100 ans de bourrage de crâne et extension planétaire des zones rouges

Posté par elianguesard le 11 novembre 2018

Bundesarchiv_Bild_102-03373A,_Nordfrankreich,_Angriff_auf_Grabenstellung

Suite à l’article : http://www.revolutionpermanente.fr/Guerre-et-Paix-bourrage-de-crane-en-CM2
Voici une contribution pour  http://www.education.gouv.fr/pid33441/nous-contacter.html#ministre

Correction d’un devoir d’histoire et devoir de mémoire  par un ancien du CM2

ROSA et l’extension des ZONES ROUGES à l’ensemble de la Terre

– « Guerre à la guerre » – « Maudite soit la guerre » – « Le pouvoir est maudit »

On croit mourir de leucémie, on meurt par les profiteurs de guerre

Deux zones rouges  sonten menace en plus de celles développées ici: https://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_rouge_(s%C3%A9quelles_de_guerre,

Il s’agit de l’humain et de la planète terre.
L’origine du problème est l’homme œconomicus et sa guerre, celle de l’homme occidental, sa volonté de puissance, son idéologie capitaliste et scientiste qu’il a imposé au monde entier, par la ruse (le bluff de la société de marché) ou par la force.
Les industries de guerre , les profiteurs de guerre  sont à l’origine de ces deux zones rouges ci dessus désignées.
Le salut? ; Il faut rendre illégale la guerre dont son avatar; le capitalisme.

Extrait de :

http://www.cadtm.org/France-Bure-cimetiere-du-progres

« Industrie nucléaire, industrie agricole, mauvaises ressemblances
Beaucoup d’éléments les rapprochent. L’industrialisation agricole n’a pris réellement son essor qu’après la seconde guerre mondiale dans les années 1960 avec en France le grand remembrement, elle n’a précédé la nucléarisation à marche forcée de la France et de quelques autres pays que d’une décennie. Comme le nucléaire civil, elle est aussi issue des techniques développées pour la guerre. C’est à partir des recherches sur les explosifs, les gaz et les machines de guerre qu’ont été inventés les pesticides, l’azote de synthèse, et les engins pétrolivores, à la base de la transformation de l’agriculture paysanne en industrie. Les usines d’engins de combat (tanks, camions 4×4, etc.) ont été à la fin de la Seconde Guerre mondiale rapidement transformées en machines à cracher du tracteur, de la moissonneuse-batteuse, etc. »
Commentaires :  Pour rappel le nucléaire comme la chimie tue surtout après et ailleurs sur plusieurs générations ; c’est cela le très grand crime. Ces guerres durent toujours.
Ce n’est plus seulement « le Grand Crime » écrit par Tolstoï.
Ce n’est plus « seulement » « le crime de Tchernobyl » écrit par Tchertkoff, l’ami de Tolstoï.
C’est le Très Grand Crime contre le génome, en toute impunité, contre le vivant qui se dessine là depuis le 6 Août 1945 ou même depuis l’ère dite « moderne » avec ses soldats industriels comme Monsanto, Bayer Krupp, Dow, Siemens puis Areva, Novartis, Syngenta etc, ses soldats politiciens, scientifiques, universitaires, fonctionnaires, militaires, ses soldats banquiers, actionnaires, économistes, religieux, journalistes et tous les anciens et nouveaux chiens de garde d’un système qui s’effondre, en s’évertuant à avancer vers l’abîme malgré toutes les preuves et avec des œillères criminelles, et ils font leur maximum pour atrophier la pensée, jusqu’à l’extrême limite de leur bêtise qui est déjà incommensurable.
La véritable « Barbarie » s’est arrêtée le 8 mai 1945 et c’est le 6 Aout de la même année qu’elle a repris le pas. C’est l’impunité du passé qui explique le présent.

Pharmacochimie exemples :

https://p6.storage.canalblog.com/65/46/706004/121868735.pdf

Extrait de :

http://partage-le.com/2018/11/11-novembre-le-triomphe-de-lamnesie-par-fausto-giudice/

« En 1915, depuis la prison où elle était enfermée pour incitation à la désobéissance, Rosa Luxembourg écrivait dans son journal :
« La guerre entre les nations est venue imposer la lutte des classes, le combat fratricide du prolétariat, massacre d’une ampleur sans précédent. Ces millions de morts, neuf sur dix sont des ouvriers et des paysans, c’est une guerre inédite, industrielle, déclenchée au nom du nationalisme mais menée pour la domination des marchés. Cette guerre ouvre en vérité la voie à la mondialisation du capital, à la conversion de toute richesse , de tout moyen de production en marchandise et en action boursière. Elle transforme les êtres en matériel humain. C’est l’avenir d’un socialisme humaniste que cette guerre est en train de détruire ».
Vu dans documentaire france3
« 14–18 : refuser la guerre » : https://www.dailymotion.com/video/x3e0tly
et « Batailles oubliées de l’Afrique » :

http://webdoc.rfi.fr/grande-guerre-afrique-colonies-1914-1918/ »

https://lesmoutonsenrages.fr/2018/07/21/14-18-on-croit-mourir-pour-la-patrie-on-meurt-pour-des-industriels/

http://www.revolutionpermanente.fr/Guerre-et-Paix-bourrage-de-crane-en-CM2

http://partage-le.com/2018/11/la-decroissance-doit-etre-une-lutte-revolutionnaire-un-entretien-avec-max-wilbert/

https://blogs.mediapart.fr/jean-pierre-anselme/blog/101114/1914-1918-les-vraies-raisons-de-la-boucherie

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L’incendie radioactif qui cache la forêt (suite de « La forêt de yablokov »)

C’était le 26 Avril 2008 à Genève
Le Pr Yablokov s’adresse aux vigies devant l’OMS (www.independentwho.org). Il est traduit par Wladimir Tchertkoff:
« Pr Alexei YABLOKOV écologue : – Au moment d’évaluer les conséquences de Tchernobyl, nous nous sommes heurtés à la falsification gouvernementale des données. Gouvernementale et internationale. L’Organisation mondiale de la santé ne nous dit pas la vérité, parce qu’elle est liée à l’AIEA par le scandaleux accord de 1959. – C’est une situation extraordinaire, qui nécessite des mesures extraordinaires pour y mettre fin. Je suis enthousiasmé par ce que vous faites. Votre vigie permanente est une action très inhabituelle, très forte… elle est tout à fait fantastique, il faut absolument la continuer. Nous devons obliger l’Organisation mondiale de la santé de dire la vérité, c’est-à-dire de rompre cet accord. – Il y a un deuxième sens à votre action, dont vous n’êtes peut-être même pas conscients. C’est l’importance de votre vigie pour les pays victimes, pour la Biélorussie, pour la Russie, pour l’Ukraine. Pour nous qui combattons pour la vérité dans ces pays, c’est très important, – cela nous donne une force énorme, une force nouvelle : le fait de savoir que vous êtes là, que chaque jour, ne serait-ce qu’une seule personne est présente ici. Cela nous dit que nous ne sommes pas seuls avec ce malheur. Que le monde nous entend, qu’il nous voit, qu’une nouvelle humanité se lève. » http://bellaciao.org/fr/spip.php?article134995 (mort pour l’Europe)

« Le physique de Yablokov est impressionnant ; c’est un géant, ses sourcils sont aussi épais qu’une forêt. »

En 2014, un autre forum sur les conséquences génétiques sur le vivant avait eu lieu en même place à quelques encablures de l’OMS.http://independentwho.org/fr/2014/09/21/forum-effets-genetiques/
Le scientifique  Timothy Mousseau y exposa ses travaux, il faisait remarquer  les dommages sur l’ADN et sur le ralentissement de la croissance de tout organisme vivant, son propos portait sur les modifications sur les animaux et les arbres.
Extrait des Actes du forum sur les effets génétiques des rayonnements ionisants :
p88 « Les arbres montrent continuellement les effets étranges de leur développement. Ce sont des pins sylvestres, ils devraient être grands et droits, mais dans les zones très contaminées on voit toutes sortes de modèles de croissance vraiment inhabituelles causées soit par la toxicité directe soit par l’effet mutagène du rayonnement.
On voit également une différence dans la qualité[densité etc] et la couleur du bois. »[...]
et quand nous avons prélevé des échantillons de 300 arbres et examiné les modèles de croissance, voilà de nouveau les effets négatifs dramatiques sur la croissance suite au désastre de Tchernobyl, qui ont tendance à ressurgir dans les années de sécheresse.[...]
p89 « Dans la forêt rousse…Ces troncs d’arbres, qui étaient là depuis plus de 15 ans déjà, ne s’était pas du tout décomposés, ils étaient plutôt intacts »[...]
« nous avons constaté que le taux de décomposition, la vitesse à laquelle la matière avait été décomposée par les bactéries, était bien plus basse dans les zones à forte contamination. »
« le rayonnement avait une incidence sur l’activité microbienne. C’est très grave puisque cette décomposition naturelle permet le recyclage des nutriments dans l’écosystème [régénération de l'humus etc] et donc cela a potentiellement une conséquence sur tout l’écosystème et peut-être en partie responsable de la croissance plus lente des arbres que nous voyons aussi dans certaines zones. ».[...]
p92″…le résultat principal, contrairement aux rapports rapports gouvernementaux comme celui du forum Tchernobyl ou de l’UNSCEAR, c’est qu’il y a une énorme quantité d’informations démontrant les conséquences, les dommages à tous les niveaux de l’organisation biologique, de l’ADN aux individus, aux espèce, aux populations, à l’écosystème. [prouvés de longue date Cf Jean Rostand etc]. Maintenant il y a beaucoup de données qui démontrent ces effets, et il faut leur accorder plus d’attention, les prendre avec considération lorsqu’on  commence à réfléchir aux effets des rayonnements. »
La radioactivité est toujours là et grandie, parmi ses conséquences il y a le fait que les risques d’incendie se multiplient dans les zones contaminées et il y a à nouveau une redistribution « automatique  » de pollution radioactive dans l’atmosphère :
« Depuis l’accident de 1986, les forêts alentour sont fortement contaminées au césium 137. Cet élément radioactif est particulièrement concentré dans la litière, c’est-à-dire les aiguilles et le feuilles agglomérées au sol, mais le bois en contient également. Lorsque la forêt brûle, cette radioactivité se retrouve en suspension dans l’air et peut alors voyager au gré du vent et des pluies. Si la chaleur de l’incendie est particulièrement forte, alors même la litière, d’ordinaire plus humide, peut s’embraser et libérer de la radioactivité.
L’IRSN s’est déjà intéressé à ce sujet parce que les incendies sont fréquents dans cette région de l’Ukraine. D’ordinaire, les plus gros épisodes surviennent entre août et septembre. Il sont d’ailleurs de plus en plus communs car les bois sont de moins en moins bien entretenus. En 2002, 2008 et 2010, nous avons assisté à des incendies spectaculaires dans la même zone, avec des surfaces considérables et de nombreux foyers. Dans les semaines qui ont suivi, nous avons alors pu constater un niveau de radiation dans l’air français, trois fois supérieur à la normale avec 1,5 microbecquerel par mètre cube, contre 0,5 habituellement. »
« Pourtant, comme à son habitude, l’IRSN se veut rassurant, déclarant que malgré le risque de triplement de la radioactivité mesuré dans l’air : « on ne peut pas parler d’impact sur la santé publique »

voir aussi ;http://www.slate.fr/monde/85211/arbres-pourrissent-pas-tchernobyl-danger-nucl%C3%A9aire
[Notes commentaire sur le texte : Malheureusement il y a déni sur déni pour les malformations, et tous les problèmes de santé sont minimisés ou étouffés. On voit que l’auteur se moque à la fin du texte, Slate est aussi loin d’être du journalisme indépendant...]
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http://www.sortirdunucleaire.org/Incendies-a-Tchernobyl-la-radioactivite-remise-en

http://blog.mondediplo.net/2011-04-29-Tchernobyl-en-Bielorussie

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Les forces manquantes
Un des buts était de faire un troisième forum avec les victimes (toutes catégories (professionnels du nucléaire) de la santé -accident-guerre etc (voir aussi des rayonnements non ionisants) à reprendre par d’autres groupes citoyens car stratégique pour compléter les autres forum citoyen et faire prendre conscience de faire stopper toute activité nucléaire rapidement sous menace de désastres encore plus grands que ceux existants.

Avis aux amateurs…
et professionnels… »J’interviendrai pour protéger les personnes si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité… »

L’alerte de la CRIIRAD sur le danger de l’ionisation volontaire des aliments à ne pas confondre avec la contamination radioactive rappelait aussi cette « propriété » de soumettre   « délibérément   à   traitement coûteux   dans   des   installations   spécialisées   afin d’améliorer  leur  conservation  et/ou  de  détruire  les insectes, parasites et microbes qu’ils contiennent. Le  traitement  consiste  à  exposer  l’aliment  à  un  flux  de rayonnements ionisants… »
extrait de :

http://www.criirad.org/actualites/dossiers2005/irradiationaliments/docinfocriiradirradiat.pdf

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AOÛT 2018

http://www.fukushima-blog.com/2018/08/incendies-en-californie-et-radiations-nucleaires.html

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NOVEMBRE 2018

https://aipri.blogspot.com/2018/11/californie-burning.html

18 novembre 2018
Californie burning

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ZAD encore

Posté par elianguesard le 13 août 2018

https://zad.nadir.org/spip.php?article6141

Bocage en péril ! – 12 octobre – Rassemblement à pied ou en tracteur devant le comité de pilotage sur l’avenir de la zad

vendredi 5 octobre 2018

12 octobre – 12h – Nantes
Bocage en péril !

Vendredi 12 octobre – Rassemblement à pied ou en tracteur devant le comité de pilotage sur l’avenir de la zad

à l’appel de Naturalistes en lutte , Association Poursuivre Ensemble , COPAIN 44, Coordination des organisations pour le soutiens aux projets de la zad, des habitant.e.s et paysan.ne.s de la zad

Le 12 octobre prochain à Nantes se tiendra le prochain comité de pilotage sur l’avenir de la ZAD. A cette occasion, nous appelons à un grand rassemblement devant la préfecture de Nantes pour défendre un avenir commun dans le bocage.

Le comité de pilotage, rassemble la chambre d’agriculture, les principaux syndicats agricoles (FNSEA, coordination rurale, confédération paysanne), l’association des agriculteurs historiques impactés (adeca) et celle des agriculteurs compensés après avoir accepté de laisser leur terre pour l’aéroport (Amelaza), des forestiers privés (fransylva), les élus de la CCEG et du Conseil départemental, sous l’égide de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM) et de la préfecture de Loire-Atlantique. En sont absents une bonne partie des usager.e.s, paysan.ne.s et habitant.e.s du territoire, ainsi que des acteurs.trices du mouvement qui a préservé victorieusement le bocage, entre autres les associations naturalistes. Le comité de pilotage est pourtant censé décider des grandes lignes de l’avenir de la ZAD en matière d’agriculture, d’environnement, d’urbanisme, et d’aménagement du territoire.

En réalité, le comité de pilotage semble vouloir mettre en œuvre une stratégie gouvernementale à courte vue : une grande braderie des terres agricoles et des zones sensibles d’un bien commun arraché à la destruction de haute lutte ! L’Etat cherche à refiler la patate chaude en revendant au plus vite les terres de la ZAD au conseil départemental et aux anciens propriétaires privés.

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https://zad.nadir.org/spip.php?article6048

Terres communes – Mobilisation – ZAD – 29/30 septembre 2018

https://nantes.indymedia.org/articles/42352

Communiqué suite à l’action de blocage de la D281 #ZAD #NDDL la nuit du vendredi 10 aout 2018

Article Local Valide publié le dimanche 12 août 2018 à 21:42 | Des radis vengeurs

Destruction/expulsions: route barrée

Ce vendredi au petit jour, une poignée de gendarmes, ont détruit des habitats reconstruits dans la zone libérée (zone non-motorisée) à l’Est de la ZAD.
Débitées en billots, les charpentes de la « Eugette » et de la « tour d’A. », ainsi le matériel entreposé qui ont été détruits par les coups des forces militaire, n’attendaient qu’une nouvelle vie.
C’était sans compter sur notre colère,celle d’occupants et occupantes déterminés-ées, disséminée aux quatres coins de la Zone à défendre.

Après deux mois de surveillance constante, à être photographié-e-s par des agents en véhicules banalisés. Après avoir subi sur le terrain les premières pressions de milices de la FNSEA (syndicat agricole productiviste, pollueur, proche de l’extrême droite). Après les nombreu-ses bléssé-e-s et emprisonné-e-s, apres davoir vu détruire maisons et jardins pendant les deux phases d’expulsions. Après avoir fait confiance au processus de négociation pour obtenir un ralentissement efficace sur les routes traversant la ZAD, et n’ayant jamais abouti…, ces nouvelles destructions ont ravivé l’étincelle!

Déjà dans la journée, la rumeur se propageait et la colère montait. Une fois le soleil laissant place à une lune curieuse, les premiers hurlements de loups et de louves appelaient à rassembler sa meute « Ils ne veulent pas nous laisser vivre, nous ne les laisserons pas dormir « ».
Partout le mot était le même: à chaque destruction il y aura réaction.

Les restes inutilisables de « La Eugette » et la « tour d’A. » nourrirent un feu de joie sur la RD281, sécurisée pour les circonstances (avec des banderolles). Les premières pioches s’affairaient comme pour tatouer dans le bitume le message suivant : « vous détruisez nos maisons nous détruirons vos illusions de paix sociales et vos boulevards de répression».

Nous réclamons donc :

La libre installation sur la ZAD de notre dame des landes, et particulièrement au sein de la zone libérée (dite « zone non-motorisée »)

Le gel des terres et la reconnaissance d’un espace à visée autonome et autogestionnaire
La fin des destructions, des patrouilles et contrôles incessants des forces de l’ordre.

Avec ou sans toits, avec ou sans projets, nous luttons et continuerons de lutter contre tous les aménageurs de nos vies/du désastre.

Nous appelons chacun et chacune qui le peuvent à rejoindre et à réoccuper le bocage pour que la ZAD reste un espace de lutte et d’organisation hors norme.

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https://zad.nadir.org/spip.php?article6082

vendredi 24 août 2018

Les radis-co
lundi 20 août 2018

Nous pourrions vous expliquer en détail notre point de vue sur ce qui s’est passé à la Zad ces derniers mois, cette dernière année, et même plus loin encore. Nous pourrions vous raconter nos déceptions, nos blessures, nos sentiments de trahison, et le fait que plein de nos compagnon.ne.s de luttes aient fini par partir, écœuré.e.s et meurtri.e.s. Nous pourrions, mais ce serait faire couler encore plus d’encre pour des histoires qui en ont déjà beaucoup eues. Ce que nous voulons vous dire, c’est qu’il reste une partie de la ZAD qui continue de porter les mêmes valeurs que lorsque nous avons rejoint cette lutte contre « le monde de l’aéroport », une partie qui préfère prendre le risque de tout perdre plutôt que piétiner ce en quoi elle croit. Nous sommes un peu sonné.e.s, mais nous tentons de faire vivre quelque chose qui nous ressemble, et pour le moment ça prend, entre autres, la forme d’une assemblée hebdomadaire. Ce texte a pour objectif de vous dire que nous sommes encore là, mais c’est surtout une invitation à nous rejoindre, parce qu’on ne conçoit pas les choses sans vous… Les Rads-co, c’est quoi ? C’est un réseau affinitaire regroupant des occupants et occupantes de la ZAD de Notre dame des Landes qui veulent défendre par l’action directe les idées d’autonomie, d’entraide, de respect du vivant, et de lutte contre l’autorité et toutes les formes de dominations, contre l’économie et ses logiques d’exploitation. 1. Une assemblée ouverte tous les lunds à 13h12 à la Grée : Elle a pour objectif de se coordonner entre différents groupes et individu.e.s, échanger des informations, organiser des actions, dans un cadre de discussion horizontal – que nul.le n’y soit plus important.e ou légitime qu’un.e autre, et que chaque parole puisse s’exprimer, sans être niée, méprisée ou passée sous silence. Nous resterons vigilant.e.es et n’hésiterons pas à réagir aux actes d’oppressions, de discrimination ou aux tentatives de prise de pouvoir et au besoin exclure de nos échanges celles et ceux qui s’en rendraient responsables de manière répétée. N.B. : Nous nous sommes d’abord réuni.e.s pour nous organiser entre personnes ne se reconnaissant pas dans la « stratégie administrative ». Cela ne signifie pas que nous excluons par principe les personnes qui ont déposé des projets auprès de la préfecture, mais qu’il soit clair que cet espace n’est PAS consacré à ces stratégies (il en existe déjà d’autres pour cela) 2. Un lieu physique d’accuei et d’innormation à la Grée , avec des permanences fixes (le lundi et le jeudi), des outils collectifs (ligne téléphonique, accès à @, moyens d’impressions, …), pour se rencontrer, recevoir et informer les personnes qui (re)viennent sur zone (revue de presse, infokiosque, cartographie, et ce qui peut vous sembler utile) et centraliser des propositions (par le biais d’une boite à idées, d’un carnet de contacts, …). 3. Des moyens de communication à dstance : un site web zadresist.antirep.net, une ligne téléphonique, adresse mail radis-co@riseup.net, (et bientôt une page internet dédiée, une liste mail, …)Ici, sur la Zad, on a d’abord l’intention de :
- S’organiser pour des (re)constructions/(ré)occupations de lieux détruits ou expulsés sur la Zad, et soutenir les copaines qui ont déjà commencé à agir en ce sens ;
- Préparer la défense et en cas d’échec la réoccupation des lieux qui ont choisi de ne pas se soumettre à l’impératif administratif imposé par l’état au travers de la préfecture ;
- Faire en sorte que les forces du désordre toujours présentes sur la Zad ne s’y sentent pas les bienvenues ;
- Favoriser l’auto-formation (politique, tactique, sécurité informatique, communication, …) ;
- Soutenir d’autres (espaces de) luttes. Ce qui nous porte / sur quoi on aimerait avancer :
- Remise au centre de nos préoccupations du monde sensible, autres animaux, végétaux… humains
- Défendre la nature, dont nous faisons partie, pour ce qu’elle est, et non pour son « utilité »/sa marchandisation
- Prendre le temps d’être en connexion avec ce qui nous entoure. Se réapproprier ses rythmes de vie
- Favoriser des modes d’échanges non marchand, la gratuité/le partage, sortir des questions de rentabilité, de productivité, de méritocratie
- Favoriser les squats, les réquisitions de lieux vides, l’occupation des lieux de pouvoirs et des projets inutiles
- Remise en cause de l’appropriation des terres
- Renforcer et tisser des liens et des échanges à l’international avec d’autres luttes
- Partage/échanges de nos moyens et de nos savoirs
- Favoriser la reconversion (notamment agricole, mais pas que) vers des pratiques sans exploitation
- Créativité, humour et audace dans nos actions, ne pas se prendre (trop) au sérieux
- Imaginer d’autres moyens d’organisation pour prendre des décisions collectives que les réunions ou assemblées
- Pas de hiérarchie, pas de paternalisme, pas d’élitisme
- S’opposer aux pratiques autoritaires, notamment dans nos espaces de lutte et les visibiliser
- Pratiquer la « décroissance », lutte contre la logique de consommation et l’exploitation industrielle
- Aller vers l’autogestion, participer à construire et diffuser des pratiques autonomisantes
- Mettre en place et tenir des cadres qu’on décide de se donner ensemble
- Lutter contre l’apathie, le mépris et le conformisme ambiant
- Sortir de l’idée que choisir un mode de vie alternatif suffit. Visibiliser le système des privilèges.
- Lutter contre les oppressions et discriminations racistes, sexistes, homophobes, transphobes, spécistes, validistes, âgistes, classistes etc.
- Prôner l’anarchisme pour des bases sociales communes, considérantes, incluantes et égalitaires Nous vous appelons à nous rejoindre :
- Physiquement, pour ceux et celles qui sont proches, ou de passage, en participant aux assemblées du lundi, en passant à l’accueil à la Grée ou à venir défendre une installation sans droits ni titre ;
- De chez vous, en nous aidant à créer ou recréer un réseau « affinitaire » plus large, en nous faisant partager vos luttes, vos idées, vos infos, vos interrogations… On s’adresse aussi à celles et ceux qui sont parti-e-s de la Zad, et avec qui on n’a pas envie de perdre le lien.

Contacts : radis-co@riseup.net, site zadresist.antirep.net Dès à présent gardons le contact, prenons contact, de prêt ou de loin. Les rads-co

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Le nucléaire n’est pas une énergie; c’est un crime.

Posté par elianguesard le 4 août 2018

Contribution pour les journées pour l’arrêt immédiat du crime nucléaire – 4 et 5 Août 2018 AVIGNON

 

http://mcca-ain.org/index.php/rencontres-convergence-antinucleaire-mcca

 

Quelle(s) stratégie(s) les antinucléaires doivent-ils déployer et quelle(s) tactique(s) mettre en œuvre ?

 

- Les stratégies sont nombreuses et déjà existantes (sabotage et/ou éducation populaire)

« L’ennemi » c’est en premier lieu l’homme, en second lieu c’est celui qui opprime et qui ment « qui ment effrontément en affirmant sans broncher : « moi l’État ; je suis le peuple »

Par notre aliénation depuis l’enfance on a beaucoup de mal à remettre en question cette structure même de la société technicienne, alors que ses fondements ne tiennent sur rien, jamais cela n’a été plus visible qu’avec le nucléaire. L’État est le problème car il tourne à l’hégémonie. Quelques-soient les « opératueurs » dans le temps, on voit que « c’est la fonction qui fait l’organe »

L’idée serait de prendre leur propres arguments ou idéologie pour les retourner contre eux-mêmes :

(Cf utiliser la force de l’autre pour la retourner contre lui)

- son Idéologie : « nationalisme volonté de puissance »hégémonie « patriotisme » « honneur » « armée de défense » « raison », scientisme, croire que tout est quantifiable-chiffrable-mesurable , déclaration des droits de l’homme et que dit la Constitution ? Il y a bien une loi qui condamne l’empoisonnement ? La prévarication ? La trahison des principes fondateurs de ce pays ? Les privilèges au pays de son abolition…

« 

« Dans cette ineptie de société de marché, ils se disent comptables de tout ce qu’ils les arrange sauf de ce qu’ils nomment « externalités sociales et environnementales » , leur rappeler que tous les principes qui ont fait ce pays sont trahies , Dans leur langage il s’agit bien de haute trahison. Il faut condamner cette absence de scrupule, cette impunité, ce non sens. »

Ils invoquent souvent La raison : alors que dans l’imposture et le crime nucléaire, il n’y a strictement rien qui tient debout à tous les niveaux : éthique- moral- humain etc même leur propre dada : la technique la finance la stratégie la politique etc tous leurs arguments peuvent être démontés pièce par pièce.

Autre : lorsque que l’on conçoit quelque chose, le minimum d’honnêteté intellectuelle c’est de prendre en compte la totalité du cycle de l’installation du début jusqu’à sa fin ( premier hic ; ici il n’y a pas de fin (ou plutôt à l’échelle de la demi vie du plutonium), on prend en compte les matières nécessaires depuis leur pillage (par la guerre ou la dictature de la dette ou du développement) et tous les humains et non humains impactés dans leur environnement.

Ils parlent d’« ennemi intérieur »(- http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-L_ennemi_int__rieur-9782707169150.html

https://www.monde-diplomatique.fr/2014/12/HALIMI/51015  )

par exemple, mais «  l’ennemi intérieur » c’est l’État nucléaire !

Qui condamne sa propre population, leur propre descendance à la mort ou la mauvaise santé,

Et ils parlent d’« l’Etat de droit » mais c’est un oxymore !

(voir quelques réflexions ici :http://elianguesard.l.e.f.unblog.fr/files/2018/03/buredeqellehumaniteletat.pdf)

 

On va droit vers plus de répression. On en viendra donc à devoir s’expliquer dans des procès longs et coûteux, mais plus » supportables et bénéfiques » si les actes de sabotages ou « délits » sont revendiqués par des collectifs (10 qui font l’action et plus de 100 voir 1000 qui revendiquent le délit…)

On devra dire au représentant de l’État (le procureur) que c’est complètement inadmissible de devoir en passer là pour mettre un problème « d’intérêt général » sur la place publique. Normalement, c’est dans de véritables Assemblées que cela se passe mais tout est factice, et l’accès à la véritable politique est verrouillé.

On devrait aussi rapporter l’histoire de l’origine de l’imposture et du crime nucléaire dans sa vision globale « et son monde » . Comme pour la chimie, ce sont les gains astronomiques des profiteurs de guerre dans l’imposture d’une société de marché  ; les industriels et banquiers qui ont permis cette puissance à l’État hégémonique qui leur est infiniment redevable. Ainsi la chimie et le nucléaire et leur idéologie se sont imposés partout par la ruse et par la force.

Une explication de notre aliénation peut être lue chez Cyrulnik Laborit Tereschenko etc

L’argument santé reste majeur pour sensibiliser le plus grand nombre (même les nucléocrates) car ils sont tous touchés dans leur bulle. Cela permet de « percer la bulle » ; atteints dans leur intimité, c’est malheureusement un passage difficile pour enfin sortir de l’aliénation.

http://elianguesard.unblog.fr/files/2013/10/epidemio2014.pdf

http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2017/04/29/Mise-en-demeure-de-l-ASN-par-une-initiative-du-MAIN-%3A-un-citoyen-r%C3%A9pond-par-lettre-ouverte-au-Pr%C3%A9sident-de-l-ASN

 

 

 

 

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Autres thèmes proposés d’une manière non-développée par les contributeurs-trices

. Comment décrypter la non-implication de la population dans les actions antinucléaires alors que la possibilité d’une catastrophe nucléaire en France avec son cortège d’horreurs et de victimes pour un long terme est connue? Quelles sont les résistances internes, les peurs qui entraînent une paralysie, une sidération même empêchant de défendre la vie de ses proches , de son environnement (Michèle V.M)

 

 Rajout aout 2018

Commentaire elian guésard sur https://www.bastamag.net/C-est-incroyable-qu-on-n-ait-pas-encore-fondu-un-coeur-de-reacteur-des

Voir « le lobbies nucléaire c’est l’Etat lui-même » sur http://www.bastamag.net/Transition-energetique-une-loi-paralysee-par-le-lobby-nucleaire

extrait:
« « Le lobby, c’est l’État lui-même »
Toute la puissance d’influence du « lobby nucléaire » se met en branle. « La force du lobby nucléaire réside dans ses réseaux installés au coeur des différents pouvoirs, explique Yves Marignac. Certains les suivent pour des raisons d’intérêts matériels, comme les syndicats ou les nombreux élus qui profitent de la rente nucléaire, d’autres simplement parce qu’ils sont des croyants qui véhiculent les mythes du lobby : l’indépendance nationale, le nucléaire pas cher, l’exportation de notre savoir-faire… » Une autre spécificité du lobby nucléaire français est la conviction de porter un intérêt national supérieur, qui devrait primer sur tout, y compris la volonté des politiques et des citoyens. »

 

 

Rajout 2:   voir la relation entre colonialisme (par Simone Weil) et le nucléaire

Les contradictions entre les idéaux de la révolution et les (mé)faits coloniaux et ici les (mé)faits nucléaires

Valérie Gérard : Simone Weil . « Contre la colonialisme »

  • Éditeur : Rivages
  • Parution : 28 février 2018

Le mot de l’éditeur ;

Que fait la colonisation aux colonisés, mais aussi aux Etats coloniaux et à leurs citoyens ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : la colonisation est un crime qui détruit des peuples, des formes de vie, des manières de penser, et qui se retourne contre les populations des métropoles. Elle est toujours, en même temps, colonisation intérieure et colonisation des esprits. Simone Weil dénonce en particulier les contradictions de la France de la Révolution et de la gauche française sur cette question. Plus généralement, elle fait de la colonisation une cause et un paradigme de la perte du rapport au monde qu’elle appelle déracinement.

Les principes fondamentaux de la République sont-ils contraires au colonialisme ? Quels impacts la colonisation a-t-elle sur un Etat qui se transforme en métropole d’un empire ? Et quels sont ses effets intérieurs ? Dans ces articles, écrits entre 1936 et 1943, le verdict de Simone Weil est sans appel : coloniale, la France opprime des peuples et perd ses principes. La colonisation rend impossible l’amitié entre les peuples (ce qui posera problème, dit-elle, si la France veut de nouveau enrôler les populations des colonies dans une guerre). Ces réflexions sur la colonisation pensée comme déracinement vont la conduire à son oeuvre majeur : « L’Enracinement ».

voir aussi:fichier pdf SimoneWEILlenracinementSPPiot fichier odt Simone Weil Contre colonial

- rajout 3
voir aliénation du travail  (simone weil aussi) et critique du travail Roger belbeoch  :

http://partage-le.com/2017/03/le-travail-par-roger-belbeoch/

Le travail (par Roger Belbéoch)  

Un texte initialement publié dans la revue Survivre… et Vivre n° 16, printemps-été 1973, p. 16–22.

 

 

- Rajout 4 ci joint les notes cyrulnik et laborit pour expliquer le déni

ces phrases  de cyrulnik ;

« Mais surtout ce qui m’a frappé, c’est la réaction des professionnels lorsque je leur apportait cette information: ils déniaient !…Lorsqu’un fait échappe à la culture, la pensée sociale doit le rejeter pour garder sa cohérence. Plutôt que de changer la théorie en assimilant le fait nouveau, la pensée sociale élimine le fait pour sauver la théorie … Cette manière de penser, ou plutôt de théoriser, de faire le ménage dans les faits pour nous donner du monde une vision cohérente, stable, pour éviter tout changement qui provoquerait trop d’angoisse et trop de fatigue, explique la possibilité de théories totalitaires qui elles, au moins, donnent des vérités et des certitudes non changeantes. Quand Bruno Bettelheim est rentré des camps nazis et qu’il a voulu témoigner, la plupart des rédacteurs de revues américaines ont refusé ses articles en expliquant que sa douleur avait dû lui faire exagérer les faits… ».

Extraits sorties de

« Les ethnologues nous ont montré ce qu’il en coûtait, pour les sociétés, de se déritualiser. Le monde humain apparaît ainsi par nature culturel, car un homme sans culture n’est pas un être naturel. C’est un amputé non viable. Le monde humain est un monde de « profondeur », spatiale et temporelle, grâce à l’existence de la parole »…

« Mais surtout ce qui m’a frappé, c’est la réaction des professionnels lorsque je leur apportait cette information: ils déniaient !…Lorsqu’un fait échappe à la culture, la pensée sociale doit le rejeter pour garder sa cohérence. Plutôt que de changer la théorie en assimilant le fait nouveau, la pensée sociale élimine le fait pour sauver la théorie … Cette manière de penser, ou plutôt de théoriser, de faire le ménage dans les faits pour nous donner du monde une vision cohérente, stable, pour éviter tout changement qui provoquerait trop d’angoisse et trop de fatigue, explique la possibilité de théories totalitaires qui elles, au moins, donnent des vérités et des certitudes non changeantes. Quand Bruno Bettelheim est rentré des camps nazis et qu’il a voulu témoigner, la plupart des rédacteurs de revues américaines ont refusé ses articles en expliquant que sa douleur avait dû lui faire exagérer les faits… »… « L’œuf fécondé constitue un stock de promesses génétiques qui caractérise l’espèce, car il n’y a pas de fécondation entre espèces différentes: mais si l’on pouvait supprimer l’environnement, grâce à la baguette magique, pas une seule promesse génétique ne serait tenue, car l’environnement façonne le développement génétique dès le niveau cellulaire. »… « Penser le monde avec le mot devenir implique une politique du vivant radicalement différent du fixisme de la coupure. Les « coupeuristes » disent qui est homme et qui ne l’est pas. Alors que les « deveniristes » cherchent les indices matériels qui font le récit du monde. »… « Voilà pourquoi si l’on s’entraîne à regarder le monde avec le mot devenir, on fera des observations graduelles où l’étonnante plasticité du vivant permettra de considérer les animaux ni comme des machines, ni comme des hommes et de regarder l’homme comme le seul animal capable de s’arracher à la condition animale pour devenir homme. »… « C’est parce que nos discours sociaux ne parlent pas clairement. Devenant cafouilleux, nos rôles familiaux ne prescrivent plus de code comportementaux clairs. »… « Or c’est nous-mêmes qui devons faire la culture , car nous en sommes tous responsable: dans nos gestes quotidiens avec nos proches, dans nos rituels sociaux avec nos voisins et dans nos récits quand on prend la parole. Alors, le cafouillis des représentations n’engendrera plus le cafouillis des sentiments et des gestes qui s’y enracinent. »… « Car les images, les bruits, et même les odeurs indiquent des choses, et les mots sont aussi des objets sonores. Ce sont eux qui matérialisent le signifiant, comme la posture comme la mimique, comme les gestes, comme les vêtements, comme les objets, car chez l’homme tout peut faire signe. »

(Boris Cyrulnik « La naissance du sens »)

« Le paradoxe de la condition humaine, c’est qu’on ne peut devenir soi-même que sous l’influence des autres. L’homme seul n’est pas un homme.  »…

« Nous sommes l’espèce vivante qui a le plus accès à la manière dont l’autre se représente son monde, la violence procède alors de l’intolérance, c’est à dire de l’incapacité à sortir de son propre monde de représentations. »… « Le «Je» ne peut exister qu’à l’intérieur d’un «Nous» auquel il appartient. »… « Que les mythes soient des récits qui emblématisent le groupe ne signifie pas que cet imaginaire soit coupé du réel. »

« la violence est un point de vue, exprimé par des comportements qui ne tiennent pas compte de l’existence de l’autre »…comme le théoricien qui cherche à imposer ses idées en réduisant les autres au silence, enfin et surtout, d’organisme sociaux qui peuvent en détruire un autre pour conquérir son territoire ou faire triompher son économie »… « chez l’homme, la représentation d’un monde peut exister en dehors de toute perception, alors que chez l’animal les deux processus restent associés »… « C’est à coup sûr notre aptitude à vivre dans un monde de représentation qui crée notre aptitude à la violence en même temps qu’à la culture. L’animal reste soumis au réel qui contrôle sa violence, alors que l’homme travaille à se soumettre à l’idée qu’il se fait du monde, ce qui l’invite à la violence créatrice : détruire un ordre pour en inventer un nouveau (palimpseste), car (cite René Girard « Des choses cachées » : « c’est bien du désordre extrême que l’ordre surgit dans la nature humaine »… « L’absence de rituel mène au chaos, comme l’hégémonie d’un rituel mène à la destruction de l’autre, deux formes de violence qui reviennent au même.

La seule issue, c’est l’invention d’un rituel de confrontation des rituels organisant ainsi leur reconnaissance réciproque. On appelle ce rituel « conflit social » ou « débat philosophique »… « table ronde »…Son inconvénient, c’est d’instituer l’incertitude, alors que l’illusion de la vérité unique possède un grand effet tranquillisant. »… « on connaît les excès de tranquillisant : une culture qui supprimerai toute violence humaine cesserait d’être créatrice. »… « L’ennui , c’est que l’anomie, en déritualisant les groupes sociaux, les désagrège et laisse émerger toutes les violences. Comme si les grands groupes ne savaient pas créer leur évolution culturelle autrement que par la violence, alors que les petits groupes ritualisés utilisent le débat pour faire changer les mentalités et les structures sociales. »… « Les notes prises au jour le jour donnent forme à l’impression du moment que l’on vit, mais c’est la relation du moment où l’on parle qui donne forme à nos souvenirs. Voilà pourquoi le palimpseste s’oppose au récit et pourquoi « les récits sont des impostures » (P.Valéry, JP.Sartre) qui témoignent moins du réel passé que de l’intimité du narrateur »… «  ce qui compte, c’est de créer du sens pour ordonner notre perception du monde afin de pouvoir agir sur lui ».

Boris Cyrulnik « les nourritures affectives »

LABORIT

« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la « maladie » sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »

[...]

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction « adaptative » elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »

et dans un autre bouquin:

p79 «Tout se passe comme si chaque individu était entouré d’une « bulle » dont les limites sont celles de l’acuité de ses différentes activités sensorielles, bulles dans lesquelles il se déplacera et agira en vue de satisfaire au maintien de sa structure, de ce que nous avons appelé son équilibre biologique. S’il trouve un opposant à ces actes gratifiants, il deviendra agressif à son égard. Le territoire devient ainsi l’espace nécessaire à la réalisation de l’acte gratifiant, l’espace vital ».[...]

p99 »On comprend la révolte des jeunes générations contre une génération qui veut leur imposer un cadre socioculturel soi-disant fondé sur une prétendue conscience réfléchie, mais en réalité sur une agressivité nécessaire à l’obtention des dominances au sein des hiérarchies qu’elles ne comprennent plus, suivant des critères de soumission qu’elles n’acceptent plus, pour une finalité qu’elles ne conçoivent plus. »[...]

Extraits sorties de :

« Nous sommes les autres, c’est-à-dire que nous sommes devenus avec le temps ce que les autres – nos parents, les membres de notre famille, nos éducateurs – ont fait de nous, consciemment ou non. Nous sommes donc toujours influencés, le plus souvent à notre insu, par les divers systèmes dont nous faisons partie. »

[...]

« Quand l’action [Ndlr :pour résoudre un conflit] est impossible, l’inhibition de l’action permet encore la survie puisqu’elle évite parfois la destruction, le nivellement entropique avec l’environnement. C’est en ce sens que la « maladie » sous toutes ses formes peut être considérée comme un moindre mal, comme un sursis donné à l’organisme avant de disparaître. »

[...]

« Aussi paradoxal que cela puisse paraître, je ne suis pas opposé à ce que l’on considère cette réaction d’ inhibition comportementale comme une réaction « adaptative » elle-même, bien qu’elle me parasse être la source de la pathologie réactionnelle. En effet, elle constitue un moindre mal puisqu’elle évite la destruction pure et simple de l’agressé par l’agresseur. Elle permet à l’agressé de se faire oublier, elle évite la confrontation. Ce qui fait son danger, c’est qu’elle est capable de durer si les conditions environnementales se prolongent sans changement. Capable d’assurer immédiatement la survie, elle sera capable aussi de mettre celle-ci en danger, si la solution qu’elle fournit, l’inaction, n’apporte pas une solution rapide au problème posé par l’environnement. »

« Tant qu’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette planète la façon dont fonctionne leur cerveau, la façon dont ils l’utilisent et tant que l’on n’aura pas dit que jusqu’ici que cela a toujours été pour dominer l’autre, il y a peu de chance qu’il y ait quoi que ce soit qui change. » (Henri Laborit (dernière intervention dans « Mon oncle d’Amérique »))

« Pour certains, la science a pu repousser très loin les limites de l’espace et du temps où l’homme est inclus. Mais pour la plupart, ceux dont la représentation du monde ne va guère plus loin que les murs de leur bureau, de leur entreprise ou de leur HLM, l’espace s’est au contraire prodigieusement rétréci. Ils se sentent cloisonnés, aliénés, déboussolés, ne sachant plus devant leurs manettes ou leur ordinateur où se trouve le nord qu’Ulysse, dans sa recherche de la route de l’étain, savait repérer grâce à l’étoile polaire »…« Quand les sociétés fourniront à chaque individu, dès le plus jeune age, puis toute sa vie durant, autant d’informations sur ce qu’il est, sur les mécanismes qui lui permettent de penser, de désirer, de se souvenir, d’être joyeux ou triste, d’être calme ou angoissé, furieux ou débonnaire, sur les mécanismes qui lui permettent en résumé de vivre, de vivre avec les autres, quand elles lui donneront autant d’informations sur cet animal curieux qu’est l’homme qu’elles s’efforcent depuis toujours de lui en donner sur la façon la plus efficace de produire des marchandises, la vie quotidienne de cet individu aura la chance d’être transformée. »… « Quand il s’apercevra que les choses se contentent d’être et que c’est nous, pour notre intérêt personnel ou celui du groupe auquel nous appartenons, qui leur attribuons une « valeur », sa vie sera transfigurée. Il ne se sentira non plus isolé mais uni à tous à travers le temps et l’espace, semblable et différent, unique et multiple à la fois, (…) passager et éternel, propriétaire de tout sans rien posséder, et cherchant sa propre joie, il en donnera aux autres. »

(Henri Laborit « Dieu ne joue pas aux dés »)

p6″ Chaque disciple d’une discipline particulière malgré sa conscience réfléchie, est le plus souvent inconscient du fait qu’une pulsion fort primitive inscrite fort bas dans l’organisation hiérarchique de son système nerveux, l’oblige à vouloir dominer ses contemporains et pour cela à rejeter la participation à la recherche commune des disciplines auxquelles il n’entend goutte du fait de sa formation spécialisée.[...]

« Est ce que vraiment la notion de territoire qui fait uriner les chiens le long des réverbères ne peut vraiment pas être dépassée une fois pour toute dans le comportement de l’homme contemporain?

Cela provient aussi du fait sans doute qu’une structure vivante, organisme animal ou social, admet difficilement la particule étrangère. Elle dérange ses habitudes biologiques et donc, au niveau supérieur, ses habitudes de pensée. »[...]

p141 « bien que si l’on cherche « l’individu », il soit difficile de trouver autre chose que « les autres », on conçoit cependant la variété infinie qui va résulter du déterminisme génétique et de celui commandé par la « niche » socioculturelle où naît et grandit chaque individu. Cette variété est indispensable à l’évolution et condamne tout eugénisme. »[...] « La diversité est un facteur essentiel d’évolution puisque c’est elle qui permet les « mélanges » les plus variés. Le problème est le même au niveau de la biologie de l’hérédité qu’à celui de l’imagination créatrice. C’est de la diversité des concepts, de la diversité des solutions originales à un problème posé que peut naître le progrès. Toute standardisation est multiplicatrice mais aussi fixatrice. Toute planification autoritaire, tout concept imposé par la force ou par la création plus camouflée des automatismes, sont une atteinte portée aux possibilités ouvertes au progrès humain. » [...]

p142 « La diversité est un besoin biologique fondamental. Il est donc nécessaire de laisser s’exprimer la diversité. »

p172 « Il naît aussi évidemment de cette reconnaissance analogique, une structure, un ensemble de relations entre les individus qui composent le groupe. Inconscients du fait que cette « sympathie » qui les unit, résulte d’une grande affectivité mise en jeu par une « communion » d’intérêts[...] ces individus dès lors n’agiront plus qu’en vue de maintenir la structure du groupe. En cela ils s’opposeront à d’autres groupes pareillement constitués mais à partir d’une motivation différente, c’est à dire d’analogies, de niches environnementales induites par des déterminismes spatio-temporels, culturels, génétiques et sociaux différents. Il apparaîtra un antagonisme de groupe qui ne peut disparaître alors que par la désorganisation du plus faible, ce qui ne veut pas dire de celui dont l’appréhension du monde s’éloigne le plus de la réalité. La constitution des groupes étant strictement affective et intéressée et limitée forcement à un sous ensemble des connaissances humaines, le groupe victorieux sera le plus agressif et celui ayant le mieux su utiliser ses connaissances [ou celle des autres] pour agir sur son environnement matériel et humain. On comprend comment s’est établi le règne des civilisations techniques et l’appropriation privée des moyens de production. »[...]

p175 « Il est bon de noter au passage que l’une des raisons d’espérer dans la poursuite de cette extraordinaire aventure qu’est l’apparition et l’évolution de l’homme sur la planète c’est que de l’emploi de la bombe atomique le capitalisme et les capitalistes ne se relèveraient pas. Ils ont toujours su utiliser les guerres à leur profit mais en cas de guerre atomique ce résultat n’est même plus à envisager. »[...]

« Le capital comme le prolétariat sont actuellement planétaire. L’un et l’autre enjambent allégrement les frontières alors que celles-ci subsistent encore, permettant à l’un et à l’autre, par exaltation du sentiment national, de cacher ses motivations dominatrices. Celles du prolétariat semblent apparemment coïncider avec celles de l’espèce, mais en théorie seulement. Car en pratique, l’absence de connaissance scientifique concernant la biologie du comportement humain fait que même sans posséder la propriété privée des moyens de production, l’homme exploite l’homme du seul fait qu’il essaie de dominer son semblable ou du moins d’appartenir à un groupe dominant, donc exploitant. Et tant que la connaissance scientifique de lui même n’aura pas été largement répandue, il aura beau accumuler les faits scientifiques concernant son environnement, la mutation sociale attendue n’aura pas lieu. »[...]

p176 « Tout le malheur de l’homme vient encore de ce qu’il tourne son agressivité contre ses semblables, dans un but étonnamment puéril , puisqu’il finit toujours par les entraîner avec lui dans sa tombe. [NDLR dans les deux sens du terme] Pourquoi s’acharner à tuer les autres puisque ce sont eux qui sont en nous ? Sans doute parce que nous ne voulons reconnaître le plus souvent la dignité de l’Homme qu’à ceux dont la niche environnementale coïncide à peu près avec la nôtre. Mais il ne nous viendrait jamais à l’idée de rechercher une niche capable de contenir toutes celles présentes aujourd’hui sur la planète.[...] elle ne deviendra signifiante que lorsque que nous l’aurons « intériorisée » dans notre système nerveux. [...]

p177 « L’impossibilité de l’évitement par la fuite rendra le climat des relations inter-humaines tendu, violent et accepté comme tel sous les vains prétextes de concurrence, de compétitivité, etc. Un simple jugement de valeur suffit à transformer un automatisme primitif en une qualité nécessaire. » [...] « Dans cette description assez désolée, je ne vois pas en quoi on peut dire que l’agressivité est nécessaire. »[...]

p181 « La solution consisterait à orienter, si cela était possible, grâce à l’imagination, cette agressivité vers une forme nouvelle de lutte, la découverte de solutions neuves aux problèmes posés dans tous les domaines, à l’homme contemporain. »[...] « Et cependant l’accélération croissante de la diffusion des informations, leur planétisation, tendent, jour après jour, à généraliser les problèmes fondamentaux et à noyer les problèmes personnels dans ceux-ci. »

Henri Laborit « L’agressivité détournée ».(1970)

«Le comportement de fuite sera le seul à permettre de demeurer normal par rapport à soi-même, aussi longtemps que la majorité des hommes qui se considèrent normaux tenteront sans succès de le devenir en cherchant à établir leur dominance, individuelle, de classe, de groupe, de nation, etc.

L’expérimentation montre en effet que la mise en alerte de l’hypophyse et de la corticosurrénale, qui aboutit si elle dure à la pathologie viscérale des maladies dites « psychosomatiques », est le fait des dominés, ou de ceux qui cherchent sans succès à établir leur dominance, ou encore des dominants dont la dominance est contestée et qui tentent de la maintenir. Tous ceux-là seraient alors des anormaux, car il semble peu normal de souffrir d’un ulcère de l’estomac, d’une hypertension artérielle ou d’un de ces syndromes dépressifs si fréquents aujourd’hui.

Or comme la dominance stable et incontestée est rare, heureusement, vous voyez que pour demeurer normal il ne vous reste plus qu’à fuir loin des compétitions hiérarchiques. Attendez-moi, j’arrive! »… « L’amour déculpabilise, car pour que les groupes sociaux survivent c’est à dire maintiennent leur structures hiérarchiques, les règles de la dominance, il faut que les motivations profondes de tous les actes humains soient ignorées. Leur connaissance, leur mise à nu, conduirait à la révolte des « dominés », à la contestation des structures hiérarchiques. »… « La gratification c’est à dire l’utilisation suivant les besoins, s’obtient par l’établissement de sa dominance_ chez l’animal par sa force physique et chez l’homme c’est devenu sur la possession du capital et des moyens de production des marchandises, les machines résultant elles-même de la manipulation par le cerveau humain de l’information technique. »… « Les dominants ont toujours utilisé l’imaginaire des dominés à leur profit. Cela est d’autant plus facile que la faculté de création imaginaire que possède l’espèce humaine est la seule à lui permettre la fuite gratifiante d’une objectivité douloureuse »… « Les société libérales ont réussi à convaincre l’individu que la liberté se trouvait dans l’obéissance aux règles des hiérarchies du moment et dans l’institutionnalisation des règles qu’il faut observer pour s’élever dans ces hiérarchies. Les pays « socialistes » ont réussi à convaincre l’individu que lorsque la propriété privée des moyens de production et d’échanges étaient supprimée, libéré de l’aliénation de sa force de travail au capital, il devenait libre alors qu’il reste tout autant emprisonné dans un système hiérarchique de dominance. »… « Or nos sociétés moderne ont supprimé l’imaginaire, s’il ne s’exerce pas au profit de l’innovation technique. L’imagination au pouvoir, non pour réformer mais transformer, serait un despote trop dangereux pour ceux en place. »… « On devine la tromperie que peut constituer ce qu’il est convenu d’appeler la démocratie »… « L’assouvissement des besoins fondamentaux n’est plus la finalité du travail humain mais l’assouvissement des besoins acquis, cette finalité passe par le profit, qui permet de maintenir les différences »… « C’est aboutir à la création de monstres économiques multinationaux dont la seule règle est leur propre survie économique qui n’est réalisable que par leur dominance planétaire. »… « C’est un nouveau système de relation interindividuelles qu’il faut inventer, s’inspirant des échecs des systèmes précédents et capable de limiter les dégâts des échelles hiérarchiques de dominance. »… « Cette structure socio-économique ne deviendrait efficace que si l’ensemble des populations acquérait une connaissance de ce que nous avons appelé l’information généralisée et non plus technique. »… « Et cette transformation n’est possible que si l’ensemble des hommes prend connaissance des mécanismes qui les font penser, juger, agir. Si certain seulement sont informés, ils se heurteront toujours au mur compact du désir de dominance de ceux qui ne le sont pas et ils ne devront leur salut individuel et leur tranquillité qu’à la fuite, loin des compétitions hiérarchiques et des dominances, à moins qu’ils ne soient, malgré eux , entraînés dans les tueries intraspécifiques que ces dernières ne cessent de faire naître à travers le monde. »… « Il existe peut-être parmi les discours logiques, parmi les idéologies susceptibles d’orienter l’action, une hiérarchie de valeur. Mais en définitive, le seul critère capable de nous permettre d’établir cette hiérarchie, c’est la défense de la veuve et de l’orphelin. Don Quichotte avait raison. Sa position est la seule défendable. Toute autorité imposée par la force est à combattre. »…. « La maladie la plus dangereuse pour l’espèce humaine c’est le sens des hiérarchies, de toutes les hiérarchies. Il n’y a pas de guerre dans un organisme, car aucun organe ne veut établir sa dominance sur un autre, ne veut le commander, être supérieur à lui. »

(Henri Laborit « L’éloge de la fuite »)

« L’expérimentation a pour méthode essentiellement d’observer un niveau d’organisation en supprimant la commande extérieure a lui. Elle ramène le servomécanisme au rang de régulateur. Elle ferme le système à un certain niveau d’organisation. L’enzymologiste et le biochimiste isolent les éléments d’une réaction enzymatique in vitro ; le biologiste isole des structures infracellulaires pour en étudier l’activité séparée de l’ensemble cellulaire auquel elles appartiennent ; ou bien il étudie l’activité biochimique d’un tissu isolé. Le physiologiste isole un segment d’organe ou un organe pour en étudier le comportement ou focalise son attention sur un système, cardio-vasculaire ou nerveux par exemple, dont il étudie un critère d’activité privilégié. Il faut regretter que le clinicien lui-même n’agisse généralement pas autrement en soignant un « cœur », un « estomac », un « foie », etc. ce qui consiste à l’isoler du contexte familial et socio-culturel où vit l’organisme auquel il appartient. »…

« Cette attitude, rentable expérimentalement, est évidemment une des causes de l’inefficacité fréquente des thérapeutiques s’adressant à la seule lésion organique. »…

« Cette approche expérimentale est nécessaire car l’information qui parvient à un niveau d’organisation est multifactorielle et les variables sont trop nombreuses pour les appréhender toutes à la fois. Il est donc indispensable de placer le niveau d’organisation, objet de l’étude, dans un milieu stable dont il est facile de contrôler les principales caractéristiques et de ne faire varier à volonté qu’un seul facteur pour observer les conséquences de ses variations sur le niveau d’organisation soumis à l’expérience. Mais il serait évidemment dangereux de conclure, à partir des faits observés dans ces conditions, à ce qui se passe quant le niveau d’organisation est en place, en situation organique. Cependant, c’est la seule façon d’acquérir une connaissance progressive des mécanismes complexes qui animent la matière vivante. Elle exige, on le comprend, un va-et-vient constant de la part de l’expérimentateur d’un niveau d’organisation à l’autre. Elle exige, en d’autres termes, une « ouverture » d’esprit capable de s’adapter à  » l’ouverture  » des systèmes complexes que constituent les structures vivantes. »

Henri Laborit « La nouvelle grille »

p79 «Tout se passe comme si chaque individu était entouré d’une « bulle » dont les limites sont celles de l’acuité de ses différentes activités sensorielles, bulles dans lesquelles il se déplacera et agira en vue de satisfaire au maintien de sa structure, de ce que nous avons appelé son équilibre biologique. S’il trouve un opposant à ces actes gratifiants, il deviendra agressif à son égard. Le territoire devient ainsi l’espace nécessaire à la réalisation de l’acte gratifiant, l’espace vital ».[...]

p99 »On comprend la révolte des jeunes générations contre une génération qui veut leur imposer un cadre socioculturel soi-disant fondé sur une prétendue conscience réfléchie, mais en réalité sur une agressivité nécessaire à l’obtention des dominances au sein des hiérarchies qu’elles ne comprennent plus, suivant des critères de soumission qu’elles n’acceptent plus, pour une finalité qu’elles ne conçoivent plus. »[...] p101 « Les sociétés d’abondance, pour lesquelles la croissance est un but en soi, sont non des sociétés d’épargne mais de consommation. » [...] « Ce n’est pas la recherche de sécurité qui les anime mais c’est pour satisfaire au besoin de domination des groupes sociaux et des structures hiérarchiques qui les animent. C’est moins pour tempérer l’angoisse de ce que sera demain »[...] p102 « La satiété modifiant la sensation de plaisir ou bien-être. C’est un problème identique qui est posé par l’insatisfaction qui résulte de tout assouvissement d’un besoin acquis, socioculturel, par l’appétit jamais comblé de consommation. »

[...] p103 « L’invention de la machine, s’interposant entre la main et l’objet désiré pour en faciliter la production, diminue d’autant l’énergie humaine nécessaire à cette production et en conséquence recule la limite où cette dépense énergétique devient désagréable. Mais si elle augmente l’efficacité des actions humaines sur la matière, elle rend aussi l’homme plus dépendant de la machine dans la proportion où son inadaptation au milieu non transformé accroît son dés-entraînement. Mais au fond le problème n’est pas là. Si le « bien-être » résulte de la satisfaction des besoins fondamentaux, nous avons déjà signalé que l’industrie moderne n’est pas indispensable à la réalisation de cet assouvissement. »[...] p104 « le problème consiste donc à comprendre comment le mythe de la croissance pour la croissance, et non pas seulement pour la satisfaction des besoins fondamentaux a pus s’instaurer… »[...] « la machine n’est pas la cause de la croissance. La cause ne peut être que le comportement de l’homme le poussant à produire plus. » [...] p107 « Quand on nous parle du « plein épanouissement » de l’homme, a-t-on songé que cette utopie est irréalisable dans le cadre d’une hiérarchie quelle qu’elle soit ? D’où l’explosion au sein de nos sociétés hautement hiérarchisées des maladies dites « psychosomatiques » qui ne sont que l’expression somatique de conflits au sein du système nerveux central entre pulsions instinctuelles et interdits socioculturels, conflits qui ne peuvent se résoudre dans une action efficace, « assouvissante », sur le milieu, du fait de l’institutionnalisation par les dominants des règles de la dominance. Ce sont ces règles qui nous semblent être le facteur fondamental de l’apparition des sociétés industrielles et du mythe de la croissance. » [...] p108 « 1789 aussi a institutionnalisé les règles de la dominance, règles nécessaires à respecter pour devenir bourgeois, [...] propriétés privées dont celle des moyens de production

Henri Laborit « la nouvelle grille »(1986)

 

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Il n’y a pas d’autre alternative que les alternatives

Posté par elianguesard le 24 mai 2018

Nos Futurs dont Via Campesina

ou Gourbi Not Estourbi

 

Journées du 17 mai au 20 mai 2018 sur la Zad NDDL

 

(rappel de Février : https://www.youtube.com/watch?v=k_x6_usci70)

voir info en cours: – https://zad.nadir.org/

- https://nantes.indymedia.org)

 

 

- 17 Mai video Reporterre : https://www.youtube.com/watch?v=ltWjUbDHmoM

 

- 18 Mai video camille  on est plus chaudes que le JT: https://www.youtube.com/watch?v=L-CsWKOVzWk

- 19 Mai 2018 La terre 6 des maux et des mots https://www.youtube.com/watch?v=avkIRCERtYU

 

- 20 Mai 2018 zad vitam aeternam: https://www.youtube.com/watch?v=mEs2NbXF_WY

- 20 Mai video francois nicolas : https://www.youtube.com/watch?v=Ay5mpNiTXTI

 

- 22 Mai main arrachée demi vie brisée https://www.youtube.com/watch?v=-oii-2Wr92A

- https://zad.nadir.org/spip.php?article5884 pour Maxime par Robin de Bure

- https://zad.nadir.org/spip.php?article5875

Suite à l’annonce d’un blessé grave ce matin – Communiqué de l’équipe médic et du groupe de soignant.e.s de la zad

Aux alentours de midi ce matin, une personne aurait été blessée gravement suite à une charge impliquant des tirs venant de la gendarmerie. La présence policière nous ayant empêché de porter secoursà cette personne, nous ignorons ce qu’elle est devenue et la nature exacte de ses blessures. Depuis plusieurs semaines, nous alertons de la dangerosité avec laquelle sont utilisées les armes de la police. Nous déplorons la situation dramatique d’aujourd’hui mais n’en sommes pas surpris. Nous avons déjà dû prendre en charge plus de 300 blessés lors de ces dernières semaines suite, entre autre, à des tirs de grenades GLI-F4, grenades de désencerclements et flah-balls. Nous réaffirmons que ce que le gouvernement met en oeuvre pour réprimer la zad est susceptible chaque jour de provoquer un mort, tout cela pour continuer à détruire des maisons et lieux de vie. Nous aimerions pouvoir dire que toute la lumière sera faite sur cette affaire mais, le classement sans suite de toutes les plaintes déposées suites aux violences policières du printemps 2016 à Nantes montre bien qu’il n’y a pas de justice à attendre pour ces victimes. La situation d’aujourd’hui repose plus que jamais la question suivante : jusqu’où l’Etat est-il prêt à aller pour combattre les formes de vie collectives qui ne rentrent pas dans leurs cases ? Il faut que le dispositif policier se retire enfin de la zad et cesse ses attaques.

 

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https://constructionsocialeclub.noblogs.org/post/2018/05/21/bocage-en-resistance-un-reportage-du-construction-sociale-club/

 

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https://zad.nadir.org/spip.php?article5870#info2018-05-23-21-42

 

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https://reporterre.net/Notre-Dame-des-Landes-pique-nique-et-semailles-pour-rebondir

Notre-Dame-des-Landes : pique-nique et semailles pour rebondir

A RECONQUÊTE DU GOURBI

À nouveau, une installation se fait au Gourbi, maintes fois construite et maintes fois rebâtie. Voici la vidéo prise par des zadistes dimanche :

https://twitter.com/bachibouzouk9/status/998257497768189957

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Gourbi: Retour à l’origine : (voir photos sur https://www.flickr.com/photos/valkphotos/sets/72157673218179424/)domegourbizad

Le samedi 19 mai au hangar il y avait déjà au moins cinq dômes de construits, 10 dimanche palliant aux sans logis depuis les dévastations. L’avantage ici du dôme ou zome (outre les multiples autres raisons abordées par exemple sur archilibre ou http://alphazomes.org/ , livres de Jean Soum, accord avec l’univers ) est sa simplicité (facile et rapide) pour pouvoir les monter, démonter et déplacer rapidement. Sa conception est ici en armature de liteaux joints par pièces charnières embouties en rondelets dans des tapis d’appareil de levage mécanique (même texture que le pneu).

Ensuite des ouvertures peuvent être pratiquées et la couverture la plus rapide envisagée est une toile tissée et étanchéifiée de type pare-pluie-courante en bâtiment.

Pour le transport il a été envisagé d’unir deux dômes en vis à vis pour former une géode ; plus facile et solide à porter et à rouler. L’image était superbe en arrivant au gourbi le dimanche où la géode c’est à dire la Terre était portée à bout de bras par un collectif, mettant en scène des lettres en mots ; « No Futur »à « nos Futurs » etc sous les chants et applaudissements. Ceci permet de mettre en image le fait que l’on doit répondre aux admirateurs de la vieille souris qu’il n’y a pas d’autre alternative que les alternatives ; Les poulets détruisent et la Zad invente « Roule Ma Poule » le zome en accord avec l’univers.

Voir aussi photo sur https://twitter.com/defendrehabiter

 

Notes sur la chambre et son monde :

Une chambre d’agriculture, comme son nom l’indique, est un endroit où l’homme se couche, où il s’allonge. Et il rampe devant l’industriel et le banquier et l’État qui a besoin des deux pour maintenir sa puissance, par la guerre et la propagande pour maintenir son fameux « niveau de vie non négociable ».

Regarde-toi, homme. Regarde ce que tu es devenu. Mais sont-ils encore des hommes où sont-ils déjà des larves où des robots.

Comme l’État de droit, l’agriculture industrielle est un oxymore, deux mots complètement opposés.

Il est temps de redescendre du nuage du développement et revenir à l’essentiel l’accès à nourriture saine par l’accès à la terre pour le plus grand nombre et l’accès à un logement sain et décent.

Ce 19 mai il y avait d’autre marches ; contre monsanto et son monde contre TGV Lyon Turin et son monde et il y en a une qui se terminera en 2020

 

 

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L’oligarchie-Etat enfonce la Zad mais s’enlisera

Posté par elianguesard le 10 avril 2018

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https://reporterre.net/La-Zad-et-la-guerre-civile-mondiale

La Zad et la guerre civile mondiale

9 avril 2018 / par Hervé Kempf (Reporterre)
L’offensive du gouvernement contre la Zad vise à détruire la possibilité de vies alternatives. Et s’inscrit dans une tendance mondiale des classes dirigeantes néo-libérales à imposer un pouvoir fort.

2.500 gendarmes mobiles, des véhicules blindés, des hélicoptères, des camions, des bétaillères… ainsi que quelques centaines de CRS à Nantes et à Rennes, pour couvrir l’arrière… la France sera lundi 9 avril en guerre. Contre qui ? Contre quelques deux cents personnes, vivant dans un paysage de bocage où ils font du pain, de la bière, du maraîchage, et bricolent, discutent, lisent, vont et viennent. L’appareil militaire de la France, qui intervient au Mali, en Syrie, en Irak – sans que le Parlement en débatte, contrairement à ce que prescrit l’article 35 de la Constitution -, s’apprête donc à se déployer sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes.

On sait la logique apparente de cette opération que tout être sensé considérerait comme la manifestation la plus aigüe d’un grand délire : après avoir cédé devant une lutte populaire en abandonnant le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, le gouvernement veut signifier sa force en expulsant des « occupants illégaux ». Il méprise les procédures qui encadrent rigoureusement la procédure d’expulsion, il rejette sans discussion la proposition de gestion collective de terres entretenues depuis dix ans par ces occupants, et il n’a pas le moindre projet concret d’utilisation de cette zone à l’écologie unique et préservée précisément grâce à celles et ceux que MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot veulent chasser.

Ce brillant quatuor pourra ainsi, grâce aux images et aux commentaires complaisamment relayés par les médias de MM. Niel, Drahi, Bolloré, Dassault, Lagardère, Bouygues, et tutti quanti, montrer à l’opinion ce que signifie « l’ordre » et indiquer aux divers mouvements sociaux qui bouillonnent dans le pays ce à quoi ils peuvent s’attendre.

Ce qu’ont pour mission d’abattre les 2.500 robocops, c’est la possibilité de vivre autrement

Mais ce n’est pas ce seul effet politique que cherchent M. Macron et ses sbires. La disproportion des moyens employés indique que ce que qui se vit à la Zad menace l’ordre néo-libéral dont ils sont les chantres brutaux : la possibilité d’exister autrement, de chercher la coopération plutôt que la compétition, de s’organiser sans hiérarchie entre les êtres, de régler les conflits sans police ni justice, de partager le commun en harmonie avec ce qu’on appelle la nature, de subsister sobrement, de sortir de l’assujettissement de l’argent… Y arrive-t-on sur la Zad ? On ne peut le dire. Mais on essaye vraiment, et de nombreux faits attestent qu’il y a bien là une magnifique alternative, une fenêtre ouverte dans le mur asphyxiant du capitalisme. Ce qu’ont pour mission d’abattre les 2.500 robocops envoyés par le président banquier, c’est la possibilité de vivre autrement.

Il faut aller encore plus loin. Ce qui se passe à Notre-Dame-des-Landes s’inscrit dans une guerre générale menée par l’oligarchie contre les peuples. L’actualité la plus immédiate vient de nous montrer comment le porte-parole des pauvres du Brésil, Lula, a été emprisonné au terme d’une ahurissante procédure, ou comment l’État israélien tue des manifestants et des journalistes dans la bande de Gaza. Ce ne sont que les derniers éclats d’une vague mondiale continue d’autoritarisme de la part des classes dirigeantes. Presque toute l’Amérique latine (Brésil, Chili, Argentine, Pérou, Guatemala,…) est passée sous la coupe de régimes durs qui appliquent la recette néo-libérale. En Chine, le président Xi Jinping a récemment renforcé son pouvoir. En Russie, Poutine règne en étouffant toute opposition. Aux Etats-Unis, Trump poursuit sa politique de dérégulation financière et environnementale sans contre-pouvoir réel. En Egypte, aux Philippines, en Pologne, en Inde, dans des dizaines de pays, on retrouve cette combinaison d’un pouvoir fort, défendant les intérêts de l’oligarchie, et détruisant l’environnement au nom de la croissance. De plus en plus, l’Europe évolue vers ce nouveau modèle d’oligarchie autoritaire. C’est en fait une guerre civile mondiale qui se déroule, une guerre que mènent les classes dirigeantes contre des peuples hébétés par la mondialisation, et contre les fractions qui parviennent encore à s’opposer à la stratégie du choc suivie par les capitalistes.

80 tonnes de CO2 par an : les vrais criminels

Un chiffre indique l’enjeu de ce qui n’est pas seulement une lutte sociale, mais bien une guerre à propos de l’avenir de l’humanité sur une planète en proie à une crise écologique historique : les membres du groupe des 1 % les plus riches du globe émettent en moyenne chaque année 80 t de CO2, soit neuf fois plus que la moyenne de la population mondiale (6,2 t). Autrement dit, les plus riches sont les plus pollueurs. Et vue la gravité du changement climatique et de ses impacts prévisibles, on peut dire que ces émetteurs de 80 t de CO2 par an sont véritablement des criminels.

Ce que promeuvent les oligarchies, c’est la possibilité de maintenir un système où elles nuisent à l’intérêt général. Car le coeur de l’intérêt général, en ce début du XXIe siècle, est la question écologique, dont l’issue commande les conditions d’existence de l’humanité. Il est presque ironique que leur attaque du moment vise un lieu où précisément on cherche à trouver des voies pour – entre autres – vivre d’une façon qui n’altère pas le climat.

Voilà pourquoi MM. Macron, Philippe, Collomb et Hulot, qui préservent les intérêts des membres des 80 tonnes par an, sont eux aussi criminels, et voilà pourquoi il faut défendre la Zad.


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https://vmc.camp/2018/04/02/nous-irons-defendre-la-zad-contre-le-neoliberalisme-explique-a-mon-zadiste/

Nous irons défendre la ZAD contre… Le néolibéralisme expliqué à mon zadiste

2 avril 2018

L’Etat semble avoir renoncé à l’idée d’une opération d’expulsion de grande ampleur. Elle susciterait trop de mobilisation de la part de tout le mouvement anti-aéroport et au-delà. Nouveau plan : expulser violemment au coup par coup, en espérant prendre tout le monde par surprise et essayer d’éviter l’embourbement et la résistance. Mais comment seront « ciblés », parmi les 97 squats de la zone, ceux à expulser ?

 Il a d’abord fallu une gigantesque entreprise politico-médiatique de division du mouvement puis de la ZAD elle-même. Maintenant, tou-te-s les occupant-es ne sont plus des jihadistes verts. Il y a d’un côté les gentils, les normaux, les néo-ruraux, les interlocuteurs éventuels, les gens responsables. De l’autre côté, les méchants, les marginaux, les radicaux, les violents, les incorrigibles. Cette construction complètement fantasmagorique doit permettre de justifier l’abandon d’une vaste opération d’expulsion, donc le maintien d’une zone de sécession et l’échec fondamental de l’Etat à faire rêgner sa loi mafieuse sur tout le territoire. Tandis que la fabrication de l’ennemi intérieur (les incorrigibles) doit permettre de déchaîner contre eux toute la brutalité de l’Etat.

 Mais si l’on ne peut pas expulser cette zone du non-droit, alors tentons au moins de la pacifier et normaliser. La préfète de la Loire-Atlantique l’a affirmé : ne seront pas expulsés les zadistes capables de présenter et « défendre un projet individuel », qui puisse s’inscrire dans un statut officiel (un travail).  Que dit au fond la voix doucereuse et ferme de l’Etat ?

toi, petit zadiste… oui, oui ! je m’adresse à toi seul petit zadiste : si tu ne veux pas te faire expulser par mes Robocops et voir ta petite maison rasée de la surface de la terre, toi, petit zadiste, tu dois faire un Choix. Car enfin, dans ce beau pays, tout le monde est libre, ce n’est que parce qu’il l’a choisi qu’un individu finit à la rue ou en prison. Donc, tu as toi aussi le Choix. Tu dois devenir un Vrai Individu. Pas cet espèce d’être-lié, qui cohabite au milieu du bocage et des bois, avec des frères et des sœurs, des outils et des armes, des blés semés et des mûres sauvages, des chiens fidèles et des poules vagabondes, des toits végétaux et des puits d’eau fraîche, des écureuils-voisins et des oiseaux-nicheurs… Pas cet être pétri par la pâte qu’il pétri, parcouru des chemins qu’il arpente, aimé des murs de sa maison ouverte… Pas cet être qui œuvre à plusieurs, qui joue, qui jouit, qui trébuche, qui se bat, qui râle, qui invente, qui découvre, qui aime et qui souffre à plusieurs.

 A cet être-lié, tu dois renoncer.

 Car, enfin ! cet être-là appartient au passé, dans cette fange impure où rien n’est clairement séparé, cette fange où tes anciens amis radicaux t’ont entraîné. Tout comme tu as du écouter ton Père qui t’a dis un jour : « Tu seras un Homme, mon fils », aujourd’hui, tu dois m’écouter, moi, l’Etat qui te dis : « Tu seras un Individu, mon Citoyen/ma Citoyenne ». Tu as peut-être oublié tout le bonheur qu’il y a à être un Individu-Citoyen…?

  En redevenant Individu, tu pourras à nouveau gagner ta vie, tu pourras à nouveau profiter de tous les fruits de notre belle civilisation marchande et du loisir universel. Tu pourras de nouveau investir dans le temps plutôt que de simplement le vivre ; tu pourras trouver le travail qui correspond le mieux à tes compétences, trouver le hobby qui correspond le mieux à tes envies, le sport le plus adéquat à tes besoins énergétiques et à ton bilan-santé. Tu pourras même recommencer de nouvelles et vraies relations : des relations de travail, ou d’amitié, ou de famille, ou d’amour. Tu pourras enfin être toi-même ! Et si tu vas mal, ne t’en fais pas ! il y aura toujours des professionnels que tu pourras payer pour qu’ils accompagnement sans danger ta dépression : nos médecins, psychanalystes, coachs, présentateurs TV, personnels Pôle emploi, vendeurs de Smart-box, écrivains, producteurs de cinéma, etc, etc.

Ne me dis pas que ça ne te fais pas envie ?

Pour acquérir tout cela, il te suffit de me faire confiance, à Moi et aux entreprises qui voudront bien t’accompagner dans ta transition. Si tu suis bien les démarches administratives, légales, professionnelles et médiatiques que nous t’indiqueront, tu ne seras pas expulsé. Tu pourras rester dans ta maison ou ta cabane, et même – car je sais que tu feras un excellent Citoyen engagé – tu pourras donner l’exemple, tu pourras montrer ta vie comme une vie écologiquement propre, quotidiennement éthique et passionnément rurale. Nous sommes certains que d’autres Individus-Citoyens pourront s’inspirer de ta vie pour inventer de nouveaux concepts, de nouvelles formes de travail, de nouveaux hobbies…

Que pourrais-tu espérer de mieux ?

 

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https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/060418/comme-la-zad-de-notre-dame-des-landes-defendons-dautres-manieres-d-habiter

 

Comme à la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, défendons d’autres manières d’habiter

Le 17 janvier 2018, l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes marque le succès d’une des plus longues luttes de France et résonne comme un espoir conséquent pour tous ceux qui luttent pour l’écologie. Pourtant le gouvernement menace toujours d’expulser la zone. C’est pourquoi des architectes, urbanistes, penseurs, citoyens… se sont mobilisés pour écrire cette tribune et défendre cette expérience d’avenir.

 

La victoire contre le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes est celle d’une mobilisation large et diverse. Dans la multiplicité des moyens de lutte qui y ont contribué, la résistance par l’occupation pérenne de la zone à défendre (ZAD) a une place primordiale. En continuant à faire vivre ce territoire, les anciens et les nouveaux habitants ont permis pendant plus de dix ans d’empêcher la destruction des terres naturelles et agricoles. Ils ont pris soin de ces espaces en élaborant de nouvelles formes d’organisations collectives et en développant des activités : menuiserie, boulangeries, cultures collectives de légumes et de céréales, bûcheronnage, bibliothèque, vergers, brasserie, fromagerie, conserverie, forge, tannerie, herboristerie, musique, sérigraphie… Ils ont ainsi démontré qu’il était possible de vivre autrement, loin des scénarios étatiques d’une agriculture industrielle et standardisée, tant à travers des modes de construction autres que des façons d’imaginer un avenir viable et durable pour les territoires ruraux et agricoles.

Un territoire en commun

Dans ce bocage se sont inventées et tissées des formes de vies diverses, aspirant à une meilleure harmonie avec le territoire qu’elles occupent. Dans les interactions entre habitants « historiques », paysans, squatteurs, voisins, animaux sauvages ou d’élevage, herbes, insectes et arbres, mais aussi avec toutes celles et ceux qui passent par là, amis, étudiants, militants, voyageurs, artisans, s’est construit un territoire commun, au-delà de la propriété, des habitudes et des appartenances. Cette expérimentation grandeur nature et à long terme amène chacun à évoluer dans ses représentations et ses pratiques, bien au-delà de ce bocage. En cela, l’horizon joyeux qu’ouvre la ZAD ailleurs que dans les métropoles nous concerne tous.

Habiter et bâtir autrement

La ZAD, c’est aussi l’aventure de ses constructions. Ce sont des corps de ferme rénovés lors de grands chantiers collectifs, de nouveaux hangars agricoles aux charpentes impressionnantes ; c’est aussi la force poétique des nombreuses cabanes dans les arbres, au milieu d’un lac, au coin d’une friche, ou d’un champ ; c’est aussi la présence d’habitats légers ou nomades, camions, caravanes, yourtes qui complètent ce paysage habité.

Hors-norme, multiples, divers, poétiques, adaptés, bidouillés, légers, sobres, précaires, faits de matériaux locaux ou de réemploi, en terre, en bois, en paille ou en récup, ces constructions répondent à leur échelle aux enjeux écologiques et énergétiques, à rebours du monde que l’industrie du béton et de l’acier est en train de construire partout sur la planète. Elles sont aussi le résultat d’une inventivité architecturale, manuelle, bricoleuse et créative, favorisée par la stimulation collective de la ZAD, poussant les gens, habitués ou débutants, à se réapproprier l’acte de construire. La multiplicité des formes construites montre des possibilités d’habiter et de bâtir hors des logiques foncières et immobilières basées essentiellement sur la spéculation qui laissent peu de latitude aux habitants et aux architectes pour proposer des solutions alternatives.

Qui a traversé ce territoire, qui a participé à ses chantiers, sait la valeur des forces qui ont pu rénover ces fermes et construire ces cabanes. Car bien loin de l’image autarcique véhiculée à son encontre, la ZAD est un espace de passage, d’échange, un lieu qui fait école ; école de la vie, mais aussi école de l’habiter et du bâtir.

Ce qui s’y joue, c’est l’invention d’un vernaculaire contemporain fait d’enjeux mondiaux et de matériaux locaux. Ce qui s’y joue, c’est aussi la défense d’un patrimoine vivant issu d’une lutte solidaire qui ouvre nos imaginaires.

Contre la destruction de la ZAD

Nous sommes conscients que rendre nos sources d’énergie plus propres, nos bâtiments plus écologiques et nos villes plus vertes ne suffira pas à assurer un avenir soutenable. L’importance de trouver des formes de vies plus sobres en énergie et en ressources dans lesquelles s’engager pleinement, nous amène donc ici à défendre la ZAD, ses habitants, et leurs lieux de vie.

Au vu de la complexité de la situation, le débat autour de la légalité ne saurait aboutir à une résolution par la précipitation, la force et la destruction. C’est pourquoi un gel des terres et l’ouverture du dialogue réclamé par le mouvement anti-aéroport est la seule proposition qui fait sens.

Nous nous opposons donc à l’expulsion des habitants de la ZAD ainsi qu’à la destruction des formes d’organisation collective et des constructions atypiques qui s’y sont développées et s’y développent encore. Nous nous engageons à défendre ce qui s’y vit et affirmons que ces nouvelles manières de construire et d’habiter sont aujourd’hui légitimes et nécessaires au regard des enjeux auxquels font face nos sociétés.

Pour rejoindre cet appel :

Défendre d’autres manières d’habiter

grainePaysanA

 

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Soutien à AFRIN

Posté par elianguesard le 19 mars 2018

fichier odt AFRIN2018.03

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De quelle Humanité l’État nucléaire français est-il le nom ?

Posté par elianguesard le 12 mars 2018

fichier pdf BureDeQelleHumaniteLETAt

etatnucleaire

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bure: les oiseaux se sont reposés sur les branches

Posté par elianguesard le 24 février 2018

https://vmc.camp/2018/02/23/nous-sommes-la-nous-serons-la/

zadetsia
Nous sommes là, nous serons là !

vmc 23 février 2018

N’en déplaise à la préfète de la Meuse et au secrétaire d’État Sébastien Lecornu qui se pavanaient hier dans le bois lejuc avec les caméras de BFM TV, disant que l’expulsion était terminée et que la forêt pouvait de nouveau accueillir les pires rebuts de la filière nucléaire, des hibous et chouettes de Bure ont profité de la nuit pour refaire leur nid dans la forêt en haut des arbres.

Ils croyaient nous faire tomber avec cette opération éclair, à grand renfort de drone, d’hélicoptère et de bulldozer, mais nous sommes toujours là. Nous n’hibernerons pas. Nous résisterons. Encore et encore.

En automne 2012, l’opération Cesar tentait de mettre fin à la Zad de Notre dame des Landes. En une journée, les gendarmes avaient démoli plusieurs lieux de vie, pensant ainsi étouffer la lutte. Ils étaient en réalité sur un brasier. La révolte n’a fait que de s’intensifier.

Nous ferons tout à Bure pour que le bois Lejuc soit leur nouvelle opération Cesar. Les mobilisations partout en France hier témoignent de notre ténacité.

Nous appelons tous nos proches, toutes celles et ceux qui se sentent toucher par ce qui se vit ici, à venir converger vers le Bois Lejuc.

Contact presse 07.53.54.07.31

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SALAMAZAD

Posté par elianguesard le 17 janvier 2018

à télécharger: fichier pdf salamazadTractA   salamazadTractB

 

https://zad.nadir.org/

https://www.acipa-ndl.fr/

https://vmc.camp/

http://m-ain.org/

https://douze.noblogs.org/

https://zadroybon.wordpress.com/

Salamandre et Azad :

« J’ai lu dans le Gulistan ou jardin des fleurs, du Cheik Sadi de Shiraz qu’on posa à un sage la question suivante : de tous les nombreux arbres renommés que le dieu tout-puissant a créés immenses et généreux en ombre, aucun n’est appelé azad, ou libre, sauf le cyprès, qui ne porte aucun fruit ; quel mystère cela recèle-t-il ? Il répondit : «  à chacun est attribué son produit spécifique, et sa saison particulière, durant laquelle il est frais et florissant, mais en dehors de cette saison l’arbre est sec et flétri ; à aucun de ces deux états le cyprès n’est sujet , car il prospère en permanence. n’attache pas à ton cœur à ce qui est transitoire ; car le Dylah, ou le Tigre, continuera de couler à travers  Bagdad après que la race des califes sera éteinte : si ta main est pleine, sois aussi généreux que le palmier dattier ; mais si elle n’a pas les moyens de rien donner, alors soit un azad, ou un homme libre comme le cyprès. » »  
(p86 Henry D. Thoreau « Walden » 1854)

 

reçu du Forez :
Voici un texte d’agriculteurs et d’agricultrices de notre comité de soutien 63 livradois forez à NDDL, pour contribuer au rassemblement du 10 février pour le présent et l’avenir de la zad et de la vie agricole.
A faire circuler et discuter dans tous les comités de soutien.
A bientôt
rdv le 10 février à la ZAD
comité63 livradois forez

téléchargeable sur: http://p6.storage.canalblog.com/69/86/706004/119015270.pdf

grainePaysanA

 

Le refus

http://grenoble.indymedia.org/2015-06-28-AU-DELA-DES-FORETS-Apres-avoir

zade zadetsia

salazad

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Les Belbéoch pour l’humanité

Posté par elianguesard le 27 décembre 2017

Remarques 2018 en plus de la conclusion de 2016 (http://elianguesard.unblog.fr/2016/10/04/elle-etait-juste-anti-nucleaire/)

La ligne de vie
Soit nous nous révoltons soit nous mourons c’est aussi simple que cela.
Parce que des femmes et des hommes ont résisté au nazisme nous devons résister à ce qui l’a engendré.
Nous séparer de l’aliénation qui nous enveloppe depuis l’enfance, nous libérer. On nous a élevé à la « gloire de la patrie » pour mieux nous asservir. On nous a élevé à la « gloire des Résistants » et ce pays est majoritairement composé de collabos, des conservateurs de leurs intérêts quelque soit la direction du vent. On nous a élevé à la mémoire de la Commune et les gouvernements qui se suivent et se ressemblent sont versaillais. « Le pouvoir est maudit » . Le parlementarisme est une fumisterie sans nom ; il n’y a personne d’autre, absolument personne d’autre au monde pour vous représenter que vous même, vous mêmes.  Je ne suis rien nous sommes.
On peut bien passer du « braves français, dormez tranquille » à  « braves français, encore un effort » car il y a réellement une opposition qui prend de l’ampleur  face à cette atmosphère de fin du monde actuelle. Une réelle prise de conscience, le vent tourne. C’est tout à fait possible. Et même les puissants de ce monde et leurs marionnettes savent très bien qu’ils ne pourront se protéger, eux et leurs proches, leurs propres enfants, du monstre qu’ils ont créé il y a bien longtemps.  
Bella et Roger Belbéoch, ce couple extraordinaire rappelle d’autres comme Solange et Michel Fernex,  Lydia et Claude Bourguignon ou Erica et Jean Ziegler ou André Gorz et Dorine avec sa lettre comme preuve.
Les Belbeoch et les Fernex montrent que lorsque le corps disparaît, sa mémoire, son « esprit » demeure dans l’autre pour poursuivre la lutte commune. Et quand c’est au tour de l’autre de disparaître, il y a démultiplication de cette force de mémoire de deux vies intenses rassemblées.
Tous ces couples rappellent qu’Elles- ils ne sont rien l’un sans l’autre.  Elles-ils sont la preuve que l’amour fait s’élever la conscience du monde.  A chacun de capter cette flamme, de contribuer à cette œuvre pour finir par transmettre à son tour et ainsi de suite.

Il est à remarquer que Bella Belbéoch comme Alexandre Grothendieck sont « des enfants des Justes ». Une fois devenus grands, leur démarche, leur parcours se sont complètement et intensément inscrits dans cette ligne des Justes. Simplement, instinctivement, comme est décrite la « banalité du bien » dans le livre de M. Terestchenko ( Un si fragile vernis d’humanité). Ils ont en quelque sorte « sabordé leur cerveaux » pour ne pas qu’ils servent la guerre. Ils avaient pleine conscience du piège de la sectorisation- parcellisation du travail (Cf Anders), piège de l’égo et sa volonté de puissance (Cf Laborit, Cyrulnik).
Ils ont gardé la ligne d’horizon, la ligne de mire, enfin, la ligne de vie.
Ils nous la tendent encore par ces mots venant de leurs mémoires ; prenons la.

Quincy, Janvier 2018

 

 

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