, alors même la litière, d’ordinaire plus humide, peut s’embraser et libérer de la radioactivité.

L’IRSN s’est déjà intéressé à ce sujet parce que les incendies sont fréquents dans cette région de l’Ukraine. D’ordinaire, les plus gros épisodes surviennent entre août et septembre. Il sont d’ailleurs de plus en plus communs car les bois sont de moins en moins bien entretenus. En 2002, 2008 et 2010, nous avons assisté à des incendies spectaculaires dans la même zone, avec des surfaces considérables et de nombreux foyers. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons alors pu constater un niveau de radiation dans l’air français, trois fois supérieur à la normale avec 1,5 microbecquerel par mètre cube, contre 0,5 habituellement. »

« Pourtant, comme à son habitude, l’IRSN se veut rassurant, déclarant que malgré le risque de triplement de la radioactivité mesuré dans l’air : « on ne peut pas parler d’impact sur la santé publique »

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http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-a-Tchernobyl-la-radioactivite-remise-en

Incendies à Tchernobyl : la radioactivité remise en circulation

Le 28 avril 2015, quasi 29 ans après l’explosion du réacteur n°4 de Tchernobyl, un important feu de forêt s’est déclenché autour de la centrale. Cet incendie comportait un risque de redistribution d’une partie de la radioactivité contenue dans les sols sur de larges zones.

Un incendie gigantesque

Il ne s’agit pas du premier incendie en zone contaminée ; d’autres sont déjà survenus en 1992, 2002, 2008 et 2010. Mais celui-ci est le plus important depuis 1992. Selon le Ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, 400 hectares seraient concernés mais la situation serait sous contrôle. Mais selon Greenpeace Russie, le feu s’étalerait en réalité dans un rayon de 30 km autour de la centrale et les images satellites laisseraient supposer qu’il touche en réalité 10 000 hectares.

Quels risques ?

Le feu n’a pas atteint la centrale accidentée elle-même, qui contient encore 97 % des éléments radioactifs présents dans le combustible nucléaire. Mais ces incendies, en eux-mêmes, constituent déjà une menace.

En effet, une partie importante des radioéléments expulsés lors de l’explosion du réacteur sont toujours présents dans les sols et les végétaux (il faut 300 ans pour que la radioactivité du césium 137 et du strontium 90, les radio isotopes les plus répandus, soit divisée par mille)[on trouve aussi du Plutonium et de l’Américium 241, relâchés à l’époque de l’accident, ce qui est susceptible d’aggraver la situation.http://www.agoravox.fr/actualites/environnement/article/ca-chauffe-a-tchernobyl-166831

Or cet élément radioactif est fortement concentré dans les aiguilles et les feuilles agglomérées au sol, mais aussi dans le bois des arbres des forêts avoisinantes, et lorsqu’un incendie important s’y déclare, la radioactivité s’échappe, et, portée par les vents, les pluies, peut se déplacer assez loin, comme on l’avait constaté lors de la catastrophe de 1986, contaminant les plantes au moins jusqu’en Corse.]

. Ces incendies, en réduisant la végétation et l’humus en fumées ensuite emportées par les vents, remettent en circulation une partie des éléments radioactifs qu’elles contiennent.

Ainsi, selon les travaux d’une équipe de chercheur du Norwegian Institute for Air Research [1], les trois feux de forêt précédents ont déjà relâché de 2 % à 8 % du seul césium 137 présent dans les sols… soit 500 000 milliards de becquerels répandus sur une vaste zone s’étendant jusqu’à la Turquie et la Scandinavie !

Certes, la dose moyenne de radioactivité reçue à Kiev suite à ces trois incendies est très faible. Mais cette moyenne cache des disparités importantes. Il se peut que certaines personnes, suite à ces incendies, aient inhalé ou ingéré des micro-particules radioactives dont l’action à l’intérieur de l’organisme est suffisante pour provoquer à terme des cancers et autres pathologies.

Concernant l’incendie de fin avril 2015, il n’y a cependant pas lieu de craindre une contamination semblable à celle du panache radioactif qui s’est répandu sur l’Europe en 1986 : le risque concerne avant tout les régions les plus proches des zones contaminées. La CRIIRAD (Commission de Recherche et d’Information Indépendante sur la Radioactivité) a ainsi souligné dans un communiqué que l’Europe occidentale n’était pas concernée, les vents étant dirigés vers le Nord et l’Est. Elle indique également que les réseaux officiels de balises de mesure de la radioactivité situés en Ukraine, en Finlande, dans les Pays Baltes et en Russie ne montraient pas de valeurs moyennes plus élevées que d’habitude. Toutefois, elle déplore l’absence de mesures spécifiques dans les régions susceptibles d’être les plus impactées. Par ailleurs, aucune mesure n’est mise à disposition pour le Belarus, pays le plus contaminé par Tchernobyl et voisin immédiat de la centrale [2] .

Un risque croissant

Quel que soit leur impact, la fréquence de ces feux de forêts risque malheureusement de s’accroître. En effet, selon les chercheurs Tim Mousseau et Anders Møller, la décomposition de l’humus et du bois mort est ralentie en zone contaminée [3], laissant s’accumuler des quantités plus importantes de bois sec. Ce phénomène pourrait être imputé à la vulnérabilité des insectes et micro-organismes à la radioactivité.

Par ailleurs, le changement climatique laisse craindre une multiplication des épisodes de forte chaleur et de sécheresse propices aux incendies. Lors des incendies de 2010 – qui avaient par ailleurs menacé le site nucléaire de Mayak [4], la sécheresse était déjà en cause.

Ces phénomènes viennent rappeler que la catastrophe n’est toujours pas terminée et qu’elle continuera de sévir encore longtemps…

Notes

[1] http://www.newscientist.com/article/dn26933-rise-in-wildfires-may-resurrect-chernobyls-radiation.html#.VUCgIWbhVz1

[2] Lire le communiqué de la CRIIRAD

[3] http://www.livescience.com/44318-chernobyl-trees-barely-decomposed.html

[4] http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-et-contamination

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Voir sur UNSCAER et autres lobbies :http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

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http://blog.mondediplo.net/2011-04-29-Tchernobyl-en-Bielorussie

Tchernobyl en Biélorussie…

 

 

 

 

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Les forces manquantes

Un des buts était de faire un troisième forum avec les victimes (toutes catégories (professionnels du nucléaire) de la santé -accident-guerre etc (voir aussi des rayonnements non ionisants) à reprendre par d’autres groupes citoyens car stratégique pour compléter les autres forum citoyen et faire prendre conscience de faire stopper toute activité nucléaire rapidement sous menace de désastres encore plus grands que ceux existants.

 

Avis aux amateurs…

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L’absurde nucléaire

Posté par elianguesard le 30 décembre 2016

sisyphe

wiki 2016.12

Le Mythe de Sisyphe est un essai rédigé par Albert Camus, publié en 1942. Il fait partie du « cycle de l’absurde », avec Caligula (pièce de théâtre, 1938), L’Étranger (roman, 1942) et Le Malentendu (pièce de théâtre, 1944).

Dans cet essai, Camus introduit sa philosophie de l’absurde : la recherche de l’homme vaine de sens, d’unité et de clarté, dans un monde inintelligible, dépourvu de Dieu et dépourvu de vérités ou valeurs éternelles. Est-ce que la réalisation de l’absurde nécessite le suicide ? Camus répond : « Non, elle nécessite la révolte. »

Chapitre 1 : Un raisonnement absurde

Camus se charge de la tâche de répondre à ce qu’il considère comme le seul « problème philosophique vraiment sérieux » : est-ce que la réalisation de l’existence du non-sens et de l‘absurdité de la vie entraîne nécessairement le suicide?

Il commence par décrire la condition absurde : une grande partie de notre vie est construite sur l’espoir de demain mais demain nous rapproche de la mort, l’ennemi ultime ; les gens vivent comme s’ils ne connaissent pas la certitude de la mort. Une fois débarrassé de son romantisme commun, le monde est un lieu étranger, étrange et inhumain ; la vraie connaissance est impossible, et la rationalité et la science ne peuvent pas révéler les explications du monde, – de telles explications finissent finalement dans des abstractions et des métaphores dénuées de signification. « À partir du moment où l’absurdité est reconnue, elle devient une passion, la plus pénible de toutes. »

Ce n’est pas le monde qui est absurde, ni la pensée humaine : l’absurde surgit lorsque le besoin humain de comprendre rencontre le caractère déraisonnable du monde, lorsque à « mon appétit pour l’absolu et pour l’unité » répond « l’impossibilité de réduire ce monde à un principe rationnel et raisonnable. »

Il caractérise ainsi un certain nombre de philosophies qui décrivent et tentent de faire face à ce sentiment de l’absurde, à travers Heidegger, Jaspers, Chestov, Kierkegaard, et Husserl. Tout ceux-ci, dit-il, commettent un « suicide philosophique » par l’aboutissement à des conclusions qui contredisent la position absurde d’origine, soit en abandonnant la raison et en se tournant vers Dieu, – comme dans le cas de Kierkegaard et Chestov, soit en élevant la raison et, finalement, en arrivant à des formes platoniques ubiquitaires et à un dieu abstrait, – comme dans le cas de Husserl.

Pour Camus, pour ceux qui se mettent à prendre l’absurde au sérieux et à le suivre jusqu’à ses conclusions finales, ces « sauts » ne peuvent pas être convaincants. Prendre l’absurde au sérieux signifie reconnaître la contradiction entre le désir de la raison humaine et le monde déraisonnable. Le suicide, alors, doit également être rejeté : sans l’homme, l’absurde ne peut pas exister. La contradiction doit être vécue ; la raison et ses limites doivent être reconnues, sans faux espoir. Cependant, l’absurde ne pourra jamais être accepté : il exige une confrontation et une révolte constantes.

Ainsi, l’homme absurde gagne de la liberté dans un sens très concret : il n’est plus lié par l’espoir d’un avenir ou d’une éternité meilleures, – sans qu’il soit nécessaire de créer du sens, « il jouit d’une liberté à l’égard des règles communes ». Comprendre l’absurde implique de comprendre tout ce que le monde déraisonnable a à offrir. Lorsque la vie ne se voit plus attribuer de sens, il n’y a plus d’échelle de valeurs. « Ce qui compte n’est pas de vivre le mieux, mais de vivre le plus. » Camus arrive à trois conséquences de la reconnaissance complète de l’absurde : la révolte, la liberté et la passion.

 

Chapitre 2 : L’homme absurde

Camus va dans ce chapitre présenter des exemples de la vie absurde. Il commence avec Don Juan, le « séducteur en série » qui vit une vie passionnée au maximum.

L’exemple suivant est celui de l’acteur, qui poursuit la gloire éphémère d’une vie éphémère. « Il démontre à quel point le paraître crée l’être. »

Le troisième exemple de Camus de l’homme absurde est celui du vainqueur, du guerrier, qui renonce à toutes promesses d’éternité et s’engage pleinement dans l’histoire humaine. Il choisit une action sur la contemplation, conscient du fait que rien ne peut durer et qu’aucune victoire n’est définitive.

 

Chapitre 3 : La création absurde

Dans ce chapitre, Camus explore le créateur ou l’artiste absurdes. Puisqu’une explication est impossible, l’art absurde est limité à une description d’expériences innombrables dans le monde. « Si le monde était clair, l’art ne serait pas. » La création de l’absurde doit, bien sûr, s’abstenir de juger et de faire allusion à la moindre ombre d’espoir. Il analyse ensuite le travail de Dostoïevski à cette lumière, en particulier Journal d’un écrivain, Les Possédés et Les Frères Karamazov. Tous ces travaux ont pour base l’absurde et les deux premiers ouvrages explorent le thème du suicide philosophique. Cependant, le Journal et son dernier roman, Les Frères Karamazov, ont finalement trouvé un chemin vers l’espoir et la foi et ont donc échoué en tant que créations absurdes.

 

Chapitre 4: Le mythe de Sisyphe

Dans ce dernier chapitre, Camus décrit la légende de Sisyphe. (voir § Mythe)

Camus est intéressé par les pensées de Sisyphe lorsque celui-ci marche en bas de la montagne, pour recommencer de zéro son épuisante ascension. Après que la pierre est tombée en bas de la montagne, Camus affirme : « C’est pendant ce retour, cette pause, que Sisyphe m’intéresse. Un visage qui peine si près des pierres est déjà pierre lui-même ! Je vois cet homme redescendre d’un pas lourd mais égal vers le tourment dont il ne connaîtra pas la fin ». Le moment est vraiment tragique, quand le héros prend conscience de sa condition misérable. Il n’a pas d’espoir mais « il n’est pas de destin qui ne se surmonte par le mépris. » Reconnaissant la vérité, Sisyphe, tout comme l’homme absurde, ne cesse de pousser. Camus affirme que lorsque Sisyphe reconnaît la futilité de sa tâche et la certitude de son sort, il est libre de réaliser l’absurdité de sa situation et de parvenir à un état d’acceptation. Avec un clin d’œil au héros grec Œdipe, Camus conclut que « tout est bien », en effet, et qu’ « il faut imaginer Sisyphe heureux. »

Appendice

L’essai comporte un appendice intitulé «L’espoir et l’Absurde dans l’œuvre de Franz Kafka ». Alors que Camus reconnaît que l’œuvre de Kafka représente une description exquise de la condition absurde, il soutient que Kafka échoue en tant qu’écrivain de l’Absurde parce que son travail présente une lueur d’espoir.

Mythe

Inspiré par la mythologie grecque, Camus fait le rapprochement entre la vie comme éternel recommencement obéissant à l’absurde et Sisyphe, héros de la mythologie grecque. Pourquoi une telle punition ? Camus cite plusieurs versions du mythe, la plupart expliquant la punition de Sisyphe par une insulte faite aux dieux. Une version particulière prête à Sisyphe, mourant, la volonté d’éprouver l’amour de sa femme en lui demandant de ne pas lui donner de sépulture et de jeter son corps sur la place publique, après sa mort. Selon une autre version, Sisyphe découvre la liaison entre le maître de l’Olympe, Zeus, et Égine ; il s’en va monnayer l’information auprès du père, le fleuve Asopos. En échange de sa révélation il reçoit une fontaine pour sa citadelle. Sa trop grande perspicacité irrite les dieux qui le condamnent à pousser un rocher au sommet d’une montagne, – qui, inéluctablement, roule vers la vallée avant que le but du héros ne soit atteint.

 

Contrairement au Sisyphe que l’on présente habituellement dans la mythologie, Camus considère qu’« il faut imaginer Sisyphe heureux », une formule de Kuki Shuzo. Sisyphe trouve son bonheur dans l’accomplissement de la tâche qu’il entreprend et non dans la signification de cette tâche.

 

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile, ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »

 

Il fonde son raisonnement sur de nombreux traités philosophiques et l’œuvre de romanciers comme Dostoïevski et Kafka et soutient que le bonheur revient à vivre sa vie tout en étant conscient de son absurdité, car la conscience nous permet de maîtriser davantage notre existence.

 

Révolte

Camus catégorise des archétypes de l’homme face à l’absurdité :

Le héros absurde fait face à l’absurdité de la vie. Il va même jusqu’à l’apprécier, recherchant toujours la même flamme, la même passion qui l’anime, comme le fait Don Juan en recherchant toujours de femme en femme l’effet de cette première passion.

Le suicidaire ne voit plus aucun sens à sa vie et fait le « grand saut », au même titre dans un certain sens que le croyant, échappant ainsi à l’absurdité de sa condition. Le croyant se livre quant à lui à une cause et ne se préoccupe pas de l’essence existentialiste qui ronge tant les humains qui y ont fait face, ceux-ci ayant perdu la lumière et se retrouvant seuls face à leurs pensées.

Camus entend ainsi montrer que la révolte est le seul moyen de vivre sa vie dans un monde absurde. Cette révolte est plus importante dans le fait de se révolter que dans les causes défendues en elles-mêmes. Camus propose donc une théorie de l’engagement passionné et conscient qui est compatible avec le climat politique de son temps. Il poursuivra cette réflexion avec son essai L’Homme révolté.

 

Citations

« Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. »[1]

« C’est qu’en vérité le chemin importe peu, la volonté d’arriver suffit à tout. »[2]

« La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. »[3]

Définition philosophique[modifier | modifier le code]Le fait de « vivre le supplice de Sisyphe » signifie que l’on vit une situation absurde répétitive dont on ne voit jamais la fin ou l’aboutissement.

 

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http://www.vialupo.com/verbatim/oeuvres/sisyphe.html

Premier essai philosophique (1942) d’Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe établi pourquoi la vie vaut d’être vécue. Parce que l’homme peut dépasser l’absurdité de son destin par sa lucidité, sa révolte tenace contre sa condition.

Il y a une grandeur à vivre et faire vivre l’absurdité.

Absurde

« L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde. »

Absurde

« L’absurde est essentiellement un divorce. Il n’est ni dans l’un ni dans l’autre des éléments comparés, il naît de leur confrontation. »

Absurde

« L’absurde, c’est la raison lucide qui constate ses limites. »

Action

« Il vient toujours un temps où il faut choisir entre la contemplation et l’action. Cela s’appelle devenir un homme. Ces déchirements sont affreux. Mais pour un coeur fier, il ne peut y avoir de milieu. Il y a Dieu ou le temps, cette croix ou cette épée. Ce monde a un sens plus haut qui surpasse ses agitations ou rien n’est vrai que ces agitations. Il faut vivre avec le temps et mourir avec lui ou s’y soustraire pour une plus grande vie. Je sais qu’on peut transiger et qu’on peut vivre dans le siècle et croire à l’éternel. Cela s’appelle accepter. Mais je répugne à ce terme et je veux tout ou rien. »

 

Comprendre

« comprendre c’est avant tout unifier. »

 

Conscience

« Tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle. »

Doctrine

« Je comprends alors pourquoi les doctrines qui m’expliquent tout m’affaiblissent en même temps. Elles me déchargent du poids de ma propre vie et il faut bien pourtant que je le porte seul. »

Finalité de l’homme

« Oui l’homme est sa propre fin. Et il est sa seule fin. S’il veut être quelque chose, c’est dans cette vie. »

 

Moralité

« Elle enseigne qu’un homme se définit aussi bien par ses comédies que par ses élans sincères »

Histoire

« Conscient que je ne puis me séparer de mon temps, j’ai décidé de faire corps avec lui. C’est pourquoi je ne fais tant de cas de l’individu que parce qu’il m’apparaît dérisoire et humilié. Sachant qu’il n’est pas de causes victorieuses, j’ai du goût pour les causes perdues: elles demandent une âme entière, égale à sa défaite comme à ses victoires passagères. Pour qui se sent solidaire du destin de ce monde, le choc des civilisations a quelque chose d’angoissant. J’ai fait mienne cette angoisse en même temps aue j’ai voulu y jouer ma partie. Entre l’histoire et l’éternel, j’ai choisi l’histoire parce que j’aime les certitudes. D’elle du moins je suis certain, et comment nier cette force qui m’écrase? » (voir Histoire)

Méthodes

« Car les méthodes impliquent des métaphysiques, elles trahissent à leur insu les conclusions qu’elles prétendent parfois ne pas connaître. Ainsi les dernières pages d’un livre sont déjà les premières »

Révolte

« L’une des seules positions philosophiques cohérentes, c’est la révolte. Elle est un confrontement (sic) perpepétuel de l’homme et de sa propre obscurité. »

Sens

« Je ne sais pas si ce monde a un sens qui le dépasse. Mais je sais que je ne connais pas ce sens. »

Vivre

« Sentir sa vie, sa révolte, sa liberté, et le plus possible, c’est vivre et le plus possible. »

Vouloir

« Vouloir c’est susciter les paradoxes. »

 

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http://lirephilosopher.canalblog.com/archives/2013/05/29/27281512.html

 

Albert CAMUS

La révolte fait partie de l’homme, révolte contre son statut, par rapport au regard de l’autre, de sa place dans la société. Révolte par rapport à sa finitude, à l’existence de Dieu. L’homme se révolte contre lui-même, contre les autres, contre l’invisible, l’irréel, contre une société dans laquelle il a du mal à vivre.

Camus se sert d’exemples, dans la littérature, dans les grands moments de révolte de l’humanité. Derrière ces révoltes une grande voie philosophique : le nihilisme et ce qui en découle. La révolution, différente de la révolte, la révolution française, russe, la révolte jusqu’à la mort, le Roi Dieu disparaît, les mondes changent, une soif d’égalité qui passe par la négation d’un monde de croyance. Dieu est mort, les poètes révoltés et nihilistes le ressentent, apparition du surréalisme, vison artistique, irréelle, fuite également d’un monde insupportable.

L’homme révolté est à la fois un bien, une nécessité. L’imperfection humaine, notre finitude créent des tensions dans le vivre ensemble qui elles-mêmes génèrent des révoltes, parfois des révolutions. Lorsque la révolte s’exprime par le meurtre, le suicide, nous abordons les terres de l’absurde, du nihilisme absolu.

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Camus à propos de L’Étranger

J’ai résumé L’Etranger, il y a très longtemps, par une phrase dont je reconnais qu’elle est très paradoxale: « Dans notre société, tout homme qui ne pleure pas à l’enterrement de sa mère risque d’être condamné à mort. » Je voulais dire seulement que le héros du livre est condamné parce qu’il ne joue pas le jeu. En ce sens, il est étranger à la société où il vit, il erre, en marge, dans les faubourgs de la vie privée, solitaire, sensuelle. Et c’est pourquoi des lecteurs ont été tentés de le considérer comme une épave. On aura cependant une idée plus exacte du personnage, plus conforme en tout cas aux intentions de son auteur, si l’on se demande en quoi Meursault ne joue pas le jeu. La réponse est simple : il refuse de mentir. Mentir, ce n’est pas seulement dire ce qui n’est pas. C’est aussi, c’est surtout dire plus que ce qui est et, en ce qui concerne le cœur humain, dire plus qu’on ne sent. C’est ce que nous faisons tous, tous les jours, pour simplifier la vie. Meursault, contrairement aux apparences, ne veut pas simplifier la vie. Il dit ce qu’il est, il refuse de masquer ses sentiments et aussitôt la société se sent menacée. On lui demande par exemple de dire qu’il regrette son crime, selon la formule consacrée. Il répond qu’il éprouve à cet égard plus d’ennui que de regret véritable. Et cette nuance le condamne. Meursault pour moi n’est donc pas une épave, mais un homme pauvre et nu, amoureux du soleil qui ne laisse pas d’ombres. Loin qu’il soit privé de toute sensibilité, une passion profonde, parce que tenace, l’anime, la passion de l’absolu et de la vérité. Il s’agit d’une vérité encore négative, la vérité d’être et de sentir, mais sans laquelle nulle conquête sur soi ne sera jamais possible. On ne se tromperait donc pas beaucoup en lisant dans L’Étranger l’histoire d’un homme qui, sans aucune attitude héroïque, accepte de mourir pour la vérité. Il m’est arrivé de dire aussi, et toujours paradoxalement, que j’avais essayé de figurer dans mon personnage le seul christ que nous méritions. On comprendra après mes explications, que je l’aie dit sans aucune intention de blasphème et seulement avec l’affection un peu ironique qu’un artiste a le droit d’éprouver à l’égard des personnages de sa création. » Préface à l’édition américaine, 1955, cité par Roger Grenier, Soleil et ombre, une biographie intellectuelle, Gallimard, 1987, Folio, 1991, p. 106-107.

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/L’Homme_r%C3%A9volt%C3%A9

L’Homme révolté est un essai rédigé par Albert Camus, publié en 1951. Il fait suite au Mythe de Sisyphe publié en 1942 où il traitait principalement, à travers le thème du suicide, du caractère absurde de l’existence.

 

Présentation

L’Homme révolté se divise en cinq grandes parties, qui traitent de l’esprit, du développement et de l’expression de la révolte :

l’homme révolté ;

la révolte métaphysique ;

la révolte historique ;

révolte et art ;

la pensée de midi.

Camus y étudie successivement les conceptions de Lucrèce, Épicure, Sade, les Dandys, Vigny, Dostoievski, Nietzsche, Stirner, Marx, les surréalistes, Rousseau, Saint-Just, Hegel, de Maistre. La dialectique du maître et de l’esclave est réexploitée par Camus. De même que la révolution marxiste, l’athéisme ou l’antithéisme de certains philosophes et surtout, la substance ascétique de la révolte.

Résumé

« Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non. Mais s’il refuse, il ne renonce pas : c’est aussi un homme qui dit oui, dès son premier mouvement. »D’apparence, il existe une limite à la révolte. Cependant, la révolte est un droit. La révolte naît de la perte de patience. Elle est un mouvement et se situe donc dans l’agir. Elle se définit par le « Tout ou Rien », le « Tous ou Personne ». En premier, elle soumet l’idée d’égalité : position d’égal à égal entre le maître et l’esclave. Mais le révolté finit par imposer cette égalité qui se traduit souvent par une inversion des rôles (dialectique hégélienne). Suivant le raisonnement de Scheler, l’homme révolté n’est pas l’homme du ressentiment, c’est-à-dire qu’il ne baigne ni dans la haine ni dans le mépris. La révolte enfante des valeurs. De fait, « pour être, l’homme doit se révolter ». La révolte extirpe l’homme de la solitude puisqu’elle est collective, c’est l’« aventure de tous ». Néanmoins, faire l’expérience de la révolte, c’est faire l’expérience de l’ascèse. Les mythes de Prométhée, d’Achille (avec Patrocle), d’Œdipe et d’Antigone, sont des archétypes de révoltes antiques au même titre que la révolte de Spartacus. La révolte est souvent légitime, elle est l’expression la plus pure de la liberté et semble revêtir le visage de l’espoir. De surcroît, la révolte impose une tension, elle refuse donc formellement le confort de la tyrannie ou de la servitude. Le révolutionnaire a la volonté de « transformer le monde » (Marx) alors que le révolté veut « changer la vie » (Rimbaud).

Critiques

Le Mythe de Sisyphe et L’Homme révolté ont été qualifiées comme des œuvres de moraliste plutôt que de philosophe, ce qui a beaucoup été reproché à Camus, en particulier par des existentialistes.

Citations

« Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le cogito dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lien commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. Je me révolte, donc nous sommes. »

« L’histoire prodigieuse qui est évoquée ici est l’histoire de l’orgueil européen. […] L’homme est la seule créature qui refuse d’être ce qu’elle est. La question est de savoir si ce refus ne peut l’amener qu’à la destruction des autres et de lui-même. Si toute révolte doit s’achever en justification du meurtre universel, ou si, au contraire, sans prétention à une impossible innocence, elle peut découvrir le principe d’une culpabilité raisonnable » (introduction)

« La vraie générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent. » (Au-delà du Nihilisme)

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http://www.etudes-camusiennes.fr/wordpress/1951/09/19/l%E2%80%99homme-revolte-1951/

L’homme révolté (1951)

De L’Homme révolté, cette « histoire de l’orgueil européen », on ne retient malheureusement trop souvent que l’écume : la réception très réservée du monde intellectuel français et la polémique entretenue dans la revue Les Temps modernes qui entraîna la brouille définitive avec Sartre, l’un des familiers de Camus au lendemain de la guerre. C’est le volet à connotation – plus qu’à vocation – philosophique du second cycle de Camus, centré sur la révolte, symbolisée parfois par Prométhée, et dont la figure romanesque était parue en juin 1947 La Peste (et son prolongement L’État de siège) et la forme théâtrale Les Justes créée en décembre 1949.

 

A la question du suicide et de la notion d’absurde de la vie (Le Mythe de Sisyphe), succède donc un essai – beaucoup plus développé que celui sur l’absurde – sur les questions du « meurtre et de la révolte ». Car, comme l’indique Camus lui-même : « La première et la seule évidence qui me soit donnée, à l’intérieur de l’expérience absurde, est la révolte. » A cette première évidence Camus attribue le même rôle que le « cogito » cartésien dans l’ordre de la pensée. Mais, fondamentalement, la révolte, même individuelle ou individualisée, est la justification de l’appartenance à un collectif. « Je me révolte, donc nous sommes ». Elle « tire l’individu de sa solitude » et « est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur. » Elle est ainsi ancrée dans la mémoire des peuples et des individus, peut susciter une solidarité humaine (ou des déviances totalitaires).

Ce point de départ à partir du « Je » donne sans doute l’explication du fait que, dans sa lecture personnelle de l’histoire, Camus se livre à des portraits d’individus révoltés : Sade, Lautréamont, Bakounine ou les anarchistes russes, Dostoïevski (déjà présent dans Le Mythe de Sisyphe), plus qu’à l’analyse de systèmes philosophiques et politiques dont il dénonce, ici comme ailleurs, les tentations et les réalisations totalitaires. Cette position originale ne pouvait que susciter méfiance et opposition, en pleine guerre froide, de tous les idéologues ou de certains spécialistes des auteurs ou périodes étudiées. Si la Révolution, le Grand Soir ou la victoire du prolétariat constituent des modalités de la Révolte, ils ne peuvent en constituer le modèle ou la panacée universelle : à l’époque moderne au moins, toutes les révolutions ont abouti à des meurtres et à un renforcement de l’État.

Comment se révolter sans commettre ou justifier des meurtres ? La question court, de façon plus ou moins explicite, tout au long du livre au travers de la réflexion autour de la révolte métaphysique (celle de la négation absolue et du refus du salut comme celle d’une affirmation absolue) et de la lecture de l’histoire – principalement européenne – qui prend pour point de départ la Révolution française et les régicides. L’histoire ne semble pas avoir apporté de réponse positive à cette question, car cette « pathologie de la révolte » (Roger Quilliot) ne fait que souligner la prégnance du nihilisme – un des mots le plus souvent employés par Camus et qu’il faut lire dans un sens nietzschéen –. « Si notre temps admet aisément que le meurtre ait ses justifications, c’est à cause de cette indifférence à la vie qui est la marque du nihilisme. » Aller au-delà du nihilisme, c’est aussi reconnaître que certaines tentatives pour le dépasser n’en sont en fait que de nouvelles manifestations.

Révolte n’est donc pas un maître mot ou la justification de tout acte gratuit. Le révolté récuse « l’absolu de l’histoire », la promesse de temps automatiquement meilleurs. « Si la révolte pouvait fonder une philosophie, ce serait une philosophie des limites, de l’ignorance calculée et du risque. » La création artistique dans sa transgression du réel, et plus particulièrement le roman, peut alors être présentée par Camus comme un modèle de révolte. « Par le traitement que l’artiste impose à la réalité, il affirme sa forme de refus. Mais ce qu’il garde de la réalité dans l’univers qu’il créée révèle le consentement qu’il apporte à une part au moins du réel qu’il tire des ombres du devenir pour le porter à la lumière de la création. »

Mais que l’on ne s’y trompe pas, la création artistique n’est pas pour Camus, comme certains ont voulu le voir, un refuge ou une fuite en avant mais une des manifestations les plus explicites de cette « Pensée de Midi » qu’il appelle de ses vœux, en en traçant les lignes de vie sans la figer dans une conceptualisation systématique : appel à la vie, à une vie solidaire sur une terre bien ancrée dans l’humanité. «Au midi de la pensée, le révolté refuse ainsi la divinité pour partager les luttes et le destin communs. Nous choisirons Ithaque, la terre fidèle, la pensée audacieuse et frugale, l’action lucide, la générosité de l’homme qui sait. Dans la lumière, le monde reste notre premier et notre dernier amour. » Ainsi L’Homme révolté est-il un livre d’une particulière audace. Trop grande ? Livre u-topique, d’un autre lieu que la scène politique ou politicienne ? An-archiste ? A chacun de se faire son opinion.

Malgré la réception mitigée voire polémique de l’ouvrage, Camus n’a jamais renié cet ouvrage, bien au contraire :

« C’est un livre qui a fait beaucoup de bruit mais qui m’a valu plus d’ennemis que d’amis (du moins les premiers ont crié plus fort que les derniers). (…) Parmi mes livres, c’est celui auquel je tiens le plus. » Il est vrai qu’il l’avait beaucoup travaillé et qu’il contient en quelque sorte une « confidence » : « J’ai voulu seulement retracer une expérience, la mienne, dont je sais aussi qu’elle est celle de beaucoup d’autres. »

Guy BASSET

 

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http://la-philosophie.com/lhomme-revolte-de-camus

L’Homme Révolté d’Albert Camus est un ouvrage important de la philosophie contemporaine, que l’on peut qualifier d’existentialiste dans la mesure où il présente une philosophie de l’existence, non systématique et fondée sur la liberté humaine. Cet essai, publié en 1951, apparaît comme une réponse que Camus se fait à lui-même par rapport au Mythe de Sisyphe, centré sur le thème de l’absurde : à l’absurde, l’homme doit opposer la révolte pour crée du sens et poser son existence d’homme, refuser sa condition.

L’homme révolté est donc un long essai dans lequel Camus tente de retracer l’idée de révolte, qu’il associe à la culture européenne.

Qu’est-ce que la Révolte ?

La révolte n’a pas d’emblée de sens politique chez Camus, il s’agit d’une révolte métaphysique, d’un non fait à la condition humaine quand elle est affectée, dégradée. Contrairement à la révolution, le rebelle n’a pas de plan, il agit tout simplement.

La révolte est toujours motivée par le sentiment d’une injustice, faite non seulement à soi-même, mais à l’homme tout entier : je me révolte quand j’estime que l’homme en tant que tel, dont je suis un exemple, est attaqué. La révolte suppose, chez Camus, et c’est un point de fracture avec l’ontologie de Sartre, que l’homme a une nature humaine. Sans nature humaine, pas de révolte car pas de cause universelle à défendre. Le révolte est la tentative de poser une frontière, dont le symbole est le « non ». Le révolté est un être « jusqauboutiste », il est dans le mode « tout ou rien », car il préférerait mourir debout que de vivre couché. [à genou]

La rébellion, comme dans le Mythe de Sisyphe, a aussi une visée morale, celle du rétablissement de l’ordre moral du monde. Son « non » désigne cette tentative pour créer de la valeur dans le monde. Sans révolte, l’homme n’est qu’une conscience de sa liberté, mais une liberté formelle : c’est la révolte qui fait que je suis libre réellement. La révolte fait advenir le monde commun, la subjectivité universelle, la défense d’une condition humaine digne : « Je me révolte donc nous sommes »

Extraits de l’Homme Révolté

Dans l’épreuve quotidienne qui est la nôtre, la révolte joue le même rôle que le “cogito” dans l’ordre de la pensée : elle est la première évidence. Mais cette évidence tire l’individu de sa solitude. Elle est un lieu commun qui fonde sur tous les hommes la première valeur : Je me révolte donc nous sommes

La révolte métaphysique est le mouvement par lequel un homme se dresse contre sa condition et la création toute entière

Comments1

eddy says: 01/06/2016 at 14:43 Vous travestissez l’esprit de Camus. Il ne dit jamais ” Je me révolte donc nous sommes”. Il dit que c’est l’évolution de la révolte métaphysique à travers les siècles qui aboutit à cette conclusion. Il fustige les partisans du tout ou du rien qui n’amènent qu’un nouvel ordre suivi d’un chaos inéluctable: la révolte matérialisée s’ancre dans l’histoire des hommes et devient révolutionnaire. Camus ne va pas jusque là. Il écrit que la révolte est ce qui maintient l’homme en vie. Vivre, c’est se révolter. La révolte est inspirée par la vie. La vie se suffit à elle même.

 

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http://www.obsarm.org/IMG/pdf/Epilogue.pdf

Contamination du monde scientifique

Les a priori et concepts falsifiés des « scientifiques de la bombe » ont hélas fortement influencé les milieux du nucléaire civil et de nombreux secteurs scientifiques, industriels et politiques. S’il fallait une image de circonstance, on pourrait dire qu’ils ont « contaminé » le monde de la science où leurs mensonges ont été élevés au rang de vérité « prouvée scientifiquement». Le 23 juin 1966, le célèbre généticien français Jean Rostand clamait cet avertissement quelques jours avant les premières bombes de Moruroa : « Qu’on ne prétende pas que les doses de radioactivité ainsi libérées sont trop faibles pour atteindre le seuil de la malfaisance. Tout au moins en ce qui concerne les altérations génétiques, il n’y a pas de seuil de nocivité. Toute augmentation, si légère soit-elle, de la radioactivité élève le taux de mutation dans les cellules germinales et par suite contribue à dégrader les virtualités héréditaires des sujets exposés à du supplément de radioactivité. »( Jean Rostand, Discours prononcé à la Mutualité, le 23 juin 1966 lors d’un meeting de protestation contre les essais de Moruroa organisé par le Mouvement contre l’armement atomique (MCAA/MDPL).

fichier pdf Epilogue  fichier odt discourJeanRostand  fichier pdf Muller_Jean_Rostand_arme_nucleaire  fichier txt Jean Rostand

L’absurde nucléaire

de Hiroshima-Fukushima à Bure

 

http://www.humanite.fr/albert-camus-sur-hiroshima-leditorial-de-combat-du-8-aout-1945-580990

Albert Camus sur Hiroshima. L’éditorial de Combat du 8 août 1945

« Le monde est ce qu’il est, c’est-à-dire peu de chose. C’est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d’information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique.

On nous apprend, en effet, au milieu d’une foule de commentaires enthousiastes que n’importe quelle ville d’importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d’un ballon de football.

Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l’avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences

politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

En attendant, il est permis de penser qu’il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d’abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l’homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence,

incapable d’aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d’idéalisme impénitent, ne songera à s’en étonner.

Les découvertes doivent être enregistrées, commentées selon ce qu’elles sont, annoncées au monde pour que l’homme ait une juste idée de son destin. Mais entourer ces terribles révélations d’une littérature pittoresque ou humoristique, c’est ce qui n’est pas supportable.

Déjà, on ne respirait pas facilement dans un monde torturé. Voici qu’une angoisse nouvelle nous est proposée, qui a toutes les chances d’être définitive. On offre sans doute à l’humanité sa dernière chance. Et ce peut-être après tout le prétexte d’une édition spéciale. Mais ce devrait

être plus sûrement le sujet de quelques réflexions et de beaucoup de silence.

Au reste, il est d’autres raisons d’accueillir avec réserve le roman d’anticipation que les journaux nous proposent. Quand on voit le rédacteur diplomatique de l’Agence Reuter* annoncer que cette invention rend caducs les traités ou périmées les décisions mêmes de Potsdam*, remarquer qu’il est indifférent que les Russes soient à Koenigsberg ou la Turquie aux Dardanelles, on ne peut se défendre de supposer à ce beau concert des intentions assez étrangères au désintéressement scientifique.

Qu’on nous entende bien. Si les Japonais capitulent après la destruction d’Hiroshima et par l’effet de l’intimidation, nous nous en réjouirons. Mais nous nous refusons à tirer d’une aussi grave nouvelle autre chose que la décision de plaider plus énergiquement encore en faveur d’une

véritable société internationale, où les grandes puissances n’auront pas de droits supérieurs aux petites et aux moyennes nations, où la guerre, fléau devenu définitif par le seul effet de l’intelligence humaine, ne dépendra plus des appétits ou des doctrines de tel ou tel État.

Devant les perspectives terrifiantes qui s’ouvrent à l’humanité, nous apercevons encore mieux que la paix est le seul combat qui vaille d’être mené. Ce n’est plus une prière, mais un ordre qui doit monter des peuples vers les gouvernements, l’ordre de choisir définitivement entre l’enfer et la raison. »

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«L’espoir, au contraire de ce que l’on croit, équivaut à la résignation , et vivre, c’est ne pas se résigner» (Albert Camus «Noces» 1939)(vu dans «je lutte donc je suis»Y Youlountas)

(http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2016/05/ceux-qui-doivent-vivre-et-ceux-qui-doivent-mourir.pdf)

 

Actualités 2016  : Reçu de la coordination www.independentwho.org

 

 

- De Mayak à Tchernobyl

- http://mouvements.info/de-maiak-a-tchernobyl/

 

- Fukushima :

- http://nosvoisins311.wixsite.com/voisins311-france/single-post/2016/10/07/Namie-une-ville-triste

- http://nosvoisins311.wixsite.com/voisins311-france/single-post/2016/12/12/Retournez-habitez-vivez-reconstruisez-c%E2%80%99est-quoi-cette-histoire-

- https://www.facebook.com/FukushimaDiaryFR?filter=1

- http://www.fukushima-blog.com/2016/12/autour-du-mont-shinobu-dans-la-ville-de-fukushima.html

 

 

Table ronde – Fukushima: normaliser les zones contaminées? Paris 8 décembre 2016

http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2016/12/table-ronde-fukushima-normaliser-les.html

 

- Conférence : « La « radio-protection » au service de l’énergie atomique : ou comment s’est imposée la culture d’une »radio-exposition » tolérable. »

https://youtu.be/B7grb8z3a3A

 

Conférence de Yves Lenoir* à Sciences-Po Aix-en-Provence, le 18 octobre 2016

 

Depuis la découverte des rayons X en 1895, la défense de l’utilisation des rayonnements, puis de l’énergie atomique, va de pair avec la négation de leurs effets sanitaires réels.

Dès lors, des questions se posent : comment ce processus a-t-il vu le jour ? Quelle est la responsabilité des instances internationales chargées de « radio-protection » dans ce déni ? Quel a été leur rôle dans les crises radiologiques majeures (Tchernobyl, Fukushima) ? Quelles sont les alliances entre ces organisations et l’industrie atomique ?

 

*Yves Lenoir est ingénieur de formation. Il est président de l’association Enfants de Tchernobyl-Belarus

http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

et auteur de l’ouvrage récemment paru « La Comédie Atomique, l’histoire occultée des dangers des radiations », La Découverte, 2016

 

Collectif Antinucléaire 13 https://collectifantinucleaire13.wordpress.com/

 

- http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/

- https://reporterre.net/Tous-exposes-a-de-plus-fortes-radiations-C-est-ce-que-prepare-un-decret-tres

- https://www.letemps.ch/opinions/2016/10/10/une-situation-pire-guerre-froide

 

- « A l’heure où le gouvernement se prépare à un probable accident nucléaire en France en tentant d’imposer par décret des doses de radioactivité très élevées (http://www.criirad.org/euratom/euratom2013-59-niveaux-exposition.html

afin d’éviter au maximum les évacuations, relogements et indemnisations de victimes) il revient aux citoyens de s’informer et de prendre en main leur destin. Après l’accident c’est la doctrine ETHOS http://echoechanges-echoechanges.blogspot.fr/2012/11/les-organisateurs-du-deni-de-tchernobyl.html

(chacun est chargé individuellement de gérer au mieux la contamination) ; avant l’accident, ce peut être un sursaut citoyen de réappropriation collective de la politique énergétique et de la santé publique… »

 

- http://www.pierredubochet.ch/radioprotection-mondiale,-copinage-et-serment-de-secret.html

 

 

- Au nom de l’humanité, l’audace mondiale – Riccardo Petrella

https://www.youtube.com/watch?v=crhqL-zgCac

Petrella :

- 3 audaces ; rendre illégales la guerre, l’appauvrissement, la finance dans les constitutions.

- La question du sens…
Voir aussi sur
http://www.investigaction.net/riccardo-petrella-bannir-la-guerre-la-premiere-audace/

à la dernière question  :
- Dans le contexte actuel marqué par la confusion idéologique, quelle serait la principale leçon à tirer ?

Reprendre par tous les moyens possibles les chemins de la pacification en imposant à toutes les parties concernées (Arabie Saoudite et Israël compris) l’arrêt du financement et du commerce des armes. Un chemin  extrêmement difficile à mettre en route et puis à maintenir, mais je considère que c’est la seule voie efficace à emprunter si on ne veut pas maintenir l’ensemble de la région « Méditerranée, Moyen Orient, Asie mineure, Afrique du Nord et Corne d’Afrique » dans un état permanent de guerre et de massacres au cours des 30 à 50 ans à venir. La raison est la paix. La déraison est de continuer la guerre en s’illusionnant que la paix viendra de l’extermination de l’ennemi. Les Etats-Unis, qui poussent toujours à la guerre totale, n’ont rien résolu depuis toutes ces années. Pourquoi suivre leur chemin?

[Je rajoute: les US et autres occidentaux se sont établis par la guerre et l'extermination des autochtones amérindiens et de leurs cultures, l'accaparement, le colonialisme etc. Donc la violence , les armes à feu, la militarisation de leur vie etc sont  leur base "culturelle", rien d'étonnant à ce que leur domination ou celle de leur noyau occidental, qui est devenu mondiale, nous ait mené au désastre actuel.]

La question du sens est notre sujet aussi, ainsi que les mythes à changer , et les expressions « au nom de » voir http://elianguesard.unblog.fr/files/2013/04/vivrelibreoumourircontamine.pdf .

« élégie de résistant fidèle à la mémoire d’une France oubliée et trahie par ceux qui la gouvernent. »

Donc nous sommes nombreux à penser la même chose, on verra en 2017 peut-être… si la masse critique est atteinte pour agir enfin.

 « OK, pour voir les premiers effets de la masse critique de citoyens .Ça se jouera au niveau global (horizon Petrella) ou ce sera sans lendemain comme la Commune de Paris. Il est vrai que les pieds d’argile de la bastille atomique semblent se fissurer en France plus qu’ailleurs. En espérant sans trop de dégâts humains. »

 


fichier pdf L’Origan

Publié dans littéradure | Pas de Commentaire »

Elle était Juste anti-nucléaire

Posté par elianguesard le 4 octobre 2016

Elle s’appelait Bella comme une chanson Bellaciao . Avant de partir elle remercia les Justes, mais elle aussi elle était Juste ; « elle était Juste anti-nucléaire »

 

bella&RogerBelbeoch

 

« ...ont la tristesse de faire part du décès de

Bella BELBÉOCH,

née GOLDSZTEIN,

physicienne,

retraitée du CEA

et antinucléaire,

survenu le 24 septembre 2016,

à l’âge de quatre-vingt-huit ans.

Selon sa volonté, elle a été incinérée

sans rite ni cérémonie.

« Merci à l’Auvergnat de la rue de la Fontaine-au-Roi.

Merci à la surveillante de l’EPS Edgar-Quinet.

Merci aux habitants du Joux et de Roussines, aux parents d’Andrée à la Souterraine qui m’ont assuré la sécurité et où j’ai vécu dans une atmosphère chaleureuse jusqu’au 6 juin 1944.

Merci à ma professeure de mathématiques qui m’a procuré une carte d’identité vierge de la mairie de Pionnat.

Merci aux maquisards de Georges Guingouin dont les coups de main ont occupé la milice

à plein temps les empêchant de finir leur sale besogne.

Merci à tous les Justes parmi les Nations. J’espère qu’en France il y aura toujours des personnes

solidaires des persécutés. »

Bella, 16 juillet 2016.

(olivier.marc) »

 

 

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http://www.ajpn.org/personne-Bella-Goldstein-3399.html

 

Histoire

Bella Goldstein, élève au Collège de La Souterraine

Bella Goldstein a quatorze ans quand, en septembre 1942, elle entre à l’internat de l’École Primaire Supérieure qui deviendra le Collège de Jeunes Filles de La Souterraine.

Bella Goldstein est née en France de parents d’origine polonaise naturalisés en 1930. Son père, ouvrier tailleur à Paris, est arrêté le 20 août 1941, lors d’une rafle consécutive au bouclage du XIe arrondissement. Quoique français, il est enfermé à Drancy où les privations que subissent les prisonniers dégradent rapidement son état de santé. Il ne pèse plus que 36 kg quand, cachectique, il est libéré deux mois et demi plus tard pour raison médicale. Il rejoint ensuite, clandestinement, la zone sud.

Sa mère, qui échappe de peu à la rafle du Vel d’Hiv’ parvient elle aussi à franchir la ligne de démarcation avec son plus jeune fils.

La famille se retrouve donc, au cours de l’été 1942, dans un hameau de l’Indre, près de Saint-Benoit-du-Sault.

Voici son témoignage :
« L’entrée à l’internat
On nous avait dit à Saint-Benoit-du-Sault, dans l’Indre, que l’École Primaire Supérieure de La Souterraine était bien meilleure que celle de Saint-Gauthier. C’est ainsi qu’en septembre 1942, après avoir été accompagnée par mon frère en vélo jusqu’à la gare de Saint-Sébastien, je pris le train pour La Souterraine.

La bâtisse de l’EPS, à côté de l’église massive, n’avait rien d’engageant : malgré le petit jardin sur le devant, elle paraissait bien sévère et la perspective d’y être interne n’avait rien d’enthousiasmant.

Mon père, tailleur au Joux où nous étions réfugiés, un petit hameau à quatre kilomètres de Saint-Benoit, m’avait confectionné pour la circonstance une jolie petite veste bicolore, bleu marine dans le dos, bleu ciel sur le devant, avec des boutons métalliques bien brillants. Manifestement, cela ne suffit pas à rendre souriante Madame Noël, la directrice, qui me parut très circonspecte. Je ne compris que plus tard que c’était sans doute la première fois qu’elle admettait une interne de quatorze ans non accompagnée de quelque parent adulte (et boursière de surcroît). J’entrai en troisième.

Le passage de la ligne de démarcation
J’avais quitté Paris en juillet, quelques jours seulement avant la grande rafle du Vel’ d’Hiv. où furent parqués les Juifs de Paris, hommes, femmes, vieillards, enfants… Je passai la ligne de démarcation dans un train spécial d’écoliers et d’étudiants. Les compartiments de mon wagon furent contrôlés par deux soldats allemands. L’un d’eux parlait français et fut ravi de le pratiquer avec les sept petits enfants de la comtesse X. qui occupaient bruyamment le compartiment, moi blottie dans un coin près du couloir.

« Le Maréchal sera content » dit-il en les contemplant, et il passa à l’examen de ma carte d’identité scolaire de l’EPS Edgar Quinet à Paris. Il scruta mon visage et ma carte alternativement pendant un temps qui me sembla durer un siècle… et quitta le wagon. J’étais sauvée.

La première année fut terrible de solitude…
L’examen soupçonneux de Madame Noël ne fut finalement qu’une bagatelle. Être dans une école, c’était pour moi une mise entre parenthèses, dans un coin protégé et paisible. Mais être interne, comment ce serait ? La première année fut terrible de solitude.

L’internat en 1942…
Je fus surprise par le dortoir, grand rectangle où il y avait bien une trentaine de lits côte à côte le long de trois murs, avec en plus une rangée centrale. Le mur vide était occupé par une kyrielle de robinets d’eau froide. C’est là qu’on se lavait.

Avec le recul, ça paraît sommaire. Je ne me souviens pas avoir vu quiconque faire sa toilette intime. Il est vrai que la plupart des internes partait en « décalé » toutes les quinzaines. Les autres – dont j’étais – on pouvait toujours aller chercher un broc d’eau chaude le week-end à la cuisine. Il n’y avait pas d’endroit isolé, à part le lit de la pionne, entouré de draps suspendus et formant alcôve.

Je me souviens d’une conférence faite par le docteur X (collaborateur qui fut exécuté par la Résistance) sur l’hygiène et les soins corporels. « Se laver les aisselles au moins une fois par quinzaine. De même pour les pieds. La toilette intime, une fois par semaine », etc. Toutes, nous écrivions sous la dictée. Jamais assistance ne fut plus assidue à prendre des notes, car ces conseils n’étaient pas superflus.

Les internes étaient chargées du ménage qu’il fallait effectuer sitôt le petit déjeuner avalé, juste avant la classe. Moi qui m’étais toujours arrangée pour y couper à la maison parce que j’avais toujours un livre à lire, j’ai eu du mal à m’y faire. Le « bon ménage », c’était de récupérer le salon, où il y avait le piano. Le pire était d’être chargée du grenier, où s’empilaient malles et paniers, et où il fallait chasser la moindre toile d’araignée. J’héritais un jour de cette corvée, et fus rapidement envahie d’une furonculose sur le visage rebelle à tout traitement. Le médecin me dispensa du grenier… La furonculose partit le jour où il se décida à me faire des piqûres. La crainte des piqûres réussit là où tout le reste avait échoué !

Il fallait aussi faire le feu dans les classes. Je crois que cette fois c’était le lot des externes. J’étais fascinée par celles qui réussissaient à faire flamber la tourbe sans trop de fumée, dans ces gros poêles cylindriques qui se mettaient à ronfler. Je ne me souviens pas avoir eu froid en classe : par contre, certaines nuits d’hiver m’ont paru interminables quand l’endormissement ne m’avalait pas d’un coup à cause du chuchotement continu des « payses » qui avaient tant de choses à se raconter et dont j’étais exclue.

Mademoiselle, j’ai besoin de sortir.
La nuit, le dortoir était bouclé et il fallait prendre la clé derrière l’alcôve de la pionne. Je m’étonne aujourd’hui de ce qu’il n’y ait jamais eu de va-et-vient permanent.

Je détestais les promenades du dimanche…
Je détestais les promenades du dimanche où il fallait déambuler en rangs dans les rues de la ville. On se dispersait en troupeau passé la dernière maison – « direction l’étang du Cheix » ou bien « la tour de Bridiers », au gré des surveillantes.

Je n’ai rien vu de la campagne environnante. Ce n’est que tout récemment que j’ai découvert comme elle était grandiose avec ses collines et ses prairies, ses chênes et ses châtaigneraies, sauvage et par là même accueillante, pleine de douceur par l’intimité de ses haies.

N’ayant pas « grandi » dans l’internat, j’en ignorais les ficelles. Avec un correspondant en ville, j’aurais pu sortir du bahut les jeudis et dimanches. Peut-être me sentais-je protégée de ne pas savoir ce qui se passait au-dehors, dans la ville qui pour moi ne pouvait être que cruelle ?

Mais la solitude était le prix de cette protection. Il me fallait donc, le dimanche matin, accompagner les scouts dans le petit jardin devant l’école pour le lever aux couleurs et entonner « Maréchal, nous voilà ». Une fois, j’ai réussi à me cacher dans la lingerie, mais je n’ai pas pu récidiver, la pionne m’avait à l’œil.

La nourriture…
Et la nourriture demanderez-vous ? Le problème majeur de la quasi-totalité des Français durant ces années-là. Bien sûr, il y eut au menu beaucoup de topinambours dont je raffolais car ils ont vraiment le goût d’artichaut, et des rutabagas et des haricots aux charançons. Le réfectoire était spacieux avec des tables de dix à douze élèves. Le repas fini, une grande soupière d’eau chaude était ramenée de la cuisine et posée au milieu de la table. On y trempait en chœur nos couverts personnels pour les laver : j’ai viré ma cuti cette année-là.

Mon meilleur repas de la journée, c’était le « café » au lait du matin. Je n’ai jamais su de quelle orge il était préparé, mais sa bonne odeur me nourrissait déjà. Le pire moment était le goûter où Mademoiselle D. distribuait équitablement les tranches de pain. Tout le monde se précipitait ensuite dans une grande pièce au sous-sol où se trouvaient, bien cadenassées, les boîtes à provision personnelles des internes. Mon problème était de disposer d’une boîte à provision quasiment vide. Valait-il mieux manger tout de suite le beurre que je recevais de mes parents – obtenu par troc, du beurre contre une vareuse confectionnée à partir d’une couverture – ou bien le tronçonner en tout petits bouts, quitte à ce qu’il soit rance à la fin ? A côté de moi, mes camarades extirpaient de leurs boîtes pain blanc, pâtés en croûte, brioches dorées à point. Il était bon alors d’être fille de paysan, mais quel supplice pour moi.

Cependant, rassurez-vous, globalement deux années de ce régime m’ont parfaitement réussi : chétive gamine à l’arrivée, je suis retournée à Paris avec dix kilos de plus et la puberté finie.

Les études surveillées
Après le goûter, c’était l’étude surveillée jusqu’au souper. Si j’en crois les propos désabusés des professeurs d’aujourd’hui, les salles d’étude leur apparaîtraient comme d’impensables lieux de sérieux. Bien sûr, il y avait parfois quelque chahut, ou des demandes de renseignements de l’une à l’autre un peu bruyantes.

X. taisez-vous.
- X. encore une fois, taisez-vous ou je vous envoie chez la directrice.
- Oh non mademoiselle !… étaient les répliques habituelles. Quelle mouche m’a piquée un jour quand j’ai changé le scénario qui au fond n’était pas une menace réelle. Au lieu du « oh non, mademoiselle », je me suis levée et j’ai dit : – Eh bien j’y vais ! Et, dans le silence général, je suis sortie. La porte refermée, j’étais plutôt paniquée à l’idée de cette seconde entrevue avec la directrice. Elle était majestueuse, Madame Noël, mais avait une réputation de sévérité épouvantable. C’est vrai que ses colères étaient terribles.
Je revois la scène :
- Vous faites preuve d’une indiscipline inadmissible !
Je crois pourtant que cet éclat fut à l’origine de la sympathie qu’elle me témoigna par la suite.

Des cours qui m’ont aidée à vivre
Heureusement, il y avait les cours qui m’ont aidée à vivre. La réputation de La Souterraine n’était pas surfaite.

Seule la prof d’anglais, vieille fille que les élèves qualifiaient d’obsédée sexuelle, déparait le niveau général. Elle avait un accent détestable et « the ballad of the ancient mariner » se déroulait dans un climat bizarre. J’étais censée être affranchie, puisque je venais de Paris… Je mis longtemps à comprendre la signification des gestes obscènes effectués derrière son dos et qui provoquaient ses colères quand elle se retournait brusquement. Je ne fis aucun progrès en anglais, mais grâce à l’anglais, j’eus un peu d’argent de poche, car la directrice me chargea de servir de répétitrice à des élèves de quatrième.

Je bousculais un peu la routine des cours d’histoire en remettant des copies qui n’étaient pas la reproduction intégrale du texte dicté en classe par notre rondouillard et sympathique professeur. Il se faisait moraliste à l’occasion :
- « Tant va la cruche à l’eau qu’elle se remplit », disait-il à l’intention des quelques élèves qu’il jugeait un peu trop « émancipées ». Dommage, il admirait Napoléon, qui pour moi signifiait la trahison des idéaux de la Révolution française.

Je me consolais le soir en me plongeant dans un livre de la bibliothèque où figuraient les discours intégraux des Conventionnels.

J’adorais les mathématiques depuis toujours et je ne fus pas déçue, la surprise, inattendue dans cette petite ville de province, vint de l’ouverture à la culture qui pour moi fut extraordinaire. C’est ainsi que le français devint aussi pour moi source de joie. Je revois Madame D. nous faisant lire et, dénichant au fond de la classe une élève habituellement assez terne, mais aux talents certains de tragédienne.

Il y eut cette année-là un spectacle d’élèves, inoubliable Paulette en reine Barberine, avec qui je me suis liée l’année suivante. Comme je souhaite ardemment que la vie ait été douce pour elle, ainsi que pour Sarah, le mouton bêlant irrésistible de drôlerie dans la « Farce de maître Patelin ».

Grâce au « Temps des cerises », je n’étais plus l’étrangère…

Au fond, j’attendais chaque matin les cours avec impatience. Il n’y avait que les dimanches qui étaient sombres. Pourtant l’internat était parfois très gai : ça dansait dans le petit salon et ça chantait. Paule interprétait superbement les chansons d’Édith Piaf. Je restais dans mon coin. Une fois, Léone et sa payse ont chanté « Le Temps des cerises », la chanson de la Commune de Paris, et aussi une chanson antimilitariste de la guerre de 14. « Si on pouvait arrêter les aiguilles ». Étonnante, cette chanson, au moment où tout le monde encensait Pétain dont la gloire était fondée sur les morts de 14-18.

Léone et son amie ne l’ont jamais su mais, grâce à leurs chansons ce jour-là, par delà les dernières barricades tenues par les Communards de ma rue de la Fontaine-au-Roi à Paris, je n’étais plus l’étrangère, fille de Juifs d’origine polonaise déchus de leur nationalité française par Vichy, mais leur payse.

Le brevet et le baccalauréat
L’année suivante, les maquis s’organisaient et j’attendais le débarquement. Le brevet était passé, et la solitude avait fait place à l’amitié.

Nous n’étions que neuf élèves dans la classe de préparation à l’École normale d’institutrices. Par suite des lois raciales de Vichy, je n’avais pas le droit de me présenter au concours. Grâce à la directrice et à mes professeurs de français et de mathématiques, je me préparais au baccalauréat première partie, qui à l’époque comportait toutes les matières.

Ce fut une année agitée, il y a eu même au bahut, un petit groupe de résistance du MLN (Mouvement de Libération Nationale) animé par une jeune femme enseignant la dactylo. Des élèves résistants de la B.D.H. [N.D.L.R., l’actuel lycée] se procurèrent facilement, grâce à notre complicité, les machines à écrire dont ils avaient besoin pour la presse clandestine, et qui étaient enfermées dans notre salle de classe.

Dans les derniers jours de la débâcle allemande tout le monde m’aida. Notre jeune professeur de mathématiques, que j’aimais beaucoup, me procura une fausse carte d’identité. La directrice, madame Noël, fournit les tickets d’alimentation et j’allai me cacher en ville chez mon amie dont les parents m’accueillirent chaleureusement.

Je savais que mes parents se cachaient aussi dans l’Indre, car j’avais reçu un mot laconique de mon frère « tu n’es plus ma sœur » ce qui avait une signification très claire pour moi.

La sympathie agissante, et comme allant de soi, dont on m’a entourée m’a beaucoup touchée. Pendant ces deux années passées à la BDB je n’avais jamais eu à subir la moindre manifestation d’hostilité, la moindre parole blessante. Je connaissais les risques que prenaient ces personnes pour me protéger. Je me souvenais de la rafle du 20 août 1941 quand mon père a été arrêté et envoyé à Drancy dans l’indifférence, voire l’hostilité de nos voisins (c’est la concierge qui l’a dénoncé).

Fin mai 1944, je partis à Guéret passer le bac, la vraie carte dans la poche gauche pour les salles d’examen et la fausse dans la poche droite pour la ville. Ce n’était pas malin et cela m’a occasionné quelques angoisses. Heureusement la milice n’est pas venue.

Puis je revins à La Souterraine. Chez mon amie régnait une atmosphère d’harmonie comme j’en ai rarement connu depuis.

Et le 6 juin 1944 arriva…

N.B. – Il est fort possible qu’il y ait eu des élèves juives externes sous de fausses identités. Si c’est le cas je n’en ai rien su, car, bien sûr, elles ne se sont pas manifestées ouvertement. Il y avait deux autres élèves juives internes à la BDB dans les classes de 5ème et de 4ème, Noémie et Sarah. A la fin de l’année scolaire 1944 Sarah a été cachée chez notre professeur de physique.« 

Bella Goldstein-Belbeoch

 

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http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tcherno_une_catastrophe.html

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tchernoblues2.html

fichier pdf -FUKUSHIMABLUES

 

Bella Belbeoch intervient énergiquement sur:

https://www.youtube.com/watch?v=STE5Tq3lHXI

Bella Belbeoch-Michèle Rivasi-silence radio (extraits)-MPEG-1 .mpg
Nonukatall Pudunuk
Mise en ligne le 14 juin 2011

Combien d’temps!!!
…pour (ne pas) sortir du nucléaire
extrait de « Silence Radio » de Christian Ugolini-2002

 

Maintenant elle a rejoint Roger dans les étoiles et nous nous lancerons la devise de ceux de L’an 2 reprise sur les Glières en 1944 et affublée d’un seul mot:

 

« Vivre libre ou mourir contaminé »

 

« Décès de Roger Belbéoch, physicien antinucléaire français

 

 Roger Belbéoch est décédé le 27 décembre 2011 à Paris à l’âge de quatre-vingt-trois ans. Avec lui disparaît un militant antinucléaire exceptionnel que j’ai fréquenté pendant plus de trente ans.

Dans la seconde moitié des années 1970, alarmé par le lancement du réacteur surgénérateur SuperPhénix de Creys-Malville, j’avais approché, à Genève, le physicien nucléaire français Lew Kowarski qui avait pris position dans Le Monde contre cette entreprise mégatechnologique. C’est lui qui me mit en contact avec le Groupement de scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN) qu’animaient Monique et Raymond Sené ainsi que Bella et Roger Belbéoch, tous physiciens.

Pendant des années, j’assistai aux assemblées générales du GSIEN qui regroupait des personnalités aux positions plus ou moins radicalement opposées à l’électronucléaire. Parmi les plus radicaux figuraient les époux Belbéoch dont j’appris à apprécier la rigueur intellectuelle, la chaleur humaine et le courage, car il en faut pour être  dissidents dans l’establishment scientifique français.

Roger et Bella Belbéoch ont fait paraitre, souvent conjointement, parfois séparément, plusieurs livres et de très nombreux articles, notamment dans la Gazette nucléaire, organe du GSIEN, mais aussi dans la Lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine (Centrale nucléaire en amont de Paris) ainsi que dans la revue Stratégies Energétiques, Biosphère & Société (SEBES) publiée à Genève dans les années 1990.

Né en 1928, Roger était physicien ingénieur de l’Ecole supérieure de physique et de chimie industrielles de la Ville de Paris (ESPCI). Il avait travaillé dans un laboratoire universitaire de recherche (Orsay, Paris-Sud) et s’était  spécialisé dans les accélérateurs de particules et la physique des faisceaux de haute énergie. Parmi les principales contributions de Roger Belbéoch à SEBES figure son étude intitulée « Comment sommes-nous “protégés” contre le rayonnement ? Les normes internationales de radioprotection. Le rôle de la Commission internationale de protection radiologique » in Radioprotection et droit nucléaire, SEBES, 1998. Dans cette étude, Roger Belbéoch fait montre d’une remarquable perspicacité doublée d’une exceptionnelle vigilance épistémologique.

Parmi les livres de Roger et Bella Belbéoch, je citerai Tchernobyl, une catastrophe, Editions Allia, Paris, 1993, Sortir du nucléaire c’est possible, avant la catastrophe , Editions l’Esprit frappeur, Paris, 1998, ouvrage qui a été traduit en japonais, Tchernoblues. De la servitude volontaire à la nécessité de la servitude, Editions l’Esprit frappeur, Paris, 2002.  

Leur message peut se résumer par ces mots : “C’est avant l’accident qu’il faut agir. Après, il n’y a plus qu’à subir. »

                                                                                               

            Ivo Rens            Professeur honoraire             Université de Genève.

  Genève, ce 8 janvier 2012. »

fichier odt RogerBelbeoch

*************************https://www.dissident-media.org/infonucleaire/biogra.belbeoch.html

Bella et Roger Belbéoch, nés en 1928, sont physiciens, ingénieurs ESPCI.

Roger Belbéoch a travaillé dans un laboratoire universitaire de recherche (Orsay, Paris-Sud) et s’est spécialisé dans les accélérateurs de particules et la physique des faisceaux de haute énergie. Bella Belbéoch, ingénieur-docteur, a travaillé au Centre d’Etudes Nucléaires de Saclay (CEA) et étudié par rayons X les propriétés structurales des solides tant en recherche appliquée que fondamentale.

Utilisateurs d’installations productrices de rayonnement ils se sont intéressés aux effets biologiques des rayonnements ionisants qui, depuis plus de 25 ans, sont à l’origine de leur questionnement sur les dangers de l’énergie nucléaire. Auteurs de Tchernobyl, une catastrophe, (Éd. ALLIA, Paris 1993), de Sortir du nucléaire c’est possible, avant la catastrophe, (Éd. l’Esprit frappeur, Paris 1998), de Tchernoblues – De la servitude volontaire à la nécessité de la servitude, (Éd. l’Esprit frappeur, Paris 2002), et de nombreux articles dont Société nucléaire (R. Belbéoch, Les Notions philosophiques, PUF, 1990) ils collaborent à la Gazette Nucléaire, revue éditée par le GSIEN, Groupement de Scientifiques pour l’Information sur l’Energie Nucléaire.

********************http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sortir_du_nuc.html

Sortir du nucléaire c’est possible, avant la catastrophe
(3ème édition)

Bella et Roger Belbéoch

Chez l’Esprit frappeur, 1998-2002 au prix de 3,05 Euros.

Les désastres nucléaires ne sont pas réservés aux pays de l’Est sinon pourquoi distribuer de l’iode stable près des centrales nucléaires françaises ? On peut sortir du nucléaire sans attendre la catastrophe et ses conséquences dramatiques par l’arrêt des exportations d’électricité, l’utilisation maximum de l’hydraulique et de nos centrales électriques au fioul et charbon qu’EDF s’apprête à démanteler pour rendre le nucléaire irréversible. Mettre fin au danger nucléaire n’est pas un problème technique mais politique qui dépend de l’exigence de la population vis-à-vis de ses élus. Roger Belbéoch, physicien, a travaillé dans un laboratoire universitaire de recherche. Également physicienne, Bella Belbéoch a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique.

***********************http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tchernoblues2.html
Tchernoblues
De la servitude volontaire à la nécessité de la servitude

De Roger Belbéoch, chez l’Esprit frappeur éditeur, n° 105, prix 4,57 Euros

LE MENSONGE politique n’a rien de nouveau, mais la perspective de catastrophes nucléaires lui a donné une autre dimension. Ce ne sont plus les politiciens qui sont les grands menteurs, d’ailleurs leurs mensonges n’avaient guère d’importance, on en avait l’habitude. Avec le nucléaire, les « citoyens » sont devenus beaucoup plus exigeants et ce sont désormais des experts en tous genres qui ont pris le relais et les assomment de mensonges : médecins, scientifiques, associations, syndicats, etc. Les mensonges des supporters du nucléaire ont dû s’affiner pour devenir plus crédibles au fur et à mesure des demandes de plus en plus poussées des citoyens. La gestion d’une catastrophe nucléaire exige le maintien de l’ordre, (c’est formellement indiqué en introduction des plans de gestion nucléaire). Cette exigence n’est pas seulement celle de tout politicien quelles que soient par ailleurs ses promesses électorales, elle est une nécessité afin de minimiser les effets biologiques de la catastrophe. En cas de désastre nucléaire, le « citoyen » est incapable de gérer son quotidien, il doit s’en remettre aux « experts ». Même si ceux-ci n’ont pas d’éléments pour la « meilleure » gestion, c’est mieux que les possibles réactions violentes des « citoyens » car leur violence pourrait leur coûter cher, non pas en terme de répression policière mais en termes sanitaires. Actuellement, le mensonge nucléaire a quelque chose de paradoxal. Sa crédibilité a été hissée à un très haut niveau et pourtant, si les « citoyens » sont de plus en plus exigeants, ce n’est pas pour connaître la vérité mais afin que ces mensonges crédibles leur évitent des problèmes de conscience insolubles. Ceux-ci pourraient évidemment produire des « turbulences sociales » pré-accidentelles difficiles à gérer tant par les gestionnaires sociaux que par les citoyens. II y a donc une conjonction assez curieuse entre la nécessité pour les gestionnaires de mentir et la nécessité pour les « citoyens » que ces mensonges soient crédibles. De nombreux experts ont compris ce problème et interviennent auprès des diplodocus nucléaires pour confier les mensonges à des gens « compétents », mais cela n’est pas facile. Jusqu’à présent, les mensonges et la dictature des experts étaient acceptés « volontairement » par la mise en balance inconsciente des avantages (pas pour tout le monde) et des inconvénients. Maintenant, cette servitude vis-à-vis des experts est devenue une nécessité pour la meilleure survie des « catastrophés » quels qu’ils soient. On est passé de la servitude volontaire à une nécessité de la servitude.

********************http://www.librairie-quilombo.org/Bella-Belbeoch
Tchernobyl, une catastrophe

Auteur :
Roger Belbéoch, Bella Belbéoch
Éditeur :
La Lenteur
Thèmes :
écologie, décroissance
2012 | 300 pages | Épuisé!

Ce livre est incontestablement la meilleure étude historique sur la catastrophe nucléaire de Tchernobyl et ses conséquences. Paru en 1993 aux éditions Allia, il était introuvable depuis de nombreuses années. Maintenant que la « marmite du diable » s’est remise à déborder à Fukushima, il nous a semblé que l’exposé détaillé du précédent, en quelque sorte canonique, de Tchernobyl, serait aussi des plus utiles pour ceux qui veulent comprendre ce qui se passe maintenant au Japon, puis s’efforcer de faire quelque chose de ce qu’ils auront compris.

Pour les responsables français, l’essentiel était de minimiser l’impact de l’accident. Le territoire français devait à tout prix être protégé des retombées radioactives. Le communiqué de presse du 6 mai 1986 du ministère de l’Agriculture indique : « Le territoire français, en raison de son éloignement, a été totalement épargné par les retombées de radionucléides consécutives à l’accident de la centrale de Tchernobyl. » Quand la distance ne fut plus suffisante, c’est un anticyclone providentiel qui protégea la France et bloqua le nuage radioactif aux frontières. Les communiqués quotidiens sur SCPRI (Service central de protection contre les rayonnements ionisants) sont intéressants à suivre : la situation est tout à fait normale et, au bout de quelques jours, redevient normale sans avoir traversé de phase anormale.

Roger Belbéoch, physicien, a travaillé dans un laboratoire universitaire de recherche ; il est l’auteur de l’article « Société nucléaire » dans l’encyclopédie philosophique universelle des PUF. Bella Belbeoch est également physicienne. Elle a travaillé au Commissariat à l’énergie atomique.

**************************http://ocparis.canalblog.com/archives/2016/10/11/34426319.html

11 octobre 2016
Bella Belbeoch nous a quitté

Après Roger en décembre 2011, Bella Belbeoch vient de nous quitter, sans doute les deux plus « grands savants » antinucléaires de France.

Celles et ceux qui voudraient réellement rendre hommage à Bella n’ont qu’à reprendre enfin à leur compte, et sans « pincettes », les alertes et propositions qu’elle n’a cessé de lancer dans un quasi désert depuis 1986 — comme par exemple dans La diabolisation du charbon et la sortie du nucléaire (Bella Belbéoch, 1999) (http://www.fairea.fr/spip.php?article25)

La diabolisation du charbon et la sortie du nucléaire (Bella Belbéoch, 1999)

vendredi 26 avril 2013

L’article ci-dessous a été rédigé en mars 1999 par la physicienne Bella Belbéoch, co-fondatrice en 1986, après la catastrophe de Tchernobyl, du Comité Stop Nogent-sur-Seine.

[ rajout de copie d’article pris sur :http://lesoufflecestmavie.unblog.fr/2012/05/14/la-diabolisation-du-charbon-et-la-sortie-du-nucleaire-bella-belbeoch/
« Cet article a été proposé à Libération le 8 mars 1999 comme contribution à la page «  Débat  ». Il a été refusé:  » Nous avons bien reçu votre proposition de contribution à la page «  Débat  ». Limité par l’actualité et par l’espace dont nous disposons, nous ne pouvons cependant pas envisager la publication. Croyez que nous le regrettons. Sincèrement. Jacques Amalric  » (Rédacteur en Chef, le 11 mars 1999).
Ainsi, pour la Direction de Libération, les problèmes concernant l’énergie nucléaire et l’urgence de sa sortie ne sont pas des problèmes d’actualité » fin de l’aparté]

Même si certains éléments seraient à réactualiser, il paraît important de le relire et d’en tirer les leçons maintenant qu’une diabolisation analogue touche toute éventualité de recours au gaz naturel en transition, et que GDF Suez annonce, dans l’indifférence générale, la fermeture pour insuffisance de rentabilité de trois centrales au gaz neuves (voir ici) dont la puissance permettrait pourtant déjà de remplacer immédiatement la production d’un réacteur comme ceux de Cattenom, Flamanville ou Nogent.

NB : Les techniques de « charbon propre » évoquées ici se rapportent à la réduction des émissions polluantes toxiques. Elles n’ont rien à voir avec la captation du CO2, procédé dangereux et non éprouvé, auquel le discours dominant les résume tendancieusement aujourd’hui.

Bella Belbéoch, La diabolisation du charbon et la sortie du nucléaire

A propos de la mine de charbon de Gardanne
La diabolisation du charbon et la sortie du nucléaire

Gardanne est en lutte. A propos de la fermeture de la mine Libération titre  » Gardanne monte au créneau pour descendre à la mine  » (10/2/1999). Des grévistes d’un sous-traitant des Houillères font grève sur le tas au fond de la mine pour garder leur emploi (Libération 3/3/1999). Par contre, il y a peu, on apprenait qu’au Royaume-Uni les mesures draconiennes prises par Thatcher à l’encontre des mines de charbon allaient être assouplies. Au même moment le bilan de production électrique d’EDF 1998 nous apprend que 500 MWe du parc thermique classique ont été démantelés dont la centrale à charbon de Pont-sur-Sambre de 250 Mwe. On sait qu’EDF veut en démanteler d’autres afin de réduire la puissance de production électrique des centrales à fioul et charbon de plus de 40 % pour éponger sa surcapacité nucléaire actuelle et rendre inéluctable le recours au nucléaire vers 2010 lors du renouvellement du parc.

Dans ce contexte il est étonnant que les articles sur Gardanne ne signalent pas ce qui fait l’originalité de ce site : c’est à Gardanne qu’a été mise au point, avec le charbon extrait de la mine, la chaudière LFC (à lit fluidisé circulant) de 250 MWe qui est un des meilleurs procédés « charbon propre » exploités dans le monde aujourd’hui pour produire de l’électricité. Ce procédé de combustion du charbon rend négligeable la pollution par les poussières, soufre et oxydes d’azote.

Il est important de savoir que toute installation existante à charbon peut être modernisée rapidement car il suffit de remplacer la chaudière par une chaudière LFC en gardant le reste de l’installation.

Il est important de savoir que ces chaudières peuvent brûler, en restant « propres » toutes les qualités de charbon (et même les produits visqueux provenant des résidus du raffinage du pétrole à haute teneur en soufre).

Il est important de savoir qu’il est envisagé d’augmenter la puissance de ces chaudières. Signalons qu’à puissance thermique égale les centrales à charbon sont plus performantes que les centrales nucléaires. Il est important de savoir qu’EDF fait la promotion de ces chaudières LFC au plan international. Un exemple récent : cela figure explicitement dans l’accord franco-ukrainien sur la coopération énergétique du 15/2/1999  » (…) Favoriser les actions de coopération dans les domaines suivants : Production d’électricité par l’utilisation des technologies de combustion propre du charbon, notamment par la technique du lit fluidisé circulant (…) « . Mais ce qui est bon pour l’exportation n’est pas bon pour nous. Aucune installation nouvelle n’est prévue en France ni la modernisation des centrales existantes.

Le charbon ce n’est pas une solution idéale. On ne peut pas ignorer les risques professionnels des mineurs de charbon. Mais les mineurs d’uranium meurent aussi beaucoup, notamment de cancer du poumon. Il est vrai que, depuis la fermeture des mines d’uranium du Limousin, notre soi-disant indépendance énergétique est acquise notamment grâce aux mineurs d’uranium africains et aux Indiens du Saskatchewan canadien. En somme, personne n’est au courant ( ! ) mais peut-être avons-nous récupéré des colonies ?

Le charbon en brûlant émet du gaz carbonique, c’est vrai. Le gaz naturel aussi, mais moins. (Mais il n’y a pas pratiquement pas d’installations de production électrique au gaz en France et le réseau de distribution et les possibilités de stockage du gaz sont inexistants pour une production importante d’électricité). Il faut cependant souligner que l’effet de serre est un problème planétaire et que les gaz à effet de serre ne proviennent pas seulement de l’énergie consommée dans le monde car la contribution de l’agriculture et de l’élevage est tout aussi primordiale. Quant à l’électricité nucléaire mondiale qui représente environ 5 % seulement de l’énergie consommée dans le monde il est délirant de penser qu’elle pourrait être une solution à l’effet de serre.

Les énergies renouvelables (vent, soleil) n’ont pas une efficacité suffisante pour produire l’électricité qui est consommée actuellement en France et pour remplacer le nucléaire. Une réduction drastique de la consommation est peu vraisemblable à court terme (et peut-être même à moyen terme).

Le problème c’est, ici et maintenant, à notre échelle. Or on peut immédiatement arrêter environ 70 % du nucléaire en France, c’est techniquement possible avec l’hydraulique et les installations du thermique classique qui existent encore aujourd’hui mais il n’y a pas la volonté politique de le faire. Pourquoi laisser démanteler les centrales à fioul et charbon (et aussi d’ailleurs les petites installations hydrauliques) ? L’important est que le charbon ne fait pas courir un risque d’accident majeur comme le nucléaire. Pas de Tchernobyl français en vue avec le charbon. Tel n’est pas le cas avec nos réacteurs nucléaires car la sûreté absolue n’existe pas. Quand l’accident arrive c’est dramatique. Sauf bien sûr si l’on croit ce que racontent les officiels du lobby nucléaire dont font partie d’éminents professeurs : pour eux il ne s’est rien passé à Tchernobyl. Bien sûr il y a ces malheureux enfants en Biélorussie, Ukraine et Russie qu’il a fallu opérer d’un cancer de la thyroïde, mais distribuons des pastilles d’iode stable chez nous et on sera paré. Vous les croyez vraiment ? Selon eux les autorités soviétiques ont mal géré l’accident car elles ont été trop prévenantes, elles n’auraient pas dû évacuer tant de monde en urgence en 1986. Et plus tard dans la phase de gestion à long terme des années après la catastrophe, elles n’auraient pas dû procéder au relogement, hors des zones contaminées, de bon nombre de gens. Il aurait fallu laisser les habitants sur place (c’est d’ailleurs ce qui s’est passé pour beaucoup).

Depuis Tchernobyl les instances internationales et les experts officiels de la radioprotection nous ont concocté des plans magnifiques d’intervention, ou plutôt de non-intervention pour le long terme, en cas d’accident nucléaire majeur. On n’en est plus à chipoter entre une dose annuelle de 1 mSv ou de 5 mSv c’est à dire entre une dose-vie sur 70 ans de 70 mSv ou 350 mSv (Litige sur le seuil de radioactivité acceptable, Libération, 10 avril 1990). Le résultat des optimisations coût-bénéfice c’est qu’on ne déplacera pas les habitants de leur lieu de résidence si les calculs des experts montrent que la dose qui peut être accumulée sur la vie suite à la contamination radioactive ne dépasse pas 1 sievert (1000 mSv ou 100 rem). C’est ce que, sous la casquette d’expert de l’OMS, le Pr. Pellerin recommandait en 1989 en Biélorussie et en Ukraine pour s’opposer aux mesures préconisées par les scientifiques biélorusses et ukrainiens soucieux de mieux protéger la population. Il a gagné. Nos enfants et petits-enfants ont perdu, car l’accident futur, c’est pour qui ? Vous le savez, vous ?

Bella Belbéoch,
lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°83 février-avril 1999.

*****************************https://reporterre.net/Adieu-a-Bella-Belbeoch-figure-de-l-opposition-au-nucleaire
Adieu à Bella Belbéoch, figure de l’opposition au nucléaire
26 octobre 2016 / Jean-Claude Zerbib

Bella Belbéoch était ingénieur spécialiste de l’impact des rayonnements ionisants sur le vivant. L’auteur de cette tribune rend hommage à cette grande résistante au nucléaire, morte le 24 septembre, auteure de nombreux ouvrages sur la question, en particulier sur Tchernobyl, dans lesquels elle mettait en lumière les zones d’ombre des discours officiels.

Aujourd’hui à la retraite, Jean-Claude Zerbib était ingénieur en radioprotection au Commissariat à l’énergie atomique (CEA).

Bella Belbéoch, née Goldsztein en 1928, ingénieur-docteur, a travaillé au Centre d’études nucléaires de Saclay (Commissariat à l’énergie atomique – CEA) où, après la faculté, elle a poursuivi des travaux de recherche, au moyen de rayons X, sur les propriétés des réseaux cristallins. Mais avant cela, quel chemin parcouru par cette jeune femme, née en France de parents immigrés nés en Pologne et qui avaient acquis la nationalité française en 1930.

Le 20 août 1941, son père, ouvrier tailleur à Paris, est arrêté dans le 11e arrondissement lors de la première des rafles menées entre le 20 et le 24 août. Comme les 4.232 hommes appréhendés ce jour-là, il est enfermé à Drancy, plaque tournante de la déportation des Juifs, où les privations dégradent son état de santé. Il ne pèse plus que 36 kg quand il est libéré deux mois et demi plus tard pour raison médicale. Il rejoint ensuite clandestinement la zone Sud. La mère de Bella, qui échappe de peu à la rafle du Vel’ d’Hiv des 16 et 17 juillet 1942, parvient à franchir la ligne de démarcation avec son plus jeune fils.

Bella avait quitté Paris début juillet 1942, quelques jours avant cette grande rafle où furent parqués près de 13.200 Juifs, enfants inclus. Elle passa la ligne de démarcation dans un train spécial d’écoliers. Les compartiments de sa voiture furent contrôlés par deux soldats allemands. L’un d’eux scruta son visage et sa carte d’écolière… avant de partir. Elle était sauvée et toute la famille s’est ainsi retrouvée, l’été 1942, dans un hameau de l’Indre, près de Saint-Benoît-du-Sault.

« Un complot international des experts officiels pour minimiser l’évaluation des victimes »

Elle sera très reconnaissante à tous ceux qui l’ont protégée, notamment lors des jours dangereux de la débâcle allemande, comme cette jeune professeure de mathématiques qui lui procura une fausse carte d’identité, cette directrice d’école qui lui fournissait des tickets d’alimentation ou les parents de cette amie qui la cachèrent. Des Justes parmi les nations.

Lors de son doctorat en faculté, Bella Belbéoch réalisait ses recherches au moyen d’un vieux générateur à rayons X qui n’avait jamais connu le moindre contrôle. Le faisceau de rayonnement délivré par ce générateur se transformait en un arrosoir à rayons X sous le plan de travail. Irradiée au niveau du bassin, Bella avait connu une stérilité de plusieurs mois qui avait nourri ses inquiétudes devant les effets des rayonnements. Bella était toujours préoccupée des risques d’accident grave et les victimes de la catastrophe de Tchernobyl ne cesseront de l’angoisser.

Ce qu’elle a écrit dans le journal Écologie, le 1er mai 1986, le jour même où « le nuage de Tchernobyl » survolait la France, a été pour moi, mais avec plusieurs années de recul, véritablement visionnaire : « Il faut s’attendre, dans les jours qui viennent, à un complot international des experts officiels pour minimiser l’évaluation des victimes que causera cette catastrophe. La poursuite des programmes civils et militaires impose à l’ensemble des États une complicité tacite qui dépasse les conflits idéologiques ou économiques. » [1]

Bella voyait bien plus loin que moi et son écoute comme son intuition lui permettaient de distinguer l’essentiel dans la brume des informations contradictoires. Ce 1er mai 1986, la mission de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) à Tchernobyl brossait un tableau rassurant : « Le réacteur est à l’arrêt (sic)… Les entreprises, les fermes collectives et institutions d’État fonctionnent normalement… L’état de l’air au-dessus de la région de Kiev et de la ville de Kiev elle-même n’est pas préoccupant. »

Le 28 août 1986, M. Rosen, le directeur de la sûreté nucléaire de l’AIEA, déclarait [2], lors d’une conférence à Vienne (du 25 au 29 août 1986) : « Même s’il y avait un accident de ce type tous les ans (sic), je considérerais le nucléaire comme une énergie intéressante. » Il y aurait bien d’autres citations aussi mensongères et cyniques que ces paroles de hauts responsables de la caste nucléaire internationale, et Bella en avait relevé plusieurs.

« C’est avant l’accident qu’il faut agir »

En juin 1986, j’avais écrit un texte distribué à Saclay dans lequel je soulignais le risque de cancer de la thyroïde des enfants suite aux rejets d’iodes. J’avais essuyé les sarcasmes des experts du CEA et de l’Institut de protection et de sûreté nucléaire (IPSN) en particulier. Bella avait fait partie de ceux qui partageaient cette crainte et c’est elle qui m’avait signalé la lettre du courageux médecin K. Baverstock qui, en septembre 1992, avait rendu publiques les données [3], accumulées par les médecins Belarus sur ces cancers thyroïdiens : de deux à trois cancers annuels en Belarus, le nombre était passé à 55 en 1991. Et ce n’était que le début de l’épidémie.

Les préoccupations de Bella Belbéoch portaient sur les cuves et générateurs de vapeur (GV) des réacteurs français. Elle analysait depuis plus de 30 ans leurs anomalies et adressait aux autorités ses analyses détaillées. En 2004, Bella et Roger Belbéoch, son époux, décédé fin 2011, ont quitté le Groupement des scientifiques pour l’information sur l’énergie nucléaire (GSIEN), car ils doutaient de l’utilité qu’il y avait à débattre avec les instances du nucléaire. Ils ont cependant poursuivi leurs combats critiques pour l’arrêt du nucléaire, et tous leurs écrits restent des références.

Les dernières malfaçons camouflées par des rapports de contrôle falsifiés ont accru les inquiétudes de Bella et ses visions de catastrophes à venir. Elle partageait pleinement les inquiétudes de Roger : « Sortir du nucléaire, c’est possible, avant la catastrophe. C’est avant l’accident qu’il faut agir. Après, il n’y a plus qu’à subir. »

[1] Cité par Wladimir Tchertkoff dans Le Crime de Tchernobyl, le goulag nucléaire, (page 24/720), Actes Sud, avril 2006.

[2] Le Monde, du 28 août 1986.

[3] « Thyroid cancer after Chernobyl », Nature, vol. 359, pages (21-22), 3 septembre 1992.

Fin de l’article

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

Commentaire:

Roger et Bella détestaient et fuyaient les hommages et les photos, « la société du spectacle » sans doute. Mais on doit les monter à bout de bras; les montrer en exemple par l’éducation populaire, par des hommages à la hauteur de la lutte qu’ils ont mené, les rendre « populaires malgré eux » « leur histoire ne leur appartient plus ». Pour moi dans cette lutte, ils ont été au dessus du lot et justice ne leur est pas rendu. Lorsqu’un gouvernement, des partis se prétendent socialistes, il faut répondre et crier que la première définition du mot socialisme c’est tendre vers une société la plus juste possible. Donc cela a rien à voir avec ce que l’on voit aujourd’hui, cette hyper aliénation. Rien à voir donc avec la « société nucléaire », cet oxymore. Rien à voir avec la guerre son origine et tous les autres techniques privilégiées pour la guerre.

Le nucléaire comme l’aviation et autres industries « lourdes » n’a été développé que pour ses capacités de destruction; c’est seulement en second lieu, pour amortir le forfait dans les deux sens du terme, que les autorités ont monté de toute pièce cet escroquerie renchérie par la prévarication (cf Giscard et réseau Vulcanus http://elianguesard.unblog.fr/nucle-ere/) et l’élitisme français (cf Marc Bloch) . Par cette fameuse division ou séparation du travail et des comptes. Cette malhonnêteté incommensurable des « inspectueurs » des finances, la Cours des comptes, pour alléger le budget militaire, séparer par exemple les déchets de la facture électrique ou la mobilisation d’un énorme budget (Recherche et développement, infrastructure, matière grise des personnels ), guerre pour l’extraction des matière nécessaire etc ) , les énormes infrastructures nécessaires pour maintenir un niveau si élevé de sécurité qui n’est et ne peut être absolue, les énormes budget alloués à la propagande depuis l’enfance; l’acceptabilité sociale, les meurtres et pressions pour étouffer et enfin pour finir (mais la liste n’est pas exhaustive) le scandale sanitaire le crime contre l’humanité et l’Ordre des médecins, l’académie des sciences, celle de médecine portent une énorme responsabilité dans ce désastre.

Comme l’a relevé le couple Belbéoch, derrière le masque du CO2, la diabolisation du charbon etc « le changement climatique » se cache la réalité de la contamination de la terre, l’empoisonnement du monde par ceux là même qui prétendent la-le protéger.

On leur dit qu’ils en meurent et ils répondent qu’ils veulent du travail, là est l’aliénation suprême. La France exporte la mort depuis près de 400ans et elle s’étonne de la recevoir en pleine figure, tel un boomerang. Il y a la « haine du français » parce qu’il y a la « honte du Français »

Et comme l’a relevé le couple Belbéoch, c’est avant la catastrophe qu’il faut agir. On peut arrêter en moins d’un an toutes les installations nucléaires civiles et militaires. Ce n’est pas un problème technique mais politique mais aucun prétendu politicien n’en a le courage. Et pour la vrai opposition de la société civile tous les accès politiques sont verrouillés. C’est comme si il nous forçait à nous entretuer. L’arrêt immédiat n’est pas une régression, c’est un véritable progrès car c’est un progrès humain.

L’axe, la colonne vertébrale de toutes nos sociétés est la justice, elle doit gagner son indépendance pour être crédible. Si c’est l’Etat qui ment, qui vole et qui tue, il ouvre la porte à tout le monde pour mentir, voler et tuer.

Le visage politique actuel est une gigantesque mascarade, il n’y a rien à attendre des ces élections, les dés sont biaisés à l’avance. Que ce soit les classiques ripouxblicains, les pseudo socialistes, le parti raciste et xénophobe français, ainsi que tous les autres candidats pseudo rebelle pseudo écolo pseudo « anti-système » etc. C’est avec nos différences et non pas malgré nos différences que l’ on peut s’entendre au moins sur ce point très précis qu’est Le sujet de la vie sur terre et en bonne santé menacée, en s’abstenant de voter pour pousser la crapulerie doublée d’œillères en dehors de la place publique et ainsi prendre la parole publique, le débat, l’Assemblée afin que la population « dépose le pouvoir sans le prendre » et « commande en obéissant. ». Ces formules viennent des zapatistes qui ont pris des exemples sur la Commune, comme les femmes de Rojava ;  il faut répondre à cet honneur.

L’indépendance politique est fille de la liberté, comme sa mère , elle ne se demande pas; elle s’arrache.

Abstention générale

Quincy, Novembre 2016

 

Suite des recueils sur:

fichier txt belbeoch pour l’humanité fichier pdf BibliographieBella &Roger Belbéoch   fichier pdf Gestion_post_accidentelle

fichier odt BellaBelbeochCharbon.T.Lamireau  fichier odt BelbeochQqesArticles  fichier odt Belbeoch.S.Topcu  fichier pdf B.Belbeoch.Operation_CODIRPA  fichier pdf faits_deran_tchernobyl.BelbeochGazette157  fichier pdf Les_notions_philosophiquesBelbeoch  fichier odt textebelbeochbandajevsky  fichier pdf Tchernobyl_une_catastrophe_1993

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Publié dans littéradure | Pas de Commentaire »

Et la France s’enZADera c’est à dire qu’elle se libérera

Posté par elianguesard le 22 septembre 2016

salazad

Septembre 2016

Et la France s’enZADera c’est à dire qu’elle se libérera, ou disparaitra sous le feu nucléaire.

Message du 21 Septembre 2016

Plein d’infos à lire et rediffuser partout !

— Appel de la zad face aux menaces d’expulsion !

Depuis l’opération César en 2012 la ZAD est devenue un symbole : de la

possibilité de mettre en déroute leurs projets nuisibles ici et ailleurs

comme de celle de déployer des zones d’autonomie face au pouvoir et à

l’économie marchande. Après un printemps marqué par un mouvement social

bouillonnant, celles et ceux qui entendent nous gouverner vont tout

faire pour que la politique ne déborde plus du cadre d’un spectacle

électoral auquel plus grand monde ne croit. Nous vivons au coeur d’un

désastre environnemental et social sur lequel illes prospèrent et duquel

illes sont bien incapables de nous sortir. Depuis la ZAD, entre autres,

grandit l’idée que l’on puisse concrètement reprendre en mains nos vies

et réinventer le politique. C’est pour cette raison que son existence

est aussi insupportable aux gouvernant.e.s et aussi précieuse pour

d’innombrables personnes. La ZAD soulève des espoirs tenaces qui la

dépassent. Que l’on se sente porté.e par cette lame de fond ou que l’on

perçoive au quotidien la joyeuse solidité de ce qui s’est construit ici,

il apparaît absolument impensable que la ZAD soit broyée demain sous les

coups de la police et les chenilles des tractopelles. Ceci est un appel

à la défendre, coûte que coûte.

Ce texte s’adresse à tout.e.s celles et ceux qui voudraient participer à

la résistance sur le terrain ou de plus loin. Son objet est d’informer

sur ce qui nous semble aujourd’hui crucial pour les mettre en échec,

ainsi que sur l’état d’esprit dans lequel nous nous préparons. Nous vous

invitons à le diffuser largement.

## Risques sérieux d’attaque dans les semaines qui viennent

Depuis plusieurs jours des rumeurs d’expulsion plus ou moins imminente

bruissent sur la ZAD. Nous savons que les hôtels de la région ont été

réservés, plusieurs articles de presse avancent que les « forces de

l’ordre » se sont vues interdire de poser des vacances de fin septembre à

fin octobre. On parle de matériel militaire pr?té à la gendarmerie.

Mercredi 14 septembre, le préfet de Loire-Atlantique a signé deux

arrêtés portant sur la destruction du campagnol amphibie, rendant

possible à leur sens le début des travaux. Plusieurs sources confirmant

des plans d’intervention possible à partir du 27 septembre, sans que

cela signifie qu’ils viendront dès cette date là. Sommet d’hypocrisie,

cette date est celle où la ville de Nantes accueille plusieurs milliers

de participant.e.s, venu.e.s du monde entier, dans la suite de la COP 21

pour faire croire à ses préoccupations quant au dérèglement climatique.

## Appel à la vigilance

Il serait sans doute absurde de leur part d’intervenir en plein sommet

Climate Chance et avant la grande manifestation du 8 octobre sur la zad,

mais nous sommes à l’écoute des diverses infos qui apparaîtraient dans

un sens ou dans un autre et sommes prêt.e.s à parer à toute éventualité.

Nous appelons en tout cas à une extrême vigilance dans les semaines à

venir, et surtout à mettre dès à présent la pression sur le gouvernement

pour qu’il renonce à ce projet d’expulsion. Nous vous invitons aussi à

vous tenir prêt.e.s à rejoindre la ZAD pour participer à sa défense,

dans la diversité de nos pratiques, ou si vous êtes loin, à mener des

actions décentralisées contre Vinci, les acteurs du projet et les lieux

de pouvoir.

## On veut des fuites sans prendre la fuite

Pour prévenir toute attaque surprise, on sait que l’on peut compter sur

la multiplicité des soutiens et sources d’infos un peu partout, jusque

dans leurs bureaux et leurs cercles familiaux. Nous vous invitons à nous

alerter de fuites sur les entreprises privées qui pourraient être

impliquées (défrichage, gardiennage, etc.), d’infos sur les hôtels qui

accueilleraient les gendarmes, de circulaires, notes internes et autres

bruits de couloir concernant cette opération, ainsi que de mouvements de

troupes autour de la ZAD (sans pour autant nous signaler n’importe quel

convoi de gendarmes mobiles à des dizaines de kilomètres à la ronde).

Nous recouperons et vérifierons toutes ces informations, et nous les

publierons sur zad.nadir.org qui, avec le site de l’Acipa, reste la

« référence » en la matière (avant de croire et diffuser une information

venue des réseaux sociaux ou autres, vérifiez systématiquement qu’elle a

été confirmée par ces sites).

## Nous en tout cas on est prêt.e.s !

Toutes les équipes sur place s’organisent en conséquence : cantines,

radio, médic, légales, équipes de communication… Les différents lieux

de vie se préparent à la résistance et on se coordonne à l’échelle de la

ZAD et du mouvement – avec les comités, associations et paysan.ne.s –

pour faire obstacle à l’avancée policière.

Ces derniers jours, des rencontres ont eu lieu partout en France entre

comités de soutien pour peaufiner les réactions en cas d’attaque ou de

débuts des travaux. Des lycéen.ne.s et étudiant.e.s solidaires de la

région s’assemblent pour être à même de manifester et bloquer leurs

établissements le jour J. Des habitant.e.s proches se préparent à ouvrir

leurs maisons et leurs granges, des soignant.e.s, professsionel.e.s ou

non, sont prêt.e.s à offrir des soins sur le terrain le moment venu, et

des juristes à réagir aux mesures répressives que le gouvernement mettra

en place. Des paysan.ne.s de toute la région échafaudent des plans pour

mettre en jeu leurs tracteurs, des élagueur.euse.s et grimpeur.euse.s

pour monter à la cime des arbres menacés d’être abattus. Des

journalistes indépendant.e.s et acteur.trice.s des réseaux sociaux

discutent de comment relayer au mieux les infos des opposant.e.s et

contrer la propagande du gouvernement. Des soutiens s’organisent à des

centaines de kilomètres et même aux quatre coins de l’Europe pour être

paré.e.s à nous rejoindre au plus vite.

Il faut bien évaluer que cette fois, et contrairement à 2012, c’est la

quasi totalité des lieux de la zone qui est menacée d’expulsion par la

force, c’est à dire non seulement les personnes qui s’y sont installées

pour y vivre et la défendre ces dernières années, mais aussi les

paysan.ne.s et habitant.e.s dit.e.s « historiques ». Ce sont donc plus de

70 lieux de vie, des fermes, des ateliers, des centaines d’habitant.e.s

humain.e.s, des troupeaux et autres animaux ou plantes sauvages, 2000ha

de forêts, champs et bocages qu’ils voudraient rayer définitivement de

la carte dans les prochaines semaines. Qui plus est, leur enjeu annoncé

n’est pas seulement d’expulser la zone mais de démarrer dans la foulée

les travaux de construction de l’aéroport et du barreau routier, ce qui

implique dans un premier temps des travaux de « déplacement d’espèces »,

de défrichage, de fouilles archéologiques, de construction de ronds

points et de protection du site… (Particulièrement au niveau du

barreau routier – en rose sur la carte

https://zad.nadir.org/spip.php?rubrique70 ). Dans ce contexte de menace

totale, la résistance sur le terrain s’organise d’autant plus

collectivement. Et quand bien même ils parviendraient à expulser une

partie de la zad, nous savons que cela ne signerait pas la fin du

mouvement mais le début de mois et d’années de résistance continue pour

entraver chaque avancée des travaux. Nous ne les lâcherons pas !

## Il est encore temps de leur faire comprendre qu’ils vont se planter

Rien n’est encore sûr, ni dans le fait qu’ils reviennent, ni dans le

fait que l’évacuation de la ZAD ait une chance de réussir. Il est

crucial de leur faire comprendre dans les prochaines semaines que ce

serait une très mauvaise idée pour eux de tenter une nouvelle opération

César. Nous appelons donc des groupes et personnes, depuis des regards

et positions variées, à manifester par avance leur solidarité par des

textes et actions. Nous appelons à ne pas laisser en paix les élu.e.s

lié.e.s à ce gouvernement et à les interpeller partout où illes se

trouvent (déplacements, réunions publiques, conseils municipaux) sur les

menaces d’expulsion de la ZAD. Nous invitons à rejoindre les initiatives

de manifestations organisées à Nantes face au sommet Climate Chance (

https://stopclimatechance.wordpress.com/a-propos/ ). Nous encourageons

des groupes nombreux à faire savoir qu’ils seront sur la ZAD, vigilants

et actifs en cas de début d’opération.

## Tous.tes sur la zad le 8 octobre pour y planter des bâtons par

milliers

Dans ce contexte incertain et en ces temps décisifs, il est d’autant

plus important de venir massivement participer à la manifestation du 8

octobre et de marteler le sol du bocage avec des dizaines de milliers de

bâtons. Le jour même, des hangars seront construits et le dimanche 9

octobre, il y aura des chantiers dans différents lieux de la ZAD. Des

bus sont en train de s’organiser pour le 8 octobre depuis de nombreuses

villes. Pour des détails sur le déroulement du week-end :

http://zad.nadir.org/spip.php?article3991. Cela peut aussi être un des

moments pour amener du matériel d’organisation et de défense sur la zad

(voir liste de matériel à la fin)

## S’ils reviennent, agir de toutes manières

On aura besoin d’une présence massive sur place au début d’une

opération, mais ça risque de nous compliquer la tâche si trop de monde

arrive dès maintenant, et tant qu’on est sûr.e.s de rien. Merci donc

d’attendre des signaux plus clairs pour affluer en grand nombre sur le

terrain.

Si nous considérons que l’imminence d’une opération policière est

confirmée, un appel commun à venir sur la ZAD, autour, et à déclencher

des actions de résistance ailleurs sera diffusé sur zad.nadir.org et

acipa-ndl.fr.

C’est la mise en commun de différents types d’actions, à plusieurs

échelles géographiques et en comptant sur l’inventivité de tous et

toutes, qui nous permettra de les faire échouer de nouveau. Voici les

plans d’actions issues des disccussions avec les comités de soutien :

- Sur la ZAD :

Appel à stopper leurs mouvements, à défendre les lieux de vie et à les

harceler. Par « leur » nous entendons aussi bien les troupes policières,

que les agences de sécurité, boîtes de travaux qui collaboreront, ou

structures qui assureront leur ravitaillement en nourriture et leur

couchage (voir à ce propos le site participatif adopte un sous-traitant

: https://adopteunsoustraitant.noblogs.org/?cat=26 ). Venez avec vos

radios portatives pour écouter Radio Klaxon sur 87.5.

- Dans un périmètre proche :

Appel à ce que des groupes s’organisent pour que la ZAD ne se retrouve

pas enclavée et encerclée, et à participer à l’organisation des espaces

d’accueil. Appel également à ce que les déplacements et check-points

policiers soient perturbés le plus possible et à ce que les soutiens et

ravitaillements arrivent sur zone.

- Dans la région :

Dès le premier jour de l’opération, actions coordonnées de blocages des

routes et/ou opérations escargot, sur les points d’accès à la zone ou

sur les grands axes et points stratégiques de la région, et/ou à des

occupations de lieux du pouvoir. Des actions nocturnes de casserolades

et autres manifestations sonores devant les hôtels où seront logés les

policiers et gendarmes. Convergence le soir même, à partir des

différents points de blocage ou d’actions, pour se rendre à 18h devant

la Préfecture à Nantes.Manifestation le samedi à Nantes après une

semaine d’opération.

- A l’extérieur de la région :

Appel à occupation des lieux de pouvoir ou à des opérations de

ralentissement des flux localement, ainsi qu’à venir sur le terrain

défendre la ZAD pour ceux et celles qui le peuvent.

## Les bloquer sans se bloquer

Des personnes nous ont déjà prévenues qu’elles viendront en renfort dans

les prochaines semaines pour la préparation de la mobilisation du 8-9

octobre et de la résistance à d’éventuelles expulsions. Il nous semble

important de dire que l’on souhaite que la zone reste accessible et

circulante le plus longtemps possible et tant que l’arrivée imminente

des troupes n’est pas confirmée. En gros, on se met en capacité de se

barricader très vite, mais on ne barricade pas pour autant la zone

maintenant. Cela nous semble nécessaire de ne pas s’enfermer et de

maintenir autant que possible une perméabilité avec l’extérieur, car

c’est elle qui nous permet depuis des années de nous organiser ensemble

et de nous renforcer dans cette lutte.

## En cas d’attaques, on vous accueille !

Nous préparons des espaces d’accueil à l’intérieur et l’extérieur de la

ZAD. Ils serviront au couchage, au dépôt de matériel et de

ravitaillement, aux cantines, et à nous rassembler. Gardons à l’esprit

que des journées de résistance demandent beaucoup d’énergie et de

concentration… et souvent des réveils très matinaux. Cela implique une

attention collective à ce que les espaces d’accueil soient calmes le

soir. Nous vous demandons également expressément d’éviter de venir avec

vos compagnon.nes quadrupèdes dans un tel moment: nous faisons aussi en

sorte que les nôtres ne soient pas sur zone, d’abord dans l’idée de les

protéger des affrontements possibles, mais aussi parce que nous sommes

conscient.es que cela peut rendre les choses plus compliquées vis-à-vis

de l’accueil.

## Dans quel état d’esprit veut-on défendre la ZAD ?

Depuis 2012, nous avons largement pu faire le bilan de ce qui s’est

passé pendant les expulsions et l’occupation policière. On s’attend à ce

que l’opération d’expulsion ne soit pas une réplique de celle de 2012,

que quoi que l’on prépare collectivement il y aura une grande place pour

l’improvisation et l’adapatation. Nous souhaitons tout de même pouvoir

anticiper cette fois sur des attitudes, qui ont pu être blessantes pour

des personnes et contre-productives. Nous voulons aussi porter quelques

idées sur ce qui nous rendra fort.e.s dans ce moment là. Voici certaines

réflexions à ce sujet :

- il n’est pas question, sous prétexte d’affrontements, d’accepter

parmi nous des comportements sexistes, virilistes, homophobes, racistes,

classistes, validistes, que nous combattons au quotidien ;

- il y aura un grand besoin de personnes qui défendent le terrain,

mais le rôle de celles et ceux qui assureront la logistique sera tout

aussi important : cantines, soin, communication, espace de repos, etc.

Et on a envie que ça puisse tourner : qu’il n’y ait pas les spécialistes

des barricades d’un côté et celles et ceux qui s’occupent de les nourrir

de l’autre ;

- on rappelle que défendre cette zone, c’est aussi défendre les

possibilités politiques qu’elle recouvre, et notamment des pratiques

telles que l’autogestion, l’organisation collective et tournante des

tâches, la culture des assemblées et la recherche de consensus sans

taire les conflits ;

- il est clair pour nous qu’en cas d’attaque ce sont eux, et non

nous, qui choisiront de déclencher un ensemble de violences et de

destructions, sur les êtres vivants, les habitats et espaces naturels de

ce bocage. Comme en 2012, on ne se laissera pas faire : la résistance

sera physique et déterminée. On veut aussi veiller à rester rejoignables

dans la défense de cet espace, à maintenir les possibilités d’un soutien

large et ne pas leur donner de raisons trop faciles pour décupler

brutalement le niveau de répression à notre encontre. L’un dans l’autre,

on souhaiterait qu’il y ait une attention à respecter la diversité des

personnes qui viennent défendre la zone, et qu’un large panel de

pratiques et de modes d’actions puissent coexister sur le terrain. En

2012 c’est la jonction entre des barricades, des blocages humains ou

avec des tracteurs, des sabotages, des projectiles, des cabanes

perchées, des blagues, chants et harcèlements divers, le tout

concomittament aux actions décentralisées, qui a permis finalement de

mettre en déroute leurs troupes. C’est cette force hybride que nous

voulons réinvoquer.

- même si tout n’est pas évident d’entrée, on aimerait aussi que les

personnes qui viennent défendre la zad prennent en considération les

attentions que l’on a pour les manières de résister des différents lieux

et personnes vivant ici : le désir par exemple que le camion du laitier

puisse continuer à passer dans telle ferme aussi lontemps que possible

ou qu’il n’y ait pas de photos et de vidéos prises dans tel autre

lieu…

Avant de venir, renseignez-vous au maximum afin de comprendre la

situation, et à votre arrivée adressez-vous à l’un des espaces

d’accueil, prenez le temps de discuter avec les personnes sur place.

Pour accéder à la zone, voir ici :

http://zad.nadir.org/spip.php?article7. Prenez aussi le temps de lire

les informations mises en ligne par l’équipe légale:

https://zad.nadir.org/spip.php?rubrique56.

## Déjouer leur propagande

Quand on est au pouvoir, que l’on est face à une contestation puissante

et populaire et que l’on s’apprête à une opération de maintien de

l’ordre risquée, on est souvent mauvais joueur. On s’attend à que les

pro-aéroport déclenchent de nouvelles opérations de propagande avec

leurs lots de fantasmes et mensonges sur les affreux.ses zadistes et

autres terroristes du bocage. On est pas non plus à l’abri, à la veille

d’une attaque et pendant, de barbouzeries et montages qui viseraient à

jeter le trouble, fragiliser le soutien dont on bénéficie et à justifer

une montée en puissance de la répression à notre égard. On invite tout

le monde à ne pas se laisser berner et à déjouer leur propagande.

## Pour un futur sans aéroport

Pendant que le gouvernement ne pense qu’à détruire ce qu’il ne peut

contrôler, la vie continue sur la zone à défendre. En cette fin d’été,

une bibliothèque et un espace d’acceuil ont vu le jour, de nouveaux

habitats ou un hangar pour le travail du bois et de la terre

s’édifient… Les rumeurs et menaces ne nous ont pas coupé l’envie de

faire la fête pour la récolte des patates samedi dernier, et la

détermination à préparer la défense ne nous empêche en rien de continuer

à construire en dur ou à développer les réseaux d’amitiés qui font la

richesse de cette lutte. Uni.e.s dans notre diversité, nous préparons

ensemble l’après projet!

L’aéroport ne se fera pas – La ZAD de Notre-Dame-des-Landes continuera à

fleurir !

— Et pour finir et être prêt-e-s en cas d’expulsion, un appel à dons

et matériel

## Là, on a besoin de sous !

Pour l’instant pour se préparer, on a besoin entre autre assez vite de

sous. Les opérations de soutiens et dons divers sont les bienvenues de

nouveaux pour un temps. Il est possible pour cela d’envoyer des chèques

à l’association des occupant.es, « Vivre sans aéroport », chez la famille

Herbin, Liminbout, 44 130, Notre Dame Des Landes ou de faire un virement

:

La Banque postale Etablissement : 20041Code Guichet : 01011 n° de compte

: 1162852D032 Clé RIB : 36 IBAN : FR83 2004 1010 1111 6285 2D03 236BIC :

PSSTFRPPNTE

## et de matos

Accueil :

On cherche des barnums et chapiteaux qui pourraient être prêtés et

montés rapidement sur des lieux d’accueil hors ZAD, ainsi que de quoi

les équiper (tréteaux, plateaux, chaises …). Des tentes carrées

« familiales » pour des espaces d’accueil. De grande caravanes pour

abriter des structures collectives.

Matos de construction/autonomie/défense :

- palettes

- cuves/tonnes à eau

- pompes à eau (à bras ou thermiques)

- structures (type barnums)

- visserie

- vélos

- groupes électrogènes

- gasoil

- chargeurs

- panneaux solaires

- régulateurs

- transformateurs 12V continu vers 220 alternatif

- pneus

- batteries (12V)

- extincteurs

- peinture

- conserves/aliments secs

- caravanes

- cire/bougies

- roues de caravane

- 1km câble acier +ou- 5mm

- batteries à décharge lentes

Cantines :

- grosses gamelles

- brûleurs

- trépieds

- bouteilles de gaz

Publié dans littéradure | Pas de Commentaire »

Ceux qui doivent vivre et ceux qui doivent mourir: la sélection

Posté par elianguesard le 1 mai 2016

 VigieOMSNaoto Matsumura

« Jour ouvré debout » depuis 9 ans

 le 26 Avril 2016

 Puisque c’est un crime et puisque c’est une imposture

Appel à rejoindre la manifestation devant l’OMS et devant tous les Ministères de la santé

Depuis le 26 Avril 2007, tous les jours ouvrables, les Vigies d’IndependentWHO (Pour l’Indépendance de l’Organisation Mondiale de la Santé) sont présentes devant le siège de l’OMS à Genève pour que cette institution internationale accomplisse son devoir constitutionnel « d’amener tous les peuples au niveau de santé le plus élevé possible » y compris dans le domaine du nucléaire.

Les deux Forum scientifique et citoyen sur la Radioprotection et sur les effets génétiques , organisés par le Collectif IndependentWHO à Genève, ont confirmé qu’à Fukushima tout comme à Tchernobyl, ainsi que sur tous les sites contaminés, les victimes du nucléaires ne peuvent actuellement compter sur la Communauté Internationale, les Etats , les pseudo organismes de radioprotection pour assurer leur protection.

 

Pour exemples de la dissimulation, l’OMS n’a jamais publié les actes des conférences de Genève de 1995 et de Kiev de 2001 sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl lesquels sont accablants pour les gouvernements du Conseil de Sécurité de l’ONU .

Comme elle doit publier et non minimiser les rapports sur les conséquences des armes à uranium utilisées en Irak à Falloujah (1) . Comme jadis l’agent orange au Vietnam. Les conséquences sanitaires de la chimie et du nucléaire sont semblables, comme est semblable la prédominance de ces industries y compris l’industrie pétrolière sur la gouvernance des Etats ; largement subventionnées pour la guerre dès leur origine.

 

Les vigies sont pour la paix, l’entraide et s’ils ne sont que devant l’OMS, c’est bien toutes les institutions, ONU , AIEA, UNSCAER, CIPR etc et les gouvernements ces monstres froids qui sont visés, ce, pour bien signaler la monstrueuse hypocrisie des pays prétendument humanistes, le double langage délivré par les membres du Conseil de Sécurité.

 

Une vigie a dit : « Une tactique vicieuse des grandes puissances est d’entretenir toujours via les organisations onusiennes la suspicion entre irradiation [externe] et contamination [interne]. Les grandes puissances mentent par l’entremise des organisations internationales sur les effets pathologiques de la radioactivité pour ne pas avoir à payer les réparations astronomiques qu’impliqueraient leur reconnaissance. [...] Minimiser permet aussi de soustraire l’industrie nucléaire civile à l’obligation de s’assurer à la hauteur du risque réel.

Minimiser permet aussi de ne pas dédommager les victimes des essais de bombes atomiques ni celles des munitions à uranium appauvri. »

 

Le travail d’alerte et d’éducation populaire, que les Vigies ont commencé depuis 9 ans, doit continuer pour témoigner du sort et de la souffrance des victimes, toutes les victimes. Pour que chacun prenne conscience que ce sera son tour en cas de prochain accident en plus de la contamination courante qui s’accumule depuis les premiers essais nucléaires, les rejets dits « normaux », « les incidents » de la filière si rien ne bouge car les gouvernements savent parfaitement depuis l’ère du nucléaire (Hiroshima) les risques sur la santé et sur le génome, ce « Très Grand Crime » (2) .

Une vigie a dit : « Effectivement ils se sont très bien préparés mais pas simplement pour la commémoration des 30/5 ans des deux accidents nucléaires. Ils semblent avoir été sur « le terrain » depuis le début de l’accident de Fukushima comme Ethos l’est à Tchernobyl. Ils savent donc tirer les leçons de ce qu’ils ont appris pour mieux rouler dans la farine la population qui doit « se prendre en charge » et « renouer les liens entre eux tout en exprimant leurs craintes » . En tout cas, c’est ce qu’ils disent dans ce modèle de « dialogues » avec la population.

Ils sont forts, très forts car leur « travail » sur le terrain consiste à ne pas affoler, à ne pas faire peur, mais à dire aux populations ce qu’elles souhaitent entendre : vous pouvez revenir chez vous, auprès de vos proches, cultiver vos terres, garder vos traditions si belles etc…si vous prenez des précautions et nous sommes là pour vous expliquer comment faire, comment mesurer la radioactivité, etc ! Impressionnant effectivement : chapeau pour ces vendeurs du nucléaire : ce sont manifestement des gens qui ont appris à communiquer ! Nous devrions prendre des leçons de ce que nous apprennent nos ennemis ! ».

 

Ces monstres froids continuent invariablement leur travail de sape depuis plus de 70ans en étouffant, en rendant acceptable l’inacceptable ; en forçant les habitants à s’adapter et en les rendant responsables et coupables de leur contamination, en « mesurant » les habitants devenus cobayes humains, au lieu de les soigner (comme le fait par exemple l’Institut Belrad (3) au Belarus pour les enfants qui n’a de soutien que de la société civile car officiellement ils ne sont pas reconnus comme victimes du nucléaire).

PrNesterenko

Les vigies sont devant l’OMS pour rappeler que c’est avant une autre catastrophe qu’il faut agir comme le rappelait le physicien Roger Belbéoch (4). Il sont là en mémoire des disparus dont le physicien Vassili Nesterenko(5) liquidateur de Tchernobyl, qui lors de sa venue à Genève en 2008 nous souhaitait « bonne santé et longue vie » et de « rester ici jusqu’à la victoire.» (Poka ne pobedim).

Ce sont des français qui étouffent le plus les conséquences sanitaires du nucléaire, à Tchernobyl comme à Fukushima . Par l’intermédiaire de programmes européens (ETHOS CORE EPICE etc) qui se contentent de mesurer et rendre acceptable la contamination par la population alors que le Pr Nesterenko avec l’institut Belrad soignait les enfants malades, il faisait confiance au début à ces prétendues organismes non gouvernementales en leur fournissant toutes ses données, pensant qu’on allait financer les soins. Mais ces français et autres sous-traitant d’EURATOM ont trahi sa confiance. Il faut répondre à cette honte, cet affront ; d’une façon plus générale on peut dire qu’il y a la « haine du français » parce qu’il y a la « honte du français ».

 

« La seule façon de te sauver toi-même, c’est de lutter pour sauver tous les autres» (Nikos Kozantzakis « Alexis Zorba »1946 – vu dans « Je lutte donc je suis » Y.Youlountas)

« Une des façons de lutter pour Belrad (http://enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php) c’est de témoigner pour toutes les victimes du nucléaire, et en témoignant pour toutes les victimes, on contribue à sauver tout le monde y compris soi-même» « (une vigie devant l’OMS)

Les vigies sont devant l’OMS pour rappeler que l’essentiel est de prendre le problème à sa source : la volonté de puissance des Etats par la guerre et sa soif d’énergie, c’est à dire stopper toutes activités nucléaire, chimique et autres menaces pour la vie en bonne santé.

 

Les vigies sont devant l’OMS pour signaler qu’ils sont au contraire pour la volonté de non puissance et se placent dans la ligne des grands noms qui ont dénoncé cette imposture depuis le début Günther Anders (6) , Albert Camus (7) , Jean Rostand (8) etc . Et comme Hans Jonas qui a décrit « Le principe responsabilité » contrairement aux gouvernements qui s’inscrivent eux dans un « principe d’irresponsabilité ».

 

L’OMS doit assumer sa responsabilité constitutionnelle en cessant d’être complice de l’AIEA (Agence Internationale de l’Energie Atomique), du Conseil de sécurité et autres lobbies atomiques. Elle doit aviser la population mondiale des vrais dangers du nucléaire sur la santé.

 

Nous ne sommes plus dans le schéma classique « pauvres contre riches », « dominants contre dominés » car la technique a dépassé l’homme, c’est pour tout le monde, il n’y a pas de dose admissible à la pollution radioactive, de très nombreuses études indépendantes le démontrent .

Anxiogène : voilà pourquoi on aurait du mal à se faire entendre ; on appuie là où ça fait mal, où ça fait peur, alors que si nous sommes « anti » ou « contre » c’est parce que nous sommes « pour » la vie, la paix et la bonne humeur…

Pourquoi faire la Vigie :

Contre le déni, l’acceptabilité, le crime, la monstrueuse hypocrisie

Pour le témoignage pour les victimes, le sens, le respect des Constitutions éclairées par la population

En partant du constat :

- Dans ces pays prétendument démocratiques, pour les porteurs d’alternatives et de mieux être ayant encore un tant soit peu d’esprit critique, tous les accès à la parole publique sont verrouillés.

  • Ces institutions prétendument humanistes ne soignent pas, mais le rôle de l’OMS est de « faire les recommandations », « d’organiser, protéger la santé » dans le monde. Mais dans le domaine des rayonnements ionisants, ce rôle est bafoués, il n’est même pas question d’organiser des soins, au contraire, ils sacrifient volontairement les personnes les plus exposées, et indirectement, par cette fameuse « division du travail » et par la maîtrise des manipulations du langage ; ils sacrifient les habitants les plus sensibles quasiment sous nos yeux . Car au sein du collectif Pour l’indépendance de l’OMS Santé et nucléaire (IWHO www.independentwho.org), nous sommes régulièrement inondés d’informations sur cette tragédie. Ils sacrifient donc des enfants (9) sur l’hôtel de l’industrie de la guerre, du « dieu l’Economie, l’OMPI est son Eglise…».

 

Il est question ici de lever l’ambiguïté ; c’est bien en tant qu’antinucléaire que l’on fait la vigie, c’est même une des plus longue manifestation antinucléaire depuis Conception Picciotto décédée en janvier dernier, c’est un moyen de participer à faire tomber le nucléaire (même s’il s’effondre sous son propre poids (10), tout le monde doit prendre conscience que cette chute doit être amortie afin de limiter les dégâts et avant d’autres catastrophes.

Une Vigie a dit :« Toutes sortes d’actions sont possibles. MAIS notre action s’appelle IndependentWHO – Santé et Nucléaire. Elle a un objectif qui est l’indépendance de l’OMS dans le domaine des rayonnements ionisants pour que les faits sur ses conséquences sanitaires puissent être investigués correctement, et diffusés (correctement) avec le résultat que les victimes (actuelles et potentielles) puissent être protégés au mieux, et finalement pour qu’on sorte du nucléaire car tout le monde aura compris que c’est bien trop dangereux. »

On sait que l’OMS n’est « que complice » et ne reçoit que des directives des lobbies atomiques et finalement joue un rôle secondaire dans la responsabilité du très grand crime. Mais par son estampillage santé « mondiale » elle laisse passer tous les criminels en col blanc placés au dessus d’elle ou en son sein et c’est déjà un crime.

Elle est responsable devant sa Constitution et le devoir de ses cadres serait un minimum de mettre leur démission sur le tapis, mais ils semblent trop reclus sur leurs privilèges et leur carrière, cela va mieux lorsqu’ils sont en retraite, ils dénoncent quelquefois au moins en sortant.

Les vigies ne sont « que » devant l’OMS car il est plus difficile, voir impossible, d’avoir une autorisation de manifestation permanente devant les gros bras état-uniens qui gardent l’ AIEA à Vienne en Autriche, ni devant les gouvernements ni autres impalpables CIPR UNSCAER de la prétendue radioprotection et enfin le Conseils de sécurité de l’ ONU, tous noyés dans les méandres des administrations, tous professionnels du louvoiement. Perdus dans leur irresponsabilité par la division du travail.

Devant l’OMS on a l’autorisation… parce qu’on ne gêne pas beaucoup…parce qu’on est inutile…nous sommes « les vigies de l’inutile », pour reprendre le titre du livre « Les conquérants de l’inutile » de Lionel Terray dont semblait tout droit sortir un autre vigie, guide de haute montagne. Guy Demenge fils de André du réseau Uranus Kléber trahie par des français et disparu dans les camps. Il faut chercher le sens entre ces deux appellations, cherchez bien…

Il faut voir aussi ici l’opportunité de montrer l’imposture Onusienne, des Etats des gouvernements droit de l’hommiste humaniste etc au coeur du monstre (cerveau du monstre dans le livre « Une Suisse au dessus de tout soupçon » J.Ziegler qui nous soutient aussi). On peut relire aussi les derniers ouvrages de Tolstoï parues aux éditions « Le pas de côté »; Le Grand Crime, L’esclavage moderne etc.

Les vigies sont déjà allées devant l’AIEA au moins deux fois.

http://www.plage.cc/cms/news/archiv/WHO_IAEO/WHOIAEO.php

La-bas, les amis autrichiens continuent un excellent travail depuis longtemps par des actions diverses, quelquefois devant l’AIEA et surtout dans tout le pays. (

- « Wiener Plattform « Atomkraftfrei Zukunft » de Maria http://www.atomkraftfreiezukunft.at/

- Global 2000 (Amis de la terre https://www.global2000.at/en),

- PLAGE-Salsbourg de Heinz ,http://www.plage.cc/

- OMEGA (IPPNW Autriche http://www.ippnw.org/affiliates/austria.html)

- AEGU (médecins pour un environnement sain http://www.aegu.net/

.etc.) car s’ils n’ont pas de centrales nucléaire en fonction chez eux, la menace vient des centrales des pays frontaliers. C’est même là bas que Maria Urban m’a traduit le mot résistance en allemand Widerstand comme à Grigny (http://www.reseauxcitoyens-st-etienne.org/article.php3?id_article=1517 )

 VigieVienne

Sierra Exif JPEGAIEAactionATautriche

Donc rester debout tous les jours ouvrés devant l’OMS et pas ailleurs dans Genève est une opportunité de dénoncer le crime et témoigner pour les victimes : on ne donne pas d’espoir aux victimes, on fait vivre leurs récits ; « L’espoir, au contraire de ce que l’on croit, équivaut à la résignation , et vivre, c’est ne pas se résigner » (Albert Camus « Noces » 1939)

(vu dans « je lutte donc je suis »Y Youlountas)

Et comme l’a bien dit une vigie : « …une vision plus positive : on cerne leur mensonge [OMS], on les interpellent. On diffuse et relaie largement des points de vues et constats éclairés. On a de cette façon de la matière concrète pour s’opposer, dénoncer. On les écoute, on réagit. On crois au pouvoir de la communication, on rebondit dans les réseaux. Les victimes savent qu’on existe et qu’on résiste avec eux. »

Devant l’OMS, on a aussi l’opportunité de montrer l’impasse politique de la centralisation dont l’organisation centralisée du nucléaire est le bébé irradieux , la concentration de pouvoir des Etats, des technocrates du Corps des mines etc (et aussi de la représentation…). Cette cooptation entre personne du même milieu social, cet esprit de corps bien dénoncé par Marc Bloch dans « l’étrange défaite », lui aussi disparu et trahie par des français, cherchez bien la relation.

Montrer l’impasse, la faillite pour mieux proposer les alternatives , prendre en main soi même ou en collectif locaux ses petites unités de production, prendre en main sa santé etc de façon horizontale, démocratique et non pas technofasciste comme c’est le cas actuellement.

Devant l’OMS, on a l’opportunité d’utiliser l’axe , le volet santé comme levier pour faire basculer l’opinion publique contre cette imposture nucléaire malgré la propagande infecte , le déni des faibles doses, et de toutes les conséquences sur la santé de la contamination interne ; les autorités sont toujours à imposer le « modèle Hiroshima » de la contamination externe et ont caché ou minimisé depuis 70ans l’importance de la contamination interne sur le long terme (ABBC ; voir les documentaires « La face cachée de Hiroshima à …Fukushima » et « Une histoire du plutonium » de Kenichi Watanabe) . Ces institutions cachent ou minimisent toujours l’augmentation du « bruit de fond » de la radioactivité artificielle mondiale et le corps humain n’y est vraiment pas adapté, cela est criminel. Lors du fonctionnement courant des centrales, les exploitants sont « autorisés » à rejeter des radio nucléides, et cela s’additionne avec les fuites incessantes des armements et déchets radioactifs entreposés et leur production et utilisation de par le monde. Toutes les pathologies (pas « seulement » les problèmes thyroïdien qui sont en quelque sorte des « traceurs » de la contamination radioactive) peuvent apparaître 5, 10, 20ans ou plus après la première contamination. Cette contamination affecte le génome, c’était dénoncé depuis au moins 1957 au sein même de l’OMS. Mais les gouvernements du Conseils de sécurité ont passé outre au nom de leur volonté de puissance.

Comme l’a dit une vigie, ces dates de 26 Avril, 11Mars, 6aout etc ne sont pas des commémorations ce sont des « rappels de la catastrophe sans fin de » cela dure toujours (Catastrolongo).

Tous les pays industrialisés sont touchés majoritairement par des pathologies qu’il n’y avait pas avant l’ère industrielle (Cf Illich « Némesis médicale ») dont la France, ce pays est devenu un immense hôpital. Et l’Ordre des médecin, l ‘académie de médecine et l ‘académie des sciences portent une énorme responsabilité dans ce désastre sanitaire, bien sûr avec les responsables politiques et administratifs. Ce n’est pas que Le Pr Pellerin c’est la totalité qui contient Pellerin, comme ce n’était pas que Papon, c’est toujours la totalité qui contient Papon ; cherchez bien le lien.

En fin de semaine le 10 mars 2016 le Pr Séralini commençait sa conférence à l’Athénée de Genève sur ses dernières études prouvant l’imposture OGM et des nouveaux OGM cachés, liés aux pesticides des neveux d’IG Farben :.. en questionnant l’auditoire il leur demandait de lever la main s’ils avaient eux-même ou dans leurs proches des maladies ou autres problèmes de santé même qualifiés de bénins (allergies etc). Et bien oui tout le monde a levé le bras.

C’est comme dans le Pdf  fichier pdf Levelized Cost of Energyde la banque Lazard que nous avait montré le président d’ETB pour montrer la baisse des investissements sur le nucléaire et son augmentation sur les renouvelables; c’est sans tenir compte des « externalités sociales et environnementales ». voila comment les maîtres du système nomment du pillage des viols des meurtres et du désastre sanitaire depuis 400ans, l’occidentalisation du monde.

La vigie est une manifestation permanente, s’inscrivant dans la durée comme la lutte non violente (cf Gamblin « La violence se présente comme une solution simple, radicale et efficace face aux situations d’injustice que l’on peut rencontrer. Elle aurait un atout majeur qui serait sa puissance de feu, son efficacité et finalement sa rapidité. Face au mirage de la violence qui prétend apporter une solution immédiate aux situations d’injustice, la non violence invite au contraire à inscrire le combat dans la durée et vise d’autres victoires que le seul renversement d’une domination. » (Guillaume Gamblin « Démocratie : Le temps de la non-violence » Silence N°412Mai2013 p14)

(Guillaume lui aussi faucheur de Colmar, c’est la même lutte contre les neveux d’IG Farben , la plupart des vigies sont aussi faucheurs et bien contre l’imposture du brevetage du vivant)

La plupart des initiateurs de la vigie sont issus de cette culture de la lutte non violente, (Taverny Arche etc)

Ils sont là « tous les jours » parce que tous les jours les victimes souffrent ou meurent et ne sont pas soignés, ne sont pas reconnues, ne sont pas évacués etc : C’est une chaîne humaine comme celles faites le long du Rhône ou autour des bâtiments à Paris ou à Bure (1000 pas en 2015) qui se refera cet été 2016 (2000 pas http://100000pasabure.over-blog.com/ ) etc sauf qu’ici c’est une chaîne humaine permanente qui dure depuis 9ans. A la différence d’une chaîne classique, le lien de cette chaîne n’est pas la main ; il est le coeur. A maximum trois personnes qui se relaient tous les jours ouvrés correspondant aux horaires des employés des institutions onusiennes, le coeur passe le message, le témoignage des victimes du nucléaire par leur présence et « affichée » devant un simple bâtiment administratif au couleur de glace, un iceberg : l’institution dont la Constitution, la loi la règle les valeurs…est de protéger la santé au nom des peuples du monde.

Tous ceux qui ont participé à ces chaînes peuvent le faire ici deux jours ou une semaine par an, c’est facile, c’est comme une étape d’un marcheur , ici pas trop désobéissant il est vrai, on a eu l’autorisation justement car on ne semble pas gênant, pas efficace…alors que ces termes sont sans objet ici, c’est de l’ordre de la représentation, l’interprétation, le symbolisme, on utilise le mythe on fabrique un récit une histoire ; et on reste dans les clous pour durer… Beaucoup de vigies font ou ont fait ailleurs des actions plus dynamiques ou engagées, ici c’est une pause militante, où on est seul avec soi-même ou accompagné, quelquefois, il y a le processus de la rencontre qui se joue entre vigies ou avec les passants (ce n’est pas seulement un échange d’informations). Sans parler des multiples signes rapides d’approbation du monde de la rue qui les reconnaît. Plusieurs passants ont déjà témoigné cette année alors qu’ils passaient sans rien dire, sans s’arrêter au bout de plusieurs années, ils se sont enfin arrêté pris et transmis les informations et dit « Your manifestation ask me ».

A noter que Conception Picciotto a pu continuer grâce aux autres et que parler d’efficacité est hors sujet ou sans objet; on a tous entendu cette phrase que « c’est le chemin qui importe pas forcement le but ».

A noter aussi que dans le journal du marchand d’arme Dassault; on croit que le journaliste fait une éloge alors qu’il trouve encore le moyen de dénigrer en parlant aussi de « santé mentale » http://www.lefigaro.fr/international/2016/01/27/01003-20160127ARTFIG00370-etats-unis-deces-de-la-femme-qui-manifestait-depuis-35-ans-devant-la-maison-blanche.php

Ce thème de « santé mentale » est récurant chez les nucléocrates déclarés professionnels de la santé dès 1958 lors des recommandations de l’OMS . Alors que l’année précédente en 1957 les recommandations alertaient sur les problèmes majeurs sur la santé ; l’atteinte sur le génome et l’avenir de l’humanité menacée par la poursuite de tout activité nucléaire.

 2016.02.01.recommandationOMSarecommandationOMS

Ce n’est pas par pur altruisme que les vigies passent des heures des jours des années devant un néant de parole publique, ni par croyance mais par lucidité ; on montre l’iceberg, on alerte « les répercussions de notre résistance, ne peuvent être mesurées». Si ces institutions ont fait cela naguère ou laissé faire cela, il le font actuellement et le feront demain chacun sera victime à son tour ; c’est la fonction qui fait l’organe.

Comme pour les autres pollutions dans les nappes phréatique ou l’air, ils remontent les seuils admissibles alors qu’il n’y a pas de seuil admissible en dessous duquel il n’y ai pas de problème de santé.

On interpelle la population, elle seule peut, si elle veut, enfin sortir de la bulle.

…cela ne sert à rien de faire un petit projet écolo dans son coin en « agro-écologie » en « permaculture » etc si du jour au lendemain on a son « jardin bio » arrosé par du cesium 137, des pesticides, OGM, du benzène, des nanoparticules ou piétiné par des CRS ou la milice Fnsea …avant l’autre massacre des bulles-d’oseille etc.

et Il est plus difficile de faire la maintenance d’une éolienne dans une tenue de cosmonaute NIBT…

… plus émouvant et à diffuser partout est le passage avec les femmes de Fukushima interpellant les autorités, c’est ce qu’il faut diffuser, ce n’est pas scientifique, c’est humain. C’est ce qu’il faut avant tout, montrer ; le message de ces femmes. (voir documentaire « De Hiroshima à Fukushima La lutte de Dr. Hida» de Marc Petitjean )

On doit toujours mettre en avant l’exemple du Pr Nesterenko qui comme d’autres avant lui était pro nucléaire avant Tchernobyl et a passé le reste de sa vie à tâcher de soigner les enfants malades de Belrad au Belarus. Ou d’autres exemples : Sakharov, Goffman Tamplin Sternglass, Stewart Einstein etc. En Inde Pradeep Indulkar était ingénieur Nucléaire et depuis qu’il a constaté les nombreuses pathologies autour de la centrale de Jaitapur, il participe maintenant à la dénonciation du très grand crime en faisant des documentaires, Vandana Shiva était aussi une brillante physicienne nucléaire, allez lui demander maintenant ce qu’elle en pense… Ces quelques exemples montrent que l’homme la femme peuvent changer s’ils prennent conscience. Ou se saborder avant comme Grothendiek…(qui lui aussi a eu sa famille disparue dans les camps).

Ce point de s’adresser à tous est capitale car les conséquences touchent tous le monde. Les lobbies et autres gouvernements ne peuvent pas se protéger efficacement non plus. Malgré leur « principe d’irresponsabilité » il doivent et peuvent réfléchir à cela.

C’est vrai que ces grands chantiers (inutile) ces fabrications d’armes etc font « vivre beaucoup d’ouvriers » mais il faudra bien un jour comptabiliser tout ceux que cela fait ou fera mourir (ceux qui vont en mourir ne sont même pas encore née) et tout ceux qui n’en mènent pas large car ils/ elles ne sont vraiment pas en bonne santé.

Comme l’a dit une vigie :

« Les scientifiques qui font des recherches sur les conséquences sanitaires des accidents nucléaires ne soignent pas les victimes mais en font des statistiques de mortalité et morbidité. La quantification de leurs maux n’est pas ce que les victimes demandent même si elles sont dans le grand désarroi et se tournent vers qui tente de les aider mais en premier elles veulent ne plus être contaminées, être soignées éventuellement et être mises à l’abri des radiations. toutes choses qui leur sont refusées. »

En effet une vigie a rapportée :

« le 11 Mars 2016 lors de la rencontre avec l’OMS, Yayoi Hitomi dit qu’elle a refusé de participer à l’étude épidémiologique, car elle se méfie de l’Université et du gouvernement. Les habitants ne veulent pas être des cobayes, ils veulent la vérité et des soins. »

Cette perte de confiance vis à vis des autorités, des institutions gouvernementales et mondiales est significative. En France surtout où les habitants sont conditionnés régulièrement par des campagnes de dépistage de cancer. Par exemple dès 50 ans on les reçoit en bleu pour le colon, peut être que les femmes reçoivent des fascicules en rose pour le dépistage des cancers du sein ou de l’utérus ?, c’est tellement charmant, les bleu pour les garçons, les rose pour les filles, c’est tellement charmant …la France… « Paris libéré ! » Mais Paris irradié, paris contaminé, Paris cancérisé ! Par ces propres habitants de Polytechnique, de l’ENA, HEC etc.

Ces campagnes de dépistage sont aussi des fausses excuses pour expliquer l’explosion des pathologies, toutes, pas seulement les cancers colorectaux, sein, poumon etc. Il y a grand besoin de registres locaux indépendants sous contrôle populaire type FRANCIM mais pour toutes les pathologies.

 depistC

C’est une alchimie qu’a réalisé le paysan breton Paul Roullaud, engagé depuis la première heure contre NDDL et ancien batailleur des centrales nucléaires de Le Carnet , le Pèlerin suite de Erdeven et Plogoff par des chaînes humaines notamment et des actions de harcèlement des mairies. Pour finalement participer à la victoire bretonne. Alchimie de réunir un mélange hétéroclite (pas certain qu’ils s’entendent tous entre eux si on les rassemblait en même temps) autour d’un même projet sous la forme de vigie silencieuse, à trois personnes maximum devant l’imposture onusienne, depuis le 26 Avril 2007.

 VigieOMSa

« La question que les experts ne peuvent jamais résoudre est celle du sens : le sens de la propre vie et de l’humanité. » (Mariana Heredia)

La vigie répond à un besoin de sens en informant personnellement la population, en soutenant le processus de la rencontre et en restant debout face à un monstre bureaucratique, c’est une opposition physique non violente comme le serait une grève de la faim, mais qui s’inscrit dans la durée. Cette manifestation est symboliquement devant cette institution, pour montrer que toutes les autres nous échappent et se défilent devant leur responsabilité. Mais c’est aussi la population qu’on prend à témoin, que l’on interpelle, pour qu’elle agisse d’elle-même, personne d’autre qu’elle même ne peut la représenter.

Cette carriole qui a la couleur d’une ambulance est en fait depuis le début un sous-marin antinucléaire, il pourrait être aussi anti OGM-chimie-pesticide-champs électromagnétique, pour la liberté vaccinale etc c’est à dire pour la vie. Cette carriole est aussi un bibliobus.

 SI Exif

Enfin de quel droit ces gouvernements jouent-ils à la roulette russe avec la vie, la santé de plusieurs millions de personnes et leur descendance ?

Comme pour l’agent orange au Vietnam ; quelques millions de dollars n’y suffiront pas ; on ne peut pas compenser un génocide qui dure, c’est toujours « l’imprescriptible » de Vladimir Jankélévitch.

OMS devient une institution privée

Au dernier rapport financier de l’OMS analysé par une membre de IWHO,

Il s’est avéré comme déjà dit mais sans précision que la fondation de Bill Gates donne de plus en plus à l’OMS beaucoup plus que les Etats même et comme Gavi alliance (vaccin) financé aussi en partie par Bill. De plus les deux Etats anglosaxon US Et GB donnent beaucoup aussi…

De plus avec les autres Etats et « donateurs » une bonne partie des contributions sont ciblées…ils donnent pour faire marcher le commerce des industries; BigPharma énorme tentaculaire face aux minuscules David de la liberté vaccinale, n’ayant eux non plus pas accès à la parole publique (http://www.alis-france.com/objectifs.php ). Il n’y donc aucun lien de l’OMS avec le bien public , c’est une fondation privée au service de Big Pharma, abréviation OMS comme Organisation de la Médicalisation ou Marchandisation des Soins

La Fondation Bill Gates est un exemple de la régression sociétale actuelle, comme au temps des seigneurs et des rois. Ils donnent au bon peuple de temps en temps pour montrer qu’ils sont « bons » . Sachant que ces « dons » ne sont qu’une infime partie de la somme que tous ces généreux philanthropes ont pu extraire au fisc. Les dons sont orientés pour favoriser le commerce florissant de l’industrie chimique par les vaccins par exemple et il n’y a rien pour les malades de la contamination radioactive, car leur reconnaissance serait trop compromettante pour l’industrie nucléaire dont celle de l’armement.

Nous voilà au lieu de progresser en train régresser. Peut-être même de plus de 400ans en arrière car le sacrifice d’enfants est bien plus ancien, car comment se fait-il que l’on ait laissé quelques personnes accumuler autant de pouvoir et d’argent et qu’ils puissent, tel des dieux ou des rois, décider de ce qui est bien ou de ce qui est mal ? Et décider de ceux qui doivent vivre ; ici les « vaccinés » et ceux qui doivent mourir ; là « les contaminés de la radioactivité ».

« Une hirondelle ne fait pas le printemps »… « Un acte moral ne fait pas la vertu »

 AnnexeSanté

Un nouveau bâtiment se construit non loin de l’OMS

Il logera le “Fonds mondial contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme” (voir

(http://www.theglobalfund.org/fr/financials/

http://www.theglobalfund.org/en/privatengo/) dont la fondation Gates sont aussi donateurs.

http://www.ge.ch/conseil_etat/2009-2013/ppresse/20130724.asp

Ce « Campus santé » est sous l’égide de la FIPOI, qui construit et gère les bâtiments des organisations internationales à Genève (voir http://www.fipoi.ch/fr/nos-projets?param=phase_etude&id=10). La FIPOI est dans le collimateur des vérificateurs pour ses comptes peu transparents.

D’autres Actions sont à mener

  • Belrad doit être financé par l’Europe. c’est complètement inadmissible que Belrad qui soigne les enfants ne reçoive pas de soutien des institutions gouvernementales. Un vigie a rapporté qu’au Bélarus le dictateur qui a jouer les colombes de la paix entre Poutine et Merkel fait aussi liquider les opposants politiques. Comme celui du Kazakhstan reçu à l’Élysée. Comme naguère le chef libyen ou syrien En fait pour les gouvernements, il y a le « bon » et le « mauvais » dictateur, le bon c’est celui avec lequel on peut faire des affaires. Dès que l’on ne peut plus faire d’affaires avec lui on le fait liquider ou plutôt on « soutien les opposants » car bien sûr dans des dictatures, il y a toujours des opposants… quitte à imposer le chaos…et des retours de manivelles de plus de 400ans d’esclavagisme et colonialisme.
  • Les liquidateurs de Tchernobyl ont sauvé l’Europe et l’Europe les nie, l’Europe doit financer les soins des personnes les plus sensibles autour de Tchernobyl.

- Il y a grand besoin de continuer le travail d’éducation populaire par les forum citoyen notamment aider Annie Thébaud Mony et autres organismes non gouvernementaux pour faire un forum rassemblant les témoignages des victimes.

- Utiliser le fait que Genève confirme qu’elle s’engage contre le nucléaire conformément à l’article 160E de sa Constitution.

Et comme l’a rappelée une vigie de Corrèze, Genève peut aider à fermer les centrales françaises soutenir les antinucléaires comme Genève avait travaillé à fermer Creys Malville. (rappeler aussi que ce sont des genevois qui ont tiré au lance roquette sur Superphénix…mais de nos jours tirer sur les EPR servirait d’occasion inespérée à Edf-Areva pour jeter l’éponge..Il faut refuser que les contribuables financent cette imposture. Les lobbies et responsables ont encore trop de richesse, ce sont eux qui doivent payer. (c’est la totalité qui contient Lauvergeon ou Giscard etc)

- Utiliser le fait que d’autres pays s’engagent contre les vieilles centrale (Allemagne contre Belgique Doel et Tihange, ou contre France Fessenheim, Luxembourg contre Cattenom etc.

pour ruer dans les brancards de ce pays qui est devenu un immense hôpital, non plus un asile pour les « étrangers » mais un asile d’aliénés.

- Faire des actions de blocage, occupation dans les lieux politiques Assemblée, Sénat etc car ces « représentants du peuple » nous mènent en bateau et on ne pas se contenter de poser une « question à l’Assemblée », une question à l’assemblée, belle leçon de pratique démocratique …

- Déconseiller les actions sur les trains de déchets radioactifs ou dans les centrales car il y a trop de risques humain, et les autorités ont prouvé qu’elles pouvaient trancher les tendons et tuer.

et ce sont bien les politiques les premiers responsables devant la population, les industriels et banquiers etc eux jouent leur jeux, mais on est pas tous d’accord sur le fait que ces derniers doivent rester maîtres du jeux…(cf Renverser nos maîtres pays par pays…

- Détruire Polytechnique, détruire l’ENA, détruire HEC, détruire St Cyr etc mais est-ce non-violent ? Démonter alors…comme un vulgaire resto rapide de malbouffe.

C’est bien de faire des procès en déontologie contre la pub d’EdF ou de la voiture et vélo électrique mais on parle bien ici de crime, c’est anxiogène certes, c’est pourtant bien un crime contre l’humanité et SDN, Greenpeace ont tous les éléments sur cette imposture et cette prévarication ils ont même des fiches sur chaque personne (cas Bataillefichier pdf Vulca-BATAILLE, Longuet, Giscard, Balkanyfichier pdf Vulca-BALKANY, Strausskahn etc fichier pdf Vulca-Cazeneuve (Cf Réseau Vulcanus http://bellaciao.org/fr/spip.php?article146953 ) il faut bien porter des accusations ad Hominem.

ReseauVulcanusfacenuke

Il y a des responsables à ces crimes, ce n’est pas « le sourire de Tchernobyl » que portent les femmes de l’AFMT pageBdAFMT2016.05.03.RAINfn

( http://asso-malades-thyroide.org/) c’est bien le sourire de Pellerin, de Pasqua, Guillaume Barzac Chirac Mitterrand etc : Viser les pseudo écolo les pseudo socialo, la prévarication générale et des autres élus locaux inondés d’argent public.

Oui c’est anxiogène, de se rappeler que dans cinq minutes dans une semaine ou dans un an, il y aura une autre catastrophe si rien ne bouge et que les autorités deviendront de plus en plus fascistes, même en ayant préparé la propagande de l’acceptabilité de l’inacceptable. C’est la fonction qui fait l’organe, Etats nucléaires sont réellement des Etats totalitaires.

lheuretourneHorlogefleurie

30 ans après les catastrophes continuent :

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/

mais aussi partout ailleurs.

C’est anxiogène mais « Anxiogène ! Anxiogène ? Est-ce que vous avez une gueule d’anxiogène ? »

 vigieGeneveOMS

Rengagez-vous

Une vigie a dit : « Relançons la dynamique !

Notre mouvement a contribué à l’éveil des consciences de nombreux citoyens, il a renforcé la motivation de nombreux militants, il a mis en relation des scientifiques, des citoyens, des militants, il a facilité les convergences de luttes, il a diffusé des connaissances. »

L’équipe actuelle des Vigies a grand besoin d’être renforcée et élargie.

Nous lançons cet appel pour que continuent le témoignage vivant de la

souffrance des victimes du nucléaire devant le siège de l ‘OMS à Genève ainsi que devant les administrations de la santé publique de tous les pays.

Vous pouvez aider aussi en hébergeant des vigies à Genève et France voisine.

 

Participez à la Vigie à Genève pour une heure, un jour, une semaine …

…Nous considérons qu’une présence devant l’OMS est encore et toujours indispensable pour témoigner de la souffrance des victimes de la pollution radioactive et dénoncer les institutions, nationales et internationales, et tous ceux qui organisent le déni des dangers et des conséquences dramatiques de la radioactivité. Nous voulons continuer à en informer le public et à réclamer une recherche indépendante au sein même de l’OMS. A l’image de la goutte d’eau qui peu à peu effrite le rocher, les intérêts en jeu et la puissance du lobby nucléaire nécessitent l’extrême détermination d’une action de longue durée. Pour cette raison, nous avons absolument besoin de toutes les personnes qui peuvent offrir quelques heures, 2 jours, ou une semaine pour maintenir cette vigie dans le temps. Si vous souhaitez des informations complémentaires ou si vous désirez vous inscrire pour la vigie, écrivez à Paul Roullaud : paul.roullaud(at)independentwho.org

ou téléphonez-lui au +33 (0)2 40 87 60 47

http://independentwho.org/fr/la-vigie/

 vigieParis

Nous jugeons important de nous adresser aussi aux personnes qui sont co-responsables de la politique de l’OMS. Les ministres de la santé sont les représentants des pays membres de l’OMS et ils participent aux choix de la politique et des actions menés par cette institution en matière de radioprotection. Pour cette raison, nous avons démarré le vendredi 9 novembre 2012, une vigie devant le ministère de la santé à Paris. Pour cette vigie qui se tient chaque vendredi de 9h à 17h, devant le ministère de la Santé, nous avons également besoin de votre participation.

Plus d’informations sur cette vigie à Paris :

http://independentwho.org/fr/2012/12/03/vigie-ministere-sante-paris/

contact(at)independentwho.org

 

IndependentWHO-Santé et Nucléaire (Collectif international) 

(WHO : initiales de OMS en anglais)  www.independentwho.org 

 oiseaubleufleur

(1)

http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2013/oct/13/world-health-organisation-iraqwar-depleted-uranium

 

(2) http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/leTresGrandCrime_2_-2.pdf

 

(3) http://enfants-tchernobyl-belarus.org/extra/pdf-divers/telecharge.php?pdf=pourquoi_aider.pdf

 

(4) http://www.asso-henri-pezerat.org/hommage-a-roger-belbeoch/

 

(5) http://bellaciao.org/fr/IMG/pdf/leslarmesderagenesechentjamais.pdf

 

(6) « La Menace Nucléaire » (ouvrage relevé par une vigie)

 

(7) Albert Camus sur Hiroshima. L’éditorial de Combat du 8 août 1945

Mercredi, 5 Août, 2015 (l’humanité) http://www.humanite.fr/albert-camus-sur-hiroshima-leditorial-de-combat-du-8-aout-1945-580990

(8) Jean Rostand discours à la Mutualité Paris 1966 (enregistrement relevé par une vigie)

 

(9) http://bellaciao.org/fr/spip.php?article143127

(10)

http://www.alterecoplus.fr/energie/les-six-faux-arguments-dedf-en-faveur-du-nucleaire-201603110500-00003155.html

http://www.sortirdunucleaire.org/Balkany-Patrick-UMP

http://www.arte.tv/sites/fr/story/reportage/areva-uramin-bombe-a-retardement-du-nucleaire-francais/

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article143369

deuxlivrepres

Un peu de lecture du bibliobus :

 

p9 « la disqualification menace ceux qui s’aventurent hors des chemins battus, surtout lorsque les recherches mettent en question cette «recherche asservie » qui sauvegarde des intérêts mercantiles privés au détriment de la vie et de la santé, des travailleurs en premier lieu et, bien sûr au-delà, de la société toute entière. » [...]

p11 « Le début du 21ème siècle est marqué par la montée des périls que plu personne ne peut nier. En France, l’épidémie de cancer flambe : en 2012, le nombre de cancers est estimé à 355000 nouveaux cas en France métropolitaine dont 200000 chez l’homme et 155000 chez la femme, soit environ deux fois et demi plus qu’en 1980. Les maladies neuro-dégénératives, les allergies, la stérilité masculine ou féminine, les atteintes à la santé mentale ne cessent d’augmenter. Des menaces, plus diffuses, concernent la (non-)gestion des déchets miniers, électroniques ou nucléaires, la pollution atmosphérique par les particules de diesel, mais aussi le nombre croissant de lieux contaminés par les métaux lourds, l’arsenic, l’amiante, les produits organiques persistants et les perturbateurs endocriniens, en particulier les pesticides. Sans parler du changement climatique.

Le plus souvent invisibles dans les statistiques officielles, les inégalités sociales face à la maladie et face à la mort s’accroissent. En 1984, un ouvrier avait quatre fois plus de risques de mourir de cancer qu’un cadre supérieur. En 2008, ce risque est dix fois plus élevé et la France détient le record européen de mortalité masculine précoce par cancer (avant soixante cinq ans).» […]

[NDLR : Mais quelle différence y a t-il entre la France et les autres pays industrialisés d'Europe si ce n'est 58 réacteurs qui crachent en permanence et sont autorisés à le faire et les productions et stockages des armes et déchets radioactifs ? Les pesticides ? Les centrales d'incinérations ? L'arrogance et la prévarication du grand Corps des Mines ? de l'ENA ?]

p12 « l’objectif est d’analyser comment les scientifiques, dans leur majorité, ont été amenés à s’inscrire dans un processus de confiscation et de corruption de la science au service des intérêts privés de grands groupes industriels et de leurs actionnaires, avec la complicité active de l’État

(Annie Thébaud-Mony « La science asservie »)

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p342 « Cependant, sans s’en apercevoir, on prit peu à peu l’habitude de faire d’abord confiance au mécanisme institutionnel plutôt qu’à la bonne volonté de l’homme. Ainsi le monde commença de perdre sa dimension humaine, jusqu’à notre temps où se retrouve la contrainte des faits et de la fatalité, comme aux époques dites « primitives » . »

[...]

« L’épuisement et la pollution des ressources de la terre sont surtout le résultat d’une corruption de l’image qu’il [Prométhée] se fait de lui-même, d’une régression de sa conscience. »[...]

p347

« Une conscience nouvelle des limites terrestres et d’une nostalgie [P.Guzman] également nouvelle peuvent ouvrir les yeux de l’homme et lui faire voir pourquoi son frère Épiméthée, en épousant Pandore, choisit d’épouser la terre. » [...]

 

p474 « Le prix de cette inversion »[...] « L’homme retrouvera la joie de la sobriété et de l’austérité en réapprenant à dépendre de l’autre, au lieu de se faire esclave de l’énergie et de la bureaucratie toute puissante. » [...]

p476 « Une société équipée du roulement à billes et qui vivrait au rythme de l’homme serait incomparablement plus efficace que toutes les rudes sociétés du passé, et incomparablement plus autonome que toutes les sociétés programmées du présent. »[...]

p478 « Il n’y a qu’une façon de liquider les dirigeants, c’est de briser la machinerie qui les rend nécessaires _et par là même la demande massive qui assure leur empire_. »

[...] « L’inverse, c’est un milieu propice à la production qui est l’oeuvre d’un peuple anarchique. Mais le politicien qui a conquis le pouvoir est le dernier à comprendre le pouvoir du renoncement. »[...]

p482 « …c’est se libérer de l’oppression du non-sens et du manque, chacun reconnaissant sa propre capacité d’apprendre, de se mouvoir, de se soigner, de se faire entendre et comprendre. Cette libération est obligatoirement instantanée, car il n’y a pas de moyen terme entre l’inconscience et l’éveil. Le manque que la société industrielle entretient avec soin ne survit pas à la découverte que personnes et communautés peuvent elles-mêmes satisfaire leurs véritables besoins. »[...]

 

P583  « l’entreprise médicale comme paradigme pour illustrer l’institution industrielle. La médicalisation pernicieuse de la santé n’est qu’un aspect d’un phénomène généralisé. »

[...]

p631 « Cette « santé nationale brute » exprime la mercantilisation de choses, de paroles et de gestes produits par un ensemble de professions qui se réservent le droit exclusif d’en évaluer les effets et rendent la consommation de leurs produits pratiquement obligatoire, en utilisant leur prestige pour éliminer de la vie quotidienne les choix alternatifs. Cet effet paradoxal de la médicalisation du budget est comparable aux effets paradoxaux de la surproduction et de la surconsommation dans le domaine d’autres institutions majeures. C’est le volume global des transports qui entrave la circulation, le volume global de l’instruction qui empêche les enfants d’épanouir leur curiosité, leur courage intellectuel et leur sensibilité, c’est le volume envahissant des informations qui engendre la confusion et le superficiel, et c’est le volume global de la médicalisation qui réduit le niveau de santé. La prolifération [des médicaments] est malsaine pas seulement parce qu’ils produisent des troubles fonctionnels ou des lésions organiques mais surtout parce qu’ils produisent de la dépendance. » [...]

p658 « La médicalisation de la société industrielle renforce son caractère impérialiste et autoritaire. »

p659 « pendant un siècle,on a cru que le niveau de vie et l’extension du bien-être dépendaient de l’accès aux produits industriels. Il est maintenant évident que si l’on ajoute aux coûts de production les effets secondaires non désirés de la plupart des institutions, celles ci apparaissent non comme des outils de progrès mais comme les obstacles principaux à la réalisation des objectifs qui précisément constituent leur but manifeste et technique. »

p661 « Chacune de ces marchandises est disponible en quanta dont les coûts unitaires pour la collectivité croissent par saut importants, même s’il n’en paraît rien et que le prix du marché ne reflète qu’en partie ce que l’objet de pointe a coûté au contribuable. La raison en est que plus le coût d’une marchandise est élevé, plus il est masqué par le fait qu’une partie croissante en est exportée sur d’autres systèmes et n’apparaît pas dans son prix. C’est ce que les économistes appellent une « externalité ». Le prix que paye un consommateur pour parcourir un kilomètre peut être grosso modo le même s’il le fait sur la route ou dans les airs, alors que le véritable coût social et écologique est en corrélation étroite avec la vitesse de pointe du véhicule utilisé

(Ivan Illich « Oeuvres » dont Némesis médicale)

 

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« Il faut que nous nous mettons dans la tête une bonne fois pour toute que la toute puissance nucléaire est à la politique extérieure ce que la terreur exercée chez lui par l’État Totalitaire est à la politique intérieure. » …cite Jordan (1941): « Le sens et la signification de la recherche en physique _bien qu’elle soit souvent estimée aussi pour elle-même par ceux qui s’y adonnent et ses admirateurs_ lui sont invariablement donnés par le rôle qu’elle joue en tant qu’instrument de puissance technique et militaire »… « Rien de plus absurde que l’idée d’utiliser ce qui n’a pas de limite ou de menacer à l’aide de ce qui n’a pas de limite pour faire triompher de vaines prétentions ou des buts purement partisan »… « Lorsque nous démissionnons d’un emploi parce que nous avons pris conscience que ce qu’on nous demande d’y faire est irresponsable, nous ne satisfaisons pas encore à ce qui est moralement requis »… « Le refus de participer à un crime ne remplacera jamais l’annulation de ce crime »… « Si l’État dans lequel vous vivez se dit démocratique, c’est précisément parce qu’il vous garantit le droit de prendre part à des décisions qui n’ont rien à voir avec votre domaine de compétence »… « Notre conscience ne s’adresse pas plus à nous « en tant que » savants qu’à nos contemporains en tant que non-savants. Notre conscience n’a pas de titre universitaire »… « La phrase qui dit que « les conséquences ne se soucient pas des séparations » est en fait l’une des propositions principales de l’éthique. Non elle est plus…: elle concerne l’un des faits qui rendent nécessaire la morale. Car les frontières que nous avons dressées entre les champs sociaux, professionnels ou scientifiques méconnaissent les conséquences qui leur sont indifférentes. Cela vaut d’autant plus que l’acte en question est grand. »… « ne sont responsable que ceux qui sortent du lit de leur spécialité et bondissent après les conséquences de leur actes ou travaux. »… « Ce qui nous fait mal, c’est qu’en tant qu’auteur de notre travail, nous ne sommes pas à la hauteur de ce que nous produisons…Le mal actuel, c’est notre « Nous ne savons pas ce que nous faisons »…Le faire a englouti l’agir, le produit précède nos actes, « Nos produits sont déjà, que nous le voulions ou non nos actes. »… « Une action est aussi aveugle que le plus aveugle de ceux qui y prennent part. (En partie par la production de machines, en partie par le déclenchement des machines qu’on a produites) et, par là même, abolie, la possibilité de bien agir est, elle aussi, abolie. »… « La menace nucléaire …(consiste dans le simple fait d « avoir » la puissance nucléaire) n’est pas l’alternative au totalitarisme mais sa politique extérieure. »… « le naufrage atomique n’est pas un suicide mais un meurtre de l’humanité. »… Notion « d’incertitude infinie, j’insiste sur cette idée parce que notre combat est condamné d’avance si nous en évaluons mal la nature. Il n’est pas que de notre tâche, de celle de notre génération mais désormais celle de tous les hommes. Il est donc notre destin. Nous devrons léguer notre volonté à nos enfants aussi longtemps qu’on nous les laisse en vie, et ceux-ci devront faire de même. Il est indispensable de gagner ce combat sachant qu’aucune victoire n’y est définitive. »… « Nous avons atteint la fin de toute responsabilité possible. Car « être responsable d’un acte » n’est pas autre chose que pouvoir se représenter à l’avance ses effets et se les être réellement représentés. »… « décrire cet état d’immoralité comme un gouffre qui s’est ouvert entre notre praxis (c’est à dire notre façon de produire) et notre imagination limitée. »…

« La division du travail et la spécialisation sont des œillères »… « On aspire (et pas seulement dans les États totalitaires où cela a valeur de principe et se fait ouvertement) à ce que chacun se réduise à son métier et s’y laisse réduire aussi facilement »… « C’est le totalitarisme secret du monde  prétendu « libre » »… « Notre vie privée nous est octroyée comme un état dans lequel nous sommes dépouillés de quelque chose, de la responsabilité »…notion de « droit démocratique fondamentale »

« La culpabilité nous est retirée parce que nous avons transféré les actes par lesquels la faute vient au monde à des choses qui, maintenant, agissent à notre place. Les instruments sont les bourreaux que nous employons. Modestes, les mains propres, nous restons derrière eux. C’est en cela que consiste le mal de notre époque. Elle est mauvaise parce que nous n’avons plus besoin d’être méchant pour commettre les actes les plus mauvais. »… « « juste faire son travail » comme les employés des camps… « moralement neutre » « il n’a pas d’odeur » … Le travail est le camouflage de l’acte. Il épargne toute culpabilité à ceux qui prennent part à un meurtre de masse.»… « Seul celui qui ne renonce pas à imaginer l’effet de son geste a une chance d’en comprendre la vérité; la perception en est incapable. »… « Car le seul organe de la vertu, c’est l’imagination et c’est à cette force seule que se mesure la moralité de ton action. Voilà pourquoi ton premier impératif doit être : « imagine! » et le second, qui dépend immédiatement du premier: « Combats ceux qui cultivent l’étiolement de cette faculté! »…

« La division du travail est toujours aussi une division de la conscience morale. »… « Distinguer un usage guerrier et un usage pacifique de l’énergie nucléaire est fou et mensonger. »

(Günther Anders « La menace nucléaire »)

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« Qu’est-ce au fond que l’espoir ? Est-ce la croyance que les choses vont s’améliorer ? » s’interrogeait déjà Günther Anders dans un entretien sur « L’état d’urgence et la légitime défense », un an après la catastrophe de Tchernobyl. La réponse qu’il apportait alors vaut tout autant aujourd’hui qu’hier : « Il ne faut pas faire naître l’espoir, il faut l’empêcher. Car personne n’agira par espoir. Tout espérant abandonne l’amélioration à une autre instance. »

(Günther Anders, La violence : oui ou non. Une discussion nécessaire, Éditions Fario, Paris, 2014, p.30.)

« L’espoir est « un autre mot pour dire lâcheté », et c’est de l’intime connaissance de cette identité dont les maîtres chanteurs du nucléaire tirent toute leur force. Tant que leurs opposants auront de l’espoir, ils resteront effroyablement inoffensifs. » (Thierry Ribault)

est chercheur au CNRS (Clersé-Université de Lille1). Il est co-auteur, avec Nadine Ribault, de Les sanctuaires de l’abîme – Chronique du désastre de Fukushima,aux Éditions de l’Encyclopédie des nuisances, Paris, 2012.

« Dans un livre en préparation de Guy Demenge de ContrAtom (qui reprend les analyses de l’ouvrage du philosophe allemand Günther Anders – La menace nucléaire, Ed Le Serpent à plumes) il est question du « devoir d’irresponsabilité » :

Malgré tous les beaux discours qu’on tient sur la démocratie […] l’action a déjà été abolie en tant que telle.[…] Ce qui vaut pour ceux qui travaillent dans les usines où l’on fabrique des machines vaut, à quelques exceptions près, pour tous nos contemporains. […] Pour la bonne marche de la société scientifiquement organisée, « la responsabilité » doit nous être totalement interdite. […] Le totalitarisme (et pas moins le totalitarisme secret du monde prétendu « libre ») nous étreint comme avec une paire de tenailles. Il cherche à réduire et à « limiter » l’homme à l’exploitation de ce qui est exploitable ; à le détruire en tant que totalité ; à affaiblir cette partie de l’homme qui à l’évidence ne sert pas sa performance mais fait malgré tout partie de lui… […] Ce qui indigne nos dirigeants, c’est que parfois les citoyens tentent d’agir au lieu de se contenter de l’alternative « travail ou loisir ». […] Aussi longtemps que dure ton travail, tu dois renoncer à ces attitudes dans lesquelles « tu dois » ou « tu ne dois pas » faire telle ou telle chose ; au lieu d’avoir une conscience morale, tu dois seulement être « scrupuleux » ; tu dois moralement rester limité ! Nous suivons tous (ou presque tous) cette maxime qui était celle des employés des camps d’extermination ; nous sommes tous (ou presque tous) convaincus que l’opprobre de l’acte ne rejaillira pas sur nous aussi longtemps que nous n’y prenons part qu’en travaillant. […] Le temps dit libre est, de plus en plus, tout aussi aménagé, organisé que notre temps de travail. Parce que cette vie privée qu’on nous concède à côté de notre temps de travail, qu’on nous encourage même à cultiver, est conçue comme une vie « privée »… de quelque chose. Ce quelque chose étant : la responsabilité. […] Cette limitation est par là même une limitation morale. Car « moral » est celui qui pèse les conséquences et les conséquences des conséquences de ses propres actes.

Rester silencieux et immobile pendant des heures sur un bout de trottoir devant l’Organisation Mondiale de la Santé, en lui rappelant en prise directe la tragédie des enfants malades de Tchernobyl, constitue paradoxalement l’action par excellence, que chacun peut accomplir dans la plénitude de sa personne morale et humaine. Le propre de l’Homme le moins puissant étant de pouvoir dire NON en restant debout (et non à quatre pattes).

Dans la lettre, dont nous avons finalement reçu une copie à 13 heures, l’Organisation Mondiale de la Santé utilise un terme parfaitement approprié, elle se dit « gênée ». »

(Wladimir Tchertkoff ) Extrait du compte-rendu de la journée du 26 Avril 2007, premier jour de manifestation des vigies devant l’OMS. est journaliste auteur de « Le crime de Tchernobyl, le goulag nucléaire »- Éditions Acte Sud et coauteur avec Emmanuela Andreoli et son équipe des films documentaires Le piège atomique -Le sacrifice- Controverse nucléaire.

 fichier pdf WladCommuniqué de presse – Margaret Chan rencontre IndependentWHO fr.

fichier pdf WladLettre d’IndependentWHO à la Directrice-Générale de l’OMS (1)

fichier pdf WladLettreàMChanPublicationActes07Novembre2011FR

&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&&

Voir aussi :

- http://www.legrandsoir.info/comment-fonctionne-la-medecine-officielle-quelques-elements-pour-comprendre.html

 

(liste non exhaustive…)

http://lesveilleursdefukushima.blogspot.com/

http://appeldefukushima.wordpress.com/

http://fukushima.over-blog.fr/

écologie et santé, les amis de Yury Bandajevski : http://chernobyl-today.org/

radioprotection Santé

http://independentwho.org/fr/ ; http://www.youtube.com/user/Independentwho?feature=mhee

http://belrad-institute.org/

http://enfants-tchernobyl-belarus.org/

http://www.criirad.org/

www.lesenfantsdetchernobyl.fr

www.ippnw.ch

http://amfpgn.org/

http://www.acsir.org/acsir.php

http://asso-malades-thyroide.org/

http://aipri.blogspot.com/

www.aven.org

http://www.obsiven.org/

www.mururoa.orghttp://moruroaetatou.com/

www.avigolfe.com

Info-action

http://www.contratom.ch/spip/

http://www.sortirdunucleaire.org/

http://sortirdunucleaire75.org/

http://www.coordination-antinucleaire-sudest.org/

http://observ.nucleaire.free.fr/

www.resosol.org http://resosol.org/Gazette/GSIEN.html

http://tchernobyl.verites.free.fr

http://www.dissident-media.org/infonucleaire/

http://burestop.free.fr/spip/

http://www.villesurterre.com/

http://www.wise-paris.org/index_f.html

http://www.coordination-stopnucleaire.org/

Actions engagées

http://valognesstopcastor.noblogs.org/

http://antitht.noblogs.org/

Désarmement

www.armesnucleairesstop.org

http://www.icanfrance.org/

www.obsarm.org

www.abolition2000.org

http://www.nonaumissilem51.org/

http://acdn.france.free.fr

 BirdyHealthcrimeB

version à faire circulerfichier pdf Ceux qui doivent vivre et ceux qui doivent mourir

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Alors il faut être en colère

Posté par elianguesard le 1 janvier 2016

« On ne peut qu’être en colère. Colère parce qu’on sait et qu’on ne fait rien. Colère parce qu’une minorité d’hommes et de femmes s’arrogent le droit de décider, seuls, de l’avenir du vivant sur la planète et que, par là même, ils menacent notre existence. Colère, parce que les opposants à cette vision sont méprisés, rejetés, criminalisés voire éliminés. Colère, enfin face à l’inégalité des forces et des moyens dont disposent ceux qui alimentent une destruction programmée et ceux qui cherchent à préserver la vie sur terre. Des processus dont on connaît les conséquences négatives se poursuivent inexorablement. Ils sont le fait d’hommes et de femmes sans scrupules, cyniques et avides d’argent et de pouvoir.

De plus en plus d’études scientifiques, dans tous les domaines, décrivent les dégâts que font subir ces politiques aux milieux naturels et aux êtres vivants.

De plus en plus d’habitants de la planète s’insurgent, disent et redisent, sous toutes les formes possibles leurs désaccords. Cela ne change rien. Les pouvoirs politiques et économiques poursuivent imperturbablement leur route. Les destructions continuent, à une échelle même supérieure, à mesure que les technologies se perfectionnent, que l’accès aux ressources est plus difficile et que les pouvoirs se font une concurrence accrue. Des millions de gens sont déplacés, les guerres se multiplient. Pour une grande partie de la planète l’apocalypse est déjà là. Alors il faut être en colère. » (Silvia Pérez-Vitoria « Manifeste pour un 21ème siècle paysan

Ne sautez pas sur Notre Dame des Landes

LargageB

Mobilisation générale des opposantEs au projet d’aéroport le 09 janvier suite à l’annonce de l’audience en expulsion des habitants et paysans historiques pour le 13/01/2016.

Suite aux procès ’ajournés’ du 10 décembre visant à expulser les habitant.e.s historiques, et dans un climat d’annonces d’expulsions et de reprise de travaux au début de l’année 2016, montrons à l’Etat et Vinci que nous ne nous laisserons pas faire.

Le mouvement contre l’aéroport appelle à une grande journée de mobilisation le samedi 9 janvier.

Pour la région nantaise, une tracto-vélo et marche piétonne se préparent.
Hier matin, 30 décembre, les habitants ou/et paysans « historiques » de la ZAD de Notre Dame des Landes qui ont refusé l’expropriation, ont reçu une deuxième convocation devant le Tribunal de Grande Instance de Nantes pour le 13 janvier 2016. Le gouvernement, par l’entremise d’AGO/Vinci, persiste à les attaquer en vue de leur EXPULSION avec date d’effet potentiellement rapide sinon astreintes, voire confiscation des cheptels.

Hier soir, lors d’une assemblée générale des diverses composantes de la lutte, il a été décidé que la MANIFESTATION initialement prévue à Nantes le 16 janvier sera AVANCÉE au samedi 9 JANVIER 2016.

Cette nouvelle date n’annule en rien les manifestations que les comités ont prévues le 16 janvier dans leurs secteurs ou villes respectifs. La date avancée du 9 janvier à Nantes permettra aussi de gonfler les rangs par les personnes qui choisiraient de s’y rendre avant leurs propres actions localisées du 16.

Les modalités du déroulement des manifestations ne changent pas. La volonté reste de leur conserver un caractère pacifique dans le respect des personnes et sans que soit perpétrée aucune dégradation. Lors de la COP21, le convoi réussi de NDL vers Paris a parfaitement illustré cette méthode, face aux tentatives de déstabilisation de certains préfets.

L’ACIPA

https://zad.nadir.org/spip.php?article3322

fauteurs de guerresfichier pdf survie

Investissement sans « externalités sociales et environnementales »fichier pdf Levelized Cost of Energy

fichier pdf ne sautez pas sur NDDL

Ne sautez pas sur Notre dame des Landes

LargageC

salazad

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Renverser ses maîtres pays par pays

Posté par elianguesard le 15 juillet 2015

paradispoisshaineOccident9782SfusisuisseblancsoupçonlaventplusblancsciencA

Renverser ses maîtres pays par pays

« Le développement est un voyage qui compte plus de naufragés que de

navigateurs »…« Il faudra qu’elle commence par renverser ses maîtres,

pays par pays. Des temps s’ouvrent, de rébellion et de changement.

Certains croient que le destin repose sur les genoux des dieux, mais la

vérité est qu’il travaille, comme un défit brûlant, dans les consciences

des hommes. »… « On écrit pour essayer de répondre aux questions qui

vous bourdonnent dans la tête, mouches tenaces qui vous empêchent de

dormir, et ce que l’on écrit peut prendre un sens collectif lorsqu’il

coïncide d’une certaine manière avec le besoin social de la réponse. »…

« On nous ment sur le passé comme on nous ment sur le présent : on nous

masque la réalité. » (Eduardo Galeano « Les veines ouvertes de l’Amérique latine »)

 

« Pour que l’histoire ne se répète pas, il faut sans cesse la remémorer :

l’impunité qui récompense le délit encourage le délinquant. Et lorsque le

délinquant c’est l’État, qui viole, vole, torture et tue sans rendre de

compte à personne, alors il donne lui même le feu vert à la société

entière pour violer, voler, torturer et tuer. Et la démocratie en paie, à

longue ou courte échéance, les conséquences. L’impunité du pouvoir, fille

de la mal-mémoire, est une des maîtresses de l’école du crime. Et le

nombre d’élève augmente chaque jour. Lorsqu’elle est vraiment vivante, la

mémoire ne contemple pas l’histoire, mais elle incite à la faire.

Davantage que dans les musées où la malheureuse s’ennuie, la mémoire est

dans l’air que nous respirons. Et dans l’air elle nous respire. Elle est

contradictoire, comme nous. Elle n’est jamais au repos. Elle change, avec

nous. » (Eduardo Galeano « Mémoires et mal-mémoire »)

 

En mémoire :
- http://www.mediapart.fr/journal/international/130415/deces-de-lecrivain-anticapitaliste-uruguayen-eduardo-galeano

- http://www.legrandsoir.info/les-mots-d-eduardo-galeano-marchent-dans-les-rues-d-un-continent-counterpunch.html

 

Renverser ses maîtres pays par pays; aujourd’hui la Grèce
capté sur http://cadtm.org/Jamais-je-ne-pourrai-voter-et

13 juillet 2015 par Zoe Konstantopoulou

« Jamais je ne pourrai voter et légitimer le contenu de l’accord »

Discours de Zoé Konstantopoulou, présidente du parlement grec, sur le

projet soumis par le gouvernement aux créanciers le 11/07/2015

 

Mesdames et messieurs, chers collègues,

En de pareils instants, nous devons agir et parler avec sincérité

institutionnelle et courage politique.

Nous devons assumer chacune et chacun la responsabilité qui nous revient.

Protéger, comme notre conscience nous y oblige, les causes justes et les

droits sacrés, inviolables et non négociables de notre peuple et de notre

société.

Sauvegarder l’héritage de ceux qui ont donné leur vie et leur liberté

pour que nous vivions aujourd’hui libres.

Préserver l’héritage des nouvelles générations et celles à venir ainsi

que la civilisation humaine, de même que ces valeurs inaliénables qui

caractérisent et donnent un sens à notre existence individuelle et

collective.

La façon dont chacun choisit de décider et d’agir peut varier, mais

personne n’a le droit de se moquer, de dégrader, de dénigrer ou d’

utiliser à une fin politique les décisions qui sont issues d’un processus

et d’une épreuve qui touchent au cœur de notre existence.

Nous toutes et tous sommes et serons jugés au regard de notre attitude et

de nos décisions, de nos oui et de nos non, de nos actes et de nos

omissions, de notre cohérence, de nos résistances, de notre abnégation et

de notre désintéressement.

Depuis cinq mois, le Gouvernement, qui a comme tronc la Gauche et comme

noyau les forces anti-mémorandum, livre un combat inégal dans des

conditions d’asphyxie et de chantage contre une Europe qui a trahi les

objectifs inscrits dans ses statuts, à savoir le bien-être des peuples et

des sociétés, une Europe qui utilise la monnaie commune, l’euro, non pas

comme moyen d’atteindre le bien-être social, mais comme levier et

instrument d’assujettissement et d’humiliation des peuples et des

gouvernements rebelles, une Europe qui est en train de se transformer en

une prison cauchemardesque pour ses peuples alors qu’elle a été

construite pour être leur maison hospitalière commune.

Le peuple grec a confié à ce Gouvernement la grande cause de sa

libération des chaînes du mémorandum, de l’étau de la mise sous tutelle

et de la mise sous surveillance qui a été imposée à la société sous le

prétexte de la dette, une dette illégale, illégitime, odieuse et

insoutenable, dont la nature, comme l’ont démontré les conclusions

préliminaires de la Commission pour la Vérité de la Dette Publique, était

déjà connue par les créanciers depuis 2010.

Une dette qui n’a pas surgi comme un phénomène météorologique, mais qui a

été créée par les gouvernements précédents avec des contrats entachés de

corruption, avec des commissions, des pots-de-vin, des clauses léonines

et des taux d’intérêt astronomiques dont ont tiré bénéfice des banques et

des compagnies étrangères.

Une dette que la Troïka, en accord avec les précédents gouvernements, a

transformée frauduleusement de dette privée en dette publique, sauvant

ainsi les banques françaises et allemandes mais aussi les banques privées

grecques, condamnant le peuple grec à vivre dans des conditions de crise

humanitaire, et en mobilisant et rétribuant pour ce faire les organes de

la corruption médiatique chargés de terroriser et tromper les citoyens.

Cette dette, que ni le peuple ni le gouvernement actuel n’ont ni créée et

gonflée, est utilisée depuis cinq ans comme instrument d’asservissement

du peuple par des forces qui agissent à l’intérieur de l’Europe dans le

cadre d’un totalitarisme économique.

Au mépris de la morale et du droit, l’Allemagne n’a pas acquitté jusqu’à

aujourd’hui ses dettes à la petite Grèce résistante dont l’histoire

reconnaît l’attitude héroïque. Des dettes qui dépassent la dette publique

grecque et représentent un montant de 340 milliards d’euros selon les

calculs modérés de la Commission de la Cour des Comptes qui a été créée

par le gouvernement précédent, quand la prétendue dette publique grecque

a été chiffrée à 325 milliards d’euros. L’Allemagne a bénéficié du plus

grand effacement de dette après la Seconde Guerre Mondiale afin qu’elle

se remette sur pied, avec le concours généreux de la Grèce. Or, c’est

cette même Allemagne qui a accordé sa protection à des responsables d’

entreprises coupables d’actes de corruption avec les précédents

gouvernements et leurs partis politiques, comme Siemens, et elle les a

protégés en les soustrayant à la justice grecque.

Pourtant, l’Allemagne se comporte comme si l’Histoire et le peuple grec

avaient des dettes envers elle, comme si elle voulait prendre sa revanche

historique pour ses atrocités, en appliquant et en imposant une politique

qui constitue un crime non seulement envers le peuple grec, mais aussi un

crime contre l’humanité, au sens pénal du terme car il s’agit ici d’une

agression systématique et de grande envergure contre une population avec

l’objectif bien prémédité de produire sa destruction partielle ou totale.

Et malheureusement, alors qu’ils devraient se montrer à la hauteur de

leurs responsabilités et du moment historique, des gouvernements et des

institutions se rendent complices de cette agression.

Mesdames et messieurs, chers collègues,

Soumettre le peuple et le gouvernement à des conditions d’asphyxie et à

la menace d’une violente faillite, par la création artificielle et

préméditée des conditions d’une catastrophe humanitaire, constitue une

violation directe de toutes les conventions internationales qui protègent

les droits de l’Homme, de la Charte de l’ONU, des Conventions

européennes, mais aussi des Statuts mêmes de la Cour pénale

internationale.

Le chantage n’est pas une fatalité. Et la création et la mise en place de

conditions dont le but est de supprimer le libre arbitre, ne permet à

personne de parler de liberté de « choix ».

Les créanciers font du chantage sur le gouvernement. Ils agissent

frauduleusement alors qu’ils savaient depuis 2010 que la dette n’était

pas soutenable. Ils agissent consciemment, puisqu’ils reconnaissent dans

leurs déclarations la nécessité de l’octroi d’une aide humanitaire à la

Grèce. Une aide humanitaire pour quelle raison ? Pour une catastrophe

naturelle imprévue et inattendue ? Un séisme imprévu, une inondation, un

incendie ?

Non. Une aide humanitaire qui est la conséquence de leur choix conscient

et calculé de priver le peuple de ses moyens de subsistance, en fermant

le robinet des liquidités, en représailles à la décision démocratique du

Gouvernement et du Parlement d’organiser un référendum et donner la

parole au peuple pour qu’il décide lui-même de son avenir.

Le peuple grec a honoré le Gouvernement qui lui a fait confiance ainsi

que le Parlement qui lui a donné le droit de prendre sa vie et son destin

entre ses mains. Il a dit un NON courageux et fier,

NON aux chantages,

NON aux ultimatums,

NON aux memoranda de l’assujettissement,

NON au paiement d’une dette qu’il n’a pas créée et dont il n’est pas

responsable,

NON à des nouvelles mesures de misère et de soumission.

Ce NON, les créanciers persistent obstinément à vouloir le transformer en

OUI, avec la complicité perfide de ceux qui sont responsables de ces

memoranda et qui en ont tiré profit, ceux qui ont créé la dette.

Ce NON du peuple nous dépasse toutes et tous et nous oblige à défendre

son droit à lutter pour sa vie, lutter pour ne pas vivre une vie à moitié

ou une vie servile, pour être fier de tout ce qu’il va laisser à ses

successeurs et à l’humanité.

Le Gouvernement est aujourd’hui objet d’un chantage afin de lui faire

accepter tout ce qu’il ne veut pas, qui n’émane pas de lui et qu’il

combat. Le Premier Ministre a parlé avec sincérité, courage, franchise et

désintéressement. Il est le plus jeune Premier Ministre et il est aussi

celui qui a lutté comme aucun de ses prédécesseurs pour les droits

démocratiques et sociaux du peuple et des nouvelles générations, qui a

représenté et représente notre génération et lui donne espoir. Je l’

honore et je continuerai toujours de l’honorer pour son attitude et ses

choix. Et en même temps, je considère de ma responsabilité

institutionnelle, en tant que Présidente du Parlement, de ne pas fermer

les yeux et feindre ne pas comprendre le chantage. Jamais je ne pourrai

voter et légitimer le contenu de l’accord et je crois que la même chose

vaut et vaudra pour le Premier Ministre, qui est aujourd’hui l’objet d’un

chantage utilisant l’arme de la survie de ce peuple. Je crois que la même

chose vaut pour le Gouvernement et les groupes parlementaires qui le

soutiennent.

Ma responsabilité envers l’histoire dans cette institution, je l’assume

en répondant « présente » au débat et au vote d’aujourd’hui. Je considère

ainsi que je suis plus utile au peuple, au Gouvernement et au Premier

Ministre, aux générations futures et aux sociétés européennes, en

exposant au grand jour les véritables conditions dans lesquelles le

parlement est appelé à prendre des décisions et en refusant le chantage,

au nom de l’alinéa 4 de l’article 120 de la Constitution.

Le peuple grec est le deuxième à subir une telle agression à l’intérieur

de la zone euro. Il a été précédé par Chypre en mars 2013.

La tentative d’imposer des mesures que le peuple a rejetées par

référendum, en utilisant le chantage de la fermeture des banques et la

menace de la faillite, constitue une violation brutale de la Constitution

et qui prive le Parlement des pouvoirs que lui attribue cette même

Constitution.

Chacun et chacune a le droit et a le devoir de résister. Aucune

résistance dans l’histoire n’a été facile. Cependant, nous avons demandé

le vote et la confiance du peuple pour affronter les difficultés et c’est

face à ces difficultés que nous devons maintenant réussir. Et sans avoir

peur.

Traduction : Yorgos Mitralias relue par Patrick Saurin.

avocate et femme politique grecque. Députée du parti de la gauche

radicale Syriza, qui a gagné les élections législatives du 25 janvier

2015 en Grèce, a été élue le 6 février 2015 présidente du parlement. Elle

est, à trente-huit ans, la plus jeune présidente de la Vouli et la

deuxième femme seulement à exercer cette fonction.

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