Guerre permanente ou paix révolutionnaire, il faut choisir !

Posté par elianguesard le 12 septembre 2021

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https://blogs.mediapart.fr/manifeste-20-ans-apres-le-11-septembre/blog/110921/guerre-permanente-ou-paix-revolutionnaire-il-faut-choisir

et via https://ujfp.org/guerre-permanente-ou-paix-revolutionnaire-il-faut-choisir/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=les-newsletter-total-derniers-articles-de-notre-blog_1

11 SEPT. 2021 | PAR MANIFESTE – 20 ANS APRÈS LE 11 SEPTEMBRE | BLOG : LE BLOG DE MANIFESTE – 20 ANS APRÈS LE 11 SEPTEMBRE

Nous commémorons ce 11 septembre un anniversaire tragique. 20 ans après, l’heure du bilan a sonné. Françoise Vergès, Andreas Malm, Cornel West, Maboula Soumahoro… Ce manifeste est signé par plus d’une centaine d’intellectuels en France et à l’international.

C’est un anniversaire tragique que nous commémorons ce 11 septembre : à la fois les vingt ans d’un acte terroriste qui visa la plus grande puissance impérialiste du monde, les États-Unis, et provoqua la mort de plus de 3000 personnes, et ceux du déclenchement de la « guerre au terrorisme » qui sèmera la mort par centaines de milliers, détruira l’Afghanistan et l’Irak et provoquera un chaos à l’échelle internationale dont nous ne sommes pas près de voir la fin.

L’heure du bilan a sonné

Vivons-nous dans ce monde de paix que la doctrine antiterroriste nous promettait ? Non.

Le monde est-il plus dangereux qu’avant le 11 septembre ? Oui.

Si cette « guerre au terrorisme » a fait consensus parmi les dirigeants des grandes démocraties libérales du bloc occidental, la France – à l’instar des États-Unis – s’est distinguée par un bellicisme hors du commun. Elle s’est lancée dans la chasse aux signes islamiques ostentatoires, a réhabilité son passé colonial, redéployé ses armées dans ses anciennes colonies africaines, sécurisé ses intérêts dans le monde au détriment des souverainetés populaires et s’est battue activement pour maintenir son rang de grande puissance, d’abord face à son meilleur ennemi, les États-Unis, mais aussi face à la concurrence impitoyable d’autres prétendants à l’hégémonie : la Chine et la Russie.

Les bénéfices de l’industrie de l’armement n’ont cessé d’augmenter, et la France est devenue le troisième plus gros exportateur d’armes de la planète. Des armes qui servent à renforcer des régimes autoritaires, à écraser la révolte des peuples du Sud, et à faire régner l’ordre colonial/racial dans ses « outre-mer ».

Durant ces vingt ans, nous avons donc connu le renforcement de l’impérialisme français sous toutes ses formes mais aussi une crise économique sans précédent en 2008 qui allait jeter sur le carreau des dizaines de milliers de travailleurs et menacer la stabilité sociale des couches moyennes blanches relativement épargnées jusque là.

Mais, durant ces 20 ans, des phénomènes politiques majeurs, qui échappent aux cadres classiques de la gauche tant réformiste que révolutionnaire et réinventent la lutte, sont apparus :

  • L’antiracisme politique.
  • La révolte des Gilets Jaunes.

Le premier, qui tente d’exprimer les revendications des couches les plus basses du prolétariat, impose une analyse matérialiste du racisme mettant en évidence les rapports entre capitalisme et racisme, entre racisme et impérialisme, entre impérialisme et État-Nation, entre État-nation et blanchité et sonne le glas de l’antiracisme moral. Son adversaire : le racisme d’État et les formes nouvelles d’impérialisme. C’est cette version politique de l’antiracisme qui est aujourd’hui combattue avec force : propagande contre les « islamo-gauchistes », contre les réunions non mixtes, dissolution du CCIF, de Barakacity, menace de dissolution de l’Unef, féminisme civilisationnel, diabolisation des figures de l’antiracisme…

Si cette propagande a pris une telle ampleur, c’est aussi à cause du deuxième acteur de la révolte : les Gilets Jaunes qui représentent une part non moins négligeable du prolétariat blanc. Si ces derniers ont fait trembler le pouvoir, c’est essentiellement parce qu’ils ont tendanciellement dirigé leur colère non pas contre les quartiers ou les Musulmans, mais contre les classes dirigeantes. Voilà qui avait de quoi inquiéter le bloc bourgeois !

Si l’inquiétude est devenue panique c’est aussi parce que des organisations politiques et syndicales, à la gauche de gauche, ont su prendre fait et cause pour les Gilets Jaunes, les familles de victimes des violences policières, contre la négrophobie, et pour les Musulmans.

L’hypothèse d’une recomposition politique autour d’un bloc antiraciste et social ne pouvait que provoquer une frayeur immodérée.

C’est bien à l’aune de ces faits qu’il faut comprendre la surexploitation par le pouvoir de l’horrible assassinat de Samuel Paty qui aura la double conséquence de détourner l’opinion de la critique de son incurie dans la gestion de la crise sanitaire et sociale et de désigner un coupable idéal : la communauté musulmane.

Les effets de cette stratégie (isoler et réprimer le cœur du prolétariat le plus précaire – les non-blancs – et s’assurer de la collaboration de classe du prolétariat blanc en agitant l’épouvantail de « l’islam radical ») ne se feront pas attendre : si la loi dite « sécurité globale » provoque une vague d’indignation à gauche parce qu’elle multiplie les contraintes liberticides, ce ne sera hélas pas le cas de la loi contre les séparatismes qui cible les habitants de banlieue.

C’est malheureusement au cœur de cette contre-révolution que va se déliter l’antiracisme politique

En cause :

1/ D’habiles stratégies de marketing racial, qu’elles proviennent de l’État qui s’affaire à des nominations de façade et à des captures de prestige dans ses institutions ou, d’entreprises privées qui vendent l’émancipation et la liberté comme un droit de toutes et tous à consommer du luxe. Profitant de la brèche ouverte par le désir légitime de reconnaissance de populations longtemps méprisées et maltraitées, cette célébration individualiste et narcissique de la race comme nouveau produit libidinal et esthétique du capitalisme a pour but d’empêcher les dynamiques de transformation profonde de la société et d’offrir quelques récompenses pour mieux masquer les inégalités structurelles qui ne cessent de se creuser. Les effets de cette politique de diversion ne se sont pas fait attendre : concurrence entre les racisé·es, guerre interne et prise de distance forcée avec l’antiracisme politique jugé déraisonnable et contre-productif. Armes historiques du racisme, les politiques de respectabilité sont de nouveau à l’œuvre avec une efficacité redoutable.

2/ L’impact d’un renouveau européen de l’antisémitisme et de son instrumentalisation sur un fond de vraie / fausse culpabilité française héritée du régime de Vichy et de la collaboration, mais aussi sur un fond antijuif bien antérieur et toujours vivace. L’instrumentalisation du judéocide du XXe siècle non seulement justifie la fondation d’un État colonial – Israël – mais aussi dédouane l’Occident et la France de leur responsabilité dans tout autre crime raciste, colonial, ou impérial faisant de l’antisémitisme le seul baromètre de l’antiracisme officiel. Cette instrumentalisation n’offre que des avantages : éteindre toute critique d’Israël – il s’agit même aujourd’hui d’assimiler antisionisme et antisémitisme ! ; désigner la communauté arabe / musulmane dans son ensemble comme responsable de l’antisémitisme et de « l’importation du conflit » ; créer un clivage au sein du camp antiraciste, entre ceux qui refusent l’instrumentalisation et ceux qui s’en accommodent. Le statut de « protégés de la République », en organisant la concurrence entre victimes du racisme d’État, ne fait que prolonger l’antisémitisme en produisant un ressentiment qui peut se traduire par des actes violents, voire des crimes contre des Juifs. Dans ce parfait cercle vicieux, les juifs demeurent l’ « étranger secrètement familier » (S. Freud) dissimulant mal l’antisémitisme de ceux qui l’entretiennent.

3/ Un consensus favorable aux interventions françaises, justifiées par la lutte contre le terrorisme, a produit une indifférence de l’opinion et renforcé l’adhésion à l’idée que la France doit assumer un rôle de puissance mondiale. Ce consensus bénéficie d’une alliance objective avec les forces de la gauche réformiste qui défendent le rang de la France dans le monde et qui ne ciblent alors que l’impérialisme étasunien. A cela s’ajoute, ce qu’on pourrait appeler la colonialité de la solidarité, ce tropisme de la gauche qui consiste à ne soutenir que les mouvements qui adhèrent à son idéologie universaliste. Le remplacement de l’anti-impérialisme par la philanthropie corporate relégitime la figure du « sauveur blanc ». La guerre se normalise au point où l’embrigadement de la jeunesse dans l’armée ne choque plus (SNU), et où féminisme et antiracisme sont recyclés par le corps militaire et se traduisent par une exigence de diversité et de parité en son sein. Femmes et non blancs enrégimentés dans la préparation à la guerre : le nec plus ultra de l’égalité républicaine !

L’heure du choix a sonné : celui de la guerre permanente ou de la paix révolutionnaire.

Le funeste anniversaire du 11 septembre et ses conséquences épouvantables, la débâcle du bloc occidental en Afghanistan ainsi que l’ampleur de la crise mondiale sous toutes ses formes – économique, sociale, écologique, sanitaire – mais aussi la résistance des peuples doivent nous obliger à reconsidérer le répertoire stratégique de nos luttes. Les menaces de guerres et de guerres civiles, auxquelles les états-majors militaires se préparent, doivent nous alarmer au plus haut point, nous pousser à redessiner un nouvel horizon utopique et à nous réapproprier la notion de paix, trop souvent abandonnée à l’ennemi. Une paix urgente, impérative et vitale. Une paix irrécupérable par les faiseurs de guerre car tout à la fois anti-libérale, antiraciste et anti-impérialiste. En bref, une paix décoloniale et révolutionnaire.

Signé par : Gilbert Achcar (Grande-Bretagne, professeur en relations internationales), Kader Attia (Algérie-France, artiste), Omar Barghouti (Palestine, défenseur des droits humains), François Burgat (France, politologue), Enrique Dussel (Mexique, philosophe), Bernard Friot (France, économiste), Andreas Malm (Suède, maître de conférence en géographie humaine), Olivier Marboeuf (Guadeloupe, auteur, curateur et producteur de cinéma), Pascale Obolo (Cameroun, France, cinéaste, artiste), Jean-Marc Rouillan (France, militant et écrivain), Abdourahmane Seck (Sénégal, universitaire), Aminata Dramane Traoré (Mali, essayiste, ancienne ministre, Forum pour un autre Mali), Maboula Soumahoro (France, Black History Month), Françoise Vergès (Réunion, France, politologue, militante féministe décoloniale), Cornel West (Etats-Unis, philosophe)

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Cercles vicieux et boucles viciées

Posté par elianguesard le 22 août 2021

SI Exif

https://mfmeuron.blog.tdg.ch/archive/2021/08/18/cercles-vicieux-et-boucles-viciees-316891.html

 

Depuis l’arrivée d’un microorganisme dont la création nous échappe passablement, les dirigeants internationaux et nationaux ont agi ou plutôt réagi avec des systèmes et des stratégies suivant des ingénieries sociales fonctionnant de façon répétitive, refermant les individus dans des cercles très limitatifs, brimant la population jusqu’à en vicier passablement l’air respirable.

Les preuves de ce que j’avance ne manquent point. Elles touchent l’être humain dans ses trois grandes dimensions : la raison, le coeur et la motricité autrement dit ses trois cerveaux : le rationnel, l’affectif et l’entérique.

Alors que nous sommes à un tournant de l’été avec le retour des vacances et la rentrée scolaire, il est plus que temps de faire un bilan des 18 mois passés à gesticuler autour du virus couronné avec des mesures à répétition plus ou moins nuancées, autour de chiffres récoltés selon les aléas des possibilités et des interprétations, des tests dont les scientifiques expérimentés répètent régulièrement qu’ils ne sont pas vraiment fiables et en brandissant le vaccin comme une solution magistrale.

Il est temps de faire le bilan de la population elle-même, des différents groupes d’âge, dans leur vie globale en temps qu’entités humaines et non pas limitées comme « cas » définis selon le covid et tout ce qui a été construit autour.

Avec leurs grandes sensibilités, les enfants démontrent à quel point les mesures dites sanitaires ont impacté leur quotidien, leur santé tant physique, affective et mentale et leur développement tant moteur que cognitif. Ainsi : « Depuis fin 2020, les urgences pédopsychiatriques ne désemplissent pasCar l’année et demie écoulée n’a pas épargné les plus jeunes. Les semi-confinements, l’anxiété ambiante et les restrictions sanitaires ont creusé un terreau idéal pour les troubles psychiques.

Une journaliste nous présente une enquête très approfondie en recueillant les témoignages de  professionnels afin de mieux comprendre ce qui se passe dans la tête de ces générations Covid, dont l’abandon s’apparente, pour certains, à de la maltraitance.  Elle pose clairement la question : A-t-on réellement mesuré l’ampleur des dégâts causés aux enfants et aux adolescents? Depuis des mois, de nombreux pédopsychiatres tentent, en vain, d’attirer l’attention sur cette catastrophe à venir. 

Et pourtant, malgré ces sirènes d’alerte, l’essentiel organisé pour la rentrée par les gouvernements retombe dans le cercle des mesures dites sanitaires qui se veulent sans doute un peu plus mesurées mais n’apportent aucune valeur ajoutée au développement des jeunes et détournent leurs attentions de dimensions plus fondamentales. Ainsi, les médias relatent les mesures prévues.

Les cercles stratégiques se resserrent maintenant sur la vaccination des enfants de 12 ans en avançant queProtéger les enfants est par conséquent non seulement un impératif moral, mais aussi une condition sine qua non pour espérer contrôler la situation épidémique à l’automne et l’hiver prochains. Ainsi donc, on réduit le contrôle épidémique à un « espoir » donc une estimation, en utilisant les corps des enfants sans tenir compte de leurs réels besoins. Cette réduction est bien éloignée de la réalité comme le dit si bien un commentateur : Quelle dangereuse vision du monde… cela me met très mal a l’aise. les enfants ne sont pas des chiffres que l’on manipule selon nos désirs, ce virus n’est pas maitrisable selon nos désirs. ce sont des enfants qui ont le droit de vivre leur expérience de vie pleinement et non pas dans la peur. c’est un virus et un virus circule, il fait partie de l’expérience de la vie. soyons un peu plus humbles et à l’écoute!

Un autre lecteur exprime clairement comment les médias cherchent à imposer une perception unique à la population : Ce qui est inédit dans cette pandémie c’est le rouleau compresseur médiatique! Il nous assène jour après jour vérités et contrevérités, éditoriaux qui se contredisent, spécialistes qui ne le sont pas! Un bruit incessant de palabres inutiles et contre productives qui alimentent les doutes et la méfiance. Le vaccin est un bouclier, mais il n’est pas parfait. Il est plus que nécessaire pour les personnes fragiles et âgées (+70). Ces catégories de personnes ont le devoir de se vacciner, car on ne va pas sacrifier l’équilibre mental de nos enfants pour eux, nous devons refuser ce scénario unique dans notre histoire, ou une jeune génération se « sacrifie » pour une ancienne. Ce n’est moralement pas acceptable non plus….

Pour donner l’impression de gérer la situation, on focalise sur un élément mis en évidence par une tendance scientifique du moment. Ainsi, le variant Delta a le vent en poupe et permet aux dirigeants de s’appuyer sur des données chiffrées. De ce fait, la nouvelle présidente de la Task Force peut décréter : «La grande majorité de la population sera bientôt exposée au variant Delta». A qui s’adresse-t-elle? Sommes-nous encore fait de chair et d’os, avec des organismes complexes ou sommes-nous concentrés, réduits en des cas probables? On s’attendrait que, pour gérer la santé, les médecins-praticiens qui soignent  les malades à leur chevet aient les premiers la parole. Il est intéressant de constater que maintenant, cette parole leur est confisquée à l’avantage d’une mathématicienne, professeure de science et d’ingénierie des biosystèmes à l’antenne bâloise de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Sa relation avec la médecine? Cette scientifique allemande est une spécialiste de l’évolution des virus qui suit de près l’émergence et les pérégrinations des variants. Voilà une belle confirmation qu’on vise le virus qui, en fait, est bien plus délimité qu’un être humain véritable micro-univers très complexe non seulement par ses différentes cellules et molécules mais aussi par toutes les interrelations et interactions entre elles. Ainsi, on mène les mentalités à imaginer des solutions qui, depuis 18 mois, nous ont conduits sanitairement et économiquement dans une dégradation de l’état général de la population.

L’image des cercles se perçoit aussi dans l’intention de continuer à se concentrer sur les vaccins. L’idéologie financière se fixe sur de nouvelles options comme Moderna étudie deux options pour une 3e dose avant l’hiver, alors même que Puisque les Suisses boudent la vaccination: L’OFSP reporte de plusieurs mois une livraison de vaccins Moderna

Une autre forme de cerclage est de chercher à contrôler la masse par le « virus » et par cette informatique qui nous a réduits à l’état de bêtes ou pour mieux dire d’insectes …. On ignore les corps, on attaque l’esprit… Le suivi des individus a commencé par un passe sanitaire, puis un bracelet puis comme pour les animaux, de nombreux projets sont élaborés visant le marquage des individus par différentes méthodes, notamment par l’injection d’une puce électronique sous-cutanée à chaque être vivant.

Il est plus que temps de nous éveiller à la dynamique expansive de l’univers et de développer notre vision panoramique.

Après avoir dénoncé deux scandales dès le début de la covidémie – silence sur la protection de notre système immunitaire et le refus de thérapies prometteuses – ce journaliste scientifique et écrivain met en évidence que  l’absurdité de la réponse sanitaire ne concerne pas que les traitements : elle est PARTOUT, ET CONCERNE PRESQUE TOUS LES SUJETS LIÉS À CETTE CRISE ! De ce fait, il relève différentes dimensions ou il s’agit de « corriger le tir » pour repartir sur des bases ontologiques universelles afin de sortir du cercle vicieux où l’on  respire un air vicié, dans lequel la gouvernance mondiale nous a plongés et cherche à nous maintenir.

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Pass sanitaire : l’aliénation, c’est la santé

Posté par elianguesard le 8 août 2021

https://www.partage-le.com/2021/08/08/pass-sanitaire-lalienation-cest-la-sante-par-alize-lacoste-jeanson/

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par Alizé Lacoste Jeanson

En 2008, Naomi Klein ressortait des tiroirs de l’Histoire les expériences (infructueuses) menées à partir de chocs électriques et de privation sensorielle pour « ré-initialiser », réécrire la mémoire et extirper les secrets de patients internés en hôpital psychiatrique. Ces techniques permettaient d’expliquer comment des élites politico-financières ont utilisé le choc de populations pour leur faire accepter des idées auparavant impensables. À l’échelle des sociétés, cette stratégie de « lavage de cerveau » a été largement développée depuis les années 1970 pour implémenter des mesures néo-libérales qui ne bénéficient aucunement au peuple, mais bien plutôt à une infime minorité. En plongeant dans un état d’effroi un ensemble d’individus, un gouvernement peut ensuite administrer à peu près n’importe quel remède qui donnera l’illusion d’en sortir. Le serpent se mord la queue, la boucle est bouclée, le virus est son propre antidote. 

Le mois de juillet 2021 marque un tournant dans l’histoire de la stratégie du choc. Il ne s’agit plus, comme ça a, par exemple, été le cas dans le Chili de Pinochet, d’implémenter des mesures néolibérales pour « sauver » l’économie en la « libérant » de son joug protectionniste – et en l’ouvrant aux 1000 vents de la financiarisation, privatisation, et à tous ces barbarismes en ‑isation faisant éternuer des pauvres qui crachaient déjà leurs poumons alors qu’ils respirent désormais les volutes de cigares des grands propriétaires. Accroitre les tentacules du profit n’est plus une priorité ; les limites commerciales à son expansion ont déjà toutes sautées, asphyxiant les individus, mercantilisant le moindre recoin de nos intimités. Contrôler les mouvements à défaut des flux de capitaux, idem. Rendre les instances de pouvoir garantes de tout ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue – apprentissage, jeu, communauté, échange –, check.

L’état de léthargie dans lequel nous sommes plongés depuis l’élection de Macron et évidemment encore plus depuis le surgissement de la folie Covid-1984, nous pousse à croire qu’il n’existe pas d’autre alternative pour « retourner à la normale » que celle assénée par le Prince et ses chiens de garde médiatiques. Les voix dissonantes sont rares, même dans les rangs des opposants habituels. On devrait être d’accord pour se faire injecter de manière forcée un sérum inconnu pour se prémunir d’un virus invisible au pouvoir létal relativement faible. Il est utile de répéter : il ne devrait pas y avoir de problème à ce que le refus de l’insémination d’un corps étranger dans nos chairs, sous couvert que c’est pour « notre bien », nous fasse potentiellement perdre toute vie (sociale). Et on réitère encore dans l’espoir de faire s’écarquiller un peu plus les yeux, à défaut de créer le sursaut que la nouvelle cause pourtant ailleurs dans le monde : on devrait accepter sans broncher la transgression de notre enveloppe corporelle par un instrument médicotechnocratique rempli d’un liquide élaboré par des firmes capitalistes dont les activités de destruction de la nature et de globalisation des échanges sont à l’origine de l’épidémie, qui en profitent largement et passent en prime pour les sauveurs de l’humanité, parce qu’un autoritarisme mondial mis en place par les deux institutions précédentes (la science et la finance) nous assène qu’on en a besoin.

En cas de refus, on serait donc mis au ban de la société, de nos semblables, empêchés de vivre tout simplement. Il s’agit de ne pas laisser le ras-le-bol, la peur et l’impuissance guider notre soumission à leurs ambitions de contrôle. En d’autres mots, ne pas laisser la lassitude faire de chacun de nous les sbires du totalitarisme. L’obligation de se faire vacciner du Covid-19 est le viol public célébré en grande pompe de notre souveraineté physique. Si on veut qu’un minimum d’espace de liberté à partir duquel les autres pourraient éclore subsiste encore, nous devons nous saisir de toute notre humanité pour ne pas nous fragmenter un peu plus, et faire respecter notre droit inaliénable de décider ce qui est bon pour nous et ce qui ne l’est pas. Si nous le laissons en pâture cette fois-ci, la porte sera alors ouverte à n’importe lequel de leurs désirs. Si on considère que ce n’est pas encore le cas, est-on d’accord pour qu’on nous impose avec qui on peut se reproduire, quels enfants on doit engendrer, comment on doit naitre et comment on doit mourir ?

Du pareil au même : tuer ou empêcher de vivre

Nous vivons dans des États totalitaires, asservis aux ordinateurs miniatures dont les ondes irradient nos organes génitaux et dont les applications rongent nos capacités sociales, en plus de la majorité de notre temps. Aucun des États fascistes ou communistes ou impérialistes du XXème siècle n’auraient pu rêver d’un tel niveau de contrôle et de domination. La conséquence pour la majorité des individus, c’est la soumission et l’obéissance. Certes, ceux qui sont convoqués comme dissidents ne sont pas directement assassinés ou emprisonnés (quoique), mais ils sont empêchés de vivre. Quelle est la différence au fond ? II ne faut pas se méprendre sur les termes du débat. Si, par la répression et le contrôle, un humain ne peut plus se réunir avec d’autres et pratiquer, de fait, tout ce qui fait de lui un humain, en plus de ce qui lui permet tout simplement d’accéder aux ressources nécessaires à la vie, alors empêcher de vivre équivaut, littéralement, à l’assassinat politique. Le sang en moins. Comme les barquettes de viande lyophilisées du supermarché en étaient le présage, on a évacué la violence du regard. Elle est là mais elle échappe à la vue. De manière similaire, elle est contenue, et pourtant invisible, dans les prix cassés des vêtements fabriqués par les femmes asiatiques. Si on savait encore ce que coûte la violence politique et la souffrance qu’elle occasionne, si l’ignorance ne régnait pas en maitre en plus d’être valorisée, nul doute que les comportements seraient différents.

Déconnectés des autres, séparés de notre milieu naturel, le besoin vital pour une sécurité minimale normalement assuré par une vie en communauté selon des règles choisies n’est plus rempli. La toxicité des inégalités pourrit toute possibilité d’instaurer une confiance de groupe. Alors, nos besoins minimaux attaqués de toutes part, on se réfugie pour vivre dans des bulles imperméables, que symbolisent très bien les voitures, vaisseaux de métal étanches aux chocs, bruits et engageant le mouvement infini qui annule la possibilité de la contemplation. Les cœurs brisés par une recherche inassouvie de relations profondes et d’une vie qui a du sens nous font nous renfermer et nous rendre absents à la responsabilité de nos actions. Une couche bien épaisse de pensée positive pour dissimuler le vide, et le tour est joué. Naturellement pourtant, nous savons encore que deuil et tristesse sont des moyens d’accès à plus d’empathie, à un gonflement de l’amour porté au monde. Au niveau sociétal, nous les anesthésions à coups d’antidépresseurs et nous nous refermons. Dans cette perspective, ne plus avoir de cœur semble être la réponse adéquate à avoir le cœur brisé.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

- Antoine de Saint-Exupéry,Le Petit Prince

Le lavage de cerveaux a été total. Le modelage des comportements parfait. Résultat d’un mélange efficace entre un milieu carcéral et une terreur travaillée à l’intérieur des corps, le tout associé à un ennui profond. Rien de mieux pour que la clé de sortie puisse être forgée à partir de n’importe quel matériau. Elle est ensuite tendue du bout des doigts par les bourreaux à l’origine de l’enfermement. Le Graal, le vaccin contre un virus invisible qui empoisonne les vies depuis plus d’un an, ne peut être que célébré et applaudi par des individus qui n’en peuvent plus.

Comme l’amour, la peur rend aveugle. Aveugle à ce qu’on ne peut pas être libéré par la main qui nous a asservi sans continuer à y être, au moins philosophiquement, entièrement soumis. Car la société qui a occasionné une telle « libération » n’en restera pas là. Elle continuera à assouvir son désir de puissance, son besoin d’assujettir ses membres pour exister, à d’autres niveaux. Contrôle de nos esprits par la machine, contrôle de nos mouvements par les frontières, contrôle de nos corps par la techno-médecine. Que nous reste-t-il pour exercer notre humanité ? Notre liberté ? Que nous reste-t-il pour vivre tout simplement ? Dans quels recoins peuvent encore s’exercer et apparaitre le plaisir et le bonheur quand la peur domine les relations ?

De la peur ne peut naitre rien qui perdure. De la peur nait des comportements, bons ou mauvais, qui y restent totalement assujettis puisqu’elle les a enfanté. Il en émerge quoiqu’il en soit le besoin irrépressible de retourner à une homéostasie, à un état de stabilité à partir duquel peuvent se développer librement désirs, envies, amour. Être maintenu en état d’alerte est le propre d’une bombe qui peut exploser au moindre instant.

C’est peut-être cette opportunité dont il faut se saisir : explosons. Plutôt que de nous laisser contaminer par la répression, contaminons-nous volontairement du virus de la rébellion et de la résistance que les camarades zapatistes sont venus insuffler à l’Europe en cet été 2021, quelques 500 ans après la conquête de leurs terres, la colonisation de leur continent, l’annihilation de leur culture et le massacre d’une grande partie des leurs.

À qui profite le crime ?

Le capitalisme du désastre qui oriente la part économique de la vie et s’infiltre insidieusement dans tous les autres aspects de l’existence, ne tire profit que de la destruction. Destruction de la Terre et des humains qu’elle porte. La marche inéluctable du Progrès nécessite le pillage de toutes les ressources et de l’énergie animale, Homo sapiens compris. La Nature et ses êtres sont réduits à peau de chagrin : heureusement, technocrates, ingénieurs et gouvernements existent pour les « préserver » en les mettant sous cloche, constituant un « patrimoine » commun en voie de disparition. Impossible d’engager des relations physiques : pas de problème Internet et ses tentacules sont là pour y remédier. On n’oublie pas que les appareils qu’il nécessite sont le fruit du travail des petites mains sous-payés et des corps désincarnés des mineurs. Impossible d’acheter sa nourriture : aucun souci, des esclaves exploités par les mêmes multinationales que ceux qui permettent à Internet d’être omniscient, omnipotent et tout-puissant, la cultiveront à crédit quand d’autres crève-la-faim la délivreront à la porte de chacun. La société nous rend malade : peu importe, la science médicale et son réseau infini d’élites qui assènent que la science est le seul véritable mode de connaissance de la réalité, sont là pour notre salut.

Une population contrôlée est une population qui n’a plus de libre-arbitre, qui est esclave des pulsions, envies, désirs et besoins de ceux qui la dominent. Qui la saignent et attendent en plus d‘être remerciés pour la pauvre Sécurité (sociale) qu’ils s’acharnent néanmoins à démanteler, vendre et moraliser selon le principe du bénéfice privé. Qui ponctionnent un fort pourcentage du gagne-pain de la grande majorité tout en reversant des millions à la minorité milliardaire suppliée de maintenir des emplois de misère, et n’en fait rien soit dit en passant.

« La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

- George Orwell, 1984

Loi de sécurité globale selon laquelle « la sécurité, c’est l’autorité », mesures sanitaires selon lesquelles « la santé, c’est l’enfermement » sont les résultats de l’institutionnalisation d’un état de guerre de tous contre tous (Hobbes) dont l’abolition aurait pourtant constituer le projet même de l’État-nation. Plus encore, l’année 2020 a été la consécration de la guerre de chacun contre soi. Ayant peur de nous-mêmes, nous ne sommes plus des monades atomisées dont les désirs s’entrechoquent les uns contre les autres, nous sommes devenus des monades qui tâchent de ne pas se toucher et tentent d’échapper à elles-mêmes jusqu’à respecter l’ordre de se jeter dans le vide pour faire cesser la douleur de vivre.

Ce n’est plus à l’État-nation qu’on octroie le pouvoir de remédier au conflit entre nous et nous-mêmes mais à la science, celle qui dicte l’unique compréhension mesurable de la réalité. La seule autorité qui nous enferme chez nous n’est pas celle qui émane de la voix d’un président mais celle qui tient à notre obéissance. Les zapatistes ont compris au moins depuis le début des années 2000 que si le gouvernement ne respectait sa part de l’accord qu’ils avaient établi ensemble alors eux le feraient de leur côté. Résultat : aucune communauté zapatiste n’accepte de subsides étatiques, ni aucune de ses fonctions régaliennes n’y a droit de séjour. L’éducation et la santé sont également le fait de chaque communauté. L’État tend à faire de chacun de nous un policier contrôlant le statut vaccinal des autres, très bien, faisons-nous nos propres policiers, sans les siens, et commençons à policer notre environnement. Qu’est-ce qui nous tient enfermés et vaccinés ? La peur de l’amende ? De l’exclusion ? Les amendes n’ont à être payées que si l’on souhaite continuer à « bénéficier » de la captivité dans laquelle ils nous maintiennent ; l’exclusion n’a lieu qu’en dehors du cadre de compréhension commun.

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux »

– citation apocryphe de Benjamin Franklin

Le mouvement historique de tentative de domination de la nature (individuelle et dans laquelle nous baignons) par l’espèce humaine a mené la domination de la majorité par quelques-uns, et aujourd’hui, de nous-mêmes par notre for intérieur. Cette dernière étape n’est pas vraiment nouvelle en fait, elle est simplement une réactualisation du péché originel, celui qui exprime que l’humanité est une plaie pour elle-même et les autres, qui doit être châtiée, et que sa seule rédemption viendra d’un effort constant opposé à sa propre nature.

Il ne s’agit pas tant d’un vaccin que d’une tentative de contrôle de nos vies dans ce qu’elles ont de plus intime : la biologie qui permet notre incarnation. Les institutions du pouvoir sont en train de tester, pas forcément de manière consciente d’ailleurs, jusqu’où elles peuvent disposer de nos corps. C’est un processus qui a démarré il y a bien longtemps, au moins depuis la chasse aux sorcières, quand ce qui reliait le travail au rythme de la terre et des astres avaient encore un sens. Quand cette connexion essentielle a été maltraitée, rejetée comme hérésie alors que les cloches de l’église sonnaient désormais les heures et indiquaient la cadence du travail, alors nos corps ont commencé à être possédés par ceux qui imposaient les règles et en tiraient un bénéfice. Plus tard, des idéologies racistes, qu’elles soient impérialistes, nazies ou esclavagistes, ont tiré profit de nos corps par la force. Aujourd’hui, il semble que la force se soit insidieusement logée et développée dans nos esprits, au point qu’on se jette volontairement dans ses bras et qu’on pleure pour qu’elle nous sauve. Ici encore, il ne faut pas se méprendre sur ce qu’est cette force ; ce n’est pas seulement le pouvoir politique tel qu’on l’identifie facilement mais la structure qui maintient l’idée que sans lui on ne comprend rien, on ne peut rien, on n’est rien. C’est l’idéologie totalitaire, qui prône qu’il n’y a pas d’autre alternative de compréhension au monde, que les choses sont ainsi parce qu’elles relèvent de la construction du meilleur des mondes, et que pour être bien, il suffit de suivre le modèle de vie courant (si tu as un problème, c’est que tu es malade).

Étienne de la Boétie publiait au XVIème siècle le Contr’Un, plus connu sous le nom de Discours de la servitude volontaire, dont la thèse est contenue en cette phrase : il n’y a d’autorité que celle à laquelle on est d’accord pour se soumettre. On pourrait ajouter « collectivement ». La multitude contre le Un. Pierre Clastres, en vivant dans la forêt paraguayenne avec les Guayakis, faisait le même constat mais l’optimisme mis à l’épreuve de la réalité en plus : on peut s’organiser socialement pour que la multitude puisse émerger et l’idéologie unique (le chef seul dirigeant avec ses sbires) n’ait pas lieu d’advenir. Les zapatistes ont suivi au cri de « Queremos un mundo donde quepan muchos mundos » (« Nous voulons un monde dans lequel puissent exister de nombreux mondes » ).

Il existe bien d’autres possibilités pour comprendre ce que nous vivons et l’intégrer sainement à nos existences. En suivant les yeux fermés les solutions offertes par un monde qui est à l’origine du problème, c’est se faire les victimes prévisibles du syndrome de Stockholm. Croire que des vaccins obligatoires sont la solution relève à ce titre d’une méconnaissance absolue de principes biologiques (et psychologiques) de base. Plus on empêche une information (qui est la définition même du virus : un paquet d’information génétique) de circuler, plus elle fera passer son message avec force et virulence. Quoiqu’il en soit laisser la possibilité aux orchestrateurs du désastre de le « résoudre », c’est donner le rôle de sauveur à l’agresseur et risquer d’être séduits par l’autoritarisme.

Le meilleur moyen de se maintenir en bonne santé, c’est d’éviter de vivre dans l’angoisse et d’avoir des liens sociaux forts. L’absence de stress et un environnement bienveillant sont les seules garanties pour un système immunitaire performant, c’est-à-dire pour la construction de saines barrières plutôt qu’une ouverture total de l’esprit et, corrélativement, du corps, liée au désespoir et à la recherche d’un réconfort quoiqu’il en coûte. C’est ce que disait le psychiatre George Vaillant après avoir étudié une cohorte d’hommes américains de leurs 20 ans jusqu’à leur mort ; il concluait que le facteur le plus mortel passé 50 ans, c’est l’absence de relations profondes avec d’autres êtres humains, non les pathologies ni encore les addictions. Qu’on tende à mieux vivre ou à vivre plus longtemps, Covid ou pas, la réponse la plus appropriée n’est pas une guerre contre un virus mais un monde où on peut former des liens plus significatifs.

Alizé Lacoste Jeanson
Juillet 2021

venceremosONUpetit

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Dans le viseur de l’État

Posté par elianguesard le 31 juillet 2021

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Discussion entre Vanessa Codaccioni et Eléonore Weber

soleil

Nous retrouvons Vanessa Codaccioni et Eléonore Weber dans un café. La première est historienne et politologue, spécialiste de la justice pénale et de la répression ; la seconde autrice, metteuse en scène et réalisatrice. Toutes deux observent les mécanismes de répression, de surveillance et de délation à l’œuvre au plus haut niveau des États : qui nous surveille ? selon quels procédés ? avec quels objectifs ? Le dernier film d’Eléonore Weber, Il n’y aura plus de nuit, est un montage de vidéos de frappes américaine et française sur des zones de guerre impérialiste (Afghanistan, Irak, Pakistan), enregistrées par les caméras infrarouges d’hélicoptères. Le spectateur voit ainsi ce que voit le soldat, avant de mettre à mort un ensemble de pixels. Le dernier ouvrage de Vanessa Codaccioni, La Société de vigilance, est sous-titré  » Auto-surveillance, délation et haines sécuritaires «  : il éclaire l’avènement de nos sociétés de contrôle permanent. Traçage, fichage, vidéosurveillance, signalements à grande échelle : la résistance est faible. Nous tenions à les faire se rencontrer.

Les images du film Il n’y aura plus de nuit proviennent d’Internet et sont en libre accès. Que nous disent-elles de l’appareil d’État ?

Vanessa Codaccioni : L’État veut voir des corps menaçants, des corps dangereux, et il veut aussi montrer qu’il les voit, qu’il les surveille et qu’il peut les éliminer. Autrement dit, à travers ces images, on voit la puissance de l’État et sa capacité à surveiller, à sécuriser et à tuer. Les agents de l’État construisent des menaces rien qu’en regardant, en contrôlant, en perquisitionnant, en arrêtant dans la rue. C’est une manière d’attirer l’œil et le regard citoyen sur des corps devenus dès lors dangereux. Dans le film, on ne les voit même pas, ces corps : on les devine talibans, on les devine dangereux, on les devine terroristes : mais en réalité on n’en sait rien. Que les pilotes regardent ces corps suffit à en faire des corps dangereux — et donc tuables. On sait aussi très bien que l’État choisit de visibiliser certaines actions de répression plutôt que d’autres. Pourquoi certaines sont-elles accessibles ? Pourquoi d’autres ne le sont pas ? Sans doute parce qu’il s’agit de faire croire que l’État est transparent alors que nous sommes dans un moment où les gouvernements veulent de plus en plus invisibiliser la répression et nous empêcher de regarder ce qu’ils font, notamment en matière de lutte antiterroriste. Il est intéressant de rappeler que le 30 juin 2021, une loi a été votée au Sénat : les archives — notamment celles des services de renseignement — ne seront plus accessibles. Ce qui montre que nous sommes dans un contexte où, précisément, on peut de moins en moins voir ce que font les agents de l’État en matière de punition et de répression — que ce soit l’armée, la police ou les services de renseignement. Les images, comme celles d’Il n’y aura plus de nuit, nous semblent donc extraordinaires, interdites, secrètes — alors qu’il devrait être normal d’y avoir accès.

« Nous sommes dans un moment où les gouvernements veulent de plus en plus invisibiliser la répression et nous empêcher de regarder ce qu’ils font. [Vanessa Codaccioni] »

Eléonore Weber : Ces images ont été publiées par des soldats et non par les armées. Ils ont l’obligation d’enregistrer sur une clé USB chacune de leurs missions : il leur est très facile de les publier ensuite. Ils le font en toute illégalité. Je ne suis pas allée fouiller dans des archives inaccessibles pour trouver ces images. C’est un spectacle qui existait déjà sur Internet : je n’ai fait que le déplacer, le montrer autrement. L’hypothèse du pilote avec lequel j’ai discuté, c’est qu’après l’affaire Wikileaks révélant la fameuse bavure en Irak, l’armée des EU s’est dit qu’il fallait quand même montrer qu’elle tuait de « vrais » terroristes, et pas seulement des civils. L’armée aurait montré une certaine tolérance concernant la publication de ces images classées secret-défense : en quelque sorte, ça l’arrangeait. C’est une forme de propagande indirecte. Je suis d’accord sur le fait que l’enjeu est double : le pouvoir a à la fois besoin de montrer et de cacher ces images.

Vanessa Codaccioni : C’est l’inverse des actions menées par le lanceur d’alerte, qui ont pour but de faire voir ce qu’on ne veut pas montrer. Ici, il s’agit au contraire de montrer ce qu’ils jugent être bien.

Eléonore Weber : À vrai dire, je n’ai pas eu de scrupule moral à montrer moi-même ces images du fait qu’elle étaient déjà largement diffusées sur le Net. J’en aurais eu davantage si j’avais directement eu accès à des images de l’armée, dont la vocation n’est en effet pas d’être regardée comme on regarde des images de cinéma. Il me semble par ailleurs que leur violence tient précisément au fait qu’elles mettent à distance la violence. Ce qui est violent, c’est qu’il soit supportable de les regarder.

Vanessa Codaccioni : C’est tout l’enjeu de ton film, qui peut se regarder comme un jeu vidéo. Il y a une telle déréalisation des corps, de la mort, de la guerre, comme le dit Grégoire Chamayou dans Théorie du drone… Tu ne sais plus où tu es, si tu es dans un film de science-fiction, dans un jeu vidéo… Et puis, petit à petit, tu réalises.

Eléonore Weber : Ça montre aussi à quel point la guerre est elle-même porteuse d’un projet esthétique. En regardant ces images, on voit comment le pouvoir se représente lui-même et comment il représente le monde.

Vanessa Codaccioni : Ces images peuvent fasciner pour ce qu’elles ne sont pas. Elles peuvent fasciner car elles ont une esthétique qui ne montre précisément pas la mort.

Éléonore Weber : Je pense que le désir de voir la mort est très largement partagé même s’il est plus ou moins assumé. Il y a une séquence dans le film où suite à l’explosion d’une mine, les corps sont littéralement volatilisés et les pilotes continuent de regarder alors qu’il n’y a plus rien à voir. Ils tournent longuement autour de ce vide, eux-mêmes sidérés. C’est l’un des moments où la caméra se détache du viseur…

Dans votre film, Eléonore, le soldat scrute les mouvements des corps. L’observation est un préalable à l’exécution : un seul regard a donc le pouvoir de tuer ?

Eléonore Weber : En principe, tuer par le regard relève de l’impossible. Mais c’est néanmoins un vieux fantasme que la sophistication de ces technologies de guerre est quasiment parvenue à réaliser : celui de l’œil qui tue. La caméra et le viseur sont en effet une seule et même chose dans le dispositif que nos démocraties ont inventé pour faire la guerre. Ce qui pose des questions vertigineuses sur la fonction du regard. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussée à faire ce film.

Vanessa Codaccioni : Elle est complexe, cette question. L’acte de regarder peut avoir des conséquences répressives qui peuvent aller jusqu’à faire tuer. Je ne dirais pas « tuer » ; j’insiste sur le « faire tuer ». Regarder l’autre, c’est déjà possiblement en faire un suspect, le considérer comme une menace, comme un corps dangereux. Regarder peut également amener à dénoncer, à signaler un comportement aux autorités, et donc, aboutir à l’intervention des appareils répressifs : perquisition, arrestation, garde à vue, procès, voire exécution extrajudiciaire ou actes de torture peuvent s’ensuivre. Comme c’est le cas au camp de Guantánamo, dans lequel se trouvent, ou se sont trouvés, emprisonnés des gens dénoncés. L’œil peut ainsi être le préalable à des formes de répression extrêmement graves qui peuvent aller jusqu’à la mort.

« C’est Obama qui a imposé l’idée selon laquelle, puisqu’il est trop compliqué de faire des prisonniers, il vaut mieux les tuer. [Eléonore Weber] »

Eléonore Weber : Sauf que sur le terrain de la guerre, ce n’est précisément pas un simple préalable. Il y a une jonction étroite tête-caméra-canon, et donc un lien presque instantané entre voir et tuer. Mais je te rejoins quand tu dis que filmer quelqu’un, le surveiller, fait d’emblée de lui une menace potentielle. Il y a aussi cette notion de légitime défense différée, très utilisée dans ces guerres-là : elle permet de considérer que l’on est autorisé à tirer sur un individu de manière préventive, avant même qu’il ne constitue une menace réelle. C’est ainsi que les soldats israéliens ont justifié le fait de tirer sur de simples manifestants, en prévision d’une hypothétique attaque terroriste.

Vanessa Codaccioni : Cette notion de légitime défense, appliquée à la lutte antiterroriste, est très intéressante. Les EU ont fait un coup spectaculaire en inventant une riposte défensive contre des groupes terroristes — ce qui n’existait pas auparavant en droit international —, qui leur permet d’intervenir militairement un peu partout au nom de la légitime défense. On leur a accordé un droit de tuer en son nom.

Eléonore Weber : C’est toute la doxa forgée sous Obama. C’est lui qui a imposé l’idée selon laquelle, puisqu’il est trop compliqué de faire des prisonniers, il vaut mieux les tuer. Avant ça, rappelons qu’il y a eu Abou Ghraib ! Le scandale qu’ont suscité les exactions commises dans cette prison a participé au développement de cette nouvelle idéologie des armées occidentales, cette licence to kill.

Vanessa Codaccioni : Ça montre deux choses fondamentales. Premièrement, qu’on a de nouvelles interactions entre des États qui veulent tuer et des terroristes dits islamistes qui souvent ne veulent pas être pris, et qui se font donc mourir. Deuxièmement, que les modalités et les formes de la répression changent : dans ce cadre-là, il n’y a plus de procès. En tout cas, les procès d’ennemis intérieurs deviennent de moins en moins importants. Surtout, ce qui prime désormais, c’est l’invisibilisation : Abou Ghraib, Guantánamo et les exécutions extralégales participent de la disparition des corps ennemis, mais aussi de la moindre visibilité de la violence étatique.

Faire la guerre « d’en haut » avec des drones, avions ou hélicoptères, est-ce considéré par l’armée comme plus « éthique » qu’un conflit sur le terrain ?

Eléonore Weber : Les gens se demandent ce qu’est une « guerre juste », si tant est qu’une guerre puisse l’être. Dans le cas de soldats qui visent d’en haut et bombardent des cibles désarmées ou peu armées, nous ne sommes en effet plus dans un contexte de guerre classique où deux armées se font face, ce qui entraîne un grand flou juridique. La Convention de Genève n’est la plupart du temps pas applicable, car les talibans, les « insurgés » ou les groupes islamistes ne l’ont évidemment pas signée, n’étant pas habilités à le faire. Du coup, les démocraties sont en quelque sorte condamnées à définir elles-mêmes ce qu’il est ou non possible de faire. La puissance se donne ses propres limites : autant dire que dans ces conditions, elle ne s’en donne pas… Aucune convention ne l’y oblige. Dans mon film, on voit régulièrement des hélicoptères s’acharner sur des blessés, leur tirer plusieurs fois dessus. Cette grande asymétrie n’est pas sans poser question aux états-majors occidentaux, qui semblent n’avoir aujourd’hui qu’un seul principe éthique : celui de l’immunité de leurs propres soldats. Ceux-ci sont désormais hors d’atteinte et l’objectif des armées est le suivant : « Zéro mort chez nous. »

Vanessa Codaccioni : Sans qu’ils considèrent ceux qui sont en face comme des humains.

Eléonore Weber : Oui, cette manière de mener la guerre s’accompagne d’une négation radicale de l’autre, qui est destitué de son humanité. C’est d’ailleurs sensible dans les images que je montre : on ne voit pas les visages, on n’entend pas les voix. L’autre n’est plus qu’une figurine luminescente condamnée au silence.

« Cette manière de mener la guerre s’accompagne d’une négation radicale de l’autre, qui est destitué de son humanité. [Eléonore Weber] »

Vanessa Codaccioni : « Les terroristes ne sont pas des hommes : ce sont des bêtes », voilà un argumentaire qui vise à dénier à ceux soupçonnés de l’être la possibilité de bénéficier de droits et de garanties fondamentales. « Ce sont des bêtes » à qui on peut tout faire : à qui on peut donner la mort, bien sûr, mais qu’on peut aussi torturer. Et toutes les justifications de la torture aux EU vont précisément passer par ce genre de rhétorique.

Eléonore Weber : Grâce à ces justifications, l’État et le gouvernement peuvent eux-mêmes commettre des actes atroces.

Vanessa Codaccioni : Ils commettent des exactions. C’est ce que Jacques Derrida appelle l’auto-immunisation : on va s’injecter un peu de la violence des ennemis à combattre pour y faire face. On peut évoquer une sorte de symétrisation des violences : à la violence, à la barbarie et aux exactions, parfois seulement supposées, vont répondre la barbarie et la violence étatiques, légitimées et légalisées.

Eléonore Weber : Et ça, c’est bien une trace, le reste d’une logique qui voudrait que l’on applique une règle commune à ce qu’on peut faire ou non à l’autre. Et comme dans ce cas il n’y a pas de règles communes et qu’il est complètement impossible de placer de limites, alors l’horreur peut commencer.

Le spectateur, dans Il n’y aura plus de nuit, est confronté à des images de guerre vues d’en haut ; il regarde ces images du point de vue du soldat qui les filme. Que voit le spectateur que le soldat ne voit pas, lorsqu’il regarde le film ?

Eléonore Weber : Le spectateur voit comment le soldat regarde. Et peut-être qu’à force d’être confronté à ces images, il finit aussi par se voir les regardant. La voix off ouvre un espace de pensée : je l’ai écrite afin qu’elle permette au spectateur de ne pas être assigné à la place du tueur. Le soldat, lui, est englouti dans sa propre pulsion insatiable. Il ne se voit pas agir car aucun regard ne se porte sur lui. Je crois que le spectateur voit, au bout du compte, ce que c’est que voir, il est aux prises avec sa propre pulsion scopique.

Vanessa Codaccioni : Il y a quand même un piège dans ces images. D’une part la déréalisation, et d’autre part le fait de s’assimiler à celui qui regarde, qui va tirer ou qui cible. C’est un danger dans une société où on nous incite justement à développer un regard et un œil sécuritaires.

Eléonore Weber : C’est pour ça que j’ai fait ce film, pour ajouter un autre terme à ce regard appareillé, à cet œil-machine. Cet autre terme, c’est le regard du spectateur — à commencer par le mien. C’est aussi pour moi une manière de contredire l’ambition de ces technologies, qui est d’annihiler toute forme de subjectivité. Dans le film, à certains moments, le spectateur peut en effet aller jusqu’à ressentir lui-même l’envie de tirer. Mais je pense qu’il a ensuite l’espace pour se ressaisir et avoir un rapport réflexif vis-à-vis de sa propre position.

Vanessa Codaccioni : Heureusement qu’il y a tout un travail de détournement de ces images — et la voix off qui les accompagne participe de ce détournement. Mais si tu prends les images brutes de ces missions, il y a un risque d’assimilation : d’où la nécessité de recontextualiser. Après, si on coupe le son, chacune et chacun peut les regarder de façon totalement différente : de manière totalement outragée, alarmiste, inquiète, ou d’autres manières. Quelqu’un qui est fasciné par la mort, ou par le pouvoir d’État précisément, peut y trouver un objet de satisfaction — et même de plaisir.

Eléonore Weber : Le risque en effet serait de penser en voyant ce film que l’État est décidément tout-puissant, et d’en être rassuré. Aucun spectateur ne m’a fait ce retour, à vrai dire, et je ne crois pas que le film suscite ce type de réaction…

En octobre 2019, Emmanuel Macron a appelé la nation à se mobiliser pour faire face à « l’hydre islamiste » : « une société de vigilance, voilà ce qu’il nous revient de bâtir ».

Vanessa Codaccioni : La vigilance, c’est un joli terme. Le philosophe Frédéric Gros parle d’ailleurs de la vigilance comme étant une manifestation de la bienveillance. Être vigilant, c’est demander à l’autre comment il va, ce qu’il a fait de sa journée, s’assurer que tout va bien. Le problème est que sa définition a changé et que nous vivons dans une société d’injonctions à la vigilance sécuritaire : se surveiller les uns les autres, regarder l’autre, l’espionner, voire le harceler, voilà ce qu’on nous demande de faire. Et quand Emmanuel Macron prononce cette phrase, il participe activement à cet appel à la vigilance sécuritaire, à l’autosurveillance, et même à la délation. D’ailleurs, à cette phrase, il ajoute qu’il faut « repérer les petits riens » qui signalent un éloignement d’avec la République.

« Se surveiller les uns les autres, regarder l’autre, l’espionner, voire le harceler, voilà ce qu’on nous demande de faire. [Vanessa Codaccioni] »

Eléonore Weber : C’est terrible, cet emploi de l’expression « les petits riens »…

Vanessa Codaccioni : Oui. Cette prise de parole, qui s’adressait en particulier aux fonctionnaires, a fait scandale. Trois jours après — lien ou pas —, les membres de la communauté universitaire de Cergy-Pontoise ont reçu une grille de signes de radicalisation qu’ils devaient dénoncer : le port de la barbe sans moustache, d’une djellaba, l’absentéisme aux heures de prière, etc. Les critiques ont été telles qu’ils ont retiré cette grille de comportements devant être considérés comme suspects.

Dans Il n’y aura plus de nuit, les corps qui apparaissent à l’écran ne peuvent être vus en détail selon une telle grille. Ils représentent simplement des corps et, parce que les soldats les visent, ils relèvent de la menace…

Eléonore Weber : Plus que « simplement des corps », ils représentent un agrégat de pixels. Les spectatrices et les spectateurs ont très peu renvoyé ces silhouettes fantomatiques à leurs identités particulières. Ce qui n’est pas si surprenant, car ces images ont pour effet de déréaliser les corps et les paysages. Si j’ai moi-même choisi de mettre hors champ la dimension géopolitique, de ne donner aucun repère concernant le pays ou l’année de l’intervention, c’est pour renforcer encore cet effet de lissage. Je voulais montrer à quel point ce système de surveillance homogénéise le paysage, le terrain de guerre et…

Vanessa Codaccioni : Et les corps !

Eléonore Weber : Et les corps, oui. Il y a presque une contradiction entre la stratégie de la vigilance dont tu parles, consistant à déceler « les petits riens » qui identifieraient une personne, et un système de surveillance qui désincarne et déshumanise suffisamment les corps pour qu’aucune particularité, ou presque, ne soit repérable. Sur le théâtre des opérations, le soldat doit malgré tout opérer des distinctions, entre le port d’un objet inoffensif et celui d’une kalachnikov, par exemple. Mais on s’aperçoit que plus ils cherchent à savoir et à voir, plus ils commettent des erreurs.

Vanessa Codaccioni : Je ne pense pas qu’il y ait de contradiction fondamentale : ces deux volets se complètent. D’un côté, il y a la surveillance de l’État et de ses institutions répressives, qui est massive, englobante et fonctionne sur la présomption de culpabilité. De l’autre, il y a l’œil du citoyen qui, lui, doit fouiller, chercher et trier entre le bon et le mauvais musulman : dans la rue, le centre commercial, le métro, etc. Ce qui est vrai en revanche, c’est qu’il ne s’agit pas des mêmes formes de répression. L’une renvoie au fait de surveiller, de débusquer, tandis que l’autre, à laquelle fait écho ton film, renvoie aux exécutions extralégales et au « faire mourir ». Et « faire mourir » — selon une expression de Michel Foucault —, ce n’est évidemment pas la même chose que surveiller, débusquer.

Qu’est-ce qui est le plus dangereux : la technologie qui tue ou celui qui la manie ?

Vanessa Codaccioni : J’aurais tendance à dire que les deux sont très dangereux, que ça dépend des formes et des niveaux de répression exercés. S’il s’agit de répression étatique, les hommes sont interchangeables : l’homme derrière la machine peut être éjecté et remplacé à tout-va. Ainsi, peu importe celui qui est derrière la caméra de reconnaissance faciale ou derrière le drone : les hommes changeront, la machine restera. C’est comme une institution, au sens qu’en donne le sociologue Émile Durkheim : quelque chose qui survit à l’homme. La machine aussi survit à l’homme, bien qu’elle soit créée et utilisée par lui. La véritable question est celle de l’autonomie et des ressources dont dispose, non pas celui qui construit et pense la machine, mais celui qui la fait fonctionner contre des cibles qui lui ont été désignées. Et il y a aussi des formes de répression privées, exercées par des citoyens contre d’autres citoyens. Ceux qui patrouillent armés dans les rues aux États-Unis par exemple, mais aussi ceux qui participent à la surveillance latérale. Là il n’y a pas de machine, ni de technologie : l’œil seul suffit, et ce sont nos propres organes qui servent de surveillance. C’est tout aussi dangereux ; mais il me semble qu’ici la variable humaine réintroduit de l’aléatoire.

« En tant que citoyens, en tant que consommateurs surtout, ne sommes-nous pas également toutes et tous interchangeables ? [Éléonore Weber] »

Eléonore Weber : J’ai une position assez différente. On parle beaucoup d’une autonomisation de la machine, et particulièrement de la machine de guerre, grâce à la technologie. On fantasme sur le fait que des drones totalement autonomes — il est vrai qu’ils existent — finiront par remplacer les hélicoptères et les drones pilotés par des humains. Or, en réalité, chaque fois qu’on a fantasmé sur tout ça — les soldats-robots et autres —, ça ne s’est jamais vraiment réalisé. Je pense au contraire qu’à mesure que ces technologies se développent, elles ont de plus en plus besoin qu’il y ait quelqu’un derrière la caméra. Les caméras dont sont dotés les hélicoptères ont aujourd’hui une « puissance de voir » bien plus intense que celles qu’on utilise au cinéma. Et cette puissance de voir sollicite un regard qui cadre et qui scrute, pour deux raisons : d’abord parce qu’elle procure une forme de plaisir ou de jouissance, liée précisément au désir de voir, à la pulsion scopique. Et il faut bien que quelqu’un puisse jouir de cette position de toute-puissance. Ensuite, parce qu’il n’y a aucune raison de se passer d’un sujet humain pour exercer ce type de cruauté. Le désir de voir — pulsion très humaine — qui est en jeu dans cette manière de faire la guerre est au contraire mis au service du projet de mort. D’ailleurs, si ces images étaient « purement opératoires », comme disait Farocki, si elles n’avaient aucun lien avec le cinéma, il n’aurait pas été possible d’en faire un film. Les spectateurs n’auraient pas pu les regarder durant une heure quinze. Cette passion de voir est, je crois, commune au pilote, au cinéaste et au spectateur. Et puis les pilotes doutent, ils ne sont jamais sûrs de ce qu’ils voient. Ce qui ne les empêche d’ailleurs pas de tirer. Celui avec qui j’ai discuté parle même d’une « culture du doute ». Le doute est pour moi le signe qu’il y a bien quelqu’un derrière la caméra. Et l’ambition de supprimer tout aléa humain, ambition qui se trouve au cœur de toute cette entreprise technologique, est selon moi vouée à l’échec, pour le moment en tout cas.

Vanessa Codaccioni : Bien sûr, on sait que les soldats doutent, hésitent, peuvent résister… mais je crois beaucoup, malgré tout, à l’interchangeabilité des hommes qui sont derrière la machine.

Eléonore Weber : Il ne faut pas oublier que les pilotes subissent aussi des traumatismes liés à ce qu’ils ont vu. Il leur arrive de suivre quelqu’un pendant des jours et des jours pour ensuite devoir le tuer…

Vanessa Codaccioni : Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’expérience vécue de la surveillance, qu’elle soit exercée ou qu’elle soit subie. Ce que je veux dire, c’est que même si le pilote d’un drone est en situation de détresse psychologique, il va être remplacé et son désespoir n’aura rien changé, ou très peu.

Eléonore Weber : Le soldat ne fait qu’exécuter les ordres et à ce titre, il est éminemment remplaçable. Les citoyens ont au moins la possibilité de résister à l’arbitraire. Cela dit, les penses-tu tout à fait libres d’inventer et d’exercer cette résistance ? En tant que citoyens, en tant que consommateurs surtout, ne sommes-nous pas également toutes et tous interchangeables ? Nos choix sont loin d’être majoritairement le fruit du libre arbitre.

Vanessa Codaccioni : Oui et non. Il y a un système de violence d’État, un système de répression qui utilise à la fois des dispositifs, ou des technologies, de pouvoir et des sujets citoyens. Il y a plusieurs rapports en jeu à l’intérieur de ce système de répression : le penser, le faire appliquer, le subir, l’observer ou le critiquer. Dans ce dernier cas, on peut écrire, manifester, saisir le droit, mais ce n’est souvent pas suffisant. Ce qu’il faut, c’est supprimer les dispositifs et ce qui les rend possibles, c’est-à-dire soit modifier la pensée répressive d’État, soit légiférer — comme l’a fait Badinter avec la peine de mort. Mais ça, c’est être au pouvoir. Servir le pouvoir limite considérablement les possibilités de résistance : c’est le cas du pilote de drone.

Eléonore Weber : Bien sûr, mais tu es d’accord pour dire qu’ici, c’est davantage idéologique que « machinique ». Par ailleurs, dans des endroits comme Abou Ghraib, certains actes n’ont-ils pas été accomplis par des humains qui y trouvaient leur compte ? C’est-à-dire qui ne se contentaient pas d’exécuter des ordres ?

Vanessa Codaccioni : Il y a une réappropriation personnelle de la pensée répressive et punitive d’État. Selon la trajectoire des individus, leur passé et histoire, leurs ressources, leur adéquation ou non à l’idéologie, il va y avoir des actes plus ou moins violents. Certaines personnes vont se contenter d’appliquer les ordres, d’autres le feront avec bien plus de zèle, voire de monstruosité, puisqu’on parle d’Abou Ghraib. Mais le gardien de prison sera toujours le gardien de prison. Le pilote du drone restera toujours le pilote du drone. Bien sûr qu’il y a du libre arbitre, bien sûr qu’il peut y avoir des décisions personnelles, des résistances, des refus — rares et individuels : mais si on lui demande de tirer, le pilote, dans la plupart des cas, tirera. C’est qu’il y a des ordres, des individus qui les exécutent, et un système qui permet les ordres.

Dans le film, le viseur du soldat évoque le panoptique de Bentham. Il semble omniscient : il voit tout mais personne ne le voit. À la fin, l’objet filmique se retourne et on voit la famille d’un soldat faire des signes à la caméra dans le ciel. Le viseur est vu par ce qui pourrait être sa cible. Le panoptique se brise-t-il à ce moment-là ?

Eléonore Weber : C’est le seul contrechamp du film. Si je l’ai mis, c’est précisément pour qu’on se saisisse du fait qu’il n’y en a pas le reste du temps. Ce sont des enfants américains qui filment, du sol, leur père alors que son hélicoptère part s’entraîner. On n’est donc pas au Moyen-Orient, et il ne s’agit pas d’une opération de guerre. Le sens politique et esthétique de cet ultime retournement est en réalité de montrer que les images du pouvoir sont, par définition, sans contrechamp, comme le remarquait déjà Serge Daney lors de la première guerre en Irak.

Vanessa Codaccioni : Est-ce que le panoptique se brise à ce moment-là ? Je n’en suis pas certaine.

« Nous sommes aujourd’hui à la fois les prisonniers de la prison de Bentham et à la fois ses surveillants. [Vanessa Codaccioni] »

Eléonore Weber : Non, parce que c’est une image qui fait exception. On est aux États-Unis, ces enfants filment leur père et ça n’a rien à voir avec la guerre. Le panoptique se brise à un autre moment selon moi, quand des civils jouent avec des lasers. C’est une pratique assez répandue dans d’autres pays que le nôtre : projeter des faisceaux laser sur les hélicoptères ou les immeubles pour faire croire à une attaque, et duper les forces de l’ordre. J’ai trouvé un certain nombre de séquences de ce type. On voit ensuite la police arrêter toute une famille alors qu’il s’agissait d’un simple jeu, d’une anodine provocation. Pour moi, c’est une petite insolence, une manière de dire « On voit que tu nous vois ». Ça perturbe un instant le dispositif de surveillance, qui repose sur le fait qu’aucun regard ne se porte jamais sur l’œil du pouvoir.

Vanessa Codaccioni : Je ne crois pas que le panoptique se brise, car le panoptique permet de voir sans être vu, ce qui est le cas de l’État. Mais du côté de la population surveillée — selon les théories de Bentham, reprises par Foucault —, ses membres vont modifier leur comportement, se sachant peut-être surveillés. C’est la fonction disciplinaire du panoptique : une personne va éviter de faire certaines choses par peur d’être arrêtée mais elle va aussi, peut-être, montrer qu’elle se sait surveillée. Dans tous les cas, elle accomplit des gestes en raison de la surveillance subie. La surveillance est gagnante ici, donc le panoptique n’est pas renversé. Par ailleurs, je pense qu’on évolue dans une société où le panoptique est complètement élargi : nous sommes aujourd’hui à la fois les prisonniers de la prison de Bentham et à la fois ses surveillants. C’est plutôt dans un panoptique total que nous vivons, et sa fonction disciplinaire n’a jamais été aussi forte : non seulement on se sait surveillés, mais en plus, désormais, on nous demande de surveiller les autres ou de nous surveiller entre nous. Il y a un renforcement total de la société et de la gouvernance panoptiques.

Eléonore Weber : Mais ne peut-on pas dire que lorsque des citoyennes et citoyens filment les forces de l’ordre en manifestation, il y a une inversion du panoptique ?

Vanessa Codaccioni : Non, ce n’est pas une inversion du panoptique. C’est une réaction, une résistance, mais ça ne le retourne pas. On y reste, car il s’agit d’une autre forme de surveillance de l’autre, qui s’exerce parallèlement. Un lanceur d’alerte comme Snowden surveille l’État : même s’il s’agit d’une surveillance du bas vers le haut — regarder ce que font les agents de l’État — et non d’une surveillance descendante, il s’agit toujours d’une forme de surveillance, en réaction à cette dernière. Nous sommes dans le panoptique mais nous pouvons utiliser d’autres types de surveillance pour y résister.

Vanessa Codaccioni, vous écrivez : « Les appels aux injonctions sécuritaires s’ancrent dans une politique de détournement du regard. » Et vous ajoutez que, « Néanmoins, s’il faut bien voir, il ne s’agit pas de regarder ailleurs ». Comment être confronté aux images dans une politique de détournement du regard ?

Vanessa Codaccioni : C’est là que c’est très compliqué. L’État, les gouvernements, les systèmes de répression orientent notre regard et en ont une captation sécuritaire. Nous sommes censés regarder l’autre à travers une lorgnette extrêmement étroite : certaines institutions, certaines activités sociales, certains corps. Comment détourner ce regard-là ? comment regarder ce que l’on n’est pas censé voir ? Ici, c’est toute la question de l’image qui se pose : pouvoir filmer la police, avoir accès aux informations des services de renseignement, avoir accès aux archives. Comment faire pour maintenir notre droit minimum de regard sur l’État dans ces conditions ? comment regarder ailleurs ? d’autres cibles que celles que nous montre l’État ? Je pense qu’effectivement, il faut regarder là où on ne veut pas que l’on regarde. Mais c’est difficile, si on t’empêche de le faire. Il existe quand même des formes d’espoir. Je pense aux colleuses féministes qui incarnent un exemple intéressant de captation militante du regard, et nous incitent à regarder des faits que l’État ne veut pas que l’on voie et sur lesquels les pouvoirs publics n’investissent pas, à savoir les violences conjugales et les féminicides. Leur démarche du collage dans la rue est intéressante parce que ça attire notre regard, ça capte notre attention et ça nous détourne précisément de ce que l’État veut que nous voyions. Ce n’est pas pour rien que j’ai terminé mon livre là-dessus, sur cette réappropriation citoyenne du regard. Les colleuses féministes sont nécessaires dans une société où notre attention est complètement captée par le démarchage, les publicités, nos smartphones, les campagnes politiques, etc.

« L’affichage est une pratique révolutionnaire. C’est intéressant parce que ça utilise des moyens presque archaïques. [Eléonore Weber] »

Eléonore Weber : L’affichage est une pratique révolutionnaire. C’est intéressant parce que ça utilise des moyens presque archaïques, des choses très simples, qui se font dans la rue. Peut-être qu’il faut justement différencier le fait de regarder et celui de surveiller : surveiller son enfant, par exemple, ce n’est pas le regarder. Ces collages ne détournent pas le regard, mais nous font regarder les choses autrement.

Le titre Il n’y aura plus de nuit évoque quelque chose de très pessimiste…

Vanessa Codaccioni : Je reste persuadée qu’il y a des tentatives multiples de tuer la nuit. Comme tu le montres bien dans ton film, même la nuit, la surveillance ne s’arrête pas. On cherche des corps dans la nuit, qui y deviennent visibles.

Eléonore Weber : Il n’y aura plus de nuit, c’est un clin d’œil, une référence au premier verset de l’Apocalypse, à la folle ambition de ces technologies qui se mesurent à la puissance divine. Mais, en réalité, le film n’est pas si pessimiste. Il montre que ce fantasme de tout voir et de faire jour sur toutes choses est voué à l’échec. On ne pourra pas supprimer la nuit. Le faux jour que les caméras les plus récentes parviennent à recréer ne supprime pas la nuit : les étoiles continuent de briller dans l’image.

 

Notes

 

1 Dans Il n’y aura plus de nuit, une voix off raconte l’histoire d’un soldat, témoignage anonyme recueilli par la réalisatrice.

2 En octobre 2010, Wikileaks publie près de 400 000 documents secrets de l’armée américaine sur la guerre en Irak et révèle que la coalition internationale a torturé des prisonniers irakiens et fermé les yeux sur des exactions commises par les forces irakiennes.

3 Le scandale d’Abou Ghraib est une affaire durant laquelle des militaires de l’armée américaine et des agents de la CIA ont été accusés de violation des droits de l’Homme à l’encontre de prisonniers, entre 2003 et 2004, lors de la guerre en Irak, dans la prison d’Abou Ghraib. Ces prisonniers ont été physiquement et sexuellement abusés, torturés, violés et exécutés.

4 Attentat à la préfecture de police : Macron appelle la nation à se mobiliser face à « l’hydre islamiste », Le Monde, 8 octobre 2019.

5 « La Guerre invisible »Serge Daney, Libération, 25 janvier 2013.

 

REBONDS

☰ Lire notre entretien avec David Dufresne : « En critiquant la police, on s’en prend plein la gueule », 18 septembre 2020
☰ Lire notre entretien avec Renaud Garcia : « La technologie est devenue l’objet d’un culte », juin 2019
☰ Lire notre entretien avec Laure Ortiz : « La sécurité a absorbé toutes les libertés », 8 janvier 2018
☰ Lire notre article « Israël : la mort vue du ciel », Shimrit Lee, 23 juillet 2015

 

 

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Le virus de la honte et le « casse » du siècle

Posté par elianguesard le 28 juillet 2021

AmbulanceSousMarinantiatom

https://www.lalignedhorizon.net/pdf/silvia_perez_vitoria/technologie-technocratie-resistances%20paysannes.pdf

Extrait p49:  » Sur le plan sanitaire. Les problèmes de santé sont également innombrables : listeria, salmonellose, intoxications chimiques, cancers, maladies neuro-végétatives, baisse de la fertilité masculine… L’explosion,
ces dernières années, d’affections chroniques comme le diabète ou les maladies cardio-vasculaires, est en grande partie due à une alimentation produite industriellement 5 . Il est probable que la déforestation massive,
la destruction des habitats d’espèces sauvages, les concentrations sans précédent d’animaux dans les élevages industriels, les déséquilibres créés dans les écosystèmes soient à l’origine de la multiplication des zoono-
ses et de virus issus du monde animal (sida, ESB, Ebola, SRAS, H1N1, Covid-19…). La combinaison des problèmes de santé des populations des pays industrialisés et des agressions contre les milieux naturels s’est révélée
particulièrement mortifère lors de la pandémie de Covid-19. Dernièrement, les multinationales de l’agrochimie et de la pharmacie ont multiplié les fusions et les alliances à l’exemple du rachat de Monsanto par Bayer.
Autant contrôler l’ensemble de la chaîne : de l’origine de la maladie à sa guérison. Si finalement un vaccin contre la Covid-19 est trouvé, ce sera le « casse » du siècle !
Le processus d’industrialisation de l’agriculture a fait disparaître les sociétés paysannes, en particulier en Europe de l’Ouest et en Amérique du Nord où la population active agricole s’est effondrée et où les paysans ont été transformés en agriculteurs. À l’échelle du monde, c’est là où le développement n’a pas pu être mené à son terme que les paysans ont survécu. Rappelons que pour tout économiste qui se respecte un pays développé est un pays sans paysans. »

(Février 2020)
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Si vous suivez les informations de PMO vous savez que le virus sars covid 19 proviendrait effectivement  du labo P4 de Wuhan et que la responsabilité est endossée aussi par la France et les fonds états-uniens.

https://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1511

Mais c’est un peu plus complexe…

- voici encore d’autres nouvelles intéressantes avec un Docteur Fauci qui ment devant le Congrès américain

https://www.youtube.com/watch?v=mq4pfUwUPPo

- Et une amie ex membre des Vigies devant l’OMS qui fait son rapport:

fichier pdf Entretien de David Martin juil 21

 

On peut dire que l’objet du crime se trouve non loin de l’OMS ; il s’agit de l’OMPI en plus du bâtiment de Gavi (financé par Bill le philan trop capitaliste), ce dernier construit lorsque nous étions encore en « faction » devant l’OMS.

Puisqu’ils mentent et laissent mourir pour le nucléaire et les pesticides, ils laissent mourir de faim et des guerres nécessaires au pillage ancestral etc , la vie et le mensonge leur importent peu ; seul le profit est leur but jusqu’à la folie.  Car ils nous dirigent vers l’Holocauste de la terre ; c’est bien un sacrifice religieux par le feu ; le feu nucléaire, le feu de la guerre, le feu de la chimie de synthèse, des forêts etc et c’est bien une religion ; la religion de la croissance, de la science, de l’argent, bref de la volonté de puissance et de conquête infinie jusqu’à la planète Mars. mais on ne peut abrutir et avilir que jusqu’à un certain point seulement’

 

La vidéo est aussi signalée ici   

https://resistance71.wordpress.com/2021/07/24/la-fraude-pandemique-le-sras-cov-2-et-ses-73-patentes-entre-2008-et-2018-exposer-le-crime-avec-reiner-fuellmish-et-le-dr-david-martin-video/

 

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Le pouvoir de la honte

Posté par elianguesard le 23 janvier 2021

1922: Anatole France: « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L’Humanité, 18 juillet 1922)

2021: Santé Publique France: On croit mourir du cancer; on meurt du nucléaire.

nousautreculturP

JeanZiegler

D’après Jean Ziegler dans ses ouvrages dont « La haine de l’occident »

L’un ou l’une

Jean Ziegler est la seule personnalité (avec Danielle Mitterrand qui seule aussi « portait à gauche ») qui nous soutenait devant l’OMS durant dix ans (www.independentwho.org)

Je ne le connaissais que de nom sans l’avoir lu ni vu, par contre je connaissais le livre coordonné par sa femme Erica Deuber Ziegler:

« Nous Autres » et c’est ainsi que j’ai pu constater que  l’un n’est rien sans l’autre; l’un ou l’une est la moitié de l’autre. Des couples bien enracinés ensemble, on en a tous en tête; par exemples Claude et Lydia Bourguignon rencontrés avec les faucheurs . Et quand l’un ou l’une disparaît, il ou elle continue de « vivre dans l’autre ». Il-elle continue de vivre dans la mémoire et le cœur de l’autre. C’est encore plus remarquable lorsque c’est la lutte qu’elle_il menaient ensemble se prolonge après la disparition de l’autre. Le deuxième exemple que j’ai pu constater est la lutte et l’histoire commune de Solange et Michel Fernex , ensuite d’autres apparaissaient comme la lutte et l’histoire commune de Annie Thébaud-Mony et Henri Pézerat. Mais encore celle de Bella et Roger Belbéoch, essentiels dans la lutte contre le crime nucléaire ; https://rebellyon.info/Les-belbeoch-pour-l-humanite-17173 puis la ligne http://elianguesard.unblog.fr/2017/12/27/les-belbeoch-pour-lhumanite/

Chacun trouvera en fonction de ses rencontres d’autres exemples à citer et l’important est de relever cette beauté ou harmonie du lien entre deux êtres, on appelle cela amour ou loyauté. Et cela est beau à voir. D’autant plus lorsqu’il s’agit de « combattant-e du vivant ».

Le thème du pouvoir de la honte

C’est lors d’un salon Alternatiba à Genève, où nous avions un stand IWHO  (www.independentwho.org) que je pu discuter avec un jeune homme sur le livre de Ziegler récemment lu: « La Haine de l’Occident », ce jeune d’origine argentine avait assisté  avec son frère aux cours de Jean Ziegler à l’ Université de Genève. Au cours de la rencontre, il me dévoila une des idées-force de Ziegler, même son grand thème: il y a « la haine de l’Occident » parce qu’il y a « la honte de l’Occident, j’en déduisis immédiatement qu’il y avait « la haine du français » parce qu’il y a « la honte du français » et on pourrait étendre la démonstration dans mon cas sur la « honte du technicien ».

L’origine  de ce thème de honte, je le vis aussi dans ses autres ouvrages, c’était il y a longtemps.

 

« Quelques extraits glanés sur une période où « Saint-Just faisant écho à Jacques Roux disait : « la liberté ne peut s’exercer que par des hommes à l’abri du besoin. »

«…Benjamin Franklin coauteur de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis se vit interpellé par le jeune Danton : « Le monde n’est qu’injustice et misère. Où est la sanction ? Votre déclaration n’a, pour se faire respecter, aucun pouvoir, ni judiciaire ni militaire… »

Benjamin Franklin lui répondit, sûr de lui : « Erreur !! Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel ; le pouvoir de la honte. »

Benjamin Franklin voulait dire que dans chaque être humain qui se respecte, il y a une part irréductible qui l’empêche de faire des choses reconnues comme universellement honteuses : comme plumer ses concitoyens , les réprimer sans cause , les avilir , les appauvrir etc …L’intériorité étant la caractéristique de toute société humaine.

source https://forum.oujdacity.net/topic/la-honte/

 

(Franklin) Pour rappeler la liberté d’expression de la presse, il publie une citation d’un journal anglais : « sans liberté de pensée, il ne peut y avoir de sagesse ; et pas de liberté du peuple sans liberté d’opinion ; celle-ci est le droit de chaque homme tant qu’il ne porte pas atteinte à la liberté d’autrui ».

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Autre source https://olivierjulien.wordpress.com/2011/05/01/lempire-de-la-honte-jean-ziegler/

INTRODUCTION

En 1776, Benjamin Franklin fut nommé premier ambassadeur de la jeune République américaine en France. Il avait 70 ans. Franklin arriva à Paris le 21 décembre, venant de Nantes, après une longue et périlleuse traversée sur le ReprisaI.
Le grand savant s’installa dans une
mod~ste maison à Passy. Les échotiers commencèrent bien vite à épier chacun de ses faits et gestes. Celui de La Gazette écrit : «Personne ne l’appelle Monsieur… tout le monde s’adresse à lui en l’appelant tout simplement Docteur Franklin… comme on l’aurait fait avec Platon ou Socrate.» Un autre dit : «Protée n’était finalement qu’un homme. Benjamin Franklin aussi. .. mais quels hommes  !» Voltaire qui, à 84 ans, ne sortait pratiquement plus de chez lui, se déplaça jusqu’à l’Académie royale pour l’y accueillir avec solennité.
Coauteur, avec Thomas Jefferson, de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, signée le 4 juillet 1776 à Philadelphie, Franklin jouit aussitôt, dans les cercles révolutionnaires et les salons littéraires de Paris, d’un prestige immense. Que disait cette déclaration? Relisons son préambule :
«Nous tenons les vérités suivantes pour évidentes par elles-mêmes : tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont : le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur [ … ].
« C’est pour s’assurer de la jouissance de ces droits que les hommes se sont donné des gouvernements dont l’ autorité devient légitime par le consentement des administrés [ … ].
«Lorsqu’un gouvernement, quelle que soit sa forme, s’éloigne de ces buts, le peuple a le droit de le changer ou de l’abolir, et d’établir un nouveau gouvernement en le fondant sur ces principes et en l’organisant en la formequi lui paraîtra la plus propre à lui donner sécurité et bonheur
».
Situé au coeur du quartier de Saint-Germain, le café Procope était le lieu de prédilection des jeunes révolutionnaires. C’est là qu’ils tenaient leurs réunions et organisaient leurs fêtes. Benjamin Franklin y dînait de temps à autre, en compagnie de la belle Mme Brillon. Un soir, un jeune avocat de 20 ans, Georges Danton, l’interpella bruyamment: «Le monde n’est qu’injustice et misère. Où est la sanction? Votre déclaration n’a, pour se faire respecter, aucun pouvoir ni judiciaire ni militaire … »
Franklin lui répondit: «Erreur!
Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel : le pouvoir de la honte (the power of shame).»

Le Petit Robert dit de la honte: «Déshonneur humiliant. [ … ] Sentiment pénible de son infériorité, de son indignité ou de son humiliation devant autrui, de son abaissement dans l’opinion des autres (sentiment de déshonneur). [ … ] Sentiment de gêne éprouvé par scrupule de conscience. »
Ce sentiment et les émotions qu’il suscite, les affamés du bairo de Pela Porco à Salvador de Bahia les connaissent parfaitement : «Precio tirar la vergonha de catar no lixo … » (<< Je dois vaincre ma honte pour pouvoir fouiller dans les poubelles … »).
S’il ne parvient pas à vaincre sa honte, l’affamé meurt. À l’école, il arrive que des enfants brésiliens tombent d’inanition du fait de l’anémie. Sur les chantiers, la privation de nourriture fait défaillir les ouvriers. Dans les bidonvilles d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, dénommés pudiquement «habitats insalubres» par les Nations unies, là où vit 40 % de la population mondiale, les rats disputent aux ménagères la maigre pitance familiale. Le sentiment d’infériorité torture les habitants.
Les êtres faméliques errant dans les rues des mégapoles d’Asie méridionale et d’Afrique noire sont, eux aussi, talonnés par la honte.

Le sentiment du déshonneur interdit au chômeur en loques de pénétrer dans les beaux quartiers, là où il pourrait pourtant, peut-être, trouver un travail pour se nourrir et nourrir sa famille. La honte le retient de s’exposer aux regards des passants.

Dans les favelas du nord du Brésil, les mères ont coutume, le soir, de mettre à bouillir de l’eau dans une marmite en y déposant des pierres. À leurs enfants pleurant de faim, elles expliquent : « Le repas sera bientôt prêt. .. », tout en espérant qu’entre-temps les enfants se seront endormis. Mesure-t-on la honte éprouvée par une mère devant ses enfants martyrisés par la faim et qu’elle est incapable de nourrir ?

Adolescent, Edmond Kaiser a échappé aux sbires de la police de Vichy et à la déportation. Juge d’instruction militaire dans l’armée du général Leclerc, il découvrit en Alsace, puis en Allemagne, l’horreur des camps nazis. S’exilant à Lausanne, il y fonda une organisation internationale d’aide à l’enfance, Terre des hommes. Il est mort à 82 ans, au seuil du nouveau millénaire, dans un orphelinat du sud de l’Inde.
Edmond Kaiser écrit : « Si l’on ouvrait la marmite du monde, sa clameur ferait reculer le ciel et la terre. Car
ni la terre ni le ciel ni aucun d’entre nous n’a vraiment mesuré l’envergure terrifiante du malheur des enfants ni le poids des pouvoirs qui les broient »
Dans leur for intérieur, beaucoup d’Occidentaux, parfaitement informés des souffrances des affamés africains ou des chômeurs pakistanais, ne supportent que difficilement leur quotidienne complicité avec l’ordre cannibale du monde. Ils en éprouvent de la honte, aussitôt relayée par un sentiment d’impuissance. Mais très peu trouvent le courage – à l’exemple d’Edmond Kaiser – de se dresser contre cet état de fait. C’est alors qu’il est tentant, pour calmer ses scrupules, de se rabattre sur des explications justificatrices.
Les peuples fortement endettés d’Afrique sont « paresseux», dit-on volontiers, « corrompus», « irresponsables », incapables de construire une économie autonome, des « débiteurs-nés», par définition insolvables. Quant
à la faim, on invoque bien souvent le climat pour l’expliquer … alors que les conditions climatiques sont infiniment plus dures dans l ‘hémisphère nord – où les gens mangent – que dans l’hémisphère sud – où ils périssent de sous-alimentation et de faim.’
Mais la honte habite aussi les seigneurs. Ceux-ci savent parfaitement les conséquences de leurs actes : la destruction des familles, le martyre des travailleurs souspayés, le désespoir des peuples non rentables n’ont pas de secrets pour eux.
Quelques indices témoignent même de leur malaise. C’est ainsi que Daniel Vasella, prince de N ovartis, géant suisse de la pharmaceutique, construit actuellement
à Singapour le Novartis Institute for Tropical Deseases  qui devra produire, en quantité limitée, des pilules contre la malaria, un médicament qui sera vendu dans les pays démunis à son prix de revient. Le seigneur de Nestlé, Peter Brabeck-Lemathe, remet à chacun de ses 275 000 employés, oeuvrant dans 86 pays, une « bible» rédigée de sa main et qui leur enjoint de se conduire humainement et de façon « bienfaisante» envers les peuples qu’ils exploitent•

Pour Emmanuel Kant, le sentiment de honte provient du déshonneur. Il dit la révolte devant une conduite, une situation, des actions, des intentions avilissantes, dégradantes, ignominieuses, et qui contredisent «1 ‘honneur d’être un homme ». Pour signifier la honte dans toutes ses acceptions, Kant recourt à deux termes pratiquement intraduisibles en français : die Schande et die Scham. J’ai honte (Scham) de l’insulte qui est faite à l’autre et qui, de ce fait, est infligée à mon honneur d’être un homme (Schande) 1. L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables.

Dans la nuit du 4 août 1789, les députés composant l’Assemblée nationale ont aboli le système féodal en France. Or, aujourd’hui, nous vivons la reféodalisation du monde. Les seigneurs despotiques sont de retour. Les nouvelles féodalités capitalistes détiennent désormais un pouvoir qu’aucun empereur, aucun roi, aucun pape n’a possédé avant elles.
Les cinq cents plus puissantes sociétés capitalistes privées transcontinentales du monde – dans l’industrie, le commerce, les services, la banque – contrôlaient, en 2004, 52 % du produit mondial brut: en clair, plus de la moitié de toutes les richesses produites en une année sur notre planète.
Oui, la faim, la misère, l’écrasement des pauvres sont plus effroyables que jamais.
Les attentats du Il septembre 2001 à New York, Washington et en Pennsylvanie ont provoqué une accélération dramatique du processus de reféodalisation. Ils ont été l’occasion pour les nouveaux despotes de s’approprier le monde. De s’emparer sans partage des ressources nécessaires au bonheur de l’humanité. De détruire la démocratie.
Les derniers barrages de la civilisation menacent de céder. Le droit international est
à l’agonie. L’Organisation des Nations unies et son secrétaire général sont mis à mal et diffamés. La barbarie cosmocrate progresse à pas de géant. C’est de cette réalité nouvelle qu’est né ce livre. 

Le sentiment de honte est l’un des éléments constitutifs de la morale. Il est indissociable de la conscience de l’identité, elle-même constitutive de l’être humain. Si je suis blessé, si j’ai faim, si – dans ma chair et dans mon esprit – je souffre l’humiliation de la misère, je ressens de la douleur. Spectateur de la souffrance infligée à un autre être humain, j’éprouve, dans ma conscience, un peu de sa douleur, et celle-ci éveille à son tour ma compassion, suscite un élan de sollicitude, m’accable de honte aussi. Et je suis incité à l’action.
Je sais, par intuition, par l’exercice de la raison, par mon exigence morale, que tout homme a droit au travail, à l’alimentation, à la santé, au savoir, à la liberté et au bonheur.

Si la conscience de l’identité habite tout être humain, donc celle aussi des cosmocrates, comment se fait-il que ces derniers aient une action aussi dévastatrice? Comment expliquer qu’ils combattent avec tant de cynisme, de férocité et de ruse les aspirations élémentaires au bonheur ?
Ils sont pris dans cette contradiction fondamentale : être un homme, rien qu’un homme, ou s’enrichir, dominer les marchés, exercer les pleins pouvoirs, devenir le maître.

Au nom de la guerre économique, qu’ils déclarent euxmêmes en permanence à leurs possibles concurrents, ils décrètent l’état d’urgence. Ils installent un régime d’exception, qui déroge à la morale commune; et ils suspendent, parfois peut-être à contrecoeur, les droits humains fondamentaux (pourtant avalisés par toutes les nations de la terre), les règles morales (pourtant affirmées en démocratie), les sentiments ordinaires (qu’ils ne pratiquent plus qu’en famille ou entre amis).
Si j’exprime de la compassion, si je témoigne de solidarité à l’endroit d’autrui, mon concurrent profitera instantanément de ma faiblesse. Il me détruira. En conséquence, contre mon gré,
à ma grande honte (refoulée), je suis contraint, à chaque instant du jour et de la nuit, et quel que soit le prix humain à payer, de pratiquer la maximalisation du profit et de l’accumulation, de m’assurer de la plus-value la plus élevée dans le laps de temps le plus court et au prix de revient le plus bas possible.
La prétendue guerre économique permanente exige des sacrifices, comme toute guerre. Mais celle-ci semble bien être programmée pour n’avoir jamais de
fin.

Bien des théories et des idéologies de pacotille obscurcissent la conscience des hommes et des femmes de bonne volonté en Occident. Du coup, beaucoup parmi eux tiennent l’actuel ordre cannibale du monde pour immuable. Cette croyance les empêche de transformer en actions de solidarité et de révolte la honte qui est enfouie au plus intime d’eux-mêmes. L’enjeu est donc bien de détruire d’abord ces théories. La mission historique des révolutionnaires, telle que l’évoquent les « Enragés» en 1793, consiste à combattre en faveur de la justice sociale planétaire. Il s’agit, pour eux, de réveiller les colères contenues, de stimuler le goût de la résistance démocratique collective. Il faut remettre le monde sur ses pieds, la tête en haut, les pieds en bas.
Il faut broyer la Main invisible du marché. L’économie n’est pas un phénomène naturel. Elle n’est qu’un instrument, qu’il convient de mettre au service d’un but unique : la recherche du bonheur commun.
Pétri du sentiment pénible de son infériorité, de son indignité, découvrant que ni la faim ni la dette ne sont inévitables, l’homme honteux du tiers-monde peut, lui aussi, prendre conscience et se lever. Souffrant de son déshonneur, l’affamé, le chômeur, l’homme humilié ravale sa honte aussi longtemps qu’il croit sa situation immuable. Il se transforme en combattant, en insurgé, en révolté dès lors que l’espoir pointe, dès lors que la prétendue fatalité révèle ses failles-. La victime devient alors acteur de son destin. C’est à la mise en oeuvre de ce processus que ce livre veut contribuer.
Ce sont Benjamin Franklin et Thomas Jefferson qui, les premiers, ont formulé le droit de l ‘homme à la recherche du bonheur. Repris par les «Enragés» de Jacques Roux, cette revendication est devenue le principal moteur de la Révolution française. Pour eux, l’idée de bonheur individuel et collectif résumait un projet politique, qu’ils voulaient d’application immédiate et concrète. 

Quels sont les obstacles qui se dressent aujourd’hui devant la réalisation du droit de l ‘homme à la recherche du bonheur? Comment démanteler ces obstacles? Comment assurer un libre cours à la recherche du bonheur commun ? Ce livre tente de répondre à ces questions.
Voici son plan.
Dans l ‘histoire universelle des idées, la Révolution française a introduit une rupture radicale. Elle a concrétisé politiquement les préceptes philosophiques des Lumières et du rationalisme libérateur. Quelques-uns de ses principaux acteurs, notamment les «Enragés », ont évoqué l ‘horizon de tous les combats présents et à venir pour la justice sociale planétaire. Intitulé « Du droit au bonheur », la première partie leur donne la parole. Mais elle décrit également le mouvement de reféodalisation actuelle du monde entreprise par les sociétés capitalistes privées transcontinentales, le régime de violence structurelle qu’elles instituent et les forces encore obscures qui se dressent contre elles. Une section importante y est consacrée à l’agonie du droit.
La deuxième partie est consacrée
à l’exposé général des rapports de cause à effet entre la dette et la faim, ces armes de destruction massive déployées contre les plus faibles. La faim ? Elle pourrait être vaincue à brève échéance par l’imposition de certaines mesures à ceux qui manient ces armes.
Affligée par une famine chronique et par l’effondrement du prix du seul produit d’exportation qu’il est susceptible de voir monnayer en devises – les grains de café -, le peuple éthiopien souffre, mais s’organise. À l’autre bout du monde, au Brésil, une révolution silencieuse est en marche : victime lui aussi de la sous-alimentation permanente d’une grande partie de ses habitants et d’une dette écrasante, ce pays est en train de forger des instruments inédits de libération. Je consacre les troisième et quatrième parties à ces expériences inédites de lutte ou de résistance. Les sociétés transcontinentales privées, détentrices des technologies, des capitaux, des laboratoires les plus puissants que l ‘humanité ait connus, sont la colonne vertébrale de cet ordre injuste et mortifère. La cinquième partie de mon livre met en lumière leurs pratiques les plus récentes.

De la connaissance naît le combat, du combat la liberté et les conditions matérielles de la recherche du bonheur. La destruction de l’ordre cannibale du monde est l’affaire – des peuples. Régis Debray écrit: «La tâche de l’intellectuel est d’énoncer ce qui est. Sa tâche n’est pas de séduire, mais d’armer.» Écoutons aussi Gracchus Babeuf, qui après la fusillade du Champ-de-Mars, en juillet 1791, prononce ce discours :
«Perfides, vous criez qu’il faut éviter la guerre civile, qu’il ne faut point jeter parmi le peuple les brandons de la discorde. Et quelle guerre civile est plus révoltante que celle qui fait voir tous les assassins d’une part et toutes les victimes sans défense d’une autre!
«Que le combat s’engage sur le fameux chapitre de l’égalité et de la propriété!
«Que le peuple renverse toutes les anciennes institutions barbares ! Que la guerre du riche contre le pauvre cesse d’avoir ce caractère de toute audace d’un côté et de toute lâcheté de l’autre. Oui, je le répète, tous les maux sont
à leur comble, ils ne peuvent plus empirer. Ils ne peuvent se réparer que par un bouleversement total »

Je veux contribuer à armer les consciences en vue de ce bouleversement.

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https://www.ledevoir.com/lire/80656/jean-ziegler-plaide-pour-la-dignite-de-la-honte

Jean Ziegler plaide pour la dignité de la honte

Anne-Marie Brunelle 30 04 2005

La Déclaration d’indépendance des États-Unis stipule que «tous les hommes ont été créés égaux; le Créateur leur a conféré des droits inaliénables, dont les premiers sont: le droit à la vie, le droit à la liberté, le droit au bonheur». Lors d’une visite en France en 1776, Franklin, coauteur de ce célèbre texte, s’est fait reprocher par le jeune Danton le fait que la Déclaration d’indépendance ne comporte aucun pouvoir pour se faire respecter. «Erreur!», rétorqua Franklin. «Derrière cette déclaration, il est un pouvoir considérable, éternel: le pouvoir de la honte.»

La honte dont traite le Suisse Jean Ziegler dans son dernier essai, L’Empire de la honte, diffère de celle qu’évoquait Franklin. Une dérive a fait que la victime, plutôt que l’oppresseur, se sent aujourd’hui honteuse. La honte s’abat sur le pauvre qui mendie, sur la mère d’enfants affamés, sur le public accablé par la fatalité et le sentiment de son impuissance. Citant Emmanuel Kant, selon qui le sentiment de honte découle du déshonneur, Ziegler appelle à remettre la honte à sa place: «L’empire de la honte a pour horizon le déshonneur infligé à tout homme par la souffrance de ses semblables», écrit Jean Ziegler.

La honte redevient alors source de solidarité, comme au temps des insurgés français de 1789. Utopie? Certainement. Ziegler s’en réclame, tout comme Riccardo Petrella dans Désir d’humanité (2004). Ces penseurs de l’altermondialisation semblent avoir décidé de revaloriser la notion même d’utopie, mise à mal par la force du discours sur l’inéluctabilité des inégalités et des malheurs humains.

Ziegler poursuit donc son travail de démonstration et de dénonciation entrepris dans Les Nouveaux Maîtres du monde (Fayard, 2002). Il y écrivait que mourir de faim aujourd’hui, c’est mourir assassiné, parce que jamais l’humanité n’a eu autant de moyens pour dompter la famine et la misère. En 2005, il va plus loin en qualifiant la faim et la dette d’armes (honteuses) de «destruction massive».

Jean Ziegler est un penseur et un homme de terrain. Depuis 2000, il est rapporteur spécial des Nations unies pour le droit à l’alimentation. Il n’hésite pas à faire appel à des expériences personnelles, à des rencontres et à des souvenirs pour illustrer son propos. C’est parfois agaçant — son je se fait insistant sans toujours être utile —, mais on ne pourra lui reprocher de ne pas s’impliquer personnellement.

La mondialisation néolibérale ne manque pas de détracteurs. Jean Ziegler se démarque en racontant des histoires. Il dénonce avec force chiffres les multinationales et le FMI, mais la faim est aussi racontée par une mère éthiopienne ou un enfant des dépotoirs. Le lecteur en apprendra plus sur l’enfance du président Lula, du Brésil, qui se raconte. Jean Ziegler consacre d’ailleurs tout un chapitre à Lula et au Brésil, disant qu’il se prépare là une formidable révolution démocratique et économique, à l’issue incertaine, mais dont l’Europe ne se soucie pas du tout. Et au Québec, qui s’en soucie? Bombardier? La FTQ?

La démonstration de Ziegler est riche. Elle puise dans l’histoire, chez les philosophes et les dramaturges, de même que dans l’expérience personnelle de l’auteur. C’est là tout l’intérêt de son livre, qui ne s’adresse pas aux spécialistes ni aux militants, mais bien à un public plus large. Ziegler convie de belle manière à se réapproprier cette vieille idée du bonheur commun.

 

 

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https://www.tdg.ch/geneve/actu-genevoise/jean-ziegler-mise-pouvoir-honte/story/29329962

Jean Ziegler mise sur le «pouvoir de la honte»

Dans son nouveau livre, la «société civile» donne de l’espoir à l’intellectuel genevois.

Roland Rossier

Mis à jour: 24.02.2018

C’est un petit livre couleur sable, le dernier ouvrage en date de Jean Ziegler. Dans la suite de «Chemins d’espérance», le sociologue a choisi de mettre en évidence des notes d’espoir dans ce monde dominé par le «capitalisme financier». Et le titre du livre en résume son contenu: «Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures». Jean Ziegler ne baisse pas la garde. «Un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou des suites immédiates de manque de nourriture toutes les cinq secondes»: cela fait plus de 40 ans, depuis la parution d’«Une Suisse au-dessus de tout soupçon», que l’intellectuel d’origine bernoise dénonce les méfaits de l’oligarchie financière et des multinationales. Mais tout n’est pas perdu, aux yeux du sociologue. «Mon espérance est réelle. Elle n’est nullement fondée sur un quelconque idéalisme ou de fallacieux arguments, mais au contraire repose sur des éléments de sociologie démontrés». Et, malgré l’individualisme caractérisant les sociétés modernes, il pense que «ce que les individus considèrent individuellement «juste» se trouvera un jour incarné dans une revendication collective». Car, pour Jean Ziegler, «un phénomène planétaire inédit a surgi: la société civile», qui a trouvé un allié inattendu grâce à l’émergence puis l’organisation de réseaux sociaux. L’écrivain genevois met aussi en évidence une notion assez singulière, le «power of shame» (le pouvoir de la honte), en livrant cette anecdote: en 2003, il doit présenter des recommandations à Genève au Conseil des droits de l’homme. Dans son rapport, il dénonce le comportement des autorités chinoises qui renvoyaient en Corée du Nord des exilés s’étant réfugiés en Mandchourie. Juste avant de remettre son rapport, le Bernois est accosté par l’ambassadeur de Chine qui «l’implore» de supprimer le passage concernant son pays. L’écrivain ne cède pas. Mais cette supplique de ce représentant de grande puissance lui confirme l’importance du «pouvoir de la honte» qui, écrit-il, «peut sembler abstrait, romantique même, voire angélique». Mais qui est «une aide précieuse, une arme redoutable» pour tenter de sanctionner les violations des droits de l’homme. Le sociologue, qui est aujourd’hui vice-président du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, poursuit aussi son cheminement en direction de champs intellectuels davantage irrigués par la spiritualité. Sans être bigot. « Je suis un bolchevique qui croit en Dieu », aime-t-il dire. Et Jean Ziegler de résumer sa pensée : « Une détermination exogène contribue à déclencher l’acte émotionnel, qu’il soit le plus pur ou le plus inhumain. Mais pourquoi alors cette source autonome du Bien ne s’impose-t-elle pas à celle du Mal ? Je l’ignore, confesse-t-il, nous l’ignorons tous, même les plus éminents théologiens, les plus réputés exégètes l’ignorent ». Et c’est là le Grand Mystère, le plus insondable mystère. » On l’a compris, l’énigme est loin d’être résolue.

 

 

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Remarques:

Franklin, lui-même scientifique , bien que non esclavagiste, vivait dans un environnement suprémaciste blanc, de conquête coloniale aux Amériques ; basé sur le meurtre et la rapine, comme la France et d’autres pays impérialistes en Afrique et ailleurs. Ceci est toujours le cas en 2021. Nous sommes toujours sous l’emprise de l’argent-Roi. Et comme à l’époque de Franklin, le scientisme est toujours prépondérant aujourd’hui.
Il y a bien sûr une critique à faire sur cette honte à œillères, mais l’essentiel est dit chez Jean Ziegler.

« écrire, c’est faire un bond hors du rang des meurtriers » disait Kafka

mais on peut dire aussi que « les mots sont des bombes » La tactique peut-être efficace.

On connaît aussi l’expression « Toute honte bue » elle s ‘accorde avec l’actualité des puissances de l’argent qui manipulent leurs marionnettes d’Etat sans se soucier de la destruction qu’elles provoquent.

En opposition, pour miser sur ce « sentiment de honte », on doit les mettre en face de leurs forfaits, physiquement et moralement. Ce ne sont pas les exemples qui manquent, et il n’y a pas que « l’univers du procès » que décriait Albert Camus dans « l’homme révolté ».

« De chacun selon ses moyens, à chacun selon »… sa colère.

 

Il y a donc un « inventerre » à faire sur :

1°) le pourquoi de la haine parce que la honte de l’Occident

2°) le pourquoi de la haine parce que la honte du français

3°) le pourquoi de la honte du technicien

Là aussi chacun saura donner des exemples…

 

 

La honte du technicien m’est plus proche, elle est aussi  relatée dans cet article: https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/08/groupe-grothendieck-technoscience/

ou celui-ci… https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/11/izoard-merci/ https://sniadecki.wordpress.com/2021/01/15/izoard-chine/

et ce même  sens est aussi décrit dans les différentes rubriques de ce site; le tout venant de rencontres et de lectures faites depuis plus de vingt ans. Tout vient des autres et de leur rencontre. « Je ne suis rien; nous sommes ».

1922: Anatole France: « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels » (« Lettre ouverte à Marcel Cachin », L’Humanité, 18 juillet 1922)

2021: Santé Publique France: On croit mourir du cancer; on meurt du nucléaire

Jean-Yves Peillard

Ajout du 16 Mars 2021 : http://crasputas.canalblog.com/archives/2021/03/16/38869227.html

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Pour un 2021 de résistance

Posté par elianguesard le 3 janvier 2021

 

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http://fondation-frantzfanon.com/voeux-de-la-fondation-pour-un-2021-de-resistance-es-fr-eng/

L’année 2020 restera dans les mémoires comme celle de l’horreur mais aussi de lutte. Horreur face à l’anéantissement de vies noires, au traitement abject des migrants et à l’indifférence devant la mort disproportionnée des personnes racialisées durant la pandémie; sans oublier les autres réalités tragiques (précarité, exclusion, guerres sans fin, déni du droit international, une communauté internationale et des institutions internationales au service du système financier) qui démontrent la gravité du projet continu de déshumanisation raciale, sociale et coloniale.

2020 a aussi été une année de lutte, de contestation, de dénonciation et d’affirmation de l’importance que seul le pouvoir exercé collectivement peut permettre d’engendrer des changements épistémiques et ontologiques. Ce fut une année de lutte contre le racisme structurel anti-noir, qui continue de façonner les institutions, les cultures, les attitudes et les modes de vie; de lutte également contre la production et la reproduction de logiques modernes/coloniales aussi bien à l’intérieur qu’entre les continents, les régions et les États-nations. Luttes non seulement contre un fascisme grandissant, mais aussi contre la colonialité du pouvoir qui s’exprime dans le libéralisme, le néolibéralisme, et pour certains états dans la revendication d’un républicanisme désuet et d’une laïcité qui devrait être d’État.

La lutte pour l’émancipation et la libération des peuples qui ont émergé après la période de la mise en esclavage et du colonialisme moderne se poursuit. La lutte pour les réparations politiques, symboliques et épistémiques continue elle aussi. Et ne cessera pas tant que les terres et les ressources naturelles ne seront pas redistribuées à ceux à qui elles appartiennent, alors qu’elles ont été acquises par le crime et le vol.

La Fondation Frantz Fanon est en première ligne des luttes pour une décolonisation globale de la subjectivité, du savoir, de l’économie et des relations sociales et internationales. La Fondation défend l’importance d’une conception fanonienne de l’Être et de la guérison, liées à l’expression de la liberté et de la créativité humaines, dans le cadre d’un engagement pour une restauration substantielle de la vie humaine, à commencer par les vies qui continuent d’apparaître comme les plus négligeables face à la pandémie de la colonialité.

La Fondation Fanon souhaite et célèbrera une année 2021 combative !

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https://www.mondialisation.ca/le-temps-nest-plus-celui-de-linformation-il-est-devenu-celui-de-la-resistance/5652395

Le temps n’est plus celui de l’information il est devenu celui de la résistance.

Le discours politique est destiné à donner aux mensonges l’accent de la vérité, à rendre le meurtre respectable et à donner l’apparence de la solidarité à un simple courant d’air.

« Dans des temps de tromperie généralisée, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire. »

(Georges Orwell)

Le jeudi 31 décembre 2020 –  A l’heure actuelle et compte tenu de tout ce que nous découvrons chaque jour à partir de la propagande de l’État, clairement incohérente, mais répondant à une autre logique dont il n’est jamais fait directement allusion, celle du programme détaillé du Forum Économique Mondial qui a théorisé le « Great Reset » [Grande réinitialisation ou Grande remise à zéro], dont chacun sait désormais l’objectif, nous avons compris pourquoi et comment se sont constitués les deux groupes de personnes qui de l’incompatibilité, sont sur le point de passer à l’affrontement … suite sur lien

 

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https://lavoiedujaguar.net/Premiere-partie-Une-declaration-Pour-la-vie

Première partie
Une déclaration…
Pour la vie

samedi 2 janvier 2021, par EZLN

1er janvier 2021.

Aux peuples du monde,
À celles et ceux qui luttent sur les cinq continents,

Frères, sœurs et compañer@s,

Durant ces derniers mois, nous avons pris contact entre nous de différentes manières. Nous sommes femmes, lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres, travestis, transsexuels, intersexes, queers et autres encore, hommes, groupes, collectifs, associations, organisations, mouvements sociaux, peuples originaires, associations de quartier, communautés et un long et cetera qui nous donne une identité.

Nos différences et les distances entre nous viennent des terres, des ciels, des montagnes, des vallées, des steppes, des déserts, des océans, des lacs, des rivières, des sources, des lagunes, des races, des cultures, des langues, des histoires, des âges, des géographies, des identités sexuelles ou pas, des racines, des frontières, des formes d’organisation, des classes sociales, des capacités financières, du prestige social, de la popularité, des followers, des likes, des monnaies, des niveaux de scolarité, des manières d’être, des préoccupations, des qualités, des défauts, des pour, des contre, des mais, des cependant, des rivalités, des inimitiés, des conceptions, des argumentations, des contre-argumentations, des débats, des différends, des dénonciations, des accusations, des mépris, des phobies, des philies, des éloges, des rejets, des abus, des applaudissements, des divinités, des démons, des dogmes, des hérésies, des goûts, des dégoûts, des manières d’être, et un long et cetera qui nous rend différents et bien des fois nous oppose.

Il n’y a que très peu de choses qui nous unissent :

Faire nôtres les douleurs de la terre : la violence contre les femmes ; la persécution et le mépris contre les différent·e·s dans leur identité affective, émotionnelle, sexuelle ; l’anéantissement de l’enfance ; le génocide contre les peuples originaires ; le racisme ; le militarisme ; l’exploitation ; la spoliation ; la destruction de la nature.

Comprendre que le responsable de ces douleurs est un système. Le bourreau est un système exploiteur, patriarcal, pyramidal, raciste, voleur et criminel : le capitalisme.

Savoir qu’il n’est pas possible de réformer ce système ni de l’éduquer, de l’atténuer, d’en limer les aspérités, de le domestiquer, de l’humaniser.

S’être engagé à lutter, partout et à toute heure — chacun·e là où on se trouve — contre ce système jusqu’à le détruire complètement. La survie de l’humanité dépend de la destruction du capitalisme. Nous ne nous rendons pas, nous ne nous vendons pas, nous ne titubons pas.

Avoir la certitude que la lutte pour l’humanité est mondiale. De même que la destruction en cours ne reconnaît pas de frontières, de nationalités, de drapeaux, de langues, de cultures, de races, la lutte pour l’humanité est en tous lieux, tout le temps.

Avoir la conviction que nombreux sont les mondes qui vivent et qui luttent dans le monde. Et que toute prétention à l’homogénéité et à l’hégémonie attente à l’essence de l’être humain : la liberté. L’égalité de l’humanité se trouve dans le respect de la différence. C’est dans sa diversité que se trouve sa ressemblance.

Comprendre que ce n’est pas la prétention d’imposer notre regard, nos pas, nos compagnies, nos chemins et nos destins qui nous permettra d’avancer, mais la capacité à écouter et à regarder l’autre qui, distinct et différent, partage la même vocation de liberté et de justice.

De par ce qui nous unit, et sans abandonner nos convictions ni cesser d’être ce que nous sommes, nous nous sommes mis d’accord pour :

Premièrement. Réaliser des rencontres, des dialogues, des échanges d’idées, d’expériences, d’analyses et d’évaluations entre celles et ceux qui sommes engagé·e·s, à partir de différentes conceptions et sur différents terrains, dans la lutte pour la vie. Après, chacun continuera son chemin, ou pas. Regarder et écouter l’autre nous y aidera peut-être, ou pas. Mais connaître ce qui est différent, c’est aussi une partie de notre lutte et de notre effort, de notre humanité.

Deuxièmement. Que ces rencontres et ces activités se réalisent sur les cinq continents. Qu’en ce qui concerne le continent européen, elles se concrétisent durant les mois de juillet, août, septembre et octobre 2021, avec la participation directe d’une délégation mexicaine formée par le Congrès national indigène – Conseil indigène de gouvernement, le Front des peuples en défense de l’eau et de la terre des États de Morelos, Puebla et Tlaxcala, et par l’Armée zapatiste de libération nationale. Et que nous aiderons selon nos possibilités à ce qu’elles se réalisent, à des dates postérieures encore à préciser, en Asie, en Afrique, en Océanie et en Amérique.

Troisièmement. Inviter celles et ceux qui partagent les mêmes préoccupations et des luttes similaires, toutes les personnes honnêtes et tous les en-bas qui se rebellent et résistent dans les nombreux recoins du monde, à rejoindre, à contribuer, à soutenir et à participer à ces rencontres et activités ; et à signer et à s’approprier cette déclaration POUR LA VIE.

Depuis un des ponts de dignité qui unissent les cinq continents.

Nous.
Planète Terre.
1er janvier 2021.

Depuis des coins du monde divers, disparates, différents, dissemblables, décalés, distants et distincts
(en art, science et lutte, en résistance et rébellion) : voir sur lien

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La toute puissance des marchands de mort en France

Posté par elianguesard le 28 décembre 2020

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La toute puissance des marchands de mort en France, et l’État, l’armée comme VRP

https://www.legrandsoir.info/nous-sommes-les-terroristes.html

ou https://www.investigaction.net/fr/nous-sommes-les-terroristes/

traduit de https://caityjohnstone.medium.com/we-are-the-terrorists-e86c1c4483fb

Source : Le blog de Caitlin Johnstone, 17 décembre 2020

La guerre du Yémen est sans doute la pire chose qui se passe actuellement dans le monde. Et la situation ne devrait pas s’améliorer alors que les États-Unis veulent inscrire les rebelles Houtis sur leur liste des organisations terroristes. La guerre a pourtant déjà fait des centaines de milliers de morts. Pouvons-nous y faire quelque chose ou sommes-nous condamnés à la complicité, en regardant ailleurs pendant que des enfants meurent de faim et du choléra? (IGA)

L’administration Trump serait sur le point de placer les rebelles Houthis du Yémen sur sa liste officielle des organisations terroristes dans le but de les priver d’argent et de ressources. Le chef du Programme alimentaire mondial des Nations Unies, ainsi que de nombreux autres experts, prévient que cette désignation prolongera l’horrible guerre qui a coûté la vie à plus d’un quart de millions de personnes et créera une barrière impénétrable de paperasserie empêchant l’aide humanitaire de parvenir au peuple yéménite.

Les Nations Unies estiment prudemment qu’environ 233 000 Yéménites ont été tués, surtout par des « causes indirectes », dans la guerre entre les Houthis et la coalition dirigée par l’Arabie saoudite, soutenue par les États-Unis. Ces causes indirectes seraient la maladie et la famine résultant de ce que le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, appelle « la pire famine que le monde ait connue depuis des décennies ».

Lorsque les gens entendent le mot « famine », ils pensent généralement à la faim de masse causée par des sécheresses ou d’autres phénomènes naturels. Mais en réalité, les décès par la famine que nous voyons au Yémen (dont un énorme pourcentage sont des enfants de moins de cinq ans) sont causés par quelque chose qui n’est pas plus naturel que les morts de famine que vous verriez dans un siège médiéval. Ils sont le résultat de l’application d’un blocus par la coalition saoudienne et de ses bombardements ciblés sur des fermes, des bateaux de pêche, des marchés, des sites de stockage de nourriture et des centres de traitement du choléra. L’objectif est de rendre les régions contrôlées par les Houthis du Yémen si faibles et misérables qu’elles se brisent.

En d’autres termes, les États-Unis et leurs alliés ont aidé l’Arabie saoudite à tuer délibérément des enfants et d’autres civils à grande échelle afin d’atteindre un objectif politique. Ce qui serait bien entendu un exemple parfait de toute définition standard du terrorisme.

Nous sommes les terroristes. L’Arabie saoudite, les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, le Canada, la France et tous les autres pays qui ont facilité les horribles atrocités de masse au Yémen – cette alliance étroite de puissances mondiales constitue une organisation terroriste comme le monde n’en a jamais vu auparavant. Et l’empire étasunien, terriblement sauvage et sanguinaire, désigne à présent les Houthis comme une organisation terroriste. C’est la blague la moins drôle qui ait jamais été racontée.

Nous sommes les terroristes. Je dis « nous » au lieu de nos gouvernements, parce que si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous, en tant que population civile, sommes complices de ce massacre. Les horreurs au Yémen sont sans aucun doute la pire chose qui se passe dans le monde en ce moment, mais elles constituent à peine une tâche sur notre conscience sociale. L’écrasante majorité d’entre nous a vu les photos et les vidéos d’enfants yéménites affamés, a pensé à quelque chose du genre « Oh une famine, c’est si triste » puis est retournée à ses réflexions sur le sport ou toute autre absurdité insipide qui occupent la plus grande partie de notre attention.

Nous sommes les terroristes. Oui, il est vrai que nous avons été conditionnés dans notre complicité avec ce terrorisme. Et si les médias faisaient leur prétendu travail, le Yémen serait au centre de notre attention. Mais nous sommes toujours complices, nous y participons toujours, vivant dans une société où le massacre et la brutalité n’amènent pas à se lever no à utiliser la force du nombre pour exiger un changement. Ce n’est pas parce que vous l’ignorez que vous ne dormez pas sur un lit d’enfants massacrés.

Nous sommes les terroristes. Mais nous n’avons pas à l’être.

Nous pouvons commencer à nous réveiller ensemble. Réveiller nos amis et voisins, répandre la conscience de ce qui se passe, sensibiliser aux horreurs que nos gouvernements sont en train de commettre au Yémen et dans d’autres pays au nom de la domination impérialiste, s’entraider pour voir à travers les voiles de la propagande à quel point des vies et des ressources sont sacrifiées pour infliger une terreur indicible au lieu de profiter à l’humanité.

Le gouvernement étasunien pourrait presqu’immédiatement mettre fin aux horreurs du Yémen s’il le voulait vraiment. Si le maintien de l’hégémonie unipolaire reposait soudainement sur la victoire des Houtis plutôt que sur la poursuit de combats visant à préserver un régime aligné sur Washington, les Saoudiens se retireraient et la guerre serait terminée en quelques jours. Nous pourrions y arriver si nous parvenions à sensibiliser suffisamment sur la réalité de ce qui se passe au Yémen.

Brisez le silence sur le Yémen. Faites pression sur Biden pour qu’il tienne sa promesse électorale de mettre fin à la guerre initiée sous l’administration Obama-Biden. Opposez-vous à l’impérialisme étasunien. Dénoncez les médias de masse qui refusent de nous donner une image claire de ce qui se passe dans le monde. Aidez les gens à réaliser que leur perception de la réalité est continuellement déformée par les puissants.

Nous mettrons fin à notre complicité dans le terrorisme de l’Empire en réveillant les citoyens de cet empire et en leur ouvrant les yeux sur les actes de terreur qu’il commet.

 

Les articles de Caitlin sont entièrement pris en charge par les lecteurs, donc si vous avez apprécié cette pièce, pensez à la partager, à l’aimer sur Facebook, à suivre ses singeries sur Twitter, à consulter son podcast, à jeter de l’argent dans son chapeau sur Patreon ou Paypal, ou à acheter son livre Woke : A Field Guide for Utopia Preppers. https://caitlinjohnstone.com

 
&&&&&&&&&&&&&&&&&&& note de Jean Yves Peillard

En ce qui concerne « la Nausée française », il suffit de frapper sur un bouton de moteur de recherche des mots comme  » arme France Yemen » sur des sites d’investigation comme Survie et Bastamag par exemple.

Et on pourra affirmer que « nous sommes tous des terroristes et nous irons tous aux paradis »

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Appels des enfants contaminés

Posté par elianguesard le 14 décembre 2020

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APPEL À FINANCER LES PROJETS L’INSTITUT DE RADIOPROTECTION “BELRAD” DESTINÉS AUX ENFANTS CONTAMINÉS

Deux millions de personnes au moins, dont 500 000 enfants, vivent, en Biélorussie, sur un sol contaminé par l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Toute la chaîne alimentaire est polluée par des éléments radioactifs. Parmi ceux-ci, le Césium 137. Le sol en regorge. Pour les familles peu fortunées, il est (quasiment) impossible de ne pas en ingérer.

Les populations des zones les plus contaminées dépendent d’un soutien dérisoire de l’État biélorusse et du travail de l’Institut « Belrad », représenté en France par l’association franco-biélorusse Enfants de Tchernobyl Bélarus (ETB), loi 1901, créée le 27 avril 2001.

L’Institut indépendant « Belrad » a été créé à Minsk en 1990, avec l’aide de Sakharov et de Karpov, par le Prof. Vassili Nesterenko, un physicien nucléaire du plus haut niveau qui, après l’accident de Tchernobyl, s’est reconverti dans la radioprotection des enfants qui sont les plus gravement touchés par la contamination radioactive. On constate en effet dès la naissance :

  • Des malformations
  • Une grande fragilité
  • Atteinte de tous les systèmes de défense contre les infections
  • Maladies cardiovasculaires
  • Maladies endocrines dont le diabète sucré grave
  • Thyroïdites
  • Atteintes neuro-psychiques et oculaires
  • Lésions d’autres organes
  • Cancers

L’Institut BELRAD utilise un système de mesure de la radioactivité du Césium 137 incorporé chez chaque enfant et un traitement qui réduit la charge en césium radioactif accumulé dans les organes. Ce traitement, à base de pectine de pomme vitaminée comporte des cures pour les enfants contaminés pendant 3 semaines, les cures devant être répétées de 2 à 4 fois par an pour produire un effet significatif. Cette préparation permet d’éliminer les atomes radioactifs (Césium, Strontium et dérivés de l’Uranium).

Beaucoup de Biélorusses, ayant de faibles revenus, doivent se nourrir d’aliments produits localement, fortement contaminés, et ne peuvent financer les traitements de leurs enfants.
Les équipes de l’institut BELRAD sillonnent les villages biélorusses, en mesurant le taux de Césium 137 chez les enfants et en leur fournissant gratuitement les comprimés de Pectine.

L’institut BELRAD est, avec 430 000 mesures effectuées sur les enfants en vingt ans d’activité, le seul témoin irréfutable de la contamination radioactive toujours présente dans une grande partie du territoire de Biélorussie. Il va à l’encontre de la version rassurante diffusée par les gouvernements et les organismes internationaux sous l’égide de l’OMS et de l’AIEA qui veulent faire croire que “Tchernobyl, c’est fini”. (voir le site d’Independent Who ) Loin d’aider l’institut, on s’acharne à le faire disparaître.

Il y a donc deux raisons de défendre l’institut BELRAD, que pratiquement seule l’association “Enfants de Tchernobyl Bélarus” finance :

  1. L’aide humanitaire, qui seule permet, par l’information des familles et l’utilisation des cures de pectine pour réduire les effets délétères du Cesium137, tout spécialement chez l’enfant, bien plus vulnérable que l’adulte.
  2. Renforcer le combat pour que la vérité scientifique sur les conséquences sanitaires immédiates et à long terme d’un accident tel que celui de Tchernobyl soit enfin reconnue. BELRAD nous apporte pour cela une quantité de données irremplaçables.

Historique et financements :

À l’origine, le financement de BELRAD reposait sur l’aide du premier gouvernement biélorusse. Les gros donateurs étaient des millionnaires russes, comme Karpov, puis une fondation américaine qui a arrêté son aide à la suite de l’attentat de septembre 2001. D’autres sources, en provenance d’ONG occidentales, ont rapidement diminué.

  • L’institut est né quand l’URSS disparaissait: il fallait répondre d’urgence aux immenses dégâts provoqués par la catastrophe de Tchernobyl sur la santé des habitants des zones contaminées et non évacuées de Biélorussie.
  • La Fondation France Libertés de Danielle Mitterrand, qui nous avait aidé généreusement les premières années, a cessé toute aide.
  • L’institut ne reçoit plus aucune aide d’origine publique depuis 2005
  • L’association “Enfants de Tchernobyl Belarus” se bat pratiquement seule pour assurer la survie de l’institut BELRAD.

Le contexte actuel :

En réponse à l’appel d’offre européen financé par EuropeAid inspiré par un nouveau programme de l’ONU, l’Institut Belrad a présenté, en avril 2009, un projet de radioprotection incluant les cures de pectine pour les enfants contaminés. Le financement demandé sur 18 mois s’élevait à 60 000 euros. La délégation de l’Union Européenne à Kiev, en charge de l’instruction de ces dossiers, a répondu à l’Institut par une insultante fin de non-recevoir : « La thématique de votre projet n’est pas d’actualité »
Pour comprendre ce refus, il faut savoir que les quatre agences de l’ONU (AIEA, OMS, PNUD, UNICEF) sous l’égide de l’AIEA, ont déclaré le 24 avril 2009 que les territoires affectés par l’accident de 1986 ne sont plus dangereux pour les populations… ce que même le gouvernement français n’ose prétendre en déconseillant formellement aux touristes de se rendre dans le Sud-Est du Bélarus (voir page web du Ministère des affaires étrangères).
Or, trois exemples – pour ne s’en tenir qu’à ceux-ci – en provenance des pays les plus touchés par l’accident, se sont inscrits en faux de cette affirmation, en confirmant l’utilité de la radioprotection des enfants telle que la pratique l’Institut Belrad au Bélarus, en empruntant la même méthode.

D’UKRAINE – En partenariat avec le Centre de Médecine Radioactive de l’Académie des Sciences d’Ukraine, une  ONG  alsacienne qui s’occupe des enfants ukrainiens (Les Enfants de Tchernobyl ) a réalisé, en 2008, une étude qui reprenait le protocole de l’Institut Belrad de Nesterenko. Des centaines d’enfants, habitant des villages contaminés du nord de l’Ukraine, ont fait l’objet d’une mesure de la contamination radioactive en césium 137 incorporé dans leur organisme, avant et après leur séjour dans l’Est de la France, mais également avant et après des cures de Vitapect2, un composé de pectine, fabriqué sous licence pour l’Institut Belrad de Minsk.

Dans sa dernière édition, la très officielle « Revue de l’Académie des Sciences médicales du Ministère de la santé publique d’Ukraine »  a consacré un article de 9 pages aux résultats obtenus à l’initiative de l’association française. On retiendra de cette publication scientifique 4 informations majeures :

  1. Les organismes des enfants qui n’étaient pas nés au moment de l’explosion du réacteur nucléaire contiennent du césium 137.
  2. Les enfants sont contaminés par le biais de la chaîne alimentaire.
  3. Un séjour de 3 semaines en France permet de réduire de 30% en moyenne la contamination interne en césium 137 et ne plus subir la contamination externe. Ces résultats sont remarquables et prouvent l’intérêt de ces projets.
  4. Une cure de pectine de 3 semaines dans leur école permet de réduire de 50% à 70% la contamination interne en césium 137.

Pour permettre à BELRAD de continuer à soulager les souffrances des milliers d’enfants contaminés par les radiations dues à la catastrophe de Tchernobyl, toutes les aides sont les bienvenues. Merci.

Appels des enfants contaminés Enfants-2-300x225P.S. : . Pour info, en 2011, la France possède 58 réacteurs nucléaires répartis dans 19 centrales.
. Tchernobyl: un seul réacteur, des centaines de milliers de morts, des millions de malades !

M. Hugot

Siège social de l’association française :

Les Enfants de Tchernobyl : 13 rue d’Amont, 21410 Ancey   http://www.enfants-tchernobyl-belarus.org/doku.php

 

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Les enfants de Tchernobyl

http://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/  accueil intervention actions

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Les enfants de Fukushima

http://www.fukushima-blog.com/2020/09/fukushima-sous-un-autre-angle.html

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Les enfants de Polynésie

https://fr-fr.facebook.com/ASSOCIATION193/

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Les enfants de Bolivie

https://www.voixlibres.org/projets/

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Les enfants du Niger, d’Afrique D’Asie, du moyen-Orient, d’Amériques etc cela ne va pas bien non plus…

https://www.lemediatv.fr/emissions/2020/mondialisation-il-y-a-du-sang-dans-nos-smartphones-Bqca5UsBQEaZ5s3NCD-KhQ

https://www.youtube.com/watch?v=kf2udOxd5VA

https://www.partage-le.com/

 

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Quand l’orient menace L’empire occidental à son propre jeu

Posté par elianguesard le 11 décembre 2020

Quand l’orient menace L’empire occidental à son propre jeu;  le bluff de la société de marché, le capitalisme industriel au prix de la destruction du monde

Les capitadors on les retrouve aux belles places; Nickel.

Pour Les autres C’est des morts des arrestations des baffes plus de ciel.

Des mains invisibles remplissent les tirelires

D’autres des drones qui tirent.

Le monde voit le monde en mentant,

Et pourtant.

https://histoireetsociete.com/2020/12/10/vu-damerique-latine-neocolonialisme-en-afrique-la-france-fer-de-lance/

Vu d’Amérique latine: Néocolonialisme en Afrique, la France fer de lance

 

https://survie.org/pays/kanaky-nouvelle-caledonie/article/le-pouvoir-colonial-joue-la-tension-en-kanaky

Le pouvoir colonial joue la tension en Kanaky

https://www.revolutionpermanente.fr/Revoltes-en-Kanaky-la-gendarmerie-tire-a-balle-reelle-sur-les-protestataires-kanaks

Révoltes en Kanaky : la gendarmerie tire à balle réelle sur les protestataires kanaks

Quelques semaines après un référendum sur l’indépendance très serré et alors que la société Vale a annoncé la vente de son usine de Nickel de Goro à un consortium calédonien et internationale, la gendarmerie a ouvert le feu sur des protestataires kanaks aux abords de l’usine.

et https://reporterre.net/Le-nickel-est-l-enjeu-des-tensions-en-Nouvelle-Caledonie

haineOccident

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